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Full text of "Mémoires couronnés et autres mémoires publićs par l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Collection in-80. Tome I-LXVI [1840-1904]"

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MÉMOIRES  COURONNÉS 


ET 


AUTRES  MÉMOIRES. 


t //w/1^. 


MÉMOIRES  COURONNÉS 


ET 


AUTRES  MEMOIRES 


rVBLltfs    PAR 


l'agadéiiie  royale 


DBS  SCIKNCBS,  DBS  LBTTRE8  BT  DES  BEAOX-ARTS  DB  BBI.OIQI  E 


COLLRCTIOW   IN-M».  ~  TOMK  XIKXTII. 


# 


BRUXELLES, 

p.    H  AYEZ.    IMPRIMEUR    DE    l'aCADÉMIE    ROYALE, 

rue  de  Louvain    108. 

Janvier  1886. 


AllG  311886 


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l'j 


MÉMOIRE 


SUR  LE  TÉTRAÈDRE; 


PAR 


M.  J.  NEUBERG, 

rnfesttor  \  riUéiéc  tt  chargé  de  non  \  rieile  des  iifoflt  de  Liège. 


(Présenté  à  la  Classe  des  sciences  dans  la  séance  du  2  féirier  4884.} 


Tome  XXXVH. 


MÉMOIRE 
SUR  LE  TÉTRAÈDRE. 


Points  et  cercles  de  Lbmoine  et  de  Brocard. 

«•  Le  point  K  du  plan  d'un  triangle  AiAtAr,  dont  les  dis- 
tances aux  côtés  sont  proportionnelles  aux  longueurs  01,01,03 
de  ces  côtés,  jouit  de  nombreuses  propriétés,  dont  l'es  plus 
remarquables  sont  dues  à  M.  E.  Lemoine  (*).  Nous  le  désigne- 
rons, dans  la  suite,  sous  le  nom  de  point  de  Lemoine  (**). 

A  ce  point  se  rattachent  intimement  deux  autres  points  o),  o)', 
qui  ont  reçu  la  dénomination  de  points  de  Brocard  C**)^  du  nom 
du  géomètre  qui  les  a  étudiés  pour  la  première  fois.  Ils  sont 
définis  par  les  égalités  d'angles 

qbAiA,  =  <»A||A,  =s  (uAgAi,    ctt'A^Ai  s=  b>'A,A,  =  u'A^A,. 

Les  angles  (oAiAt,  (<>'AtAi  ont  une  valeur  commune  a  (angle 


(*)  Comptes  rendus  de  VAssocialion  française  pour  Vavancement  des 
sciences,  csmgvès  de  Ljon  (1873)  et  de  Lille  (1874);  Nouvelles  Annales  de 
mathématiques,  1873,  p.  364;  1883,  p.  450;  1884,  p.  28;  Nouvelle  Corres- 
pondance de  Catalan,  1. 1,  p.  47,  et  t.  VI,  p.  364;  Mathesis,  1. 1,  p.  133. 

(**)  Les  Allemands  emploient  le  terme  de  point  de  Grèbe, 
(***)  Nouvelle  Correspondance,  t.  Hl,  IV,  V  et  VI;  Nouvelles  Annales, 
1875,  p.  286;  Congrès  d'Alger,  1881  ;  Mathesis,  1 1,  p.  174,  et  t.  H,  p.  75; 
Journal  de  Bourget,  t.  Vil  ;  Congrès  de  Rouen,  1885. 


(4  ) 

de  Brocard)  qui  vérifie  des  relations  trigonométriques  impor- 
tantes, telles  que 

sin  (A,  —  «) siii  (A,  —  a)  sin  (A,  —  a)  =  sin*  a , 


col  jc  =  col  Al  -+-  col  A,  -H  col  Ag  =  - 


4A,A,A, 

coséc»  a  =s  coséc*  A,  -H  coséc»  A,  -I-  coséc'  A,  (*). 

Il  nous  a  paru  intéressant  d*étendre  à  l'espace  les  proposi- 
tions concernant  les  points  de  Lemoine  et  de  Brocard.  Ces 
recherches  présentaient  certaines  difficultés  :  les  systèmes  de 
trois  droites  concourantes  sont  souvent  remplacés  par  des 
quadruples  hyperboloïdiques  (**),  la  considération  des  figures 
semblables  construites  sur  les  faces  du  tétraèdre  fait  défaut, 
et  parfois  les  analogies  entre  le  triangle  et  le  tétraèdre  sont 
peu  apparentes  ou  même  manquent  complètement.  Plusieurs 
questions  sont  restées  sans  réponse;  mais  nous  espérons  y 
revenir  prochainement. 

Ces  études  nous  ont  conduit  à  approfondir  certaines  notions 
peu  répandues  et  à  nous  occuper  de  problèmes  qui  n'ont  pas 
de  rapport  direct  avec*  l'objet  principal  de  ce  Mémoire.  Nous 
sommes  ainsi  parvenu  à  un  assez  grand  nombre  de  résultats 
nouveaux  qui  ne  manqueront  pas  d'offrir  un  certain  intérêt. 
Ces  digressions  se  rapportent  aux  transformations  arguésiennes, 
aux  quadruples  hyperboloïdiques,  à  quelques  tétraèdres  par- 
ticuliers et  à  quelques  minimums. 

9.  Pour  entrer  en  matière,  nous  croyons  utile  de  réunir  ici 

(*)  Oo  peul  ajouter  la  suivante,  qui  est  nouvelle  : 

sin  A|  cos  (Al  -h  a)  -h  sin  A,  cos  (A«  +  a:)  -f-  sin  A,  cos  (A,  +  a)  =  o. 

(**)  Système  de  quatre  droites  telles  que  toute  autre  droite  reucootrant 
trois  lignes  du  système  s^appuie  aussi  sur  la  quatrième.  Ces  droites  soûl  les 
génératrices,  d'un  même  système,  d*un  byperboloîde.  L'expression  de  «  qua- 
druple byperlioloîdique  »  a  élé  proposée  par  Hermès  (Journal  de  Cretle, 
t.  LXVII,p.  17i). 


(») 

les  principaux  théorèmes  dont  nous  avons  cherché  la  généra- 
lisation. 

I.  K  est  le  point  dont  la  somme  des  carrés  des  distances 
aux  côtés  de  AiAtAs  est  minimum. 

II.  Les  droites  A|K,  A^K,  AsK,  appelées  médianes  antiparallèles 
ou  symédianes  f  ),  sont  symétriques  des  médianes  A|G,  A^G,  A^G 
par  rapport  aux  bissectrices  des  angles  A|,  At,  A3;  elles  passent, 
respectivement,  par  les  milieux  des  antiparallèles  à  un  côté 
du  triangle  par  rapport  à  Tangle  opposé. 

UI.  Ces  lignes  partagent  les  côtés  correspondants  en  seg- 
ments proportionnels  aux  carrés  des  côtés  adjacents;  autre- 
ment dit,  K  est  le  centre  de  gravité  des  points  Ai,  A^,  As  chargés 
de  masses  proportionnelles  à  aï,  oî,  a!. 

IV.  K  est  le  centre  de  gravité  du  triangle  KiKtKs  déterminé 
par  ses  projections  sur  Oi,  o^,  Oj. 

V.  Les  côtés  du  triangle  KiKsKs  sont  perpendiculaires  aux 
médianes  de  AiA^As;  les  droites  qui  joignent  les  projections 
de  G  sur  les  côtés  AiA^As  sont  perpendiculaires  aux  médianes 
antiparallèles  AïK,  AtK,  A3K. 

VI.  Les  points  K  et  G  sont  les  foyers  d'une  ellipse  inscrite 
à  AtA»A«;  leurs  projections  sur  a^,  Ot,  a^  appartiennent  à  une 
même  circonférence  qui  a  pour  diamètre  Taxe  focal  de  l'ellipse. 

VII.  Le  lieu  des  points  tels  que  la  somme  des  carrés  de  leurs 
distances  aux  côtés  de  AiAsAs  est  constante,  est  une  ellipse  qui 
a  pour  centre  le  point  K. 

VIII.  Soit  BiBsBs  le  triangle  formé  par  les  tangentes  aux 
points  A|,  At,  A3  à  la  circonférence  AiAfAs.  Le  centre  d'homo- 
logîe  des  triangles  AiAfA,,  B|B,B3  coïncide  avec  K  ;  leur  axe 
d'homologie  est  la  polaire  de  K  par  rapport  au  cercle  AiA^As 
et,  par  conséquent,  perpendiculaire  à  la  droite  KO  qui  passe 
par  le  centre  0. 

IX.  Les  parallèles  aux  côtés  de  AjAsAs,  menées  par  le  point  K, 
rencontrent  le  périmètre  en  six  points  d'un  même  cercle  (cercle 
de  Lemoine)^  dont  le  centre  est  au  milieu  de  la  droite  KO.  Les 

(*j  Nouvelifs  Annales,  1883,  p.  4S0,  et  1884,  p.  25  (articles  de  M.  d'Ocagne;. 


(6) 

cordes  interceptées  par  le  cercle  sur  les  côtés  sont  proportion- 
nelles à  oî,  oî,  <;{  n  ;  les  arcs  interceptés  par  les  angles  A„  At,  A, 
mesurent  le  double  de  l'angle  de  Brocard  (**). 

X.  Si  par  K  on  mène  des  antiparallèles  aux  trois  côtés  de 
AiAfAs,  les  portions  de  ces  lignes  comprises  dans  les  angles 
Al,  At,  As  sont  égales,  et  leurs  extrémités  sont  sur  un  cercle, 
de  centre  K.  Ces  droites  étant,  deux  à  deux,  les  diagonales  de 
trois  rectangles  inscrits  à  A1A9A3,  K  est  à  l'intersection  des 
droites  qui  joignent  les  milieux  des  côtés  du  triangle  aux 
milieux  des  hauteurs  correspondantes. 

XI.  Les  côtés  de  tout  triangle  CiCjCs  homothétique  à  AiAsAs 
par  rapport  au  point  de  Lemoine  déterminent  sur  les  côtés 
de  A1A9A3  six  points  d'une  même  circonférence  dont  le  centre 
est  sur  la  droite  KO. 

XII.  Les  côtés  de  tout  triangle  DiD^Dj  homothétique  à  BiB^Bs 
par  rapport  à  K  rencontrent  ceux  de  A1A2A3  en  six  points  d'une 
même  circonférence. 

Les  circonférences  des  théorèmes  XI  et  XII  sont  identiques 
et  comprennent  comme  cas  particuliers  celles  des  théorèmes  IX 
etX. 

XIII  (***).  Soient  Ei,  £«,  Ej  les  projections  de  K  sur  les  per- 
pendiculaires élevées  aux  milieux  des  côtés  de  AiA^As  :  les 
triangles  isoscèles  A^AsEï,  AsA|E(,  AiA^Es  sont  semblables  et 
l'angle  à  la  base  est  égal  à  l'angle  de  Brocard. 

Les  triangles  AiAtAj,  EiE^Es  sont  inversement  semblables  et 
ont  même  centre  de  gravité  G.  Ils  sont  triplement  homolo- 
giques  :  les  droites  A1E3,  A«Ei,  k^Ef  se  coupent  2i\x  premier  point 
de  Brocard  o)  ;  les  droites  A^Es,  A3E1,  A|Es  concourent  au  second 
point  de  Brocard  co';  enfin,  les  lignes  A|Ei,  AiE^,  A3E3  se  ren- 

(*)  Kn  raisoD  de  celte  propnété,  M.  Tiicker,  qui  avait  éladié  le  cercle  de 
Lemoine  sans  connaître  les  travaux  du  géomètre  français,  avait  proposé  la 
dénomination  de  «  Triplicate  ratio  circle  >  (Quaterly  Journal ,  vol.  XIX  et  XX; 
Appendix  to  the  Proceedings  ofthe  London  Mathemaiical  Society,  vol.  XIV). 

(**)  Celte  dernière  propriété  est  due  à  M.  Tûcker. 

(***)  Nous  rapportons  ici  quelques-unes  des  propriétés  des  points  de 
Brocard,  bien  que  notre  Mémoire  n*en  contienne  pas  la  généralisation.  Mais 
nous  espérons  revenir  prochainement  sur  ces  propriétés. 


(î) 

contrent  en  un  même  point  cd".  Les  points  o),  fù\  îù"  ont  pour 
coordonnées  barycentriques 

-L-L-Li-i-i-J-i-l 
al*  al'  a\^     a;*  oj'  aj'     a\*  a\'  al 

L'axe  d'homologie  qui  correspond  à  o)"  est  perpendiculain; 
à  la  droite  Oo)".  Le  centre  des  moyennes  distances  du  triangle 
wù'iù"  coïncide  avec  G. 

XrV.  Les  sept  points  o),  iù\  0,  K,  E|,  Et,  Es  sont  sur  un 
même  cercle  (cercle  de  Brocard)  ayant  pour  diamètre  la  droite 
K0=RV^1— 3tg'a  (K  est  le  rayon  du  cercle  AiAjAj).  L'angle 
(i>Oci>'  est  égal  à  2a  et  la  corde  tùtù'  est  perpendiculaire  à  KO. 

XV.  Le  cercle  de  Brocard  rencontre  les  médianes  antiparal- 
lèles AfK,  A«K,  AsK  en  trois  points  F|,  F,,  F,,  qui  sont  les  cen- 
tres de  similitude  de  trois  figures  semblables  dont  AiA|,  A1A3, 
A»A|  sont  des  lignes  homologues. 

Les  triangles  EiEJSs*  F«F,Fs  ont  mêmes  médianes,  de  sorte 
que  G  en  est  le  centre  d'homologie.  L'axe  d'homologie  est 
perpendiculaire  à  la  droite  joignant  G  au  milieu  de  KO. 


Transformations  arguésiennes  (*). 

S.  Pour  éviter  les  redites,  nous  indiquerons  ici  les  nota- 
tions dont  nous  ferons  constamment  usage  dans  la  suite  : 

T Tétraèdre  fondameolal  K^k^k^k^; 

V,  T.,  T,,  T,,  T4  .  .  .  Volume  et  aires  des  faces  de  T; 

tfit^'tf^s Longueurs  des  arêtes  A,Ag,AsAi,  At A,; 

«4'fliï<»« -—  —        A4Ai,  A4A,,  A4A3; 

0,  R Centre  et  rayon  de  la  sphère  Al A,A3A4  ; 

On,  Ra —       —      du  cercle  circonscrit  à  T„; 

(*)  Comparer  :  Salmon,  Higher  plane  curves,  2«  édition,  pp.  283-296; 
Saltil  ,  Mémoires  couronnés  et  autres  Mémoires  de  P Académie  royate  de 
Belgique,  i.  XII  et  XIII;  Hansioii,  Bulletins  de  l'Académie  de  Belgique, 
t.XXXYI;  Mansion,  Nouvelle  Correspondance  y  1. 1,  p.  54;  Schouttb,  But- 
leUn  de  Darboux,  188i,  p.  152. 


(9) 

0«B,BgB4 Tétraèdre  formé  par  les  plans  tangents  en  A., 

A,,  A,,  A4  à  la  sphère  0; 

^t»  ^t>  ^8)  ^4 L^s  hauteurs  A^H^,  A,H,,  AgH,,  A4H4; 

1 ,  r Centre  et  rayon  de  la  sphère  inscrite  à  T; 

1,,  I,»  1,,  I4 Points  de  contact  de  la  sphère  I  avec  les  faces 

deT; 
imrn Centre  et  rayon  de  la  sphère  exinscrite  touchant 

T„  intérieurement  et  les  trois  autres  Ikces 

extérieurement  ; 
Jna»  Jmt>  Jn.5>  ^11.4  •  •    Poînts  de  contact  de  la  sphère  J„  avec  les  ikoes; 

Kj,  K,,  K,,  K« Points  de  Lemoine  des  faces  de  T; 

G,  ^„ Centres  de  gravité  de  T  et  de  T„. 

Les  dièdres  de  T  sont  désignés  par  la  même  lettre  que  leur 
arête. 

4.  Pour  déterminer  un  point  M  du  plan  d'un  triangle  AiÂtAs, 
nous  emploierons,  suivant  les  cas,  ses  coordonnées  normales 
CNi  ses  coordonnées  baryoentriques. 

Les  coordonnées  normales  de  M  sont  trois  quantités  S,,  S,,  8s, 
proportionnelles  aux  distances  de  M  aux  côtés  du  triangle  de 
référence  AiAtAs,  ces  distances  étant  positives  ou  négatives  sui- 
vant la  position  du  point. 

Les  coordonnées  barycentriques  de  H  sont  trois  quantités  pi|, 
fjitf  {^89  proportionnelles  aux  aires  des  triangles  A^ÀsH,  AsAiM, 
A^AsH,  affectées  de  signes  convenables,  de  sorte  que 

Les  droites  AiM,  AsM,  A5M  rencontrent  les  côtés  ai,  Oi,  as  en 
trois  points  mi,  mt,  nh  qui  satisfont  aux  égalités 

m,Aa  :  nijAs  =  —  a*,  :  /*, ,    mji  :  A^M  =  —  /x,  :  m,  ■♦-  M»,  etc. 

Ces  relations  montrent  que  H  est  le  centre  de  trois  tofces 
parallèles,  proportionnelles  à  |jL|,  {x,,  fxs  et  appliquées  en 
A|,  Aj,  A5. 

Les  côtés  homologues  des  triangles  AiAaAg,  ntim^nh  se  ren- 
contrent en  trois  points  mj,  m;,  mi,  conjugués  harmoniques 


(9) 

de  nii,  nii,  nij  par  rapport  à  deux  sommets  de  Âi«Â|.  Ces 
points  sont  sur  une  même  droite,  appelée  polaire  trUinéaire 
de  M.  Les  distances  de  cette  droite  aux  sommets  de  référence 
ifioordormées  tangentielles)  sont  inversement  proportionnelles 
à  Ih,  1^,  f^i. 

Ib.  Les  coordonnées  normales  d'un  point  M,  par  rapport  à  un 
tétraèdre  de  référence  T,  sont  des  quantités  S|,  S,,  S,,  84,  pro« 
portionnelles  aux  distances  de  M  aux  faces  de  T,  ces  distances 
prenant  le  signe  -f-  ou  —  d'après  une  règle  connue.  Pour  tous 
les  points  d'un  plan  mené  par  A4A5,  le  rapport  S4  :  $«  est  inva- 
riable; de  même,  les  coordonnées  S,,  S,,  8,  conservent  les 
mêmes  rapports,  lorsque  le  point  se  déplace  sur  une  droite 
menée  par  A«. 

On  passe,  des  coordonnées  normales  planes  d'un  point  du 
pian  A4A1Â1,  à  ses  coordonnées  tétraédriques  0|,  0|,  Sg,  en  mul- 
tipliant les  premières  par  sin  a^  sin  Ot,  sin  Oj. 

Les  coordonnées  barycentriques  d'un  point  M,  par  rapport 
à  AiAfAsA^,  sont  des  quantités  (ji„  (jl,,  (jl,,  |jL|,  proportionnelles 
aux  volumes  MAïAsÂi,  HAsAïAi,  MA^AiAt,  MAiAtAs;  on  a  évi- 
demment 

Désignons  par  M„  le  point  de  rencontre  du  plan  T^  avec  la 
droite  passant  par  M  et  le  sommet  opposé  de  T;  par  m„,  le 
point  de  rencontre  de  a„  avec  le  plan  passant  par  M  et  l'arête 
opposée  à  fl„.  Les  relations  suivantes  sont  souvent  utiles  : 

iWjA,  :  ffigA,  =  —  /«*,:  ^i,    m.Aj  :  m^h^  =  —  ^«4  :  /*„ 
m^U  :  m^M  =:  —  (/«3 -I- ^J  :  (/«t-+-^,),     M4M  :  A4M  =  — yu,  :  ^j-+- /*,-♦- ^j. 

On  peut  les  résumer  en  disant  que  H  est  le  centre  de  quatre 
forces  parallèles,  proportionnelles  à  {Xj,  ;jl„  pis,  {A4  et  appliquées 
en  A|,  A„  As,  A4. 

Le  plan  d'homologie  des  tétraèdres  AiA^AsA^,  MjMsHjM^ 
rencontre  les  arêtes  du  premier  aux  conjugués  harmoniques 
des  points  nti,  mt,  ...,  par  rapport  à  ces  arêtes,  et  il  coupe  les 


(40) 

faces  de  T  suivant  les  polaires  trilinéaires  de  Mi,  M,,  ...,  par 
rapport  à  ces  faces.  Nous  l'appellerons  plan  polaire  de  H 
par  rapport  au  tétraèdre  T.  Ses  coordonnées  ou  distances  aux 
sommets  de  référence  sont  inversement  proportionnelles  à 
F*-!»  [^4»  i^s»  i^«- 

••  Deux  points  M,  N  peuvent  être  appelés  conjugués  isogo- 
iiaux  (*)  par  rapport  à  un  triangle  ou  un  tétraèdre,  lorsque 
les  coordonnées  normales  de  l'un  sont  inversement  propor- 
tionnelles à  celles  de  l'autre  point. 

Pour  établir  les  premières  propriétés  de  ces  points,  on 
peut  adopter  la  marche  suivante,  que  nous  nous  contentons 
d'esquisser. 

Â.  Lorsque  deux  points  M,  N  du  plan  d'un  angle  AOB  sont 
tels  que  les  angles  MON,  AOB  ont  même  bissectrice,  ils  sont 
dits  conjugués  isogonaux  par  rapport  à  AOB  ;  ON  est  la  polaire 
isogoncUe  de  M  et  les  rayons  OA,  OB,  OM,  ON  forment  un 
faisceau  isogonal. 

Si  M.,  Mb,  N„  Nb  sont  les  projections,  sur  les  côtés  de  V angle 
AOB,  de  deux  points  conjugués  isogonaux  M  ei  N  :  1*»  tes  pro- 
duite MM, .  NN„  MMb .  NNb  sont  égaux;  2«  OM,  ON  sout  perpen- 
diculaires aux  droites  N,Nb,  M,Mb;  3«  les  points  M„  Mb,  N„  Nb 
appartiennent  à  une  même  circonférence  dont  le  centre  est  au 
milieu  de  la  droite  MN  ;  4«>  M  e^  N  sont  les  foyers  gune  conique 
tangente  à  OA  et  OB. 

B.  Étant  donnés  un  triangle  A,  A, A-  et  un  point  M  de  son  plan  : 
1®  les  polaires  isogonales  deVlpar  rapport  aux  angles  du  triangle 
concouretU  en  un  même  point  N  ;  i""  les  produits  des  distances  de 
Met  Va  un  côté  quelconque  de  AiAjAs  sont  égaux  entre  eux;  3«  les 
projections  de  ces  points  sur  les  côtés  sofit  six  points  d'une  m^ne 
circonférence;  4*  les  droites  AiM,  A,M,  AsM  (ou  A,N,  AjN,  AJS) 
sont  perj)endiculaires  aux  lignes  qui  joignent  les  projections  de  N 


(*)  Pour  plus  de  précision ,  nous  remplaçons  ici  les  termes  généraux  de 
«  points  arguésiens,  réciproques  ou  inverses  •  par  les  dénominations  de 
«  points  conjugués  isogonaux  t  et  c  points  conjugués  isotomiques  ». 


(H  ) 

(ott  M)  sur  les  côtés  de  AiAiÂ^;  i^  M  etH  sont  les  foyers  (tune 
conique  inscrite  à  ÂiAcAs  H- 

C.  Lorsque  deux  dièdres  ont  même  arête  et  même  plan  bis- 
secteur, leurs  plans  forment  un  faisceau  isogonal;  deux  points 
quelconques,  pris  dans  les  faces  de  Tun  des  dièdres,  sont  dits 
eorgugués  isogonaux  par  rapport  à  l'autre  dièdre. 

M  e{  N  étant  deux  points  conjugués  isogonaux  par  rapport  aux 
plans  A,  B,  et  se  projetant  sur  ceux-ci  en  M„  Mb,  N.,  Nu  :  1»  les 
produits  MM..NN.,  MMh.NNb  sont  égaux;  3®  les  projections 
appartiennent  à  une  sphère  dont  le  centre  est  au  milieu  de  la  dis- 
tance MM  ;  3^  les  plans  menés  par  Vintersection  des  plans  ket^ 
et  par  Fun  ou  l'autre  des  points  M,  N  sont,  respectivement,  per- 
pendiculaires aux  droites  N.Nb,  M.Mb;  4<»  les  plans  k  etB  sont 
tangents  à  une  même  surface  de  révolution  du  second  ordre,  dont 
M  el  N  sont  les  foyers  de  la  méridietine. 

La  démonstration  de  ce  théorème  devient  facile  si  Ton  pro- 
jette M  et  N  sur  les  plans  NN.Nb  et  MM.Mb. 

D.  Étant  donnés  un  trièdre  OABC  et  un  point  quelconque  M  : 
l"*  les  plans  polaires  isogonaux  de  M  par  rapport  aux  trois  dièdres 
du  trièdre  se  coupent  suivant  une  même  droite  OV;  i^  les  pro- 
duits des  dislances  de  deux  points  quelconques  M,^  des  droites 
cmguguées  isogonales  OM,  ON,  à  une  même  face  du  trièdre,  sont 
égaux  entre  eux;  3^  les  projections  de  M,  N  sur  les  trois  faces 
sont  situées  sur  une  même  sphère  dont  le  centre  est  au  milieu  de 
la  droite  MN  ;  4<»  les  lignes  OM  et  ON  sont  perpendiculaires  aux 
plans  qui  passent,  respectivement,  par  les  projections  de  ^  et  M 
sur  les  faces  du  trièdre  0  ;  5"  M  ^t  N  sont  les  foyers  d'une  surface 
de  révolution  du  second  ordre,  inscrite  au  trièdre. 

E.  Étant  donnés  un  tétraèdre  quelconque  et  un  point  M  :  1®  les 
plans  polaires  isogonaux  de  M  par  rapport  aux  six  dièdres  du 
tétraèdre  concourent  en  un  même  point  N  ;  2*»  /es  distances  de  M 
aux  faces  du  solide  sofU  inversement  proportionnelles  à  celles  de  N 

(*)  Comparer  :  Annales  de  Gergonne,  t.  XIX,  p.  37,  ou  Stetner*»  Gesam- 
melte  WerUe,  1. 1,  p.  189;  Catalan,  Théorèmes  et  Problèmes,  6<  édilioD,  p.  52; 
SouvelUs  Annales,  1865,  p.  393  (F.-J.-A.  Mathieu). 


(12) 

aux  mêmes  plans;  S^"  les  prcjedions  deVLelNsur  cespltuw  sotU 
situées  sur  une  même  sphère  dont  le  centre  est  au  milieu  de  la 
droite  MN  ;  4<'  H  ^t  N  sont  les  foyers  d'une  surface  de  révolution 
du  second  ordre,  inscrite  au  tétraèdre;  S^*  la  droite  qui  joint  M 
à  un  sommet  du  tétraèdre  est  perpendiculaire  au  plan  qui  passe 
par  les  projections  de  N  sur  les  faces  du  trièdre  correspondatit. 

Soient  Hi,  Mt,  Mj,  M4  les  |^*ojections  de  M  sur  les  faces  du 
tétraèdre  AiÂfAsA^.  Si  Ton  transporte  le  tétraèdre  MiH^MsM^ 
parallèlement  à  lui-même,  la  dernière  partie  du  théorème  (E) 
conduit  à  la  proposition  suivante  qui  a  été  signalée  pour  la 
première  fois  par  Steiner  (*)  : 

Si  les  perpetidictdaires  menées  par  les  sommets  d'un  tétraèdre 
VLMtUiMi  sur  les  faces  homologues  d'un  autre  tétraèdre  Ai AtAsAt 
concourent  en  un  même  point,  les  perpetidiculaires  abaissées  des 
sommets  de  AiAjAsAi  sur  les  faces  de  MiMiM^Hi  jouiront  de  la 
même  propriété. 

Nous  donnerons  plus  loin  (99)  une  généralisation  de  cette 
proposition.  Un  cas  particulier,  qui  mériterait  un  examen  plus 
approfondi,  est  le  suivant  :  Les  perpetidiculaires  abaissées  des 
sommets  d^un  tétraèdre  AiAsAgAi  sur  les  faces  homologues  du 
tétraèdre  OiOsOsO*,  qui  a  pour  sommets  les  centres  des  cercles 
circonscrits  aux  faces  du  premier,  concourent  en  un  même  point  0'. 

9.  Les  propositions  (B)  et  (E)  donnent  lieu  à  deux  cas  par- 
ticuliers remarquables  qui  correspondent  k  la  parabole  et  au 
paraboloïde  de  révolution. 

La  droite  de  Tinfini  et  le  cercle  AiA^As  ont  pour  équations 

d,        d.         H, 

l'une  de  ces  lignes  est  donc  la  transformée  isogonale  de  l'autre. 
Par  conséquent,  les  polaires  isogonales  d'un  point  M  de  la  cir- 
conférence circonscrite  au  triangle  AiAiA,,  prises  par  report  aux 
angles  A|,  A,,  As,  sont  parallèles  entre  elles;  ces  droites  sont  des 

0  Journal  de  Crelle,  t.  Il,  p.  287;  Sieiner'ê  Gesammelte  Werke,  1. 1,  p.  155. 


(13) 

diamètres  de  la  parabole  inscrite  au  triangle  et  ayant  M  pour 
foyer.  La  démonstration  de  ce  théorème  par  la  géométrie  pure 
ne  présente  pas  de  difficulté. 

De  même  :  Si  par  les  six  arêtes  d^un  tiitaèdre  on  mène  des 
{dans  parallèles  à  une  mime  droite  A,  les  plans  polaires  isogo- 
naux  de  ces  plans  par  rapport  aux  dièdres  correspondants  du 
tétraèdre  concoureiU  en  un  même  point  M;  les  projections  de  M 
xur  les  faces  du  solide  sont  dans  un  même  plan  perpendiculaire 
à  A;  /e  lieu  de  VI  est  une  surface  du  troisième  ordre  passant  par 
les  arêtes  du  tétraèdre  (*). 

s.  Il  existe  des  surfaces  du  second  ordre  circonscrites  au 
tétraèdre  de  référence  et  restant  invariables  par  une  transfor- 
mation isogonale  (**),  L'équation  générale  d'une  anallagmatique 
isogottole  est  de  la  forme 

A(Vt-^V5)-*-B(<r,^,-f-^i^,)-f-c(V3-«-V«)  =  o  .   .   (i) 

Elle  est  vérifiée  par  les  coordonnées  des  points  Ji,  Js,  J3,  J4. 

La  proposition  suivante,  qui  est  assez  curieuse,  s'établit 
aisément  :  Toute  surface  du  second  degré  qui  passe  par  sept 
des  points  A|,  A,,  As,  A4,  J|,  J«,  Js,  it  passe  aussi  par  le  hui- 
tième  et  est  une  anallagmatique  isogonale  par  rapport  au  tétraèdre 
AiAfAiA*. 

En  particulier,  U  existe  trois  hyperbolcïdes  anallagmatiques, 
représentés  par  les  équations 

Le  premier  a  pour  génératrices  d'un  système  les  droites  AiAt, 

(*)  Comparer  :  Journal  de  Crelie,  t.  LXIX,  p.  197  (Geiser). 
Le  Heu  de  M  a  pour  équation 

(**)  Il  serait  plus  eiact  dé  dire  que  la  transformée  isogonale  de  la  sur- 
lace  (1)  se  compose  de  cette  surface  et  des  plans  de  référence.  Car  A«,  pir 
ciemple,  esi  conjugué  isogonal  avec  chaque  point  du  plan  A, A, A 3. 


(14) 

AsAa,  JtJz,  J|Ji,  et  pour  génératrices  de  l'autre  les  lignes  J1J9, 
JJi,  AfAs,  A«A|. 

L'équation  (1)  peut  représenter  une  sphère,  lorsque  les  arêtes 
opposées  du  tétraèdre  sont  égales.  Donc  la  sphère  circotiscrUe 
à  un  tétraèdre  isoscèle  0  passe  par  les  centres  des  qf  hères  exin- 
scrites et  renferme  une  infinité  de  couples  de  points  conjuguée 
isogonaux  par  rapport  au  tétraèdre. 

••  Nous  dirons  que  deux  points  M,  N  sont  conjugués  isoto- 
miques  par  rapport  à  un  triangle  AiAtAs,  lorsque  les  droites 
A„M,  A,N  rencontrent  a„  en  deux  points  équidistants  du  milieu 
de  a„.  Si  [Xt,  |ji,,  (x,  sont  les  coordonnées  barycentriques  de  M, 
celles  de  N  seront  ^j  ^^  ^- 

De  même,  deux  points  H,  N  dont  les  coordonnées  barycentri- 
ques par  rapport  à  un  tétraèdre  de  référence  sont  (f&i,  [x,,  1x3, 1x4), 
(jj^,  h'^^£ji  peuvent  être  2ippe\é& conjugués isotomiques  rela- 
tivement à  ce  tétraèdre.  Les  droites  AJtt,  A^N  rencontrent  le 
plan  AiAfAs  en  deux  points  conjugués  isotomiques  par  rapport 
au  triangle  T4;  les  plans  AiA^M,  A|A,N  coupent  A3A4  en  deux 
points  équidistants  du  milieu  de  A3A4. 

Deux  transversales  peuvent  rencontrer  un  côté  quelconque 
du  triangle  de  référence  en  deux  points  symétriques  par  rap- 
port au  milieu  de  ce  coté;  nous  les  appellerons  corgugué^ 
isotomiques.  Les  coordonnées  de  l'une  de  ces  droites  sont 
inversement  proportionnelles  à  celles  de  l'autre;  ces  lignes 
sont  les  polaires  trilinéaires  de  deux  points  conjugués  isoto- 
miques. 

Deux  plans  sont  dits  conjugués  isotomiques  par  rapport  au 
tétraèdre  de  référence,  lorsque  leurs  intersections  avec  une 
arête  quelconque  sont  équidistantes  du  milieu  de  celle-ci.  Les 
coordonnées  de  ces  plans  sont  encore  inverses  les  unes  des 


(*)  Le  tétraèdre  isoscèle  (ou  èquifacial)  a  été  élodié  par  M.  Lemoine 
{Congrès  de  Nantes,  1875,  et  Nouvelles  Annales,  18S0,  p.  135).  Voir  aussi  : 
Archives  de  Crunerl,  U  LVII;  Nouvelle  Correspondance,  t.  Il,  p.  144; 
Nouvelles  Annales,  1880,  p.  403. 


(  is  ) 

autres;  leurs  pôles  relativement  à  la  ligure  de  référence  sont 
également  conjugués  isotomiques  (*)• 

§••  Une  surface  du  second  ordre  circonscrite  au  tétraèdre 
fondamental  peut  coïncider  avec  sa  transformée  isotomique. 
L'équation  générale  d'une  anallagmatique  isotomique  est  de  la 
forme 

Toute  surface  du  second  ordre  circonscrite  au  tétraèdre  fonda- 
mental et  ayant  pour  centre  le  centre  de  gravité  de  celui-ci  est 
une  aiuUlagnuUique  isotomique. 

fi.  Soient  M  un  point  quelconque,  M'  son  conjugué  isoto- 
mique par  rapport  au  tétraèdre  AiAfAsA^,  M"  le  conjugué  iso- 
gonal  de  VL\  M'"  le  conjugué  isotomique  de  M",  M^  le  conjugué 
isogonal  de  M'",  et  ainsi  de  suite.  Désignons  par  |jl.,  |jLâ,  (il, 
fC,  ...,  (w  =  l,  2,  3,  4),  les  coordonnées  barycentriques  de 
M,  M',  M",  M'",  ...  Nous  aurons  : 

Coordonnées  barycentriques  de  M    ....    /i„; 

-  -        der  .   .  .   .  A*:=~; 


—        Dormalfs  de  M' 


de  M"  .     .     .     .      /in'^nl 


—  barycentriques  de  M"  .    .    .    .    «||  =  /««TJ  ; 

-  -  deM''.    .    .    .    /*';=/*„T:,etc. 

Par  analogie,  si  a*,  a,,  a«,  a*  sont  les  coordonnées  barycen- 
triques du  point  M'*'\ 


/*j;»     a4t;«     /*,ti«     /*jî« 
L'élimination  de  n  conduit  aux  équations  d'une  courbe  qui 

(•)  La  transformation  par  droites  isotomiques  et  par  plans  isotomiques 
a  été  étudiée  par  MM.  G.  de  Loogcbamps  {Nouvelles  Annales,  1866,  p.  118, 
et  Congrès  du  Havre,  1877)  et  Amigues  (Nouvelles  Annales,  1879,  p.  548). 


(16) 

passe  par  tous  les  points  dérivant  de  M  par  un  nombre  pair 
de  transformations  : 


.ogl' 

.ogl* 

.«g"-i 

log=i 

(•) 

A*i 

f't 

^3 

/*4 

0, 

logT, 

ïogT, 

logT» 

logT, 

1 

i 

1 

1 

Les  équations  d'une  courbe  passant  par  les  points  déduits 
de  M  par  un  nombre  impair  de  transformations  sont  les 
mêmes,  sauf  à  changer  ^  en  a„jjL„. 

Si  Ton  prend  pour  M  le  centre  de  gravité  de  AiÂtAjAt  ou 
pour  M' le  centre  de  la  sphère  inscrite,  les  coordonnées  nor- 
males ou  barycentriques  des  points  H,  M',  M'', ...  sont  toujours 
proportionnelles  à  des  puissances  semblables  de  T„  Tt,  Ts,  T«. 
Ces  points  jouissent  de  la  propriété  de  rendre  minimum  la 
somme  des  puissances  semblables,  d'un  certain  degré,  de  leurs 
distances  aux  faces  du  tétraèdre,  ou  de  rendre  maximum  la 
somme  des  inverses  de  telles  puissances  (**). 


Point  du  minimum  de  la  somme  des  carrés  des  distances 
A  des  plans  donnés. 

19.  Soient  8i,  o,,  83,  84  les  distances  d'un  point  quelconque 
aux  faces  du  tétraèdre  Â1ASA3A4,  et  posons 

Jt^eJJ^^t  ^J«=S. 

L'identité 

2  J* .  2  Tî  —  2  V.T,  =  2  (^J,  —  ^,T,)«, 

qui  revient  à 

S  (Tî  +  Tî  H-  t;  -f-  Tî  )  -  9V«  =  2  (^  j,  -  ^ Jt)", 

(*)  Cette  DotaiioD  iD(lh]ue  qu*il  faat  égaler  à  zéro  les  déteriniuauls  formés 
avec  trois  quelconques  des  colonnes. 

(**)  Comparer  :  une  communicalioD  de  M.  Lemoine  au  Congrès  de  la 
Rochelle  (1883);  une  de  M.  Brocard  au  Congrès  (V Alger  (\9lè\)\  un  arlide 
de  M.  d'Ocagne  dans  les  Nouvelles  AnnaleSy  1883,  p.  450. 


(  17  ) 

montre  que  le  minimum  de  S  a  lieu  lorsque  les  carrés  qui 
entrent  dans  le  second  membre  sont  nuls.  Le  point  corres- 
pondant L  est  donc  défini  par  les  proportions  (*) 

^t  ^t  __   ^t ^4 

t,~t;"t,~t/ 
qui  donnent 

^  ^  3VT.  ^  9V« 

"       Tî-«-Tî-*-T|-^Tf     '        TÎ-*-T;-4-TÎ-*.TJ' 

I  —  JL        *        J-       -L 

Les  coordonnées  barycentriques  de  L  sont  Tî,  TJ,  TJ,  T'; 
ce  qui  revient  à  dire  que  le  plan  LAsA«  partage  Varêie  A|A,  eii 
segments  proportionnels  aux  carrés  des  faces  passant  par  A3A4, 
que  les  plans  A^AiL,  A4A9L,  A4A3L  divisent  A,  AjAj  en  trois  trian- 
gles proportionnels  aux  carrés  des  faces  adjacentes  (4  et  &). 

ts.  Les  coordonnées  normales  de  G  sont  inversement  pro- 
portionnelles à  Tj,  Tî,  Ta,  T«.  Donc  les  points  G  eth  sont  conju- 
gués isogonauXf  et  on  peut  leur  appliquer  les  propriétés  énon- 
cées au  n*»  6  (E). 

Soient  L„  L*,  Ls,  L4  les  projections  de  L  sur  les  faces  de  T 
D'après  une  formule  connue, 

vol  LLtL,Ls  =  --LLj.LL,.LLs  sin  (LL,L,Ls) 
6 

9V' 

Les  trièdres  A4  et  LLiLfLj  étant  supplémentaires,  on  a  aussi 

V«  =  |TJ,T,sin(LL,L.L.). 
On  déduit  de  là  : 

vol  LLjLjiL,  =  LL^LgLf  =  LL^L^L,  =  LLiLiL,. 

Donc  Lest  le  centre  de  gravité  du  tétraèdre  LiLiL^Li. 

(*)  Comparer  :  Simbo  Lhuilier,  Éléments  d^analyse,  p.  297. 
Tome  XXXVU.  2 


(18) 

Cette  proposition  peut  ôtre  démontrée  a  priori.  En  effet,  si 
L;,  est  la  projection,  sur  le  plan  T„,  d'un  point  quelconque  L', 
la  définition  du  point  L  donne 

ïX^*  H-  LL^*  -f-  LL^*  -♦-  Ul^*  <  Lx;  -4-  l'l;*  -♦-  l'l;'  -♦-  l'l;*  ; 
d'où,  à  plus  forte  raison, 

ex;*  -4-  ïx;*  -+-  Cl;*  -+-  îx;*  <  ïte;*  -t-tx;*  -+-  îtc;*  -♦-  ïte;*. 

Donc  le  point  L  est  tel  que  la  somme  des  carrés  de  ses  dis- 
tances aux  sommets  du  tétraèdre  LiL^L^Li  est  minimum  ;  par 
suite,  il  est  le  centre  de  gravité  de  ce  tétraèdre  (*). 

il.  Soient  N|,  Nt,  N^  les  points  de  rencontre  des  droites 
Â4A1,  A4Â1,  AiÂs  avec  les  plans  menés  par  L  parallèlement  aux 
faces  Â4A1Â8,  AiAsAi,  A4A1A1.  Dans  le  parallélipipède  ainsi 
obtenu,  la  diagonale  A4L  passe  par  le  centre  de  gravité  N  du 
triangle  NiN«Ns.  Les  hauteurs  du  parallélipipède  sont  égales 
aux  distances  de  L  aux  faces  du  trièdre  A4  ou  proportion- 
nelles à  T|,  T,,  T,;  en  considérant  trois  expressions  diffié- 
rentes  du  volume  de  ce  solide,  on  obtient  les  égalités 

A  cause  de  l'analogie  de  cette  relation  avec  celle  qui  a  lieu 
entre  les  segments  des  côtés  d'un  angle  coupé  par  deux  anti- 
parallèles, nous  dirons  que  les  triangles  AiA^As  et  NiNtNs  sont 
des  sections  antiparallèles,  dé  seconde  espèce,  du  trièdre  A4. 

(*)  Nous  emprantons  ce  raisonDemenl  aux  Théorèmes  et  Problèmes,  par 
E.  Catalan ,  6«  édition,  p.  230.  Oo  peut  ^appliquer  à  la  même  question  traitée 
pour  des  plans  et  des  droites  en  nombre  quelconque. 

Un  système  de  n  forces  concourantes,  perpendiculaires  aux  faces  d*aD 
poljëdre  et  proportionnelles  à  leurs  aires,  est  toujours  en  équilibre  {Nou^ 
velles  Annales,  1877,  p.  146,  et  Nouvelle  Correspondance,  t.  IV,  p.  ISO). 
Mais  dans  le  cas  de  n>4,  il  n*existe  pas  toujours  de  point  dont  les  distances 
aux  faces  du  polyèdre  soient  proportionnelles  à  ces  faces,  de  sorte  que  le 
point  L  doit  être  déterminé  par  des  considérations  différentes  (ift). 


(19) 

Le  théorème  II  du  §  2  aura  alors  pour  analogue  dans  l'espace 
la  propriété  suivante  :  Les  droites  «L,  AiL,  AJL,  A«L  passenU 
par  les  centres  de  gravité  des  sections  antiparallèles  de  seconde 
espèce. 

Les  égalités  (2)  peuvent  encore  s'écrire  ainsi  : 

11^.  Considérons  n  plans  quelconques  ne  passant  pas  par 
un  même  point  (n  >  3),  et  soient 

Pr^XeOS«r-4-t/C08i3r+  «COS^r  — Pr  =  0,     (f  =  1 ,  2,  3, ...,  Il), 

leurs  équations  par  rapport  à  trois  axes  rectangulaires  MX, 
MY,  MZ.  P|,  P|,  Ps,  ...  P„  sont  les  distances  du  point  (x,  y,  z)  à 
ces  plans.  Si  Ton  pose 

les  conditions  du  minimum  de  S  sont 

P,  COS  «i  -f-  P|  COS  flf,  -♦-  •••  -*-  P»  COS  «a  =:  0,   \ 

PjCos/3j^P,cos/3,  H hP«cosj3,  =  0,  ^     ...    (3) 

Pj  COS  Ti  H-  Pj  COS  r»  -*-•••■♦■  p"  COS  %  =  0,  / 

On  en  déduit  aisément  que  le  lieu  des  points  dont  la  somme 
des  carrés  des  distances  à  des  plans  donnés  est  constante  est  un 
ellipsoide  ayant  pour  centre  le  point  L  qui  rend  cette  somme 


Soient  Li,  Li,  Ls,  ...  les  projections  de  L  sur  les  plans 
donnés.  Les  équations  (3)  expriment  que  les  projections  de 
LL|,  LL|,  LLj,  ...  sur  un  axe  de  coordonnées  ont  une  somme 
nulle.  Par  conséquent,  les  perpendiculaires  abaissées  de  L  sur 
les  plans  représentent  un  système  de  forces  en  équilibre;  autre- 
ment dit,  L  est  le  centre  des  moyennes  distances  de  ses  projections 
Li,  L>,  Ls,  ...  sur  les  plans. 

Désignons  par  X„  X,,  X,,  ...  les  angles  que  font  les  nor- 
males aux  plans  donnés  avec  une  droite  quelconque  MU;  la 


(20) 

somme  des  projections  de  LLi,  LU,  LLs  ...,  sur  MU  étant 
nulle,  on  a 

PjCOSAiH-PjiCOSijiH-  •••-4-P»COSi»  =  0      ....     (4) 

Cette  équation  représente  un  plan  passant  par  le  point 
cherché  L.  Développée,  elle  devient 

a;  2  oos  «t  cos  >i  +  y  2  cos  ;3j  cos>,  -4-  a  2  cos  y,  cos  A^  =  2  Pi  cos  l^. 
Multiplions  les  deux  membres  par  ^^SpiCos)^,  et  posons 

-  2piC0S  il  =  p,  -  2>9C0S  >iCOSflCi  =  J?,,  -  2  PCOS  XlCOS0^=sy^^  .^     (5) 

ri  n  -  n 

Nous  aurons  ainsi 

^^t  -+-  yyi  -•-  33^  =  p*, 

équation  du  plan  polaire  du  point  (i^i,  yi,  Zi)  par  rapport  à 
une  certaine  sphère.  La  signification  des  quantités  Xt,  yi,  Si,  p 
résulte  des  égalités  (5)  et  conduit  au  théorème  suivant  : 

D'un  point  quelconque  M,  on  abaisse  des  perpendiculaires 
MM|,  MMï,  ...,  MM„  sur  n  plans  donnés  P|,  Pj,  ...,  P„.  Soient 
M' le  centre  de  gravité  des  points  Mi,  Mj,  ...,  M„;  M"  la  projec- 
tion de  M' sur  une  droite  quelconque  MU  ;  M'"  le  centre  de  gravité 
des  projections  de  M"  sur  les  droites  MM|,  MMi,  ...,  MM„.  Le 
plan  polaire  de  M'"  par  rapport  à  la  sphère  décrite  de  M  comme 
centre  avec  le  rayofi  MM",  passe  par  un  point  fixe  L  qui  ne  dépend 
que  des  plans  P,,  P„  ...,  P„. 

Pour  simplifier,  faisons  coïncider  MU  avec  MM'  et  bornons- 
nous  au  cas  du  triangle.  Nous  aurons  alors  la  proposition  que 
voici  : 

Soient  M|,  M^,  Ms  les  projections  d'un  point  quelconque  M  sur 
les  côtés  du  triangle  A|AsÂs,  M' le  centre  de  gravité  du  triangle 
MiMfMs,  et  N  celui  du  triangle  formé  par  les  projections  de  M'  «tir 
les  droites  MMi,  MMt,  MM3.  Lapolaire  de  N  par  rapport  au  cercle 
qui  a  pour  centre  M  et  pour  rayon  MM'  passe  constamment  par 
lepoint  de  Lemoine  du  triangle  AiAsAs. 

En  faisant  usage  du  théorème  sur  la  multiplication  des 


(21  ) 

déterminants  rectangulaires,  on  peut  indiquer  la  solution  des 
équations  (3)  au  moyen  des  formules  : 

IPi      Pi    —   P«      Il      II   ^s  ^1  ^^  't  —  ^^^  ^   Il 
cos /Sj  cos  ^a ...  cos /3m        X        cos/3,cosi3,...cosi3M 
cos  %  cos  rt  .•  cos  %,    Il        II    cos  r,  cos  rt  ..•  cos  % 


,  elc. 


ICOS  «t  cos  a,  ...  COS  an 
COS  01  COS  /3,  ...  cos  fin 
I    COS  ^'i  COS  y^ ...  cos  >^ii    II 

Pour  trouver  le  point  dont  la  somme  des  carrés  des  dis- 
tances à  des  droites  données  dans  l'espace  est  minimum,  on 
peut  substituer  à  chaque  droite  deux  plans  rectangulaires 
menés  par  cette  droite  ;  la  question  est  alors  ramenée  à  celle 
que  nous  venons  de  traiter. 

Ce  problème  offre  un  certain  intérêt  quand  on  l'applique  à 
trois  droites  situées  d'une  manière  quelconque  dans  l'espace 
ou  aux  six  arêtes  d'un  tétraèdre. 


Quadruples  hyperboloïdiques. 

Nous  venons  d'étendre  au  tétraèdre  les  théorèmes  I  à  VU 
du  n«  2.  Avant  de  passer  à  la  généralisation  des  propriétés 
VIII  à  XIII,  nous  croyons  utile  d'entrer  dans  quelques  dévelop- 
pements au  sujet  des  sections  antiparallèles  du  tétraèdre,  et 
des  quadruples  hyperboloïdiques. 

le.  Une  sphère  quelconque  passant  par  Â|,  At,  As  rencontre 
les  arêtes  A4A1,  A«At,  A4A3  du  tétraèdre  T  en  des  points  Ni,  Nt,  Ns 
tels  que  les  droites  NiNs,  NsN|,  N|Nt  sont  antiparallèles  à  AsAj, 
A}Ai;  AiAf  par  rapport  aux  angles  A^AïAs,  AsA^Ai,  AjA^A,.  Ces 
droites  sont  donc  parallèles  aux  tangentes  menées  aux  cercles 
0|,  Ott  Os  par  le  point  A4;  le  plan  N.N^Ns  est  parallèle  à  6|B|Bs 
ou  perpendiculaire  au  rayon  OA4  de  la  sphère  circonscrite 
àT,et 

A4A,.  A4N1  =  A4A,.A4N,  ss  A4A,.  A4N,. 


(22) 

Nous  dirons  qae  NiNiN»  est  une  section  antiparallèle  à  Â«A«A3 
par  rapport  au  trièdre  A4.  Il  est  évident  que  le  centre  de  la 
sphère  Â^NiNsNs  est  situé  sur  la  hauteur  A4H4  de  T. 

Les  circonférences  AjAtAs,  NiNjNs  sont  des  sections  anti- 
parallèles  d'un  même  cône  du  second  degré  dont  le  sommet 
est  A4.  Si  Ton  mène  les  plans  tangents  le  long  des  arêtes 
A4A1,  A4A2,  A4AS,  on  forme  un  trièdre  circonscrit  tel  que  les 
plans  conduits  par  les  arêtes  de  ce  trièdre  et  les  arêtes  oppo- 
sées du  tétraèdre  se  coupent  suivant  la  droite  A4K4.  Donc  la 
droite  qui  joint  un  sommet  éCun  tétraèdre  au  point  de  Lemoine  de 
la  face  opposée,  passe  aussi  par  le  point  de  Lemoine  des  sections 
antiparaJlèles  correspondantes. 

Rappelons  aussi  cette  proposition  connue  (*)  que  les  droites 
A|B„  AiBi,  AsBs,  AiBi  passent  par  les  centres  des  sections  atUi- 
parallèles  correspondantes  du  tétraèdre  XiAtk^i. 

Les  triangles  semblables  A^AiAt  et  A4N2N1,  A4AsAs  et  A4NsNt 
donnent  les  proportions 

N,N,  _  AA       N^«  _  A4N, 
ûg  a*  a,  a, 

d'où  Ton  déduit  aisément  : 

û«^«  ût«4  «'■"s 

Donc  les  côtés  d^utie  section  antiparallèle  quelconque  sont  pro- 
portionnels aux  produits  des  arêtes  opposées  du  tétraèdre  (^).  Les 

(*)  E.  Catalan,  Théorèmes  et  Problèmes,  Gf  éôiWon,  p,  À0\;  Rocché  et 
DE  CoMBCROCssE ,  Traité  de  Géométrie,  À*  édilion,  t.  II,  p.  iil. 

(**)  Théorème  connu,  d'où  Von  Staudt  a  déduit  Texpression  de  R  en  fonc- 
tion des  arêtes.  Voir,  par  exemple,  Catalan,  Théorèmes  et  Problèmes,  p.  453. 

Ce  théorème  exprime  une  propriété  remarquable  de  la  figure  inverse  des 
sommetftd'un  triangle,  propriété  qu'on  peut  énoncer  ainsi  :  Étant  donné  un 
quadrangte  quelconque  ABCD,  les  inverses  de  trois  des  sommets  par  rap- 
port au  quatrième  sont  les  sommets  d'un  triangle  dont  les  côtés  sont  pro- 
portionnels aux  produits  des  côtés  opposés  du  quadrangte.  Nous  revien- 
drons sur  cette  proposition  intéressante. 


(23) 

sections  antiparaUHes  des  quatre  trièdres  dCun  tétraèdre  smt  sent- 
Mables  entre  elles. 

19.  Soient  quatre  points  Qi,  Q,,  Q3,  Q4  pris  respectivement 
dans  les  faces  du  tétraèdre  AiÂsAjÂ^.  Si  les  droites  AiQi,  A^Q^, 
A3Q3,  A4Q4  sont  des  génératrices,  d'un  même  système,  d'un 
hyperboloîde,  la  génératrice  du  second  système,  qui  passe  par 
A4,  est  située  dans  les  plans  A4A1Q1,  A^A^Qi,  A4A3Q3.  Récipro- 
quement, si  les  plans  AiAiQ,,  AiAiQs,  A^A^Q,  se  coupent  sui- 
vant une  même  droite  AiQi,  celle-ci  s'appuie  sur  A|Q„  AjQi, 
A3Q3;  si,  de  plus,  les  sommets  A,,  As  satisfont  à  des  conditions 
analogues,  les  droites  AiQi,  A2Q2,  A3Q3,  A4Q4  forment  un  qua- 
druple hyperboloïdique. 

Par  exemple,  si  l'on  considère  les  hauteurs  du  tétraèdre,  les 
plans  A4A|H«,  A4A2H,,  AiA^Hs,  menés  par  une  arête  du 
trièdre  A4  perpendiculairement  à  la  face  opposée,  se  coupent 
suivant  une  droite;  donc  les  hauteurs  d'un  tétraèdre  forment  un 
quadruple  hyperboloïdique.  (Théorème  connu.) 

De  même,  si  Q„  est  le  centre  du  cercle  inscrit  à  T,„  les  plans 
A4A1Q1,  A4ASQ3,  A4A3Q8  passent  par  une  arête  du  trièdre  A4  et  la 
bissectrice  de  la  face  opposée  ;  donc  tes  droites  joignant  les  som- 
mes (f  un  tétraèdre  aux  centres  des  cercles  inscrits  aux  faces 
opposées  constituent  un  quadruple  hyperboloïdique. 

18.  Prenons  pour  Q„  le  point  de  Lemoine  de  T„.  Les  droites 
A4K1,  A4K,,  A4K8  partagent  A^A,,  A3A1,  A  (A,  dans  les  rapports 

_Ob     _«Î     _aî 

al'         al'         al 

dont  le  produit  est  égal  à  —  1  ;  donc  les  plans  A4A1K1,  A4ASK,, 
A4ASK3,  dont  les  traces  sur  le  plan  AiAtAs  ne  coupent  en  un 
même  point,  passent  par  une  même  droite.  Par  conspuent, 
les  lignes  qui  joignent  un  sommet  d^un  tétraèdre  au  point  de 
Lemoine  de  la  face  opposée  appartiennent  à  un  même  hyperbo- 
Unie. 


(24) 

§••  Considérons  maintenant  les  droites  qui  vont  d'un 
sommet  au  point  de  contact  de  la  face  opposée  avec  la  sphère 
inscrite. 

Soit  ^1  l'aire  des  triangles  égaux  Â1A3I4,  A,AsI|  ;  soient  aussi 
tu  ti, ...  les  aires  des  triangles  analogues  qui  ont  pour  base 
0,,  aj, ...  C).  Les  plans  A^AiIi,  A4AJ9,  A4A3I5,  divisent  les  arêtes 
a,,  Os,  Os  dans  les  rapports 

_ij     _U     _U 
U         U         fs 

dont  le  produit  égale  —  1  ;  donc  ils  se  coupent  suivant  une 
même  droite.  On  déduit  de  là  que  les  droites  Aili,  kJL^  AsU, 
A4I4  constituent  un  quadruple  hyperboloïdique. 

La  démonstration  précédente  rappelle  celle  que  l'on  donne 
ordinairement  de  la  proposition  analogue  sur  le  triangle.  On 
peut  aussi  s'appuyer  sur  ce  dernier  théorème,  en  observant  que 
les  traces  des  plans  A4A1I1,  A^Ails,  A^AJs  sur  le  plan  I|IJs  sont 
les  médianes  antiparallèles  du  triangle  I|IJs-  Un  changement 
de  notations  conduit  alors  à  la  proposition  suivante  :  Les  droites 
qui  joignent  les  sommets  homologues  des  tétraèdres  AiAtAjA^, 
BiBjBsBa  so7it  des  génératrices,  d'un  même  système,  d'un  hyper- 
boloïde;  les  droites  qui  unissent  les  sommets  du  second  tétraèdre 
aux  points  de  Lemoine  des  faces  homologues  du  premier  sont  des 
génératrices,  du  second  système,  de  la  même  surface. 

MO*  Les  distances  des  points  I4,  J«4  aux  côtés  du  triangle 
AiAjAs  sont  respectivement 

1  1  1 

rcot-a,,        rcol-ii,,        rcol-a,; 

1  t  1 

n  tang  2  «t  '     ''4  tang  -  û„     r^  Ung  -  a^ . 

On  en  conclut  que  les  points  I4,  J44  sont  conjugués  isogonaux 

{*}  Les  aires  i^,  /,,...  00 1  pour  mesure  ^  a^r  col }  a^,  i  a^r  col  |  a,, ...  Il  sérail 
iDiéressant  d'avoir  leurs  expressions  en  fonction  des  arêtes  seules  ou  en  fonc- 
tion de  r  et  des  dièdres. 


(  25) 

par  rapport  à  A|Ât A3  ;  ce  sofit  donc  les  foyers  iune  ell^se  inscrite 
à  ce  triangle  et  ayant  pour  petit  axe  2  I/Vti.  La  droite  AJ  cou- 
pant le  plan  T4  en  i,  les  points  H«,  I«,  t,  Ji,!  forment,  évidem- 
ment, une  division  harmonique. 

On  verrait,  de  la  même  manière,  que  les  points  Jii,  Jt«,  Js» 
sont  conjugués  isogonaux  avec  les  points  où  le  plan  AiA^As 
touche  les  sphères  imcrites  aux  combles.  Lorsque  l'une  de 
celles-ci  disparait,  le  point  de  contact  d'une  sphère  exinscrite 
tombe  sur  la  circonférence  AiAïAs  (7). 

Ces  résultats  étant  mis  en  rapport  avec  un  théorème  de 
M.  Hermary  (*),  on  aura  ce  théorème  assez  curieux  de  géo- 
métrie plane  : 

Trois  circonférences  décrites  des  points  Ai,  Aj,  As  comme 
centres  se  coupent,  deux  à  deux,  aux  points  (Ui,  Ui),  (l}«,  U^), 
(Us»  Us).  Si  Von  partage  ceux-ci  en  deux  groupes  de  trois  points 
tels  que  : 

u,u,u,  et  l;u;u;,   l\u,u',  ei  u;u;u,.   r.u.u;  ei  u;u',u„ 
u.u.u,  eiu;u;Uj, 

les  centres  des  deux  drcorïférenees  passant  par  les  triples  d^un 
mène  groupe  sont  les  foyers  d^une  conique  inscrite  au  triangle 
AiAsAs,  et  sont  en  ligne  droite  avec  le  centre  radical  des  cercles 
A|,  A«,  As.  Si  le  centre  de  la  circonférence  UiUsUs,  par  exemple, 
tombe  sur  la  circonférence  AiAtAs,  les  points  Ui,  Uî,  Us  sont  sur 
une  même  droite. 

Le  tétraèdre  isoscèle  donne  lieu  à  cette  jolie  remarque  :  Les 
points  oii  wie  face  touche  la  sphère  inscrite  et  les  sphères  exin- 
$crites  sotU  :  le  centre  du  cercle  circonscrit  à  cette  face,  les  points 
de  ce  cercle  diamétralement  opposés  aux  sommets,  et  le  point  de 
concours  des  hauteurs. 

9i.  Soient  pris,  sur  les  côtés  d'un  triangle  sphérique  AiAaAs, 
les  points  I|  et  Jh,  Ii  et  Jn*  I3  et  Jss  équidistants  du  milieu  du 
c6té  correspondant.  Si  les  arcs  AJ.,  AJt»  A3I3  concourent  en 
an  même  point,  il  en  sera  de  même  des  arcs  AJu,  XJn^ 

(•)  Voir  Nouvelle  Correspondance,  l.  VI,  p.  8. 


(26) 

A^Jss  C);  et  si  les  arcs  perpendiculaires  sur  les  côtés  de  ÂiAïAs 
aux  points  Ii,  It,  Is  se  rencontrent  en  un  môme  point  I,  les  arcs 
perpendiculaires  sur  les  mêmes  côtés  aux  points  Jh,  J»,  Jss  O 
se  coupent  en  un  même  point  V.  En  particulier,  les  points 
Il  9  Ii9  Is  peuvent  être  les  points  de  contact  des  côtés  du  triangle 
AiAjAs  avec  le  cercle  inscrit;  alors  les  points  Jn,  Jtf,  Jss  seront 
ceux  où  les  côtés  sont  touchés  intérieurement  par  l'un  des 
cercles  exinscrits  J|,  Jt,  h  (***). 

La  figure  sphérique  que  nous  venons  de  considérer  est  pré- 
cisément celle  qui  résulte  de  l'intersection  d'une  sphère  décrite 
du  sommet  A«  du  tétraèdre  AiAtAjAi  comme  centre,  avec  les 
droites  joignant  A4  aux  points  désignés  précédemment  dans 
le  tétraèdre  par  les  mêmes  lettres  Ai,  At,  As,  I,  If,  It,  Is*  Ji>  etc. 

II  en  résulte  que  les  plans  A4A|Jii,  A4AfJtt9  A4A3JB  se  cou- 
pent suivant  une  même  droite.  Par  conséquent  (19),  les  droites 
qui  joignent  un  sommet  (fun  tétraèdre  au  point  de  contact  inté- 
rieur de  la  face  opposée  avec  une  sphère  exinscrite  sont  des  géné- 
ratrices, d'un  même  système,  d'un  hyperboloîde. 

On  voit  aussi  que  les  plans  A^itiu,  KiJn^  AiJsJss,  méfiés  par 
les  intersections  des  bissecteurs  extérieurs  dCun  trièdre  A«A,AtA:, 
perpendiculairement  sur  les  faces  de  ce  trièdre,  se  coupent  suivatU 
une  même  droite  A4V. 

O  Car 

sin  A|J„  sÎD  A^ss.sin  A^u  =  bîd  AfJii  sin  A^J^cStn  AtJgg. 
(**)  Pour  que  ces  arcs  coacoureot  eu  ud  même  point,  il  faut  et  il  suffit  que 
eos  A|Jtt  ^^  ^i^w  ^o*  ^8^11  ="  ^^  A^Jn  eos  AJ^^  cm  A,Jt,  (Sleiacr). 

(***)  De  là  résulte  une  secoude  démonstration  de  la  propriété  que  les  points 
de  contact  d*une  face  d*un  tétraèdre  avec  les  sphères  tangentes  aux  quatre 
faces  sont,  deux  à  deux,  conjugués  isogonaux  par  rapport  ài  cet(e  face. 

Gomme  en  géométrie  plane,  le  p61e  1  du  cercle  inscrit  au  triangle  sphé- 
rique A^A^Ag  est  le  point  de  concours  des  hauteurs  du  triangle  JtJtig  formé 
par  les  pôles  des  cercles  exinscrits;  il  est  aussi  le  conjugué  isogonal,  par 
rapport  au  triangle  JtJ,Js,  du  point  d'intersection  V  des  arcs  J^J,!,  J|Jtti  Vu 
perpendiculaires  aux  côtés  du  triangle  orlhocentriqne  A^A,A,.  Mais  le  point  V 
n*est  pas  le  pôle  du  cercle  circonscrit  à  Jti|J|. 


(27) 

Si  Ton  veut  aller  plus  loin  dans  la  voie  des  analogies  du 
triangle  et  du  tétraèdre,  on  est  tenté  d'admettre  que  les  rayons 
y  Ut  iJnj  iJnj  iJu  des  sphères  exinscrites  concourent  en 
on  même  point  ou  forment,  au  moins,  un  quadruple  hyper- 
boloîdique.  Mais  il  n'en  est  pas  ainsi  :  la  droite  A^V  qui  ren- 
contre les  trois  premiers  rayons  ne  coupe  pas  le  quatrième. 
Pour  s'en  convaincre,  il  suffit  d'observer  que  les  droites  A^V, 
A1J4  ne  changent  pas  avec  la  direction  du  plan  AiA^Aj,  de  sorte 
que  la  droite  J^J^  n'est  pas  nécessairement  située  dans  le  plan 

La  droite  A«V  et  les  droites  analogues  des  trièdres  A|,  A^,  A3 
oe  forment  pas  non  plus  un  quadruple  hyperboloïdique  ;  car 
J(Jii  rencontre  trois  de  ces  lignes  sans  s'appuyer  sur  la  qua- 
trième. 

tt.  Voici  la  généralisation  d'un  théorème  de  Steiner,  que 
nous  avons  annoncée  à  la  fin  du  n®  6  :  Si  deux  tétraèdres 
AiAtAA,  MiMiMjM*  sont  tels  que  les  lignes  ff„  j„  Çz,  j*  menées 
par  les  sommets  du  premier  perpendictdairement  aux  faces  du 
second,  constituent  un  quadruple  hyperboloïdique,  la  même  pro- 
priété qifpartient  aux  lignes  g\,  g\,  g'^,  g\  menées  par  les  sommets 
du  second  tétraèdre  perpendiculairement  aux  faces  du  premier. 

En  effet,  les  plans  (A4A1,  jfi),  (A4A,,  p,),  (AiAj,  g^)  se  coupent 
suivant  la  génératrice  du  second  système  qui  passe  par  A4. 
Soient  S|,  S,,  83  les  distances  d'un  point  de  cette  droite  aux 
faces  du  trièdre  A«AiA«As,  nous  aurons 

<r,_sin(y,.Tt)       <r,  _  sin  (y„  T,)      <r,  ___  sin  (y„  T,) 
^,  ""  sin  te, ,  T.)  '     J,  "■  sin  {g, ,  T,)'     J,  ~  sin  (gr,,  T,)  * 

d'où: 

stn  te,,  T^)  siii  (yt,  T,)  sin  (y„  T,)  _  ^ 
«în  i9t,  T.)  sin  ig^,  T,)  sin  tei»  TJ 


(*;  Comment  concilier  ces  conclasions  avec  an  théorème  énoncé  par 
Sieiaer  dans  les  AnnaUê  de  Gergonnê,  t.  XVIII  {Geêammelte  Werke,  t.  I, 


(28) 

Kéciproquement,  cette  égalité  est  suffisante  pour  qu'il  passe 
par  A4  une  droite  s'appuyant  sur  ^i,  p„  y,,  pi.  Si  Ton  observe 
maintenant  que  (*) 

sin  (y„  TJ  =  siu  (T„  g\  ),    hii  {g, ,  T.)  =  sin (T', ,  ^;),  elc, 

les  mêmes  égalités  expriment  que  Tun  ou  l'autre  système 
C9».  9u  ?3,  ff*),  (g\f  g'fj  g'if  gl)  est  hyperboloïdique. 

En  particulier,  les  perpendiculaires  abaissées  des  sommets  d^tm 
tétraèdre  sur  les  faces  correspondantes  du  tétraèdre  qui  a  pour 
sommets  les  pieds  des  hauteurs  du  premier,  ou  les  points  de  con- 
cours des  hauteurs  des  faces,  constituent  un  quadruple  hyperbo- 
loïdique. 

tS.  Voici  deux  autres  propositions  du  même  genre,  qu'il 
nous  suffira  d'énoncer  :  Si  quatre  droites  menées  par  les  som- 
mets d'un  tétraèdre  forment  un  quadruple  hyperboloïdique,  leurs 
polaires  isogonales  par  rapport  aux  ttièdres  correspondants  du 
tétraèdre  jouissent  de  la  même  propriété. 

Soient  Qi,  Q„  Qs,  Q4  quatre  points  des  faces  d'un  tétraèdre 
A,AiAj^4  et  soient  Ql,  Qi,  Qi,  Qi  leurs  conjugués  isogonaux  ou 
isotomiques  par  rapport  à  ces  faces.  Si  les  droites  A.Q„  A^Q», 
A5Q3,  A4Q,  appartienneitt  à  un  même  hyperboloide,  il  en  sera  de 
même  des  droites  A.Qi,  A,Q;,  A^Q;,  A4Q;  (**). 


Droites  concourantes. 

)94.  Examinons  maintenant  les  conditions  nécessaires  pour 
que  les  droites  considérées  dans  les  numéros  précédents  con- 
courent en  un  même  point. 


{*)  T;,  T;,  T,,  T'4  désigneDl  les  faces  de  M^MaM.Mf. 

(**)  Par  exemple,  de  ce  que  les  droiles  A|It,  A^U,  AJ^,  A4I4  formeot  an 
quadruple  hyperboloïdique,  on  peut  conclure  que  les  droites  A|Ji|,  A^J^, 
A^„,  A4J14  sont  également  des  génératrices,  d*un  même  système,  d*un  byper- 
lM>]oîde(«i). 


(29) 

S'il  s'agit  des  hauteurs,  les  droites  AiHi,  ÂtH,  étant  dans  un 
même  plan  perpendiculaire  à  A3A1,  les  arêtes  opposées  AiAs, 
A5A4  sont  rectangulaires.  Les  lignes  A,Ht,  AsHi  sont  perpendi- 
culaires à  Aiki  en  un  même  point  h  tel  que 

Aj/I     ~~  A^A    — •  A|Ag     •""  A|A|    sss  Aj A^     ^—  A^Ai    J 

donc 

Si  ron  exprime  que  les  rapports  des  distances  des  points  Hi,  Ht 
aux  faces  Tg,  T4  sont  égaux  entre  eux,  on  trouve 

cos  a,  cos  ^5  =  cos  a.  cos  a^. 

Donc  :  si  les  hauteurs  dCun  tétraèdre  concourefU  en  un  même 
point  :  1®  les  arêtes  opposées  sofit  perpendiculaires  ;  2®  les  carrés 
des  arêtes  opposées  dojinent  des  sommes  égales;  3®  les  produits 
des  cosinus  de  deux  dièdres  opposés  sont  égaux  entre  eux. 

H  étant  le  point  de  concours  des  hauteurs  du  tétraèdre,  les 
plans  HA.Hi,  HA^Hi,  HA4H1  sont  respectivement  perpendicu- 
laires aux  plans  HA^A^,  HA^A^,  HAtAj.  Donc,  pour  que  quatre 
droites  menées  par  un  même  point  soient  les  hauteurs  d'un  même 
tétraèdre,  Fune  des  droites  doit  être  l'intersection  des  plans-hau- 
teurs du  trièdre  formé  par  les  trois  autres. 

Ces  théorèmes  sur  les  hauteurs  sont  assez  connus. 

;93.  Pour  que  les  droites  joignant  A|,  A2  aux  centres  Q,,  Q, 
des  cercles  inscrits  aux  triangles  Ti,  Ts  se  coupent,  les  bissec- 
trices A|Qj,  A.Qi  des  angles  A4A1A3,  A^A^As  doivent  rencontrer 
Kiki  au  même  point;  ce  qui  exige 

= OU    fli'»K  =  ai<ii. 

A  A  A  A 

La  même  condition  exprime  aussi  que  les  médianes  antiparal- 
lèles AfKf,  A«K|  sont  dans  un  même  plan. 
Nous  appelons  tétraèdre  isodynamique  (*)  celui  dans  lequel  les 

{*)  Cest-à-dire  :  tétraèdre  auœ  produits  égaux  des  arêtes. 


(30) 

produits  des  arêtes  opposées  sont  égaux.  Cette  dénomiaatioa 
étant  adoptée,  on  peut  énoncer  le  théorème  suivant  :  Dans  tout 
tétraèdre  isodynamique,  les  droites  allant  dCun  sommet  au  centre 
du  cercle  inscrit  à  la  face  opposée  se  coupent  en  un  même  point; 
les  droites  qui  joignent  un  sommet  au  point  de  Lemoine  de  la  face 
opposée,  se  coupent  également  en  un  mime  point  K,  et  passent  par 
les  sommets  du  tétraèdre  circonscrit  BiBiBsB^. 

La  dernière  propriété  résulte  de  ce  que  les  droites  A«B„, 
K„B„,  qui,  dans  le  cas  général,  sont  des  génératrices,  de  sys- 
tèmes opposés,  d'un  hyperbololde,  doivent  maintenant  coïn- 
cider (!•). 

9%.  Supposons  les  droites  AJi,  AJ,,  AsU,  AJi  concourantes. 
Les  lignes  AJ,,  A,Ii  doivent  rencontrer  Taréte  X^Xi  au  même 
point  t;  d*où 

A^  ___  AgAtlg  ^^  AgAgl| 


On  déduit  de  là 
Mais 


'.'i  =  V«=Vf («) 


•-«•rcol-d.; 


donc  Tégalité  (6)  donne  aussi  : 

Il  11  11 

a,tf4colja,col-04  =  ii,a,coi-a,cot-fl,  =  o,<i,col-<i,col-a,, 

ou,  à  cause  de  la  relation  (*) 

a^n^  a^a,  fl,a. 


sin  a^  siu  a^      sîd  a,  sin  a,      sin  a,  siu  Og  * 


(7) 


11  11  11 

co8-a,cos-a4=rcos-fl,cos-a,=  cos-a,cos-a,  .    .    (8) 


(*)  Pour  démoDtrer  la  relation  (7), on  peut  mailiplier,  terme  di  terme,  les 
proportions 

01 SÎD  A^AjAt       04        sin  A|A,A, 

Ot       sin  AgAfAi  '     a,        sin  k^k^k^  ' 


(31  ) 

Enfin,  si  l'on  divise  les  équations  (6)  et  (8),  membre  à  membre, 
on  obtient 

IA,A,.1A,A4=IA,A,.ÎA,A4=:IA,A,.IA,A4. 

EiLaminons  maintenant  les  conséquences  qu'on  peut  déduire 
du  théorème  de  M.  Hermary.  Nous  faisons  tourner  les  faces 
Ti,  Tt,  Ts  autour  de  a^  (h,  az  de  manière  à  éeiaser  la  sphère  I; 
soient  alors  Ui,  U^  Us  les  trois  rabattements  de  A«  sur  le  plan 
A|AsAs.  Les  points  Ii,  !«,  I^  viennent  coïncider  avec  I4,  et  l'on  a 
l4U|  =  l4Ut=  UUj.  De  ce  que  les  droites  A1I4  et  AJi  rencontrent 
Taréte  AtAs  au  même  point,  on  peut  conclure  que  les  points 
A4,  1«,  U|  sont  en  ligne  droite;  de  même  les  points  (A,,  I4,  Ut) 
et  (As,  I4,  Us)  seront  en  ligne  droite.  Mais  AiUt  =  A|U3  =  a4, 
I4U,  «=  I4US  ;  donc  la  droite  AiUJ*  est  perpendiculaire  au  milieu 
de  la  ligne  UtUs.  Les  droites  AiUtli,  AsUsI^  étant  également  per- 
pendiculaires aux  milieux  des  lignes  U3U1,  UiUs,  le  triangle 
UfUsUs  est  nécessairement  équilatéral,  et  I4  est  le  point  d'où 
l'on  voit  les  côtés  du  triangle  A4A1A8  sous  le  même  angle 
de  120». 

Pour  résumer  ces  résultats,  nous  énoncerons  le  théorème 
suivant  : 

Si  les  droites  qui  joignent  un  sommet  (Tun  tétraèdre  au  point  de 
contact  de  la  face  opposée  avec  la  sphère  inscrite,  c&ncourent  en 
un  même  point  :  \^  les  cosinus  des  moitiés  des  dièdres  opposés  don- 
nent des  produits  égaux  ;  2*»  les  produits  des  aires  des  triangles  qui 
ont  pour  sommet  commun  le  centre  de  la  sphère  inscrite  et  pour 
bases  deux  arêtes  opposées,  sont  constants;  S""  la  sphère  inscrite 
touche  chaque  face  au  point  dCoii  Von  voit  les  côtés  sous  des  angles 
égaux. 

La  dernière  propriété  est  susceptible  d'une  autre  démonstra- 

et  observer  que,  dans  les  triédres  A,,  A,  : 

»in  AgAtA,       sin  04        sin  A4A«A|        fiii  Oj 
•in  A4AtA,       fin  a,  '     sin  A,A,A|        sin  04 

Oo  parvient  encore  très  simplement  à  la  formule  (8)  en  égalant  les  rapports 
des  distances  des  points  I|  ou  I,  aux  plans  T,,  T4. 


(32) 

tion  très  simple.  Toute  section  S  du  trièdre  I«I|IiIs  par  un 
plan  parallèle  à  AiÂ^As  est  un  triangle  équilatéral  ;  car  c'est  une 
section  antiparallèle  du  tétraèdre  isodynamique  Iiltlsli.  Les 
traces  des  plans  A4A4I1,  A^Jt,  A4A3I3  sur  celui  de  S,  étant  les 
médianes  antiparallèles  d'un  triangle  équilatéral,  font  entre 
elles  le  même  angle  de  120^. 

Nous  reviendrons  plus  loin  sur  le  tétraèdre  satisfaisant  aux 
égalités  (6),  (7),  (8). 

)99.  Supposons  maintenant  que  les  droites  A^Jh,  AJn, 
AsJssy  A4J44  concourent  en  un  même  point. 

Les  distances  de  J44  à  A|At  et  à  A1A3  étant  égales  à  r^  tg  ^  as, 
r^  tang  ~  Ot,  le  rapport  des  distances  de  ce  point  à  Ts  et  Tt  est 
exprimé  par 

lang  -tfjsino,      sin«  -  a, 

î        '.       "^  .     1 
laog  -  0|  s!D  a^      sid'  -  o. 

En  l'égalant  à  celui  des  distances  de  in  aux  mêmes  plans,  on 
trouve 

sin«-a,      sin«-fl, 

~^         T"' 

sin*  -  a^      sin*  —  a- 
2  2 

donc  les  conditions  cherchées  sont 

.   *       .   ^  .   «  i  i       .   t 

6ID  -  Oj  sin  -  04  =  sin  —  fl,  sin  -  ûj  =  sin  -  a^  sm  -  a,. 

2  2  2  2  2  2 

Pour  en  trouver  une  interprétation  géométrique,  observons 
que  la  distance  de  I  à  l'arête  a„  égale  ^.^^^  ;  donc  :  si  les 
droites  qui  joignent  un  sommet  d'un  tétraèdre  au  point  de  conia£t 
intérieur  de  la  face  opposée  avec  une  sphère  exinscrite  concourent 
en  un  même  point,  le  produit  des  distances  du  centre  de  la  sphère 
inscrite  à  deux  arêtes  opposées  est  constant. 


d*  »    '  •    -"^ 


(  33) 


Tétraèdre  isooynaiiique. 

9ë.  Nous  avons  appelé  tétraèdre  isodynamique  un  tétraèdre 
A,A8AsA4  dans  lequel  les  produits  des  arêtes  opposées  sont 
égaux,  de  sorte  que 

$10  a,  sin  a^  s=  sin  ff,  sio  a^  =  sin  a,  sin  a^ . 

Dans  tout  tétraèdre  isodynamique  :  \^  le^  sections  antiparal- 
lèles  sont  des  triangles  équilatéraux  (l<l);  3^  les  droites  qui 
joignent  un  sommet  au  centre  du  cercle  inscrit  à  la  face  opposée 
se  œupent  en  un  même  point;  S""  les  droites  A«B|,  A«B,,  AsBs, 
A«Ba  qui  unissent  un  sommet  au  pôle  de  la  face  opposée  par  rap- 
port à  la  sphère  circonscrite,  passent  par  les  points  de  Lemoine 
Kh  K,,  Ks,  K4  des  faces,  par  les  centres  des  sections  antiparallèles 
correspofidantes,  et  se  coupent  en  un  même  point  K  (15)  ;  4<'  des 
points  Ah  Au  A3,  A4,  oti  voit  les  côtés  des  triangles  3334,  BJBéBi, 
B«B,B„  B,B«Bs  sous  des  angles  égaux  (tH). 

Le  point  K  jouit,  par  rapport  au  tétraèdre  AiAtAsAi,  de  pro- 
priétés analogues  à  celles  que  nous  avons  énoncées  au  n**  2, 
VllUXII. 

M.  Cherchons  les  coordonnées  de  K. 

Les  distances  de  K^  aux  arêtes  ai,  a,  étant  proportionnelles 
à  fli,  a«,  le  rapport  des  distances  de  ce  point  aux  faces  T|,  T,  est 
exprimé  par 

«Ti  sin  flj a^  sin  tfg  ^  a»  sin  A^^A, R,  n^  Hf  rH 

a,  sin  a,      a,  sin  a^      a^  sin  Xpf^z      Rt  -    ^ 

Donc  les  coordonnées  normales  de  K  sont  proportionnelles  aux 
rayons  des  cercles  circonscrits  aux  faces  du  tétraèdre. 

Menons  par  K  des  plans  parallèles  aux  faces  du  tétraèdre  et 
rencontrant  les  droites  00,,  00„  00»,  00*  respectivement  en 
E,,  E,,  Es,  E*;  les  droites  KE„  KE,,  KE»,  KE*  seront  paral- 
lèles aux  ligMfr*iûi,JiAr*Ar*i04.  Les  cônes  qui  01U  pour 
Tome  XXXVII.  3 

jJa/u/I  T^  Tx  T,  T4 


(34) 

sommets  les  points  £|,  E,,  E»,  E4  et  pour  bases  les  cercles  cir- 
conscrits aux  faces  correspondantes  du  tétraèdre  sont  semblables. 
Désignons  par  (S|,  8,,  S»,  S4)  les  distances  de  K  aux  faces  de 
A,A,AsA!,  par  a  Tangle  E4A1O4;  nous  aurons 


J,  =r  R,  UDg  a.    tf ,  =  R,  lang  «,... 

Mais 

V.^V.H-V,H-V,  =  3V; 

par  suite 

3V 

T,R,h-T,R,h-T,R,-«-T4R/ 

Oia^a,  -♦-  a^^^  -4-  a^n^a^  -1-  at^'t'^s 

«>t«==                         ^^^ 

R.       R,       R,      R4 

*i       ^t       ^i       ^4 

Les  coordonnées  barycentriques  de  K  sont  proportionnelles 
aux  produits 

T,R,,    T,R,,    TgRg,    T4R4, 

ou  à 

^iVfl      <'i<'«<*4»      Og^i<^§*      <»l<*t%* 

Elles  conduisent  facilement  aux  rapports 
KK4        KK. 

SO.  Menons  quatre  plans  parallèles  aux  faces  du  tétraèdre 
AiAfAsA^,  à  des  distances  proportionnelles  aux  rayons  des 
cercles  circonscrits  à  ces  faces  ;  nous  obtiendrons  un  nouveau 
tétraèdre  CiCfCC*  dont  les  sommets  sont  situés  sur  les  droites 
A|K,  A,K,  AsK,  A4K  et  les  partagent  en  parties  proportionnelles. 

Les  plans  des  trièdres  A4,  Q  forment  un  parai léli pi pède 
A^NjNtNaNiNiNiC*;  la  diagonale  A4C4  passe  par  les  centres  de 
gravité  N,  N'  des  triangles  N,N,N3,  NlNiNi,  dont  les  sommets 
sont  situés,  respectivement,  sur  les  arêtes  A4A1,  A4A,,  A«As 
et  CtCi,  C4C2,  C4CS.  Mais  la  droite  A4C4K  passe  aussi  par  le 
centre  de  gravité  de  toute  section  antiparallèle  des  trièdres  A4 


(35) 

et  C|.  On  conclut  de  là  aisément  que  NiN^Ns  et  NiNtNs  sont  des 
triangles  équilatéraux,  dont  N  et  N'  sont  les  centres. 

Soit  0'  le  centre  de  la  sphère  CiCiCsCi  ;  ce  point  est  situé 
sur  KO,  et  C'C^  est  parallèle  à  OA4.  Les  points  N  et  N'  divisent 
A4C4  en  trois  parties  égales  ;  par  suite,  si  0''  et  0'"  sont  les 
points  qui  divisent  00'  en  trois  parties  égales,  les  droites  0"N, 
0'"N'  sont  perpendiculaires  aux  plans  N|N,Nj,  NjN^Ni,  et 

20V4^0X,  _^0A,>*-20-c, 

3  '      .  3 

Désignons  par  S«  et  Si  les  triangles  NiNsNs,  NjNJiMs,  et  par 
$t,  Si,  Si,  S<,  S},  Sg  les  triangles  analogues  qui  résultent  de  la 
combinaison  des  trièdres  Ai  et  C|,  At  et  d.  As  et  Cs.  Les  plans 
de  Si,  Ss,  Ss,  S4  sont  à  la  même  distance  de  0"  et  divisent  AjK, 
.\tK,  AsK,  A4K  dans  le  même  rapport;  ils  forment  donc  un 
tétraèdre  DtDjDsDi  homothétique  à  BiB^JB^  par  rapport  à  K 
H  circonscrit  à  une  sphère  de  centre  O". 

Les  triangles  Si,  Ss,  S3,  S«  sont  égaux  entre  eux  ;  car  les  côtés 
de  S«  et  Si,  interceptés  entre  les  angles  A1A4A1,  A^AjAs,  font 
avec  A4A1  un  angle  égal  à  A^AïAi  et  sont  compris  entre  A41  et 
uoe  parallèle  à  A4A1. 

Il  résulte  de  là  que  les  triangles  S  sont  inscriptibles  à  une 
même  sphère  ayant  son  centre  en  0".  Le  même  raisonnement 
peut  s'appliquer  aux  triangles  S'.  Par  conséquent  : 

Si  deux  tétraèdres  isodynamiques  A|AjA:sA«,  CiCsCsCi  sont 
homothétiqiLes  par  rapport  à  K,  les  arêtes  du  premier  sont  ren- 
contrées par  les  faces  du  second  en  douze  points,  sommets  de 
({mire  triangles  équilatéraux  égaux  et  inscrits  à  une  même 
xphère  0"  ;  les  face^  du  premier  rencontrent  les  arêtes  du  second 
m  douze  points  d^une  seconde  sphère  0'"  ;  les  centres  0"  et  0'" 
divisent  la  distance  des  ceiUres  des  sphères  AiA^AsA^,  C1C2C3C4  en 
trrn  parties  égales. 

Autrement  dit  :  Étant  donnés  un  tétraèdre  isodynamique 
AiAïAjA*  et  le  tétraèdre  circonscrit  BiBtBjBi,  si  Von  construit 
m  troisième  tétraèdre  D1D2D3D4  homothétique  à  BiBiBsB^  par 


(36) 

rappcri  au  point  K,  les  faces  de  DiDtDsD«  coupent  les  trièdres 
correspondants  de  Ai  AsÂsA^  suivant  quatre  triangles  équilatéraux 
égaux  et  inscrits  à  une  même  sphère. 

Si.  Les  faces  des  tétraèdres  CiCtCsC«,  DiDtDsDi  peuvent  être 
menées  par  K,  ce  qui  donne  des  cas  particuliers  remarquables. 

A.  Les  plans  menés  par  K  parallèlement  aux  faces  du  tétraèdre 
isodynamique  AiAsAjA^  rencontrent  les  arêtes  en  douze  poinU 
dCune  même  sphère,  dont  le  centre  divise  KO  en  deux  parties 
dont  Vune  est  dotd>le  de  Vautre. 

B.  Les  droites  menées  par  K  parallèlement  aux  arêtes  4fun 
tétraèdre  isodynamique  rencontrent  les  faces  en  douze  points 
dlune  même  sphère  dont  le  centre  divise  KO  en  deux  segments 
dont  l'un  est  la  moitié  de  Vautre. 

C.  Les  sections  antiparallèles  menées  par  K  sont  égales  entre 
elles  et  inscrites  dans  une  même  sphère  dont  le  centre  est  en  K. 

II  serait  intéressant  de  déterminer  les  rayons  de  ces  sphères. 
Si  p  est  celui  de  la  sphère  (C),  ceux  des  sphères  (A)  et  (B)  sont 
égaux  à 

i      i 


-V/4B«H-P«,      3l/R«  +  4p«. 


Pour  terminer  ce  qui  est  relatif  à  ces  sphères  de  douze 
points,  nous  ferons  observer  que  les  théorèmes  des  n<*  30 
et  31  peuvent  se  déduire  directement  de  la  proposition  XI 
du  no  2. 

En  effet,  si  nous  désignons  par  N  les  points  où  les  arêtes  de 
AiAsAsA^  sont  coupées  par  les  faces  de  C.CiCiC*,  les  points  N 
situés  sur  a,,  aj,  a^  appartiennent  à  une  même  circonférence  ; 
car  ils  sont  déterminés  par  les  intersections  des  côtés  de  deux 
triangles  homothétiques  par  rapport  à  K4.  De  même,  les  points 
N  de  «1,  Os,  0,  sont  sur  une  seconde  circonférence.  Par  ces 
deux  circonférences  qui  ont  deux  points  communs  sur  fli,  on 
peut  faire  passer  une  sphère  0".  Celle-ci  contiendra  aussi  les 
circonférences  des  six  points  N  des  faces  Tj,  Ts,  comme  ayant 
déjà  quatre  points  communs  avec  chacune  de  ces  lignes. 


(37) 


QUADRANGLE  ISODYNAMIQUE. 

S)9.  Lorsque  quatre  points  Ai,  At,  As,  A4  d'un  même  plan 
satisfont  aux  relations 

A^AfAgA^ss A|A|. A|A4  =  A|A^. A^AgSsP,    ....    (9) 

nous  dirons  qu'ils  forment  un  quadrangk  isodtpiamique,  de 
puissance  P.  Chacun  des  points  A  est  un  centre  isodynamique 
du  triangle  déterminé  par  les  trois  autres. 

Un  triangle  AiAsAs  a  deux  centres  isodynamiques  A^,  Ai,  qui 
ont  des  relations  très  simples  avec  deux  autres  points  remar- 
quables déjà  connus.  Ces  derniers  sont  les  points  d'oti  l'on 
voit  les  trois  côtés  de  A1A2A3  sous  des  angles  de  120^  ou  de  60^; 
nous  les  appellerons  centres  isogones  du  triangle. 

Construisons  sur  les  côtés  de  AiA^As,  extérieurement  et  inté- 
rieurement, six  triangles  équilatéraux  AiAsXi,  A^AsYi,  AsAiXt, 
AsAiYs,  AiAiXs,  A«AsY5.  Le  premier  centre  isogone  Z  est  situé 
sur  les  droites  A|X|,  A^Xt,  AjXs  et  sur  les  circonférences 
.\tA3X4,  AjAiXt,  AiAfXs;  si  les  angles  Ai,  A2,  As  sont  inférieurs 
à  180*,  il  tombe  à  l'intérieur  du  triangle  et  les  angles  A|ZAs, 
A«ZAs,  AsZAi  sont  égaux  entre  eux.  C'est  ce  que  nous  suppo- 
serons pour  fixer  les  idées.  Nous  ferons  aussi 

on  sait  que  Z  rend  la  somme  A|Z-f-A,Z-f-AsZ  minimum  f). 

Le  second  centre  isogone  Z'  est  situé  à  la  fois  sur  les  droites 
A,Y„  A,Y,,  AiY,  et  sur  les  circonférences  AsAgYi,  A4A4Y,,  A|AiYs. 
Dans  l'hypothèse  de  (A,— 60»)  (A,— 60*»)  >  0,  il  tombe  à  l'inté- 

(*)  Voir  E.  Catalan,  Théorèmes  et  Probièmes,  6«  édition ,  pp.  55  et  228. 

Si  Ai>i20«,  Z  tombe  dans  l^angle  opposé  aa  sommet  à  A,AtA,. 

Le  problème  classique  du  point  de  la  somme  minimum  des  distances  aax 
trois  sommets  d'an  triangle  demande,  nous  semble-t-il,  un  complément  de 
:«lfition  :  le  pofnt  Z'  peut  rendre  minimum  la  quantité  A,M  -4*  A,H  -*  A^M. 


(38) 

rieur  de  Tangle  AiAïAs,  mais  du  côté  opposé  à  A|  par  rapport 
à  A«A|.  Nous  ferons  encore 

AjY,  =  A,Y,  =  A.y,  =  =fc(A,Z'  -  A,Z' -  A.Z)  =  s\ 

le  signe  d=  correspondant  à  A|  ^  60^. 

II  n'y  a  pas  d'autre  centre  isogone  que  Z  et  Z\  car  les  cir- 
conférences AiAsXi  et  A^Ys  ou  A^AsYi  et  AgA^Xt,  à  l'inter- 
section desquelles  un  tel  point  devrait  se  trouver,  se  coupent 
sur  AiA«,  au  pied  'de  l'une  des  obliques  menées  par  As  et  fai- 
sant avec  A|A«  un  angle  de  60^  (*). 

88*  Soient  m  et  A  la  médiane  et  la  hauteur  partant  de  Ai, 
Oi,  Of  et  as  les  côtés  de  AiA^As,  T  la  surface,  a  Tangle  de  Brocard, 
R  le  rayon  du  cercle  circonscrit.  Le  triangle  AfX|Y|  donne  les 
égalités 

3 
»«  -4-»'«==2iii*-»--flî  rs  a* -¥- al  A- al. 


par  suite 


A  cause  de 


*9 

«•  — «'•  =  2A  X  a,^/3  =  4T^/3; 


«•z=-{oî-i-a;-l-a;)-l-2Tl/3, 
,*»  »  i  (aj -f- fl» -f- aS )  —  2TI/3. 


4T 


on  peut  encore  écrire 


8*  =  2T  (col  «  -f-  col  30«), 
«'•r=2T(col«  — CO130»), 


M'=:2TV/col««  — 3. 

Soient  0|,  Si,  S,  les  distances  de  Z  aux  côtés  de  AiAïAs,  a  et  ^ 

(*)  Lorsque  A|A,A,  est  équilatéral,  Z  coïncide  arec  le  centre  de  la  circoD- 
férence  circonscrite,  el  V  devient  no  point  quelconque  de  cette  circonférence. 


(39) 

les  projections  de  Xi  sur  AiAi  et  AiAs*,  les  triangles  X<Asa, 
X|A^  donnent 

Par  conséquent 

J,  sin  (A,  -♦-  eO«)  =  <y,  sin  (  A,  -i-  60«)  =  ^,  8iu  (A,  -+-  60»). 

La  coordonnées  normales  de  Z  sont  donc  inversement  propor- 
tionnelles à  sin  (A,  -♦-  60«),  sin  (A,  -♦-  60«),  sin  (A,  •♦-  60*»).  Les 
coordonnées  barycentriques  f)  sont 


sin  A,  sin  A,  sin  A, 


'z 


sin  (A»  -4-  eo«)  '     sin  (A,  -f-  «0»)  *     sin  (A,  -4-  «0»)  ' 

OU  plus  simplement 


i 


colA, -f-col60»        cot  A| -4- col  60»       col  Ag -4- cot  60" 
Pour  avoir  celles  de  Z',  il  suflSt  de  remplacer  60®  par  —  60<>. 
M.  En  mettant  les  égalités  (9)  sous  la  forme 

A^n^  i%|A2  A|Ag  '  1"S  ■"4*^1  8     t 

A<Ac  AjAg  "4     1  SI  4     S  8     1 

on  trouve  immédiatement  trois  lieux  géométriques  à  Tinterse^^ 
tion  desquels  se  trouve  le  centre  isodynamique  A4  du  triangle 
AfAfA}.  Soient  V|,  V„  Vs,  Vi,  V^,  Vi  les  pieds  des  bissectrices 
intérieures  et  des  bissectrices  extérieures  du  triangle  A| A1A5  ; 
les  circonférences  décrites  sur  V|V;,  VjV;,  VjVi  comme  diamè- 
tres se  coupent  aux  deux  mêmes  points  A4,  A4.  Ces  courber 

(*)  Lfs  aires  des  triangles  A,ZA,,  AgZA^ ,  A^ZA,  sont  proportionnelles  aux 
prodolu  ZA,. ZA,,  ZA^.ZA^ ,  ZA«  .ZA,  ;  donc  les  coordonnées  barycentriques 
àe  X  iOQt  encore  inversement  proportionnelles  &  ZA, ,  ZA^,  ZA,. 


(   W  ) 

rencontrent  la  circonférence  AiA^As  orthogonalement  ;  car  les 
diamètres  V,V'„  VsVt,  VsVs  sont  partagés  harmonîquement  par 
les  côtés  du  triangle. 

Par  conséquent,  si  r,,  Vt,  Vs,  0 désignent  les  centres  des  quatre 
cercles,  les  rayons  v^A^,  TtAi,  v^As  touchent  le  cercle  0;  les 
points  V  sont  donc  sur  l'axe  d'homologie  du  triangle  A|A«A3  et 
de  son  polaire  réciproque  BiB^Bs  par  rapport  au  cercle  0. 
Mais  cet  axe  est  aussi  la  polaire  du  point  de  Lemoine  K  de 
AiAfAs;  de  plus,  la  droite  A4A4,  étant  la  corde  commune  aux 
trois  cercles  Ti,  v^  v^  qui  sont  orthogonaux  au  cercle  0,  passe 
par  0  et  est  divisée  harmoniquement  par  la  circonférence  A|A|As. 
En  résumé  : 

Les  trois  eircatiféretices  qui  ont  pour  diamètres  les  distances  des 
points  où  un  côté  du  triangle  A|A,As  est  rencontré  par  la  bissec- 
trice intérieure  et  la  bissectrice  extérieure  de  t angle  opposé^  se 
c^oupent  aux  mêmes  points  A4,  A4,  centres  isodynamiques  du  triangle. 
Ces  points  sont  en  ligne  droite  avec  le  cetUre  0  du  cercle  circon- 
scrit et  avec  le  point  de  Lemoine  K.  A4  et  Al,  K  et  le  milieu  M  de  la 
distance  A4A;  forment  deux  systèmes  de  points  conjugués  hurmo- 
ni4iuespar  rapport  au  cercle  A,A«As. 

34.  Soient  Ni,  N«,  N5  les  homologues  de  A|,  As,  A3  dans 
une  transformation  par  rayons  vecteurs  réciproques,  dont  le 
pôle  est  un  point  quelconque  A.  Les  triangles  semblables  AA|At 
et  AN,N|,  AAfAs  et  AN3N,,  AAA  et  ANjN,  donnent  facile- 
ment (!•)  : 

A|Aa    AAj  AaA|«AA|  AgAg^AAtt 

Ainsi,  si  NiNtNj  est  le  triangle  formé  par  les  inverses  des  som- 
mets dun  triangle  A|AtAs,  les  côtés  de  ce  triangk  sont  proportion- 
nels aux  produits  des  côtés  opposée  du  quadrangle  AA,A,As,  A 
désignant  le  pôle  ^inversion. 

Le  pôle  peut  être  dans  le  plan  AiAsA»  ou  extérieur.  Dans  le 
dernier  cas,  les  circonférences  N1N1N3,  A|A,As  sont  des  sections 


(44  ) 

I 

antiparallèles  d'un  même  cône.  Menons  les  plans  tangents  le 
long  des  arêtes  AA^  AA9,  AAs;  les  premiers  principes  des 
projections  centrales  conduisent  aux  théorèmes  suivants,  qui 
sont  encore  applicables,  lorsque  le  pôle  A  est  dans  le  plan 

Si  Ton  soumet  à  une  inversion  les  sommets  (fun  triangle,  les 
points  de  Lemoine  de  ce  triangle  et  de  son  transformé  sont  en 
ligne  droite  avec  le  pôle  d'inversion  ;  les  pieds  des  médianes  anti- 
parallèles  et  les  pôles  des  côtés  homologues  par  rapport  aux  cercles 
circonscrits  à  ces  triangles  jouissent  de  la  même  propriété. 

Lorsque  le  pôle  d'inversion  coïncide  avec  un  centre  isody- 
namique A4  (ou  A^),  le  triangle  transformé  NiNjNs  devient 
équilatéral.  Donc,  si  Von  transforme  par  inversion  trois  sommets 
(Tun  quadrangle  isodynatnique,  le  pôle  d'inversion  étant  placé  au 
quatrième  sommet,  on  obtient  les  sœnmets  d'un  triangle  équila- 
téral (*). 

En  particulier,  les  droites  qui  joignent  les  sommets  d'un  triangle 
A1A1A3  à  l'un  des  centres  isodtpiamiques  rencontrent  la  drconfér 
rence  circonscrite  aux  sommets  d'un  triangle  équilatéral. 

Réciproquement,  les  inverses  des  sommets  dun  triangle  équi- 
latéral et  le  pôle  d'inversioti  sont  les  sommets  dtun  quadrangle 
isodytiamique. 

M%.  Soient  maintenant  N|,  N,,  Nj,  N4  les  inverses  des  som- 
mets d'un  quadrangle  quelconque  AiAtAjA^,  le  pôle  d'inver- 
sion étant  placé  en  un  point  arbitraire  A.  On  trouve  facile- 
ment les  proportions 

\N,  _  A.\        AiN.AA, 

A|Aa  /\na  AnaaAA| 

N.N^        AN,       ANj.AA, 

ss sr  — —  ; 

AjAa  AA<  AA|«  AAs 

(*)  Plus  géDénlemeDl,  si  l'on  transforme  trois  sommets  d'un  quadrangle 
t^ielconque  en  plaçant  le  pôle  d^inversion  au  quatrième,  on  obtient  quatre 
»<îùt  de  triangles  semblables  entre  eux. 


^42) 
d'où,  en  dësigoantpar  n  la  puissance  d'inversion, 

A|A|«AgA|  AA|  •  An^.  AAf  •  AA^ 

Le  quatrième  terme  de  cette  proportion  est  symétrique  par 
rapport  à  Â|,  Ai,  As,  A4;  par  conséquent 

A«Aa>A«Ai  A|Aa*AaA<  A|A<aAaA* 

Donc,  si  l'on  transforme  par  inversion  les  sommets  dCun  qua- 
drangle  quelconque,  les  produits  des  côtés  opposés  du  quadrangle 
tra)isformé  sont  proportionnels  aux  produits  homologues  de  h 
figure  primitive. 

En  particulier,  tout  quadrangle  isodynamique  engetidre,  par 
inversion  de  ses  sommets,  un  nouveau  quadrangle  isodyfiamiqtie. 

Le  quadrangle  isodynamique  le  plus  simple  est  formé  par 
les  sommets  d'un  triangle  équilatéral  NjNjNs  et  son  centre  N4. 
Si  l'on  soumet  ces  quatre  points  à  une  inversion  dont  le  pôle  est 
un  point  quelconque  A4,  on  obtient  les  sommets  d'un  nouveau 
quadrangle  isodynamique  AiAfAsAi.  Mais  le  pôle  A4  forme  aussi 
avec  le  triangle  AiAgAs,  transformé  du  triangle  équilatéral 
NiNjNs,  un  système  isodynamique.  L'existence  des  deux  centres 
isodynamiques  pour  un  même  triangle  AiAfAj  devient  ainsi 
manifeste.  De  plus,  si  l'on  choisit  convenablement  la  puissance* 
d'inversion,  les  deux  triangles  NiN^Ns,  A|AsA3  seront  inscrits  à 
la  même  circonférence  0,  et  l'on  voit  que  le  produit  AiO.  AiA, 
est  égal  à  la  puissance  de  Al  par  rapport  à  cette  circonférence. 

S7.  Désignons  par  Oi,  as  Os,  A|,  At,  A3  les  côtés  et  les  angles 
du  triangle  AiAsAj,  par  04,  a^  (k  les  distances  des  sommets  au 
centre  isodynamique  A4,  par  P  et  P'  les  puissances  des  quadran- 
gles  A4A,AsA4,  A|AsAsAi,  enfin  par  N|,  Nt,  Ns  les  points  d'inter- 
section du  cercle  A|AtAs  avec  les  droites  A4A,,  A4Af,  A|A:.  U' 
triangle  NtNtNs  est  équilatéral  ;  si  l'on  suppose  A4  intérieur  à  ce 


(43) 

triangle,  on  trouve  facilement  que  les  angles  AfÂ^Âs,  AsA^Â,, 
A4A«At  valent  respectivement 

A,-*-60<»,    Aj-hôO»,    A,-*-60«. 

Donc  le  premier  centre  isodynamique  A4  (*)  est  à  rintersectimi 
des  arcs  de  trais  segments  capables  des  angles  Â|  -^  60<»,  Af + 60», 
As-^  60®,  décrits  respectivement  sur  les  côtés  ai,  ai,  as.  De  même, 
le  second  cetitre  XI  est  déterminé  par  trois  segments  capables  des 
angles  A,  —  60»,  A,  —  60»,  A,  —  60». 

Cette  construction  est  applicable  à  tous  les  cas,  pourvu  que 
Ton  convienne  de  remplacer  un  segment  capable  de  180®  -♦-  a 
ou  de  —  a  par  un  segment  capable  de  180®  —  a,  tourné  du 
même  côté  de  la  corde  (**). 

SS.  L'aire  du  triangle  AsAaA,  a  pour  mesure 

--^..in(A.-^60.) Lj_ _ 

De  même 

P«  sin  A,  sin  (A,  -»-  60«)                       P«  gin  A,  sin  (A,  •♦- 60") 
A^A^Ag  = — .    AjA^Ai  =3 • 

Par  suite,  les  coordonnées  barycentriques  de  A4  sont 
sio  Ag  sin  (A^  «-  60»),    sio  A,  sin  (A,  -^60»),    sin  Ag  sin  (A.  +  60»), 

et  les  coordonnées  normales  sont 

sin  (Ag  -4-  60»),    sin  (A,  -♦-  flO»),    sin  (A,  -♦-  60»). 

Ces  dernières  étant  inversement  proportionnelles  à  celles  du 

(*j  Les  points  A4  et  A4  sont,  i'un  intérieur  et  l'autre  extérieur  à  la  circon- 
férence AiA,Ag.  Nous  appelons  premier  centre  celui  qui  est  intérieur. 

(**)  Pour  étudier  les  modifications  de  la  figure,  on  peut  se  donner  le  triangle 
éqnilatéral  NiN,N,  et  placer  ensuite  le  point  A4  ou  k\  dans  toutes  les  posi- 
tfou  possibles. 


(  44) 

centre  isogone  Z,  on  voit  que  les  points  A4  et  Z  sont  conjugua 
isogonaux  par  rapport  au  triangle  Ai Af As  ;  ce  sofU  donc  les  foyers 
([une  conique  inscrite  à  ce  triangle  (*).  Les  points  Al  et  Z' 
jouissent  de  la  même  propriété. 

Les  lettres  X,  Y,  s  ayant  la  même  signification  qu'au  n""  33, 
les  triangles  équiangles  A|AtX|,  A|AsA«  donnent 


|)ar  conséquent 


«A  fll«t  «■«! 


a^a^a^       4RT 


Si  Ton  fait  la  somme  des  aires  AtAïAs,  A3A4A1,  A|A|A«,  on 

trouve 

pt 

T  =  —  2  sio  A,  sin  (A^  H-  60«). 
4T 

4RT 

En  remplaçant  P  par  -j-  et  en  observant  que 

«•  ss  2T  (cot  a  -^  cot  30«),    T  »  âR«  sin  A^  sin  A,  sin  A, , 

on  parvient  à  la  relation 

2sinA,sin(At-4-60») 

col  Aj  -«-  cot  A,  -f-  cot  A,  -h  col  50»  « , 

sin  A,  sin  A,  sin  A, 

dont  la  vérification  directe  ne  présente  pas  de  difficulté. 
Le  second  centre  isodynamique  A^  donne 

A4A,  —  — ;-.      A^A,^ — p.      AjA,»-— .,      pss__. 

S  4  9  K 


(*)  Celle  conique  sera  étudiée  plus  loin  («•). 


(45) 

La  comparaison  des  formules  relatives  à  A4  et  Ai  conduit  à 
des  égalité  curieuses  telles  que 

A^A|  A^A^  A^Ag  o  A|T| 

A^A|         A^Aji         A^Ag         8         A|A| 

^  .     ^^  S'^T  ^.      ^.      SR'Tcota 

P«  =  F<',    PF  =  —  ,    P«H-P'«= . 

|/coi««  — 3  col««  — 3 

1         I        cota         1  i  I 


pi      p/t       4Rix      fltflj       fljaj       a|a. 

Les  proportions  (10)  montrent  que  la  circonférence  AiAtAs  est 
le  lieu  des  points  dont  les  distances  à  A4  et  A4  sont  dans  le  rap- 
port s'  :  s  ;  par  conséquent,  elle  divise  la  distance  kiK  addUive- 
ment  et  soustractivement  dans  ce  même  rapport. 

Nous  avons  encore  à  signaler  les  formules  concernant  les 
distances  des  points  en  ligne  droite  :  0,  K,  A4,  Ai,  H  (milieu 
de  A4Ai).  On  a  vu  que 


0K.0M  =  R»,    0A^.0A'4  =  R%    OK  =  R V/l  — 3tg««; 
delà  on  déduit  : 

0K«  — R«  =  — 3RMg«ce,     OM  = 


5H*  —  R«=  ma/  =  ma;'  = 


l/l-3lg*« 
3R« 


col*  a  —  3 


«%    /colje— I/o        ^,,       ^.     /coltfH- 

OA^sR  \/ —.     OA'.  =  R  \/ 

V    cold-hk'S  *  V    col«  — 


«•.  Les  théorèmes  énoncés  au  n*»  28  peuvent  être  trans- 
portés, en  partie,  au  quadrangle  isodynamique.  Ainsi  :  1»  les 
droites  joignant  un  sommet  (Tun  quadrangle  isodynamique  au 
centre  du  cercle  inscrit  au  triangle  qui  est  formé  par  les  trois 
autres  sommets  se  coupent  en  un  même  point  ;  en  ce  point  se 
croisent  aussi  les  lignes  qui  joignent,  sur  les  côtés  opposés  du 
quadrangle,  les  pieds  des  bissectrices  intérieures  de  ces  triangles  ; 


(46) 

:^  les  droites  qui  unissent  un  sommet  au  point  de  Lemoine  du 
triangle  déterminé  par  leé  trois  autres  sommets  (ou  au  centre  du 
cercle  circonscrit)  passent  par  un  même  point  (*). 

Il  serait  intéressant  de  préciser  la  position  de  ces  nouveaux 
points  remarquables.  Il  doit  aussi  exister  des  relations  curieuses 
entre  les  centres  des  cercles  circonscrits,  les  points  de  Lemoine, 
et  les  seconds  centres  isodynamiques  des  quatre  triangles 
A^AfAs,  AiÂsÂi,  AsÀ«Â|,  A^AiAf. 


Tétraèdbe  isodynamique  (suite). 

40.  Considérons  de  nouveau  un  tétraèdre  isodynamique 
AiAtAjAi.  Désignons  par  V«  et  V.  les  points  où  l'arête  a«  est 
rencontrée  par  la  bissectrice  intérieure  et  par  la  bissectrice 
extérieure  des  angles  plans  opposés  ;  par  v„  le  milieu  de  V.Vi, 
par  W,  et  W;,  les  centres  isodynamiques  de  la  face  T,,. 

Étant  donné  le  trièdre  A4,  il  est  facile  d'obtenir  la  direction 
du  plan  A|A,As  :  on  cherche  une  section  équilatérale  NiN^Ns 
du  trièdre,  et  le  plan  tangent  à  la  sphère  A^N.NiNsau  point  A4 
est  la  direction  cherchée.  Autrement  dit,  si  l'on  transforme  par 
inversion  les  sommets  dun  triangle  équilatéral  en  prenant  le  pôle 
hors  du  plan,  ce  pôle  et  les  points  transformés  sont  les  sommets 
d'un  tétraèdre  isodytiamique, 

41.  Lorsqu'on  donne  la  face  AiA^As,  le  lieu  du  point  A4 
(^st  le  cercle  ^4,  intersection  des  sphères  v]^  Vt,  Vs  qui  ont  pour 
diamètres  V4V',,  V,V;,  V»Vi.  Ce  cercle  a  pour  diamètre  la  droite 
W4Wi,  et  son  plan,  perpendiculaire  à  celui  de  A,AiAs,  passe 
par  le  centre  O4  du  cercle  AfA^As  et  par  le  point  de  Lemoine  K4. 

De  même,  les  sphères  qui  ont  pour  diamètres  V.VI,  V,Vs, 
VeVi  se  coupent  suivant  une  circonférence  pi  passant  par 
A|,  W|,  Wl.  Les  circonférences  ,8|,  p*,  tracées  sur  la  même 


(*)  La  dernière  partie  de  celte  proposilioD  sera  étendue  plus  loin  (ftA) 
:i  d^autres  points  du  plan  A|  A,A,  que  les  centres  isodynamiques. 


(47) 

sphère  V|,  ont  deux  points  communs  A|,  As  qui  appartiennent 
aussi  à  la  sphère  décrite  sur  \i\\  comtne  diamètre  et  aux 
circonférences  p^»  Psy  intersections  des  sphères  (Vt,  Vi,  v^  et 
Vs,  v«,  »J. 

Les  sphères  v  sont  orthogonales  à  la  sphère  0  ;  leurs  centres 
sont  à  rintersectioii  de  deux  arêtes  homologues  des  tétraèdres 
A^AfAsA^,  BiBfBsBi  et  sont  situés  dans  un  même  plan  qui  est 
à  la  fois  le  plan  d'homologie  des  deux  tétraèdres  et  le  plan 
polaire  de  K  par  rapport  à  la  sphère  0.  Il  résuite  de  là  que 
les  points  Ag,  A,  sont  sur  la  droite  KO  perpendiculaire  au  plan 
v^v^v^j  qu'ils  sont  symétriques  par  rapport  au  pied  H  de  KO  sur 
ce  plan,  et  conjugués  harmoniques  relativement  à  la  sphère  0, 
c'est-à-dire 

ok.om=oa,.oa;=sR»,  ma,  =  ma;  =  [/ôS*  —  r». 

Le  point  As  appartenant  au  cercle  ^«,  le  tétraèdre  AbAiAiA^ 
est  isodynamique,  et  les  droites  AgAi,  AsAt,  A5A5  rencontrent 
la  sphère  0  aux  sommets  d'un  triangle  équilatéral  NiN^N,. 
La  même  propriété  subsistant  pour  les  faces  T|,  T},  T3,  nous 
résumerons  ainsi  les  résukats  obtenus  : 

Étant  donnés  un  tétraèdre  isodynamique  AjAiAsA^  et  son 
polaire  réciproque  B|  6)6364  j^ar  rapport  à  la  sphère  circonscrite  0^ 
les  six  sphères  qui  ont  pour  centres  les  intersections  de  deux  arêtes 
homologues  des  deux  tétraèdres  et  qui  passent  par  les  extrémités 
des  arêtes  opposées  du  premier  tétraèdre,  se  coupent  aux  deux 
mêmes  points  A»,  Ai  de  la  droite  KO.  Les  droites  qui  joig fient  A^ 
[ou  Ai)  aux  points  A|,  A,,  A3,  A4  rencontrent  la  sphère  0  aux 
sommets  d'un  tétraèdre  régulier  NiNjN^N*.  Chacune  des  faces  de 
A|A|AsA4  forme  avec  A^  (ou  Al)  un  tétraèdre  isodynamique. 

A9*  On  peut  confirmer  ces  conclusions  par  une  autre  mé- 
thode. Tout  quadrangle  isodynamique,  plan  ou  gauche, 
engendre,  par  inversion  des  sommets,  un  nouveau  quadrangle 
isodynamique  (S«).  Le  tétraèdre  isodynamique  le  plus  simple 
est  le  tétraèdre  régulier  N|NsN8N4;  on  peut  le  décomposer 
en  quatre  autres  tétraèdres  isodynamiques  en  joignant  son 


(  48  ) 

centre  N|  aux  quatre  sommets.  Si  Ton  soumet  à  une  inversion 
les  points  N|,  Ns,  Ns,  N4,  N„  le  pôle  d'inversion  étant  en  un 
point  arbitraire  Aï,  on  obtient  un  nouveau  système  isodytia- 
mique  complet  de  cinq  points  A|,  A,,  A«,  A4,  A,,  tels  que  quatre 
quelconques  d'entre  eux  sont  les  sommets  d'un  tétraèdre  iso- 
dynamique. Un  tel  système  complet  est  encore  formé  par  les 
points  A|,  Al,  Al,  A«,  A5. 

Lorsque  la  puissance  d'inversion  égale  celle  du  point  Ai 
par  rapport  à  la  sphère  NiNiNgN^,  le  tétraèdre  A1A1A3A4  sera 
inscrit  ù  la  même  sphère. 

Chacun  des  points  d'un  système  isodynamique  complet  peut 
être  appelé  cetitre  isodyncanique  du  tétraèdre  des  quatre  autres. 
Le  rôle  de  ce  centre  peut  être  défini  ainsi  :  Les  plans  menés 
par  ce  point  et  les  arêtes  du  tétraèdre  décomposefU  celui-ci  en 
quatre  tétraèdres  isodynamiques;  ou  encore  :  Le  centre  isodyna- 
mique  étant  pris  pour  pôle  d'inversion,  le  tétraèdre  inverse  devient 
régulier. 

On  peut  encore  remarquer  les  propriétés  suivantes  : 

Si  Ai,  At,  As,  a;  sont  les  inverses  des  sommets  d^un  tétraèdre 
isodynamique  AiAïAjA^  par  rapport  à  un  pôle  quelconque  A,  les 
centres  isodynamiques  des  tétraèdres  AiAsA^Ai,  AjA^A^;  se  cor- 
respondent dans  l'inversion.  Les  points  de  Lemoine  de  deux  faces 
homologues,  les  sommets  homologues  des  tétraèdres  B.B.BsBi, 
BjB^BsBi,  polaires  réciproques  de  A, A^AsAi  et  AjAïAsAI  relative- 
ment aux  sphères  circonscrites,  les  centres  d'homologie  de  A|  Ai A^A^ 
et  B.B^sB^,  de  AlA^AjAi  et  BiBîBaBÂ  sont,  respectivement,  en 
ligne  droite  avec  le  pôle  d'inversion  A. 

4S.  Pour  les  relations  métriques  que  nous  allons  établir, 
il  est  commode  de  considérer  la  figure  suivante.  Après  avoir 
tracé  le  triangle  AfAsAj  et  le  cercle  circonscrit  O4,  déterminons 
le  point  de  Lemoine  K4,  la  polaire  de  K4  et  la  projection  M 
de  K4  sur  cette  polaire;  de  M  comme  centre,  avec  un  rayon 
égal  à  la  tangente  M<r  menée  au  cercle  O4,  décrivons  un  cercle  (*) 

{*)  Le  cercle  W^W  coupe  le  cercle  AiA^A,  orlhogonalemeDl;  Paxe  radical 
de  ces  cercles  passe  par  le  poini  de  Lemoine. 


{49  ) 

qui  coupe  la  droite  K4O4  aux  points  W,  W.  Ce  second  cercle 
étant  relevé  autour  de  WW'  dans  une  position  perpendiculaire 
au  plan  A^AtAs,  est  le  lieu  des  sommets  des  tétraèdres  isodyna- 
miques construits  sur  AiAiAc. 

Désignons  par  P  la  puissance  du  tétraèdre  A|AtAsA4,  par  p 
eip'  celles  des  quadrangles  AfAiAcW,  AiAsAsW,  et  par  H  le 
pied  de  la  hauteur  menée  par  A4.  Le  théorème  de  Stewart, 
appliqué  au  triangle  A|WW'  et  à  la  ligne  A|H,  donne 

â;w*.hw'h-â;w^\hw«(â;h*-4-hw.hw')ww' .  .  (n) 

Mais 

donc,  si  Ton  multiplie  les  deux  membres  de  (ii)  par  AsAs ,  on 

obtient 

p«.HW'-*-p'>.HW  =  P".WW' (iî) 

L'égalité  (i2)  démontre,  de  nouveau,  que  le  cercle  WvW, 
placé  dans  un  plan  perpendiculaire  à  AiAïAs,  est  le  lieu  des 
sommets  des  tétraèdres  isodynamiques  construits  sur  AiAfAg; 
car  le  premier  membre  ne  dépend  pas  particulièrement  du 
point  A|  qui  a  servi  à  établir  la  formule. 

Cette  formule  conduit  aisément  aux  suivantes  : 

P*— p»  »'•  — p* 

--^.   (p«~p«)(p-«-^p«)     . 


WW'.T, 


V  = 1-1-  l/(P«  —  p»)  (p"  —  p*). 

La  valeur  de  V  est  susceptible  de  quelques  transformations 
plus  ou  moins  curieuses. 
Il  existe  aussi  une  relation  très  simple  entre  V,  R,  P  (*)  : 

24VR«P«|/3. 

(*)  F.  Catauh,  Théorimes  et  ProWémes,  6«  édition ,  p.  454. 
Tome  XXXVIL  4 


(50) 

Le  maximum  et  le  minimum  de  P  sont  égaux,  respective- 
ment, kp'  eip;  ils  correspondent  aux  tétraèdres  isodynamiques, 
de  hauteur  nulle,  AiAïAjW  et  AiAjAeW. 

Le  maximum  de  V  a  lieu  lorsque  H  est  au  milieu  de  WW'; 
dans  ce  cas 


4V/3(colV,  — 3) 

oLi  étant  l'angle  de  Brocard  relatif  au  triangle  AiAfAs. 

Le  pied  de  la  hauteur  abaissée  de  A4  peut  coïncider  avec  K^; 
alors  la  sphère  A|Af  A^Ai  aura  pour  centre  O4,  et 

44.  La  droite  OK  occupe  une  position  remarquable  :  elle 
passe  par  les  centres  isodynamiques  As,  A»  du  tétraèdre 
A|AtAsÀ4,  est  une  génératrice  de  l'hyperboloïde  des  hauteurs 
et  est  perpendiculaire  au  plan  d'homologie  des  tétraèdres 
A«AtAsA«  et  BiB^BsBi.  K  et  le  milieu  M  de  A»A;  sont  conjugués 
harmoniques  par  rapport  à  la  sphère  0  ;  il  en  est  de  même  de 
A5  et  As.  Ces  relations  permettent  d'exprimer  les  quantités  OH, 
MAs  en  fonction  de  OK  et  du  rayon  R  de  la  sphère  0. 

Les  points  A4,  K,  K«,  B4  forment  une  division  harmonique  ; 
si  on  les  joint  au  point  O4  et  qu'on  coupe  le  faisceau  ainsi 
obtenu  par  la  droite  A4H4  parallèle  au  rayon  O4B4,  on  aura  une 
nouvelle  division  harmonique  dont  un  point  est  à  l'infini; 
c'est-à-dire  la  droite  O4K4  passe  par  le  milieu  H4  delà  hauteur 
A4H4.  Donc  :  dans  le  tétraèdre  isodynamique,  les  droites  qui 
passent  par  le  centre  du  cercle  circonscrit  à  une  face  et  par  le 
milieu  de  la  fiauteur  correspondante,  se  coupent  en  K. 

Convenons  de  désigner  par  cône  A„  le  cône  qui  a  pour  som- 
met le  sommet  A„  du  tétraèdre  et  pour  base  le  cercle  circon- 
scrit à  la  face  opposée.  La  droite  04Hi  passe  par  les  milieux  des 
axes  des  cylindres  droits  inscrits  dans  le  cône  A4  ;  car  un  tel 
axe  est  parallèle  à  A4H4  et  a  ses  extrémités  sur  les  lignes  O4A4  et 
O4H4.  Il  résulte  de  là  que  le  point  K  est  le  centre- commun  de 
quatre  cylindres  droits  inscrits  dans  les  cônes  A„  A|,  As,  A4. 


(81  ) 


Tétraèdre  isogone. 

U^.  Lorsque  les  droites  joignant  un  sommet  d'un  tétraèdre 
A^AïAsAi  au  point  de  contact  de  la  face  opposée  avec  la  sphère 
inscrite  I,  concourent  en  un  même  point,  le  contact  a  lieu  au 
centre  isogone  de  chaque  face  (••);  à  cause  de  cette  propriété, 
le  tétraèdre  peut  recevoir  la  dénomination  de  c<  isogone  ». 

Dans  le  tétraèdre  isogone  : 


fi  fi  il 

lA.Aji .  lX.A«  a  lA.A, .  1  A,A4  «  IA.A4 .  lA^A,. 


La  seconde  de  ces  relations  est  une  conséquence  de  la  sui- 
vante: 

lA.r,i,  =  i.i..ui,=ij,.i,i,, 

qui  caractérise  le  tétraèdre  isodynamique  I|I  J3I4  ;  car 

I J,  =r  2r  sio  - 1  Jl,  =  8r  cos  -  <ï„  etc. 

z  2 

IIi  et  llf  étant  perpendiculaires  aux  plans  T|  et  T». 

Désignons  par  A|,  Ai,  Â^,  A^  les  angles  A^AïAs,  AiAtAs» 
A«A|A4,  A«AsA4.  D'après  les  valeurs  des  coordonnées  barycen- 
triques  du  centre  isogone  (SS),  on  a 

t^      /g      cotA,-4-cotgO*  _  cotA;-K»lOO* 
ïi  *  ii ™  col  A^-»- col  60»  ""  col  a; -♦- col  Ô0«  * 

Pour  introduire  les  arêtes,  on  peut  observer  que 

cosA,      ajH-o;— aj 

col  A,  = '  =  -^ ,  etc. 

*      sinA,  4T4 

Mais  le  résultat  ne  présente  pas  une  forme  suffisamment 
simple. 


(82) 

Le  tétraèdre  isogone  conduit  à  deux  problèmes  d'algèbre 
que  nous  nous  contentons  de  poser  : 
1<>  Résoudre  par  rapport  à  ^,  U, ...  le  système  d'équations 

i"*  Éliminer  pi,  p«,  ps,  pi  entre  les  équations 

flî=pî-*-pî-^pfPi, 

aî=PÎ-*-pî-^PtP«. 
aî=p!-*-PÎ-«-PiP4, 
flî  — PÎ-*-pîH-PtP4i 
a!  =  PÎ-^PÎ-^Pip4- 

On  a  posé  pi  »»  AJi  «  AJt  =  A^Is,  etc. 

4#.  Étant  donnés  une  sphère  I  et  un  trièdre  circonscrit,  il 
est  facile  de  trouver  un  plan  tangent  qui  forme  avec  le  trièdre 
un  tétraèdre  isogone.  La  construction  peut  se  traduire  en  cette 
élégante  proposition  : 

Ufie  sphère  I  touche  les  faces  tVtm  trièdre  A4A|AtAs  auxpabUs 
II,  If,  Is.  On  construit,  dans  ces  faces,  les  angles  AJ^A^,  AiIiA,, 
A4I2A4,  de  120»  ;  le  plan  A|AsA,  touche  la  sphère  lenun  poùU  I4, 
d'où  Van  voit  A^A,,  AsA,,  A»A4  sous  le  même  angle  de  iSO*".  De 
plus,  les  droites  AJi,  Afls,  AsI»,  A4I4  se  coupent  en  un  même  point. 

47.  Supposons  maintenant  les  droites  AJu^  AJ^u  ^a> 
AJu  concourantes  ;  le  tétraèdre  peut  être  dit  isogone  relative- 
ment à  la  sphère  exinscrite  !«.  Au  moyen  des  sections  antipa- 
rallèles du  tétraèdre  isodynamique  iuiJsJit^  on  démontre 
facilement  que  J44  est  le  premier  centre  isc^one  de  T4,  que 
Jiiy  J42»  hz  sont  les  seconds  centres  isogones  des  autres  faces. 


(83) 
Les  distances  de  J^  et  J^i  aux  plans  T.,  T,  sont  égales  à 

•      .  <      .  i      .  « 

rotang  -  a,sioo,«    r^  lang  -  a,sin  a,,    r^col  -  a^siu  a.,    r^  col  -  a,  sin  a,. 

2  <S  3  2 

Le  rapport  des  deux  premières  doit  être  égal  à  celui  des  deux 
autres,  pour  que  les  droites  A^J^  et  A4J11  soient  dans  un  même 
plan.  En  exprimant,  de  cette  façon,  que  les  quatre  droites 
A,J4«  concourent  en  un  même  point,  on  obtient  les  égalités 

.   •  i  .   <  i  .1  « 

sin  -  fl,  cos  -  a^  =  sm  -  ff,  cos  -  a,  =  sin  -  ff,  cos  -  a,. 

à».  Soit  Js  une  sphère  inscrite  au  comble  qui  a  pour  ligne  de 
faite  Faréte  A^|.  Les  points  de  contact  J^  et  J»  sont  situés 
entre  les  prolongements  des  droites  AfAi  et  AgAi,  AsA^  et  A»Aa, 
à  l'extérieur  des  faces  T4,  T|  ;  les  points  Js,  et  I55  sont  à  l'exté- 
rieur des  faces  T,,  Tg,  mais  à  l'intérieur  des  angles  AiA^A^, 
A1A9Â4.  Si  les  droites  kjg^  concourent  en  un  même  point,  les 
points  Jm  et  J51  sont  les  premiers  centres  isogones  de  T4,  Ti,  ce 
qui  exige  que  les  angles  A,A|A|,  AtAiAi  soient  supérieurs  à  130*'; 
les  points  J„  et  i»  sont  les  seconds  centres  isogones  de  T,  et  Ts. 
Les  dièdres  de  A|A«AtA4  vérifient  les  relations 

i  i  t       .   •  .    «       .   «      . 

Cûs  2  «I  cos  -o.  =  sin  -a,sin  -  a.srsin  j  ^^in  -  a,[  ). 

49.  Étudions  maintenant  le  lieu  (A^  du  sommet  d'un 
tétraèdre  isogone  construit  sur  une  base  donnée  AiAfAs,  dont 
les  angles  sont  inférieurs  à  120^. 

Soient  Z  (ou  I4]  le  premier  centre  isogone  de  la  base,  et  Z4, 
Z,,  Zs  les  intersections  des  droites  A|Z,  AtZ,  AgZ  avec  A,A3, 
A»A|,  A|A«.  Construisons  une  sphère  quelconque  I  touchant  le 

(*)  La  relation 

eos  4fl|  cos  J  04=5  cos  î  a,  cos  ;  a^  =t=  eos  \  Ogcos  {  04 

comprend  tous  \es  cas,  si  Ton  conTient  de  désigner  par  a,,  /?,, ...  les  dièdres 
qui  sont  lournês  vei's  la  sphère  considérée. 


(54) 

plan  Â,AsÂt  en  Z,  et  menons,  par  les  côtés  de  A|Af  As,  des  plans 
touchant  cette  sphère  aux  points  I|,  I«,  U.  L'intersection  de 
ces  plans  est  un  point  du  lieu  cherché.  Hais  les  triangles 
AfAsZ,  A,AbI|  sont  égaux  entre  eux  et  les  droites  A|Z,  AJi  ren- 
contrent AfAt  au  même  point  Z|.  Donc  le  point  A4  est  sur  le 
cône  Z|  engendré  par  la  droite  Z|ZA|  tournant  autour  de  AsA«; 
le  lieu  de  I|  est  la  circonférence  engendrée  par  Z  dans  ce  mou- 
vement. 

D*après  cela,  le  lieu  (A4)  est  l'intersection  commune  de  trois 
cônes  de  révolution  qui  ont  pour  sommets  Z|,  Z,,  Z,  et  pour 
axes  a„  a,,  aj.  Le  plan  A|A,A;  renferme  d'abord  les  trois  géné- 
ratrices Z|Z,  Z«Z,  ZjZ,  puis  trois  autres  symétriques  des  pré- 
cédentes par  rapport  aux  axes  ai,  a<t,  Oz  et  se  coupant  en  un 
même  point  W.  Le  sommet  A^,  qui  est  sur  la  bissectrice  de 
l'angle  Z|ZZi,  est  le  centre  d'une  sphère  inscrite  à  la  fois  aux 
deux  cônes  Z|  et  Z^  suivant  deux  cercles  que  nous  désignons 
par  Yi  et  Y«.  Soient  ç,,  cp,  les  points  d'intersection  de  ces  cercles 
avec  les  génératrices  A4Z1,  Ail»^.  Les  droites  Acfi,  A^cp,  sont 
égales  comme  tangentes  à  la  sphère  As  et  leurs  inclinaisons 
sur  les  plans  de  yi  et  yt  sont  constantes.  Par  conséquent,  A4 
est  dans  le  plan  dont  les  distances  aux  plans  de  y«  et  yt  sont 
dans  le  rapport  constant  cos  ZZiA»  :  cos  ZZ^As. 

Ainsi  la  courbe  cherchée  est  plane  et  se  compose  d'une 
hyperbole  dont  les  sommets  sont  Z  et  W.  La  branche  qui 
passe  par  Z  et  qui  est  l'intersection  des  nappes  des  cônes  Zi,  Z, 
tournées  vers  Z,  est  le  lieu  du  sommet  d'un  tétraèdre  qui  est 
isogone  par  rapport  à  une  sphère  inscrite;  la  seconde  branche 
est  l'intersection  des  deux  autres  nappes  et  convient  à  des 
tétraèdres  isogones  par  rapport  à  une  sphère  exinscrite.  Si  l'on 
combine  autrement  les  nappes,  on  obtient  une  seconde  conique, 
intersection  des  deux  cônes,  mais  il  est  inutile  de  la  consi- 
dérer ici  (*). 

(•'  On  pnii  encore  Iroiiver  facilrmpnl  trois  hyperboloîdes  de  révolution 
ayant  pour  foyers  deux  des  points  Z|,  Z,,  Z,,  et  passant  par  le  lieu  (A4). 
En  (-nVt,  les  droites  A4Z,,  A4Z,  ont  une  différence  constante  Z^^i — Z,^,,etc. 

Li's  sphères  décrites  des  points  A,,  A,,  A,,  A4  comme  centrt>s,  avec  les 


&#•  La  considération  du  lieu  (A^)  nous  permet  de  compléter 
les  propriétés  du  centre  isodynamique  d'un  triangle. 

On  sait  que  le  lieu  des  sommets  des  cônes  de  révolution 
construits  sur  une  conique  donnée  (ellipse  ou  hyperbole)  est 
une  seconde  conique  (hyperbole  ou  ellipse);  les  plans  de  ces 
courbes  sont  perpendiculaires  et  les  foyers  de  Tune  sont  les 
sommets  de  l'autre  (et  réciproquement).  D'après  ce  théorème, 
les  sommets  Z|,  Z|,  Zs  des  trois  cônes  de  révolution  qui  ont 
servi  à  déterminer  le  lieu  (A4)  sont  sur  une  ellipse  ayant  pour 
foyers  les  points  Z  et  W.  Les  côtés  a^  Os,  Og  touchent  cette 
courbe,  car  ce  sont  les  bissectrices  extérieures  des  angles  ZZ|W, 
ZZiW,  ZZtW.  Par  suite,  Z  et  W  sont  conjugués  isogonaux  par 
rapport  au  triangle  A|A,As  et  W  est  le  premier  centre  isodyna- 
mique (S8). 

Soient  2:1,  Zt^  z^  les  intersections  des  côtés  homologues  des 
triangles  ZfZiZs,  A1A1A3.  La  droite  Zzi  étant  conjuguée  harmo- 
nique de  ZA|  par  rapport  à  l'angle  Z^ZZs  est  la  bissectrice  exté- 
rieure de  cet  angle  et,  par  conséquent,  perpendiculaire  à  ZAï. 
On  déduit  de  là  que  la  droite  ZiZtZz  est  la  directrice  de  l'ellipse 
considérée. 

En  résumé  :  Si  X|,  Xj,  X,,  Y|,  Yj,  Yg  sont  les  sommets  des 
triangles  équUatéraux  construits  e-xtérieurement  et  intérieurement 
sur  les  côtés  dun  triangle  AiAïAs,  et  que  Z|,  Z^,  Zg  désignent  les 
points  de  rencontre  de  ces  côtés  avec  les  droites  A^\^,  AjX,,  AjXs, 
les  dernières  droites  se  coupent  au  premier  centre  isogone  Z,  et  les 
lignes  Z|Y|,  Z^Yt,  ZsYs  concourent  au  premier  centre  isodyna- 
mique  W.  Les  points  ZetVf  sont  les  foyers  d'une  ellipse  touchant 
les  côtés  de  AiAsAg  ^  Z|,  Z^,  Z,;  une  directme  coïncide  avec  la 
polaire  trilinéaire  de  Z  par  rapport  au  triangle  AiAïAs. 

Réciproquement,  ^t  les  côtés  d'un  triangle  ZiZtZs  inscrit  à  une 


rayons  A,Z,  AgZ,  A,Z,  A4I,  se  cou()cnl,  deux  à  deux,  sous  Pangle  de  120*. 
Les  trois  premières  étant  fixes,  la  qaalrlèine  enveloppe  une  cyclideetson 
eentre  décrit  une  conique. 

On  parvient  à  des  résultats  analogues  en  remplaçanl  Z  par  le  second  centre 
isogone  de  A|A,A^ 


(56) 


conique  sont  vus  <tun  foyei*  Z  sous  des  angles  de  60^  ou  120*,  ks 
tangentes  en  Z,,  Zt,  Z,  forment  un  triangle  AiAaAs  tel  que  Z  est  le 
centre  d^homologie  et  que  la  directrice  correspondante  est  Faxe 
éthomologie  des  triangles  A^AtAs,  Z|ZA* 


Tétraèdre  involutif. 

ftl.  Dans  le  tétraèdre  isodynamique,  nous  avons  rencontré 
six  sphères  dont  les  centres  étaient  situés  sur  les  arêtes  et  qui 
passaient  par  les  extrémités  de  l'arête  opposée. 

En  généralisant  les  conditions  de  la  figure,  nous  avons 
obtenu  quelques  résultats  qui  offrent  déjà  un  grand  intérêt, 
bien  que  la  question  soit  susceptible  de  plus  grands  déve- 
loppements. 

Soient  t^i,  t^t»  •••  I^s  points  où  les  arêtes  fli,  a,, ...  du  tétraèdre 
AiAsAsA^  sont  rencontrées,  respectivement,  par  les  plans  per- 
pendiculaires aux  milieux  M^,  Mg,  ...  des  arêtes  opposées. - 
Pour  que  les  points  v^  v^,  Vt  soient  en  ligne  droite,  il  faut  que 

^B^l     ^l^t     ^^t^ê  ,  ,,.. 

VgA,     t>tA,    »,Ai 

Mais,  si  /;  et  ft  sont  les  projections  de  A|  et  Ag  sur  l'arête 
A1A4,  les  triangles  AiAsA^,  AiA^A^  donnent 

d'où: 

VbA,      UJt      al  —  al 
17,  Ag       M/a       al —ai 

Par  analogie  : 

t?,A,      al — aï       t?,A,      al— al 
V4A,      flj  —  al'     t?jA,  "^  al  ^  al 

L'égalité  (13)  peut  donc  être  remplacée  par  celle-ci  : 
(ûî-aî)(aî-a:)(aî-a:)=-(ûî-a:)(aî-aî)(aî-aî\ 
Elle  exprime  que  six  points  en  ligne  droite  dont  les  abscisses 


(67) 

sont  proportionnelles  aux  carrés  des  arêtes  du  tétraèdre  sont 
en  involution.  On  peut  lui  donner  la  forme  symétrique 


1  a;  -I-  a;  a\al 
1  a;-t-a|  alal 
1    aS  +  a;    alal 


=  0 (14) 


P^  conséquent,  la  même  égalité  suffit  pour  que  les  triples  de 
points  (t^i,  rs,  t;,),  (t;„  v^^  Vi),  (Vs,  Vi^  v^)  soient  également  en  ligne 
droite.  Ainsi  :  lorsque  les  carrés  des  arêtes  (fun  tétraèdre  sont 
proportionnels  aux  abscisses  de  six  points  en  involution,  les 
points  oii  chaque  arête  est  rencontrée  par  le  plan  perpendiculaire 
au  milieu  de  l'arête  opposée  sont  les  sommets  d^un  quadrilatère 
complet. 

De  même,  lorsque  les  six  côtés  (Pun  quadrangle  complet  véri- 
fient la  rdation  (14),  les  points  où  un  côté  quelconque  est  ren- 
contré par  la  perpendiculaire  au  milieu  du  côté  opposé  sont  les 
sommets  (fun  quadrilatère  complet. 

Ces  tétraèdres  et  ces  quadrangles  peuvent  être  appelés  invo- 
baifs. 

&••  Considérons  un  tétraèdre  involutif  A1ASÂ5A4.  Nous  don- 
nerons le  nom  de  plan  d^involution  au  plan  des  points  v,  et 
nous  désignerons  par  sphère  v„  la  sphère  qui  a  pour  centre  le 
point  v„  et  qui  passe  par  les  extrémités  de  l'arête  opposée. 

Les  sphères  t;i,  Vj,  t^s,  dont  les  centres  sont  en  ligne  droite 
et  qui  passent  par  un  même  point  A4,  se  coupent  suivant  un 
cercle  p*.  Tout  point  de  P*  est  sommet  d'un  tétraèdre  involutif 
construit  sur  la  base  AiAfAg  et  dont  le  plan  d'involution  passe 
paj  la  droite  V|V,t;s. 

De  même,  les  sphères  Vj,  v*,  t;,  passent  par  un  même  cercle 
^.  Les  cercles  ^,  p^  se  rencontrent  en  deux  points  A5,  À5  qui 
appartiennent  aussi  à  la  sphère  v$,  attendu  que  les  sphères  Vi, 
Pi,  Vt  ont  pour  intersection  un  cercle  p^  et  que  les  deux  pre- 
mières surfaces  Contiennent  déjà  les  points  Ag,  As- 

Donc  les  six  sphères  v  se  coupent  aux  deux  mêmes  points  A,, 
a;  qui  sont  symétriques  par  rapport  au  plan  d'involution.  Ces 
points  sont  des  centres  involutifs  du  tétraèdre  AiAjAsAi,  et 


(88) 

forment,  chacun,  avec  les  points  Ai,  At,  A3,  A4  un  système  mo- 
lutif  complet  :  quatre  points  quelconques  (Fun  système  complet  tel 
que  A„  A,,  A,,  A4,  Ag  sont  les  sommets  (fun  tétraèdre  itwohUif, 
et  les  plans  d'involution  de  deux  quelconques  des  cinq  tétraèdres 
ainsi  obtenus  se  coupent  sur  la  face  commune  à  ces  deux  tétraèdres, 

5S.  La  disposition  des  points  v  d'un  système  complet  a  des 
conséquences  très  curieuses.  Dans  les  trois  tétraèdres  A4AtA4Ai, 
AfAsAiAs,  A1A3A4A5,  les  plans  perpendiculaires  aux  milieux 
des  arêtes  A,A„  A1A3,  AiA,  rencontrent  Taréte  opposée  A4A1  au 
même  point  v  ;  mais  ces  plans  se  coupent  aussi  suivant  Taxe 
du  cercle  AiA^As.  Donc  dans  tout  système  involutif  complet,  taxe 
du  cercle  qui  passe  par  trois  des  points  s'appuie  sur  la  droite 
qui  joint  les  deux  autres  points;  les  dix  points  ainsi  obtenus  sont, 
six  à  six,  les  sommets  d^un  quadrilatère  complet. 

D'après  cela,  dans  le  tétraèdre  involutif  A|A|A,A4,  Taxe  OO4 
du  cercle  AiA«As  s'appuie  sur  les  droites  A4AB,  A4A1;  donc  le 
plan  du  cercle  ^4  qui  contient  déjà  la  hauteur  A4H4  et  la  ligne 
AftAs,  passe  aussi  par  OO4.  Par  analogie,  la  droite  A^As  ren* 
contre  également  les  hauteurs  A|H|,  AtH,,  AgHi  et  les  axes 
OOi,  OOi,  OO5  des  cercles  circonscrits  aux  faces  T|,  Ti,  T»  du 
tétraèdre.  On  conclut  de  là  que  dans  tout  tétraèdre  involutif, 
le  centre  de  la  sphère  circonscrite  et  les  deux  centres  invohUifs 
sont  situés  sur  une  même  génératrice  de  Chyperboloïde  des  hau- 
teurs ;  cette  génératrice  est  perpendiculaire  au  plan  d'involution. 

Réciproquement,  si  l'hyperboloïde  des  hauteurs  dtun  tétraèdre 
passe  par  le  centre  de  la  sphère  circonscrite,  C€  tétraèdre  sera 
involutif. 

54.  Le  plan  AiAtA,  coupe  les  sphères  ri,  Vt,  v^  suivant  trois 
cercles  qui  se  rencontrent  aux  deux  mêmes  points  Ai,  AI, 
extrémités  d'un  diamètre  du  cercle  P4.  La  droite  AiAÏ  est  évi- 
demment perpendiculaire  à  la  droite  ViV^i  et  passe  par  le 
centre  O4  du  cercle  AiAsA}.  Les  quadrangles  A|A,AftAi,  A«A«AsAi| 
sont  involutifs. 

Désignons  par  0,',  Oi,  Oi  les  centres  des  cercles  circonscrits 


(59) 

aux  triangles  ÂsAjAi,  AiAsAî,  AiAiAI.  Les  côtés  du  quadrangle 
OjOsOsO^  sont  perpendiculaires  aux  milieux  des  côtés  du  qua- 
drangle AiAiAsÂi  et  rencontrent  les  côtés  opposés  de  ce  dernier 
en  six  points  v^  Vt,  Vz,  v\,  v's,  v%  qui  sont,  trois  à  trois,  en  ligne 
droite.  De  même  que  la  ligne  A^O^  est  perpendiculaire  à  la 
droite  v^v^t^  de  même  les  lignes  A,Oi,  A«Ot,  AgOs  seront  per- 
pendiculaires aux  droites  t^it^s^é,  v^u'^vl^  v^vlvl.  De  plus,  puisque 
les  côtés  homologues  des  triangles  AiA^As,  OjOsOs  se  coupent 
sur  la  droite  t^iV^t'e,  les  droites  AïOi,  AsOj,  AsOs  concourent  en 
un  même  point  0';  par  analogie,  les  droites  AïOj,  AtOî,  A^Oi 
se  rencontrent  aussi  au  même  point  0'. 

Donc  :  dam  tout  quadrangle  invoîutif,  les  droites  qui  joignent 
un  sommet  au  centre  du  cercle  passant  par  les  trois  autres  som- 
mets concourent  en  un  même  point.  Ces  droites  sont  perpendi- 
culaires aux  côtés  du  quadrilatère  complet  formé  par  les  points  v. 

&&•  Considérons  de  nouveau  un  tétraèdre  invoîutif  AiAtA^A^. 
Les  plans  perpendiculaires  aux  milieux  des  arêtes  AiA|,  A^A,, 
A^Af  rencontrent  le  plan  AiAtAj  suivant  trois  droites  passant 
par  tf|,  Vt^  Vi  et  formant  un  triangle  CiCtC,  dont  les  sommets 
appartiennent  aussi  aux  droites  00|,  OOt,  OOg.  Les  triangles 
AfAiAt,  CiC^Cs,  admettant  uii  axe  d'homologie  ViV^i^  ont  aussi 
un  centre  d'homologie  D4.  On  conclut  de  là  que  les  plans 
A|HflO|0,  AiH,0«0,  AsHsOsO  se  coupent  suivant  la  droite  0D«. 
Si  Ton  répète  ces  raisonnements  pour  les  autres  faces  du 
tétraèdre,  on  verra  que  les  quatre  plans  AiHiOi,  AsH,Ot, 
AbHsOs,  A^HaOa  se  coupent,  trois  à  trois,  suivant  quatre  droites 
passant  par  0  ;  par  conséquent  ces  quatre  droites  se  confon- 
dent en  une  seule  s'appuyant  sur  les  hauteurs  du  tétraèdre, 
et  passant  par  0. 

Nous  retrouvons  ainsi,  par  une  autre  voie,  une  partie  des 
résultats  du  n?S3;  en  même  temps,  nous  avons  une  signification 
géométrique  des  points  où  la  droite  OAgAî  rencontre  les  faces 
du  tétraèdre. 

M.  Étudions  maintenant  le  lieu  (A«)  des  sommets  des 


(60) 

tétraèdres  involutifs  de  même  base  AiAgAs,  et  sa  trace  (Al)  sur 
le  plan  A|A|As. 

Pour  simplifier  l'écriture,  nous  désignerons  maintenant  le 
cercle  A^A^AJ  par  p,  le  centre  du  cercle  AiA,As  par  o,  le  point 
de  concours  des  hauteurs,  le  point  de  Lemoine  et  les  centres 
isodynamiques  du  triangle  AjAsAg  par  A,  t,  W,  W,  enfin  la 
droite  ViVct^s  par  V. 

Les  principales  variétés  du  tétraèdre  involutif  vont  nous  ion- 
duire  à  des  propriétés  intéressantes  des  lieux  (AJ  et  (A4). 

L'équation  (14)  admet  la  solution 

Donc  tout  tétraèdre  orthogonal  est  involutif.  Le  lieu  du  som- 
met d'un  tel  tétraèdre  est  la  droite  AH  perpendiculaire  au  plan 
AiAïAs;  donc  la  droite  AH  fait  partie  du  lieu  (A4).  Le  plan  dln- 
volution  s'est  transporté  à  l'infini. 

Le  déterminant  (14)  s'annule  comme  acquérant  deux  colonnes 
identiques,  lorsqu'on  pose 

Donc  tout  tétraèdre  isodynamique  est  involutif.  Le  lieu  du 
sommet  d'un  tel  tétraèdre  est  le  cercle  isodynamique  construit 
sur  la  distance  WW  comme  diamètre,  dans  un  plan  perpendi- 
culaire à  A|A,As.  Soient  B,B,B,  le  triangle  polaire  réciproque 
de  AiAïAs  relativement  au  cercle  0,  et  U|,  u^,  t/»  les  intersections 
des  côtés  homologues  des  triangles  AiAtA^,  B|B,Bs.  La  droite 
ttiti^tis»  polaire  du  point  de  Lemoine  k  du  triangle  AiA^As  par 
rapport  au  cercle  0,  est  la  position  de  la  ligne  V  qui  correspond 
aux  tétraèdres  isodynamiques  construits  sur  A|AsA|. 

L'équation  (14)  étant  vérifiée  par 

«4  ^  ûj  »      flf  ^  «l . 

tout  tétraèdre  formé  par  deux  triangles  isoscèles  de  même  base  est 
involutif.  Lorsque  cette  base  est  A4A5,  le  lieu  du  point  A4  est  la 
circonférence  décrite  par  As  en  tournant  autour  de  A«A«.  Il 
résulte  de  là  que  la  courbe  (Ai)  passe  par  les  sommets  du  triangle 


(61  ) 

fimdamenkU  et  par  leurs  symétriques  relativement  aux  côtés 
apposés. 

Désignons  par  q^  le  point  de  rencontre  du  côté  a„  avec  la 
perpendiculaire  élevée  au  milieu  de  a,.  Lorsqu'on  fait  coïncider 
Ai  avec  A|«  A,  ou  Ag,  la  ligne  V  tombera  sur  les  droites  qtaqut 
quqn  ou  q^^ti  \  par  conséquent,  les  symétriques  (ie  A|,  A,,  A«, 
pris  respectivement  par  rapport  aux  droites  q^^n^  iuqn,  9t4ti 
appartiennent  à  la  courbe  (Al). 

59.  L'équation  (14)  admet  la  solution 

Donc  Yaxe  Oo  du  cercle  AfAtAs  fait  partie  de  la  surface  (A*). 
Les  tétraèdres  correspondants  donnent  une  construction  très 
simple  des  droites  V.  En  effet,  les  plans  perpendiculaires  aux 
milieux  des  arêtes  égales  A4A1,  A^As,  A^Af,  rencontrent  le  plan 
A|A|As  suivant  les  côtés  d'un  triangle  C«C,Cs  qui  est  homothé- 
tique,  par  rapport  à  0,  du  triangle  BiBtB,  formé  par  les  tan- 
gentes en  A|,  A|,  As  au  cercle  AiAtA».  Les  côtés  homologues  des 
triangles  AiAïAs,  C|C,Cs  se  rencontrent  en  trois  points  v^  Vt,  v^ 
situés  sur  la  trace  V  du  plan  d'involution.  Lorsque  A«  se  déplace 
sur  Oo,  la  droite  ViV^s  occupera  toutes  les  positions  possibles, 
et  marquera  sur  les  côtés  de  AiAtAg  des  divisions  semblables; 
car  les  lignes  C.C|,  Cfii  se  meuvent  parallèlement  à  elles- 
mêmes  en  se  coupant  constamment  sur  OB,. 

On  déduit  de  là  que  la  droite  V  enveloppe  une  parabole  (Y) 
tangente  aux  côtés  de  A«AsAa. 
Ces  résultats  peuvent  se  résumer  dans  le  théorème  suivant  : 
ÉiaxU  donné  un  triangle  quelconque  A«A«As  inscrit  au  cercle  0, 
tout  tria$igle  CfiJCg  dont  les  côtés  sont  perpendiculaires  aux 
rofons  oA|,  oAt,  oAg  et  équidistants  du  centre  o,  est  homoUh 
gique  avec  AfAtA,.  Les  cercles  qui  ont  pour  centres  les  points  V|, 
▼t,  V|  où  se  coupent  les  côtés  correspondaitts  et  pour  rayons  les 
distances  V|Ai,  VtA,,  v^Ag  se  coupent  aux  deux  mêmes  points  Ai, 
À;.  La  corde  commune  AlKl  passe  par  o,  et  la  droite  V|V,Vj  enve- 
l(fppe  une  parabole  inscrite  au  triangle  A|A«At. 


(  62) 

&9«  Passons  à  la  détermination  des  éléments  de  cette  para- 
bole. 

La  directrice  est  la  droite  ho  qui  passe  par  le  centre  du  cercle 
circonscrit  au  triangle  Ai«At  et  par  le  point  de  concours  des 
hmUeurs,  Car  o  est  le  point  de  concours  des  hauteurs  des 
triangles  Xiquqzi,  A,9si?i3,  Asfitï»  formés  par  trois  tangentes 
à  la  parabole. 

Ije  foyer  F  est  à  l'intersection  des  circonférences  A^M» 
Aitistis,  A(9ts93t9  etc.  On  peut  remarquer,  en  passant,  cette  él^ 
gante  proposition  :  Dans  tout  triangle  AiAgAs,  les  perpendicu- 
laires élevées  aux  milieux  des  côtés  rencontrent  les  autres  côtés  en 
six  points  9,],  9,1,  ...  tels  que  les  circonférences  k^qt^iu  Atfi.^ii, 
Ai9it9,i  se  coupent  en  un  même  point  de  la  circonférence  A,A|A|. 

La  direction  des  diamètres  de  (V)  étant  connue,  le  foyer  F 
résulte  de  l'intersection  des  polaires  isogonales,  prises  relative- 
ment aux  angles  A|,  At,  A,,  des  perpendiculaires  abaissées  de 
Ai,  At,  As  sur  la  droite  ho.  Autrement  dit,  le  point  F\  symé- 
trique de  F  par  rapport  au  point  0,  a  pour  polaires  isogonales 
des  parallèles  à  ho. 

Cherchons  les  points  pi,  pty  pi  où  la  parabole  touche  les 
côtés  de  A|AiAs.  Lorsque  la  droite  V  s'approche  indéfiniment 
de  AfA»,  les  points  Vs,  ft,  Vi  ont  pour  limites  A«,  A^,  pi,  et  les 
cercles  V|,  t^t  tendent  à  se  couper  aux  sommets  X|,  Y|  des 
triangles  équilatéraux  construits  sur  A^As.  Donc  la  courbe  (AD 
passe  par  les  sommets  X,,  Yi,  X„  Yj,  X„  Yj  des  triangles  équila- 
téraux construits  sur  les  côtés  du  tria/ngle  A|  AtA|,  et  les  points  de 
contact  de  ces  côtés  avec  la  parabole  (V)  sont  les  centres  des  cercles 
A,X,Yi,  AfXtYt,  AbXjYj. 

Voici  encore  une  proposition  assez  curieuse,  qui  se  rattache 
à  la  dernière  figure  :  Le  point  ^intersection  Z  des  droites  A,X„ 
AtXt,  AsXs,  et  celui  des  droites  joignant  A|,  A,,  As  aux  centra 
Xi,  Xt,  Xi  des  triangles  équilatéraux  A^AsXi,  AsAiXs,  k^X^soni 
en  ligne  droite  avec  le  centre  0  du  cercle  AiA^As.  Car  les  points 
^1,  J^tf  Xt  sont  les  centres  des  cercles  AsAsZ,  AjAiZ,  A|AiZ  ;  les 
droites  Ai^t,  AiT«,  AsT,  concourant  en  un  même  point,  le  qua- 
drilatère AiAfAsZ  est  involutif. 


(63) 

Nous  faisons  encore  ressortir,  à  cette  occasion,  deux  autres 
cas  particuliers  du  théorème  du  n^  S4  :  1^  Les  droites  qui 
joigneniAi,  As,  A,  aux  centres  des  cercles  circonscrits  aux  triangles 
AthAi,  A«hAi,  A,hAt  se  coupent  sur  la  ligne  ho  au  centre  du 
cerde  des  neuf  points  de  A|AsA|  ;  â^"  les  droites  joignant  A|,  A,,  As 
aux  centres  des  cercles  circonscrits  aux  triangles  A^A««  AiOAi, 
A,oA,  se  re9icontrent  en  un  même  point  (*). 

*••  La  parabole  (V)  admet  un  autre  mode  de  génération 
très  simple.  Lorsqu'un  point  parcourt  une  droite  quelconque 
A,  sa  polaire  trilinéaire  enveloppe  une  conique  inscrite  au 
triangle  fondamental.  Si  la  droite  A  passe  par  le  centre  de 
gravité  G  du  triangle,  la  conique  est  tangente  à  la  droite  de 
l'infini,  polaire  de  G. 

D'après  cela,  la  parabole  (V)  est  Fenveloppe  de  la  polaire  tri- 
linéaire  (fun  point  parcourant  la  droite  Gk  qui  passe  par  le  centre 
de  gravité  et  par  le  point  de  Lemoine  du  triangle  A|A,A8. 

•••  L'étude  analytique  des  lieux  (A4),  (AI)  amène  des  déve- 
loppements intéressants. 

Désignons  par  (ar,  y,  «),  (jr„  y^  «,),  (ar„  j^,,  «^,  (a?„  y„  z^  les 
coordonnées  des  points  A4,  A|,  At,  A3,  et  posons 

S„s(a?-«„)«-^(y-y„)«-^(a-5,)«.    (n=  1,2,3). 
L'équation  (14)  prend  la  forme 


=  0 (15) 


i    a;  +  Ss    aJSi 
1    aî-f-S,    aJS, 
1    aj  -♦-  s,    aJS, 
OU 

aîS.P,-^aîS,P,  +  flîS,P,  =  0, (16) 


(•)  La  première  de  ces  propositions  est  connue;  voir,  par  exemple,  Catalan, 
Théorèmes  et  Problèmes,  p.  98.  La  seconde  est  sasceptibie  d*ttn  autre  énoncô, 
si  roo  considère  comme  triangle  primitif  le  triangle  B|B,B,  formé  par  les 
tangentes  au  cercle  0  en  A^,  A^,  A,  :  les  circonférences  A,0A.,  AgOA^,  A^OA, 
passent,  respectivement,  par  B.,  B„  B,. 


(64) 


pourvu  que  Ton  fosse 

p,»s.-i-a:— s,— o;, 

P,  =  Sj-*.aî— s, -a;. 

Les  égalités  Pfl  =  0,  Pi  =  0,  Ps^O  représentent  les  plans 
Ai/iH,  A|AH,  AJfE'f  car  elles  expriment  que  les  carrés  des  dis- 
tances du  point  (x,  y,  z)  aux  extrémités  d'un  côté  du  triangle 
AiAfAs  ont  même  différence  que  les  carrés  des  côtés  adjacents. 

L'équation  (i6)  établit  une  relation  très  simple  entre  les  dis- 
tances d'un  point  du  lieu  (A4)  aux  sommets  du  triangle  fonda- 
mental et  aux  plans  AtAH,  A«AH,  AiAH.  Elle  montre  aussi  que 
la  droite  AH  est  située  tout  entière  sur  la  sur&ce. 

Si  l'on  décompose  le  déterminant  (15)  ainsi  : 


I  ai  a!S. 
1  al  alB^ 
1     al    a;S, 


1  S,  tf*S, 
I  s,  aJS, 
1    S,   a;s. 


et  qu'on  développe,  respectivement,  suivant  les  éléments  de  U 
première  et  de  la  troisième  colonne,  on  trouve 

2(S,-S,)(iïJS,-a!oî)  =  0, 

résultat  d'où  l'on  conclut  aisément  que  la  droite  oO  fait  partie 
de  la  surface  (A4). 
L'équation  (15)  est  de  la  forme 

Ui  et  Ut  étant  respectivement  des  fonctions  du  premier  et  du 
second  degré  en  œ^  y^  z. 

Par  conséquent,  la  surface  (A^)  passe  par  le  cercle  imaginaire 
à  tin  fini;  c'est  donc  une  anallagmatique  du  troisième  ordre.  La 
courbe  (Ai)  est  une  cubique  circtdaire. 

Nous  connaissons  vingt  et  un  points  remarquables  de  cette 
courbe,  savoir  :  les  sommets  du  triangle  fondamental,  les 
sjTnétriques  de  ces  points  relativement  aux  côtés  opposés  et 


(68) 

aux  lignes  q^qvij  9si9is»  9ft9fi  ;  les  sommets  des  triangles  équila- 
téraux  construits  sur  ai,  Ot,  a»;  le  centre  du  cercle  circonscrit 
au  triangle  AiÂiAs,  le  point  de  concours  des  hauteurs,  les  deux 
centres  isogones  et  les  deux  centres  isodynamiques. 

•i.  Comme  (A4)  passe  par  les  droites  oO,  AH  et  par  le  cercle 
imaginaire  à  l'infini,  tout  plan  mené  par  oO  rencontre  cette 
surface  suivant  un  cercle  ^,  et  tout  plan  mené  par  AH  donne 
également  une  section  circulaire  y;  toute  sphère  passant  par 
Fun  des  cercles  ^  ou  y  coupe  (A4)  suivant  un  second  cercle  y 
ou  p. 

Pour  tirer  ces  conclusions  directement  de  l'équation  (15), 
nous  considérons  celle-ci  comme  la  résultante  des  équations 

€  — i,(a;-f-SJ-4-aîS,=0,  \ 

ï-.>,(o;-^S,)-*-aîS,  =  0,  ( (17) 

e-,(a;-«-S,)-i-a;S,  =  0,  ) 

qui  représentent  trois  sphères  ayant  pour  centres  Ai,  A,,  A3  et 
pour  carrés  des  rayons 

î»  — aï  '      n  —  al  '      i»  — a; 

e  et  T^  étant  deux  paramètres  variables. 

Si  l'on  élimine  e  entre  les  égalités  (17)  prises  à  deux,  on 
obtient  les  équation^  de  trois  nouvelles  sphères  : 

(aî-,,)S.-(aî-<)S,-(aî-flî),  =  0,  \ 
(aî-i)S,-(a;-,)S,-(aî-a«),  =  0,  [  .        .    (18) 
(«î-'»)S.-(aî-,)S,-(a;-ûî),  =  0,  ) 

Ces  surfaces  se  coupent  suivant  un  cercle,  lieu  des  points  A4 

qui  correspondent  à  une  valeur  fixe  de  y^  et  à  des  valeurs 

variables  de  e.  Leurs  centres  ont  pour  coordonnées  barycen- 

triques 

aï--,,       -(a;-,),  0         j 

...    (19) 


0, 

«Î-», 

-(«î-»] 

-{«Î-»), 

0. 

«Î-», 

Tome  XXXVII. 

(66) 
et  les  équations  (18)  sont  vérifiées,  respectivement,  par 

Les  sphères  (18)  ont  donc  leurs  centres  sur  les  côtés  du 
triangle  AiAïAs  et  elles  passent  par  les  sommets  A4,  A|,  As; 
ce  sont  donc  celles  qui  ont  été  désignées  par  ri,  t;t,  Vz^  et  leur 
intersection  est  un  cercle  ^  de  la  surface  («). 

L'équation  de  la  droite  Vit'iVs,  axe  du  cercle  p,  se  déduit  des 
coordonnées  (19)  des  points  Vi,  Vt^  r»;  on  trouve 


a;  -  ,      aï  —  ,      al-n 

ou,  sous  forme  entière, 

,•  2 /u»  —  <  2  ^, (aj -f- a*) -♦- 2  f^aja;  s=:  0. 

De  là,  on  conclut  facilement  l'équation'  de  l'enveloppe  de  la 
droite  Vi^tt^s  » 

2Vi(aî  -*-«»  -  42/*.2/«,aîo;  =0, 
ou 


l//*,(aî-a;)-*-V//*,(aî-aî)-f-l//*,(aî-a:). 

En  coordonnées  tangentielles,  cette  enveloppe  est  repré- 
sentée par 

oî-gî      aî  —  aî  ai— al 

Pi  Pi  P«      *  ' 

Ces  résultats  montrent  que  l'axe  du  cercle  ^  enveloppe  une 
conique  tangente  à  la  droite  de  l'infini,  c'est-à-dire  une  para- 
bole. Nous  reprendrons  plus  loin  l'étude  analytique  de  cette 
courbe. 

•••  Par  le  cercle  p,  il  passe  une  infinité  de  sphères  ayant 
leurs  centres  sur  la  droite  t'iVtt's.  Pour  obtenir  l'équation  géné- 
rale de  ces  surfaces,  il  suffit  d'ajouter  les  égalités  (17)  multi- 
pliées par  des  indéterminées  dont  la  somme  est  nulle.  On 
trouve  ainsi 

2a,oîS.-,2A,(aî-^Si)  =  0 (20) 


(67) 

SOUS  la  condition 

>.-^>.-^>3=o (21) 

Les  coordonnées  barycentriques  du  centre  de  la  sphère  (20)  (*) 
sont: 

Vi  =  >i(aî--'ï),    tJ,=:i,(a;— y),    r,=  >,(aî-i,). 

Ce  centre  passe  à  Tinfini,  lorsque  Vi  -+■  Vt-*'Vz=  0  ou 

aî>j-f-aîi,-i-a«>,=0 (22) 

Les  valeurs  de  \,\,\  qu'on  tire  de  (21)  et  (22)  font  repré- 
senter à.  réquation  (20)  un  plan  qui  est  nécessairement  celui 
du  cercle  p.  Ce  plan  est  donc  défini  par 

^i  =  a;  — aî,    >,  =  a;— aï,    >,  =  o;-a*, 

ou,  si  l'on  veut,  par 

2flî(a;-a;)S.-,2(a«-a;)S,  =  0. 

On  voit  qu'il  passe  par  une  droite  fixe  ayant  pour  équations 

2aî(aî-aî)S,  =  0,    2(a; -o;)S,  =  0  .    ...    (23) 

Celles-ci  étant  vérifiées  par  S|  =  Ss  ^=»  Ss,  le  plan  de  ^  contient 
la  droite  oO.  De  plus,  les  égalités  (23)  admettent,  respective- 
ment, les  solutions 

aJSi  =  tf ;S,  =  0*83,    Si  -♦-  aï  =  s,  -♦-  aï  =  S3  -4-  al 

nsi 

S„  =  (x-x„)«-4-(y-y„)«  +  («-a„)«-R«  =  0,     (n=  1,2,3), 
soDi  les  équations  de  trois  sphères  dont  les  centres  sont  A^,  A,.  A,,  l'équation 
\S,-t-;,S,-+- A5Ss-*-A4=o (A) 

représente  une  sphère  dont  le  centre  a  |K)ur  coordonnées  barycentriques  par 
rapport  au  triangle  A,A,A,  les  coefDcients  l|,  X,,  >,;  c'est  ce  que  Ton  voit 
facilement  en  développant  l'équaliou.  Lorsque  >t  -♦->,-♦->,  =  0,  (A)  repré- 
sente un  plan  perpendiculaire  aui  droites  qui  ont  pour  équations 

^  —  î^       î^  —  'Il       î^— ^ 
).,-)/     >,"),'     >,"")., 


(68) 

qui  conviennent  aussi  au  cercle  isodynamique  et  à  la  ligne  AH; 
donc  elles  représentent  les  plans  Ooi,  Uho.  Si  on  les  considère 
comme  représentant  deux  sphères  dont  les  centres  sont  à  Tin- 
fini,  on  trouve  que  les  coordonnées  barycentriques  des  points 
à  l'infini  sur  les  directions  perpendiculaires  à  ok  et  oh  sont 

aî(oî-«5),    a;(aî-flî),    aî(aî-aî); 
aî-aî,  «î-ûî.  a* -al. 

•S.  La  sphère  (30)  passe  par  le  cercle  qui  a  pour  équations 

2x,aîS,  =  0,    2i,(aî-i-S,)  =  0    .....    (i4. 

Ce  cercle  est  situé  sur  la  surface  (A4);  car  l'élimination  de 
\,  \,  Xj  entre  les  égalités  (21)  et  (24),  fait  retomber  sur  l'équa- 
tion (15).  Là  seconde  des  équations  (24)  représente  un  plan 
mené  par  AH  ;  nous  retrouvons  donc,  par  voie  analytique,  les 
cercles  y. 

L'équation  (20)  peut  être  considérée  comme  étant  celle  d'une 
sphère  tangente  à  la  surface  (A4),  aux  points  d'intersection  des 
cercles  j3  et  y.  Elle  dépend  de  deux  paramètres  variables  ;  car 
les  quantités  \,  X,,  Xs,  qui  ont  une  somme  nulle,  ne  comptent 
que  pour  un  seul  paramètre,  et  on  peut  les  remplacer  par 
Xj  —  eX;,  \  —  eX;,  Xj  —  eXi,  en  prenant  pour  (X„  X,,  Xyi, 
(Xi,  Xi,  X^)  les  coordonnées  de  deux  points  fixes  situés  à  l'infini. 
On  trouve  ainsi  pour  l'équation  générale  d'une  sphère  bilan- 
gente: 

,eS  — iiS'-£S"-f-S"'  =  0, (i:)) 

pourvu  que  l'on  pose 

s  =2  ;>;-♦- s,), 

S'  s  2  X,(a*  H-  Si). 
S"  =  2>;aîS„ 

Toutes  les  sphères  qui  correspondent  à  une  valeur  constante 
de  71  passent  par  un  même  cercle  ^  ayant  pour  équations 

,S-~S"==0,     ,S'-S'"  =  0, 


(69) 

et  le  lieu  de  ce  cercle,  lorsque  r\  vient  également  à  varier,  est 
la  surface  définie  par  Téquation 

SS'"  -  S'S"  =  0 (26) 

De  même,  lorsque  e  est  constant,  les  sphères  passent  par  le 
cercle  y  dont  les  équations  sont 

fS-S'=:0,    eS"-S'"  =  0, (27) 

et  rélimination  de  s  entre  les  égalités  (27)  conduit  encore  à  (26). 
Il  résulte  de  là  que  (A«)  admet  deux  séries  de  sections  circu- 
laires, ainsi  que  nous  l'avons  déjà  démontré  plus  haut. 

On  parvient  encore  à  ces  conclusions  en  multipliant  le 
déterminant  (15)  par  le  suivant  : 

3li     >',     a'I 

>i   K    K 

h  i;  K 

dans  lequel  nous  supposons  S  X,  ==  0,  il  Xj  =  0.  On  retrouve 
réquation  (26),  et  en  considérant  celle-ci  comme  étant  vérifiée 
par  les  hypothèses 

,s  — s"=  0,    (  «s  -  S'  =0, 

on  reconnaît  encore  l'existence  de  deux  séries  de  sections  cir- 
culaires. 

«4.  Les  axes  des  cercles  p  ou  y  enveloppent  la  même  para- 
bole. Car  les  coordonnées barycentriques  du  centre  de  la  sphère 
bitangente  (28)  sont 

/«A«i  =  ('»-aî)(e>',  —  Al), 

/'/««  =  ('»  — «îKe>',  —  >i)» 

p  étant  un  facteur  de  proportionnalité.  On  peut  prendre  les 
valeurs 

i;  =  û*  — a»,  >;  =  a'— a*,  >;=«?— aï, 

i.  =  iiî(ol-oî),     ;,«a|(as-aî),     >«  =  ai|  (a?  -  a|), 


(70) 

qui  satisfont  aux  conditions 

>',  H-  >;  -*-  Vj  =  0,    /j  -♦->,  +  >,  =  0  ; 
alors 

/5i"i  =  (al  —  a») (j?  —  aî)  («  -  a*), 
^^  =  (a;-a«)U-a«i(«  — aï), 
/*Ai  =  (aî  -a«)(,-a5)(f-aî). 

L'équation  de  Taxe  d'un  cercle  p  s'obtient  par  l'élimination 
de  p  et  e;  celle  de  l'axe  d'un  cercle  y  résulte  de  l'élimination 
de  p  et  7|.  Dans  les  deux  cas,  on  obtient  la  même  équation. 

Les  centres  des  cercles  P  et  y  parcourent  deux  strophoïdes 
obliques  ayant  pour  points  doubles  les  points  o  et  A,  car  les 
lieux  de  ces  centres  sont  les  podaires  de  la  parabole  (V),  les 
pôles  étant  placés  sur  la  directrice. 

Une  sphère  bitangente  est  coupée  par  le  plan  AiAsAt  suivant 
un  cercle  qui]  passe  par  les  extrémités  de  deux  diamètres  des 
cercles  correspondants  ^  et  y;  ces  extrémités  appartiennent  à 
la  courbe  (Ai).  Donc  toute  droite  passant  par  o  [ou  h)  rencorUre  la 
cubique  circulaire  (A4)  eti  deux  points  tels,  que  tout  cercle  passant 
par  ces  points  coupe  la  courbe  en  deux  nouveaux  points  qui  sont 
en  ligne  droite  avec  h  [ou  o). 

Cette  propriété  assez  curieuse  est  un  cas  particiilier  du  théo- 
rème de  Maclaurin  sur  les  courbes  du  troisième  ordre  :  Toute 
conique  passant  par  quatre  points  fixes  Mi,  M|,  M3,  M^  d^une 
courbe  du  3«  ordre  roicontre  celle-ci  en  deux  nouveaux  points  N„ 
Ni  qui  sont  en  ligne  droite  avec  un  point  fixe  H  de  la  cubique. 
Prenons  pour  M»,  M*  les  points  circulaires  à  l'infini,  qui  font 
partie  de  (A4),  et  soit  M  le  troisième  point  de  rencontre  de  la 
droite  M,Mi  avec  (Ai).  Il  est  facile  de  voir  que  les  rôles  des 
points  M,  N  peuvent  être  échangés;  donc  deux  sécantes  quel- 
conques menées,  l'une  par  M  et  l'autre  par  N,  rencontrent  la 
cubique  (Ai)  en  quatre  points  d'une  même  circonférence. 

Ces  dernières  considérations  nous  paraissent  susceptibles  dr 
nombreuses  conséquences. 


(71) 

•Ift.  Pour  terminer  la  théorie  des  figures  involutives,  nous 
déduirons,  de  l'équation 

2Vi  (aï  H-  al)  -  41  fi,  lf^,a\al  =  0. 

quelques  propriétés  de  la  parabole  (V). 

La  forme  de  cette  équation  indique  que  les  droites  représen- 
tées par 

2.«,  =  0,    2^  =  0,    2y«,(a*^aî)  =  0, 

sont  deux  tangentes  et  la  corde  de  contact  de  celles-ci.  Les  deux 
premières  lignes  sont  la  droite  de  l'infini  et  la  polaire  trilinéaire 
u^u^  du  point  de  Lemoine;  par  conséquent,  la  troisième  est  le 
diamètre  mené  par  le  point  de  contact  de  U|U«tis.  En  écrivant 

(/*ia*  H- /K,oî  +/«,«;)-♦- (miûÎ  H-aV»!  -^  /«*5aî)=:  0, 
2^,2aî  -  2/*,a;  =  0, 

on  voit  que  ce  diamètre  passe  par  l'intersection  des  polaires 
trilinéaires  des  points  de  Brocard,  et  est  parallèle  à  la  conju- 
guée isotomique  de  la  droite  UititUg. 

Soient  F  et  F,  les  deux  foyers  de  (V).  Le  dernier,  déterminé 
par  l'intersection  des  droites 

2Mi(aÎ4-a«)  =  0,    2/«,  =  0, 

a  pour  coordonnées  barycentriques 

aî— «5,    ûî  — aï,    «î— aï; 

le  foyer  proprement  dit  F  étant  le  conjugué  isogonal  de  F|,  a 
pour  coordonnées  normales 


aï  —al       al  —  aî       a*  —  al 
OU 

i  i  1 


8ln(A,  — Ag)       sin(Ag  — At)       sin(Ai  — A,) 


(72) 

On  peut  conclure  de  là  que  les  distances  FA|,  FAt,  FAs  sont 
proportionnelles  à 

sin  (A,  —  Aj),    sin  (A,  —  A J,    sin  (A^  —  A,). 

Les  droites  A^p^y  A^i,  Ai^s  qui  aboutissent  aux  points  de 
contact  de  (V)  avec  ai,  Ot,  Os  sont  représentées  par 

Par  conséquent,  le  centre  d'homologie  tz  des  triangles  A,A,A: 
et  PiPiPz  a  pour  coordonnées 

1  1  1 


fl}— «î       al —a*       a*t^a\ 

Il  est  conjugué  isotomique  avec  le  point  à  l'infini  des  dia- 
mètres de  (Y);  de  plus,  il  appartient  au  cercle  AiAïAi  et  à 
Tellipse  minimum  circonscrite  au  triangle  de  référence. 

Les  points  F  et  ic  se  rencontrent  souvent  dans  la  théorie 
du  triangle  et  jouissent  de  propriétés  intéressantes. 

L'axe  d'homologie  des  triangles  AiAfAg,  PtPtP$  représenté 
par  l'équation 

forme,  avec  les  polaires  trilinéaires  des  points  de  Brocard  et 
avec  le  diamètre  de  (V)  conjugué  avec  t/|ti<U8,  un  faisceau  har- 
monique. 


ERRATA. 


Page  6,  i^'  DOie,  lisez  Quarterly,  au  lieu  de  Quaterly. 

—  7,  note,  lisez  Scboute,  au  lieu  de  Schoatte. 

—  -14,  i»*  ligne,  lisez  ou  de  M,  au  lieu  de  ou  M. 


CONTRIBUTION 

à  l'ftade  61  è  l'analyse 

DES  EAUX  ALIMENTAIRES 

et  spécialement 

DES  EALX  DE  LA  VILLE  DE  LOUVAIN 

et  de  quelques  autres  lecalités  de  la  Belgique, 


fnhMiur  «rdhMirc  i  la  Faculté  dci  Seieaces  de  ruaiversllé  de  Louvaio,  roenibrc  corre«poDdant 
de  rAeadémie  royale  de  médceine  de  Belgique. 


Présenté  à  la  Classe  des  sciences  dans  h  séance  du  i**  mars  1884. 


Tome  XXXVll. 


CONTRIBUTION 

k  Tétode  et  à  Tanal  jse 

DES  EAUX  ALIMENTAIRES 


BT  SPéciALEHBNT 


DES  EAUX  DE  LA  VILLE  DE  LOUVAIN 
e(  et  quelques  antres  localités  de  la  Beigiqne. 


I. 

CONSIDERATIOKS  SOMMAIRES 
SlitrORIGINE  ET  LES  CONSÉQUENCES  DE  L'ALTÉRATION  DES  EAUX. 


Tout  le  inonde  reconnaît,  à  priori,  que  la  qualité  de  l'eau  que 
[K)us  buvons,  de  l'air  que  nous  respirons  et  du  sol  sur  lequel 
nous  habitons  doit  jouer  un  rôle  prépondérant  dans  l'état  de 
notre  santé  en  général,  et,  en  particulier,  dans  l'étiologie  de 
beaucoup  de  maladies  épidémiques  et  infectieuses,  telles  que 
le  typhus,  le  choléra,  etc. 

En  ce  qui  concerne  particulièrement  ces  dernières  mala- 
dies, il  est  admis  aujourd'hui  qu'elles  ont  pour  origine  cer- 
tains germes  ou  micro-organismes  spécifiques.  La  nature 
intime  de  ces  germes  spécifiques  est  encore  peu  connue  pour 
la  plupart  d'entre  eux.  Leur  source,  ou  plutôt  leur  lieu  de 
reproduction,  paraît  être  en  général  dans  les  organismes  infec- 
U's.  Ces  germes  passent  dans  les  déjections,  les  urines,  etc.; 


{*) 

ils  se  communiquent  au  sous-sol,  à  Pair  et  à  l'eau  ;  et,  de  là,  ils 
peuvent  rentrer  dans  l'organisme  humain.  Leur  influence  sur 
l'organisme  est  d'autant  plus  grande  que  celui-ci  est  mieux 
prédisposé  à  la  subir  ;  et  cette  prédisposition  paraît  être  prin- 
cipalement produite  par  la  présence  de  bactéries  et  autm 
micro-organismes  divers ,  provenant  de  la  putréfaction  Ae 
matières  animales  ou  accompagnant  celle-ci,  et  incorporés 
avec  l'air  ou  l'eau  qui  feur  servent  de  véhicules. 

Des  trois  facteurs,  sous-sol,  air  et  eau,  par  l'inlermédiairp 
desquels  l'organisme  humain  se  trouve  en  rapport  avec  les 
micro-organismes,  c'est  le  premier  qui  semble  avoir  le  plus 
d'importance  à  notre  point  de  vue.  En  effet,  c'est  très  fréquem- 
ment au  contact  du  sous-sol  que  l'air  et  l'eau  se  vicient  ;  il  est 
l'are  que  les  souillures  y  pénètrent  directement  de  la  surface; 
et  l'on  n'admet  guère  non  plus  que  les  germes  spécifiques 
puissent  prendre  naissance  dans  l'air  ou  dans  l'eau  mêmes. 

Quoi  qu'il  en  soit,  c'est  le  rôle  de  l'eau  que  nous  nous  pro- 
posons d'étudier;  et  si  nous  nous  arrêtons  d'abord  un  court 
instant  au  sous-sol  ^  et  à  l'air,  c'est  en  raison  des  rapports 
intimes  qui  les  relient  à  l'eau,  rapports  qui  n'ont  pas  été  jus- 
tement appréciés  jusqu'aujourd'hui. 

Sovs-sol.  —  A  part  les  miasmes  qui  engendrent  la  fièvn' 
paludéenne  ou  malaria,  aucun  germe  capable  de  produire 
directement  les  maladies  épidémiques  et  infectieuses  ne  semble 
pouvoir  dans  nos  climats  prendre  naissance  dans  le  sous-sol. 
Ces  germes  arrivent  dans  le  sous-sol,  soit  directement  par  les 
projections  de  matières  fécales  ou  d'urines,  ou  par  l'écoule- 
ment des  eaux  qui  ont  servi  au  lavage  du  linge  et  d'autres 
objets  ayant  été  en  contact  avec  l'organisme  infecté;  soit  par 
les  infiltrations  des  liquides  à  travers  les  parois  des  fossi's 
d'aisances,  des  puits  perdus,  des  égouts,  etc. 

*  Voir,  au  sujet  du  sous-sol,  notre  Note  sur  Vinfluence  du  sous-éol  sttr  ies 
maladies  miasmatiques,  telles  que  le  typhus,  le  choléra,  etc.  (Bolletix  oi 

L*ACADÊJilB  KCYALE  DE  BÉOBCIHE  DE  BELGIQUE,  t.  V,  3*  SéHe,  D»  8). 


(S) 

Le  plus  souvent,  le  sous-sol  constitue  un  milieu  défavorable 
à  la  conservation  des  germes  infectieux  :  c'est  notamment  le 
cas  d'un  sous-sol  aéré,  dans  lequel  les  matières  organiques 
propres  à  la  culture  des  micro-organismes  sont  rapidement 
détruites  par  oxydation,  et  où  dominent  les  ferments  aérobies^. 
Au  contraire,  tout  force  à  admettre  que  le  sous-sol  est  propice 
à  la  conservation  et  probablement  aussi  à  la  multiplication 
(les  germes  spécifiques,  et  en  tout  cas  au  développement  des 
micro-organismes  possédant  une  influence  prédisposante, 
lorsqu'il  est  souillé  par  la  présence  de  matières  organiques 
et  surtout  de  matières  azotées,  dans  des  conditions  telles  que 
loxydation  de  ces  matières  s'effectue  d'une  façon  imparfaite, 
la  putréfaction  s'établit,  et  les  desmobactéries  y  prédominent 
avec  les  microbes  anaérobies  2. 

\insi,  dans  les  terrains  sablonneux  se  laissant  bien  pénétrer 
f>ar  l'air,  la  destruction  des  matières  organiques  s'opère  relati- 
vement vite;  tandis  que  les  terres  argileuses  et  les  terrains 
sablonneux  où  s'intercalent  des  couches  d'argile ,  retiennent 
Teau  avec  les  matières  organiques,  empêchent  la  circulation 
<lo  Pair  et  disposent  à  la  putréfaction.  Soykaa  constaté  que  de 
Va  strychnine  mélangée  à  de  la  terre  sablonneuse,  et  où  l'on 
faisait  pénétrer  alternativement  de  l'air  et  de  l'eau,  avait  été 
nitrifiée  en  quatre  semaines,  au  point  que  80  p.  c.  de  l'azote 
avait  pu  être  recueilli  sous  forme  d'acide  nitrique.  Dans  la 
terre  tourbeuse,  la  strychnine  disparaissait  beaucoup  plus 
lentement;  il  ne  se  formait  pas  d'acide  nitrique,  même 
après  plusieurs  mois,  mais  une  assez  forte  quantité  d'ammo- 
niaque. 

Il  résultait  des  mêmes  expériences  que  l'oxydation  des 
matières  organiques  s'effectue  avec  d'autant  plus  de  rapidité 
que  ces  matières  sont  plus  diluées,  les  solutions  suffisamment 
concentrées  résistant  complètement  à  la  minéralisation. 

^  Schiôsing  et  Mûolz,  Journal  de  pharmacie  et  de  chimie,  1877,  p.  580. 
*  Dehéran  el  MaqueoDe,  Bulletin  de  la  Société  chimique  de  Paris,  1883, 
p.  oO.  -  Gajon  et  Dopelit,  ihid.,  p.  95. 


(6) 

L'humidité  est  nécessaire  à  la  décomposition  des  matières 
oi^niques.  La  dose  d'humidité  augmentant  en  progression 
arithmétique,  la  quantité  d'acide  carbonique  formé  augmente 
en  progression  géométrique.  Si  l'on  soumet  à  l'expérience 
un  mélange  de  sucre  et  de  sable,  on  voit  que,  ce  mélange 
renfermant  3  p.  c.  d'humidité,  il  ne  se  forme  pas  d'acide 
carbonique  ou  il  ne  s'en  forme  que  des  traces;  la  quantité 
d'humidité  étant  portée  à  4  p.  c,  la  proportion  d'acide  car- 
bonique produit  devient  de  10  à  20  fois  plus  considérable;  si 
l'on  redescend  à  2  p.  c.  d'humidité,  la  production  d'acide 
carbonique  est  presque  annihilée;  enfin,  si  l'on  submei^e  la 
matière  organique  de  façon  à  l'imprégner  totalement  d'hu- 
midité, la  formation  d'acide  carbonique  se  poursuit  avec  une 
activité  moyenne. 

On  voit  que  l'ammoniaque  est  l'indicateur  spécial  de  la  putré- 
faction des  matières  d'origine  animale ,  et  l'acide  carbonique 
celui  de  la  décomposition  des  matières  organiques  en  général  : 
c'est  donc  l'ammoniaque  qu'il  importe  le  plus  de  déterminer 
par  l'analyse. 

Les  méthodes  spéciales  d'analyse  du  sous-sol  ont  reçu  dans 
ces  derniers  temps  de  nombreux  perfectionnements  *.  On  suit 
fréquemment  un  procédé  indirect,  consistant  dans  l'analyse  de 
l'eau  qui  a  été  en  contact  avec  le  sous-sol,  notamment  l'eau 
des  puits,  ou  de  celle  qui  séjourne  dans  les  interstices  du  ter- 
rain. Souvent  aussi  on  fait  usage  du  microscope,  directement 
ou  après  culture. 

Le  sous-sol  des  villes  est,  dans  la  plupart  des  cas,  fortement 
souillé.  Ainsi,  à  Pesth,  Fodor  2  a  très  fréquemment  rencontré, 
jusqu'à  une  profondeur  de  4  mètres,  près  de  1  p.  c.  de  matières 
organiques,  avec  une  quantité  considérable  de  bactéries.  Voici 
quelle  a  été  la  moyenne  des  résultats  de  700  analyses  du  sous- 


•  Voir  Pellenkoffer,  Zeitsckrift  fur  Biologie,  —  J.  Fodor,  Bygienische 
Vntersuchungen,  1882.  —  Flâgge,  Handbuch  des  hygien.  Dniersuchungs 
tnethodftij  1883. 

•  Fodor,  loc.  cU. 


(  7  ) 

sol  de  cette  ville,  les  teneurs  se  rapportant  à  1  kilogramme  de 
terre  desséchée  : 


Aiote  renfermé  dans  les  matières  organiques 0,341 

Matières  organiques  azotées,  calculées  d'après  la  teneur  en  azote.  i,181 

Carbone  renfermé  dans  les  matières  organiques 4,130 

Matières  organiques  calculées  d'après  la  teneur  en  carbone    .    .  7,120 

Acide  azotique 0,157 

Aeide  azoteux 0,00109 

Ammoniaque 0,01017 

Si  Ton  évalue  à  0  millions  de  mètres  carrés  la  superficie 
totale  du  sol  de  la  ville  de  Pesth,  on  voit  que  le  sous-sol,  pris 
seulement  jusqu'à  une  profondeur  de  4  mètres,  contient  une 
quantité  d'azote  correspondant  à  celle  que  100,000  hommes 
adultes  peuvent  éliminer  de  leur  organisme  en  37  années.  Cette 
accumulation  de  matières  organiques  dans  le  sous-sol  tient 
d'abord  au  peu  d'étanchéité  des  canalisations  des  égouts  et  des 
fosses  d'aisances,  et  ensuite  à  la  lenteur  avec  laquelle  s'effectue 
dans  le  sous-sol  l'oxydation  de  ces  matières.  D'après  Petten- 
koffer,  dans  les  conditions  ordinaires  d'établissement  des 
i^outs  et  des  fosses  d'aisances,  les  ^/^q  des  matières  organiques 
restent  dans  le  sous-sol,  Vio^^ulement  étant  emporté  au  dehors 
par  les  conduits.  Il  est  à  remarquer  que  les  briques  laissent 
passer  plus  ou  moins  de  matières  infectantes,  suivant  qu'elles 
sont  plus  ou  moins  poreuses,  et  que  la  porosité  des  briques 
diminue  avec  le  temps. 

Fodor  a  fait  aussi  l'analyse  comparative  d'échantillons  do 
ti-rre  pris  dans  les  endroits  les  plus  souillés,  et  d'autres  échan- 
tillons recueillis  dans  des  parties  du  sous-sol  relativement  pro- 
pres; il  a  trouvé,  par  kilogramme  de  terre  séchée  : 

AioM.  Ammonlai|Qe.       Acide  «loiique. 

Dans  le  sous-sol  sali.    .    .gr.    4,132  0,0335  0,317 

-  pur.    .    .     .    0,0686  0,0069  0,121 

Enfin  il  a  été  constaté  que  les  régions  de  la  ville  où  le  sous- 
sol  était  le  plus  impur  étaient  aussi  celles  où  les  maladies 


(8) 

épidémiques  sévissaient  le  plus  fortement,  les  émanations 
putrides  des  couches  supérieures  prédisposant  surtout  aui 
maladies  du  genre  de  la  fièvre  intermittente,  de  l'entérite  et 
du  choléra,  et  celles  des  couches  plus  profondes  étant  plutôt 
en  rapport  avec  le  typhus. 

Air.  —  Quant  à  Tair,  il  n'est  nullement  probable  non  plus 
que  les  matières  infectantes  spécifiques  puissent  y  prendre 
naissance,  les  conditions  élémentaires  de  la  vie  des  micro- 
organismes, présence  de  matières  nutritives,  stabilité,  tempé- 
rature et  humidité,  y  faisant  défaut. 

Ces  matières  infectantes  peuvent  se  mêler  à  l'air  par  contact, 
lorsqu'elles  se  trouvent  à  l'état  sec,  ou  sous  forme  de  poussière 
provenant  d'un  organisme  infecté  ou  d'objets  souillés  par  cet 
organisme.  Elles  peuvent  aussi,  mais  moins  aisément,  y  passer 
à  l'état  humide  1. 

Arrivées  dans  l'air,  ces  matières  ne  sauraient  s'y  conserver. 
Leur  transport  ne  peut  avoir  lieu  qu'à  de  courtes  distances.  II 
n'existe  pas  de  preuves  que  l'air  les  ait  portées  d'une  rue  ou 
même  d'une  maison  à  l'autre.  Ce  n'est  que  dans  des  condi- 
tions tout  à  fait  exceptionnelles  d'infection,  de  température, 
d'humidité,  etc.,  que  cela  pourrait  se  produire. 

L'analyse  de  l'air  ambiant  se  fait  par  les  procédés  ordinaires. 
On  examine  spécialement  les  corpuscules  qu'il  charrie  et  qu'il 
abandonne  à  l'ouate  ou  à  d'autres  objets  stérilisés. 

Eau.  —  Comme  nous  l'avons  dit  déjà,  il  est  absolument 
improbable  que  des  germes  spécifiques  de  maladies  infec- 

<  Diaprés  MM.  Wernich  et  Naegelî,  les  baciéries  ne  peuvent  passer  d'un 
liquide  dans  Pair  que  lorsquMI  y  a  formation  d'écume,  ou  bien,  après  dessicca- 
tion, sous  forme  de  poussière.  Brautlecht  de  Wendeburg  soutient,  au  con- 
traire, avec  preuves  à  l*appui  de  son  assf'rtion,  que  cette  transmission  peut 
s'effectuer  directement  par  évaporation.  D*après  lui,  un  sol  humide,  et  même 
un  sol  complètement  humecté  ou  immergé,  laisse  passer  dans  Tair  pins  de 
bactéries  qu'un  sol  sec. 

Voir  à  ce  sujet  Les  organismes  vivants  de  l'atmosphère,  par  Hiquel.  Gau- 
ihier-Villars,  1883. 


(9) 

lieuses  prennent  naissance  dans  l'eau  même,  pas  plus  dans 
Peau  à  surface  unie,  comme  celle  des  rivières,  étangs,  réser- 
voirs, etc.,  que  dans  celle  des  nappes  souterraines  alimentant 
les  puits  et  les  galeries  de  drainage. 

Ces  germes  spécifiques  peuvent  y  arriver  de  deux  façons, 
soit  directement,  accidentellement,  comme  nous  l'avons  indiqué 
pour  le  sous-sol  :  ce  mode  de  transmission  ne  doit  être  qu'ex- 
ceptionnel, et,  même  dans  les  endroits  habités,  les  puits  bien 
(^ouverts  et  atteignant  une  certaine  profondeur  n'y  sont  guère 
exposés;  soit  indirectement,  par  l'intermédiaire  du  sol  qui  a 
reçu  ces  souillures  :  c'est  là  le  mode  ordinaire,  et  c'est  notam- 
ment ainsi  qu'est  le  plus  souvent  contaminée  l'eau  des  villes. 
Nous  savons,  en  effet,  que  le  sous-sol  de  ces  dernières  est 
imprégné  de  matières  putrides  et  souillé  de  déjections  renfer- 
mant des  micro-organismes  ordinaires,  des  produits  de  la 
putréfaction  des  matières  animales,  ou  des  germes  spécifiques, 
ou  encore  de  ces  diverses  sortes  de  microbes  à  la  fois.  Rappe- 
lons toutefois  que  le  sous-sol  doit  remplir  certaines  conditions 
pour  pouvoir  conserver  intacts  les  germes  spécifiques  et  les 
communiquer  ensuite  à  l'eau.  Notons  que,  dans  quelques  cas 
spéciaux,  des  gaz  charriant  ces  germes  peuvent  aussi  les  trans- 
mettre à  l'eau. 

Une  fois  mélangés  à  l'eau,  comment  ces  germes  se  compor- 
teront-ils? 

A  priori,  on  reconnaîtra  que  l'eau  doit  constituer  un  mau- 
vais milieu  pour  la  conservation  des  micro-organismes,  à  moins 
({u'elle  ne  soit  très  impure,  qu'elle  ne  renferme  des  substances 
diverses  et  notamment  des  matières  organiques  et  azotées  en 
proportion  considérable,  au  point  de  pouvoir  jouer  le  rôle  de 
liqueur  de  culture.  Une  telle  eau  peut,  en  effet,  on  le  conçoit, 
renfermer,  conserver  et  laisser  se  multiplier  des  bactéries  et 
autres  micro-organismes  nuisibles  ;  mais  on  la  reconnaît  déjà, 
à  ses  propriétés  organoleptiques  et  physiques ,  pour  une  eau 
alimentaire  de  mauvaise  qualité. 

Les  expériences  de  Naegeli  ont  démontré  que  dans  l'eau 
pure,  par  exemple  l'eau  de  source,  les  champignons  contages 


(10) 

périssent  très  vite;  et  même  dans  une  eau  renfermant  des 
matières  nutritives ,  ils  dégénèrent  rapidement. 

En  ce  qui  concerne  les  bactéries  pathogènes  spécifiques,  il 
faut  remarquer  que  leur  conservation  exigerait  un  liquide  de 
composition  spéciale,  laquelle  est  rarement  réalisée.  M  AÎmould^ 
fait  très  j  ustement  observer  à  ce  propos  qu'il  est  déjà  bien  difficile 
de  trouver  la  vraie  liqueur  de  culture  de  chaque  espèce  de  mi- 
crobes ;  et  que  si  une  eau  en  alimente  normalement  une  espèce, 
il  est  à  prévoir  que  cette  eau  ne  conviendra  pas  ou  sera  même 
nuisible  à  un  grand  nombre  d'autres.  Cette  observation  se 
rapporte  surtout  aux  eaux  potables  ordinaires.  Une  eau  sale, 
i*enfermant  une  grande  quantité  de  matières  azotées  à  côté  de 
substances  minérales,  peut,  au  contraire,  devenir  le  liquide 
nourricier  d'un  grand  nombre  de  bactéries. 

Il  est  à  noter  que  l'eau  souillée  se  purifie  spontanément; 
les  matières  organiques  qu'elle  renferme  s'oxydent,  se  minéra- 
lisent;  et  cette  transformation  s'opère  avec  d'autant  plus  de 
rapidité  que  l'air  arrive  plus  abondamment  dans  l'eau.  C'est 
ainsi  que  l'épuration  des  eaux  courantes  s'effectue  très  vite. 
Dans  les  puits,  l'oxygénation  a  lieu  également,  quoique  avec 
plus  de  lenteur;  en  outre,  l'eau  s'y  renouvelant  fréquemment 
par  suite  des  mouvements  et  des  oscillations  des  nappes  aqui- 
fères,  l'arrivée  de  nouvelles  quantités  d'eau  de  composition 
moins  propice  à  l'alimentation  des  microbes  vient  diluer  la 
liqueur  nourricière  primitive  et  provoquer  par  là  même  la 
dégénérescence  de  ces  derniers  ^. 

Disons  toutefois  que  ces  observations,  notamment  celles  qui 
ont  trait  aux  conditions  de  culture  des  germes  spécifiques  dans 
(le  l'eau  se  rapprochant  de  l'eau  alimentaire  et  possédant  une 
(composition  déterminée,  ont  besoin  d'être  confirmées  par  des 
recherches  nombreuses  et  spéciales. 

^  Étioiogie  et  prophylaxie  de  la  fièvre  typhoïde,  rapport  fait  au  Congrès 
(J^hygiéne  ôe  Genève,  en  septembre  1882,  par  le  D*"  J.  Arnould,  professeur  à 
Lille. 

■  Wernich,  Die  Desinfections  Lehre,  3«  édit.  —  Brautlecht,  Archiv.  r. 
Vifchov,  1881.    . 


(41  ) 

Dans  des  eaux  que  l'analyse  avait  reconnues  mauvaises, 
Fodor  a  rencontré  des  bactéries,  notamment  des  bacilles  et 
des  desmobactéries  susceptibles  de  prendre  par  la  culture  un 
développement  considérable.  Ces  eaux  provenaient  générale- 
ment de  maisons  qui  avaient  été  tout  particulièrement  éprou- 
vées par  les  épidémies  de  choléra,  de  typhus  et  d'entérite^  ;  et 
Feau  la  plus  mauvaise  correspondait  aux  parties  de  la  ville  où 
ces  maladies  avaient  sévi  avec  le  plus  d'intensité.  Lors  de  l'épi- 
démie de  choléra,  en  1873  et  en  1873,  la  mortalité  était  en 
rapport  avec  l'impureté  de  l'eau;  dans  les  quartiers  où  l'on  se 
servait  gàràralement  d'eau  de  puits,  elle  était  plus  que  double 
de  celle  qui  était  constatée  dans  les  parties  de  la  ville  où  l'on 
jouissait  d'une  distribution  d'eau  pure  amenée  du  dehors. 

Le  tableau  ci-après  résume  ces  observations,  et  indique  en 
proportions  centésimales  la  majoration  de  la  teneur  en  matières 
diverses  des  eaux  des  maisons  infectées,  relativement  à  celle  des 
eaux  des  maisons  non  infectées. 


DÉSiGHATION 
IAUa>lES. 

Nombre 

d« 

malfonf  lofecUct 

ont  porté 

MAJORATION  MOYEMNE  P.  C.  DE  LA  TENEUR  EN     | 

Mitlèreo 

Ammoaiaqae. 

Chlore. 

Aeide 
•lotiqne. 

Cbolén.    .    . 
Typho*.    .    . 
Eotériie.    .    . 

361 
965 

366 

73 
Si 

32 

190 
56 
60 

5.3 
0.7 
9.0 

'     2.2 
4.5 
40.0 

Comme  on  le  voit,  et  nous  reviendrons  tantôt  sur  ce  sujet, 
r'est  d'abord  l'ammoniaque  et  puis  les  matières  organiques 
qui  sont  les  principaux  indicateurs  chimiques  de  la  mauvaise 
qualité  d'une  eau  alimentaire. 


'  il  a  coDstalé  le  même  fait  pour  les  eaux  des  maisons  oii  avait  sévi  la  pelite 
vérole;  mais  il  D*a  pu  découvrir  aucuue  relation  entre  la  qualité  des  eaux  ei 
l^anladles  parement  contagieuses,  telles  que  le  croup,  la  diphtérie,  la  scar- 
latiiie,etc 


(12) 

Dans  une  vingtaine  de  villes  anglaises  sur  lesquelles  ont 
porté  ses  observations,  Buchanan  a  vu  la  mortalité  par  le 
typhus  diminuer  de  10  et  même  de  75  p.  c,  à  la  suite  du 
remplacement  de  Teau  de  puits  pour  Falimentation  par  de 
Peau  amenée  d'endroits  éloignés  où  le  sol  n'était  pas  infecté 
par  le  séjour  prolongé  de  l'homme  à  la  surface. 

Des  constatations  analogues  ont  été  faites  dans  toutes  les 
grandes  villes  du  continent,  telles  que  Vienne,  Hambourg,  etc. 
11  convient  toutefois  d'ajouter  que  ce  progrès  n'a  pas  toujoais 
été  exclusivement  le  résultat  de  la  substitution  de  l'eau  de  dis- 
tribution à  l'eau  de  puits  ordinaire  ;  mais  aussi,  dans  certaines 
localités,  du  redressement  de  la  canalisation,  du  drainage 
rationnel  du  sol  et  de  la  réduction  des  causes  locales  d'in- 
fection à  l'intérieur  même  des  maisons  par  l'établissement  de 
syphons,  etc.;  mais  en  tout  cas  l'usage  d'eaux  plus  pures  a-t-il 
été  toujours  une  des  principales  causes  de  la  diminution  de  la 
mortalité. 

Il  est  à  remarquer  que  la  qualité  des  eaux  de  puits  des  villes 
ompire  constamment.  Cela  se  conçoit  du  reste  à  priori,  surtout 
pour  les  villes  où  l'on  utilise  encore  des  systèmes  défectueux 
de  fosses  d'aisances,  puisards,  etc«  ;  il  n'y  a  qu'un  sol  sablon- 
neux et  poreux  qui  puisse  lutter  quelque  peu  contre  cet  enva- 
hissement par  les  matières  organiques.  Cette  augmentation 
continuelle  de  la  proportion  d'impuretés  a  été  constatée  dans 
un  grand  nombre  de  localités,  telles  que  Munich,  Erfurth, 
Pesth,  etc.  A  Pesth,  de  1877  à  1880,  les  eaux  des  puits  ont 
dégénéré  en  moyenne  dans  les  proportions  suivantes,  quanta 
la  teneur  en  matières  diverses: 

Résidu  fixe 27  p.  c. 

Matières  organiques 91    — 

Ammoniaque 34    — 

Acide  azotique 43    — 

Chlore 23    — 

Telles  sont  en  résumé  les  données  principales  que  nous 
possédons  au  sujet  de  l'origine  et  des  conséquences  de  l'alté- 
ration des  eaux  alimentaires. 


(13) 

Parmi  ceux  qui  se  sont  occupés  de  cette  question,  il  en  est 
un  bon  nombre  qui  attribuent  à  l'eau  une  importance  capitale 
au  point  de  vue  hygiénique  et  qui  l'accusent  d'être  le  princi- 
pal agent  de  propagation  des  maladies  épidémiques  et  infec- 
tieuses :  leurs  idées  constituent  ce  corps  de  doctrine  qui  porte 
en  Allemagne  le  nom  de  «  Wassertheorie  ».  D'autres,  au  con- 
traire, se  refusent  à  attacher  aucune  importance  au  rôle  de 
Feau.  Mais  ce  sont  là  des  opinions  extrêmes.  Pour  nous,  nous 
croyons  pouvoir  déduire  des  faits  connus  et  des  considérations 
que  nous  venons  de  développer  les  conclusions  suivantes  : 

l""  L'eau  qui  a  reçu  directement  ou  par  l'intermédiaire  d'un 
sous-sol  souillé  des  matières  provenant  d'un  oi^nisme  infecté 
de  maladies  telles  que  le  typhus,  le  choléra,  etc.,  a  la  propriété 
de  pouvoir  transmettre  directement  ces  maladies,  au  moins 
pendant  un  certain  temps  dont  la  durée  dépend  des  diverses 
circonstances  mentionnées.  Les  germes  infectieux  peuvent 
arriver  dans  l'oi^nisme  par  les  voies  digestives,  avec  l'eau 
non  bouillie;  ou  par  les  voies  respiratoires,  en  s'élevant  avec*, 
la  vapeur  d'eau  ou  avec  la  poussière  que  laisse  après  évapora- 
tion  l'eau  d'arrosage  des  rues,  de  lavage  des  planchers  et  de  la 
vaisselle,  etc.; 

3^  L'usage  de  l'eau  souillée  par  la  présence  de  matières 
organiques  azotées  en  décomposition,  ou  renfermant  de  nom- 
breuses bactéries,  est  nuisible  à  la  santé  en  ce  sens  qu'il  peut 
provoquer  des  indispositions  diverses,  comme  la  dyssenterie 
et  le  catarrhe  des  voies  digestives,  et  prédisposer  ainsi  indirec- 
tement ou  même  directement  l'organisme  à  l'infection,  en  y 
préparant  un  terrain  propice  à  la  vie  et  au  développement  de 
germes  spécifiques; 

3*  L'eau  qui  renferme  une  forte  proportion  de  matières 
organiques,  et  surtout  de  matières  azotées,  est  toujours  dan- 
gereuse à  employer,  parce  que  ces  matières  peuvent,  à  un 
moment  donné,  subir  la  putréfaction  et  devenir  propres  à  la 
conservation  des  bactéries  et  éventuellement  des  germes  spé- 
cifiques eux-mêmes. 


(14) 

II. 
DE  L'ANALYSE  DES  EAIX  ALIMENTAIRES. 


On  voit  qu'il  est  de  toute  importance,  au  point  de  vue  hygié- 
nique, de  pouvoir  reconnaître  : 

Si  une  eau  renferme  des  germes  s^pëcifiques; 

Si  elle  est  apte  à  conserver  éventuellement  les  germes  spéci- 
fiques qui  pourraient  y  arriver  du  dehors  et  à  les  laisser  se 
multiplier; 

Si,  indépendamment  des  germes  spécifiques,  elle  contient 
des  bactéries  ou  des  matières  organiques  azotées. en  décompo- 
sition (pouvant  constituer  un  milieu  propice  à  la  culture  des 
germes  spécifiques)  ou  tout  au  moins  des  matières  organiques 
azotées  ou  non,  susceptibles  d'entrer  en  putréfaction; 

Et,  incidemment,  si  une  eau  est  menacée  de  recevoir  du 
dehors,  spécialement  du  sous-sol,  des  germes  spécifiques  ou 
d'une  manière  générale  des  matières  organiques  azotées  et  des 
bactéries. 

On  ne  possède  jusqu'ici  aucun  moyen  de  constater  direde- 
ment,  par  l'analyse  chimique  ou  même  à  l'aide  du  microscope, 
la  présence  de  germes  spécifiques  dans  les  organismes  infectés 
ou  dans  leurs  déjections;  à  plus  forte  raison  nous  est-il  impos- 
sible de  les  reconnaître  directement  dans  l'eau. 

Dans  les  substances  infectées  soumises  préalablement  à  une 
culture  spéciale,  on  peut,  à  l'aide  du  microscope,  découvrir 
l'existence  de  germes  spécifiques;  mais  encore  faut-ii  contrôler 
ces  observations  par  des  essais  physiologiques.  En  pratiquant 
directement  des  injections  avec  des  matières  provenant  d'orga- 
nismes infectés,  comme  ceux  des  typhîques,  on  peut  arrivera 
produire  des  infections  analogues  suivies  de  mort,  ainsi  que 
(iuérin  *  et  d'autres  l'ont  démontré  par  de  nombreuses  expé- 

»  Comptes  rendus,  février  1877. 


(18  ) 

riences  faites  sur  des  animaux*  D  fmt  ajouter  toutefois  que 
Tapplication  de  celle  méthode  d'examen  par  culture  et  obser- 
\ation  microseopiqne,  combinées  avec  Tinjection  ou  inocu- 
lation directe,  n*a  encore  réussi  jusqu'à  ce  jour  que  pour 
quelques  maladies  infectieuses,  telles  que  la  septicémie,  le 
charbon,  la  morve,  la  tuberculose,  le  typhus  (?). 

Quant  à  Teau,  les  essais  de  ce  genre  auxquels  on  l'a  soumise 
n'ont  pas  donné  jusqu'ici  de  résultats  certains,  à  moins  qu'il 
ne  s'agit  d'un  liquide  souillé  à  un  degré  constatable  à  la  vue 
et  à  l'odorat  ;  bref,  aucun  germe  pathologique  spécifique  n'a 
encore  pu  être  isolé  de  l'eau  alimentaire,  ni  même  y  être 
reconnu.  Un  jour  arrivera  pourtant  où  l'on  sera  à  même  de 
reconnaître  et  d'isoler  tous  les  germes  infectieux  et  de  déter- 
miner leurs  conditions  de  vie  spéciales:  les  découvertes  de 
l^asteur  et  de  Koch  ne  laissent  aucun  doute  à  cet  égard  i. 

Pour  ce  qui  est  de  savoir  si  une  eau  est  apte  à  conserver 
éventuellement  et  à  laisser  se  multiplier  les  germes  spécifiques, 
ou  si  en  dehors  de  cela  elle  est  de  nature  à  prédisposer  l'orga- 
nisme à  une  infection  spécifique,  ou  enfin,  d'une  manière 
générale,  à  altérer  la  santé,  cette  question  est  résolue  à  la  fois 
lyar  l'application  des  procédés  de  l'analyse  chimique  et  de 
l'analyse  microscopique. 

L'analyse  microscopique  permet  de  reconnaître  la  présence 
(le  certains  microbes,  notamment  de  bactéries  qui  accompa- 
gnent la  putréfaction  et  se  trouvent  fréquemment  dans  les  eaux 
malsaines.  D'après  les  faits  recueillis,  on  est  autorisé  à  admettre 
que  là  où  se  trouvent  les  micro-organismes  de  la  putréfaction, 
peuvent  aussi  éventuellement  se  rencontrer  des  germes  spéci- 
Hques,  dont  les  conditions  d'existence  paraissent  fort  sembla- 
bles à  celles  de  ces  micro-organismes.  Cette  méthode  d'analyse 
peut  être  combinée  avec  les  essais  de  culture  et  les  expériences 
pathologiques. 

Mais  avant  même  de  connaître  les  bactéries,  on  avait  remar- 
qué que  la  présence,  décelée  par  l'analyse  chimique,  de  ccr- 

*  Comptes  rendus  de  r Exposition  d: hygiène  de  Berlin,  classe  XXI,  1885. 


(16) 

taines  substances  organiques  putrescibles  et  très  oxydables,  ou 
rie  corps  en  provenant  (ammoniaque,  acide  azoteux,  hydrogèDi^ 
sulfuré,  acide  azotique),  était  régulière  dans  les  eaux  nuisibles 
à  la  santé.  Plus  tard  il  a  été  établi  que  les  bactéries  ne  se  ren- 
contraient le  plus  souvent  que  dans  les  eaux  renfermant  ces 
substances  et  constituant  ainsi  une  sorte  de  liqueur  de  cultun> 
spéciale.  Ces  matières  putrescibles  accompagnent  aussi  les 
déjections. 

L'analyse  chimique  d'une  eau  peut  donc  à  elle  seule  rensei- 
gner sur  les  divers  points  indiqués  ci-devant.  Permettant  df 
reconnaître  le  cas  échéant  qu'une  eau  est  chargée  de  matières 
organiques  putrescibles  et  qu'elle  est  de  nature  à  pouvoir  con- 
server et  nourrir  des  germes  spécifiques,  cette  analyse  fournit 
des  indicateurs  du  danger  de  son  emploi,  des  signes  précur- 
seurs de  l'infection.  En  répétant  l'analyse  à  diverses  époques, 
on  peut  se  rendre  compte  des  variations  de  l'influence  à\i 
sous-sol  sur  la  composition  des  eaux. 

L'analyse  chimique  est  aidée  avantageusement  par  l'analp' 
microscopique;  mais  elle  ne  saurait  encore  être  remplacée 
par  cette  dernière,  laquelle,  en  attendant  qu'elle  permette  de 
reconnaître  les  germes  pathogènes  spécifiques,  ne  fournit  qut* 
des  résultats  beaucoup  moins  complets  au  point  de  vue  de  la 
détermination  générale  de  la  nature  d'une  eau.  Notons  aussi 
que  les  procédés  de  l'analyse  microscopique,  avec  essais  de  cul- 
ture et  expériences  pathologiques,  sont  plus  compliqués  et 
plus  longs  que  ceux  de  l'analyse  chimique. 

Nous  allons  nous  occuper  d'abord  et  principalement  de 
l'analyse  chimique  de  l'eau  ;  nous  dirons  ensuite  un  mot  encore 
de  l'analyse  microscopique. 

A,  ANALYSE  CHIMIQUE  DE  L*EAU. 

L'analyse  d'une  eau  alimentaire,  au  point  de  vue  hygiénique, 
doit  porter  sur  la  présence  et  les  proportions  du  moins  ap- 
proximatives des  substances  suivantes  :  matières  organiques, 
ammoniaque,  acide  azoteux,  acide  azotique,  chlore,  hydrogène 


(17) 

matières  minérales  diverses ,  résidu  d'évaporation ,  résidu  de 
talcination,  matières  gazeuses,  etc. 

Avant  d'indiquer  les  méthodes  suivies  pour  la  recherché  de 
ces  substances,  nous  allons  dire  quelques  mots  de  leur  origine 
et  de  leur  importance  respective  au  point  de  vue  où  nous  nous 
somnâes  placé,  en  d'autres  termes,  indiquer  la  manière  d'in- 
terpréter les  résultats  de  l'analyse  chimique.  Nous  tracerons 
aussi  la  marche  à  suivre  pour  l'appréciation  générale  de  la 
qualité  d'une  eau. 


I.  hlerprélanoii  îles  résullaU. 

Les  matières  organiques  sont  (f  origine  animale  ou  ^origine 
végéUde.  Les  matières  d'origine  animale  sont  pour  la  plupart 
azotées  ;  elles  proviennent  des  déjections,  latrines,  etc.  Leur 
présence  dans  une  eau  annonce  soit  une  immixtion  directe 
qui  se  serait  produite  accidentellement,  soit  une  infiltration 
d'un  endroit  assez  voisin  du  puits,  à  travers  un  sol  déjà  forte- 
ment imprégné  et  incapable  de  retenir  ou  de  fixer  ces  matières 
en  facilitant  leur  oxydation.  Elles  sont  très  oxydables  et  enclines 
à  subir  des  décompositions  putrides.  Elles  peuvent  nuire  à  la 
santé  en  provoquant  la  dyssenterie  et  d'autres  maladies.  Lors 
de  leur  putréfaction,  on  y  note  la  présence  de  bactéries;  et  elles 
constituent  alors  un  milieu  où  des  germes  spécifiques  pour- 
raient se  conserver  et  se  développer. 

Les  matières  organiques  non  azotées  proviennent  des  détri- 
tus de  la  végétation,  des  eaux  ménagères,  etc. 

Vammoniaque  est  un  produit  de  la  décomposition  des 
matières  organiques  azotées.  Elle  révèle  une  infiltration  d'un 
point  très  peu  distant,  le  plus  souvent  de  latrines  :  en  effet,  le 
sol  retient  l'ammoniaque  plus  fortement  encore  que  les  matières 
organiques  et  que  tous  les  autres  produits  de  décomposition 
des  matières  azotées.  L'ammoniaque  peut  aussi  provenir  de  la 
réduction  de  l'acide  nitrique,  et  ainsi  dénoter  par  sa  présence 
un  sol  fortement  imprégné  de  matières  organiques,  où  l'oxy- 
ToME  XXXVII.  2 


(  18) 

gène  fait  défaut  et  dans  lequel  les  microbes  anaérobies  peuvent 
accomplir  leur  œuvre  de  réduction. 

Si  les  composés  ammoniacaux  ne  sont  pas  directement  nui- 
sibles à  la  santé,  comme  le  sont  la  plupart  des  matières  orga- 
niques en  putréfaction,  au  moins  leur  présence  constitue4elle, 
de  même  que  celle  de  ces  dernières,  un  danger  indirect  :  car, 
là  où  est  l'ammoniaque,  se  trouvent,  se  sont  trouvées  ou  pour- 
ront se  retrouver  des  matières  organiques  azotées  en  putré- 
faction, et  par  conséquent  aussi  des  micro-organismes,  des 
bactéries  et  peut-être  des  germes  spécifiques. 

Vadde  azoteux  n'est  pas  un  produit  direct  de  la  décomposi- 
tion des  matières  organiques  azotées  ;  et  il  ne  parait  que  rare- 
ment se  former  sous  Tintluence  vitale  de  bactéries  anaérobies. 
Il  résulte  principalement  de  la  réduction  de  Tacide  azotique  en 
présence  de  matières  organiques  facilement  oxydables.  L'acide 
azoteux  est  moins  facilement  fixé  par  le  sol  que  les  matières 
organiques  et  l'ammoniaque. 

Vadde  azotique  est  le  produit  final  de  l'oxydation  de  l'azote 
des  matières  organiques  ou  de  l'ammoniaque,  oxydation  qui 
s'effectue  plutôt  dans  le  sol  que  dans  l'eau  même.  Il  peut  aussi 
provenir  de  la  réoxydation  de  l'acide  azoteux.  Sa  présence 
annonce  qu'il  y  a  eu  décomposition  de  matières  organiques 
azotées.  Il  se  rencontre  surtout  dans  les  sols  poreux,  moyenne- 
ment humides,  où  l'oxygène  pénètre  facilement  ;  et,  étant  rela- 
tivement peu  retenu  par  le  sol,  il  est  entraîné  par  les  eaux  et 
passe  dans  la  nappe  aquifère.  Très  souvent,  là  où  il  y  a  beau- 
coup d'acide  nitrique,  on  rencontre  peu  de  matières  organi- 
ques et  d'ammoniaque;  et,  vice-versa,  là  où  ces  dernières  sub- 
stances sont  abondantes,  le  sol  qui  en  est  imprégné  ne  se  prête 
que  difiicilement  à  une  oxydation  complète.  Mais  il  est  à  noter 
que  les  circonstances  dominantes  varient  fréquemment  dans  le 
sol.  Ainsi  il  se  peut  qu'à  un  moment  donné  il  renferme  peu  de 
matières  organiques  azotées  :  alors  l'oxydation  sera  complète, 
on  ne  trouvera  dans  l'eau,  en  fait  de  composés  azotés,  que  l'acide 
azotique,  et  l'on  n'y  rencontrera  pas  de  micro-organismes  ni 
de  germes  d'infection  au  moins  en  quantité  notable,  ce  milieu 


(  19) 

oxygéné  n'étant  nullement  propice  à  leur  conservation  et  à  leur 
développement.  Mais  à  un  autre  moment  les  matières  azotées 
peuvent  devenir  abondantes  et  l'oxygène  rare  :  alors  l'oxyda- 
tion restera  incomplète,  l'acide  azotique  se  trouvera  accom- 
pagné des  autres  produits  de  décomposition,  et  sa  présence  ne 
sera  pas  incompatible  avec  celle  des  micro-organismes. 

Le  chlore  se  rencontre  principalement  à  l'état  de  chlorure 
sodique,  notamment  dans  les  urines.  N'étant  que  très  peu' 
retenu  par  le  sol,  il  passe  assez  rapidement  dans  les  couches 
inférieures  et  dans  l'eau  des  puits;  il  a  même  une  tendance  à 
y  entraîner  avec  lui  divers  sels  solubles  contenus  dans  le  sol. 
11  peut  donc  servir  d'indicateur  de  souillures  provenant  notam- 
ment de  latrines;  mais  il  ne  renseigne  pas  directement  sur  la 
distance  du  foyer  de  pollution,  et  il  n'indique  pas  si  l'eau  ren- 
ferme encore  ou  ne  contient  plus  de  produits  de  décomposi- 
tion. Le  chlore  ne  doit  donc  pas,  comme  on  l'avait  cru,  être 
considéré  comme  indicateur  principal  ou  unique,  bien  que  les 
variations  de  la  quantité  de  ce  corps  renfermée  dans  une  eau 
correspondent  souvent  aux  variations  de  la  teneur  de  cette  eau 
en  ammoniaque  et  en  matières  organiques.  Les  eaux  de  sources 
ne  renferment  normalement  que  des  traces  de  chlore,  à  moins 
que  ces  sources  ne  proviennent  de  terrains  salifères,  comme  le 
keuper,  le  muschelkalk,  la  molasse,  etc.  Il  faut  aussi,  lorsqu'on 
veut  être  renseigné  sur  l'origine  du  chlore  contenu  dans  une 
eau,  tenir  compte  de  l'infiltration  des  eaux  ménagères,  de  la 
proximité  de  salines  et  de  l'habitude  dérisoire  qu'ont  certaines 
personnes  de  jeter  du  sel  dans  les  puits  en  vue  d'améliorer  la 
qualité  de  l'eau. 

Vhydrogène  sulfuré  peut  provenir  de  la  décomposition  de 
matières  organiques  renfermant  du  soufre,  telles  que  les 
I  maiiènB  albuminoides.  Il  peut  aussi  avoir  son  origine  dans 
Tadioa  réductrice  exercée  sur  les  sulfates  renfermés  dans  le 
sol  par  les  matières  organiques»  et  il  paraît  probable  que  cer- 
tains micro-organismes  ou  algues  interviennent  activement 
dans  cette  réduction. 
Quant  aiix  matihes  minérales  diverses,  à  part  les  métaux 


(20) 

directement  nuisibles  (plomb,  zinc,  etc.),  elles  ne  caractérisent 
guère  une  eau  au  point  de  vue  hygiénique.  II  faut  seulement 
remarquer  qu'une  eau  deviendrait  malsaine  si  elle  renfermait 
une  proportion  trop  forte  de  ces  substances.  Ainsi  les  composés 
alcalins  et  alcalino-terrèux,  ceux  du  chlore,  de  l'ammoniaque, 
de  l'acide  azotique  et  de  l'acide  azoteux,  en  petite  quantité,  ne 
sont  guère  nuisibles;  mais  ces  corps  (notamment  les  composés 
magnétiques),  pris  en  dose  relativement  forte  et  pendant  un 
temps  assez  long,  fatiguent  et  incommodent  les  voies  diges- 
tives. 

Sous  la  dénomination  de  résidu  (Févaporation,  on  comprend 
l'ensemble  des  substances  qui  restent  au  fond  du  vase  lors  de 
révaporation  de  l'eau  et  de  la  dessication  à  une  température 
déterminée,  variant  entre  100  et  200"  C.  Ce  résidu  est  en  grande 
partie  formé  de  substances  minérales  ;  mais  il  renferme  éga- 
lement les  matières  organiques  qui  ne  se  volatilisent  pas  ni  ne 
se  décomposent  durant  Tévaporation.  Il  peut,  dans  cette  opé- 
ration, se  volatiliser  une  partie  des  matières  minérales,  notam- 
ment de  l'acide  azoteux,  de  l'hydrogène  sulfuré,  de  l'acide  car- 
bonique, ou  des  produits  de  décomposition  de  ces  corps.  En 
outre  le  degré  d'hydratation  du  résidu  varie  souvent  d'après  la 
température  de  dessication.  Quoi  qu'il  en  soit,  l'observation 
de  la  quantité  proportionnelle  de  résidu  d'é\'aporation,  jointe 
à  l'examen  de  ses  propriétés  physiques,  fournit  souvent  des 
indications^assez  précises  sur  le  degré  de  pureté  d'une  eau. 
La  présence  de  matières  organiques  rend  ordinairement  le 
résidu  coloré  et  parfois  odorant. 

En  calcinant  le  résidu  d'évaporation,  on  obtient  comme 
résidu  final  les  matières  minérales  fixes;  on  peut  par  diffé- 
rence en  déduire  d'une  façon  approximative  la  proportion  de 
matières  volatiles,  organiques  et  autres.  Souvent  l'observation 
des  phénomènes  physiques  qui  accompagnent  la  calcination 
conduit  à  des  conclusions  importantes  :  ainsi  une  odeur  de 
poils  brûlés  annonce  la  présence  de  matières  azotées  ;  un  déga- 
gement de  vapeurs  rutilantes  est  l'indice  de  la  présence  des 
acides  azoteux  ou  azotique;  l'ammoniaque  est  trahie  par  son 


(  21  ) 

odeur,  etc.  La  lenteur  ou  la  rapidité  de  la  carbonisation  sont 
également  des  circonstances  bonnes  à  noter. 

La  détermination  quantitative  des  résidus  d'évaporation  et 
de  calcination  peut  aussi  être  utile  comme  moyen  de  contrôle 
des  autres  résultats  d'analyse. 

On  n'a  aucune  donnée  précise  sur  l'importance  qui  doit  être 
attribuée  à  la  teneur  d'une  eau  en  matières  gazeuses  :  acide 
carbonique,  azote,  oxydes  d'azote,  oxygène^,  etc.  Il  est  reconnu 
qu'une  eau  potable,  pour  avoir  une  saveur  agréable,  doit  ren- 
fermer de  l'acide  carbonique  et  de  l'oxygène;  mais  cette  con- 
dition n'est  pas  indispensable  au  point  de  vue  hygiénique.  On 
a  pensé  que  l'eau  devait  contenir  une  quantité  minimum  d'oxy- 
gène, sous  peine  de  pouvoir  être  considérée  comme  renfermant 
des  matières  oxydables  :  cela  peut  être  vrai  dans  une  certaine 
mesure,  mais  il  est  difficile  de  tirer  parti  de  cette  observation 
dans  la  pratique.  Remarquons  qu'en  principe  une  diminution 
de  la  proportion  d'oxygène  et  une  augmentation  de  celle 
dacide  carbonique  sont  deux  circonstances  concomitantes  de 
la  putré&ction. 

On  a  beaucoup  discuté  la  question  de  savoir  si  la  détermina- 
tion de  l'une  ou  l'autre  des  substances  mentionnées  avait  une 
importance  prépondérante  :  les  uns,  comme  Reich,  insistent 
spécialement  sur  la  recherche  de  l'acide  azotique;  d'autres, 
sur  celle  des  matières  organiques  ou  des  corps  visibles  au 
microscope;  d'autres,  enfin,  sur  celle  de  l'ammoniaque,  de 
Facidé  azoteux,  du  résidu  fixe,  ou  encore  du  chlore.  On  s'est 
aussi  demandé  s'il  fallait  toujours  opérer  des  déterminations 
quantitatives,  ou  si  une  simple  analyse  qualitativie  pouvait 
suffire. 

De  la  courte  étude  que  nous  venons  de  faire  au  sujet  de 
rinterprétation  des  résultats  des  divers  essais,  il  est  aisé  de 
conclure  que  l'on  ne  pourra  généralement  se  limiter  ni  à  des 
appréciations  qualitatives,  ni  à  des  dosages  isolés.  Pour  pou- 
voir juger  sûrement  une  eau,  il  faut  disposer  de  la  plus  grande 
somme  possible  de  renseignements  ou  du  moins  des  princi- 
paux d'entre  c>eux-ci;  du  reste,  la  chimie  hydrologique  en  est 


(32) 

encore  à  sa  période  d'essais;  et  il  convient  de  rasseaibler, 
notamment  en  vue  de  l'avenir,  le  plus  de  matériaux  possible. 
Dans  certains  cas  cependant  on  pourra  se  borner  à  déterminer 
quantitativement  ou  même  qualitativement  quelques-unes  des 
substances  précédemment  indiquées,  telles  que  l'ammoniaque, 
l'acide  azoteux,  l'hydrogène  sulfuré,  etc. 

Ordinairement,  en  faisant  l'analyse  d'une  eau,  on  recherche 
aussi  son  degré  htfdrotimétrique  (dureté,  crudité).  Ces  expres- 
sions se  rapportent,  comme  on  sait,  à  la  présence  en  quantité 
plus  ou  moins  grande  de  la  chaux  et  de  la  magnésie. 

En  Allemagne,  1  degré  de  dureté  correspond  à  1  partie  de 
chaux,  de  magnésie,  ou  de  l'un  et  de  l'autre  de  ces  oxydes 
réunis,  se  trouvant  en  solution  dans  100,000  parties  d'eau,  soit 
à  0»',010  par  1  litre.  On  dit  qu'une  eau  est  très  dure  lorsqu'elle 
titre  12  à  15  degrés;  elle  est  dure  à  8  degrés,  peu  dure  entre 
8  et  5  degrés  et  enfin  douce  de  4  à  3  degrés. 

En  France,  l'échelle  est  différente  :  à  56  degrés  allemands 
correspondent  100  degrés  français  (Boutron  et  Boudet)  ;  c'est- 
à-dire  qu'à  1  degré  allemand  équivaut  1,79  degré  français;  et 
à  1  degré  français,  0,56  degré  allemand.  Le  degré  français 
représente  dans  une  eau  1  partie  de  carbonate  calcique  ou 
magnésique  ou  du  mélange  des  deux  carbonates  par  iOO,000 
parties  de  liquide,  ou  encore  0«',010  de  carbonate  alcaline- 
terreux  par  1  litre. 

En  Belgique,  on  suit  généralement  la  graduation  française. 

En  Angleterre,  le  degré  hydrotimétrique  équivaut  à  1  partie 
de  carbonate  calcique  dans  70,000  parties  d'eau. 

La  conversion  des  degrés  français  en  degrés  allemands  s'ef- 
fectue donc  en  multipliant  par  0,56;  et  la  conversion  des  degrés 
français  en  degrés  anglais,  en  multipliant  par  0,70. 

Enfin  l'examen  des  propriétés  physiques  et  organoleptiques  ne 
doit  jamais  être  négligé;  mais  il  faut  se  défier  des  indications 
que  fournit  cet  examen.  Ainsi  l'on  trouve  souvent  Une  saveur 
rafraîchissante  et  agréable  à  des  eaux  renfermant  des  nitrates 
et  des  chlorures,  en  même  temps  qu'une  proportion  considé- 
rable d'autres  éléments  qui  les  rendent  absolument  impropres 


(23) 

à  Talimentation  :  il  suffit  pour  cela  que  la  lempérature  de  ces 
eaux  soit  suffisamment  basse.  Ail  contraire  une  très  bonne 
eau,  si  elle  a  été  exposée  à  l'air  ou  si  elle  n'est  pas  fraîche,  a 
souvent  un  goût  relativement  peu  agréable. 


2.  Appréciation  générale  île  la  qualité  d*une  eau. 
Nombres-linilles. 

Le  but  final  de  l'analyse  d'une  eau  est  d'en  permettre  la  clas- 
sification dans  l'une  ou  l'autre  des  trois  catégories  ci-après  : 

1.  Eaux  de  bonne  qualité  ou  parfaitement  saines; 

2.  Eaux  de  qualité  médiocre,  admissibles  faute  de  mieux  et 
sous  réserve  ; 

3.  Eaux  mauvaises,  dont  l'usage  journalier  dans  les  propor- 
tions nécessaires  à  la  vie  serait  préjudiciable  à  la  santé. 

Pour  se  guider  dans  l'appréciation  d'une  eau  alimentaire,  au 
point  de  vue  hygiénique,  il  sera  bon  d'avoir  toujours  présentes 
à  la  mémoire  les  indications  que  nous  avons  faites  plus  haut  au 
sujet  de  l'origine  et  des  conséquences  de  l'altération  des  eaux, 
quelque  générales  que  soient  ces  indications.  Il  est  impossible 
en  effet,  dans  l'état  actuel  de  la  science,  de  fournir  des  données 
nettes  ou  mathématiques  sur  lesquelles  on  puisse  se  baser  pour 
déclarer  une  eau  bonne,  passable  ou  mauvaise. 

Le  congrès  d'hygiène  de  Bruxelles,  en  1853,  a  formulé  les 
propriétés  exigées  d'une  eau  de  bonne  qualité.  La  commission 
des  eaux  de  Vienne,  en  1864,  et  le  congrès  de  Dusseldorf,  en 
1876,  ont  fixé  les  qualités  que  doit  avoir  l'eau  d'alimentation 
des  grandes  villes.  La  a  Rivers  pollution  commission  »,  dans 
son  troisième  rapport,  a  également  défini  les  conditions  aux- 
quelles doit  répondre  une  eau  pour  être  d'une  innocuité 
incontestable.  Enfin  les  conmiissions  spéciales  de  Berlin,  de 
Paris,  etc.;  d'éminents  chimistes  tels  que  Frankland,  Chapp- 
mann,  Wanklyn,  Pettenkoffer,  Cohn,  Reich,  Reichardt,  Kubel, 


(24) 

Tiemann;  TOffice  impérial  d'hygiène  de  Berlin,  la  Society  of 
public  analyses  of  England,  et  les  commissions  instituées  à 
Bruxelles  pour  l'étude  de  la  question  de  la  distribution  ^  ont 
tour  à  tour  fait  connaître  leur  avis  sur  cette  matière.  On  peut 
résumer  comme  suit  les  qualités  généralement  exigées  d'une 
bonne  eau  alimentaire  : 

!•  Elle  doit  être  limpide,  incolore,  inodore;  avoir  une 
saveur  agréable  ; 

if"  Sa  température  ne  doit  varier  aux  différentes  saisons  que 
dans  des  limites  restreintes,  soit  de  4  à  6  degrés  C;  son  maxi- 
mum ne  doit  jamais  dépasser  15^  C; 

3®  Elle  ne  peut  renfermer  qu'une  petite  quantité  de  matières 
solides  (résidu  d'évaporation),  surtout  de  matières  organi- 
ques; 

4^  Elle  ne  doit  pas  contenir  de  corps  organisés,  ni  de 
matières  animales,  ni  de  produits  de  la  décomposition  putride 
de  celles-ci  ; 

5"^  Elle  ne  peut  pas  être  trop  dure,  ni  renfermer  notamment 
une  proportion  considérable  de  sels  magnésiens; 

6""  Elle  ne  contiendra  ni  ammoniaque,  ni  acide  azoteux,  ni 
des  quantités  trop  fortes  de  nitrates,  chlorures  ou  sulfates  ; 

7®  Elle  ne  renfermera  aucun  composé  métallique  nuisible 
à  la  santé. 

Pour  répondre  à  ces  diverses  conditions,  l'eau  devra  ordi- 
nairement provenir  d'une  source  ou  d'une  nappe  souterraine 
qui  soit  distante  des  habitations  et  des  usines,  et  à  l'abri  de 
toute  infiltration  de  matières  animales. 

Les  eaux  destinées  à  l'arrosage  des  rues  doivent  seulement 
ne  pas  exhaler  d'odeur,  ni  renfermer  des  matières  oi^niques 
d'origine  animale. 

En  ce  qui  concerne  particulièrement  les  eaux  des  distribu- 
tions publiques,  voici,  en  résumé,  les  conclusions  qu'a  adop- 

<  Voir  le  Rapport  publié  en  1871,  chez  Guyot. 


(28) 

tées  en  1876  le   congrès  de  Dusseldorf,  et  qui  soni  encore 
parfaitement  valables  à  l'heure  qu'il  est  : 

!•  Le  double  but  de  l'hygiène  publique,  propreté  des  habi- 
tations humaines  et  approvisionnement  d'eau  alimentaire  par- 
faitement saine,  ne  peut  être  atteint,  notamment  pour  les  villes, 
qu'à  l'aide  d'une  conduite  d'eau  venant  du  dehors  ; 

f*  L'adoption  d'une  distribution  unique  pour  l'eau  potable 
et  pour  l'eau  ménagère  est  préférable  à  celle  de  distributions 
distinctes  ; 

3»  Quant  à  la  qualité  de  l'eau,  il  serait  à  désirer  que  l'on  pût 
fixer  des  teneurs  maxima  en  matières  diverses,  c'est-à-dire  indi- 
quer des  nombres-limites  établissant  la  démarcation  entre  les 
teneurs  admissibles  et  celles  qui  ne  le  sont  pas.  Mais  cette  déli- 
mitation exacte  n'est  pas  encore  possible,  la  nature  des  terrains 
et  les  autres. circonstances  intluençant  la  qualité  d'une  eau 
variant  trop  d'après  les  localités,  et  le  nombre  d'observations 
et  d'analyses  pratiquées  n'étant  pas  encore  assez  grand  pour 
qu'on  puisse  en  déduire  des  données  certaines.  On  peut  dire 
que  tout  mélange  de  l'eau  avec  des  matières  d'origine  "animale 
déjections,  urine,  etc.)  ou  des  résidus  alimentaires  doit  être 
évité  soigneusement.  Le  degré  de  dureté  sera  assez  peu  élevé 
pour  que  l'eau  puisse  servir  sans  préjudice  à  tous  les  usages 
domestiques  et  industriels; 

4<*  Pour  la  quantité  d'eau  devant  constituer  l'approvisionne- 
ment, il  faut  toujours  se  mettre  à  même  de  pouvoir  en  toute 
saison  l'augmenter  dans  des  limites  assez  larges; 

&^  Autant  que  possible,  on  emploiera  l'eau  des  sources  natu- 
relles. A  défaut  de  celles-ci,  l'eau  de  drainage  ou  l'eau  de 
rivière  filtrée  peuvent  également  servir.  Dans  des  conditions 
égales  de  qualité  et  de  quantité,  il  faut  donner  la  préférence  à 
l'eau  qui  offre  le  plus  de  garanties  au  point  de  vue  de  la  régu- 
larité de  l'approvisionnement,  et  qui  peut  être  utilisée  dans  les 
meilleures  conditions  économiques.  Il  est  indispensable  aussi 
que  la  pression  soit  suffisante  pour  le  service  des  étages  supé- 
rieurs des  maisons.  Enfin,  la  composition  de  l'eau  doit  être 


(26) 

relativement  constante,  ce  qu'il  faut  vérifier  au  préalable,  dans 
les  limites  du  possible,  par  des  analyses  répétées  au  moins  tous 
les  mois. 

Ce  ne  sont  là,  on  le  voit,  que  toutes  indications  assez  peu 
précises,  insuffisantes  dans  beaucoup  de  cas  à  permettre  le 
classement  d'une  eau,  il  arrive  en  effet  fréquemment  que  les 
résultats  de  deux  analyses  d'une  même  eau  soient  identiques, 
mais  que  les  conclusions  que  l'on  en  tire  soient  diamétrale- 
ment opposées. 

Certains  auteurs  ont  cru  pouvoir  résoudre  la  question  d'une 
façon  plus  exacte,  en  proposant  des  nombres-limites  pour  les 
proportions  des  diverses  substances  que  l'on  rencontre  habi- 
tuellement dans  les  eaux.  D'autres  spécialistes,  comme  aussi 
les  congrès  d'hygiène,  se  sont  occupés  de  ces  nombres-limites, 
les  adoptant,  les  modifiant  ou  les  rejetant,  et  prouvant  ainsi 
indirectement  ce  que  nous  disions  tantôt,  à  savoir  qu'il  est 
impossible  de  fixer  hic  et  nunc  d'une  manière  absolue  de  tels 
chiffres. 

L'adoption  de  données  de  ce  genre  constituerait  même  selon 
nous  un  danger,  en  ce  sens  que  beaucoup  de  personnes,  en 
appliquant  cette  échelle,  seraient  induites  en  erreur  sur  l'ad- 
missibilité ou  l'inadmissibilité  d'une  eau  pour  les  usages 
domestiques  :  les  exigences  relatives  aux  qualités  des  eaux  ali- 
mentaires, surtout  en  ce  qui  se  rapporte  aux  quantités  nor- 
males et  maxima  qu'on  peut  y  tolérer  des  substances  diverses, 
doivent  en  effet  varier  suivant  les  circonstances. 

D'abord  la  nature  du  terrain  influence  fortement  la  compo- 
sition de  l'eau.  C'est  ainsi  que  des  eaux  de  sources,  pouvant 
être  considérées  comme  également  pures,  mais  jaillissant  de 
terrains  différents,  ont  des  teneurs  souvent  fort  dissemblables 
en  matières  fixes  et  en  autres  substances  diverses;  et  que  cer- 
taines teneurs  peuvent  parfois  paraître  excessives,  sans  pour 
cela  laisser  d'être  normales  eu  égard  à  la  composition  du  ter- 
rain. Par  exemple,  dans  certains  terrains  crétacés,  on  rencontre 
parfois  des  eaux  renfermant  des  quantités  très  considérables 


(37) 

de  chlore  et  d'acide  azotique,  sans  toutefois  contenir  rien  de 
nuisible  en  fait  de  matières  organiques  d'origine  animale.  Le 
tableau  suivant,  emprunté  à  Reichardt  ^,  donne  une  idée  des 
variations  que  peut  subir  la  composition  d'une  eau  de  source 
d'après  la  nature  <lu  terrain  ou  cette  source  est  située.  Les 
sources  dont  il  est  ici  question  se  trouvent  dans  des  endroits 
non  habités  et  sont,  par  conséquent,  soustraites  à  l'influence 
des  matières  organiques  animales.  Les  teneurs  indiquées  sont 
des  moyennes  se  rapportant  à  1  litre  d'eau  et  exprimées  en 
grammes. 

SOURCES  SITUÉES  DANS  LE 


Granité.  GH  bigarré.        dolonitique.  GjpM. 

Résida  salin 0.0244  0.iâ5à0.2fô       0  448  2.365 

Hati^reH   organiques   (calculées 

d'après  la  quantité  de  caméléon 

employée) 0.0157  0.0138  0.058  Traces 

Acide  azotique .        Pas  Traces  0.0023  Traces 

Chlore 0.0033  0.0042  Traces  0.0i6i 

Acide  sulfurique 0.0039  0.0088  0.0031  à  0.034  1.108 

Chaux 0.0097  0.0730  0.1400  0.766 

Magnésie 0.0025  0.0480  0.065  0.1225 

Dureté  (degrés  allem.)   ....  1«27  13o96  2dol0  92«75 

Le  meilleur  moyen  de  se  rendre  compte  de  la  pureté  d'une 
eau  alimentaire  consiste  à  comparer  la  composition  de  cette 
eau  avec  celle  d'une  eau  de  la  même  localité  qui,  n'ayant 
pas  été  contaminée,  se  trouve  dans  des  conditions  normales. 
Uuant  aux  limites  en  éléments  divers,  il  ressort  des  indications 
précédentes  qu'on  ne  peut  les  fixer  que  pour  des  eaux  appar- 
tenant à  uiie  même  contrée,  ou  plutôt  à  une  même  zone  définie 
par  la  formation  géologique  et  par  diverses  circonstances  spé- 
ciales dont  la  connaissance  se  complétera  au  fur  et  à  mesure 
des  progrès  réalisés  par  l'hydrologie  et  l'hydrochimie. 

La  composition  des  eaux  peut  encore  subir  des  variations 
sui^'ant  les  saisons,  l'abondance  des  pluies  et  plusieurs  autres 

*  Guide  pour  tanalyse  de  i'eau  au  point  de  vue  de  P hygiène  et  de  tin- 
dmrie,  ete ,  par  le  D' E.  Reichardt.  rrofi'sseur  à  l'Université  d*kna  ;  irad.  de 
l'allemand  par  G.-R.Strohl.  Paris,  1876,  —  p  31. 


(28; 

circonstances  climatériques  ou  locales;  de  façon  que,  ménif 
pour  une  région  assez  restreinte,  il  est  impossible  de  fixer  des 
maxima  absolument  invariables. 

Enfin,  les  teneurs  des  eaux  en  composés  divers  ne  sont  pas 
toujours  recherchées  par  la  même  méthode  analytique;  de 
sorte  que  les  résultats  obtenus  peuvent  ne  pas  être  absolument 
comparables.  Ainsi  le  résidu  d'évaporation,  suivant  qu'il  a  été 
desséché  à  lOO"*  ou  à  ISO^*  C,  présente  un  poids  différent.  On 
note  des  différences  bien  plus  grandes  encore  en  ce  qui  con- 
cerne les  matières  organiques,  d'après  la  méthode  employée 
pour  leur  détermination.  D'autre  part,  si  le  nombre  d'essais 
effectués  n'a  pas  été  assez  grand,  les  moyennes  obtenues  sont 
souvent  loin  d'être  exactes. 

Rien  d'étonnant  donc  que  les  auteurs  ne  soient  pas  tou- 
jours d'accord  au  sujet  de  ces  limites.  Souvent  il  les  ont, 
comme  Reichardt,  établies  d'après  les  résultats  d'analyses 
d'un  grand  nombre  d'eaux  de  sources  qui,  par  suite  de  leur 
situation  à  de  grandes  distances  des  endroits  habités,  sont  à 
l'abri  de  toute  infiltration  de  matières  d'origine  animale,  ou  de 
sources  qui  proviennent  de  terrains  de  composition  choisie 
(granité).  Or,  ces  conditions  étant  rarement  réalisées  dans  la 
pratique,  les  nombres-limites  qui  y  correspondent  ne  consti- 
tuent en  quelque  sorte  qu'un  idéal  ou  un  desideratum  scienti- 
fique, vers  lequel  on  peut  tendre,  par  exemple,  lorsqu'il  s'agit 
d'aller  chercher,  même  à  de  grandes  distances,  de  l'eau  pour 
l'alimentation  d'une  ville.  Mais  ces  limites  théoriques  sont 
complètement  inapplicables  dans  la  plupart  des  cas,  comme 
pour  l'appréciation  d'une  eau  de  puits  ordinaire,  située  dans 
une  ville;  elles  n'indiquent  pas  assez  la  tolérance  que  l'on  peut 
se  permettre,  et  il  faudrait  surtout  se  garder  de  condamner 
une  eau  parce  qu'une  seule  de  ces  limites  si  étroites  serait 
dépassée. 

Kubel,  Tiemann,  Fischer,  Almen,  etc.,  ont  modifié  les 
nombres  admis  par  Reichardt,  et  les  ont  mis  en  harmonie 
avec  les  résultats  d'analyses  de  plus  en  plus  nombreuses  aux- 
quelles on  a  soumis  les  eaux  des  localités  les  plus  diverses. 


(29) 


Ces  limites  modifiées  établissent  mieux  les  exigences  aux- 
quelles une  eau  doit  réellement  satisfaire. 
Voici  quelles  sont  ces  diverses  limites  : 


D'après 
Reiehardt. 


± 


Kabel 
et 
TiemaoD, 

3  l  Fischer 
1  \  Almen  « 


PAR  i  LITRE 


SB 

Btlligr. 


100,000  partlM. 
Ea  parties 


[  Résidu  d'évaporation. 

Matières  organiques . 
I  Acide  azotique  .    .    . 

I  Chlore 

I  Acide  sulforiqne  .  . 
l  Dureté 

Acide  azotique .    .    . 

Chlore 

Acide  sulfurique  .    . 

(Acide azotique .    .    . 
Chlore 

Matières  organiques . 


0.40 il 0.50  iOOàKOO    iOàSO 

0.01à0.05  lOàSO       4à8 

0.004  4            0.4 

0.O0SiiO.0O8  SàS     aSàO.8 

0.002ii 0.063  S  «03    0.2*6.3 

»  »             » 

0.004  à  0.015  4  à  45    0.4415 

0.0i0àa030  iiOiiSO     Si  3 

0.080à0.400  SOàiOO    8  à  40 

0.087  27           17 

0.036  35          3.5 

0.490  4S0           43 


On  est  d'accord  à  admettre  que  Teau  ne  doit  renfermer  ni 
ammoniaque,  ni  acide  azoteux,  ni  hydrogène  sulfuré,  et  qu'elle 
doit  posséder  les  propriétés  physiques  et  organoleptiques  déjà 
indiquées  (pp.  23  et  24). 

Les  limites  généralement  adoptées  pour  l'appréciation  d'une 
eau ,  notamment  d'une  eau  de  puits,  peuvent  être  considérées 
comme  étant  les  suivantes  : 

PAR  4  UTRE. 


Résida  d'éraporation    .    .    . 
Matières  organiques  (calculées) 
Aeide  azotique  (NaOg)  . 

Chlore  (Cl) 

Acide  solfnrique  (SOj) . 

Dureté 

AnuDoniaque  (NHg)  .  . 
Acide  azoteux  (N^Os)  . 
Bydrogène  sulfuré  (BtS) 


0.500 
0.060 
0.037 
0.035 
0.400 


la 
BUlifr. 

500 

50 

37 
35 
400 

» 
0 
0 
0 


Par 

lOOiMO  pwtlM. 

Baparttot. 

50 

6 

V 

3,5 
40 

» 
0 
0 
0 


UkûtH» 


33 


I  Berliner  Berichte,  4 


(30  ) 

Nous  verrons  tantôt  que  le  microscope  ne  doit  pas  y  révéler 
la  présence  de  bactéries  de  la  putréfaction,  au  moins  en  quan- 
tité considérable.  Le  jour  oii,  par  suite  des  perfectionnements 
apportés  aux  méthodes  de  culture,  l'usage  de  cet  instrument 
constituera  une  méthode  d'investigation  plus  précise,  il  sera 
possible  de  désigner  plus  spécialement  les  espèces  et  le 
nombre  de  micro-organismes  qu'on  ne  doit  point  tolérer 
dans  les  eaux. 

L'usage  judicieux  des  limites  indiquées  ci-dessus,  fait  en 
tenant  compte  des  observations  développées  dans  le  cours  de 
cette  étude,  peut  faciliter  beaucoup  la  tâche  ardue  du  chimiste 
ou  de  l'expert;  et  il  est  à  désirer  que  cet  usage  se  répande  de 
plus  en  plus.  Hais,  nous  le  répétons,  pour  que  ces  nombres- 
limites  puissent  servir  de  termes  de  comparaison,  il  faut  qu'ils 
se  rapportent  à  des  procédés  d'analyse  identiques  à  ceux  que 
l'on  a  suivis,  et  à  la  contrée  même  d'où  provient  Teau  que 
l'on  examine. 

Pour  la  Belgique,  les  limites  fixées  par  Reichardt  sont  abso- 
lument trop  étroites.  Ainsi  la  teneur  maxima  de  0(^,004  m 
acide  azotique,  adoptée  aussi  par  les  congrès  de  Bruxelles  vi 
de  Vienne,  est  déjà  dépassée  par  certaines  sources  isolées  des 
habitations  ^  et  parfois  même  par  l'eau  de  pluie.  Nos  terrains 
poreux  se  prêtent  si  bien  à  l'oxydation  des  matières  orga- 
niques, que  l'on  trouve  fréquemment  des  eaux  renfermant  par 
litre  jusque  0i^,030  et  plus  d'acide  azotique,  tout  en  étant  con- 
stamment exemptes  des  produits  intermédiaires  de  décomposi- 
tion des  matières  animales.  C'est  ainsi  que,  au  moins  pour  la 
partie  buue  de  notre  pays  oh  le  sous-sol  est  plus  ou  moins 
sablonneux,  la  plupart  des  limites  proposées  par  Kubsl  et  Tie- 
mann,  Fischer  et  Almen,  et  que  nous  avons  indiquées  oomat 
étant  généralement  admises,  peuvent  encore  être  reculées.  En 
nous  basant  sur  les  résultats  consignés  plus  loin,  sur  ceux  des 
analyses  d'eaux  de  Louvain  d'abord  et  ensuite  sur  ceux  d'eaux 

^  Voir  plus  loÎD  la  composition  des  eaux  des  sources  de  Héverlé,  Dînant,  etc. 


(  31  ) 

de  Hasselt,  d'Anvers,  de  Bruxelles,  etc.,  nous  croyons  pou- 
voir proposer  comme  limites  : 

TENEURS 

Par  I  lltf*. 

i-i.^   »*  ^i-i  P«r  En  dtgNt. 

ta                     Ra  lOIMnOpartlM.  Boairen 

graniaMt.           mllllgr.  Sa  partin.  •iBoodei. 

Résida  d'éfaporation    ....     1.500  4600  iSO  • 

(KeyesM  eatr*  10^.  ir*.  180*  C) 

Matières  orgaDiqaes(ctlcu]4es).  0.050 à 0,-1  *         50  5  » 

Acide  azotiqoe  (NaOft)  ....  0.400  400  40  • 

Chlore 0.100  400  40  > 

Acide  sttiruriqne 0.400  400  40  » 

Oareté »                   »  »  S4 

Ammoniaque 0*          0  0  » 

Acide  azoteux 0                  0  0  • 

Hydrogène  snl  rare 0                  0  0  » 

Pour  les  propriétés  physiques,  organoleptiques,  etc.,  on 
s'en  tiendra  à  ce  que  nous  avons  dit  en  parlant  des  limites 
généralement  admises. 

Force  nous  est,  du  reste,  d'élargir  ainsi  les  limites  des  teneurs 
admissibles  pour  les  eaux  alimentaires,  sous  peine  de  devoir, 
dans  Tétude  que  nous  ferons  tantôt  des  eaux  de  Louvain  et  de 
diverses  autres  localités  de  la  basse  Belgique,  les  ranger 
presque  toutes  dans  la  catégorie  des  eaux  mauvaises. 

11  ne  faut  pas  non  plus  déclarer  immédiatement  impropre  à 
Talimentation  une  eau  qui  donnerait  pour  une,  deux  ou  même 
un  plus  grand  nombre  de  substances,  des  teneurs  dépassant  ces 
limites  :  on  ne  doit  se  former  une  opinion  que  d'après  l'en- 
semble des  résultats  de  l'analyse. 

Enfin,  ir  y  a  une  distinction  à  faire  entre  les  qualités  abso- 
lument indispensables  à  une  eau  alimentaire  et  celles  qu'il 
est  seulement  désirable  de  lui  trouver. 

Sont  absolument  indispensables,  au  point  de  vue  hygié- 
nique, l'absence  de  substances  pouvant  produire  directement 
une  action  infectieuse  (matières  d'origine  animale  en  putréfac- 
tion, ammoniaque,  acide  azoteux)  et  celle  dé  matières  toxiques 
telles  que  les  composés  du  plomb,  comme  aussi  des  teneurs  en 

'  Voir  pafe  32. 


(32) 

matières  organiques  totales  et  en  acide  azotique  ne  dépassant 
pas  les  limites. 

Sont  désirables  seulement  toutes  les  autres  qualités  :  teneurs 
en  chlorures,  nitrates,  matières  organiques  d'origine  végétale, 
degrés  hydrotimétriques,  résidu  fixe,  etc.,  inférieures  aux 
maxima  indiqués;  et,  parmi  les  matières  salines,  il  faut  attri- 
buer plus  d'importance  aux  composés  du  magnésium,  à  cause 
de  leur  action  plus  prononcée  sur  l'organisme,  qu'à  ceux  du 
calcium,  du  sodium,  du  potassium,  du  fer,  de  l'aluminium,  etc. 

La  présence  de  traces  d'acide  azoteux  ou  d'ammoniaque, 
présence  qui  est  constatée  déjà  dans  l'eau  de  pluie,  ne  doit  pas 
faire  rejeter  une  eau,  si,  d'autre  part,  on  n'y  trouve  que  de 
faibles  proportions  de  résidu  fixe,  d'acide  azotique  et  de 
matières  organiques  (p.  ex.,  matières  humiques).  Tel  est  sou- 
vent le  cas  de  l'eau  recueillie  par  le  drainage  d'un  terrain 
sablonneux  non  habité  et  peu  cultivé.  Une  telle  eau  peut  être 
envisagée  comme  une  eau  de  pluie  filtrée  à  travers  une  couche 
de  sable  qui  ne  lui  a  presque  rien  cédé  ni  ôté. 

Aussi  avons-nous  déclaré  «  bonne  »  une  eau  semblable  qui 
renfermait  par  litre  0i^,032  de  résidu  fixe,  0i^,005  de  matières 
organiques,  et  des  quantités  tellement  faibles  d'acide  azotique, 
chlore,  acide  azoteux  et  ammoniaque  que  l'on  n'aurait  su  les 
doser  par  les  procédés  usuels. 

Pour  les  matières  organiques,  on  peut,  lorsque  ces  matières 
sont  d'origine  végétale  (comme  pour  les  eaux  provenant  de 
terrains  tourbeux),  reculer  la  teneur-limite  jusqu'à  OCylOO  et 
même  avec  Almen  jusqu'à  O^'jlSO.  Par  contre  la  proportion 
d'acide  azotique  doit  alors  être  faible  ;  l'on  ne  doit  trouver  ni 
acide  azoteux,  ni  ammoniaque,  et  le  résidu  d'évaporation 
n'exhalera  pas  d'odeur  azotée  par  calcination. 

Une  eau  pourra  encore  renfermer  de  l'acide  azotique  et  du 
chlore,  comme  aussi  de  l'acide  sulfurique,  au  delà  des  limites 
fixées,  et  être  rangée  toutefois  parmi  les  eaux  potables,  si, 
analysée  à  différentes  reprises,  elle  a  constamment  été  reconnue 
exempte  de  tout  produit  de  putréfaction  et  répondant  à  toutes 
les  autres  conditions  essentielles.  Cependant  l'acide  azotique 


(33) 

annonçant  la  présence  antérieure  de  matières  azotées,  cette 
eau  ne  pourra  être  admise  que  conditionnellement  et  devra 
être  Tobjet  d'une  surx'eillance  assidue  :  car  il  se  pourrait  qu'à 
uu  autre  moment,  pour  Tune  des  raisons  exposées,  la  des- 
truction des  matières  organiques  vint  à  ne  plus  s'effectuer 
dans  le  sol  environnant,  et  dès  lors  Teau  deviendrait  mau- 
vaise. 

Ces  eaux  qui  contiennent  beaucoup  d'acide  azotique,  mais 
peu  de  matières  organiques  et  pas  du  tout  d'ammoniaque  ni 
diacide  azoteux,  comme  aussi  celles  qui  renferment  beaucoup 
de  matières  organiques  d'origine  végétale  avec  très  peu  de 
romposés  azotés,  et  en  général  les  eaux  qui  par  leur  teneur 
t*n  éléments  divers  se  rapprochent  des  limites  extrêmes  admis- 
sibles, constituent,  dans  la  partie  basse  de  la  Belgique,  la 
classe  des  eaux  médiocres  ou  passables  faute  de  mieux. 

Répétons-le  en  terminant  ce  chapitre.  II  serait  extrêmement 
désirable  que,  dans  tout  le  pays,  on  soumît  à  l'analyse  les  eaux 
(les  puits,  des  sources  et  des  rivières,  en  opérant  partout  et 
toujours  suivant  les  mêmes  méthodes,  et  en  effectuant  ces 
essais  à  diverses  époques  déterminées,  de  façon  à  pouvoir  se 
rendre  compte  des  variations  que  subit  parfois  une  même  eau 
ii  des  intervalles  plus  ou  moins  rapprochés.  Lorsque  sera  ter- 
miné ce  travail  dont  l'utilité  ne  saurait  échapper  à  personne, 
on  pourra  définir  exactement  et  formuler  par  des  nombres- 
limites  les  qualités  que  l'on  doit  exiger  de  l'eau  alimentaire 
dans  les  diverses  contrées  de  la  Belgique. 

3.  Méthodes  d'analjse. 

Depuis  bon  nombre  d'années,  nous  nous  tenons  autant  que 
possible  au  courant  de  tout  ce  qui  se  publie  sur  ce  sujet. 
Nous  avons  soumis  à  des  vérifications  multiples  les  méthodes 
proposées  tour  à  tour ,  exécuté  maint  essai  original  et  feit 
de  nombreuses  applications  des  divers  procédés. 

Tome  XXXVII.  .    3 


(34) 

Vu  l'importance  qu'a  prise  de  nos  jours  rhydrochimie, 
notamment  au  point  de  vue  de  Thygiène  publique,  il  serait 
fort  à  désirer  que  les  chimistes  des  différents  pays  s'entendis- 
sent pour  adopter  et  faire  admettre  partout  un  mode  opéra- 
toire unique. 

Les  méthodes  classiques  et  sûres  de  l'analyse  quantitative 
ordinaire  ne  peuvent  évidemment  pas  entrer  ici  en  ligne  de 
compte  pour  tous  les  dosages,  le  nombre  d'essais  à  effectuer 
étant  souvent  considérable.  Il  faut  faire  choix  de  méthodes 
pratiques,  faciles  et  rapides,  donnant  des  résultats  compara- 
bles, comme  aussi,  autant  que  possible,  d'une  exactitude  satis- 
faisante. 

Tout  en  y  introduisant  les  modifications  qui  nous  ont  paru 
utiles,  nous  nous  sommes  rallié  d'une  manière  générale  aux 
méthodes  suivies  par  la  Society  of  anal.  chem.  d'Angleterre  et 
par  l'OflSce  impérial  d'hygiène  (Gesundheitsamt)  de  Berlin.  En 
France  et  en  Belgique,  ces  procédés  sont  déjà  appliqués  plus 
ou  moins  rigoureusement;  nous  espérons  contribuer,  par  cette 
publication,  à  les  faire  admettre  d'une  manière  définitive. 

Sans  doute  ces  méthodes  sont  susceptibles  de  perfectionne- 
ments; d'autres  surgiront  qui  seront  reconnues  meilleures  et 
les  remplaceront.  Hais,  le  point  de  départ  commun  une  fois 
fixé,  la  voie  du  perfectionnement  se  trouvera  mieux  tracée  et 
les  résultats  obtenus  dans  ce  sens  viendront  tout  naturelle- 
ment compléter  ou  modifier  la  marche  générale. 

Nous  croyons  nécessaire  d'exposer  d'une  manière  précise  les 
méthodes  que  nous  avons  suivies  et  que  nous  recommandons 
de  suivre  :  d'abord  pour  que  l'on  puisse  juger  des  résultats, 
variables,  comme  on  le  sait,  suivant  les  procédés  employés; 
ensuite  pour  travailler  à  l'unification  des  procédés,  si  essen- 
tielle au  progrès  de  l'hydrochimie. 

Les  résultats  des  analyses  sont  toujours  rapportés  à  1  litre 

d'eau.  Nous  indiquons  aussi,  pour  faciliter  les  comparaisons, 

e  rapport  à  100,000  parties  d'eau  mesurée,  qui  est  adopté  par 

beaucoup  d'auteurs,  mais  qui  n'a  aucun  avantage  sur  l'unité 

du  litre. 


(  38) 


a.  Wtmmmi  préllmloalre  et  analyse  ^nalItallTe. 

On  procède  d'abord  à  Texamen  des  caractères  physiques  et 
o]^;anoleptîques. 

La  couleur  et  la  transparence  sont  observées  dans  des  verres 
cylindriques  bien  blancs,  à  côté  d'un  échantillon  d'eau  dis- 
tillée pure. 

S'il  y  a  un  dépôt,  il  est  recueilli  séparément,  par  filtration. 
11  est  bon  de  soumettre  les  dépôts  à  l'analyse  microscopique. 

Pour  constater  l'odeur,  le  mieux  est  de  secouer  d'abord 
l'ettt  dans  une  bouteille  imparfaitement  remplie,  puis  de  la 
chauflto  progressivement  en  secouant  de  temps  à  autre. 
L'odeur  peut  provenir  de  la  présence  d'hydrogène  sulfuré ,  de 
matières  organiques  en  décomposition ,  dcgaz  d'éclairage,  etc. 

La  saveur  est  souvent  discutable.  Elle  est  favorablement 
influencée  par  une  température  relativement  basse  et  par  la 
présence  de  gaz  (acide  carbonique,  air).  Une  saveur  amère 
proviendra  généralement  de  sels  magnésiques;  une  saveur 
fade,  de  nitrates,  sels  alcalins  ou  manque  de  gaz,  surtout 
lorsque  la  température  de  l'eau  est  un  peu  élevée.  La  saveur 
peut,  comme  nous  l'avons  dit  déjà,  tromper  parfois  sur  la 
qualité  d'une  eau  :  ainsi  les  nitrates  en  certaine  proportion, 
et  même  les  chlorures  en  faible  dose,  donnent  une  saveur 
fraîche. 

Les  essais  qualitatifs  porteront  sur  la  recherche  des  matières 
organiques,  de  l'ammoniaque,  de  l'acide  azoteux^  de  l'acide 
azotique,  du  chlore,  de  l'hydrogène  sulfuré,  du  calcium,  du 
magnésium  et  des  matières  organiques.  Ces  essais  se  feront 
dans  les  mêmes  conditions  et  pourront  s'exécuter  à  l'aide  des 
mêmes  réactifs  que  pour  l'analyse  quantitative. 

L'acide  azotique  peut  en  outre  être  recherché  à  l'aide  de  la 
brucine;  l'acide  azoteux,  à  l'aide  du  métaphénylène^diamine. 

Les  matières  organiques  peuvent  aussi  être  décelées  au  moyen 
du  chlorure  aurique,  de  l'osmiate  potassique  ou  d'autres  com- 


(  m  » 

posés  de  métaux  nobles  réductibles,  ou  encore  à  l'aide  d'une 
solution  de  tannin  ^. 

Quelquefois  on  réussit  à  extraire,  au  moyen  de  l'éther,  des 
matières  dont  Todeur  est  caractéristique  des  matières  fécales  ou 
de  la  putréfaction  en  général.  Le  papier  à  filtrer  en  contact 
avec  Teau  suffit  parfois  à  fixer  l'odeur. 

La  présence  des  bicarbonates  de  chaux  et  de  magnésie  s'an- 
nonce par  le  trouble  que  produit  i'ébullition. 

Le  résidu  d'évaporation  s'obtient  sur  la  feuille  de  platine  ou 
sur  un  couvercle  de  creuset.  On  arrive  ainsi  rapidement  à 
observer  les  propriétés  de  ce  résidu  :  couleur,  odeur,  hygro- 
scopicité,  eifets  de  la  calcination;  on  peut  même  apprécier 
grossièrement  les  quantités,  que  l'on  exprime  par  les  mots 
c(  plus  ou  moins,  peu,  beaucoup,  assez,  notable,  considérable, 
»  traces,  etc.  » 

Les  indications  fournies  par  l'analyse  qualitative  peuvent 
être  contrôlées  par  l'analyse  microscopique. 

Une  eau  qui  donnerait  à  l'analyse  qualitative  les  réactions 
de  l'ammoniaque  et  de  l'acide  azoteux,  ou  qui  aurait  une 
odeur  désagréable,  serait  colorée  et  laisserait  un  résidu  coloré 
hygroscopique,  qui  décolorerait  une  forte  proportion  de  camé- 
léon, et  dans  laquelle  le  microscope  révélerait  l'existence  de 
nombreuses  bactéries,  pourrait  être  rejétée  sans  autre  examen. 

Hais,  dans  la  plupart  des  cas,  il  sera  préférable  de  procéder 
directement  à  des  déterminations  quantitatives. 


On  prend,  pour  l'analyse  quantitative,  2  litres  d'eau. 

Si  cette  eau  est  claire  et  transparente,  elle  peut  servir  immé- 
diatement. 

S'il  y  a  un  dépôt,  il  sera  ordinairement  possible  d'en  séparer 
par  décantation  la  plus  grande  partie  du  liquide  surnageant, 

«  Jorissen,  Journal  de  pharmacie  â^ Anvers,  188Î,  |>.0!6- 


(37) 

de  fiiçon  à  ne  filtrer  que  les  dernières  portions.  Si  IN'au  est 
trouble,  il  &ut  réunir  les  2  litres  et  laisser  déposer,  ou  bien 
filtrer  directement.  On  se  sert  de  filtres  pesés,  afin  de  déter- 
miner le  poids  des  matières  en  suspension.  Une  partie  du 
dépôt  est  immédiatement  soumise  à  l'analyse  microscopique. 

R,^sidii    d'ëvapoiratlon. 

On  évapore  200  centimètres  cubes  d'eau  dans  une  capsule  en 
platine,  en  verre  ou  en  porcelaine,  à  une  température  inférieure 
à  100^  C;  le  mieux  est  d'opérer  au  bain-marie.  Le  résidu  est 
alors  séché  à  100°  C,  au  bain  d'air,  jusqu'à  poids  constant. 
Pour  rendre  comparables  les  résultats  obtenus  par  les  diffé- 
rents chimistes,  et  notamment  ceux  de  pays  divers,  on  propose 
maintenant  de  déterminer  et  de  renseigner  les  diverses  propor- 
tions du  résidu  après  dessiccation  successive  aux  températures 
de  lOO»,  140®  et  180*»  :  nous  nous  rallions  à  cette  méthode  et 
nous  nous  permettons  de  la  recommander.  La  pesée  doit  se 
^re  rapidement,  après  refroidissement  sous  l'exsiccateur,  la 
capsule  étant  recouverte  d'une  mince  feuille  de  verre.  Sans  ces 
précautions,  il  arrive  fréquemment  que  le  poids  de  la  capsule 
augmente  sur  la  balance,  les  nitrites,  nitrates  et  chlorures 
caldque  et  magnésique  étant  hygroscopiques. 

Nous  nous  étions  arrêté  à  la  température  de  100<»  C,  après 
avoir  employé  durant  des  années  celle  de  110®  et  après  avoir 
&it  vainement  des  centaines  d'essais  pour  trouver  une  tempé- 
rature plus  convenable  (130<»  et  180®).  Les  résultats  obtenus  à 
ces  diverses  températures  ne  sont  nullement  comparables. 
L'eau  d'hydratation  est  retenue  plus  ou  moins  fortement  sui- 
vant le  composé  avec  lequel  elle  est  combinée;  en  outre,  les 
matières  organiques  et  certains  corps,  comme  le  nitrite  ammo- 
nique,  donnent  des  produits  de  décomposition  variables  avec 
la  température. 

Les  résultats  indiqués  plus  loin  se  rapportent  à  une  tempé- 
rature de  HO®  C. 


(  38  ) 

Calcinatian  du  réMu  (Téuaporatiofi.  —  La  capsule  est  chauffée 
progressivement  au  rouge,  jusqu'à  ce  que  le  résidu  ne  change 
plus  d'aspect. 

On  a  voulu,  par  cette  opération,  arriver  à  déterminer  la 
quantité  de  matières  organiques  renfermées  dans  une  eau.  Ces 
matières  sont  brûlées  et  détruites  par  la  calcination,  et  leur 
disparition  correspond  à  une  perte  de  poids  que  l'on  croyait 
pouvoir  mesurer  simplement,  en  pesant  le  résidu  après  l'avoir 
recalciné  modérément  avec  du  carbonate  ammonique.  Hais  ce 
procédé  de  dosage  des  matières  organiques  est  extrêmement 
inexact,  trop  de  changements  s'opérant  par  la  calcination  dans 
la  composition  du  résidu.  En  effet,  non  seulement  les  matières 
oi^niques  sont  brûlées  ;  mais  les  nitrites,  nitrates  et  sulfhy- 
drates,  les  composés  ammoniques,  le  chlorure  et  le  carbonate 
magnésiques  se  décomposent;  les  sels  au  minimum,  notam- 
ment ceux  du  fer,  s'oxydent  ;  et  les  sulfates  peuvent  se  réduire 
sous  l'action  des  matières  organiques. 

I^  calcination  donne  plutôt  des  indications  qualitatives  ;  et 
elle  fournit  un  résidu  propre  à  la  recherche  des  alcalis,  du  fer, 
du  manganèse,  de  la  silice  et  de  l'acide  phosphorique. 

On  observe,  durant  la  calcination,  s'il  se  produit  un  noircis- 
sement, et  jusqu'à  quel  point  il  est  intense  et  durable  ;  s'il  se 
dégage  une  odeur  particulière,  et  quelles  sont  sa  nature  et  son 
intensité  ;  s'il  se  lève  des  vapeurs  rutilantes  ;  ou  si  le  résidu 
devient  incandescent. 

SflatiÀres    oirganlques. 

Il  n'existe  jusqu'aujourd'hui  aucune  méthode  sûre  et  précise 
pour  le  dosage  des  matières  organiques  contenues  dans  l'eau. 
On  ne  sait  d'ailleurs  pas  au  juste  quelles  sont  les  matières  orga- 
niques qu'il  importe  particulièrement  de  déterminer.  Il  est 
seulement  acquis,  comme  nous  l'avons  déjà  dit  (pages  17  et  31), 
que  l'on  doit  principalement  se  préoccuper  de  la  présence  des 
matières  d'origine  animale  ou  matières  organiques  azotées,  et 


(39) 

notamment  de  celles  qui  se  trouvent  à  l'état  de  putréfaction; 
mais  on  ne  possède  jusqu'ici  aucun  moyen  de  les  séparer  et  de 
les  doser  isolément. 

Nous  avons  indiqué  déjà,  pour  le  dosage  des  matières  orga- 
niques, le  procédé  basé  sur  la  calcination  du  résidu  sec,  pro- 
cédé qu'il  faut  donc  abandonner  pour  les  essais  quantitatifs. 

En  raison  de  l'importance  qu'ont  au  point  de  vue  hygiénique 
les  matières  organiques  azotées,  c'est  sur  leur  détermination 
qu'ont  porté  surtout  les  eiforts  des  chimistes  ;  aussi  est-ce  par 
dizaines  que  l'on  compte  les  méthodes  proposées.  Nous  en 
avons  expérimenté  et  plus  ou  moins  modifié  un  grand  nombre. 
Mentionnons  les  principales  d'entre  ces  méthodes. 

Frankland  et  Armstrong  dosent  d'une  part  l'azote  et  le  car- 
bone par  l'analyse  organique  (après  évaporât  ion  de  l'eau,  ce 
qui  amène  toujours  une  perte),  et  d'autre  part  l'azote  combiné 
sous  forme  d'acide  azotique,  acide  azoteux  et  ammoniaque.  Ce 
procédé  est  long  et  fort  délicat;  malgré  cela,  il  ne  fournit  guère 
plus  d'indications  que  les  autres  sur  la  nature  de  la  matière 
organique. 

Nous  avons  suivi  longtemps  le  procédé  de  WanklynetChapp- 
mann,  dans  lequel  on  dose  l'azote  des  matières  albuminoîdes 
(après  avoir  éliminé  celui  qui  existe  sous  forme  d'acide  azo- 
tique, acide  azoteux  et  ammoniaque)  par  distillation  en  solu- 
tion alcaline  avec  du  caméléon,  opération  qui  transforme  cet 
azote  en  ammoniaque.  Mais  on  ne  sait  pas  encore  si  toutes  les 
matières  azotées  donnent  ainsi  la  totalité  de  leur  azote  sous 
forme  d'ammoniaque,  ce  qui  est  douteux  bien  que  cela  ait  été 
démontré  pour  l'asparagine,  la  leucine  et  la  tyrosine.  Une  autre 
raison  qui  nous  a  fait  abandonner  cette  méthode,  c'est  la  diffi- 
culté de  se  procurer  de  l'eau  et  de  la  soude  caustique  qui, 
soumises  seules  à  la  distillation  avec  du  permanganate,  ne 
fournissent  pas  d'ammoniaque.  Il  est  vrai  que  la  soude  causti- 
que obtenue  avec  du  sodium  métallique  répond  à  cette  exigence; 
mais  de  toute  manière  l'opération,  prise  dans  son  ensemble, 
est  trop  compliquée  et  trop  longue,  eu  égard  aux  résultats 
qu'elle  peut  donner. 


(40) 

La  méthode  de  Fleck,à  Tazotate  d'argent,  ainsi  que  celles  de 
Lechartier  *,  de  Mallet  2,  etc.,  tout  en  étant  relativement  com- 
pliquées, ne  renseignent  pas  non  plus  en  proportion  de  leur 
complication  sur  la  nature  intime  de  la  matière  oi^nique. 

On  se  contente  généralement  d'apprécier  la  teneur  en 
matières  organiques  d'une  manière  vague  et  approximative, 
en  déterminant  au  moyen  du  caméléon  le  degré  relatif  d'oxy- 
dabilité  de  l'eau  ;  et  l'on  combine  ce  renseignement  avec  ceux 
que  l'on  déduit  du  dosage  des  composés  azotés  (acide  azotique, 
çicide  azoteux,  ammoniaque)  et  du  chlore,. de  l'examen  des 
propriétés  du  résidu  d'évaporation,  ainsi  que  de  l'analyse 
microscopique. 

Toutes  les  matières  organiques  sont  plus  ou  moins  facile- 
ment et  plus  ou  moins  complètement  oxydables,  les  matières 
azotées  ou  d'origine  animale  l'étant  davantage  ou  absorbant 
plus  d'oxygène  que  les  matières  d'origine  végétale;  et  comme 
d'autre  part  les  matières  azotées  ne  peuvent  guère  se  rencontrer 
dans  une  eau  sans  avoir  subi  au  moins  un  commencement  de 
putréfaction  ou  d'oxydation,  on  peut  toujours  acquérir  indi- 
rectement, par  le  dosage  des  produits  de  cette  décomposition, 
et  spécialement  l'ammoniaque,  l'acide  azoteux  et  l'acide  azo- 
tique, la  certitude  de  la  présence  au  moins  antérieure  ou  de 
l'absence  de  matières  organiques  d'origine  animale.  Ainsi  donc 
l'on  pourra  dire  que  les  matières  oi^niques  décelées  par  le 
caméléon  sont  principalement  d'origine  animale,  chaque  fois 
que  l'on  aura  constaté  en  même  temps  la  présence  des  produits 
de  décomposition  précédemment  indiqués,  ou  que  la  quantité 
de  caméléon  employée  aura  dépassé  la  limite  admissible;  et 
on  pourra  les  déclarer  d'origine  végétale ,  lorsque,  même  en 
répétant  les  essais  à  diverses  époques ,  on  n'aura  pas  trouvé 
dans  l'eau  de  composés  azotés ,  ou  si  la  quantité  de  caméléon 
consommée  est  restée  au-dessous  de  la  limite ,  si  la  teneur  en 
chlore  est  normale ,  si  le  résidu  d'évaporation  est  incolore  et 

*  Btriiner  Berichte,  t.  XII,  p.  3160.  —  Comptes  rendus,  pp.  89, 251. 

•  Rfrliner  Berichte,  1883,  n«8.  —  Amer.  Chem.  Journal,  15,  p.  426. 


(41) 

ne  d^;age  pas  d'odeur,  si  enfin  le  microscope  ne  révèle  pas 
Texistence  de  bactéries ,  etc. 

La  méthode  de  Schulze,  dite  encore  de  Trommsdorf ,  pour 
la  détermination  de  l'oxydabilité,  nous  parait  très  rationnelle  ; 
nous  ne  l'avons  abandonnée  qu'à  regret,  et  pour  contribuer 
dans  la  mesure  de  nos  moyens  à  l'unification  des  procédés. 
Schulze  opère  à  l'aide  du  permanganate  potassique  à  chaud, 
d'abord  en  solution  alcaline,  et  puis  en  solution  acide  :  il 
pousse  ainsi  l'action  oxydante  du  permanganate  à  son  extrême 
limite.  Ce  procédé  ne  fournit  toutefois  aucune  indication  sur  la 
nature  des  substances  organiques  ;  il  ne  donne  que  le  degré 
relatif  d'oxydabilité  de  l'eau.  Or,  pour  obtenir  un  renseigne- 
ment aussi  vague,  il  importe  assez  peu  que  l'oxydation  soit 
énergique  et  porte  sur  un  plus  grand  nombre  de  corps  ;  et  il 
est  naturel  que  l'on  recoure  de  préférence  à  un  procédé  plus 
expéditif  encore. 

C'est  le  procédé  Kubel-Tiemann  qui  est  aujourd'hui  le  plus 
généralement  suivi  ;  c'est  aussi  celui  auquel  nous  nous  sommes 
rallié  dans  Cc*s  derniers  temps. 

Ce  procédé  est  basé  sur  l'emploi  du  permanganate  potas- 
sique en  solution  acidulée  d'acide  sulfurique. 

PréptratioB  des  réactifs  *.  —  1.  Eau  distillée  pure.  —  Trop 
souvent  Teau  distillée  renferme  des  matières  organiques,  de 
l'ammoniaque,  de  l'acide  azoteux,  de  l'acide  azotique  et  de 
l'acide  chlorhydrique.  Pour  l'avoir  pure,  il  faut  la  redistiller 
en  fractionnant  les  produits,  c'est-à-dire  en  rejetant  les  pre- 
mières parties  qui  passent  et  en  laissant  dans  la  cornue  le 
dernier  quart.  Le  plus  sûr  est  d'opérer  suivant  les  indications 
de  M.  Stas  2,  comme  l'a  fait  M.  Spring  3  dans  ses  recherches 

'  Nous  crojons  nécessaire  dVxposer  en  quelques  mots  la  préparalion  des 
réacljfs  aussi  bien  que  le  procédé  suivi,  à  cause  des  diflTérences  quVntratoe 
également  dans  les  résultats  Pusage  des  réactifs  de  composition  non  identique. 

*  J.-S.  Sias,  Nouvelles  recherches  sur  les  lois  des  proporlions  chi' 
miques,  etc.,  1805,  p.  109. 

*  Spring,  Bulletin  de  t Académie  royale  de  Belgique,  \.  V,  1883.  3'  série. 


(42) 

sur  la  couleur  de  Teau  ;  nous  avons  toujours,  ainsi  préparée 
avec  du  caméléon  et  de  la  soude  caustique,  une  provision 
d'eau  pour  la  distillation  firactionnée.  Si  Teau,  après  avoir  été 
distillée  dans  ces  conditions,  renferme  de  l'ammoniaque,  ce 
qui  est  le  cas  général,  une  nouvelle  distillation  fractionnée  avec 
de  Tacide  sulfurique  ou  du  sulfate  monopotassique  permettra 
de  l'obtenir  entièrement  pure. 

2.  Solution  d'acide  oxalique  (monovalente,  normale  au  ^/^qq). 
—  On  dissout 

Acide  oxalique  crist  pur,  HtCa04-l-2HaO Of.GSO 

OU  bien, 

Acide  oxalique  anhydre  sublimé 0i'.449 

dans  de  l'eau  distillée  pure  de  façon  à  avoir  1,000  ce.  de 
solution.  (Quelquefois  on  prépare  une  solution  dix  fois  plus 
concentrée  que  l'on  dilue  ensuite.) 

3.  Solution  de  caméléon  (monovalente,  normale  au  ^/ioo)-  "~ 
On  prend 

Permanganate  potassique  bien  crist.  en  aiguilles .    .    .   Of^dSii  Os^  34 

et  l'on  fait  dissoudre  dans  l'eau  distillée  pure,  jusqu'à  avoir 
un  volume  de  1,000  ce. 


4.  Acide  sulfurique  dilué.  —  On  prend  : 

Acide  sulfurique  concentré  pur    .    .    . 
£an  distillée  pure 

On  ajoute  l'acide  sulfurique  à  l'eau. 


Acide  sulfurique  concentré  pur 4  folume 

£an  distillée  pure 3  Tolumes 


(43) 

Vérificttion  et  fixation  des  titres.  —  Les  solutions  de  camé- 
léon et  d'acide  oxalique  sont  introduites  respectivement  dans 
des  burettes  à  robinet  en  verre,  de  même  calibre  et  de  gradua- 
tion identique  (iOO  ce.  divisés  en  ^/5).  On  prend  alors  un  bal- 
lon d'une  capacité  d'environ  300  ce;  on  y  introduit 

Eiu  distillée  pure •100  c.  c. 

Acide  sulfurique  dilué  . 5    — 

SolatioD  de  caméléon 5    — 

On  chauffe  à  l'ébullition  durant  5  minutes;  on  retire  du  feu; 
au  liquide  encore  chaud  on  ajoute  10  ce  de  solution  oxa- 
lique; puis,  dans  le  liquide  décoloré,  on  verse  goutte  par 
goutte  de  la  solution  de  caméléon  jusqu'à  obtention  d'une 
teinte  rosée. 

Lorsque  les  solutions  d'acide  oxalique  et  de  caméléon  ont 
été  préparées  exactement  comme  nous  l'avons  décrit,  la  quan- 
tité de  caméléon  qu'il  faut  ajouter  en  dernier  lieu  pour  avoir 
la  teinte  rosée  est  toujours  à  très  peu  près  de  5  ce  ;  de  sorte 
que  10  ce.  de  solution  oxalique  (0i^%0063  d'acide  oxalique 
cristallisé)  sont  oxydés  par  un  nombre  égal  de  centimètres 
cubes  de  solution  de  caméléon  (0^,00316  de  permanganate 
cristallisé). 

Une  solution  de  caméléon  qui  est  ainsi  décolorée  par  un 
volume  égal  de  solution  oxalique  renferme  donc,  par  1  ce 

PermaDganaie  solide 0c'»00031H 

Y  correspondent  une  quantité  d'oxygène  disponible  égale  à 
O^'.OOOOS,  et  la  faculté  (toute  conventionnelle)  d'oxyder  0iP^,00188 
de  matières  organiques  (soit  cinq  fois  la  quantité  de  perman- 
^nate  solide  renfermée  dans  1  ce  de  la  solution,  d'après 
Wood). 

11  n'est  du  reste  pas  nécessaire  que  la  solution  de  caméléon 
corresponde  exactement,  volume  pour  volume,  à  celle  d'acide 
oxalique;  il  suffit  de  connaître  le  titre,  quel  qu'il  soit,  du  camé- 
léon que  l'on  veut  employer. 


(44  ) 

Le  titre  du  caméléon  ne  reste  pas  longtemps  le  même; 
celui  de  Tacide  oxalique  varie  également,  surtout  si  la  solution 
n'est  pas  conservée  à  l'abri  de  la  lumière.  Il  y  a  donc  lieu  de 
vérifier  fréquemment  le  titre  de  ces  solutions.  Nous  ajoute* 
rons  cependant  que  nous  avons  parfois  pu  les  conserver  jus- 
que six  semaines  et  plus,  sans  qu'elles  subissent  d'altération 
sensible. 

Opération  de  dosa^pe.  —  On  prend  100  ce.  de  l'eau  à  exa- 
miner (après  l'avoir  filtrée  ou  décantée  si  elle  était  trouble).  On 
y  ajoute  5  ce.  d'acide  sulfurique  dilué  et  10  ce  de  solution 
de  caméléon  ;  on  chauffe  à  l'ébullition  durant  S  minutes,  b* 
liquide  doit  avoir  conservé  une  coloration  rouge  (s'il  était 
décoloré,  on  y  ajouterait  encore  5  ce  de  caméléon  et  l'on  ferait 
bouillir  de  nouveau  durant  5  minutes,  et  ainsi  de  suite).  Au 
liquide  encore  chaud  on  ajoute  10  ce  de  solution  oxalique  ^ 
A  la  suite  de  cette  addition  il  se  produit  une  décoloration  com- 
plète, s'il  y  a  présence  de  matières  oxydables.  Enfin  on  ajoute 
du  caméléon  goutte  par  goutte  jusqu'à  production  d'une  teinta' 
rosée. 

On  fait  alors  la  somme  des  nombres  de  centimètres  cubes  de 
caméléon  ajoutés  aux  différentes  phases  de  l'opération;  de  ce 
nombre  total,  on  déduit  le  nombre  de  centimètres  cubes  exi- 
gés par  les  10  ce  d'acide  oxalique  :  la  différence  sera  le 
nombre  de  centimètres  cubes  de  caméléon  qu'ont  demandé 
les  100  ce  d'eau.  Il  reste  à  multiplier  ce  dernier  nombre  par 
la  quantité  de  caméléon  solide  contenu  dans  1  ce  de  solution, 
par  la  quantité  d'oxygène  libre  y  renfermé,  ou  par  l'équivalent 
conventionnel  de  matières  organiques. 

Enfin,  si  l'on  veut  rapporter  le  résultat  à  1  litre  d'eau,  on 
multiplie  les  chiffres  obtenus  par  10,  et  si  l'on  veut  l'exprimer 
par  rapport  à  100,000  parties  d'eau  on  multiplie  par  1,000. 

<  Dans  le  cas  uù  Pou  aui-aii  Uù  employer  primitivemenl  plus  de  10  ce  de 
caméléon,  il  fatidraii  évidemmeDl  ijouter  le  nombre  corres|>ondani  do  cenii- 
mètres  cubrs  d'acide  oxalique. 


(  48) 

On  pratique  toujours  deux  essais,  souvent  trois,  et  on  prend 
ensuite  la  moyenne^. 

OliserTations.  —  En  opérant  comme  nous  venons  de  Tindi- 
quer,  on  n'est  pas  certain  d'oxyder  la  totalité  des  matières 
oqi^niques.  Certaines  substances  organiques  résistent  à  l'oxy- 
dation. Bien  plus,  avec  une  même  matière  organique,  on  pour- 
rait obtenir  des  résultats  différents  si  l'on  introduisait  des 
variations  dans  la  manière  d'opérer,  si,  par  exemple,  on  em- 
ployait des  quantités  différentes  de  permanganate  ou  d'acide 
sulfiirique,  ou  encore  si  l'on  faisait  varier  la  durée  de  l'ébul- 
lition.  Il  faut  donc  avoir  soin  d'opérer  toujours  de  la  même 
façon.  L'ébullition  prolongée,  même  dans  l'eau  pure,  fait  dis- 
paraître du  permanganate. 

Diverses  modifications  ont  été  proposées  au  procédé  origi- 
nal que  nous  venons  de  décrire.  Ainsi  l'Office  impérial  d'hy- 
giène de  Berlin  fait  bouillir  pendant  10  minutes  au  lieu  de  S; 
mais  nous  avons  expérimenté  que  les  résultats  obtenus  de  la 
sorte  avec  une  même  substance,  toutes  les  autres  conditions 

*  Sup|)OsottS,  pnr  exemple,  quVn  vérifiant  le  titre  du  caméléon  on  ait 
reconnu  quMI  en  faut  12  ce.  pour  oxyder  10  ce.  d'acide  oxalique  normal 
au  ViM*  <^t  que  pour  100  ce  de  Teau  à  examiner  (additionnée  dans  le  cours  de 
TopéralioD  de  10  ce.  d'acide  oxalique )  on  ait  dû  employer  en  tout  35  ce. 
de  améléon.  Le  nombre  de  centimètres  cubes  de  ceUe  liqueur  exigés  par  Teau 
seule  sera  de  i5  —  12  ou  de  13  ce  Ceux-ci  équivalant  à  13  x  *^U^  ou  10c«.83 
de  cainéléon  normal,  renferment  : 

CMiéléon  solide OC.000516  X  10.83  »  OC'.OOSii 

Oxygène  disponible Or .000080  X  10*83  =  0ff'.00086 

et  correspondent,  d'après  la  convention,  à  : 

Matièret  organiqnei.     .    .    .    OCr.0003t6X8X<0.83«  08^.01711 


soil  : 


P«ir  Poor 

I  lilN  4*Ma.        103.000  putlM. 


Caméléon  lolide  employé 0.0348  34.1 

Oxygène  libre  aboorbé 0.0086  g.6 

Heflères  organiques  calculées 0.1711  171.1 


(  46) 

étant  les  mêmes,  présentaient  moins  de  concordance  encore 
qu'en  chaufiant  durant  5  minutes  seulement.  La  Society  of 
public  analysis  d'Angleterre  chauffe  pendant  S  minutes  à  80^  F., 
opère  le  titrage,  et  vérifie  du  même  après4  heuraa:  noua  n'avons 
pas  reconnu  d'avantage  à  cette  modification. 

Nous  avons  vu,  du  reste,  que  les  méthodes  plus  compKfaé» 
dont  nous  avons  fait  mention  ne  fournissent  pas  non  plus  des 
résultats  parfaitement  concordants. 

Il  faut  remarquer  que,  dans  le  procédé  au  caméléon,  celui-ci 
est  réduit,  non  seulement  par  les  matières  organiques,  mais 
aussi  par  les  composés  de  fer  au  minimum ,  l'acide  azoteux  et 
l'hydrogène  sulfuré ,  circonstance  dont  il  faut  tenir  compte. 

Le  fer  peut  quelquefois  être  titré  en  présence  de  l'acide  sul- 
furique  à  froid,  avec  la  même  solution  de  caméléon;  ou,  s'il  y 
a  trop  peu  de  fer,  on  opère  sur  le  résidu  d'évaporation  préala- 
blement réduit  :  1  ce.  de  solution  de  caméléon,  renfermant 
Os'fOOOSie  de  permanganate  solide,  correspond  à  00^,00086  de 
fer  métallique. 

Quant  à  l'acide  azoteux  (qui  est  oxydé  par  le  caméléon  ajouté 
avant  de  faire  bouillir  avec  l'acide  sulfurique  dilué),  il  en  faut 
Op'jOOOIO  pour  réduire  1  ce.  de  caméléon  au  ^/^qq. 

Acide    axotique. 

Parmi  les  nombreuses  méthodes  applicables  ou  appliquées 
ail  dosage  de  l'acide  azotique,  celle  que  nous  préférons  et  que 
nous  avons  suivie  est  la  méthode  de  Marx,  à  l'indigo.  Sans 
doute  cette  méthode  présente  des  imperfections;  mais,  d'une 
part,  on  ne  doit  pas  dans  le  cas  qui  nous  occupe  tenir  à  une 
exactitude  absolue;  d'autre  part,  c'est  incontestablement  la 
méthode  la  plus  expéditive,  -et,  en  opérant  avec  les  précautions 
que  nous  allons  indiquer,  elle  donne  des  résultats  très  satis- 
faisants. 

La  méthode  de  Marx  peut  également  servir  pour  l'essai  pré- 
liminaire qualitatif  :  on  opère  alors  dans  un  tube  à  eçsai,  ave^ 
dO  ce  d'eau,  et  en  chauffant. 


(47  ) 

tion  des  réactifs.  —  i.  Solution  de  salpêtre.  —  On 
dissout 

Nitrate  potassique  par  et  sec ii'.87i 

dans  i^OOO  ce.  d'eau  pure  :  1  e.c.  de  la  solution  obtenue  con- 
tient Os'yOOl  d'anhydride  azotique  (N3O5). 

2.  Solution  (f  indigo.  —  On  prend  : 

Acide  sulforique  fumant  (HtSsOf) iOt'.QOO 

On  y  introduit  progressivement  et  en  ayant  soin  de  remuer  : 

lodigotine  sublimée  pure,  ou  indigotine  artificielle.     Ssr.000 

On  ajoute  ensuite  après  quelques  heures  de  repos  le  même 
volume  d'eau  y  puis  on  verse  ce  mélange  dans  de  Teau  pure 
pour  faire  5,000  ce. 

Cette  solution  aura  une  concentration  telle  que  10  ce  cor- 
respondent approximativement  à  1  milligramme  N^O^. 

3.  Acide  sulfurique  concentré  (à  66^  B)  et  pur.  —  Le  mieux 
est  de  prendre  de  l'acide  distillé.  Quelquefois  il  suffit  de  le  faire 
chauffer  pendant  quelque  temps  vers  la  température  d'ébulli- 
tion  pour  le  débarrasser  de  l'acide  azotique  et  de  l'acide  azoteux 
qu'il  pourrait  contenir. 

Fixation  des  titres.  —  1  ce  de  la  solution  de  salpêtre  est 
mêlé,  dans  un  cylindre  gradué,  à  24  ce  d'eau  pure.  Ce 
mélange  est  transvasé  dans  un  ballon  d'une  capacité  de  100  ce 
environ.  On  y  verse  rapidement  SO  ce  d'acide  sulfurique,  et 
on  y  laisse  couler  presque  en  même  temps  la  solution  titrée 
d'indigo  jusqu'à  production  d'une  teinte  bleu-verdâtre.  Durant 
ce  temps,  la  température  doit  rester  voisine  de  100®  C. 

On  répète  l'essai  en  ajoutant  d'abord  à  l'eau  additionnée  de 
salpêtre  une  quantité  d'indigo  à  peu  près  égale  à  celle  que 
l'on  a  employée  dans  le  premier  essai ,  et  en  y  versant  ensuite 
l'acide  sulfurique,  pour  finir  par  l'indigo. 


(48  ) 

Enfin  on  opère  sur  des  quantités  double  et  triple  de  solution 
de  salpêtre,  portées  toujours  à  35  ce.  par  addition  d'eau  pure. 

On  s'arrête  à  un  titre  tel  que,  pour  Q^.OOi  d'anhydride  azo- 
tique, il  faille  de  10  à  15  ce.  de  solution  d'indigo. 

Cette  solution  d'indigo  doit  être  vérifiée  de  temps  à  autre. 

OpératioD.  —  On  opère  dans  un  ballon  d'une  capacité  de 
100  ce. ,  absolument  comme  il  vient  d'être  exposé  pour  la 
fixation  du  titre^  en  remplaçant  le  mélange  de  solution  de 
salpêtre  et  d'eau  distillée  par  l'eau  à  essayer. 

On  prend  d'abord  35  ce  de  cette  eau;  mais  si  elle  est 
trouvée  renfermant  plus  de  3  à  4  milligrammes  d'anhydride 
azotique,  c'est-à-dire  si  elle  exige  plus  de  30  ce  d'indigo,  on 
recommence  l'essai  en  opérant  sur  10,  sur  5,  ou  même  quel- 
quefois sur  3  ou  sur  1  ce  de  l'eau  à  examiner,  additionnée 
d'eau  pure  jusqu'à  occuper  un  volume  de  36  ce  ^. 

Il  faut  pratiquer  au  moins  deux  essais,  en  ajoutant  la  plus 
grande  partie  de  l'indigo  avant  de  verser  l'acide  sulfurique. 

Observations.  —  La  teinte  bleu-verdâtre  finale  est  précédée 
d'une  teinte  jaune,  laquelle,  avec  le  bleu  de  l'indigo,  donne 
du  vert,  puis  du  vert-bleuâtre. 

Il  faut,  pour  réussir,  opérer  sur  une  eau  convenablement 
diluée,  de  façon  à  se  rapprocher  des  conditions  dans  lesquelles 
s'est  effectuée  la  fixation  du  titre. 

La  présence  de  matières  organiques  modifie  la  teinte  et 
conduit  quelquefois  à  des  résultats  trop  faibles. 

La  présence  de  chlorures  donne  à  la  teinte  plus  de  netteté. 
Aussi  avons-nous  l'habitude  d'ajouter  quelques  centimètres 
cubes  d'une  solution  saturée  de  chlorure  sodique  pur  aux  eaux 
qui  ne  renferment  pas  de  ce  sel ,  ou  qui  n'en  renferment  que 
très  peu  et  donnent  une  teinte  douteuse. 

*  Pour  le  dosage  de  Pacide  azotique  dans  les  eaux  des  puits  de  Louvaio,  il 
est  rare  que  Pou  puisse  eu  prendre  plus  de  5  ce;  souveot  il  ne  faut  opérer 
que  sur  1  on  ?  ce. 


(49) 

Il  est  également  d'usage  dans  notre  laboratoire,  chaque  fois 
que  les  premiers  résultats  sont  douteux,  de  prendre  pour  Fessai 
une  portion  d'eau  ayant  servi  déjà  au  dosage  des  matières  orga- 
niques par  le  caméléon.  Les  matières  organiques,  l'acide  azo- 
teux et  le  peroxyde  d'hydrogène  sont  ainsi  mis  hors  de  cause. 

L'acide  azoteux,  en  effet,  décolore  également  l'indigo;  il  y  a 
donc  de  ce  chef  nécessité  de  faire  des  corrections  aux  résultats. 
Pour  1  partie  d'acide  azoteux  (dosé  dans  l'essai  suivant),  il  fau- 
dra déduire  0,473  d'acide  azotique. 

Nous  ne  conseillons  pas  de  doser  régulièrement  l'acide  azo- 
tique dans  de  l'eau  qui  a  été  traitée  par  le  procédé  au  caméléon, 
et  dans  laquelle  l'acide  azoteux  a  été  transformé  en  acide  azo- 
tique; car,  dans  ce  traitement,  les  acides  azoteux  et  azotique 
peuvent  s'être  volatilisés  partiellement. 

Pour  un  dosage  rigoureux  de  l'acide  azotique,  on  suit  au 
laboratoire  de  l'Office  impérial  d'hygiène  à  Berlin  le  procédé 
Schulze-Tiemann,  basé  sur  la  réduction  de  l'acide  azotique  en 
solution  acide  par  le  chlorure  ferreux  et  le  mesurage  de  l'oxyde 
azotique  (NO),  ou  encore  sa  retransformation  en  anhydride 
azotique  (N^Og)  et  son  titrage  d'après  Schlôsing-Reichardt. 

Nous  avons  vérifié  souvent,  par  le  procédé  Schlôsing,  les 
résultats  obtenus  au  moyen  de  l'indigo. 

Le  dosage  de  l'acide  azotique  par  réduction  de  cet  acide  en 
ammoniaque  au  sein  d'une  solution  alcaline,  procédé  fréquem- 
ment utilisé  en  Angleterre,  ne  nous  a  pas  donné  des  résultats 
aussi  concordants  que  la  méthode  à  l'indigo;  de  plus,  ce  pro- 
cédé est  long  et  relativement  compliqué. 

Aoide    azoteux. 

La  réaction  de  Schônbein,  modifiée  par  Trommsdorf,  nous 
paraît  constituer  le  procédé  le  plus  rationnel  pour  le  dosage 
de  l'acide  azoteux  ;  et  c'est  du  reste  ce  procédé  colorimétrique 
qui  est  le  plus  généralement  suivi.  Il  consiste  à  ajouter  à  l'eau 
que  l'on  veut  examiner  de  l'acide  sulfurique  dilué  et  de  l'iodure 
de  zinc  amidonné,  et  à  comparer  la  teinte  bleue  obtenue  avec 
celle  que  fournit  dans  les  mêmes  conditions  une  solution  de 
nitrite  potassique  de  titre  connu. 

Tome  XXXVII.  4 


(30) 

Pour  les  analyses  d'eaux  ferrugineuses  et  pour  des  essais 
de  contrôle  dans  certains  cas  particuliers,  comme  celui  d'eaux 
colorées,  on  emploie  le  métaphénylène-diamine. 

Préparation  des  réaclifs.  —  1.  Sohition  de  nitrite.  —  On 
dissout 

Nitrite  argenlique Otr.406 

dans  de  Teau  distillée  pure,  en  y  ajoutant  du  chlorure  sodique 
pur  et  de  l'eau  pure  jusqu'à  1,000  ce.  On  laisse  déposer;  on 
décante  100  ce.  du  liquide  surnageant  et  on  les  porte  à 
1,000  ce 

La  solution  ainsi  obtenue  renferme  0^^,00001  d'acide  azoteux 
par  1  ce  ^. 

2.  Solution  amidonnée  d'iodure  de  zinc.  —  On  met 

Chlorure  de  zinc 90  gr. 

dans 

Eîiu  pure 400  ce. 

On  chauffe  à  l'ébullition,  on  y  introduit  progressivement  et  on 
fait  dissoudre 

Amidon  pulTérisé 4  gr. 

délayés  préalablement  dans  de  l'eau  froide.  Au  liquide  refroidi 
on  ajoute 

lodure  de  zinc .    .    .  ' 2  gr. 

Ou  porte  à  1,000  ce,  et  on  filtre. 

*  Au  lieu  d'employer  le  nitrite  argenlique  pour  la  préparation  de  la  solu- 
tion titrée  de  nitrite,  on  peut  aussi  tirer  parti  du  nitrile  potassique  impur  do 
commerce.  On  dissout  : 

Nitrite  potassique  du  commerce 9S'.30 

dans  1,000  ce.  d>au,  et  on  détermine  le  titre  sur  10  ce,  à  Taide  d^une  solu- 
tion de  caméléon  au  Vim-  On  ajoute  ensuite  de  l'eau  jusqu^à  ce  que  la  liqueur 
ne  renferme  plus  que  OS'yOOOOl  (1  centième  de  milligramme)  par  1  ce. 
•  Feldhausen  et  Kubel  opèrent  en  présence  de  Tacide  sulfurique  dilué  et  à 
froid,  et  emploient,  pour  mieux  saisir  la  fln  de  la  réaction,  une  solution  titréf 
normale  au  Vim  de  sel  ferreux  (5(',92  de  sel  de  Mobr  dans  1000  ce.) 


(51  ) 
3.  Acide. sulfarique.  dilué,  —  On  ajouté  à 

Acide  sulfuriqae  concentré \  partie 

Eaa  pure.    .    .    • 3     — 

Vérification  des  titres.  —  La  solution  de  nitritc  est  vérifiée  à 
laide  du  caméléon  au  ^/^qq. 

Quant  à  la  liqueur  amidonnée,  elle  ne  doit  pas  bleuir  lors- 
qu'on y  verse  de  Tacide  sulfurique  dilué  après  Tavoir  addi- 
tionnée de  cinquante  fois  son  volume  d'eau  pure. 

Opération.  —  Dans  un  verre  parfaitement  incolore,  étroit  et 
de  forme  cylindrique,  on  introduit  100  ce.  d'eau.  Le  verre 
doit  être  de  capacité  telle  que  l'eau  y  occupe  une  hauteur  de 
20  centimètres  environ.  On  y  ajoute  3  ce.  de  la  solution  iodo- 
amidonnée  et  1  ce  d'acide  sulfurique  dilué;  on  mélange  et 
on  obser\'e  durant  5  à  10  minutes. 

S'il  se  produit  rapidement  une  teinte  bleu-intense,  on  pra- 
tique un  ou  deux  nouveaux  essais,  en  n'employant  plus  que 
50,  28  et  même  5  ce  de  l'eau  à  examiner,  et  en  ajoutant  de 
l'eau  pure  pour  compléter  le  volume  de  100  ce 

On  fait  en  même  temps  plusieurs  essais  comparatifs  avec  la 
solution  de  nitrite,  dont  on  prend  de  1  à  4  ce  en  les  addi- 
tionnant d'eau  pure  jusque  100  ce 

On  trouve  rapidement,  par  comparaison,  la  proportion 
d'acide  azoteux  contenue  dans  l'eau  analysée. 

Il  importe  que  cette  eau  soit  convenablement  diluée,  de  façon 
à  ne  renfermer  que  Op-,00001  à  0«^,00004  d'acide  azoteux  par 
100  ce  II  faut  aussi  avoir  soin  d'opérer  ù  l'abri  des  rayons 
solaires. 

Observations.  —  On  a  reproché  au  procédé  que  nous  venons 
do  décrire  de  donner  lieu  à  la  production  d'iode  libre,  sous 
faction  du  chlore  résultant  de  la  décomposition  des  chlorures 
et  nitrates  contenus  dans  l'eau  par  l'acide  sulfurique  ajouté. 
Nous  avons  opéré  des  centaines  de  fois  en  présence  de  chlo- 
rures et.de  nitrates  et  dans  les  conditions  indiquées,  et  jamais 
aucune  trace.de  coloration  bleue  ne  s'est  manifestée. 


(52) 

Un  inconvénient  réel  du  procédé,  c'est  que  les  composés 
ferriques  et  Teau  oxygénée  y  produisent  le  même  effet  qui* 
Tacide  azoteux;  et  leur  élimination  préalable,  comme  par 
exemple  celle  du  fer  par  Toxyde  magnésique,  compliquerait 
trop  le  procédé. 

Le  métaphénylène-diamine  annonce  la  présence  de  l'acide 
azoteux  par  l'apparition  d'une  coloration  qui  varie  du  jaune  au 
rouge,  suivant  la  proportion  d'acide  renfermé;  et  cette  réac- 
tion ne  se  manifeste  pas  en  présence  des  composés  du  fer,  ni 
de  l'eau  oxygénée ,  ni  de  l'acide  azotique. 

On  dissout  5  grammes  du  réactif  dans  1,000  ce.  d'eau  puix% 
on  en  ajoute  1  ce.  à  100  ce  de  l'eau  à  examiner  additionnel^ 
au  préalable  de  1  ce  d'acide  sulfurique  dilué  et  Ton  compare* 
la  teinte  obtenue  avec  celle  que  donne  la  solution  titrée  de 
nitrite.  L'obtention  de  teintes  rouges  annonce  une  solution 
trop  concentrée;  il  vaut  mieux  opérer  de  façon  à  avoir  des 
teintes  jaunâtres,  en  diluant  la  solution. 

La  dernière  réaction  de  Griess,  avec  le  diazobenzolamido- 
naphtol,  est  par  trop  sensible;  et  les  teintes  rosées  sont  relati- 
vement difficiles  à  distinguer. 

Nous  n'avons  pas  encore  pu  essayer  la  réaction  indiquée  par 
M.  Jorissen  ^,  à  l'aide  de  la  fuchsine. 

Rappelons  que  l'acide  azoteux  s'ajoute  à  l'acide  azotique 
lors  du  dosage  de  ce  dernier  au  moyen  de  l'indigo;  comme 
aussi  aux  matières  organiques  lorsque,  dans  le  dosage  au 
moyen  du  caméléon ,  on  verse  le  réactif  avant  de  chauffer  à 
rébuUition. 

Ammoniaque. 

Parmi  les  nombreux  procédés  recommandés  pour  le  dosage 
de  l'ammoniaque  2,  nous  nous  sommes  arrêté  à  celui  de  Fraiik- 
land-Ârmstrong,  essai  colorimétriquc  direct  basé  sur  l'emploi 

<  Journal  de  pharmacie  et  de  chimie,  1885. 

«  Voir  Fleck,  J,  f.  pract.  Chem,,  l.  II,  pp.  5,  263.  —  Miller,  Zeitêchr.  f. 
anal.  Chem.,  186S,  p.  459;  et  1868,  p.  478.  —  GhapmanD,  loc,  cif.,  etc. 


(53) 

(lu  réactif  de  Nessier.  L'eau  est  débarrassée  au  préalable  des 
métaux  alcalino-terreux,  lesquels  précipiteraient  ce  réactif.  On 
juge  de  la  proportion  d'ammoniaque  en  comparant  la  nuance 
de  la  teinte  avec  celle  que  donnent  dans  les  mêmes  conditions 
des  solutions  titrées  de  sel  ammonique. 

Préparation  des  réactifs.  —  Toutes  les  solutions  doivent  être 
faites  avec  de  Teau  purifiée  par  addition  d'acide  sulfurique 
dilué  et  distillation. 

1.  Atnmofiiaque.  —  a.  Solution  concentrée  :  on  dissout 

Chlorure  ammoDiqne  séché  à  40i>>  C 3B'.i47 

dans  1,000  ce.  d'eau  :  1  ce.  renferme  O^'ïOOI  d'ammonia- 
que (NH3). 

b.  Solution  diluée  :  oO  ce  de  la  solution  précédente  sont 
))ortés  à  1,000  ce.  :  1  ce  renferme  0«',00005  (5  centièmes  de 
milligramme)  d'ammoniaque. 

2.  Réactif  de  Nessier  (selon  Hadow,  fortement  alcalin).  —  On 
dissout 

Chlorure  mercuriquc S5  gr. 

dans  100  ce  d'eau  bouillante.  La  solution  chaude  est  addi- 
tionnée progressivement  ù  une  autre  solution  également 
chaude,  faite  de 

lodare  potassique 80  gr. 

vi  SO  ce  d'eaU,  jusqu'à  ce  que  le  précipité  ne  disparaisse  plus. 
Ou  filtre;  on  ajoute  une  solution  de 

Potasse  caustique 150  gr. 

dans  300  ce  d'eau;  on  porte  le  tout  à  1,000  ce  ;  enfin,  on 
ajoute  encore  5  ce  de  la  solution  de  chlorure  mercurique, 
on  laisse  déposer  et  on  décante. 

3.  Solution  sadique.  —  Elle  consiste  en  un  mélange  de 

Solution  de  carbonate  sodiquc 1  vol. 

—     de  soude  caustique */«  vol. 


(o4) 
Pour  la  solution  de  carbonate  sodique,  on  prend 

Carbonate  sodique  fraichemenl  calciné i  partie 

Eau  pure 2     — 

On  fait  bouillir  jusqu'à  réduction  au  tiers;  puis  on  i*amèue 
au  volume  primitif  en  ajoutant  de  Teau  pure. 

Pour  la  solution  de  soude  caustique,  le  meilleur  mode  de 
préparation  consiste  à  dissoudre  dans 

Eau  pure,  exempte  d'ammoniaque 3  parties 

Soude  caustique  pure,  obtenue  à  l'aide  du  sodium.    .       i      — 

Si  Ton  voulait  utiliser  de  la  soude  caustique  ordinaire,  il 
faudrait  la  chauffer  dans  Fappareil  distillatoire  en  verre, 
jusqu'à  ce  que  le  produit  distillé  fût  exempt  d'ammoniaque. 

Opération.  —  Dans  un  verre  cylindrique  bouché  à  Témeri 
et  gradué  à  150  et  100  ce.  par  un  trait,  on  introduit  150  c.v. 
(le  Teau  à  examiner.  On  y  ajoute  2  ce.  de  solution  sodique, 
on  secoue  pendant  quelques  instants  et  on  laisse  déposer.  On 
décante,  dans  un  vase  cylindrique  étroit  en  verre  blanc,  100  ce. 
du  liquide  clair;  on  l'additionne  de  1  ce.  de  réactif  Nessler 
et  on  remue. 

S'il  se  forme  un  précipité  ou  si  la  coloration  produite  est 
rouge-brun,  c'est  qu'il  y  a  relativement  trop  d'ammoniaqut*  ; 
il  faudra  alors  faire  un  nouvel  essai  en  diliiant  une  partie 
de  l'eau  à  examiner  avec  de  l'eau  pure  exempte  d'ammo- 
niaque. 

Entretemps  on  a  mis  dans  plusieurs  verres  cylindriques, 
identiques  au  premier,  100  ce  d'eau  pure.  Dans  l'un  de  ces 
verres  on  verse  1  ce  de  solution  ammoniacale  diluée  (à 
5  centièmes  de  milligramme)  et  puis  2  ce  de  solution 
Nessler,  et  l'on  compare  les  teintes  produites.  Suivant  le  résul- 
tat obtenu,  on  ajoute  à  un  deuxième  et  puis  à  un  troisième 
verre  des  quantités  plus  ou  moins  grandes  d'ammoniaque,  de 
facx)n  à  pouvoir  déterminer  à  peu  près  exactement,  par  compa- 
raison avec  la  teinte  de  l'eau  analysée,  la  proportion  d'ammo- 
niaque y  contenue. 


(  ^) 

L'essai  peut  durer,  en  moyenne,  10  minutes,  pendant  les- 
quelles la  teinte  ou  nuance  est  assez  stable.  Pour  bien  dis- 
tinguer cette  dernière,  on  place  les  verres  cylindriques  sur  du 
papier  blanc,  et  Ton  regarde  par  en  haut  on  de  côté,  suivant 
l'habitude  prise. 

Observations.  —  Ce  procédé  colori métrique  est  aujourd'hui 
généralement  admis. 

Certains  chimistes  font  usage  de  colorimètres  et  d'autres 
dispositions  spéciales.  Au  laboratoire  de  l'Office  impérial  d'hy- 
giène, à  Berlin,  on  se  sert  de  flacons-cylindres  de  Hehner, 
dune  capacité  de  110  ce,  gradués  et  munis  d'un  robinet  à  la 
division  de  30  ce.  On  prend  deux  de  ces  flacons  et  on  les  met 
sur  du  papier  blanc.  Dans  l'un  on  introduit  100  ce  de  l'eau 
à  analyser  et  l'on  ajoute  3  ce  de  solution  Nessler;  dans 
l'autre,  qui  doit  faire  office  de  «  témoin  »,  on  verse  100  ce 
de  la  solution  ammoniacale  (dont  la  teneur  en  ammoniaque 
(*st  connue)  et  ensuite  2  ce  de  la  solution  de  Nessler.  Après 
10  à  15  minutes  on  observe,  de  haut  en  bas,  si  les  teintes  sont 
égales;  si  elles  ne  le  sont  pas,  on  laisse  écouler  le  liquide  du 
cylindre  où  la  teinte  est  le  plus  accentuée,  jusqu'à  établir  l'éga- 
lité de  teinte. 

11  importe  de  prendre  les  précautions  les  plus  minutieuses 
à  l'effet  d'empêcher  des  eiTCurs  pouvant  résulter  de  la  présence 
dans  les  réactifs,  et  même  dans  l'air  ambiant,  d'ammoniaque 
ou  encore  d'hydrogène  sulfuré. 

Les  alcalino-terreux  et  le  fer  doivent  être  éliminés  de  l'eau 
à  analyser.  Après  les  avoir  précipités,  on  peut  les  séparer  par 
filtration  ;  mais  nous  préférons  la  décantation,  comme  permet- 
tant mieux  l'exclusion  de  l'ammoniaque  de  l'atmosphère  du 
laboratoire.  Le  fer  surtout  peut,  par  la  coloration  qu'il  donne, 
occasionner  des  erreurs. 

Les  sulfures  et  les  bicarbonates  doivent  également  être 
exclus. 


(86) 


Olilore. 


Nous  suivons,  pour  le  dosage  du  chlore,  le  procédé  volume- 
trique  de  Gay-Lussac  basé  sur  remploi  de  la  solution  de  nitrate 
argentique  au  ^/^q 

Nitrate  argenlique 47  gr. 

Eau  pure iOOO  c.  c. 

et  de  celle  de  chromate  bipotassique.  M.  Ë.  Sell  a  démontre 
que  ce  procédé,  quoique  donnant  des  résultats  un  peu  trop 
forts,  est  préférable  à  celui  de  Vollhard  (au  sulfocyanure),  dont 
les  résultats  sont  absolument  trop  faibles  avec  des  solutions 
diluées,  et  qui  exigerait,  par  conséquent,  une  concentration 
préalable. 

Dans  un  ballon  on  verse  50  ce.  de  Peau  à  examiner,  puis 
3  à  5  gouttes  de  la  solution  saturée  de  chromate,  en  remuant. 
On  ajoute  ensuite  peu  ù  peu  le  nitrate  argentique  dont  1  ce. 
correspond  à  0«»',00355  de  chlore.  Il  suffira  donc  de  multiplier 
par  0,071  le  nombre  de  centimètres  cubes  de  solution  argen- 
tique employés,  pour  avoir  en  grammes  la  quantité  de  chlore 
renfermée  dans  1  litre  d'eau  ;  ou  de  multiplier  ce  nombre  par 
0,H7,  pour  avoir  la  teneur  en  chlorure  sodique. 

Il  importe  que  le  chromate  potassique  soit  bien  exempt  de 
chlore. 

Acide    Hulfurlque. 

On  le  dose  suivant  la  méthode  par  pesées,  ou  d'après  le  pro- 
cédé volumétrique  de  Wildenstein. 

Souvent  nous  nous  bornons  à  comparer  l'intensité  du  préci- 
pité produit  par  le  chlorure  barytique,  avec  celle  du  précipité 
que  donne  dans  les  mêmes  conditions  de  l'eau  acidulée  d'une 
quantité  connue  d'acide  sulfurique. 

On  opère  sur  100  à  300  ce  d'eau. 


(87) 

Hydro^^ne    sulfuré» 
métaux    alcalins    et    aloallno-terreux,    §;aE»    etc. 

On  emploie,  pour  leur  détermination,  les  procédés  ordi- 
naires de  l'analyse. 

I>ureté    totale    et    dureté    persistante. 

Nous  avons  suivi  la  méthode  de  Boutron  et  Boudet. 


B.  ANALYSE  MICROSCOPIQUE. 

L^analyse  microscopique  permet,  comme  nous  Pavons  dit 
précédemment  (page  iS),  de  constater  directement  dans  une 
eau  la  présence  ou  Tabsence  de  micro-organismes  divers. 

A  la  suite  de  nombreuses  recherches  microscopiques  com- 
binées avec  des  essais  de  culture  ^,  on  en  est  arrivé  à  recon- 
naître qu'en  général  les  bactéries-types  de  la  putréfaction,  et 
en  particulier  les  bactéries  schizomicètes,  sont  les  seules  qui, 
au  point  de  vue  de  la  salubrité  des  eaux,  méritent  d'occuper 
Tattention,  les  nombreuses  distinctions  el  subdivisions  établies 
par  Cohn  perdant  ainsi  la  valeur  qu'on  leur  avait  attribuée 
d'abord;  et  encore  faut-il,  pour  qu'elles  puissent  constituer  un 
indice  sérieux  de  la  mauvaise  qualité  d'une  eau,  que  ces  bacté- 
ries s'y  rencontrent  en  quantité  considérable,  les  eaux  de 
sources  les  plus  pures  pouvant  en  renfermer  une  petite  quan- 
tité, ou  au  moins  des  spores  ou  germes  susceptibles  de  se 
développer. 

Les  eaux  renfermant  un  nombre  considérable  de  bactéries 
de  la  putréfaction  sont  malsaines  et  dangereuses,  pour  les  rai- 
sons ci-après  : 

!•  L'expérience  a  prouvé  que  leur  usage  provoque  directe- 
ment des  troubles  dans  l'organisme; 

I  Voir  Flâgge,  Hygienische  Untersuchungimelhoden,  Leipzig,  1881.  — 
i.  Fodor,  Hygienische  Untersuchungsmethoden ,  1882.  —  Kais.  Gesond- 
heitsMut  Berlin.  ~  Cohn,  Uniersuehungefi  Uber  Bactérien.  —  Miquel,  Afér 
or^etniemee  vifMMie  de  ^atmosphère,  Paris,  Gaathier-Vftlars,  1883. 


(58) 

2°  Les  germes  pathogènes  spécifiques,  d'après  toutes  les 
observations  faites  jusqu'ici,  se  conservent  et  se  développent 
dans  un  milieu  identique  ou  au  moins  très  semblable  à  celui 
qui  est  exigé  par  les  bactéries  de  la  putréfaction  ;  de  sorte  que 
des  germes  spécifiques  pourraient  en  réalité  se  trouver  parmi 
les  bactéries  observées,  ou  du  moins  s'ils  y  arrivaient  à  un 
moment  donné  du  dehors,  ils  s'y  conserveraient  et  s'y  multi- 
plieraient ; 

3*^  Il  est  à  craindre  que  des  germes  spécifiques  puissent 
ainsi  à  certain  moment  arriver  dans  une  eau  qui  contient  des 
bactéries  ordinaires  de  la  putréfaction  des  matières  animales  : 
en  effet,  les  germes  spécifiques,  notamment  pour  le  choléra  et 
le  typhus,  se  rencontrent  surtout  dans  les  déjections,  et  cellesrci 
sont  également  la  source  ordinaire  des  matières  organiques 
animales  en  putréfaction  que  renferment  les  eaux  de  puits. 

La  présence  d'infusoires  ou  saprophytes  (amoèbes,  monadesj 
en  grand  nombre,  rend  aussi  une  eau  mauvaise  ou  au  moins 
de  qualité  fort  douteuse.  Ces  micro-organismes  ne  paraissent 
pas  aussi  intimement  liés  à  la  putréfaction  que  les  bactéries; 
mais  ils  exigent  toujours,  pour  pouvoir  se  développer,  la  pré- 
sence de  matières  organiques  en  décomposition. 

Une  eau  doit  encore  être  regardée  comme  mauvaise  ou  dan- 
gereuse, bien  que  ne  paraissant  pas  à  l'état  naturel  renfermer 
de  fortes  quantités  des  microphytes  indiqués  plus  haut,  lorsque, 
après  l'avoir  soumise  à  la  culture,  on  y  constate  au  microscope 
le  développement  de  bactéries,  et,  d'après  Fodor,  plus  spécia- 
lement de  desmobactéries.  La  culture  préalable  a  pour  effet 
d'isoler  et  de  concentrer  les  diverses  espèces  de  micro-orga- 
nismes, de  façon  à  permettre  de  les  distinguer  plus  facilement 
au  microscope. 

Quant  aux  germes  pathogènes  spécifiques,  on  n'est  pas 
encore  parvenu  à  pouvoir  les  reconnaître  avec  certitude  à  leur 
forme  seule.  Il  est  nécessaire,  après  les  avoir  isolés  et  con- 
centrés par  la  culture,  de  les  soumettre  à  rexpérimentation 
physiologique;  et  encore  les  expériences  physiologiques  que 


(  ^i9  ) 

Ton  a  faites  jusqu'ici  avec  les  eaux  riches  en  bactéries,  et  même 
avec  leurs  produits  de  culture  où  abondent  les  desmobactéries 
et  autres  espèces,  n'ont-elles  pas  abouti  à  des  résultats  permet- 
tant de  conclure  qu'il  y  eût  parmi  ces  micro-organismes  des 
bactéries  pathogènes  spécifiques.  Plusieurs  fois  déjà  ^  on  a 
signalé  la  bactérie  spécifique  du  typhus;  et,  tout  dernièrement, 
Gautrelet^  a  donné  le  nom  de  Stereogoiia  tetrasUnna  à  celle 
qu'il  a  rencontrée  dans  une  eau  à  côté  de  la  stéréobiline  et  de 
Turobiline  (matières  fécales)  et  qu'il  suppose  être  en  rapport 
avec  le  microbe  typhique,  mais  ce  sont  encore  des. cas  isolés. 
Tout  ce  que,  jusqu'à  l'heure  qu'il  est,  le  microscope  peut 
donc  nous  apprendre  directement  de  plus  précieux,  c'est  la 
présence  dans  l'eau,  en  quantité  plus  ou  moins  grande,  des 
bactéries  de  la  putréfaction  des  matières  animales. 

Nous  avons  vu  aussi,  et  les  recherches  de  Fodor  jointes  à 
«'^•lles  de  rOflîce  impérial  d'hygiène  de  Berlin  mettent  cette 
mrrélation  hors  de  doute,  que  la  présence  dans  une  eau  d'une 
quantité  plus  ou  moins  grande  de  bactéries  et  notamment  de 
Itactéries  de  la  putréfaction,  présence  constatée  au  microscope, 
va  de  pair  avec  celle  d'une  proportion  plus  ou  moins  forte, 
i-évélée  par  l'analyse,  de  matières  organiques  très  oxydables 
matières  d'origine  animale),  d'ammoniaque  et  d'acide  azoteux, 
comme  aussi,  mais  moins  régulièrement,  d'acide  azotique. 

En  soumettant  à  la  culture  dans  une  solution  de  gélatine 
stérilisée  un  grand  nombre  d'eaux  recueillies  dans  la  ville 
de  Pesth  au  moment  où  sévissaient  des  maladies  infectieuses, 
Fodor  a  trouvé  que  les  rapports  établis  par  l'analyse  chimique 
t'ntre  la  mortalité  et  la  mauvaise  qualité  des  eaux  étaient  pleine- 
ment confirmés  par  l'observation  microscopique.  Dans  toutes 
les  eaux  fortement  chargées  d'ammoniaque  et  de  matières  orga- 
niques et  provenant  de  maisons  infectées,  les  bactéries  s'étaient 
développées  abondamment,  surtout  les  desmobactéries;  dans 
«îlles  qui  avaient  été  reconnues  bonnes,  les  bactéries  étaient 

*  Voir  BnDtlecbt  déjk  cité. 

*  Acad.  de  m^d.  de  Paris,  jsdv.  1884. 


(60) 

au  contraire  fort  rares.  Sur  248  eaux  soumises  à  la  culture,  il 
n'y  en  a  eu  que  4  estimées  mauvaises  d'après  l'analyse  chimique 
qui  n'aient  pas  donné  lieu  au  développement  des  bactéries. 

Le  microscope  peut  donc,  dans  certains  cas,  fournir  des 
indications  générales  analogues  à  celles  que  donne  l'analyse 
chimique.  Mais  dans  le  cas  d'une  très  petite  quantité  de  sporn» 
de  bactéries  découverts  au  microscope,  il  reste  à  savoir  si,  à 
côté  de  ces  spores,  l'eau  renferme  des  matières  putrescibles  qui 
permettront  leur  développement,  ou  si  ces  quelques  bactéries 
constituent  les  derniers  vestiges  d'une  vie  active  qui  a  con- 
sommé les  matières  putrescibles,  dont  il  ne  resterait  plus  alors 
dans  l'eau  que  les  acides  de  l'azote,  du  soufre  et  du  carbone. 
Or,  le  microscope  est  impuissant  à  fournir  ces  renseignements, 
qui  sont  du  domaine  de  l'analyse  chimique  et  qui  offrent  le 
plus  grand  intérêt.  Rappelons  en  outre  que  les  procédés  de 
l'analyse  chimique,  même  quantitative,  sont  plus  expéditifis  que 
ceux  de  l'anaylsc  microscopique,  avec  ses  essais  de  culture 
et  ses  observations  multiples  suivies  d'expériences  physiolo- 
giques. Bref,  l'analyse  chimique  aura  le  pas  sur  l'analyse 
microscopique  jusqu'au  moment  où  l'usage  du  microscope, 
seul  ou  aidé  de  l'application  des  procédés  de  culture  ration- 
nelle, permettra  de  reconnaître  directement  les  divers  germes 
pathogènes  spécifiques. 

Un  grand  avenir  nous  parait  du  reste  réservé  à  la  méthode 
microscopique  d'investigation.  Déjà  elle  acquiert  de  jour  en 
jour  plus  d'importance,  en  s'adaptant  l'usage  de  divers  réactifs 
(acide  osmique,  chlorure  de  palladium ,  tannin)  et  les  procédés 
si  pratiques  de  culture  préalable  imaginés  récemment  par  le 
IKKoch,  de  Berlin. 

Ces  procédés  nouveaux,  qui,  nous  l'espérons,  contribueront 
l>eaucoup  aux  progrès  de  l'analyse  microscopique,  consistent  à 
remplacer  pour  la  culture  les  terrains  nourriciers  liquides  par 
des  terrains  solides  sur  lesquels  les  divers  micro-organismes 
ne  se  confondent  pas  si  facilement;  on  peut  ainsi  obtenir  la 
séparation  de  ces  derniers  les  uns  des  autres  et  leur  isolement 
))resque  complet,  par  des  cultures  successives;  et  toutes  les 


(61) 

opérations  deviennent  par  là  plus  faciles  et  plus  rapides.  Ces 
procédés  s'appliquent  à  l'analyse  de  Faîr,  du  sous-sol  et  do 
Teau.  Pour  Tair;  on  emploie  spécialement  des  tranches  stéri- 
lisées de  pommes  de  terre.  Pour  le  sous-sol  et  pour  l'eau,  on 
tait  usagede  plaques  de  gélatine  stérilisées,  liquéfiables  à  30» C, 
renfermant  les  sels  nécessaires  à  la  nutrition  et  additionnées, 
par  exemple,  d'un  infusé  de  viande  pour  la  culture  plus  spé- 
ciale des  bactéries  de  la  putréfaction  et  des  bactéries  patho- 
gènes. Ces  additions  de  substances  nourricières  spéciales  doi- 
vent varier  suivant  les  circonstances.  Sur  ces  plaques  de 
gélatine  contaminées  et  finalement  couvertes  de  colonies  sépa- 
rées des  divers  micro-organismes,  il  devient  possible  d'estimer 
assez  approximativement  le  nombre  de  ceux-ci,  d'après  l'es- 
pace qu'ils  y  occupent.  Nous  devons  dire  toutefois  que,  malgré 
le  grand  nombre  de  recherches  bactérioscopiques  effectuées 
déjà  d*après  cette  méthode  dans  les  laboratoires  de  l'Office 
d'hygiène  de  l'Empire  allemand  sur  l'air,  le  sous-sol  et  l'eau, 
on  n'y  a  pas  encore  pu  découvrir  jusqu'ici  une  bactérie  patho- 
gène spécifique. 

L'analyse  microscopique  ainsi  entendue,  et  la  seule  qui 
puisse  conduire  à  des  résultats  sérieux,  exige  des  connais- 
sances et  une  habitude  du  microscope  toutes  spéciales,  et  à 
dé&ut  desquelles  les  observations  sont  peu  fructueuses  :  c'est 
«•e  que  nous  avons  eu  l'occasion  de  reconnaître  personnelle- 
ment. 

Les  résultats  que  nous  donnons  plus  loin  ont  été  obtenus 
selon  les  procédés  anciens  en  opérant  tantôt  sur  une  goutte 
d'eau  concentrée  sur  l'objectif  placé  sous  exsiccateur,  tantôt 
sur  1  ce.  d'eau  mise  à  évaporer  sur  l'objectif  dans  un  bout  de 
tube  en  verre  fixé  avec  de  la  paraffine  et  retiré  ensuite,  ou  sur 
le  dépôt  laissé  par  l'eau,  ou  encore  et  en  même  temps  sur  la 
pellicule  qui  se  forme  lorsqu'on  laisse  l'eau  dans  un  ballon 
plein  et  bouché  avec  de  l'ouate. 

Le  grossissement  employé  a  varié  de  300  à  800  fois. 


(62) 

III. 

KÉSILTATS  D'ANALYSES 

d'eai'x  alimentaires  de  diverses  localités  de  la  Belgique 
et  spécialement  de  la  ville  de  louvain. 


Nous  nous  sommes  occupé  depuis  plusieurs  années  d'ana- 
lyses d'eaux  provenant  de  diverses  localités  et  spécialement  de 
la  ville  de  Louvain  :  eaux  de  puits  ordinaires,  eaux  de  puits 
artésiens,  eaux  de  sources  et  eaux  courantes. 

Les  résultats  de  ces  analyses  ont  donc  été  obtenus  en  suivant 
les  méthodes  que  nous  venons  d'indiquer.  Nous  les  groupons 
ci-après  dans  une  série  de  tableaux  ;  et  chacun  de  ces  tabl^ux 
fait  l'objet  d'une  discussion  qui  conduit  à  l'appréciation  des 
qualités  des  diverses  eaux. 

Afin  de  fournir  des  points  de  comparaison,  nous  y  avons 
intercalé  quelques  analyses  faites  par  d'autres  chimistes. 

Nous  attirons  tout  particulièrement  l'attention  sur  les  n^ 
centes  publications  de  M.  Th.  Verstraeten^,  où  l'on  trouvera 
des  renseignements  précieux  sur  l'ensemble  des  eaux  du  pays. 

Faisons  obsener  que  les  teneurs  en  matières  organiques 
indiquées  dans  nos  tableaux  sont  purement  conventionnelles  : 
elles  ont  été  calculées,  selon  Wood,  en  multipliant  par  5  les 
quantités  de  caméléon  employées  pour  l'oxydation. 

Les  résidus  d'évaporation  ont  été  obtenus  à  la  température 
de  440«. 

Nous  avons  examiné  au  microscope  un  très  grand  nombn' 
d'échantillons  d'eau.  Mais  ces  observations  ne  nous  ayant  le 
plus  souvent  rien  appris  de  bien  particulier,  nous  n'en  avons 
inscrit  qu'un  petit  nombre  dans  nos  tableaux.  En  général,  on 

*  Ville  de  Bruxelles j  Les  eaux  alimentaires  de  Belgique,  par  Théodore 
Verstraelen,  iiigéDieur,  chef  du  service  des  eaux;  \^  partie  :  la  surface,  les 
terrains,  le  climal;  2'  partie  :  hydrologie.  —  Bruxelles,  1883.  -  2  fasc.  in-8». 


(63) 

rencontre  un  grand  nombre  de  micro-organismes  dans  les  eaux 
qui  renferment  de  l'ammoniaque  et  de  Facide  azoteux,  souvent 
aussi,  mais  moins  régulièrement,  dans  celles  qui  contiennent 
beaucoup  d'acide  azotique. 

I.  Eaux  de  puits  ordinaires  de  la  ville  de  Louvain. 

Dans  le  tableau  1  ci-après  sont  consignés  les  résultats  des 
analyses  que  nous  avons  faites  des  eaux  de  puits  ordinaires  de 
la  ville  de  Louvain. 

Nous  avons  marqué  d'un  astérisque  (*)  les  puits  qui  se  trou- 
vaient dans  une  situation  exceptionnelle,  où  la  qualité  de  l'eau 
était  influencée  d'une  façon  notoire  par  des  circonstances  acci- 
dentelles, passagères  ou  extraordinaires.  Ces  circonstances  sont 
renseignées  à  la  colonne  «  Remarques  diverses  ». 

Pour  les  puits  dont  les  eaux  ont  été  examinées  à  plusieurs 
époques  différentes,  nous  avons  choisi  pour  l'inscrire  dans 
notre  tableau  général  la  composition  à  la  date  la  plus  récente, 
sauf  dans  les  cas  où  cette  composition  différait  considérable- 
ment de  celles  qui  avaient  été  trouvées  antérieurement  :  nous 
avons  pris  alors  l'analyse  représentant  le  mieux  la  moyenne 
des  résultats  obtenus  aux  diverses  époques.  Les  autres  ana- 
lyses font  l'objet  d'un  tableau  spécial  ou  annexe  au  tableau  1. 

Nous  ferons,  dans  nos  tableaux,  usage  des  abréviations 
suivantes  : 


Ac Acide 

Ass.       .    .    .  Assez 

Bcp Beaucoup 

Diffic.        .    .  Difficilement 

Facil.    .    .    .  Facilement 

Fus.  .    .    .  Fusible 

Hat Matières 

Moj*.    .    .    .  Moyennement 

Not NoUble 

Od Odeur 


p puits 

PI Place 

priv.      ....  privé 

publ public 

Qqs Quelques 

R Rue 

Sav Saveur 

V Voir 

Vap Vapeurs 

Variât Variations. 


Les  lettres  a,  h,  c,  etc.,  correspondent  à  des  maisons  privées  que  nous  croyons  ne 
pas  devoir  désigner  ici  d*ane  manière  plus  précise. 

A  propos  des  puits  de  Louvain,  nous  distinguons  entre  la  partie  Sud- Est  de  la 
ville  (jusqu'au  Vieux-Marché  et  la  R.  des  Vaches  inclusivement),  le  Centre  (partie 
basse}  et  la  partie  Nord-Ouest.  —  Voir  le  chapitre  IV  et  notre  carte  de  Louvain. 


(64) 


1.  —  Eaux  it  pHiU  oHii 


PROVRNASCK. 


CARACTI»ES 

phjniqnc* 

el 

organolcpii^Mi. 


DURETÉ 


ti:!iei:r(ei  < 


ilqaé. 


Acide 
•aatciis. 


laill  %6ùin\tmt»{  idais.  .  . 

A.  S.-E.  de  ta  ville. 

♦Contre  le  cimetière,  p.  priv. 

PI.  de  Liège,  p.  pubi 

R.  des  Bourgmestres,  p.  publ. 

R.  des  Bourgmestres  (R.  de 
Tirlomont),  p.  publ. 

R.deTirlemont,p.pnbl.n«3l 

R.  Marie-Thérèse,  p.  publ.  . 

♦R.  des  Bogards,  p.  priv.  a.  . 

—  -         b,  . 

♦R.  des   Joyeuses- Entrées, 
p.  priv.  a. 

—  b. 


R.  de  Tirlemont   (R.  Vle- 
minckx),  p.  publ.  n«  iâ. 

R.  de  Tirlemont,  p.  priv.  .  . 
R.  des  Corbeaux,  p.  publ.  . 
R.  Vleniinckx ,  p.  publ.  n«  18. 

—  p.  priv 

R.  des  Prélats,  p.  priv.  .  .  . 


Juill.i873   TrouWe.Bouir.de. 
odesr  de  motsi. 

Dec.  i883 


Sept.  1871  Trooble,ioc.  bruns, 
'^  ||oftinlia,ii»iiTaif. 

Fév.  48721 

Dec.  4883: 

Juin.  1878!  Q<|S  nec  beo  goût 


Mars  1878i"".p«»  »•»«;*»«•  p" 

(l'odcuT  ni  lie  M- 


Juin.  1881 
Avril  1877 


cil  Ire.tranMM  renir, 
pis  de  dépôt. 


Mai    1880 '^,",p;Ï>Î-»'-?JÎ'' 


Juin.  im\ 

Dec.  188:^ 
Juin.  1881 
JuUI.  1873 
Sept.  1871 
Avril  1871 
Juin  1880 


Peu  de  Mveur. 

Claire,  utna  d<.'pdt. 

Peu  de  dépôt. 


53» 
56 
49 
57 
62 
67 
72 
76 
43 
68 
56 
80 
104 
61 


38 


18 

:« 

52 

54 
36 

68 
37 


0.017 

0390 
0.S40 

0.337 
0.415 
0.280 
0.300 
0.250 
0.600 
0.435 
0.250 
0.495 
0.465 
0.480 
0.200 


Traces. 
0 

0 
0 
0 
0 

0 
0 
0 
0 
0 


25 


0.477      Tnct* 


Tr»n.  I 

i 

Ù 

Tntes. 

« 

0 

U 


I 

Q 

Tram    | 

«est 

Il      I 

0 

(»   I 

u    I 


(«)  Observations  MiCROSCOPiQrEs.  -  N^  8.  Bactéries  fort  développées.  |  No  40.  Débris  végéUav 


(  6S) 


Ja  Tille  de  Louvain. 


1  LITRE}. 


CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  D'ÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  iiO«. 


Qaaniitë 

If- 

nu 


Aspeet. 


delà 
lelaatloa. 


CompoHltlo 


REMARQUES 
diverses. 


I 


0       0 


.  .  ,  0.065 

I 
0      0.655 


.  .  I  0045 

0  0.047 

U  0.09S 

.  .  0,170 

.  .  0.280 

i 

.  .  0.060 

.  .  0.040 

.  .  0.038 

.  .  0.6i5 

.  .  0.QSO 

.  .  0.080 

.  0.085 

.  .  0045 


0.840 
1.270 
1.480 
1,880 
1.800 
1.045 
1.900 
1.450 
S.550 
1.610 
1.240 
1020 
3.090 
1.320 
0J20 
0.780 


Jaooe,  hygroM. 
Blanc. 
BycTose. 


Roireit  à  peine, 
pat  d*odeur. 


Hjgraw. 

Jannàire. 

Jaune,  hygreee. 

Jaone. 


!lolrrit,  odear 
nllreuse. 

Pose  et  fond;  odear 
organique  et  ni- 
trente. 


Jaune,  hygroac. 
Jaune,  »ee. 
Pag  liygroM, 


Brunit  diffleilem*, 

pult  blanchit, 
forte  odeur  anim. 
Noircit  et  blanchit 
lentement. 


Bcp  K  et  PgOs;  ass.  Na  et  SiO^; 
pas  Mn. 

BcpSiOsjpeuPsOs. 
Pa«5  Mn. 


Terrain  Mnitll^f  par! 
lesmatléies  ani- 
malea. 

V.  variât,  subies. 


BcpK;SiO,;pasP,05. 
Ass.  SiO«;  PaOs;  Mn. 

CaO  =  0,070. 
SiOa;  ^t%l  K;  pas  Mn. 


V.  \arial.  subies. 

Id. 


Vtflsin«*  de  batistes 
réceatfs,  cuisine, 
latrines. 

Contact  de  lieux. 

elc. 
V.0bs.micTOte.(<} 
Bâtisses. 


V.Obs.microacO) 
Conilructions. 
V.  variât,  subies. 

Id. 


K ,  Na,  Ca;  peu  P^Os  ;  pas  Mn. 

Bcp  Na,  Ca.  P^Os;  moy*  K; 
traces  Mn. 

Bcp  Na ,  PaOg;  moy»  K  ;  pas  Mn, 


AinpigQooa,  qqs.  bactéries  sans  mouvement,  infusoire,  monades. 
foME  XXXVIl. 


(m) 


1.  —  Eaux  de  puiU  ordinaires 


PROVENANCE. 


CARACTERES 
physiques 


organolepliquM. 


DURETÉ 


TENEUR   (EK    r.RAMS| 


Itqu 


aiiiqoe.  , 


HAIIIA  griéraleaeit  adais.  .  . 

A.  S.-E.  de  la  ville  (suite.. 

\H    R.deIVrk.p  publ.  n'25.  . 

iH    R.  (le  Namur,  p.  publ.  n«  49. 

20    PI.  do  riniversilé.  p.  publ.  . 

î2l  ♦  —  p.  pnv,  . 

2!2    R.  (le  Tirlemont  (R.  de  la 
Monnaie),  p.  publ.  n«  !%. 

!23  PI.  du  Peuple,  p.  publ.  .  .  . 
24  R.  de  Marengo,  p  priv.  .  .  . 
2o  ♦R.  de  la  Stalion,  p.  priv.  a.  . 
2H  ♦  -  —     ^.  . 

27  ♦  -  —      c.  . 

28  -  -.     fl.  . 

29  -  -      e.  . 

:^0    R.  de  Savoie  iR.  de  Tirle- 
niont\  p.  publ. 

'M  ♦R.  du  Chêne,  p.  publ 

«12  R. de  la  Monii.,  p.  publ.  no23. 
ÎW  S*-Quentin,  p.  publ.  n»  46.  . 
34  R.  de  Namur,  près  des  Halles, 
îtô  R.  des  Corde.s,  p.  publ.  .  .  . 
IW    R.  desl»ouleis,  p.  publ.  n»35. 


Dec.  188:{ 
Dec.  188:^ 
Juin.  1883 
Mai  4876 
Dec.  188:t 
Dec.  1888 
Sept.  4871 
Aoùl  mi 
Sept.  i87i 
Fév.  i87i 
Mars  1878 
Août  4878 
Juin.  1871 
Dec.  4883 
Août  4874 
Août  4878 
Mars  1878 
Sept.  4871 
Juin.  4873 


68 
48 
46 


cuire.  Mns  d^}«Ai. 


Claire,  dépAt  blanc 
utên  abondant, 
bon  goôt. 


aaire,  dëpAt  blane, 
goût  iBlin. 


Un  peu  opaline, 
inodore,  saveur 
d'eau  de  pluir 


Saveur  talée  faible. 


58 
68 
60 
91 


51 
6i 
46 
80 
50 
52 


24 


45 
40 
38 


34 


44 


0.027 

o.:«5 

0.427 
0.108 


o.:{6o 

OMS 

0.740 
0.960 

0.206 
0.300 
0.296 

0.;i20 
0.220 


0 
0 
0 
0 
0 
0 
0.0004 
0 

Traeea. 

0 
0 
0.0002 
0 
0 
0 

Traces. 


0 
0 

0 

(I 

Traces    i 
dout.     I 

aooon  ! 

0 
0 

0 

o 

0 
0 
0 
0 

0 


Claire,  dëpAl  blanc, 
goût  de  moisi, 


44 


23 


0,440 
0.:420 


0.0002 
0 


O.OOIO 


CUMI 
OM 

OJMI 

0.14 

OM 

0.4J( 

Oj2| 
0.11 
0  41 
1i4 
fl.l| 

u.m 
o.ia 


(67  ) 


t  la  fille  lie  LouTaîn  {suite). 


I  litre;. 


••Ifaré. 


alquM. 


0.035 

o.au> 


0.030 
0.565 
0.065 
0.125 

O.100 


CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  D'ÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  ii0*>. 


Q<iaatlt« 

cnfr 
par  i  lit. 


0i»30 
O.090 


0.500 

i.590 
0.855 
1.005 
2.600 
i.330 
1540 
13i5 
4.100 
3.450 
3,150 
i.300 
1.355 


oon  bygroM. 


HjrfroM. 
Uygrese. 


KCeCa 

de  la 
e«lela«tloa< 


Perle  de  poidi 


■le  de  poid 


Perte  de  poidt  : 
=    .JW. 


Fond,  vap.  ruiil., 
Jauiiii,aolreUpeu. 

PerU  de  poidt  : 
=0,». 


Compoaltloa. 


CaO==  0,627;  Bcp  K,  Na; 
PjOs,  Mn. 


Id. 


REMARQUES 
diverse*. 


V.  variât,  subie*. 
Id. 

Id. 

Vaisiitace  d'Hoe 


■ce 

Ballite,Milsses. 

V.  variât,  subies, 


Id. 

Id. 


rHAlissccdëblayagc 
d'aDcieaoes  ma 
sures 


Terrain  noo  habi* 

1^,  mais  cultivé. 

V.  variât,  subies. 


0J05O 
O.0BO 
0.080 


3.860 


1.250 


Voisiiiace  d'uoe 

saline.  i 

V.  variât,  subies. 

V.  variât,  sables. 


Jaune,  hygrosc. 


Fuse  et  noircit. 


K,  Na,  PoOs;  peu  SiOa; 
traces  mn;  pas  Fe. 


0.055 
0.085 


1.305 
1.540 


Jaune,  iijrgrose. 
Uygrose. 


Noircit  peu. 


Bcp  SiOa»  P.Os,  Fe;  Ca,  Na,  K ; 
Moy<  Mn. 

Bcp  K,Na;  ass.  PjOg  ;  IraccsMn. 


(68) 


I.  —  Eaux  de  piiiU  «aidiBaîra 


û 

l 

PROVENANCE. 

DATE. 

CARACTÈRES 
physiques 

DURETÉ 
raasis- 

TENEUR   (EN  GRAMV 

Aelde 

Acide 

A—. 

• 

et 

TOTALI. 

aao- 

CMan 

C 

organolepliqaes. 

TASTS. 

liqoe. 

aaoteoi. 

■laqM. 

"" 

HAIIIA  céoénIeBeil  idais.  .  . 

32» 

0.027 

0 

0 

0^ 

A.  S.-E.  de  la  ville  (suite;. 

37 

PI.  Marguerite,  p.  publ.  .  .  . 

Juill.  i873 

57 

29" 

0.440 

0 

0 

0.4tf 

38 

R.  de  Diest,  p.  publ 

Sept.  i871 

58 

51 

0.400 

0 

Trace*. 

O.U 

39 

R.  de  la  Cuiller,  p.  publ.  .  . 

Sept.  i871 

aaire,  dépôt  blsae, 
goûtfilde. 

76 

51 

0.390 

0 

0 

(i?a 

40 

♦R.  S^-Marlin,  p.  priv 

Sept.  4871 

OépAt  jSOD.,  fOÙt 

H  le. 

65 

37 

0.880 

0.0002 

o.oaio 

o..vr 

41 

R.  des  Vaches,  p.  priv.  a.  .  . 

Mai    1883 

76 

61 

0.228 

0 

Traces. 

0.19 

42 

4;^ 

-               -      6.  .  . 

Mai    i883 
Dec.  1883 

0 
0 

0 
0 

64 

0.420 

0.17. 

44 

♦Vieux-Marché,  p.  publ.  n»  ;n. 

Dec.  1883 

59 

0.ai2 

Traect. 

Traces. 

0.1T 

45 

-               -     n«38. 
».  Centre  [partie  basse). 

Dec.  1883 

40 

0.180 

Traces 
dout. 

0 

O.iJfb 

46 

R.  de  Paris,  p.  priv 

PI.  S»-Anioinc.  p.  publ.  ,  .  . 

Août  1873 

35 

8 

47 

Oct.   1880 

Aspect  normal, 
(oùt  fadr. 

56 

0.l6:i 

0 

Traces. 

48 

R.  des  Moutons,  p.  priv.  .  . 

Oct.   1880 

65 

a350 

0 

Tracrs. 

l«* 

49 

♦R.  des  Récollets,  p.  priv.  a.  . 

Fév.  1860 

d'arloe,    saveur 
d'eaa  de  plaie. 

11 

50 

-              —     b.  . 

Août  1878 

Claire,  iood..  bon 
goût. 

54 

0.100 

0.0003 

Traees. 

o.ia 

5i 

-              -      c.  . 

1880 

9 

(ssm 

0 

0 

.  . 

52 

R.  Nolre-Dauie,  p.  priv.  ,  . 

Mai    1883 

OépAt  as*,  ahood' 
d  oxyd.  ferrique. 

36 

32 

0.020 

0 

Traees 

insigaif. 

iuïît 

53 

Marché  au  Poisson,  p.  publ. 

Juill.  188:^ 



ai 

19 

0.046 

0 

0 

O.tisr: 

o\ 

R.  de  la  Laie,  p.  priv.  a.  .  . 

Août  1871 

Claire,  flocons  co- 
lorés ,  inod.,  bon 

goût. 

3i 

0.180 

0 

Trtaet. 

osc\: 

(69) 


ie  ia  ville  de  Leuvain  (suite). 


s   1   UTKE). 


ri^oc. 


Matières 
orga 
nl^vcs. 


CARACTÈBES  DU  RÉSIDU  D'ÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  iiO>. 


Q«aaUt4 
eofT. 
par  1  lit 


BIfeM 

de  la 
calelMitlo 


REMARQUES 
diverse*. 


brra 


um 


0.080 
0.095 

ai9o 

a065 

0.032 
0.040 
0.039 


0.185 


0.060 
0.025 
0.040 

0.045 


0.S0O 

i.900 
4.490 
1.905 
S.780 
i.6i5 
â.230 
i.800 
i.450 
0.960 


4.155 
â.140 
0.e70 
1.000 
0.500 
0.525 
0.710 
0.630 


Hygrose. 


Jaunâtre, 
lijrgroee. 


niane,  bygrose, 


JannAlrr, 
iréft  hyfTBM 


Jaune,  hygrose 


Hygroac. 


Jaunit  un  peu. 

Jaunit  et  noircit 

rorleoicnt, 

blanahit  vite. 

Odeur  forte,  ni- 
ireuM,  noircit  peu. 

Nolreit  peu,  fuse, 
étincelle,  blan- 
chli;  éd.  nitr. 

Perte  de  polde  : 
=0,t&0. 

Perte  de  poide  : 


ficp  K,  Na;  ass.  P^Os; 
traces  Fe;  pas  Mn. 

Ass.  Mn;  traces  K;  pas  P,Os. 


Fend,  noircit  peu 
od.  niireuae. 


Noireii,  blaDchlt 
aM«i  Tlte. 

Uanehlt  rapblen*; 
rorte  od.  empy- 
rcu  ma  tique. 


DIanebit  rapldem* 

forte  od.  empy- 

reumalique. 

Perle  do  poida  : 

=  0.100. 


Xoireit  fortemeni, 
puis  bUncbit; 
od.  nltreuse. 


Devient  . 
brun-noir.  Perle 
de  poids:  =0^060. 


BcpNa;  KjCa^P^OB;  un  peu  Mu, 

SiO,  au  CaS04;  nioyi  P^Os 
et  Mn;  traces  ïe. 

Pas  de  Pb. 


K,  Na,  SiOj,  Fe. 


V.  variât,  subies. 


Slnflllrat.  de  foase. 
Rëaetlon  un  peu 
alcaline;  cas  de 
dyssenterie  dans 
ta  maison. 


Ass.  de  Fe. 


V.  variai,  aubiea. 


(70) 


I.  —  Eaux  de  puits  •rdinaîret 


PKOVKXAXCK. 


DATE. 


CARACTÈRES 

phytiqaet 

et 

organoieptiqaes. 


DURETÉ 


TAHTB. 


TENEUR   (EN  CBAUf 


Aeide 
■lo- 

li<10«. 


Aride 
■loteus. 


Ammo- 
afaqsc. 


■  .S5 

I 

m 

I 
1 

67 

:  •* 

59 
;  60 
,61 

'  62 

63 

'      I 
64 

65 


;  67 

68 
69 
70 
74 


lilllA  i^i^rAleieit  tirnh. 
».  Centre  'partie  basse)  (suite) 
R.  de  1.1  Laie,  p.  priv.  b,  .  . 

—  -     d.  .  . 

—  -./... 

—  p.publ.  .  .  . 
R.  de  Malines,  p.  priv.  a.  .  . 

—  —  b.  .  . 
R.  des  Pénitentes,  p.  publ.  . 
R.  de  la  Fontaine,  p.  publ.  . 
R.  de  Bruxelles,  p.  priv.  .  . 
Voer  des  Capucins,  p.  publ. 

C.  Partie  Nord-Ouest. 

R.  des  Chevaliers,  p.  publ.  . 

R.  du  Souci,  p.  publ 

R.  des  Dominicains  irlandais, 
p.  publ.  n»  67, 

R.  des  Nains,  p.  publ 

R.  de  Tervuercn,  p.  publ.  .  . 


Sept.  1871 
Sept.  1871 
Dec.  1879 
Dec.  1879 
Dec.  1879 

1875 
Juin.  1878 
Juin.  1881 

1873 
Août  1871 
Mai  1883 
Juin.  1883 

Sept.  1871 
Sept.  1871 
Sept.  1871 
Sept.  1871 
Sept.  1871 


TrooMt,  dépôt 
brun-clair,  Mr. 
fcrrug. 


0.027 

0.048 
0.005 


O.Oà 

osai 


Teinte  jaanètre, 
flocons  blnnef, 
bon  |oAt. 

Verie.     un     peu 
mol  lie. 


44 


15 


Gros  flocont  Vruni, 
od.  pt  goût  de 
moiti 

Loucbe. 


Cleirr,  mv.   nor- 
■lale. 


Ctatre,  léger  dépôt 
blanc,  Inod.,  bon 
goût. 


TroDblr,  mauvais 
goût. 


45 


15 


0.225 

o.(m 

0.023 
0.018 

0.130 
0.268 
0.308 
0.112 
0.092 


0 
0 
0 
0 

0 

0.0002 

0 

Trtees. 
0 


0 

0.CO19 
0 
0 

0.0(M2 
0.0011 

0 

0 

0 


i»,uT 
0.1!9 
0.0!« 

0.1 1: 

Ojâl* 
0.091 
0.04Î 


(  71) 


If  la  Tille  de  Louvain  {suite). 


i  {  LITRE). 

CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  DÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  iiO*. 

|U« 

BjJf-. 

MaiMm 

Qaaatité 

■«ecs 

REMARQUES 

Nl> 

gtwt 

•ffa- 

Mfr. 

.%ap««t. 

delà 

Coaaponttloa. 

dlTerte*. 

r^•e. 

ultnim 

•hiit.. 

pari  lit. 

caleiMitloa. 

MQO 

0 

ooso 

0.SO0 

0.090 

0.380 

Blanc. 

noirell  peu  et 
blanchit  aM.  vile. 

BopMn,  Fe;  rnoy»  P4O5,  Na,  K. 

fen.     ■  .  • 

0.06O 
0.060 
0.(H0 
0.020 

0.3S0 
0.550 
0.450 
0.660 

LW4 1  .  .  . 

Lfrii 

ia;> 

.... 

Noircit. 

Moy»  K,  Na;  bcp  P^Ob; 
traces  Fe;  pas  Mn. 

1 
liwa'... 

0.433 
0.070 
0.034 

0.540 

IMR.       ... 

0.595 

Perte  de  pold*  : 

=  0,100. 

ht.     ... 

oo:w 

0,410 

Perte  de  poids  : 

V.  rariat.  subiefl. 

•  r- 

0.0U5 
0.065 
0035 

0.840 

Jaanc*  bygroM 

Jloireit  an  peu, 
blanchit  vite. 

BcpSiO,,K,Na;pasPjOs; 
pas  Mn. 

1 

0.055 
0.030 

1 

0.840 

Jaune,  hyfroac. 

Noircit  et  blanchit 
animale. 

Bcp  PjOs;  Na,  K,  Ca;  pas  Mn. 

Annexe. 


(  72) 
Eaux  de  piiiU  ordinaires  de  la  ?iHe  de  LMiraii 


PROVENANCE. 


UATK. 


DURETÉ 


TENEUR  (ER  GRAVI 


ll^lM. 


Aride 
■Mieux. 


nia^ttc. 


làUlà  géiéraleaeit  idais . 


PI.  de  Liège,  p.  publ. 


Janv.i872 
Aoûl 4878 
Fév.  1884 
Dec.  1883 


320 
128 


R.  de  Tirieuiont,  p.  publ.  n»  81. 


R.  Marie-Thérèse,  p.  publ. 


12 


13 


R.  de  Tirlemont  (R.  Vleminckx  ,  p.  publ.  ' 
n»  12. 


R.  de  Tirlemont,  p.  priv. 


S6 

67 
80 

72 
78 
78 
80 

92 

90 

120 


98 


0.027 

0.i75 


0 

0.0010 


:^o« 

29 


0.240 

O.Ϋ7 
0.415 

0.280 


0.488 
O.S0O 
0.288 
0.495 

0.500 
0.450 
1.217 
0.740 


Traces. 
0 
0 

0 

Traeea 
daul. 

0 
0 
0 
0 


0 

o 

Traces. 
U.OO0O5 

O 
0 
0 
0 


«.n 


o.ai 
o.n 

0^ 

oi; 


0.2S 
O.ïî 
QSt 
038 

0.% 
0.42 
0.49 


{  73) 


lées  à  plusieurs  époques  difl'érenles. 


Annexe. 


ITRE  . 

CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  DÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  4iO«. 

REMARQUES 
diverMt. 

Bydro- 

Matiér» 

ilvmmtHé 
••«r 

par  1  lU. 

A»pMt. 

KWtrn 

de  la 

0 
0 

04150 

0.655 

0030 
0.5*7 

O.Û05 

0.040 
0.048 
0.048 
a063 

0.0SO 
0.0S0 
0.080 

0.500 

«.000 
2.130 

1.270 

2.S80 
1800 

4.04li 

o.8:« 

1282 
2.160 
2.160 
2.020 

HygroM. 

lafus..ooireiif«i, 
btaacbit.peud'od. 

Bcp  PjOs  ;  peu  Na,  Ca  ;  pas  Nn. 

...  1 

0 

Rlane. 

Peu  fus.,  Dc  brtle 
pa»,  aoircit  peu, 
peu  oduraot. 

0 

Bcp  SiOa;  pas  P^Os. 

d'urloet  (?). 

0 

0 

HypoM. 

BcpSi0a.K;pasp405. 

0 
0 

f.olor«. 

Fand,  M  bounou- 

Bcp  PjOs;  ass.  SiOj. 

Perte  de  Midt  : 

1 
ioaitratlan  direete 

d'urioea. 

ruiis  abandonné  ' 

^epuU  lonilemp», 

reccTinl  proba-  | 

bicmeni  des  caax 

ménsfèiet. 

Aprèi  aëcheretse. 

après  pluies.     ' 
Pttltt  reaU   en 
service.         j 

i 

0 
0 

2.415 
2.555 
4.970 
2.615 

Jaane,  bygroac. 

Id. 

Un  peu   fusible, 
un  peu  od. 

Id. 

BcpK^P^Os;  SiO«;  traces  Mn. 

Bcp  P^Os;  SiO,;  |)eu  K; 
traces  Mn. 

0 

i) 

%«ant  le*  pluies.  ■ 

Annexée. 


(74) 
Eaiix  de  |iiii(8  ordinaires  de  U  ville  de  Lu 


1  K 

PROVKNANCK. 

DATE. 

DURETÉ 

TEXfEUR     EU  a 

T«TALS. 

riMis- 

TASTl. 

Addc 
tiqoe. 

AeMc 
•aoieos 

D-q.*. 

lilllA  grnrrilenenl  «dmis 

320 

0.027 

0 

1 

0 

Août  1879 

m 

150 

.  .  . 

0 

u 

Fév.  i880 

Tr««es 

u 

Juin  1880 

1.06â 

0 

û 

.  ^•» 

R.  i\e  Tirlemont,  p.  priv.  luUe) i 

Fév.  1881 

0.400 

0 

Tr«»^     1 

Juin.  188i 

104 

68 

0.465 

0 

M      1 

! 

Mai    1883 

104 

64 

0.660 

0 

•» 

j 

Juin.  1883 

104 

64 

0.648 

Traces. 

U 

.  18 

R.  do  IVrk,  p.  publ.  n"  2?> 

Août  1873 

4â 

;)6 

0.440 

0 

ti    1 

Dec.  188;^ 

68 

0.385 

0 

Tf««J 

i 

Sept.  1871 

36 

13 

0.220 

0 

U      1 

'  19 

R.  do  Namur,  p.  publ.  n»  i9 

Mars  1878 

59 

0 

oi. 

Dec.  188:^ 

48 

0.127 

0 

20 

IM.  do  l'Université,  p.  publ 

.    .    1869 
Mars  1870 
Août  1871 

{ 

44 

0.150 

0 

«     \ 

Mars  1873 

36 

16 

0116 

0 

Avrn  1876 
Nov.  1876 

1 

48 

!  » 

î 

(  73) 
MM  à  plnskurs  époques  dîflei'ciifeB  (suite). 


AuucYC. 


ITRE  . 

CARACTÉKES  DU  RÉSIDU  DÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  ilO». 

REMAItQUKS 
divcran. 

Iblkrc* 

oiqoc*. 

ea  ir. 

pu- 1  lit. 

Aapeet. 

deU 
ealelMailoM. 

0 

0 

0.060 

osoo 

a640 

1 

0 

0 

0 

•  •  • 
0.050 

0.060 

0.060 

0.0BO 
0035 

0055 

3.090 
3.3J5 
3.325 

i.370 
^.590 

Jannitrr, 
hygrote. 

Jaonr. 

Fond,  bUneh.,  fai- 
ble od.  earaacl. 

=  0,700. 

Xoircil.  puis  blan 

SiOa  =  0,038;  CaO  =  0,515; 
MgO  -  0,065. 

Bcp  Na,  K,  Ca:  ass.  SiO^,  Mn, 

(1 

P4O5;  pas  Fe. 

0066 

0 

0.0(5 

0.030 
0.030 

0.855 

0.9i0 
0.880 
0.800 
0.840 
0.880 

0 

l> 

0 

AnneiKe. 


(  70  ) 
Eaiix  de  pnUs  ordinaii'es  et  la  ville  de 


£ 

DCRETÉ 

TCKEva  :eîc 

rs 
g. 

PROVENAXCK. 

DATE. 

TOTAU. 

KBftM- 

Aeidc 

Aeidr 

à»^ 

e 

TARTS. 

liHoe. 

axAleu. 

nit^t.' 

IIIIIA  f^oérileiieot  jdiiis 

.... 

32» 

0.027 

0 

0 

Août  1878 

.  .  . 

.     .     . 

0 

0 

Août  i879 

43 

19« 

ti 

0 

Juin  i880 

.  .  . 

0.155 

0 

ù 

i*0 

PI.  de  l'Université,  p.  publ.  {ntUte) .... 

Juin.  1884 

16 

22 

0466 

0 

ft 

Mai    1883 

46 

24 

0.120 

0 

b 

Juin.  188;^ 

46 

24 

0.108 

0 

U 

.  Dec.  188:^ 
1 

45 

.   ;    . 

Traces 

«iMt. 

U  ! 

22 

R.  de  Tirlemont  (R.  de  la  Monnaie), 
p.  publ.  n»  28. 

1 
Juitl.  1873 

Dec.  188;i 

41 
58 

19 

0.260 
0.365 

0 

0 

0 
U 

23 

PI.  du  Peuple,  p.  publ 

Sept.  1871 
[  Dec.  1883 

72 

56 

0.560 

Traces. 

Tnee». 

68 

0.366 

0 

Tnw* 

Sept.  1869 

.  .  . 

0 

Tnta. 

Sept.  1871 

60 

15 

0.460 

u.ooois 

O.OWTI 

21 

R.  de  Mareugo,  \k  priv 

Dec.  1872 

104 

0 

0 

Dec.  187(i 

G 

0 

Fév.  1881 

55 

0.248 

0 

0 

25 

♦R.  de  la  Station,  p.  priv.  a 

Mai    1871 

Août  1871 

91 

40 

0.710 

0 

0 

• 

(77) 
lifi  à  plnsi««rft  époques  différentes  (suiié). 


Annexe. 


C^.e 


aiqmfl. 


CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  DÈVAPORATION  SÉCHÉ  A  110». 


eiigr. 
par  1  Ut. 


Ampmmt, 


RVotn 

de  la 
c«lelMa«l*M. 


CoHiposICloM. 


REMARQUES 
diTcrtet. 


O.Ofô 


O.iOO 

0.865 


JauDitre, 
hygrotc. 


Ass.  SiO^PjOsîMn? 


0.025 

o.o:io 
o.o:« 


1.06B 
1.0d5 
1.095 


CaO  =  0,165;  MgO  =  0,030;  SiO, 
ou  résidu  insoluble  ^  0,035. 

CaO  =  0,040. 


Perte  de  pold« 


le  de  poldi 


.   .       0.085 

I 

0    I  0030 

I 

ol... 

I 
0       0.565 

0065 


0.425 


1.195 
1.330 

1.555 
1.540 

1.6â0 
1325 

2.000 


Î.840 
MOO 


Uygrotc. 


Bcp  Na;  mov*  K;  pas  Mn 
ni  P^Ov 


Oyiroic. 


Se  fonce  &  peine, 
blaneliil  vite. 


Bc|»Si0i.Pa05;K,  Na. 


InflKration  directe 
d'orioe*  T 


Bygroee. 
Id. 


Fand*  vap  rull- 
Isotea,  j.iuail, 
iioirrit  pea. 

Id. 


BcpK,  Na;Pa05,Mn. 


Hygroic. 


Annexe. 


(78) 
Eaux  de  puKs  ordinaires  de  la  ville  de  Uâ 


PROVENANCE. 


DATE. 


DURETÉ 


TEKErR  (D  Ci 


ti^ttc 


AciUe 
•xoieax. 


128 


ai 


32 


lAIIli  géBénleaenl  linis  . 


R.  de  la  Station,  p.  priv.  d  . 


Mars  1878 
Fév.  d88i 


5H 


m 


1871 
*R.  du  Chêne,  p.  publ l  Avril  1878 

Dec.  1883 

I 

.  Août  1871 
R.  de  la  Monnaie,  p.  publ.  n°  23 

■  Mars  1878 

.  Juin  1873 
Vieux-Marché,  p.  publ.  n°  <Xè. 

Dec.  1883 

.  Août  1871 
Marché  au  Poisson,  p.  publ. 

Juin.  1883 

Sept.  1871 

.  Août  1878 
Yocr  des  Capucins,  p.  publ, 

Mai    1883 

Juin. 1883 


M» 

<ni 

52 

iSO 
69 
80 

50 
59 

40 
40 

50 
34 


31» 


0.027 

0.206 
0.206 

0.4«) 


0 

0 
0 

0 


0.320 


27 

12 

19 


0.180 

a096 
0.046 

0.052 


Traces 


0 

0 


I 
n 

O.MMa..  < 

0 

u 


3:1 


15 


0030 
0.018 


(  79  ) 
•IvsMs  à   plusieurs  époques  différentes  (suite). 


Annexe. 


1  UTBC  ;.. 

CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  DÉVAPORATION  SÉCHÉ  A   HO". 

Rfc:il  ARQUES 
diverses.        i 

o*      sulfoxë. 

MatiéFCS 

orgn- 
alques. 

Qaantlté 

en  jr. 

pari  lit. 

.tapect. 

de  la 
«alclMacloa. 

CooipoalCloM. 

NI 

o 

<> 

O.080 

O.005 

osoo 

1 

1 

<5 

O.O0O 
O.400 
O.05U 

O.080 

2.700 

Hjrgrose. 

Jaunit  vlblanchil 
»••.  facilement. 

BcpMn,Fe,K,Na;pcuP,05, 
pas  SiOï- 

Proximité  d'aoe 
saline. 

3.86Û 

78 

(1 

O.030 

O&SO 

0.030 
0.030 

0.9G0 

Ilygroic. 

Vap.    rutilamet 
abondanlet,  oe 
noircit  pas. 

In  peu  K,  Ca,  Na;  traces  Mn, 

1 

i 

0.710 

.  .  . 

0:^25 
0.410 
0.440 

Non  liy^riMc. 

Noircit  et  blancbit 
lenicmeni. 

BcpNa;  moy»  K,  peu  SiO<, 
pas  P.Os. 

l*erle  de  uuids  : 
=  0,100 

i 

■ 

(  80) 

GROUPEMENTS 

d'après  les  teneurs  en  matièkbs  diverses. 


Pour  arriver  plus  facilement  à  nous  représenter  d'une 
manière  générale  les  qualités  des  diverses  eaux  de  puits  de 
Louvain ,  nous  allons  les  grouper  successivement  d'après  leur 
teneur  en  matières  organiques — acide  azoteux,  ammoniaque, 
acide  azotique,  chlore,  acide  sulfurique,  résidu  d'évaporation 
et  degrés  hydrotimétriques,  —  en  commençant  par  les  teneurs 
les  plus  faibles. 

rreneurs    en    matlëres    ox*g;axiiques. 


Partie  Sud-Est  de  la  ville. 


UÉSIG  NATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  provenance.) 


Gram 

met 

par  i  lii. 


Centre  (partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N'  ei  proTenanee.) 


mes 
pari  m 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  proTenanee.) 


Gna- 

ma 

parllit. 


29.  R.  de  la  Station,  p. 
priv.  e. 

âO.  PI.  de  l'Université,  p. 
publ. 

23.  R.  de  Tirlem.  (R.  de 
la  Mon.),  p.  publ.  n»  28. 

4t>.  Vieux-Març.,  p.  publ. 
n«38. 

43,  R.    des   Vaches,   p. 
priv.  c. 

18.  R.  de  Perk,  p.  publ. 
no  25. 

il.  R.  des  Joy.-Entr.,  p. 
priv.  c. 

10.  R.  des  Joy.-Entr.,  p. 
priv.  b, 

-U.  ♦Vieux  -  Marché ,   p. 
publ.  n"  37. 


0.030 
0.030 
0.030 
0.030 
0.032 
0.035 

o.o:{8 

0.040 
0.040 


58.  R.  de  la  Laie,  p.  pr,e. 

59.  —         -        /. 

65.  R.  de  Bruxelles,  p. 

priv. 

54.  R.  des  Récollets,  p. 
priv.  c. 

66.  Voer  des   Capucins, 

p.  publ. 

53.  Marché  au  Poisson, 
p.  publ. 


0.010 
0.020 
0.024 
0.025 

o.o:w 
o.o:« 


71.  R.  de  Tervueren,  p. 
publ. 


6f).  R.  des  Dominicains 
irlandais,  p.  publ. 


62.  R.  Notre-Dame,  p. 
priv. 


0.040 


O.a^iJ 


o.o;v» 


(81  ) 

rreneiirs    en    matlèrea    organiques  [suiie). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DÉSIGHATIOX  DES  EAUX. 
(!l*  «I  proTCsanee.) 


GruB. 
p«r  1  m. 


Centre  (  partie  basse). 


DESIGN ATIOIf  DES  EAUX. 
(  R*  et  provenanee.) 


Gram* 
met 

pari  m. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  If"  et  provanaDca  ) 


Gram- 
m«a 

pari  lit. 


Id  R.VIeiniiickx,p.priv. 

i.  R.desBourgi]].(R.de 
Tirlemont),  p.  publ. 

19.  R.  de  Namar,  p.  publ. 
n«i9. 

5  R.  de  Tirlemont,  p. 
publ.  D*  34. 

13.  R.  de  Tirlemont,  p. 
priv. 

M.  «R.daChén^p.pabl. 


35.  R.des Cordes, p.  publ. 

9.  *R    des  Joy.-Enlr., 
p.  prÎT.  a. 

41.  R.    des   Vacbes,   p. 
priv.  a. 

i4.  R.deNarpngo,p.priv. 


Zi  S'-Qoentin ,  p.  publ. 
n»46. 

38.  R  deDiest,  p.  publ. 


o.atô 

0.045 
O.0tô 
0.047 
0.0S0 

o.osa 

0.0S5 
0.060 

O.OlK> 

0.065 

0.080 
0.080 
0.080 


54.  R.  (le  la  Laie,  p.  pr.a. 


0.045 


56.  R.delaLaie,p.priv.c. 

50.  R.  des  Récollets,  p. 
priv.  h. 


57.  R.  de  la  Laie.  p.  priv.  d. 


t>(.  R.  delà  Fontaine,  p, 
publ. 


0.050 
0.050 


0060 


0.070 


70.  R.  des  Nains,  p.  publ. 


68.  R.  du  Souci,  p.  publ. 


0055 


0.065 


31  R.  de  la  Monnaie,  p. 
pubL  n*  £). 

14.  R.  des  Corbeaux,  p.   0.080 
pobl. 

1.V  R.TIemiockx,p.pubI.   0.065 
n««. 

y&.  R.  des   Poulets,   p.   0.085 
pobl.  Il*  35. 

I.  «Contre  le  cimetière,   0.085 
p.  priv. 

:tt.  R.  de  Savoie  .R.  de   0.090 
Tirleniont;,  p  pobl. 

:n.  PL  Marquer.,  p.  publ.    0.095 

Tome  XXXVIL 


55.  R.  de  la  Laie,  p.  priv.  b. 


O.OîK) 


67.  R.  des  Chevaliers,  p. 
publ. 


0.09ii 


(82) 


^^eneurs»    en    matières    organiques  {suite). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  provenance.) 


Gram- 
par  1  lit, 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  prorcnanee  ) 


Gram- 
mes 
par  I  lit. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAl'X. 
(V  cl  provenance.) 


OH' 


:i!K  R.  de  la  Cuiller,  p.    0.< 
publ.  I 

a  R.  Marie-Thérèse,  p.    O.Û9o 
publ. 

£().  ♦R.  de  la  Station,  p.    O.iÛO 
priv.  bi 


"H'y.  *\V.  de  la  Station,  p. 
priv.  a. 

7.  *R.  des  Regards,  p. 
|)riv.  a. 


40.  ♦R.  S*-Marlin,  p.  priv, 

S.  R.  des  Hogards,  p, 
priv.  b. 


2;t.  Place  du  l'euple,  p. 
publ. 

l!2.  R.deTirl.  (R.Vlem.), 
p.  pubi. 

2,  IM.'dp  Liège,  p.  publ. 


MOYENXK.  . 


O.lâo 

o.no 

O.liW 
0.1280 

0.565 
0.625 

0.653 

1 

0.1i8 


47.  PI. S» -Antoine, p. publ, 


611  R.  des  Pénitentes ,  p. 
publ. 


0.i88 


0.4:^5 


MOVKXNK.  .  . 


0.il6 


Moyenne.  .  . . 


O.OSH 


*  Ces  teneurs  si  élevées  pour  les  n»»  23,  42  et  2  semblent  anormales  et  dues  probablement  à  d*»^ 
infiltrations,  accidentelles  et  directes  d'urirtes? 


(83) 

Teneurs  en  matières  organiques.  —  Le  sous-sol  de  la  vilh^ 
de  Louvain  ne  renfermant  pas  de  lits  réguliers  de  tourbe,  ni 
d'autres  sources  extraordinaires  de  substances  organiques 
d'origine  végétale,  nous  pouvons  adopter  sans  Télargir,  pour 
la  teneur  d'une  eau  alimentaire  en  matières  oi^niques,  la 
limite  ordinaire  de  0«',050. 

Nous  voyons  que,  sur  58  eaux  examinées, 

27,  soit  47  p.  c,  ont  des  teneurs  ne  dépassant  pas  la. limite,  à 
savoir  : 

Dans  la  partie  S.-Ë (sur  38  eaux]  15,  ou  89  p.  c. 

--  centrale    .    .    .  (sur  15  eaux)  iO,  ou  66  p.  c. 

—  N.-O isur  5  eaux)   2.  ou  40  p.  c. 

81,  soit  53  p.  c,  ont  des  teneurs  dépassant  la  limite.  Parmi 
celles-ci, 

±2,  soit  38  p.  c,  ont  des  teneurs  comprises  entre  0«',050  et 
Oi^,100,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E.    .    .    .    .  (sur  88  eaux)  i6,  ou  4S  p.  c. 

—  centrale   .    .    .  (sur  15  eaux)   3,  ou  SO  p.  c. 

—  N.-O (sur   5  eaux)   3,  ou  60  p.  c. 

9,  soit  15  p.  c,  ont  des  teneurs  qui  dépassent  0«',100,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E (sur  38  eaux)   7 ,  ou  18  p.  c. 

—  centrale    .    .    .  (sur  15  eaux)   3,  ou  14  p.  c. 

—  N.-O (sur  5  eaux)   0. 

Du  chef  des  matières  organiques,  une  quantité  d'eaux  rela- 
tivement restreinte  serait  donc  à  ranger  parmi  les  mauvaises; 
soit  : 

Bonnes \    n 

Passables j    -éT  p.  c. 

Mauvaises 53  p.  c. 


(84) 

':reiietirs    en    acide    azoteux. 


Partie  Sud-Est  de  la  ville. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  prorenanac.) 


Gram- 
par  1  liu 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  prortnanee.) 


Grain> 

met 

par  1  lit. 


Partie  Nord- Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  NO  et  proTcnaooe.} 


18.  R.  de  Tirlemont,  p. 

priv. 

28.  Pl.duPcuple,p.publ. 

i.  PI.  de  Liège,  p.-|)ubl. 

i8.  R.  de  Perk,  p.  pubi, 
no25. 

«S.  R.  de  Tirlemont,  p. 
publ.  no  31. 

13.  R.Vleminckx.p.publ. 
flo  18. 

11  R.  de  ïirl.  fR.  Vle- 
minckx),  p.  publ.  n"  1â. 

âO.  PI.  de  l'Université,  p. 
publ. 

21.  ♦PI.  de  l'Université, 
p.  priv. 

4.  R.  des  Bourgmestres 
(R.  deTirl.),  p.  publ. 

9.  ♦R.  des  Joy.-Entr..  p. 
priv.  a, 

10.  -  —       6. 

11.  -         - 

19.  R.  de  Namur,  p.  publ. 

ûM9. 

35.  «R.  de  la  Station,  p. 
priv. 

27.  *      -         - 


â8. 


d. 


2i.  R.  de  Tirlem.  ^R.  de 
laMonD.),p.  publ.  no  28. 

6.  R.  Marie-Thérèse,  p. 

publ. 

:^.  R.  de  la  Monnaie,  p. 
publ.  n«  2;i 

7.  ♦R.  des  Bogards,  p. 

priv.  a. 


48.  R.  des  Moutous,  p. 
priv. 

64.  R.  de  la  Fontaine,  p. 
publ. 

65.  R.  de  Bruxelles,  p. 
priv. 

51.  R.  des  RécolleU,  p. 
priv.  c. 

51  R.  Notre-Dame,  p. 
priv. 

54.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  a. 

65.  —         ~       6. 

56.  -  -  c. 

57.  -  -  d. 

58.  -  -  lî. 
-  -  /. 

53.  Marché  au  Poisson, 
p.  publ. 

iôS.  R.  des  Pénitentes,  p. 
publ. 

66.  Voer  des  Capucins, 
p.  publ. 

47.  PI.  Saint-Antoine,  p. 
publ. 


67.  Rue  des  Chevaliers,      n 
p.  publ. 

71.  R.  de  Tervueren,  p.      » 
publ.  I 

69.  R.  des  Dominic.  irl..i     i* 
p.  publ.  I 


(85) 

T^enoux-s    en    aoide    aaeoteux.  [9itUe\ 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


Centre  (  partie  basse). 


Partie  Nord-Ouest. 


flESIGKATI05  DES  EACX. 

[  S*  tt  preveaaDcc.) 


Grain - 

MrliU 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  proTcaaoc*.) 


Gram- 
par  1  lit. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(S»  et  proveoan«e.) 


Gram- 
aae* 

l>ar  I  m. 


.>K  R.  de  Savoie  (R.  de 
TirlemoDt),  p.  publ. 

:{|.  *R.daCbéne,p.pabl. 

:t9  R.  de  la  Cuiller,  p. 
pabl. 

:«  R.  de  Diest.  p.  pabl. 

■'*  t .  R.  des  Vaches,  p.  pr.  a. 

il        —         -       6. 

VA.         —  —        c. 

Ti.  PI.  Narguer.,  p.  publ. 

:>>.  R.  des  Poulets,  p. 
pabl.  n*  35. 

*h.  Vieai-Narcb.,p.publ. 
n«3a 

♦♦.  ♦        —         n«  37. 

Iti.  R.  Yleminckx,  p.  priv. 

:ci  S>- Quentin,  p.  publ. 
n«46. 

i;.  R.  des  Corbeaux,  p. 
publ. 

I.  *Contrc  le  cimetière. 

p.priv. 

JH.  *R.  de  la  Station,  p. 

priv.  b, 

H.  R.  des  Bogards,  p. 

r*v.  b. 
Narengo,  p. 
priv. 
i^.  R.  d«  la  SUtion,  p. 

priv.  e. 
U»  •R.S»-Martin,p.priT. 

'^K  R.  des  Cordes,   p. 
publ. 


Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 

Not. 
0.00(H 
0.0002 
0.0002 
0.0002 


70.  R.  des  Nains,  p.  publ. 


68.  R.  du  Souci,  p.  publ. 


O.OOOâ 


tSO.  R.  des  Récollets,  p. 
priv.  b. 


0.0003 


(86) 

Teneurs  en  acide  azoteux.  —  Nous  avons  vu  que,  lorsc^ue 
Tacide  azoteux  se  rencontre  dans  une  eau,  en  si  petite  quantité 
(jue  ce  soit,  cette  eau  doit  être  considérée  comme  suspecte, 
l^our  ne  pas  la  déclarer  dangereuse,  il  faut  des  circonstances 
exceptionnelles,  comme  une  teneur  très  faible  en  matières 
organiques  et  en  acide  azotique,  et  la  disparition  complète  de 
Facide  azoteux  lors  des  vérifications  effectuées  dans  la  suite. 
Si,  au  contraire,  cet  élément  se  trouve  à  plusieurs  reprises 
renfermé  dans  une  eau,  on  doit  la  cx)ndamner  d'une  manière 
absolue. 

On  voit  que,  sur  63  eîaux  de  puits  examinées, 
i8,  ou  76  p.  c,  ne  renferment  pas  d'acide  azoteux,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  8.-E (sur  42  eaux;  90,  ou  71  p.  c. 

—  centrale    .    .    .  (sur  16  eaux)  i5,  ou  94  p.  c. 

—  N.-O (sur    5  eaux)   3,  ou  60  p.  c 

lo,  OU  24  p.  c,  en  renferment.  Parmi  ces  dernières, 
8,  ou  43  p.  c,  en  renferment  des  traces  seulement,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E ,sur  42  eaux)  7 ,  ou  17  p.  c 

—  centrale   .    .    .  ysur  16  eaux)  0. 

~  N.-O ;sur  5  eaux;  i,  ou  20  p.  c. 

7,  OU  H  p.  c,  en  renferment  une  quantité  notable,  soit  : 

Dans  la  partie  S.-E (sur  42  eaux)  5,  ou  12  p.  c 

—  centrale    .    .    .  (sur  i6  eaux)  4,  ou   6  p.  c 

—  N.-O (sur  5  eaux)  4 ,  ou  20  p.  c. 

La  plupart  des  eaux  sont  donc  exemptes  d'acide  azoteux. 
Peuvent  être  considérées,  du  chef  de  cet  élément,  comme  : 

Bonnes 76  p.  c. 

Passables i3  p.  c. 

Mauvaises M  p.  r. 


(«7  ) 


li^eneni's    «i»n    aiumoniaQUi^. 


Partie  Sud- Est  de  la 

ville. 

Gram. 
ma 

par  1  lit. 

Centre  (  partie  bas 

se). 

Grain- 
p»  1  iil. 

Partie  Nord-Ouest. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

DÉSIC.NATION  DES  EAUX. 
(  .>!•  et  provenaoee.) 

Gram- 

met 

parllit. 

!:î.  R.dc  Tiricm.,  p.  priT. 

Il  R,  de  Tirl.  (R.  Vie- 
minkx),  p.  pnbl. 

Tk  R.d«Tirlcin^p.publ. 
15.  RV]«minckx,p.publ. 

0 
0 

0 

0 

53.  Marché  au  Poisson, 
p.  publ. 

66.  Voer  des  Capucins, 
p.  publ. 

55.  R.  de  la  Laie,  p.pr.  b. 

56.  —         -        c. 

0 
0 
0 
0 

71.  R.  de  Tervueren,  p. 
publ. 

70.  R.  des  Nains,  p  publ. 

69.  R.  des  Dominicains 
iriandais,  p.  publ. 

0 
0 
0 

".  *R,  des  Bogards,  p. 
priv.  a. 

î».  *R.desJoy..EDtr.,p. 
prÎT.              o. 

10.         —         —       b. 

0 

0 

0 

57.  —         —       d. 

58.  -         -       e. 

59.  -         -       /. 

0 
0 
0 

tf.  R.  Marie-Thérèse,  p. 
pabl. 

S.  *h.  de  la  Station,  p 
pri?.              a. 

*.*      -         -        ft. 
?î.*      -          -       c. 

0 
0 
0 
0 

63.  R.  des  Pénitentes,  p. 
publ. 

65.  R.  de  Bruxelles,  p. 
pri?. 

51.  R.  des  Récollets,  p. 
priv.  r.. 

0 
0 
0 

«.        -         -       r/. 

0 

*.        -         -        ^. 

0 

i  Pl.deLièg6,p.  publ. 

0 

iJ.  Pl.derUin>ersité,p. 
publ. 

W.  R.  de  Hamur,  p.  publ. 
n*  19. 

0 
0 

•«.  S«-ttuentin,  p.  publ. 
n*  46. 

W.  K  des  Corbeaux,  p. 
publ. 

ilR.  deTirlem.  ;R.  de 
la  Monnaie),  p.  publ. 

0 
0 
0 

(88) 

rrenevurs    en    axtunoniaque  (suite). 


Partie  Sud-Est  de  la  ville. 


DÉSIGNATIOM  DES  EAUX. 
(n*  et  provenaoee.) 


Graoï. 

DM 

par  1  Ht. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  proTenanee.) 


Gram- 

IDM 

par  i  m, 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(H*  et  proreaaaee.) 


^i.  *P1.  de  l'Université, 
p.  priv. 

'Ai,  R.  de  la  Monnaie,  p 
pabl.n«S3. 

30.  R.  de  SaToie  (R.  de 
Tirlemont),  p.  publ. 

84.  *R.  du  Chêne, p.  publ. 

m.  R.  de  la  Cuiller,  p. 
publ. 

H7.  PI.  Marguer.,  p.  publ. 

l: 


4'2.  R.   des   Vaches, 
priv. 

43.         - 


45.  Vieux  -  Marché  .    p, 
publ.  n«  38. 


11.  R.  des  Joy-Entr.,  p. 
priv.  c. 

48.  R.  de  Perk.,  p.  publ. 
n*26. 

'23.  PI.  du  Peuple,  p.  publ. 

44.  *Vieux- Marché,    p. 
publ.  n»  37. 

M.  R.    des   Vaches,   p. 
priv.  a. 

4.  R.  des  Bonrgm.  (R. 
de  Tirlemont),  p.  publ. 

46.  R.VIeminckXfp.  priv. 

i.  *Contre  le  cimetière, 
p.  priv. 

:%.  R.  de  Oiest.p.  publ 

IMi.  l\.  des   Poulets,    p. 
publ.  n»  35. 


doot. 

Id. 
Id. 


Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 


6i  R.   Notre-Dame,   p. 
priv. 

48.  R.  des  Moutons,  p. 
priv. 

47.  PI.  Saint-Antoine,  p. 
publ. 

KO.  R.  des  Récollets,  p. 
priv.  b. 

54.  R.dcIaLaic,p.  pr.  0 


8.  R    des  Bogards,  p.     roi. 
priv.  b.  I 


Traces 
dont. 


Id. 
Id. 
Id. 


(89) 

l^eneui-s    en    ammoniaque   {suite). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


I^ICEIAn05  DES  BAUX. 
<!l"  H  praveosncc.) 


GraiB- 
pwlUt. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  tt  proTcnance.) 


Gram- 
par  I  lit. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  proTrnaocc.) 


Gram- 
me» 
par  lia. 


a  R.  de  Marengo,   p. 
priT. 

:«.  R.   des  Cordes,  p. 
pobl. 


^y  *R.  Saim-Martin,  p. 
priv. 


0.0007 
O.OOiO 

0.0045 


68.  R.  du  Soaci ,  p.  publ. 

67.  R.  des  Chevaliers,  p. 
publ. 


64.  R.  de  la  Fontaine,  p.  0.0019 
publ. I 


0.0044 
0.001^ 


Les  observations  que  nous  avons  faites  (p.  86)  au  sujet  de 
rimportanceàattribuer  à  la  teneur,  même  très  faible,  d'une  eau 
en  acide  azoteux,  sont  entièrement  applicables  à  l'ammoniaque. 

Sur  63  eaux  examinées, 
il,  ou  65  p.  c,  ne  renferment  pas  d'ammoniaque,  à  savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  42  eaux)  28,  ou  67  p.  c. 

—  centre     —       (sur  46  eaux)  40.  ou  62  p.  c. 

—  N.-O.       —       (sur  5  eaux)   3,  ou  60  p.  c. 

ââ,  ou  38  p.  c,  en  contiennent;  et  parmi  ces  dernières, 

15,  ou  24  p.  c,  en  renferment  des  traces  seulement,  à  savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ^ille  (sur  42  eaux)  40,  ou  24  p.  c. 

—  centre     —        (sur  46  eaux)   5,  ou  34  p.  f. 

—  N.-O.       —       (sur   5  eaux)  0. 

7,  ou  11  p.  c,  en  renferment  des  quantités  notables,  u  savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  42  eaux)  4,  ou  9  p.  c. 

—  centre      ~       (sur  46  eaux)  4,  ou   7  p.  c. 

—  N.-O.       —       (sur  5  eaux)  2 ,  ou  40  p.  c 

La  plus  grande  partie  des  eaux  ne  renferment  donc  pas 
d'ammoniaque  et  peuvent,  du  chef  de  la  teneur  en  cette 
matière,  être  rangées  dans  la  catégorie  de  «  bonnes  »  ;  soit  : 

Ronnes 65  p.  c. 

Passables 24  p.  c. 

Mauvaises 4!  p.  c. 


(90) 


^JTenetir»    en    acide    azotique. 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DESIGNATION  DES  EAUX. 
(  ?i*  cl  provenance.) 


Gram- 

parilit. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(M*  et  provenanee.) 


Gram- 
me* 
par  I  lit. 


Partie  Nord- Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

(!9«  et  proTenaaee.) 


ptfll'U 


64.  R.  de  la  FonUine,  p. 
publ. 

66.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  c. 

66.  Voer  des  Capucins,  p. 
publ. 

51  R.  Notre -Daine,  p. 
priv. 

6r>.  R.  de  Bruxelles ,  p. 
priv. 


54.  R.  des  Récollets,  p. 

priv.c. 

53.  Marché  au  Poisson, 
p.  publ. 

55.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  b. 


50.  R.  des  Récollets,  p. 
priv.^. 


0.(X)5 
0.005 
0.018 
0.0i0 
0.023 

0.035 
0046 
0.048 

0.100 


71.  R.  de  Tervuercn,  p. 
pubL 


O.OW 


^).  PI.  de  r  Univers]  té,  p. 
publ. 


19.  R.  (le  Nanmr,  p.  publ. 
n«  19. 


16.  R.  VIeminckx,  p.  priv. 

45.  Vieux  Narch.,  p.  publ 
n«:«. 

15.  R.VIeminckx,p.pubI. 
n»18. 


0.108 


0.127 


0177 
0.180 
0.200 


70.  R.  des  Nains,  p.  pubL 


67.  R.  des  Chevaliers,  p. 
publ. 


O.Hi 


0.1311 


47.  PI.  Saint' Antoine,  p. 
publ. 


54.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  a. 


0.465 


0.180 


(91  ) 


rreneurs    en    acide    azoliciixe  [suiie). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DC$IC!IATI05  DES  EAUX. 


Gr«m< 

Mrllli. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(X*  «t  iiroTenanee.) 


Gram- 
Mrllit. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  piwtiMBee.J 


Graïu- 
Mrllit. 


^  R.  de  la  Station,  p, 
priv.  d, 

H  S'-QueDtin,  p.  publ. 


\\.  R.  des    Vaches,   p. 
priv.  a. 

1  PL  de  Liège,  p.  pobl 

H.  R.  des  Joy.-Eotr..  p. 
prif.  e. 

Sl  r.  des  Bogards,  p. 
prif.  h. 


6.  R  Harie-Thérèse,  p. 
pobl. 

«I.  R.  de  Safoie  (R.  de 
TirlemoDt),  p.  pobl. 

i*.  R.  de  la  Sutioo,  p. 
prif.e. 

't.  *R.  des  Bogards,  p. 
prif.  a. 


•fcL  R.  de  la  Monnaie,  p. 
piibl.n*i». 

\.  «Contre  le  cimetière, 

p.  prif. 
:iK.  R.  des  Poulets, 
fBbln*35. 

i.  R.  des  Bourgmestres 
R  deTirL},  p.  pobl. 

U.  «Vieux- Marché, 
pobl.  n«  37. 


il  R.4eTirlem.  (R.  de 
UNoDn.),p.publ.  n«28. 

t\.  Pl.dnPcnple,p.publ. 


0.906 
O.S90 

0.3i8 
0.240 
0.»0 
0.280 

0.280 
0.296 
0.300 
0.300 

0.3âO 
0.3SO 
0.320 
0.337 
0.342 

0.365 
0.366 


63.  R.  des  Pénitente»,  p. 
publ. 


0.225 


48.  R.  des  Moutons,  p. 
priv. 


68.  R.  du  Souci,  p.  publ. 


ai2H8 


R.  des  Dominio.  irl. 
p.  publ. 


o.:iOK 


o.:fôo 


(92) 


rroneurs    en    aoifle    aasotique   v^///ie;. 


Partie  Sud-Est  de  la  ville. 


DKSIGNATION  DES  EAUX. 
(  X"  et  proTtnaace.) 


Graai- 

mes 

par  1  lit. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  provenance.) 


Gram- 

mei 

par  I  lit 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(!(•  ei  provmaacc.) 


pariiiL 


18   R.  de  Perk,  p.  pobl, 
n«»25. 

:W.  R.  de  la  Cuiller,  p. 
publ. 

:^.  R.  de  Diest,  p.  publ. 

5.  R.  de  Tirlemont,  p, 
publ.  n»  31. 

'h\.  R.   des  Vaches,   p. 
priv.  c. 

10.  R.  des  Joy.-Entr.,  p. 
priv.  b. 

;^S.  R.   des   Cordes,   p. 
publ. 

:i7.  PI.Marguer.,  p.  publ 

!24.  R.  de  MarengOy   p. 
priv. 

18.  R.  de  Tirlemont,  p. 
priv. 

li.  R.  des  Corbeaux,  p. 
publ. 

1:2.  R.  de  Tirl.  (R.  Vle- 
ininckx),  p.  publ.  n»  il 

9.  ♦R.desJoy.-Eûtr.,p. 
priv.  a. 

"li^.  *K.  de  la  Station,  p. 
priv.  a. 

40.  *R.  Saint-Martin,  p. 
priv. 

^.  *K .  de  la  Station,  p, 
priv.  b. 


Moyenne.  .  . 


0.385 
0.390 
0.400 
0.445 
0.4â0 
0.425 
0.440 
0.440 
0.460 
0.465 
0.480 
0.495 
0.600 
0.710 
0.880 
0.960 


0.371 


Moyenne. 


0.094 


Moyenne.  .  .  .   0,!8i 


(93  ) 

Teneurs  en  acide  azotique.  —  Avec  la  limite  généralement 
admise,  0k^,027  par  1  litre,  nous  trouvons  que  sur  56  eaux 
examinées, 

•>,  ou  9  p.  e.,  ont  des  teneurs  qui  ne  dépassent  pas  cette 
limite,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E.  de  la  ville  (sur  38  eaux>  0. 

—  centrale    —      (sur  i3  eaux)  8,  ou  39  p.  c. 

—  N  -0.        —       (sur  8  eaax)  0. 

ol,  OU  91  p.  c,  ont  des  teneurs  qui  dépassent  cette  limite. 

Du  chef  de  la  teneur  en  acide  azotique,  5  eaux  de  puits 
seraient  donc  admissibles  comme  bonnes.  Malheureusement  il 
n'en  est  pas  ainsi  pour  ces  mêmes  eaux  du  chef  de  la  teneur 
en  matières  organiques ,  ammoniaque,  etc.  Ainsi  : 

64.  R.  de  la  Fontaine,  p.  pubL,  renferme  de  l'ammoniaque 
et  une  quantité  trop  forte  de  matières  organiques; 

52.  R.  Notre-Dame,  p.  priv.,  contient  des  traces  d'ammo- 
niaque ; 

56.  R.  de  la  Laie,  p.  priv.  c,  —  65.  R.  de  Bruxelles,  p.  prit»., 
—  et  66.  Voer  des  Capucins,  p.  pubL,  ont  besoin,  surtout  à 
cause  de  leur  situation  dans  le  bas  de  la  ville,  d'être  vérifiées 
au  point  de  vue  de  l'ammoniaque. 

En  admettant  comme  maximum  0«^'',100  de  N^O^,  teneur 
quintuple  de  la  limite  généralement  admise,parmi  les  51  eaux 
dont  la  teneur  dépasse  la  limite  ordinaire, 

.^>,  ou  9  p.  c,  pourraient  encore  être  considérées  comme 
Ixmnes  ou  au  moins  comme  passables,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E.  de  la  ville  (sur  38  eaux)  0. 

—  centrale    —       (sur  43  eaux)  4,  ou  31  p.  c. 

—  N.-O.        —        sur   5  eaux)  i ,  ou  20  p.  c. 

U),  OU  8â  p.  e.,  devraient  être  rejetées. 

En  ce  qui  concerne  les  eaux  dont  la  teneur  en  acide  azotique 
est  comprise  entre  0«f',027  et  O^^slOO,  remarquons  que  : 

50,  R.  des  Récollets,  p.  priv.  b,  renferme  des  traces  d'am- 
moniaque*, une  quantité  notable  d'acide  azoteux,  ainsi  que 


(94) 

(I(»s  leneurs  trop  élevées  en  résidu  fixe,  en  acide  sulfurique  et 
en  chlore; 

5ù.  jR.  de  la  Laie,  p.  piiv.  b,  contient  une  praportion  trop 
considérable  de  matières  organiques; 

5o.  Marché  au  Poisson,  p.  pubL,  a  été  trouvée  une  fois  ren- 
fermant de  l'ammoniaque  et  du  chlore  au  delà  des  limites  ; 

71,  R.  (le  Tervueren,  p,  pubL,  a  un  résidu  d'évaporatioii 
dépassant  la  limite  ordinaire; 

5L  jR.  des  Récollèts,  p.  priv.  c,  doit  être  vérifiée  au  point  cK- 
vue  de  la  teneur  en  ammoniaque  et  en  acide  azoteux. 

Des  46  eaux  dont  la  teneur  en  acide  azotique  est  supérieure 
à  0«%100,  il  y  en  a 

8,  ou  14  p.  c,  qui  n'en  renferment  pas  plus  de  0»^2(K),  h 
savoir  : 

Dans  la  partie  S.-K.  tic  la  Tille  (sur  38  eaux)  5,  ou  i3  p.  c. 

—  ceiUralc    —       (sur  43  eaux)  2,  ou  iô  p.  c. 

—  N.-O.        —       (sur  5  eaux)  2,  ou  40  p.  c. 

liH,  ou  ()8  p.  C,  qui  en  contiennent  au  delà  de  0«',200,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E.  de  la  ville  (sur  38  eaux)  33,  ou  87  p.  c. 

—  centrale    —       (sur  13  eaux)   2,  ou  15  p.  c. 

—  N.-O.        —       (sur  5  eaux)   K,  ou  40  p.  c. 

Parmi  les  eaux  dont  la  teneur  en  acide  azotique  est  com- 
prise entre  O»',!^)  et  O^'jâOO,  il  y  en  a  quelques-unes  qui,  grâce 
à  leur  teneur  modérée  en  autres  substances,  peuvent  encore 
être  rangées  parmi  les  c(  passables  faute  de  mieux  ».  Ce  sont  : 

HO.  PL  de  ^Université,  p.  publ.  ; 

19.  R.  de  Namur,  p.  publ.  n<»  19.  ; 

1 D.  R.  Vleminckx,  p.  publ.  71*^  18. 

Nous  allons  voir  à  propos  du  chlore  que  nous  sommes  aussi 
obligés  pour  ce  facteur  de  dépasser  même  nos  limites  nouvelles, 
si  nous  ne  voulons  pas  déclarer  mauvaises  ou  dangereuses 
toutes  les  eaux  de  puits  de  la  ville. 

Bref,  en  ce  qui  concerne  la  teneur  en  acide  azotique,  peuvent 
être  considérées  comme  : 

Bonnes 9  p.  c 

Passables 14  p.  c 

Mauvaises 17  p.  r. 


(95) 


Teneurs    en    oiilore. 


Partie  Sud-Est  de  la  ville. 


DESICKATIOK  DES  EAUX. 
(M*  et  provcnancr.) 


Gram- 
mes 
par  i  lit, 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX 
(N*  et  provenance.) 


Gram- 

met 

par  1  lit. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  ei  provenante.) 


Gram- 
lar  Mil. 


I".  U.  des  Joy.-Enlr.,  p. 
priv,  b. 

1»i.  K.Vleminckx,  p.priv. 


3v  h.derL'niversité,p, 
publ. 


1**.  R.deNamur,  p.  pubi. 
dM9. 

Ht.  \  ieiu-Narch.,  p.  publ. 
n'38. 

fV  R.Vleminckx^p.pQhl. 
nM8. 

Il  R.des  Joy.-Entr.,  p. 
priv.'r. 


0.0(» 
0.063 

0.08i 

0.086 
0.066 

o.oei 

0.092 


55.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  b. 

66.  Voer  des  Capucins,  p. 
puhl. 

56.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  c. 

52.  R.  Notre-Dame,  p. 
priv. 

54.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  a. 


65.  R.  de  Bruxelles,  p 
priv. 


46.  R.  de  Paris,  p.  priv. 

Hi.  R.   de   Naiines,    p. 
priv.  b. 


60.  R.dela  Laie,  p.  publ. 


0.024 
0.023 
0.028 
0.032 
0.035 

0.043 

0.063 
0.077 

0.0»'» 


7-1.  Ç.  de  Tervueren.  p. 
publ. 


0.049 


53.  Marché  au  Poisson, 
p.  publ. 

64.  R.  de  la  Fontaine,  p. 
publ. 


R.  des  Pénitentes,  p. 
publ. 


0.092 
0.098 

0.426 


70.  R.  des  Nains,  p.  publ 


67.  R.  des  Chevaliers,  p. 
publ. 


o.om 


0.142 


(96) 

X'eneiurs    en    olUore  \fuue). 


Ptrtie  Sud- Est  de  la  ville. 


béSIGNATIO!!  DES  EAUX. 

(H*  tt  pNVMADM.) 


ri  m. 


Centre  (  partie  basse). 


DESIGNATION  DES  EAUX. 
(X*  et  prorenonee.) 


Gram> 
par  I  lit, 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX.  ! 
(»•  et 


:i').  R.   des   Cordes,   p. 
publ. 

:M),  R.  de  SsToie  (R.  de 
Tirlemontj,  p.  pabl. 

t2i.  R.  de  Tirlem.  (R.  de 
la  Monn.j,  p.  poJbl. 

14.  R.  des  Corbeaux,  p, 
publ. 

:%.  R.de  Diest,  p.  publ. 

6.  R.  Marie-Thérèse,  p. 
publ. 

ai.  R.  de  Marengo,   p. 
priv. 

84.  R.   de  Namnr,  près 
des  Halles. 

I.  ♦Contre  le  cimetière, 
p.  priv. 

!2S).  R.  de  la  Station,  p. 
priv.  e. 


\Vî.  R.  de  la  Monnaie,  p. 
.    publ.  n»  S3. 

v»:i  S' -Quentin,  p.  publ. 
n«4& 

n.  ♦  Vieux. Marché,   p. 
publ.  n«  37. 

i^l  R.  des   Vaches,   p. 
priv.  c. 

1  PI.  de  Liège,  p.  publ. 


H.  R.  des    Vaches,   p, 
priv.  a. 


âa.  Pl.du  Peuple,  p.  publ. 

^8.  R.  de  la  Sution,  p. 
priv.  d. 

8.  R.  des  Bogards,  p. 
priv.  b. 


0.432 
0.13:) 
0  144 
0.447 
0.447 
0.447 
0.447 

0.450 
0.454 
0.454 

0.458 
0.461 
0.473 
0.473 
0.473 

0.480 

0.202 
0.210 
0.243 


50.  R.  des  Récollets,  p. 
priv.  b. 


47.  PI  Saint- Antoine,  p. 
publ. 


&1.  R.    de   Malines,   p. 
priv.  a. 


0.450 


0.156 


0.175 


(  97) 


rFeneurs    en    oniore    {suite). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DtSIGNATIOS  DES  EAUX. 
(Tf^  H  pnivenaoec.) 


Gnm- 

met 

par  1  lit. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  prorenaoM.) 


par  I  lit. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  proTenanee.) 


Gram- 

mea 

par  lut. 


\.  R.  des  Bourgmestres 
R.  de  Tirl.),  p.  publ. 

18  R.  de  Perk,  p.  pnbl. 

3.  R.  des  Bourgmestres, 
p.  publ.  n*  32. 

7.  *R.  des  Bogards,  p. 
prif.  a. 


Il  R.  Yleminckx  (R.  de 
rirl.:.  p.  publ.  n»  i2L 

S.  R.  de  Tirlemont,  p. 
publ.  n«  34. 


S3.  "^R.  de  la  Sutiou,  p. 
priT.  a. 

39.  R.  de  la  Cuiller,  p. 
publ. 

?.  «R.  des  Joy.-Entr.,  p. 
priy.  a. 

l'i  R.  de  Tirlemont,  p. 
priy. 

36.  R.  des  Poulets,   p. 
pubL  n«  35. 

â&  *R.  de  la  Station,  p. 
priy.  b 

Ti.  PI.  Narguer.,  p.  publ. 

M.  *R.  Saint-Martin,  p. 
priy. 

i\.  ♦PI.  de  l'Université, 
p.  priy. 

3t.  ♦R.  du  Chêne,  p.  publ. 
Moyenne.  .  .  . 


R.  des  Dominic.  irl., 
p.  publ. 


0.299 
0.230 
0.238 
0.S40 

0.S80 

aaso 

0.318 

o.:^29 

0.3Î$0 
0.390 
0.400 
0.490 
0.497 
0.S67 
0.940 
1550 


68.  R.  du  Souci,  p.  publ. 


48.  R.  des  Moutons,  p. 
priv. 


0.291 


0.27i 


Moyenne.  .  .  . 


0.093 


Moyenne.  .  . .   0.143 


0.217 


0.245 


Tome  XXXVII. 


(98) 

Teneurs  en  chlore.  —  Si  Ton  s'en  tenait  à  la  limite  ordinaire, 
0«^035  par  1  litre,  sur  63  eaux  analysées, 
8,  ou  8  p.  c.  seulement,  pourraient  être  admises  comme  pota- 
bles, à  savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  42  eaux)  0. 

—  centre      —       (sur  16  eaux)  5,  ou  31  p.  c. 

—  N.-O.       —       (sur  5  eaux)  0. 

58,  ou  92  p.  c,  devraient  être  rejetées  du  chef  de  la  teneur  en 
chlore. 

Des  5  eaux  renfermant  au  maximum  0»',03S  de  chlore,  plu- 
sieurs ont  des  teneurs  trop  élevées  en  autres  éléments  pour 
qu'on  puisse  les  accepter  comme  bonnes  ou  même  comme 
passables  ;  ce  sont  : 

55.  i?.  de  la  Laie,  p,  priv.  h  :  trop  de  matières  organiques; 

54.  —  —      a  :  ammoniaque. 

Mais  il  est  à  remarquer  que  la  limite  de  O^^OSo  pour  le  chlore 
est  absolument  trop  étroite.  L'eau  de  la  source  d'Héverlé  en 
renferme  déjà  O^^^OSâ;  et  pourtant  cette  source,  appartenant  à 
la  même  nappe  aquifère  que  les  eaux  de  puits  de  Louvain  et 
située  à  la  campagne,  peut  être  considérée  comme  le  type  le 
plus  pur  des  eaux  de  cette  nappe.  En  effet,  elle  ne  renferme 
pas  de  matières  organiques  ni  surtout  de  matières  azotées  attei- 
gnant les  limites,  et  le  chlore  qu'elle  contient  provient  exclusi- 
vement du  terrain.  Pour  les  puits  situés  en  ville,  il  y  a  donc 
lieu  de  reculer  la  limite  du  chlore  au  delà  de  0«*',052. 

Avec  notre  maximum  de  0«',100,  parmi  les  58  eaux  ayant 
une  teneur  en  chlore  supérieure  à  0«'',035, 
15,  ou  24  p.  c,  seraient  encore  admissibles  comme  passables  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  4S  eaux)  7,  ou  17  p.  c. 

—  centre      —       (sur  16  eaux)  6,  —  38  p.  c. 

—  N.-O.       —       (sur   5  eaux)  2,  —  40  p.  c. 

43,  ou  68  p.  c,  renferment  au  delà  de  0«%100  de  chlore. 

Des  15  eaux  renfermant  une  quantité  de  chlore  comprise 
entre  0*^,035  et  Ok',100,  il  en  est  quelques-unes  qui  sont  ^le- 


(99) 

ment  «  passables  »  du  chef  de  la  teneur  en  autres  substances, 
notamment  : 

^5.  jR.  de  Bruxelles,  p.  priv.  ; 

7i.  R.  de  Tervueren,  p.  publ.  ; 

W.  PL  de  l'Université,  p.  publ.  ; 

19.  R.  de  Namur,  p.  publ.  n*>  19  ; 

45.  R.  V'lemin4:kx,  p.  publ.  m*»  18. 

Enfin,  parmi  les  43  eaux  dont  la  teneur  en  chlore  dépasse 

(y^^oo, 

21,  ou  33  p.  c,  en  contiennent  moins  de  0e%200,  soit  : 

Dans  le  S.-E (sur  42  eaux)  16,  ou  38  p.  c. 

—  centre ....  (sur  16  eaux)   4 ,  ou  25  p.  c. 

—  N.-O (sur    5  eaux)   1 ,  ou  20  p.  c. 

22,  ou  3S  p.  c,  en  renferment  au  delà  de  Ok',200,  à  savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  42  eaux)  19,  ou  45  p.  c. 

—  centre     —       (sur  16  eaux)    1,  ou   6  p.  c. 

—  N.-O..      —        (sur    5  eaux)   2,  ou  40  p.  c. 

Notre  limite  de  Ok'jIOO  pourra  encore  être  forcée  dans  cer- 
tains cas,  lorsque  les  autres  circonstances  (absence  de  matières 
organiques  et  azotées,  teneur  modérée  en  autres  éléments,  etc.) 
le  permettent.  C'est  ainsi  qu'en  forçant  également  quelque  peu 
la  limite  que  nous  avons  proposée  pour  l'acide  azotique,  il  sera 
encore  possible  d'admettre  comme  passables  faute  de  mieux, 
(lu  chef  de  la  teneur  en  chlore  : 

28.  R.  de  la  Station,  p.  })riv.  d.  ; 

22.  R.  de  Tirlemont  (R.  de  la  Monnaie),  p.  publ.  n*>  28. 

Sont  donc,  au  point  de  vue  de  la  teneur  en  chlore  : 

Bonnes 8  p.  c. 

Passables 27  p.  c. 

Mauvaises 65  p.  c. 


(  iOO  ) 


Teneurs    en    acide    sulfurique. 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DÉSIGNATION  DES  EAIX. 
(!!•  et  proTenanee.} 


GraiD' 

meê 

par  I  lit. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  M"  el  provenance.) 


Gram- 

mci 

par  lia. 


Partie  Nord -Ouest. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N^  et  provenance.) 


4;i  R.   (Ips   Vaches,   p 
priv.  c. 

4S.    Vieux -Marché,    p. 
publ.  n»  38. 

i9.  R.  de  Namur,  p.  publ. 
n«19. 


Très  peu 

Peu 
Id. 


H3.  R.  de  la  Monnaie,  p. 
publ.  n»  !23. 

29.  R.  de  la  Sution,  p. 

priv.  e. 

30.  PI.  de  l'Université,  p. 

publ. 

7.  *R.  des  Bogards,  p. 
priv.  fl. 


3.  PI.  de  Liège,  p.  publ. 

5.  R.  de  Tirlemont,  p. 
publ.  no31. 

23.  R.  de  Tirlem.  (R.  de" 
laHonD.},p.pttbl.  D«38. 

44.  ♦Vieux  -  Marché ,   p 
publ.  n«  37. 


0.078 
0.080 
0.090 
0.093 

Moy^ 
Id. 
Id. 
Id. 


66.  Voer  des  Capucins, 
p.  publ. 

82.  R.  Notre-Dame,  p. 
priv. 

S6.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  c, 

63.  R.  des  Pénitentes,  p. 
publ. 

M.  R.  des  Récollets ,  p. 
priv.  c. 

46.  R.  de  Pari»,  p.  priv. 

58.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  e. 
37.         -         -       c/. 

59.  -         —       /. 


Peu. 

Id. 

Id. 
0.033 
0.035 
.0.038 
0.043 
0.044 
0.045 


(  i(A  ) 

Teneurs   en    aolde    suifurique   jtuite). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DCSIGRATION  DES  EAUX. 
(  !!■  et  prmrcntnec.) 


Gran 
^■r  1  lit. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EADX. 
(  J^•  et  proTcoance.  ) 


Grani- 

met 

par  1  lit. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*et  proT«nan«e.) 


par  i  lit. 


IX.  H.  de  Perk,  p.  publ. 

ii.  IM.da  Peuple,  p.  publ. 

*l  R.des Vaches,  p  pr.a. 

4i        -         -       b. 

Il  K.  de  Tirlemont  (R. 
Vleniinckx),  p.  pabL 

11.  R.  des  Joy.-Entr.,  p. 
priv.  c. 

:{.  R.  des  Bourgm.,  p. 
pobl.  n«  ;î£ 

10.  R.  des  Joy.-Eutr.,  p. 
pr.  priv.  b. 


K  R.des BourgiD.fR.de 
TiriemoDt},  p.  poDl. 

r.  R.des  Prélats, p.  prÎY. 

i*.  *R.desJo7.Entr.  p. 
prÎT.  a. 


Moy». 

Assez. 

Bcp. 

Id. 

Id. 

Id. 

o.i:w 

0.14i 

0.180 
O.âOO 
0.245 


65.  R.  de  Bruxelles,  p. 
priv. 


50.  R.  des  RécoHets,  p. 
priv.  b. 


Assez. 


0.150 


Avec  le  maximum  ordinaire,  0«*",080  à  O^^lOO,  nous  avons, 
sur  33  eaux  examinées, 

16,  ou  48  p.  c,  possédant  des  teneurs  inférieures  à  la  limite, 
à  savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  23  eaux)  7,  ou  33  p.  c. 

—  centre     —       (sur  41  eaux)  9,  ou  82  p.  c. 

—  N.-O.       —       (sur  0eaui)a 

17,  OU  52  p.  C,  dont  les  teneura  dépassent  la  limite  : 


Dans  le  S.-E.  . 
~  centre . 
-   N.-O.  . 


,  (sur  22  eaux)  15,  ou  68  p.  c. 
sur  11  eaux)  2,  ou  18  p.  c. 
(sur  0  eaux)  0. 


(  102  ) 


En  prenant  cette  limite  de  Ok%100,  nous  pourrons  admettre 
toutes  les  eaux  qui  ne  renferment  pas  des  teneurs  trop  élevées 
en  autres  matières.  Au  besoin,  on  forcerait  même  la  limite 
de  0»',100. 

Comme  la  détermination  de  Tacide  sulfurique  a  relativement 
peu  d'importance  et  que  les  eaux  de  Louvain  ne  renferment 
pas  d'hydrogène  sulfuré,  nous  nous  sommes  souvent  borné  à 
opérer  cette  détermination  qualitativement. 

Sont  donc,  du  chef  de  la  teneur  en  acide  sulfurique  : 


Bonnes 

Passables 

Mauvaises 52  p.  c. 


48  p.  c. 


Teiieurs    on    résidu,    d'ovaporation. 


Partie  Sud-Est  de  la  ville. 

Centre  (  partie  basse). 

Partie  Nord-Ouest. 

DÉSIGNATION  DES  EADX. 
(M*  et  prorennnec.) 

Graiii- 
par  1  lit. 

DÉSIGNATION  UES  EAUX. 
{ S»  et  proveaanee.) 

Grain* 

me» 

par  1  lit. 

DÉSIGNATION  DES  EAOX. 

Graui- 
me* 

pari  m. 

S6.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  c. 

0.^50 

S&.         -         -       b. 

o.:«o 

66.  Voer  des  Capucins, 

p.  publ. 
68.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  c. 

0.410 
0.450 

51.  R.  des  Récollets,  p. 

0.500 

priv.  c. 

52  R.  Noire -Dame,   p. 

0.525 

priv. 
6;i  R.  des  Pénitentes,  p. 

publ. 
57.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  rf. 

0.540 

0.550 

65.  R.  de  Bruxelles,  p. 

0.595 

priY. 
5».  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  a. 

0.630 

59.         -         -       /. 

Ô.6(K) 

49.  R.  des  Récolleis,  p. 

0.670 

priv.  a. 

(103) 

Teiieixx>a    en    résidu    d*évaporatloii  {suite). 


Partie  Sud-Est  de  la  ville. 

Centre  (  partie  basse). 

Partie  Nord-Ouest. 

DÉSIGMATIOX  DES  EAUX. 

Cnm- 

DÉSIGNATION  DES  EAUX 

Cram- 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

Gram- 

ncs 

mes 

par  1  lit. 

psr  1  lit 

(  }^•  et  provcMOce.) 

par  lut. 

53.  Marché  au  Poisson, 

0.710 

' 

p.  publ. 

6.  R.VlciDinckx,p.priv.    0.780 

i.  «Contre  le  cimetière,    0.^40 

74.  R.  de  Tervueren,  p.    0.840 

p.prif.              , 

publ.               1 

G7.  R.  des  Chevaliers,  p.'  0.8-40 

publ. 

19.  R.dcNainur,p.publ. 

0.853 

n-  49. 

15.  R.VlcmiDckx,p.pubi.    0.930 

D«i8. 

1 

45.  Vieux- Marché,     p.    0.960 

pabl.  n»  38. 

50.  R.  des  Récollets,  p. 

4.000 

priv.  b. 

6.  R.  Marie-Thérèse,  p. 

4.045 

publ. 

«.  PI.  de  rUniversité,  p. 

1.095 

pabl. 

47.  PI.  Sainl-A moine,  p. 

1.466, 

11.  R.dcs  Joy.-Entr.,  p. 

4.240 

publ. 

i 

pri^.  c. 

1 

33.  St-Qoeotin,  p.  pobl. 
D«46. 

4.!250 

! 

1  PL  de  Liège,  p  publ. 

4.270 

fi.R.dela  Sution,  p. 

4.:400 

prit.  d. 

1 

^  R.  des  Cordes,   p. 

4.:405 

1 
1 

pobl. 

U.  R.  des  Corbeaux,  p. 

4.320 

publ. 

2i.  R-  de  Mareogo,    p. 

4.325 

priT. 

, 

SlR.deTirlein.  (R.  de 

1.330 

la  NoDU.),  p.  publ. 

^.  R.  de  la  SUtiou,  p. 

4.35o 

priv.  e. 

1 

%.R.deDiest  p.  publ. 

4.420 

l 

(104) 

Teneura    en    résidu    d'ëvaporation  [iuite). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  «t  proTenaocc.) 


Gram- 
mes 
pari  lit. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  H*  «t  provenance.) 


met 
par  I  lit. 


Partie  Nord-Ouest 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

(  K*  et  prvrenaBcc.)  p»r  I  h* 


8.  R.  des  Bogards,  p. 
priv.  à. 

4.S.  *Viea\- Marché,  p. 
pobl  n«  37. 

3.  R.  des  Bourgmestres, 
p.  publ.  n»  3S. 


:i6.  R.  des   Poulets,   p. 
publ.  n«  35. 

â:i  Pl.du Peuple,  p.  publ. 

i8.  R.  de  Perk,  p.  publ. 

10.  R.  des  Joy  -Entr.,  p, 
priv.  b. 

44.  R.   des  Vaches,   p. 
priv.  a. 

5.  R.  de  Tirlemont,  p. 
publ.  n»  31. 

43.  R.   des   Vaches,   p. 
priv.  c. 

4.  R.  des  Bourgmestres 
(R.  de  Tirl.),  p.  publ. 

37.  PI.  Marguer.,  p.  publ. 

7.  ♦R.  des  Bogards,  p. 
priv.  a. 

39.  R.  de  la  Cuiller,  p 
publ. 

il  R.deTirlem.(R.Vle- 
miackx),  p.  publ.  n»  13. 


4a.  R.   des   Vaches,  p. 
priv.  b. 

9.  ♦R.desJoy.-Enlr.,p. 
priv.  a. 

21.  ♦PI.  de  l'Université, 
p.  priv. 

40.  *R.  Saint-Martin,  p. 
priv. 


1.4S0 
1.450 
1.480 

1.540 

1.540 

1.« 

1.610 

1.615 

1.800 

1.800 

1.880 

1.900 

1.900 

1.905 

%(m 

1230 
1550 
16 
1780 


48.  R.  des  Moutons,  p. 
priv. 


1140 


(  108  ) 

rFeneux-s    en    rési<lii    d*évàporatloii  [suite). 


Partie  Sud- Est  de  la  ville. 


DKMCIIATIOH  DES  EAUX. 
(9*  et  proTcaaiiM.) 


Crann- 

mcs 

par  J  lit, 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  M  proTfaanee.) 


Gran- 

net 

par  I  lit. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  el  provroaace.) 


Grain- 

OMS 

pari  lit. 


l-*>-  R.  de  Tirlemont,  p. 
prÎT. 

f7.  *K.  delaSution,  p. 

prÎT.  e. 

IK.  *       —         —       ^ 

H.  ^R.doCbéne,ppubl. 

r».  *K.  de  la  Station,  p. 
pri?.  a. 

Moyenne.  .  .  . 


3.090 

aiso 

3.450 
3.860 
4.100 


180S 


Moyenne. 


0.704 


Moyenne.  . 


0.840 


En  prenant  pour  limite  tolérée  0«^500  par  1  litre,  nous  trou- 
vons que  sur  S9  eaux  de  puits  de  Louvain, 
5,  ou  8  p.  c.y  ont  des  teneurs  ne  dépassant  pas  cette  limite,  à 
savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  41  eaux)  0. 

—  centre     —       (sur  46  eaux)  5,  ou  3!  p.  c. 

—  N.-O.       -       (sur   2  eaux)  0. 

54,  ou  92  p.  c.,  ont  des  teneurs  dépassant  0^^,500.  Parmi 

celles-ci, 
32,  ou  S4  p.  c,  ont  des  teneurs  inférieures  à  1»'",500,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E (sur  41  eaux)  20,  ou   49  p.  c. 

—  centrale    .    .    .  (sur  16  eaux)  40,  ou   63  p.  c. 

—  N.-O (sur  Seaux)   louiOOp.  c. 

22,  OU  38  p.  c,  ont  des  teneurs  dépassant  Ik',800.  Sur  ce 

nombre, 
41,  ou  19  p.  c,  ont  des  teneurs  inférieures  à  2p',000  : 

Dans  la  partie  S.-E (sur  41  eaux)  11,  ou  S7  p.  c. 

—  centrale    .    .    .  (sur  16  eaux)   0. 

—  N.-O (sur   2  eaux)  0. 


(  106) 
11,  ou  19  p.  c,  ont  des  teneurs  dépassant  â^^OOO,  à  savoir  : 

Dans  la  partie  S.-E (sur  41  eaux)  10,  ou  S4  p.  c. 

—  centrale    .    .    .  (sur  16  eaux)   1,  ou   6  p.  c. 

-  N.-O (sur   2  eaux)   0. 

On  voit  qu'avec  la  limite  Ok%oOO,  on  serait  amené  à  déclarer 
mauvaises  des  eaux  qui  pourraient  encore,  pour  l'ensemble  de 
leurs  qualités,  être  admises  comme  potables  faute  de  mieux. 
(Iles  eaux  sont  comprises  dans  notre  limite  de  l«'",oOO.  Ce  sont 
notamment  : 

62,  B.  (le  Bruxelles,  p.  priv,y  qui  contient,  à  côté  de  Op'.SBo 
de  résidu  fixe,  une  quantité  de  chlore  dépassant  peu  les  limites, 
et  qui  ne  renferme  pas  de  matières  animales  ni  d'autres  sub- 
stances nuisibles  ; 

20.  PL  de  l'Université,  p.  piibL,  dont  l'acide  azotique  et  le 
chlore  ne  dépassent  les  limites  que  dans  des  proportions  accep- 
tables ; 

19.  R.  de  Aamur,  p,  pubL,  19; 

43.  R.  Vlemindx,p.  publ.; 

26.  R.  de  la  Station,  p.  priv.  d. 

Loin  de  nous  toutefois  l'intention  de  ranger  parmi  les 
a  bonnes  »  les  eaux  qui  laissent  un  résidu  dépassant  la  limite 
de  08%500.  Nous  ne  les  admettons  que  comme  «  passables  »  ou 
pouvant  servir  faute  de  mieux,  et  à  condition  que  des  ana- 
lyses répétées  n'y  aient  jamais  décelé  la  présence  de  matières 
organiques  d'origine  animale  non  brûlées,  c'est-à-dire  que  ces 
eaux  ne  renferment  pas  plus  de  0«s050  de  matières  organiques, 
soient  exemptes  d'acide  azoteux  et  d'ammoniaque  et  ne  dégagent 
pas  d'odeur  azotée  lors  de  la  calci nation  du  résidu. 

Nous  avons  ici  : 

Bonnes 8  p.  c. 

Passables 54    — 

Mauvaises .     38    — 


(107) 

Dureté. 


>artie  Sud- Est  de  la  ville. 


CSii.NAT10?i  DES  EAUX. 
(S*  et  i^rovcaaDM.) 


Degré 
hydr»- 
tim. 


Centre  (partie  basse) 


DÉSIGNATION  DKS  EAUX. 
(  N*  et  proTeoaace.) 


Degrë 
hydro- 
tim. 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  M"  et  provcnanee.) 


Degré 
bydro- 
tim. 


L  R.Vleminckx,  p.priv.  38 

IVieax- Marché,     p.'  40 
pabl.  n*  38.            i 

LR.(lesConle$,p.pubi.  41 

l.*R.(i€sJoy.-EDtr..p.  43 
priT.  a. 


m.  R.  des  Récollcts,  p. 
priv.  c. 

49.  *      —         —       a. 

56.  R.  de  la  Laie.  p.  pr.  c. 

63.  R  des  Pénitentes,  p. 
pabl. 

57.  R.  de  la  Laie,  p.  pr.  d. 
sa        -        —      e. 


66.  Voer  des  Capucins, 
p.  publ. 

59.  R.  de  la  Laie,  p.  pr./. 

55.         -         —       ft. 

54.         -         -       a. 

53.  Marché  au  poisson, 
p.  publ. 

46.  R.  de  Paris,  p  priv. 

52.  R.  Notre-Dame,   p. 
priv. 


65.  R.  de  Bruxelles,  p. 
priv. 

6t.  R.   de    Malines,   p, 
priv.  a, 

6i.  R.  de  la  Fontaine ,  p 
publ. 


9 
11 
20 
ai 
i26 
30 

X^ 
34 
34 
34 
34 
35 
36 


43 
44 
45 


71.  R.  de  Tcrvueren,  p. 
publ. 


68.  R.  du  Souci,  p.  publ. 


33 


45 


(108) 


Partie  Sud -Est  de  la  ville. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  «t  proreoaoee.) 


âO.  PI.  de  l'Uni?ersité,  p. 
pabl. 

IM),  R.  de  Savoie  (R.  de 
Tirlemont),  p.  publ. 

i9,  R.  de  Namar,  p.  publ. 
n«  19. 

H.  R.  des  Bourgmestres, 
p.  publ.  n»  33. 

'^  R.  de  la  Monnaie,  p. 
publ.  n«  23. 

28.  R.  de  la  Station,  p. 
priv.  d. 

•^1  S^Quentin,  p.  publ. 
n«46. 

i.  ^Contre  le  cimetière, 
p.  priv. 


i\.  R.  des  Joy.-Entr ,  p. 
priv.  c. 

1  PI.  de  Liège,  p.  publ. 
in.  PI.  Marguer.,  p.  publ. 

4.  R.  des  Bourgmestres 
(R.deTirlem.),  p.publ. 

88.  R.  de  Diest,  p.  publ. 

ta.  R.  de  Tirlem.  (R.  de 
la  Monnaie),  p.  publ. 

44.  ♦Vieux  -  Marché ,   p. 
publ.  n*  37. 

24.  R.  de  Marengo,  p. 
priv. 

iA.  R.  des  Corbeaux,  p. 
publ. 

5.  R.  de  Tirlemont,  p. 

pubL  n«  31. 

4:J.  r.   des   Vaches,   p. 
priv.  c. 


hydro- 
Uni. 


46 
46 
48 
49 
50 
51 
53 
53 

56 
56 
57 
57 
58 
58 
59 
60 
61 
62 
64 


Centre  (  partie  basse). 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(R*  «l  proveoanec.) 


50.  R.  des  Récollels,  p. 
priv.  ù. 

47.  PI.  Saint- Antoine,  p. 
publ. 


DcgH 

hydro- 

tim. 


54 
56 


Partie  Nord-Ouest. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(R«  cl  prvrcnaocc.) 


kjin. 


R.  des  Dominic.  iri., 
p.  publ.  n*  67. 


(  109  ) 


Dux>eté  [suite). 


Partie  Sud- Est  de  la 

ville. 

Centre  (  partie  basse). 

Partie  Nord-Ouest. 

D£slClfAT10II  DES  EAUX. 

Deurt 
hydre, 
lim. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

Degré 
hydro- 
tira. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N«  ei  proTcnanee.) 

Dcgrë 
bydro. 

tim. 

ïè.  R.  de  la  Station,  p. 
priT.  e. 

k».  «R.  Saiot-Martin,  p. 
pri?. 

6,  R  Marie-Thérèse,  p. 
pobl. 

10.  R.  des  Joy.-EDtr.,  p. 
prÎT.  b. 

18.  R.  de  Perk,  p.  publ. 
ii«25. 

6» 
65 

67 
68 
68 

48.  R.  des  Moutons,  p. 
priv. 

65 

2:1.  PLduPeuple,p.publ. 

68 

7.  *R.  des  Bogards,  p. 

priv.             a. 

8.  —         -        6. 

72 
76 

:».  R.  de  la  Cuiller,  p. 
publ. 

;i.  R.  des   Vaches,   p. 
pri?.  a. 

!iR.deTirl.(R.Vlem.î, 
p.pabl.nM2. 

:U.  ♦R.duChène.p.publ. 

76 
76 
80 
80 

i&,  «R  de  la  Suiion,  p. 
prîT.             0. 

S.»     —         —       a. 

88 
91 

.*«.  R.  des   Poulets,   p. 
publ.  n- 35. 

13.  R.  de  Tirlemont,  p. 
priv. 

96 
104 

Moyenne.  .  . 

Moyenne.  . . 

• 

Moyenne.  .  . 

60 

35 

43 





1 

(  110  ) 

Dureté.  —  Sûr  61  eaux  examinées, 

6,  ou  10  p.  c,  ont  une  dureté  qui  ne  dépasse  pas  la  limite  de 
32  degrés  ^  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  î)9  eaux)  0. 

—  ceatre     —       (sur  19  eaux)  6,  ou  32  p.  c. 

—  N.-O.       —       (sur    3  eaux)  0. 

85,  ou  90  p.  c,  ont  une  dureté  supérieure  à  32®.  Parmi  ces 

dernières, 
39,  ou  64  p.  c,  ont  une  dureté  comprise  entre  32<>  et  64«,  à 

savoir  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  .39  eaux)  24,  ou   6â  p.  c. 

—  centre      —       (sur  19  eaux)  12,  ou   63  p.  c. 

—  N.-O.       —        (sur    3  eaux)  ^  ou  100  p.  c. 

16,  OU  26  p.  c. ,  ont  une  dureté  supérieure  à  64";  et  l'on  en  compte 
13,  ou  21  p.  c,  dont  la  dureté  ne  dépasse  pas  90'»  : 

Dans  le  S.-E.  de  la  ville  (sur  39  eaux)  12,  ou  31  p.  c. 

—  centre     —       (sur  19  eaux)   1,  ou   5  p.  c. 
_      ^..0.       —       (sur   3  eaux)   0. 

3,  ou  5  p.  c,  dont  la  dureté  dépasse  90®  :  elles  sont  situées 
dans  le  S.-E.  de  la  ville  (3  sur  39,  ou  7  p.  c). 
De  même  que  pour  le  résidu  d'évaporation,  il  faudra,  en  ce 
qui  concerne  les  eaux  de  puits  de  Louvain  à  ranger  dans  la 
catégorie  de  «  passables  »,  admettre  des  limites  un  peu  lai^s, 
soit  64*»;  et  l'on  pourrait  même  dans  certains  cas  forcer  encore 
cette  limite. 

Seraient  ainsi,  du  chef  de  la  dureté  : 

Bonnes 10  p.  c. 

Passables 64    — 

Mauvaises 26    — 

*  Rappelons  que: 

1  degré  français  (Boutron  et  Boudet)  corresp.  k  0s^0i0  de  carbonate  alcalino-terreax, 

1    —    allemand  correspond  à Of  ■',010  d'oxyde  alcalino-terreux, 

1     —    anglais  correspond  à 0«r,0076  de  carbonate  alcaiino-terreox 

par  1  litre  d*eau.  De  sorte  que  les  équivalents  sont  : 

Degré  français,  Degrë  allemand.  Degré  anglaia, 

1.  0,56  0,76. 


(  111  ) 

Rapprochons  les  uns  des  autres,  dans  un  tableau  comparatif, 
les  rapports  centésimaux  que  nous  venons  d'établir. 

Les  chiffres  inscrits  dans  les  diverses  colonnes  indiquent 
donc,  pour  les  trois  parties  et  pour  Tensemble  de  la  ville,  les 
nombres  d'eaux  pour  cent  appartenant  aux  différents  types  du 
chef  des  teneurs  en  matières  diverses. 


Ne  dépassant 

pas 
les  limites  ordin.  i 

Comprises      ( 

entre  les  limites  ) 

ordin.  ) 

<^      et  nos  limites,  f 


Dépassant 

nos  limites  dans 

une 
certaine  mesure. 


Dépassant  1 
,  de  beaucoup  nos  ' 
I        limites.        { 


' 

Mat. 

on 

Aeiile 

■10- 

leuK. 

Ammo- 
aiaqiie. 

Acide 
lique. 

Chlore. 

AeMe 
•ulfu- 
rlque. 

R«(|ida 
fixe. 

Dureté. 

S.-E.delaville. 

39 

74 

67 

0 

0 

32 

0 

0 

Centre      — 

m 

94 

62 

:%) 

31 

82 

31 

32 

N.-O.        - 

40 

t)0 

60 

0 

0 

0 

0 

0 

Sur  l'ensemble. 

47 

76 

m 

9 

8 

48 

8 

40 

S.-E.de  la  Tille. 

.  , 

.  . 

0 

47 

49 

62 

Centre      — 

.  . 

31 

:w 

6:4 

63 

N.-O. 

.  . 

20 

40 

.  . 

400 

400 

Sur  l'ensemble. 

■  . 

9 

24 

54 

64 

S.-E.delaville. 

42 

47 

24 

43 

38 

68 

27 

34 

Centre      — 

t>() 

0 

34 

45 

25 

48 

0 

5 

N.-O.        - 

60 

20 

0 

40 

20 

0 

0 

0 

Sur  l'ensemble. 

;H8 

43 

24 

44 

:« 

52 

19 

24 

S.-E.delaville. 

48 

42 

9 

.87 

45 

24 

7 

Centre      — 

44 

6 

7 

45 

6 

.  . 

6 

0 

N.-O.        - 

0 

20 

40 

40 

40 

... 

0 

0 

Sur  l'ensemble. 

415 

44 

44 

68 

3^> 

•• 

49 

5 

Comme  on  a  pu  le  voir,  parmi  les  eaux  de  puits  de  Louvain 
il  y  en  a  un  certain  nombre  qui  sont  notoirement  influencées 
par  des  circonstances  tout  à  fait  locales  ou  accidentelles.  Ce 
sont,  entre  autres  : 

a.  Lessivage  ou  chute  directe  dans  les  puits  de  matériaux  de 
construction,  provenant  de  démolitions,  bâtisses  nouvelles,  etc. 

25.  R.  de  la  Statim,  p.  priv,  a  ; 

26.  —  —      b; 

27.  —  —      c; 


(  112  ) 

24,  PL  de  l'Université,  p.  priv.  ; 
9.  R.  des  Joyeuses-EtUrées,  p.  priv.  a  ; 
7.  R.  des  BogardSy  p.  priv.  a. 

b.  Voisinage  actuel  ou  ancien  de  fabriques  de  produits  chi- 
miques : 

3L  R.  du  Chêne,  p.  publ.  (ancienne  saline); 
2i.  PI.  de  r  Université,  p.  priv.  (ancienne  saline); 
40.  R.  Saint-Martin,  p.  priv.  (tannerie). 

c.  Proximité  de  dépôts  de  matières  animales  ou  végétales  : 
/.  Contre  le  cimetière,  p.  priv.  ; 

44.  Vieu^jc  Marché,  p.  publ.  ir  37. 

d.  Proximité  de  latrines,  égouts,  etc.,  dont  Tétanchéité  peut 
laisser  à  désirer  : 

49.  R.  des  Récollets,  p.  priv.  a. 

Dans  ces  divers  cas,  les  eaux  subissent  manifestement  des 
influences  de  voisinage  tout  à  fait  extraordinaires.  Ainsi  les 
puits  de  3L  R.  du  Chêne,  p.  publ.,  et  2L  PL  de  l'Université, 
p.  priv.,  reçoivent  des  eaux  chargées  de  chlorure  sodique 
provenant  d'une  ancienne  saline  qui  était  située  à  peu  de 
distance,  ce  chlorure  sodique  entraînant  d'ailleurs  avec  lui 
les  autres  sels  renfermés  dans  le  sol.  Les  puits  qui  corres- 
pondent aux  analyses  n«  44  et  n"  4S  sont  situés  aux  deux  extré- 
mités d'une  même  place  (Vieux  Marché).  La  pompe  37,  qui 
est  plus  près  des  habitations  et  qui  est  presque  constam- 
ment entourée  d'un  marché  public,  renferme  beaucoup  plus 
d'acide  azotique,  de  chlore,  de  matières  organiques  et  de 
matières  fixes  que  la  pompe  38  ;  il  est  évident  que  la  première 
est  directement  influencée  par  les  circonstances  indiquées. 
L'eau  de  53.  Marché  au  Poissofi,  p.  ptibL,  exposée  à  des 
influences  analogues,  contient  à  certains  moments  de  l'ammo- 
niaque ainsi  qu'une  quantité  assez  forte  de  matières  organiques, 
acide  azotique,  chlore,  etc. 


(H3) 

Les  variations  qui  peuvent  se  produire  dans  ces  influences 
locales  se  reflètent  dans  les  changements  éprouvés  aux  di- 
verses époques  par  h  composition  des  eaux.  (Voir  l'annexe  au 
tableau  I.) 

En  ce  qui  concerne  ces  changements,  on  remarquera  qu'ils 
sont  pour  certaines  eaux  assez  fréquents  et  assez  accentués  : 
ils  ont  lieu  d'une  année,  d'une  saison  ou  même  d'un  mois  à 
l'autre  ;  et  la  teneur  en  éléments  divers  varie  parfois  du  simple 
au  double  ou  même  dans  des  proportions  plus  considérables 
encore.  Sont  particulièrement  sujettes  à  variation  les  eaux  de  : 

S.  PL  d€  Liège,  p.  pubL  (mat.  organ.,  dureté,  ac.  azotique, 
chlore,  etc.); 

42.  R.  de  Tirlemont  (R.  Vleminckx),  p,  publ.  (mat.  organ., 
ac.  azotique)  ; 

43.  R,  de  Tirlemont  y  p.  priv,  (ac.  azotique,  résidu  d'évapo- 
ration)  ; 

48.  R.  de  Perk,  p.  publ.  (mat.  organ.)  ; 

Z2.  R.  de  Tirlemont  (R.  de  la  Monnaie),  p.  pubU  (mat.  organ.)  ; 

i4.  R.  de  Marengo,  p.  priv.  (ac.  azotique,  chlore,  dureté); 

34.  R.  du  Chêne,  p.  publ.  (mat.  organ.,  chlore). 

Se  font  au  contraire  remarquer  par  la  constance  relative  de 
leur  composition  les  eaux  de  : 

20.  PI.  de  l'Université,  p.  publ.; 

22.  R.  de  la  Monnaie,  p.  publ.  n«  25; 

45.  Vieux  Marché,  p.  publ.  h®  38  ; 

66.  Voer  des  Capucins,  p.  publ.; 
o.  R.  de  Tirlemont,  p.  publ.  n<>  34. 

Les  variations  que  peut  subir  la  composition  d'une  eau  sont 
dues,  soit  comme  nous  le  disions  tantôt  à  des  changements 
survenus  dans  les  influences  locales,  soit  à  un  épuisement  plus 
ou  moins  rapide,  soit  enfin  aux  circonstances  météorologiques 
(pluies  abondantes,  sécheresse  prolongée). 

Lorsqu'on  a  aflaire  à  une  eau  qui  à  un  moment  donné  ne 

renferme  pas  de  matières  caractérisant  les  substances  d'origine 

animale,  notamment  à  l'état  de  putréfaction,  il  faut  vérifier 

avec  un  soin  tout  particulier  si  ces  matières  ne  s'y  sont  pas  ren- 

Tome  XXXVIL  8 


(  H4) 

contrées  au  moins  une  fois,  ne  fût-ce  qu'en  quantité  minime, 
à  quelque  autre  époque  où  cette  même  eau  aurait  été  analysée. 
En  effet,  il  serait  alors  à  craindre  que  la  présence  de  ces  souil- 
lures ne  se  répétât  à  certains  moments  et  n'occasionnât  la 
propagation  des  germes  pathogènes. 

Nous  en  venons  à  l'appréciation  générale  des  eaux  de  puits 
ordinaires  de  Louvain  et  à  leur  répartition  entre  les  trois 
catégories  de  «  bonnes  »,  a  passables,  faute  de  mieux  »  ou 
«  médiocres  »,  et  «  mauvaises  ». 

Nous  nous  reportons  pour  cela  aux  considérations  que  nous 
avons  développées  dans  la  partie  générale  de  cette  étude,  et 
nous  nous  basons  directement  sur  les  résultats  d'analyses  que 
nous  venons  d'indiquer  et  de  commenter. 

Les  eaux  dont  on  sait  que  la  souillure  est  au  moins  en  grande 
partie  accidentelle  et  qui  peut-être  ont  été  précisément  appor- 
tées à  analyser  par  suite  de  c^tte  circonstance,  ne  doivent 
évidemment  pas  entrer  en  ligne  de  compte  alors  qu'il  s'agit 
d'examiner  d'une  manière  générale  la  nature  des  eaux  de  puits 
(le  Louvain.  Notons  toutefois  que  ces  cas  accidentels  pourraient 
se  présenter  pour  toutes  les  pompes  en  général. 

11  est  aisé  de  reconnaître  que  la  grande  majorité  des  eaux 
de  puits  de  Louvain  se  trouvant  dans  des  conditions  supposées 
normales  ont  une  teneur  trop  élevée  en  acide  azotique,  chlore, 
acide  sulfurique  et  résidu  d'évaporation. 

Ainsi,  dans  la  partie  S.-E.  (partie  haute)  de  la  ville  on  note 
tout  particulièrement  des  teneurs  excessives  en  résidu  d'é\'a- 
poration,  acide  azotique,  acide  sulfurique,  chlore,  etc.,  et 
une  très  grande  dureté.  Les  eaux  mêmes  qui,  en  raison  de 
leur  éloignement  de  toute  cause  extérieure  d'altération,  peuvent 
être  prises  comme  types  pour  cette  partie  de  la  ville,  par 
exemple  28.  R.  de  la  StiUion,  p.  priv.  d,  située  dans  un  terrain 
cultivé  mais  non  habité  encore  au  moment  de  la  prise  d'essai, 
présentent  des  teneurs  assez  élevées  en  résidu  d'évaporation  et 
des  teneurs  en  chlore  et  en  acide  azotique  dépassant  de  beau- 
coup les  limites  les  plus  larges. 


(  115  ) 

Quant  aux  eaux  du  centre  (partie  basse)  de  la  ville,  elles  sont 
le  plus  souvent  souillées  par  la  présence  en  quantité  considé- 
rable de  chlore,  acide  azotique  et  matières  organiques. 

Aucune  eau  de  puits  de  Louvain  ne  peut  être  déclarée  abso- 
lu ment  bonne.  La  première  catégorie  ne  comprend  que  les 
moins  mauvaises  ou  celles  qui  sont  relativement  bonnes.  Ainsi, 
parmi  les  meilleures  : 

56.  R.  de  la  Laie,  p.  prw.  c,  demanderait  à  être  vérifiée,  en 
même  temps  que  les  eaux  des  puits  situés  dans  le  voisinage, 
au  point  de  vue  de  la  teneur  en  résidu  fixe,  du  degré  de 
dureté,  etc.  ; 

66.  Voer  des  Capucins,  p.  pubL,  est  sujette  à  varier  de  compo- 
sition, et  Tacide  azotique  y  a  été  trouvé  une  fois  trop  abondant; 

5/.  R.  des  RécoUets ,  p.priv.  c,  renferme  trop  d'acide  azo- 
tique; 

63.  R.  de  Rruxelles,  p.  priv.,  contient  trop  de  chlore  et  les 
variations  y  sont  à  craindre  ; 

5i.  R.  Notre-Dame,  p.  priv.,  renferme  des  traces  d'ammo- 
niaque qui  inspirent  des  doutes  au  sujet  de  sa  qualité. 

Classifions  successivement  toutes  ces  eaux  ^,  en  nous  basant 
d'abord  sur  les  maxima  généralement  admis,  et  ensuite  sur  les 
limites  plus  reculées  que  nous  avons  proposées  pour  la  partie 
basse  de  la  Belgique.  (Voir  les  tableaux  ci-après.) 

*  Il  est  entendu  que  nous  excluons  de  ceUe  classiâcation  les  eaux  dont  la 
qualité  est  notoirement  influencée  par  des.  circonstances  locales  ou  acciden- 
telles. Nous  n*y  comprenons  pas  non  plus  les  eaux  dont  Tanalyse  n*a  pas  élé 
assez  complète,  comme  celles  qui  sont  renseignées  au  tableau  général  sous 
les  n"  17,  34,  42,  46,  49,  57,  58,  59, 60,  61,  62. 


(  116  ) 

Classification  des  eaux  de  puits  ^rimm 


EjH  se  "basaxit  sux*  les  xnascima  e;ë]:iérale]ii.eii.t  admis. 


QOALITtfS. 


Partie  S.-E.  de  la  ville. 


Boioe. 

i9.  R.  de  Namf,  p.  publ.  n»  19. 
P«8ablM  VgQ  pj  de  l'Université, p.  publ. 

00        { 


28.  R.  de  la  Station,  p.  priv.d. 

45.  R.  VIem.,  p.  publ.  n»  48. 

22.  R.  de  Tirlemonl  (R.  de  la 
Monnaie),  p.  publ.  n»  28. 

30.R  deSav.(R.deTirl.),p.pu. 

4Î1  Vieux-M^hé,  p.  publ.  n->  38. 

3.  R.d.Bourgin.,p.pub.no32. 
18.  R.  de  Perk,  p.  publ.  n«  23. 
il.  R.  des  Joy.-Entr.,  p.priv.  c. 
33.  S«-Quent.,  p.  publ.  n»  46. 

38.  R.  de  Diest,  p.  publ. 
32.  R.  de  la  Mon.,  p.  publ.  no 23. 

40.  R.  des  Joy.-Entr.,  p.  priv.^. 

29.  R.  de  la  Station,  p.  priv.  e. 

4.  R.  d,  Bourgra.  (R.  de  Tirl.), 
p.  publ. 

Iaaraises./i4.  R.  des  Corbeaux,  p.  publ. 

5.  R.deTirl.,p.publ.n«3i. 
13.  R.  de  Tirlemont,  p.  priv. 

41.  R.  des  Vaches,  p.  priv.  a. 
43.  —  —  c. 
37.  PI.  Marguerite,  p.  publ.  . 

39.  R.  de  la  Cuiller,  p.  publ. 

6.  R.  Marie-Thérèse,  p.  publ. 
24.  R.  de  Marengo,  p.  priv. 

8.  R.  des  Bogards,  p.  priv.  b. 
36.  R.  des  Poul.,  p  publ  no35. 
35.  R.  des  Cordes,  p.  publ. 

46.  R.  Vleminckx,  p.  priv." 

23.  PI.  du  Peuple,  p.  publ. 
2.  PI.  de  Liège,  p.  publ. 

42.  R.  de  Tirlem.  (R.  Vle- 
I      minckx),  p.  publ.  n^  42. 


Centre  (partie  basse). 


56.  R.  de  la  Laie,  p.  priv.  e. 

66.  Voer  des  Capuc,  p  publ. 
64.  R.  des  RécoU.,  p.  priv.  c 
63.  R.  de  Bruxelles,  p.  priv. 
52.  R.  Notre-Dame,  p.  priv. 

54.  R.  de  la  Laie,  p.  priv.  a. 
63.  M«'»'  au  Poisson,  p.  publ. 
47.  Pl.S»-Antoine,p.pubL 
46.  R.  des  Moutons,  p.  priv. 

55.  R.  de  la  Laie,  p.  priv.  b. 

63.  R.  des  Pénitentes, p.  publ. 
50.  R.  des  Récollets,  p.priv.  b. 

64.  R.de  la  Fontaine,  p.  publ. 


Partie  N.-O.  delavillc. 


74.  R  deTer^'uerenji.jfflli 


69.  R.  des  Dom.  irl.,  p.  ('UU. 

70.  R.  des  Nains,  p.  poLl. 

67.  R.  des  Chevaliers,  p.  piM 

68.  R.  duSouci,p.pQbL 


(  117  ) 
î  UsTain  d'après  rcnseiiiUe  de  leurs  qualifés. 


ESn  se  "basant  sur  nos  limites  élargies. 


Partie  S.- E.  de  la  ville. 


Centre  (partie  basse). 


Partie  N.-O.  de  la  ville. 


\9. 

lao. 
là). 

H5. 

•I    , 

Iwrts  30. 
|4S. 

H, 


R.  de  Namor,  p.  publ.  n<>  49. 

PI.  de  rUaiversité,  p.  publ 

R.  de  la  Station,  p.  priv.  d. 

R.  Vleminckx,  p.  publ.  n°  18. 

R.deTirl.(R.deIaMonn.), 
p.  publ.  DO  28. 

R.  de  SaT.  (R.  de  Tirl.),  p.  pu 

Vieux-Marché,  p.  pub.  n^SS. 

R.  d.  RourgiD..  p.  pub.  n?  31 

R.dePerk,p.publ.  no25. 

R.  des  Joy.-Entr.,  p.  priv.  c. 

!â.  S'-Quentin,  p.  publ.  n*>  46. 

38.  R.deDiest,p.  publ. 

1 32.  R.  de  la  Mon ,  p.  publ.no23. 
10.  R.  des  Joy.-Entr.,  p.  priv  b. 
29.  R  de  la  Station,  p.  priv.  e. 

4.  R.  des  BonrgDi.  (R.  de  Tirl), 

p.  publ. 

14.  R.  des  Corbeaux,  p.  publ. 

5.  R.  de  Tirl.,  p.  publ.  n«  3t. 
13.  R.  de  Tirlemont,  p.  priv. 
41.  R.  des  Vaches,  p.  priv.  a, 

J«-         -  -  c. 

37.  PI.  Marguerite,  p.  publ. 

39.  R.  de  la  Cuiller,  p.  publ. 

6.  R.  Marie-Thérèse,  p.  publ. 
24.  R.  de  Marengo,  p.  priv. 

8.  R.  des  Bogards,  p.  priv.  b, 

36.  R.  des  Poul.,  p.  publ.  n*35. 

35.  R.  des  Cordes,  p.  publ. 

16.  R.  Vleminckx,  p.  priv. 

23.  PL  du  Peuple,  p.  publ. 

,  1  PI.  de  Liège,  p  publ. 

*  llR.de  Tirlem.  (R.  Vlem.), 
1  p  publ.  n»  11 


ISS,  R.  de  la  Laie,  p.  priv.  c. 
66.  Voer  des  Capuc,  p.  publ. 
M.  R.  des  RécoU.,  p.  priv.  c. 

65.  R.  de  Bruxelles,  p.  priv. 
52.  R.  Notre-Dame,  p.  priv. 


54.  R.  de  la  Laie,  p.  priv.  a. 
53.  M*^^  au  Poisson,  p.  publ. 
47.  PI.  S*- Antoine,  p.  publ. 
46.  R.  des  Moutons,  p.  priv. 

55.  R.  de  la  Laie,  p.  priv  b, 

63.  R.  des  Pénitentes ,  p.  publ. 
50  R.  des  RécoU.,  p.  priv.  b. 

64.  R.  de  la  Fontaine,  p.  publ. 


71.  R.  deTervuercn,p.  publ, 
69.  R.  des  Dom.  irl.,  p.  publ, 


70.  R.  desNains,p.pubL 

67.  R.  des  Chevaliers,  p.  publ, 

68.  R.  du  Souci,  p.  publ. 


(H8) 

Le  résultat  de  cette  classification  nous  montre  une  fois  de 
plus  que  pour  Louvain  plusieurs  des  maxima  généralement 
admis  doivent  être  forcés  considérablement;  et  nous  aurons 
tantôt  la  même  observation  à  faire  pour  toute  la  partie  basse 
de  la  Belgique. 

Voici  comment  se  répartissent  dans  les  diverses  parties  de 
la  ville,  entre  les  puits  publics  et  les  puits  privés,  les  trois 
catégories  d'eaux  établies  d'après  nos  limites  : 


B«IIIM. 


Païubles  | 

•0        i 

mi'ïmrn.  i 


Partie  S.-E.  de  la  ville  .  .  . 
Centre  (partie  basse) .  .  .  . 
PartieN.-O.  delà  ville:  .  . 

ËNSRUBLi:  DE  LA  VILLE. 

Partie  S.-E.  de  la  ville  .  .  . 
Centre  (partie  basse) .... 
Partie  N.-O.  de  la  ville .  .  . 

Ensemble  de  la  ville. 


I  Partie  S.-E.  de  la  ville .  .  . 
Centre  (  partie  basse) .  .  .  . 
PartieN.-0.de  la  ville.  .  . 

K.nsemble  de  la  ville. 

Totaux  généraux. 


PUITS  rUBLICS. 

ruiT<  PRIVtfS. 

eNSBBtLK 

da 

0 

2  p.  c. 

0 

0 

4  p.  c. 

0 

0 

6  p.  c. 

0 

2  p  c. 

4  p.  c. 

6  p.  V. 

46  p.  c. 
0 
4    - 

4  p   c. 
4    - 
0 

20  p.  c. 
4    - 
4    - 

20  p.  c. 

8  p.  c. 

28  p.  <;. 

28  p.  c. 
8    - 
6    — 

i6  p.  c. 
8    - 
0 

4i  p.  c. 

46    - 

6    - 

42  p.  c. 

24  p.  c. 

66  p.  c. 

W  p.  c. 

36  p.  c. 

400  p.  c. 

(  «9  ) 


S.    Eaux  de  puils  ordinaires  de  diverses  localités  en  dehors 
de  Louvain. 

En  se  plaçant  au  point  de  vue  de  l'hygiène  publique  et  en 
se  basant  à  la  fois  sur  la  géologie  et  la  géographie  physique 
de  la  Belgique,  on  peut,  avec  M.  G.  Dewalque  *,  diviser  comme 
suit  notre  pays  en  un  certain  nombre  de  circonscriptions  natu- 
relles et  régions  distinctes  : 

Zone  littorale 

Zones  des  deux  Flandres  et  de  la  Campine  (région 
sablonneuse) ^  Basse  Belgique. 

Zones  du  Hainaut,du  Brabant  et  de  la  Hesbaje  (région 
limoneuse) 

Zone  de  la  vallée  de  la  Sambre  et  de  la  Meuse  *  .    . 

Zones  de  l'Entre-Sambre-et-Meuse,  du  Condroz  et   {  Moyenne  Belgique, 
du  plateau  de  Hervé 

Zone  de  i'Ardenne Haute  Belgique. 

Zone  du  bas  Luxembourg. 

Parmi  les  eaux  de  puits  de  diverses  localités  de  la  Belgique 
que  nous  avons  examinées  et  dont  la  composition  est  rensei- 
gnée dans  le  tableau  II  ci  après,  la  plupart  appartiennent  à  la 
basse  Belgique,  quelques-unes  à  la  moyenne  et  à  la  haute  Bel- 
gique. 

*  Rapport  sur  la  division  de  la  Belgique  en  circonscriptions  naturelles, 
par  le  D' G.  Dewalqae,  professeur  à  KUniversité  de  Liège,  président  du  Con- 
seil de  salubrité  publique  de  la  province  de  Liège,  etc.  —  Bulletin  de  la 
Société  royale  de  Médecine  publique  du  royaume  de  Belgique,  4«  fascicule, 
1.1, 1878,  pp.  327-337. 

*  La  Société  royale  de  Médecine  publique  divise  aujourd'hui  celte  zone  en 
deux  :  la  zone  du  Centre  et  la  zone  du  pays  de  Liège. 


(  120  ) 


II.  —  Eaux  de  piiiU  êHûuirei 


PROVENANCE. 


CARACTÈRES 

phjiiqaei 

et 

organoleptlqacs. 


DURETÉ 


TENEUR  (ER  GftAOI 


liqu*. 


AcM« 
•loteux. 


liXIIâ  généralenent  admis.  .  . 

Hasselt,  R.  Vieille.  .  p.  pub. 

—  Grand'Place,     — 

—  R.  des  Cheva-    — 

liers, 

—  Marché  au  Bois  — 

—  Près  de  lAthôo.  - 

—  R.  dé  Maeslr.,    — 

—  R.  d'Une  per-    — 

sonne, 

-—  R.  du  Démer,    — 

—  R.de8Récoll.,  — 

—  Paards  Demer,  — 
--  R.  Isabelle        — 

—  PrèsVogelzang,— 
Moyennes  des  n»*  l-il 


Dec.  i876 
Avril  1877 


Claire,  trentp..  qqt 
floe.  ferrof  ;  inod, 


Clelrc.  peiiit  flneoos 
ferreg.;  lood.;  mt. 


Claire,  fli 
coalear  Jaunâtre; 
odeur  de  gag. 

Chire,  rarca  Qoeoni 
JannAtrea;  savaur 


D«pAt  fondroananx; 
odaur  de  latrinci 
et  de  fai. 

Claire,  dépôt  roufe; 
Ineol.,  iuod.,  lioD- 
ehoo  noirci. 

Claire ,  peu  de  floe. 
rouge»;  eoul.  Jau 
oAtre,  inod. 

Claire,  qqt  Ooc.  ron- 
gea; od.  Mtide,  foAt 
de  molli. 

Claire,  floe.  tr.raree; 
iaeal,  inod..  saveur 
nomiale. 

Claire,  floe.  rouget; 

coui  iaonitre,  od. 

fétide  faible. 
Floeona  rongea  ;  od 

fétide,  aaveur  ma- 


Floe.  rouge*  «liond.; 
od.deUiSctdegas 


Jemappes,  p.  priv 

Longchamps,  p.  priv.  a.  .  . 

-  -     ^. . . 

Tiriemont,  p.  priv 

Winghe- S*- Georges,  p.  priv. 


Mars  i881 
Juin  1880 

Mars  1881 
Juin.  187H 


Normaux. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 


320 
740 
58 
69 
48 
70 
§8 

oa 

6» 
71 

70 
47 
58 
$3« 

32- 


19 
21 


13 
14 

15 
16 
17 
(I)  Observations  microscopiques.  —  N«>  14  et  15.  Cellules  végétales,  débris  organiques,  qqt  bactér 


46 


0.027 

0.087 
0.015 
0.048 
0.061 
0.008 
0.044 
0.070 
0.030 

o.o:)j 

0.039 
0.960 
0.014 
0.059 

0.425 
0.175 
0.132 
0.150 


0431 

a46l 

oja 
oii 
aw 
ais 
aam 

OJC 
0l39( 

0.» 
oii 

0.50 


On  peu, 

0 
Traena. 

Peo. 

0 


0.28 

au 

ojn 

0.14 
0.1Q 


(  121  ) 


e  dîTfiws  localités. 


1  LITRE). 


ftae 

MiruÀ 


■atièiM 

Offf»- 

aiqaes 


CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  D'ÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  HO». 


QouiiM 

gr- 
Ptf  I  lit. 


Aflipect. 


d«la 
ealclMillmi. 


CoMpoaltIo». 


REMARQUES 

dlYcnet. 


I 
M'     0 

K      0 

m    0 

M3    0.(MO 
Ni      0 
M4'  OÛOT 
KO!     0 

B4i     0 

I 
Rg   TnMs 
tel. 

WaooOT 

IH  10.0017 

no    0 


«7    ... 

•  .      0 
»13|     0 

m    0 

..       0 

ili     0 


a072 
0.052 
0i63 

ai39 

0.250 
a046 
0.i09 
0.405 
0.087 
0.085 
0.483 
0.069 
0.131 


1390 
4.860 
1300 
4.480 
4.500 
1940 
4.780 
2.450 
4.970 
4.880 
4.900 
2.050 


Jaune  «tm 
polau  noira. 

JawM-omgé. 

Jaune -Tongaàl. 
GrU-Jannàtre. 


Noircit  peu. 
Brunit  assez. 

Roireil  fortement. 

Noircit  assez. 


Rolrclt     

od.  forte,  aaotéa. 

Noircit  peu. 


Molfdt,  ne  fond 
pas;  od.  empjr. 

Molrelt  un  peu. 


Noircit  fort;  od. 
OM.  forte. 


Jaune-Boirltre. 
Jaone*roufe 


brun  foneé;  aie. 
eriataUiuea. 


Ass.  Si0a,Pa08iK;peuFe; 
pas  Md. 

PeuSi08;Pa05l?)îre,  K. 

Bcp  SiOj,  Fe;  peu  K  ;  pas  PjOs. 

Bcp  Fe,  Na  ;  ass.  K,  Mn,  SiO^; 
traces  PsOs- 

Un  peu  SiOa  ;  pas  P^Os. 

Ass.  SiOa,  K,  Fe,  Mn;  pas  P^Os' 

K,  SiOj;  traces  PjOs. 

Bcp  Fe  ;  ass.  Mn  ;  un  peu  K, 

Na,SiO,;pasPA. 

Ass.  SiOj,  Fe,  K;  pas  Mn 

ni  Vfis- 

Fe,  K,Si0a;pasP505. 

Fe. 


0470 
0.020 
0.020 
0.485 


4.400 
0.627 
0.147 
4.400 
0.640 


Bcp  SiOs  ;  ass.  Na,  K.  P^Os; 
pasMn. 


Beirelt,  puis  Uan- 
eliit;  od.  enipj 
reuaa  tique. 


Noirelt. 


Bcp  K,  Na;  traces  Fe;  pas  P^Os. 


(•) 


(  122  ) 


II.  —  Eaux  de  puits  êrdiaaire 


PROVENANCK. 


CARACTERES 

physiques 

el 

organolepliques. 


DURETÉ 


TENEUR  {ES  ULAMI 


llqaa. 


Aelda 
asotcvx. 


Biaque. 


i8 
i9 
20 
SI 

ââ 

â3 
24 

25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
3:) 
31 
35 


lAIIli  g^i^ralrnenl  admis.  .  . 

Bruges 

Blankcnberghc 

Bruxelles.  K.  S»«-Cathoriue. 

-  R.  tlu  Remorqueur. 
•  —        R.  (l'Argent .  .  . 

—  R.  de  Loxum  .  . 


Juin.  1873 
Sept.  1881 
Juin  4873 
Août  1880 
Juin.  1873 

Id. 
Dec.  4883 


noc.  blaDcs;  autres 
wniet.  normal] 


Qqs  légers  flocons; 
savear  normale. 


Claire;  odeur  et  sa 
veur  de  moisi. 


Moyennes  des  n»»  20-24. 

Ixclles 

S'-Josse-ten-Noode 

Maiines,  p.  priv 

Aerschot,  p.  priv 

Hamme-Mille,  p.  priv.  a.  .  . 
-  —      A   .  . 

Kerckoin,  p.  priv 

Lubbeck,  p.  priv 

Wygniael,p.  priv 

Héverlé,  p.  priv.  i 

Liège,  labor  de  l'Université. 
—    R.  Florimont 


Juin.  1873 
Juin  4873 
Juin. 4880 
Avnl  1873 
Mars  4873 


Floe.  eolor.  ;  goAt 
parlieuUer. 


Traub.,dtfB4t  bmn, 


\nài  bmn, 
uile,  un 


!  Claire,  léger  dépAt' 
blene,ed.  demoUI;' 
sav.  partieulière. 


Août  4884 
Dec.  4«83 
Nov.  4870 
Janv.4872 
Août  4873 
Id. 


Claire,  transp.,  pas 
de  àépùt;   Inod 


Claire,  saveur  d'eau 
de  pluie. 


44 

24 
51 


44 

42 

5 

3 
25 

II 
47 
24 


0.027 
0.460 

o.a% 


0 

0 

0.00016 


0.465 


0.0004 


0.572 
0.442 
0.283 
0.242 
0.056 
0.032 

Traces 

0.006 


0.091 
0 


0.030 


0.0001 

0 

0.00017 
0.0040 
0.0006 

0 

0 

0 

0 

Traces. 
0 
0 
0 


0 

o 

0.0004 


d«vc. 
Tn«es 

O 
O 
0 

O.OOCH 
0 
0 
0 
0 
Peu. 
0 


Oij 

ao 

0.4 

U.1 
Pe 

0.1 

0.Û 
lU 
0.1 

Tr»i 

0.(] 

m 

0.1 

ai 

(ti 
ac 


Voir  aussi  plus  loin  «  Eaux  de  sources  ». 


(  123  ) 


Jim-sn  loeaiiléf  (suile). 


Matières 
«rsa- 


CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  D'ÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  iiO*. 


QaaoUlé 

fr. 
par  I  liU 


■«■«a 

de  la 


CoMpaaItIo». 


REMARQUES 
dircrset- 


0.135 
0.470 

0.275 

0.060 
0.030 
0.I2S 
0.095 

aos5 

Âss. 

0.010 
0.007 
O.i90 
0.082 
0.001 

0.465 


0.7â0 
19120 
0.730 
0.S45 
i.090 
i.390 
0.930 
0.87S 

0.55o 
1.340 
0.880 
0.193 
0.390 
0.435 
0.950 
0.900 
0.310 
1.735 
0.655 
a815 


Jaunâtre. 

iaoBCT  bjgrosc 

Sec. 


noircit  fortenaot. 


Noircit,  blanchit 
ilifllciiemeot. 


noircit  un  pen; 

blanchit 
très  lentement. 


BcpK;ass.  PaOsî  peu  Mn. 


Bcp  Na,  Moy»  K,  Mn;  peu  PjOs; 
pas  Fe,  SiOi. 

BcpMD;P,08;K(Ca,Na). 


Jaunâtre. 


Asscm  blanc, 
un  peu  bygrosc. 


Noircit. 
Noircit  peu. 


PjOs,  K,Na;  pas  Mn. 
Bcp  K,  Na,  (]a;  traces  Mn. 


Hygroac. 


Ne  noircit  pas. 


Hoy>  PsOs,  K;  un  peu  Mn. 
Ca,Na,  K;  traces  P^Os?  Mn? 


Jaune  pâle. 


Blane,  see,  eris- 
tallin. 


Blanc. 
Blanc,  sec. 


Hoireit  fortenient: 
perte  de  poids  : 

Jannlt  an  peu;  pas 
d'odenr. 

!loircit;  pas  d'od. 

Id. 
Hoirdt  fortement. 

Perte  de  poids  : 
=  IMM0. 

!|oire.,blan.facU., 
pétille,  brâlc; 
Perte  de  poids  : 

Jaunit  un  peu  sur 
les  bords,  blan 
ehit  lenumenu 

Roirdi,  blanchit 
facilement. 


Fc,  Ca,K,Pa05. 

BcpK,  Na. 

Bcp  K;  pas  Mu. 

Peu  SiOj. 


Communication 
avec  eaux  de  cui- 
sine tolsine. 


Bcp  K,  Ca,  Na;  traces  PtO^i 
Mn? 

Ass.  Na,  K;  traces  Mn,  P^Os. 

BcpMn,Fe,Na,K;  peu  PjOa 
pas  SiOi. 


(124) 


II.  —  Eam  de  puîls  ordiMii^ 


PROVENANCE. 


DATE. 


CARACTÈRES 
phyiiqnct 

Cl 

orfanolepllquM. 


DURETÉ 


TENEUR  (EN  GKUB 


Aeide 
tiqar. 


»faM[ae. 


37 


40 
44 
42 
43 
44 
45 
46 
47 


lAXIlA  géoénleDcol  admis. 

Thieu 

Vonéche,  p.  pubi 

—      p.  priv 

Hamoir,  p.  priv 

Beauraing,  p.  priv.  .  .  . 


Environs  de  Dînant  (terrain 
schisteux). 

Ibid.    (terrain  calcareux). 

Dînant 

Anvers,  p.  priv 

—  ancienne  enceinte.  . 

—  nouvelle     — 


Dec.  1874 
Août  i88i 

Id. 
Juin.  4873 
Dec.  i87â 
Avril  1878 

Id. 

Id. 
Dec.  1876 

1879-4882 


Caract.  normaui. 

Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 


19 
27 
30 
36 
92 
80 
75 


0.027 


0.008 


Traee*. 

Peu. 

Peu. 

0 


0    I  U 

Traces.  < 
0 

Bep.  :  ûj 


( 


470 

42 

16 

52 

48 

43 


0.435 


0.432     Peu. 


0.448 


Bep. 


vLf 


PctL       «H 


(125) 


t  iiimta  lecalitcs  {suite). 


1  UTRE). 

CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  D'ÉYAPORATIÛN  SÉCHÉ  A  440». 

REMARQUES 

dlTCrMI. 

ée 

■autres 
orga- 

ll^a••. 

car- 
pari  lit. 

dala 
caielnatloa. 

ConpositioB. 

m 

0 

0 
0 
ope. 
0 
0 

aoso 

0.500 

0.060 
0.024 

0.295 
0.340 
0.745 
0.670 

Jaune,  ir.  pâle. 

HoiKii.  paia  blao- 

Pas  SiOâ. 

0 

Sec. 
Hygrosc. 

Jaaail,  noircit, 
blancliit  an.  vile. 

Noircit,  faible  o4. 
animale. 

Moy»  Na,  Ca.  K;  Mn;  peu  P.Ob; 
traces  Fe;  pas  SiOj. 

Mn. 
,    ,    ,  ] 

Moyeaaea  d'ana- 
ly»««$  pratiquéet 

uar  U    H    llânl^ 

^ 

0 
0 

0.005 
0.460 
0.4ÏO 
0.405 

0.920 
4.500 
4.520 
4.340 

Induitriel  à   Dî- 
nant. 

Pas  P,05. 

Hejrennet  d'ana- 
lyaci  praiiqDëei 
par  M.  le  D' Van 
Melekebcke,  a  An- 
vers 

P= 

■■^"■^ 

(  126  ) 


En  groupant  ou  classifiant  ces  eaux,  d'abord  au  point  de 
vue  de  leur  teneur  en  matières  diverses,  puis  au  point  de  vue 
général  de  leur  admissibilité  dans  Talimentation ,  nous  dis- 
tinguerons entre  les  eaux  de  la  basse  Belgique  et  celles  de  la 
moyenne  et  haute  Belgique. 

Xexiours    en    matières    organiques. 


Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(!l*  ei  proTcnanee.) 

Gram- 
parim. 

DÉSir.SATION  DES  EAUX. 
(R*  el  pro^rBante.) 

Cnm- 

p«r  1  lii. 

38.    Wygmael,  p.  priv 

^^*  j  Hamme-Hille,  p.  priv.  .  .  . 

|î*  î  Longchamps,  p.  priv 

27.    Malines,  p.  priv 

3a.    Lubbeek,  p.  priv 

23.    Ixellcs 

0.001 

0.008 
0.020 
0.025 

0.082 
0.095 

0.405 
0.420 
0.421 
0.i2o 
0.425 
0.426 
0.170 
0.170 
0.185 
0.190 

44.  Dinant 

41.  Beauraing,  p.  priv 

40.  Hamoir,  p.  priv 

35.  Liège  (labor.  de  ri'uivers.)  . 

0.005 
0.021 

0.0») 

47.    Anvers  (nouv.  enceinte).  .  . 
46.       —      (anc.        —     ).  .  . 

;|^~j  Hasselt,  p.  pubI 

26.    Sainl-Josse-ten-Noodc  .  .  . 

iS.    Bruges 

^"   Bruxelles 

19!    Blankenberghe 

VS.    Jemappes,  p.  priv 

16.    Tirlemont,  p.  priv 

3i.    Kerckom,  p.  priv 

0.465 

En  admettant  comme  maximum  Ok'jOoO, 
Sur  20  eaux  examinées, 

7,  ou  35  p.  c.,  ont  une  teneur  qui  ne  dépasse  pas  les  limites, 
à  savoir  : 


Dans  la  basse  Belgique  .  . 
—  moyenne  Belgique  ) 
-T-     haute  Belgique      j 


tsur  46  eaux)  4,  ou  35  p.  c. 
(sur  4  eaux)  3,  ou  75  p.  c. 


(127) 

13,  OU  65  p.  c,  ont  une  teneur  supérieure.  Parmi  celles-ci, 
2,  ou  10  p.  c,  ont  une  teneur  comprise  entre  0«',0S0  et  O'^lOO, 
soit  : 


Dans  la  basse  Belgique  .    . 

—  moyenne  Belgique  ) 

—  haute  Belgique      { 


.    (sur  46  eaux]  %  ou  là  p.  c. 
.    (sur  4  eaux)  0. 


M,  ou  o5  p.  C,  ont  une  teneur  supérieure  à  0«',100,  à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  16  eaux)  10,  ou  63  p.  c. 

-  moyenne  Belgique)  „„  4  ,,„„  i,  ou  88  p.  c. 

—  haule  Belgique      ) 

Seraient  donc,  du  chef  de  la  teneur  en  matières  organiques  : 

Bonnes 3J(  p.  c. 

Passables  ou  médiocres  ....    10    — 
Mauvaises 55    — 


Xeneurs    en    aoide    axsoteux. 


Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

Cnm- 

I>ar1lil. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

GrM- 
par  1  Ut. 

I3w    Jemappes,  p.  priv 

15.  Longehamps,  p.  priv.  6 .  .  . 

16.  Tirlcmont,  p.  priv 

n.    Winghe-S»-Gcorgeâ.  p.  priv. 
18.    Bruges 

0 
0 
0 

0 
0 
0 
0 

0 

0 
0 
0 

40.  Hamoir,  p.  priv 

u 

27.    Malines,  p.  priv 

38.    Aerschot,  p.  priv 

^'  1  Hamme-Mille,  p.  priv.  .  .  . 

M.    Héverlé,p.priv 

ÎS.    Lubbeek,  p.  priv 

33.    Wygmael,  p.  priv 

(  128) 


Ten.eu.rs    en    aoide    azoteiuc  {suite). 


Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(R*  el  provtiuiaee.) 

Grain- 
Bies 

par  1  lit. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  proveatnce.) 

Gnm- 

met 

pari  lit. 

14.    LoDgchamps,  p.  priv. a.  .  . 
37.    Thiea 

Tntu. 

Id. 
Id. 
Id. 

Peu 

0.00016 

0.00017 

0.00060 
0.00100 

38.  Vonôche.  p.  publ 

39.  —       p.  priv 

47.    Anvers  inouv.  enceinte) .  .  . 
31.    Kerckom,  p.  priv 

46.    Anvers  (anc.  enceinte).  .  .  . 
49.    Blankenberghe 

22"  Bruxelles 

Peu. 
Id. 

Z4. 

96.    Saint-Josse-ten-Noodc  .  .  . 
25    Ixelles 

Sur  23  eaux  examinées, 
12,  ou  52  p.  c,  ne  renferment  pas  d'acide  azoteux,  à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  90  eaux)  44,  ou  56  p.  c. 

-  W-e  Belgique»  3  i^^^gg      . 

—  haute  Belgique       J  ^     >  r 

11,  ou  48  p.  c,  en  contiennent.  Parmi  celles-ci, 
4,  ou  17  p.  c,  n'en  contiennent  que  des  traces,  à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  90  eaux)  4,  ou  90  p.  c. 

(sur  3  eaux)  0. 


moyenne  Belgique  ) 


—  haute  Belgique 

7,  ou  31  p.  c,  en  renferment  des  quantités  notables,  à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  90  eaux)  6^  ou  95  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  )  ,        „        va       .« 

~     haute  Belgique      |   '    '    <*"^  3  eaux)  9,  ou  67  p.  c. 

Du  chef  de  l'acide  azoteux,  on  pourrait  donc  en  déclarer  : 

Bonnes 59  p.  c. 

Passables  ou  médiocres  ....    47    — 
Mauvaises 31    — 


(129) 


rr eneuTs    en    aiiiiiioiiiaqu.e . 


Basse  Belgique. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(SI*  et  proTCoann.) 


Grem- 

parllll, 


Moyenne  et  haute  Belgique. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  provrnaDee.) 


pari  lit. 


44.  Longcbtmps,  p.  priv.  a .  .  . 

47.  Winghe-S^-Georges,  p.  prÎT. 

48.  Bruges 

25.  Ixelles 

96.  Saint-Josse-ten  Noode.     .  . 

ST.  Malines,  p.  priv 

.^'  I  Hamme-Mille,  p.  priv.  .  .  . 

31.  Kerkom,  p.  priv 

iti.  Lttbbeek,  p.  priv 

34.  Héverlé,  p.  priv 

U"  j  fimxelles 

45.  Longchamps,  p.  priv.  b  .  ,  . 
37.  Thicu 

43.  Jemappes,  p.  priv 

46.  Tirlemont,  p.  priv 

3i  Wygmael,  p.  priv 

47.  Anvers  (nouv.  enceinte) .  .  . 

S8.  Aerscbot,  p.  priv 

49  Blankenberghe 

46.  Anvers  (anc.  enceinte).  .  .  . 


dont. 
TracM. 

Id. 
Uopca. 

Id. 

Id. 

Id. 

0.0004 

0.0004 

Bcp. 


40.  Hamoir,p.  priv..  . 
38.  Vonéche,  p.  publ. 


39.  Vonéche,  p.  publ. 


Bcp. 


Sur  23  eaux  examinées, 
12,  ou  52  p.  c,  ne  contiennent  pas  d'ammoniaque,  à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belgiqae  ....    (sur  'iO  eaux)  40,  ou  50  p  c. 

-  «"<•»«»»«  Belgique.  3  2,oubTp.c. 

—  baate  Belgiqae      1  ' 

Tome  XXXVII.  9 


(130) 

H,  OU  48  p.  c,  en  renferment.  Parmi  celles-ci, 
3,  ou  13  p.  c,  n'en  contiennent  que  des  traces,  soit  : 

Dans  la  basse  Belgique  .    .    .    .    (sur  90  eaoz)  3,  on  iS  p.  c. 


—     moyenne  Belgique  { 


.    .    (sur  3  eaux)  0. 


haute  Belgique      i 

8,  OU  35  p.  c,  en  contienneiit  des  quantités  appréciables,  à 
savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  30  eaux)  7, ou  35  p.  c. 

(sur  3  eaux)  i,  ou  33  p.  c. 


—  moyenne  Belgique  j 

—  haute  Belgique      i 


Sont  donc,  du  chef  de  la  teneur  en  ammoniaque  : 

Bonnes 52  p.  c. 

Passables  ou  médiocres  .    .    .    .    i3    — 
Mauvaises 35    — 


rreneurs 

exi    aoide    aasotlque. 

Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

DÉSIGNATICN  DES  EAUX. 
(  N*  et  provenaora.  ) 

Gram- 

met 

par  1  lit. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(M*  et  provenance.) 

6r«M- 
laee 

pwfllti. 

32.    Lubbeek,  p.  priv 

28.  Aerschot,  p.  priv 

29.  Hamme-Mille,  p.  priv.  a.  .  . 
27.    Malines,  p.  priv 

30.  Hamme-Mille.  p.  priv.  b.  .  . 

26.    Saint- Josse-ten-Noode  .  .  . 

ll'j  Hasselt,  p.  publ 

3i.    Kerkom,  p.  priv 

47.  Anvers  (nouv.  enceinte).  .  . 
46.       "     (anc.        —     ).  .  . 
16.    Tirlemoni,  p.  priv 

Jg  j  Longchamps,  p.  priv 

48.  Bruges 

0 
Traces. 

0.006 
0.032 
0.035 

0.056 
0.059 
0.09i 

0.H8 
0.132 
0.150 

0.i53 

0.460 

iO.  Hamoir,  p.  priv 

35.  Liège,  lab.  de  l'Université  .  . 

44.  Dinant 

0.008 
0.030 

0,135 

(131) 


ITeneurs    en    aolde    azotique  {suite). 


Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

bÉSICKATION  DES  EAUX. 

Gram- 

mea 

parllii 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(H*  et  dMRnaiioB.) 

Gnn. 

MM 

par  i  nu 

«.    Izelles 

0.319 

0.383 
0.435 
0.930 

S"}  BrazeUes 

ia    Jemappes,  p.  pri¥. 

19.    Blankenberghe 

Sur  20  eaux  examinées, 

7,  ou  35  p.  c,  contiennent  au  plus  O^'jOSK  d'acide  azotique, 
à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  i7  eaux)  5,  ou  30  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  j  ,        «  ^      n, 

—  haute  Belgique      {  '    '    ^*"'  3  eaux,  3,  ou  67  p.  c. 

13,  ou  63  p.  c,  en  contiennent  plus  de  Ok',035. 

3,  ou  45  p.  c,  en  renferment  de  Ob'jOSS  à  08^,100  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  il  eaux)  3,  ou  18  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  )  ,        «  ^ 
~     haute  Belgique     5    '    '    ^'"^  ^''^^^' 

10,  ou  50  p.  c,  en  renferment  au  delà  de  0«%100.  Parmi 

celles-ci, 
H,  ou  30  p.  c,  en  contiennent  de  0«%100  à  0*^,200  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  il  eaux)  5,  ou  30  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  )  ,        o        »  .       «« 

—  haute  Belgique      }  '••    ^*"'  3  eaux)  d.  ou  33  p.  c. 

4,  ou  20  p.  c,  au  delà  de  0»%200,  soit  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  47  eaux)  4,  ou  33  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  ) 

—  h.uf  Belgique      1  '    '    <'"  ^*»"^"- 


(  132  ) 
Sont  donc,  du  chef  de  la  teneur  en  acide  azotique  : 

Bonnes 35  p.  c. 

Passables  ou  médiocres  ....    15    — 
Mauvaises 50    — 


ITeneurs    en    olilore. 


Basse  Belgique. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  provenance.) 


Gren- 
me« 

pari  lit 


Moyenne  et  haute  Belgique. 


1>ËSIGNATI0N  DES  EAUX. 
(  N*  et  prorenance.) 


37.    Thieu 

28.    Aerschot,  p.  priv 

S' j  Hamme-Mille ,  p.  priv.  .  .  . 

48.  Bruges 

49.  Blankenberghe 

25.    Ixclies 

47.    Anvers  (nouv.  enceinte) .  . . 
17.    Winghe-S*-George8,  p.  priv. 

S7.    Malines,  p.  priv 

34.    Kerkom,  p.  priv 

46.    Tirlemonl,  p.  priv 

126.    Saint-Josse-ten-l>Ioo(le.  .  .  . 

1^*  I  Longcharaps,  p.  priv 

32.    Lubbeek,  p.  priv 

d4~|  Bruxelles 

34.    Héverlé,  p.  priv 

43.    Jemappes,  p.  priv 

46.    Anvers  (anc.  enceinte).  .  .  . 
il~î  Hasselt,  p.  pubi 


Traeet. 

0.008 

0.056 
0.056 
0.084 
0.402 
0.405 
0.440 
0.420 
0.445 
0.433 
0.450 
0.473 
0.485 

0.28^ 
0.284 
0.285 


40.  Hanioir,  p.  priv , 

35.  Liège,  labor.  de  l'Université 
39.  Vonôche,  p.  priv 

36.  Liège,  R.  Florimont  .... 


0 
0.017 
0.028 

0.070 


44.  Dinant 


0.1^ 


(133) 

Sur  24  eaux  examinées, 

H,  ou  2S  p.  c,  renferment  moins  de  Ok',035  de  chlore,  à 
savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  19  eaux)  3,  ou  46  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  i  ,        „        >  o       ^m 

,        ^  ,  .  f  .    .     sur  S  eaux)  3,  ou  60  p.  c. 

—  haute  Belgique      ( 

18,  OU  7o  p.  C.,  en  contiennent  plus  de  O^'jOSS.  Sur  ce  nombre, 
4,  ou  17  p.  c,  en  contiennent  de  0«',03J)  à  Op',100,  à  savoir  : 


Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  49  eaux)  3,  ou  46  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  i 

—  haute  Belgique      ) 


(sur  5  eaux]  4,  ou  20  p. c. 


14,  OU  t>8  p.  C,  en  renferment  au  delà  de  0«',100,  dont 

10,  ou  42  p.  c,  en  renferment  de  0«%100  à  0«%200,  à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belgique ....    (sur  49  eaux)  9,  ou  47  p.  c. 

—  moTenn.B.lgiqa.>  8  «.«,)  i.  ou  80  p.  c. 

—  haute  Belgique     )  '   *  i- 

4,  OU  16  p.  C,  en  contiennent  plus  de  0«',200,  soit  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  49  eaux)  4,  ou  24  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  )  /        »        ,  n 
u    .    D  I  •           I   .    •    (sur  S  eaux  0. 

—  haute  Belgique      ) 

Sont  donc,  du  chef  de  la  teneur  en  chlore  : 

Bonnes 25  p.  c. 

Passables  ou  médiocres  ....    47    — 
Mauvaises 42    — 


Teneurs    exi    aoide    sulfurlQue. 


Basse  Belgique. 


DtSICNATION  DES  EAUX. 
("S*  el  pr»T«aaoM.) 


Gram- 
Mr  I  lit, 


Moyenne  et  haute  Belgique. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(R'el  pioteoance.) 


Cran- 
nés 

par  lia. 


33.  Lnbbeek,  p.  priv 

Il'  j  Longchamps,  p.  priv 

47.    Winghe-S<-Georges,  p.  priv. 

34.  Héverlé,  p.  pri? 


Tr.  peu. 

0.044 

0.072 
0076 


44.  Bcauraing,  p.  priv. 
44.  Dinant 


0 
0,068 


(134) 

X'eiieii.rs    en    acide    sulfurlque  {suite). 


Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  !!•  el  proTCOanee.) 

Gram- 
pari  lit. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

GraM- 

p«r  1  lii. 

3i.    Kerkom,  p.  priv 

Ass. 

36.  Liège.  R.Florimont 

0.080 

â8.    Aerschot,  p.  priv 

Id. 

35.     —     Labor.de  rUniversité. 

0.100 

IJ^   Bruxelles 

0.i05 

S6.    Saint- Josse-ten-Noode  .  .  . 

0.i60 

S7.    Malines,  p.  priv 

o.aoo 

^Ifj  Hassell,  p.  publ 

0.357 

8  eaux  sur  14  renferment  moins  de  Qk^IOO  d'acide  sulfu- 
rique,  soit  57  p.  e. 
Sur  10  eaux  de  la  basse  Belgique  examinées, 

4,  ou  40  p.  c.,  renferment  moins  de  Oc,  100  d'acide  sulfurique; 
3,  ou  30  p.  c,  renferment  moins  de  09^,150  d'acide  solfiirique; 
3,  ou  30  p.  c.f  renferment  plus  de    08%i50  d'acide  sulfurique. 

Pour  la  moyenne  et  la  haute  Belgique,  les  4  eaux  examinées 
(100  p.  c.)  renferment  au  plus  0«^,100. 
En  ce  qui  concerne  l'acide  sulfurique,  sont  donc  : 

Bonnes 57  p.  c 

Passables  ou  médiocres  .    .    .    .  ( ,. 
Mauvaises )        ~ 


(138  ) 

T'eneurs    en    rësldu    d'évaporation. 


Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 

Cnm- 

DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  et  provroanrf.) 

Gram- 
parllU. 

i8.    Aerschot,  p.  priv 

3a    Wygmacl,  p  priv 

^Q*  1  Hamme-Mille,  p.  priv.  .  .  . 

i5.    lielIes 

17.    Winghe-S»- Georges 

{i*  j  Ungchamps,  p.  priv 

0.493 
0.34C 

0.412 

0.S55 
0.640 

0.687 

0.720 

0.875 

0.880 
0.900 
0.950 
4.400 
4.310 
4.340 
4.520 

4.7:45 

4.900 

4.920 
4.400 

38.  Vonéche,  p.  publ 

39.  —      p.  priv 

35.  Liège,  labor.  de  l'Université. 
41.  Beauraing,  p.  priv 

40.  Hamoir.  d.  nriv 

0.295 
0.340 

0.655 
0.670 
0.745 

48.    Bruges  .  . 

36.  Liège,  R.  Florimont 

44.  Dinanl 

U"!  Bruxelles 

27.    Malines,  p.  priv 

33.  Labbeek,  p.  priv 

31.    Kerkom,  p.  priv 

46.  Tirlemont,  p.  priv 

47.  Anvers  (nouv.  enceinte) .  .  . 
96.    Saint-Josse-ten-Noode  .  . 
46.    Anvers  îanc.  enceinte!.  .  .  . 

34.  Héverlé,  p.  priv 

^^"1  Hasselt,  p.  publ 

49.    BUnkenberghe 

43.    Jemappes,  p.  priv 

0.845 
0J)20 

Sur  36  eaux  examinées, 
îi,  ou  19  p.  c,  ont  des  teneurs  inférieures  à  Op',500,  à  savoir  : 

Dans  la  basse  Belsiaue  ....    (sur  49  eaux)  3,  ou  46  p.  c. 
-     EmS?"!-    •    (sur  7e.«,)2.ou»p.e. 

31,  ou  81  p.  c,  ont  des  teneurs  supérieures  à  Os^ySOO.  Parmi 

celles-ci, 
17,  ou  65  p.  c. ,  ont  des  teneurs  comprises  entre  0«',600  et  lïf.SOO  : 


Dans  la  basse  Belsique  ....    (sur  49  eaux)  42,  on  63  p.  c. 

—  moyenne  Belgique) 

—  baute  Belgique       j 


(sur  7  eaux)  5,  ou  71  p.c. 


(  136) 
4,  ou  16  p.  c,  contiennent  plus  de  1^^,500  : 

Dans  la  basse  Belgique  ....    (sur  i9  eaux)  4,  ou  â1  p.  c. 

-  «»»ï«»»«  Belgique)  ^ 

—  haute  Belgique      ) 

Du  chef  de  la  teneur  en  résidu  d'évaporation,  sont  donc  : 

Bonnes '19  p.  c. 

Passables  ou  médiocres  ....    65    — 
Mauvaises 46    — 

Dureté. 


Basse  Belgique. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(N*  cl  prorenaoee.) 


.. 


Degr4 
hydro- 
tlm. 


Moyenne  et  haute  Belgique. 


DÉSIGNATION  DES  EAUX. 
(  N*  et  proTea«nec.) 


Dcfrc 

tln. 


â8.    Aerschot,  p.  priv 

33.  Wygmacl,  p.  pri? 

34.  Kertom,  p.  priv 

^'  j  Hamme-Mille 

43.   JemappeSy  p.  priv.  .  .  . 

]i'  I  Longcbamps,  p.  priv.  . 

49.    Blankenberghe 

37.    Thieu 

32.    Lubbeek,  p.  priv 

48.    Bruges 

46.  TirlemoDt,  p.  priv.  .  .  . 
S7.    Malines,  p.  priv 

55.  Ixelles 

24  {  Bruxelles 

34.    Héverlé,  p.  priv 

56.  Saint-Josse-ten-Noode  . 

j^^\  Hasselt,  p.  pubi 

47.  Anvers  (nouv.  enceinte;. 
46.       —     {anc.         —     ). 


7 

24 
28 


3:^ 

34 
40 
44 
44 
46 
47 
48 

48 

54 
58 

6:^ 

76 
80 


44.  Beauraing,  p.  priv 

42.  Environs  de  Dinant  (schiste) . 

43.  -  (calcaire). 


49 
27 

:io 


44.  Dinant 


36 


(  137  ) 

Sur  33  eaux  examinées, 
8,  ou  3S  p.  c,  ont  une  dureté  ne  dépassant  pas  33°  : 

Dans  la  basse  Belgique ....    (sur  49  eaux)  5,  ou  26  p.  c. 

13,  ou  65  p.  c,  ont  une  dureté  qui  dépasse  33«.  Parmi  celles-ci, 
13,  ou  57  p.  c,  ont  une  dureté  comprise  entre  33"  et  64"  : 


Dans  la  basse  Belgique.    .    .    .    (sur  49  eaux)  i%  ou  63 p. c. 
—     moyenne  Belgique  ) 
->     haute  Belgique      f  ' 


(sur  4  eaux)   4,ouS5p.c. 


3,  ou  8  p.  c,  ont  une  dureté  dépassant  64"  : 

Dans  la  basse  Belgique ....    (sur  49  eaux)  %  ou  44  p.  c. 

—  moyenne  Belgique  )  i        a        \ù 

—  haute  Belgique      ) 

Du  chef  de  la  dureté,  sont  : 

Bonnes 35  p.  c. 

Passables  ou  médiocres  ....    57    — 
Mauvaises 8    — 


Le  tableau  ci-après  résume  les  rapports  centésimaux  : 


Ne  dépassant     (  Basse  Belgique., 

pas  {  «  •  :       __ 

J^»">^*^"*>°-(  Sur  l'ensemble. 

Comprises       f  Basse  Belgique. 

entre  les  limites  )  Moy.       —       ) 

ordin.  )  Haute     —       ] 

et  nos  limites.    (  Sur  l'ensemble,  i 

Dépassant       r  Basse  Belgique.' 
DOS  limites  dans  }  Moy, 


une 
certaine  mesure. 


Haute     — 
Sur  l'ensemble. 


Basse  Belgique. 
deb^uçoupnos^îJ»^^     Z 

Sur  l'ensemble. 


Mai. 
organ. 

Acide 
leui. 

niaqae 

A«Me 
aïo- 
lique. 

Chlore. 

Aoide 
•ulfor. 

Rëaida 

axe. 

OarclA 

25 

55 

50 

30 

46 

40 

46 

26 

76 

:« 

67 

67 

60 

400 

29 

75 

35 

52 

52 

35 

25 

57 

49 

:fô 

48 

46 

63 

63 

,  . 

.  . 

0 

20 

.  , 

74 

25 

45 

47 

65 

57 

42 

20 

45 

30 

47 

30 

24 

44 

0 

0 

0 

33 

20 

0 

0 

0 

40 

47 

43 

:m 

42 

24 

16 

8 

(î3 

25 

35 

22 

24 

30 

.  . 

.  , 

25 

67 

33 

0 

0 

0 

.  . 

.  . 

55 

34 

35 

20 

46 

22 

(  138  ) 

Ou  voit  que  ces  eaux  renferment  le  plus  souvent,  surtout 
dans  les  villes  et  dans  la  partie  basse  du  pays,  des  quantités 
fort  élevées  de  matières  fixes,  notamment  de  chlorures  et  de 
matières  organiques  d'origine  animale  ou  encore  de  produits 
de  décomposition  de  celles-ci  (azotites,  azotates,  etc.),  ces 
matières  provenant,  soit  des  terrains,  soit  directement  des 
installations  avoisinantes. 

Les  eaux  de  puits  de  la  moyenne  et  de  la  haute  Belgique  sont 
relativement  douces  et  peu  chargées  de  matières  fixes  (résidu 
d'évaporation,  nitrates,  chlorures,  sulfates,  etc.). 

Les  eaux  de  puits  ordinaires  de  localités  diverses,  que  nous 
avons  soumises  à  l'analyse,  peuvent,  d'après  l'ensemble  de 
leurs  qualités  et  en  admettant,  pour  les  eaux  de  la  moyenne 
et  de  la  haute  Belgique  comme  pour  celles  de  la  basse  Bel- 
gique, des  limites  assez  larges,  se  classifier  comme  suit  : 


Basse  Belgique. 

Moyenne  et  haute  Belgique. 

Bonnes.  .  .  < 

39. 
30. 
28. 

^i7. 

Hammc -Mille,  p.  priv.  a, 

Aei'schol,  p.  priv. 
Wvgmael ,  p.  priv. 
Wînghe-S*-Georges,  p.  priv. 

40.  Hamoir,  p.  priv. 

44.  Beauraing,p.priv. 

:%.  Vonécbe,p.Dubl. 

42.  Environs  de  Dinanl  (schiste). 

4:1       —              —      (calcaire). 

Passables  ' 

ou 
médiocres. 

27. 

Longcbamps,  p.  priv.  a. 

Malines,  p.  priv. 
Lubbeek,  p.  priv. 

44.  Dinant. 

25. 
26. 
48. 
31. 
34. 
16. 
47. 

Ixelles. 

S*-Josse-ten-Noo(le. 
Bruges. 

Kerkom ,  p.  priv. 
Héverlé,  p.  priv. 
TirlemoDt,p.  priv. 
Anvers  (  nouv.  enc). 

36.  Liège,  R.  Florimoot 

35.      —    laborat.  de  rUniversité. 

39.  Vonécbe,  p.  priv. 

Mauvaises    \ 

20- 
24. 

1  Bruxelles. 

i9. 
13. 
46. 

Blankenbergbe. 
Jemappes,  p.  priv. 
Anvers  (anc.  enc). 

i2. 

JHasselt,p.  publ. 

(  139  ) 

Pour  autant  qu'on  peut  en  jtiger  d'après  un  nombre  d'ana- 
lyses aussi  restreint ,  la  proportion  d'eaux  à  ranger  dans  la 
catégorie  de  bonnes  est  moins  forte  dans  la  basse  Belgique  que 
dsins  la  moyenne  et  dans  la  haute  Belgique. 

Les  meilleures  eaux  proviennent  de  la  campagne  ou  de  loca- 
lités peu  populeuses.  Celles  de  Hamme-Mille  peuvent  être  con- 
sidérées comme  types  pour  la  basse  Belgique;  celle  de  Hamoir, 
pour  la  moyenne  et  la  haute  Belgique. 

Un  grand  nombre  d'eaux  de  puits  de  la  ville  d'Anvers  ont 
f*té  analysées  par  M.  le  D' Van  Melckebeke,  qui  a  eu  l'obligeance 
de  nous  communiquer  les  résultats  de  ses  essais.  Ces  résul- 
tats concordent  avec  les  nôtres.  Nous  en  avons  déduit  deux 
moyennes  que  nous  avons  consignées  dans  notre  tableau  II  et 
nous  en  extrayons  encore  l'intéressante  statistique  ci-après  : 


Degrés  hydrotimétriques.  . 

(Boairott  et  Boadct.) 


Matières  organiques 

(  CalcaUM  d'après  la  qnantilë  d«  camé- 
léon employé.) 

Nilrites 

Composés  ammoniacaux ] 

Nitrates 1 

Résidu  d'éTaporation  à  itO<».  .  .  . 


De  O.OOo  à  O.O0O 
De  0.050  à  0.100 
Au  delà  de  0.100 


Absence  . 
Présence . 


Absence . . 
Présence . 

Absence  . 
Présence . 


De  0.250  à  0.500 
De  0.500  à  1.500 
De  4.500  à  1000 
Au  delà  de  9.000 

Au-dessous  de  30». 
De  30»  à  60»  . . 
De  60»  à  90»  .  . 
An-dessus  de  90» 


ARCIBNRB 
eneeiDte  *. 


32  p.  c. 

40  - 

28  - 

84  - 

46  - 

58  — 

42  - 

62  - 

38  - 

0  -. 

48  - 

3V  - 

48  - 

2  — 

24  - 

54  - 

20  - 


NOUTCLLB 
eoeelnte. 


44  p.  c. 

42  - 

44  - 

8«  - 

44  - 

82  - 

48  - 

63  - 

32  - 

4  - 

56  - 

26  — 

44  — 

40  - 

20  - 

40  — 


*  M  Van  Meickebeke  entend  par  ancienne  enceinte  la  partie  de  la  ville  située 
enireles  avenues  du  Commerce,  des  Arts,  de  Tlndostrie,  du  Sud,  et  TEscaut. 


(  140) 

Les  résultats  de  nos  analyses  d'eaux  de  puits  de  la  ville  de 
Bruxelles  et  de  ses  faubourgs  sont  sensiblement  d'accord  avec 
ceux  que  mentionne  M.  Yerstraeten  ^.  Parmi  ces  eaux  il  n*y 
en  a  qu'un  très  petit  nombre  qui  puissent  être  admises  comme 
passables  ;  la  plupart  sont  de  mauvaise  qualité. 

Nous  avons  eu  l'occasion  d'étudier  tout  particulièrement  les 
eaux  de  diverses  pompes  publiques  de  la  ville  de  Hasselt  :  ces 
eaux  sont  très  mauvaises.  D'abord  le  terrain  leur  communique 
une  forte  teneur  en  matières  minérales  (chaux,  acide  sulfu- 
rique,  chlorures,  etc.)  ;  en  outre,  elles  sont  souillées  à  un  degré 
extrême  par  des  infiltrations  de  matières  animales  (matières 
organiques,  chlore,  acide  sulfurique,  acide  azotique,  hydro- 
gène sulfuré,  ammoniaque,  acide  azoteux)  provenant  notam- 
ment des  étables,  qui  sont  fort  nombreuses  dans  la  ville.  Quel- 
quefois aussi  l'eau  des  puits  de  Hasselt  est  contaminée  par  des 
fuites  de  gaz  (matières  goudronneuses,  ammoniaque,  hydro- 
gène sulfurée  Les  eaux  les  plus  mauvaises  sont  celles  des  par- 
ties basses  de  la  ville,  où  les  étables  sont  le  plus  nombreuses 
et  où  l'oxydation  des  matières  organiques  dans  le  sous-sol 
s'effectue  sur  une  échelle  moindre  que  dans  les  parties  plus 
élevées. 

•   fj)c.  ciL 


(  141 


3.  Eanx  de  puiU  artésiens  de  Louvain  et  des  environs. 

Comme  le  montrent  nos  analyses  (voir  tableau  III  ci-après), 
ces  eaux  sont  rarement  souillées  d'une  manière  notable  par 
la  présence  de  matières  organiques  ou  de  leurs  produits  de 
décomposition  intermédiaire.  A  peine  y  rencontre-t-on  quel- 
ques matières  humiques,  mais  peu  ou  point  de  matières  capa- 
bles d'absorber  une  grande  quantité  d'oxygène. 

L'acide  azotique  ne  s'y  trouve  qu'en  très  faible  quantité  et 
reste  de  beaucoup  en  dessous  des  limites. 

Le  chlore  s'y  rencontre  parfois  en  quantité  assez  notable, 
principalement  dans  les  puits  qui  pénètrent  jusqu'au  terrain 
crétacé  ou  jusqu'au  terrain  primaire. 

La  teneur  en  résidu  salin  est  moindre  pour  les  eaux  de  puits 
artésiens  que  pour  celles  des  puits  ordinaires. 

La  dureté  est  faible  ;  et  elle  est  moindre  pour  les  eaux  des 
puits  qui  descendent  jusqu'aux  terrains  crétacé  et  primaires 
que  pour  celles  des  nappes  tertiaires. 

En  comparant  la  dureté  de  ces  diverses  eaux  avec  leur  teneur 
en  résidu  fixe,  on  note  une  différence  considérable,  surtout 
pour  les  eaux  de  la  nappe  crétacée,  ce  qui  indique  la  présence 
d'une  proportion  très  forte  de  sels  alcalins. 

Le  fer  existe  parfois  en  proportion  assez  notable  dans  les 
eaux  artésiennes. 

Il  est  à  remarquer,  du  reste,  qu'une  grande  partie  des  impu- 
retés que  peuvent  renfermer  les  eaux  artésiennes  proviennent 
plutôt  d'infiltrations  des  couches  supérieures  à  travers  les  joints 
du  tubage  (R.  de  Tirlemont)  que  des  nappes  artésiennes  pro- 
prement dites. 

Bref,  toutes  ces  eaux  de  puits  artésiens  rentrent  dans  la 
catégorie  de  «  bonnes  ». 


(  m) 


m.  —  Eau  de  pvili  art«iai 


1 

PROVENANCE. 

DATE. 

CARACTÈRES 

DURETÉ 

TENEUR  (EKGUnf 

phjsl«|aea 
et 

rovAU. 

PUSIS- 
TAITC. 

Aelde 
ilqae. 

Aeide 
ewceas. 

■leqee. 

cye 

i 

4 
5 

6 

7 
8 

lAIllà  g<iéraleBeil  adaii.  .  . 

32* 

•       • 

0417 

Q 

1 

Treecs 
deat. 

0 

Tnea 

deet. 

Treees 

dMl. 

0 

Tieces 
deei. 

0 

0 
0 
0 

a 

0.1 

o.« 

04 

OJ 

01 

.  i 

m 

ad 
m 

OM 

Uéverlé  (p.  priv.) 

Moulin  de  fer. 

Janv.  187^2 
Juin  i874 

Août  1874 

Sept.  4871 
Août  4880 

Mars  4874 
Août  4880 

Août  4880 

24 
24 
30 

42 

20 

»2 

42 
44 

42 

44 

2 

6 

7 

2 
2 

0 

0.002 

0 
0 

0.002 

0.004 
0.004 

0.004 

0 

0 

0 

0 
0 

0 
0 

0 
0 

0 

0 

Hônital  civil 

Clair*.  Mf .  d*«aa 
de  pluie. 

Wilsele  (fabp.  de  prod.  chim.) 
R.  Saint-Martin  (tannerie).  . 

Uéverlé  (Château) 

R.  de  Tirlcmont  (p.  priv.)  .  . 
Ateliersdu  Graud-Central(  <  ;. 

Col.  bleuAttc. 

Juill.  4883 
Sept.  4871 
Août  4880 

cuire,   W  JoeoM 
Menés  très  légers, 
iood  ,  seT.  oern. 

(1)  N.  0.  Bibet,  ingéniear,  dan 
belge  à  Louvain  (i«r  août  1876),- 
indique  pour  cette  eau  la  compoa 

Titre  hvdrotimétriflue     .     . 

s  sa  Note  tur  le  puits  artésien  crt 
—  Toir  Revue  universelle  des  mini 
ition  suivante  : 
.     .     .        K«  1/^       Il       Alumine 

susé  aux  atel 
'S,  etc.,  tome  l 

iersdu  Grand 
LL,4876,2«5en 

■Ccntn 

IWtTf- 

O.OO 
tracBJ 

Résidu  fixe 

0.4G3 
0.044 
0.016 
0.056 
0.336 

Oxyde  fe 

rrinuA 

Carbonate  de  chaux       • 

Acide  silicique.    .    . 
Matières  organiques . 
Acide  sulfurique  .     . 

...     ew 

•^          magnésie . 

O.0U 

Carbonate  de  soude  ... 

tn(« 

Chlorures  de  sodium  et  de  poti 

issium. 

(143) 


de  UiTiin  et  des  enTirens. 


B  {  LITHE). 


Aoa 


mm 


iLiHo 


■IqMf. 


QvMltiU 

r- 

pu  I  lit. 


0-060 


0.008 


0.025 


CdO 
OOiO 

aos5 


0.010 
0.045 
0.002 


CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  D'ÉYAPORATION  SÉCHÉ  A  H0«. 


0.310 

o.an5 


0.4i8 
0.418 

0.490 
0.i37 

0.400 
0.400 

0.385 
0.385 

0.583 

0.430 


de  la 

0«l«lM«tlO 


Noircit  p«o  etiea- 
toiiMat;  brdl««  od. 
hible. 


Noircit  00  peu, 
blanchit  tA«. 


C*oOBr*alCio 


REMARQUES 
dlTcrset. 


Bcp  K,  Na,Ga;Fe,  .Mn;      I 
traces  P«Ob. 


Fe  =  0.010. 
Bcp  Fe. 

Fc. 

Fe. 


Puits  , 

s'alimentant 

à  la 

couche 

artésienne 

du 

terrain 

tertiaire 

(landénien). 


Puits 

s'alimentant 

à  la 

couche 

artésienne 

du 

terrain 

secondaire 

(crétacé)  (*). 


foer  les  autres  puits  artésiens,  M.  Bibet  donne,  en  ce  qui  concerne  la  dureté,  les  chiffres  suivante; 


fc»erlê(p.  priv.) «4«» 

looiradefer t9» 

It-piUl  civil «8*/*" 

WiWI«  fabrique) 51® 


R.  Saint-Martin  (Unnerie) ....        30  V, 

Hérerlé  (château) t»»/* 

R.  d6TirlemoBt(p.  priv.)  .     ...        !2  •'» 


''B^ERUTioKS  MICROSCOPIQUES.  —  N»6.  Aucune  cellule  ni  corps  organisé. 


(  144 


i.  Eaui  de  sources,  drains,  etc.  1. 

Nous  avons  pour  la  composition  des  diverses  eaux  de  sources 
naturelles,  drains,  etc.,  signalées  dans  le  tableau  IV  ci-après, 
les  moyennes  suivantes  : 


DURETÉ 

TENEUR  (EN  GRAMMES  PAR  i  LITRE).       | 

HéYCrlé  (château) .  . . 

totale. 

pcnitl. 

Aeiae 

MO- 

tique* 

Aeiilc 
«»- 
t«ai. 

Amme. 
Iliaque 

ChloK. 

Aeide 
rairur. 

Hat. 
orgin. 

Béiida 
d-*».p. 

S3 

8 

0.(Mi 

0 

0 

0057 

Trmcct. 

0.030 

0.290 

Bruxelles  (distribut.). 

â8 

8 

O.Oââ 

0 

0 

O.Oiâ 

0.007 

0.064 

0391 

Liège  (distribution.) 

S5 

H 

0.00B 

0.028 

Peu. 

T»er» 

0.340 

Dînant,    Hastière, 
Beauraing,  etc. 

33 

U 

0.014 

0.016 

0.029 

0.008 

0.300 

La  source  du  château  d'Héverlé  appartient,  comme  nous 
l'avons  dit  déjà,  à  la  nappe  aquifère  qui  alimente  les  puits 
ordinaires  de  la  ville  de  Louvain  ;  recuesillie  dans  un  terrain 
boisé  et  qui  n'est  soumis  à  aucune  culture  spéciale,  elle  est  le 
type  le  plus  pur  des  eaux  de  cette  nappe,  considérée  dans  la 
partie  qui  avoisine  le  cours  de  la  Dyle. 

^  RemarquoDS  que,  la  disliDCtion  enire  une  eau  de  source  (source  vive)  et 
une  eau  de  puits  (source  dormante)  élaut  parfois  délicate  à  faire,  surtout 
lorsqu'on  ne  connaît  pas  parfaitement  le  lieu  d'origine,  il  pourrait  s'élre 
glissé  déjà  parmi  les  eaux  de  puils  ordinaires  de  diverses  localités  que  nous 
avons  étudiées,  et  notamment  parmi  les  eaux  de  puits  ordinaires  de  la 
moyenne  et  de  la  haute  Belgique,  quelques  eaux  de  sources  proprement  dites 
(par  ex.  41.  Beauraing,  p.  priv.?);  et  vice-versa,  certaines  eaux  que  nous 
donnerons  ci-aprés  comme  provenant  de  sources  sont  peut-être  en  réalité  des 
eaux  de  puits. 


(145) 

Nos  analyses  d'eaux  de  la  distribution  de  Bruxelles  concor- 
dent sensiblement  avec  celles  que  cite  M.  Verstraeten  ^. 

Les  eaux  de  sources  et  de  drains  de  la  moyenne  et  de  la 
haute  Belgique,  provenant  de  terrains  crétacés  (eau  de  distri- 
bution de  Liège),  de  terrains  calcareux  ou  de  terrains  schisteux 
(Dinant,  Hastière,  Beauraing,  etc.),  sont  généraralement  plus 
pures  que  les  eaux  des  terrains  tertiaires  de  la  basse  Belgique, 
notamment  en  ce  qui  concerne  la  teneur  en  matières  orga- 
niques. Mais  le  nombre  d'échantillons  d'eaux  de  sources  que 
nous  avons  analysés  n'est  pas  asser  grand  pour  que  nous  puis- 
sions nous  former  à  cet  égard  une  opinion  absolue. 

•  Loe.  ciL;  et  en  outre  :  Distribution  d'eau,  —  Bruxelles,  —  Examen  topo- 
graphique,  géologique  et  hydrologique  de  la  contrée  comprise  entre  la  Senne 
et  la  Dyle,  Bruxelles  et  Nivelles:  août  1879. 


Tome  XXXVII.  10 


(146) 


lY.  —  Eaux  de  gMurct, 


PROVENANCE. 


DATE. 


CARACTÈRES 

pbjrsiqacs 

et 

orginolepiiqncg. 


DURETÉ 


TEMEUR   (EH  GIlAni 


li^M. 


Aride 
asoteax. 


lAXIlA  Kéi<rileMil  adaii. 
Héverlé  (château) 


'1 
& 


Boulev.  Botanique  .  .  . 
R.  M.-D.-aax -Neiges .  . 

PI.  des  Martyrs 

R.  Montoyer 

R.  de  la  Blanchisserie  . 


40   •=  {  Univ»<,  Hôtel  de  ville, 
^  J         R.  d'Archis  «. 


2  /  t'niversilé. 


;!?  \  PI  des  Guillemins  . 

Dinant  (moyenne  de  4).  .  .  . 

Ruisseau  de  Leffe  (Dinant)  . 

Environs  de  Dinant  (schiste). 

—  (calcaire). 

Neffc  (près  Dinant) 

Moniat  (ibid) 

Hastière 

Ibid.    (distribution)  .  .  .  . 
Beauraiqg  (distribution) .  .  . 


Juin.  4883 

Juin  4873 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 
Dec.  4883 

Août  4873 
Fév.  4883 
Janv.  4883 

Avril  1878 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 


Claire,  wns  dépAl. 

Normaux. 


Floeons  blancs,  lar, 
ua  peu  ailringrntc, 


Normaux. 
Id. 
Id. 


820 
S3 

â8 

34 
S6 


26 
30 


2o 

So 
34 
46 
27 
28 
21 
24 
29 
20 


3» 

4 
44 


41 

42 

45 

43 

7 

46 

40 


0.027 

0.041 

0045 
0.060 
0.007 
0.046 
0.016 
0.040 
0 


0.006 


Traces 

insigaif. 


0.046 

0.040 


Les  résultats  des  analyses  de  ces  trois  échantillons  d'eau  ont  été  absolument  concordants. 


(147  ) 


iraiBfy  elc. 


K  1   UTBB). 

CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  DÉVAPORÀTION  SÉCHÉ  A  440«. 

REMARQUES 
diTcrtea. 

ciée 

■1- 
riqoe. 

Hjdf*- 
«•Itaffé. 

Matière* 
orga- 
niqiir.. 

QBantitë 

en  fr. 
pvllii. 

Ampmct. 

Effets 

de  la 

CoHBronltloa. 

uoo 

0 

0 
Bcp. 

0.050 

0.030 

0.420 
0.070 

0.042 
0.042 
0080 
0.090 

0.500 

0.290 

0.405 
0.350 

0.400 
0.440 

Blanc,  sec. 

Koireil  faiblemS 
paa  d*oa. 

Source  n«inreUe. 

4H0 

IHO 

Sec,  pallleliet 
Blanc,  ace. 

Noirril  très  peu. 

IMrcit  et  Uanehlt 
lentement. 

Si0s,K;pcuMnetP,05. 

I>eu  Na,  Ca,  K;  traces  Hn; 
pas  PaOa. 

Saurcee  et  drftioa 
do  baaaia  aopë. 
rienrdaBaiB,dn 
ptatean  dn  boia 

014» 

1 

de  la  Cambre  et 
de   la  ror<t   de 

iH-i 

' 

Soignée. 

0 

Blanc. 
Blanc. 

Noireit  peu. 

Ke  brunit  pai  ;  paa 
d*od.  cmpyrennaat. 

PeuK,  Na;  traces  PjOs;  pas 
Hd  ni  Fe. 

Sels  calcaires  —  0.200;  nitrates 
=  0.020. 

D'après  M.  le]  g  "^i 

DaprèsM.lelSJ 

pbamaeien  ]  m  8 

Bultot.   la  \ 

lea. 

0 

Moiaade 
0.002 

0.005 

0.009 

0.340 

Iliâi 

0.300 
0.300 

M<ai 

Sources  naturell.; 

d'après 
M.  n.  Henry, 



iodostriel 
à  Dinant. 

BB 





^1 

(148) 
5.  Eaux  counnlefl. 

Le  tableau  V  ci-après  renseigne  la  composition  des  eaux  du 
Démer  à  Hasselt,  de  la  Dyle  et  de  la  Voer  à  Louvain,  de  la  Meuse 
et  de  la  Lesse  près  de  Dinant. 

L'eau  du  Démer  en  amont  de  Hasselt  a  une  composition 
relativement  satisfaisante.  Mais,  dans  son  passage  à  travers  la 
ville,  elle  se  surcharge  d'une  forte  quantité  de  matières  d'ori- 
gine animale  non  oxydées,  au  point  de  présenter  à  sa  sortie 
de  Hasselt,  malgré  la  rapidité  habituelle  d'épuration  des  cours 
d'eau,  une  teneur  considérable  en  matières  organiques,  hydro- 
gène sulfuré,  etc. 

Les  eaux  de  la  Dyle  et  de  la  Voer  en  amont  de  Louvain  sont 
aussi  relativement  bonnes  quant  à  la  teneur  en  matières  orga- 
niques et  en  sels  divers.  Celles  de  la  Voer  sont  un  peu  plus 
dures  et  plus  chargées  de  matières  fixes  que  celles  de  la  Dyle, 
sans  toutefois  dépasser  les  limites. 

Nous  avons  commencé  une  étude  comparative  des  eaux  de  la 
Dyle  et  de  la  Voer  en  amont  de  Louvain  ;  cet  examen  n'est  pas 
terminé;  mais  nous  pouvons  dès  aujourd'hui  déjà  en  déduire 
que  les  eaux  de  la  Voer  sont  meilleures  que  celles  de  la  Dyle 
au  point  de  vue  alimentaire. 

La  Dyle,  aux  diverses  époques  où  nous  l'avons  examinée,  a 
subi  dans  son  passage  à  travers  la  ville  de  Louvain,  du  moulin 
Peeters  à  l'usine  à  gaz,  les  accroissements  de  teneur  ci-après  : 


DATE. 

ACGHBlITATlOil  (  P.  C.)-                            1 

Dardé. 

TENEUR  EN                                | 

Résida  ftic. 

Ae.  atoUqaa. 

Chlore. 

Mal.  «rgso.  j 

Août  4873 

47  p.  C. 

42  p.  C. 
4îp.  C. 

60  p.  C. 

91p.  C. 
400  p.  C. 

S2p.  C 
48  p.  c 

Août  iSSO 

Février  1881 

Février  4883 

4ip.c. 

-21p.c.(!) 

(149) 

En  février  1883,  on  a  constaté  vers  le  milieu  de  la  ville  (R.  de 
la  Laie)  une  grande  diminution  de  la  teneur  en  résidu  fixe  et 
aussi  une  faible  réduction  de  la  dureté  ;  de  sorte  que,  même  à 
la  sortie  de  la  ville,  la  teneur  en  matières  fixes  est  restée  infé- 
rieure à  ce  que  l'on  avait  à  l'entrée.  Il  est  difficile  de  donner  à 
ce  phénomène  une  explication  péremptoire  ;  peut-être  faut-il 
attribuer  cette  diminution  à  une  infiltration  d'eau  de  citerne, 
à  un  déversement  d'eau  de  pluie,  ou  à  une  précipitation  de 
matières  solides  effectuée  dans  le  courant  de  la  rivière.  On  con- 
çoit, du  reste,  que  la  composition  d'une  eau  traversant  une 
ville  soit  sujette  à  bien  des  influences  perturbatrices.  Toujours 
est-il  que,  d'une  manière  générale,  l'eau  de  la  Dyle  a  constam- 
ment empiré  dans  son  passage  à  travers  Louvain,  ce  qui  était 
du  reste  à  prévoir. 

En  ce  qui  concerne  les  variations  dans  le  temps,  la  Dyle  à 
son  entrée  à  Louvain,  de  1873  à  1883,  ne  parait  pas  avoir  subi 
dans  sa  composition  des  changements  bien  notables. 

La  Voer,  dans  son  parcours  entre  le  Moulin  de  fer  et  la  R.  de 
Malines,  devient  plus  chargée  de  matières  fixes  (augmentation 
de  27  p.  c.)  et  plus  dure  (augmentation  de  7  ^/g  p.  c). 

Les  eaux  de  la  Lesse  et  de  la  Meuse,  près  de  Dinant,  dans  la 
partie  rocheuse  de  la  Belgique,  sont  moins  dures  que  celles  des 
cours  d'eau  des  régions  terreuses  ^. 

'  On  trouve  dans  Touvrage  déjà  cité  de  M.  Verstraelen  des  renseignements 
plos  complets  sar  la  composition  des  eaux  courantes  de  Belgique. 


(150) 


V.  —  bu 


• 

II 

PROVENANCE. 

i 

j      DATE. 

CARACTÈRES 
physiques 

DURETÉ 
Masi«- 

TENEUR   [tS  Gliïïl 

Acide 

Acide 

Amnw    . 

1^ 

WTAlt 

•te- 

i4kn 

orgtnolcptiqaet. 

TARTI. 

liqae. 

aiotanz 

nlmtme. 

lAIlIA  géiénleieat  idnis.  .  . 

32° 

940 

0.027 

0 

0 

0 

0 

i 

LeDémerà  Hasselt,  en  amont 
de  la  ville. 

Dec.  4876 
à 

Sam  dépAl.  iocol.. 

18 

0.006 

2 

Id.    en  aval  do  la  ville.  .  .  . 

Avril  i877 

Floc.  jaonca,  odcar 

!23 

0.059 

CC" 

Août  1873 

Bep  de  peiiit  flocons 
bruns;  sav.  fade. 

18 

M 

.  .  . 

.  .  . 

m 

8 

La  Dyle  à  Louvain,  au  Moulin 
Gilbert. 

Août  1880 
Fév.  1881 
Fév.  1883 

18 

0.005 

0 

Tracn 

niti 

!2â 

7 

.  .  . 

... 

O.^K 

4 

Id.    R.  de  Bruxelles 

Août  1873 

.      .     .      .     , 

.    .     . 

5 

6 

Id.    R.delaLaie 

Id.    R.  de  Malines 

Fév.  1883 
Juin.  1871 

21 
21 

5 

0.100 

0 

Traces. 

(W 

Août  1873 

21 

il 

.  .  . 

.    .    . 

7 

Id.    R.  du  Canal 

Fév.  1883 
Août  1873 

23 
21 

6 
11 

.    .    . 

o,a 

8 

Id.    Usine  à  gaz ^ 

( 

Août  1880 
Fév.  1881 
Fév.  1883 

18 

0.008 

0 

0 

f\(\ 

23 

3 

... 

... 

9 

La  Voer  k  Louvain,  en  amont 
(au  Moulin  de  fer}. 

Fév.  1883 

27 

7 

.     .     . 

•x< 

10 

Id.    R.  de  Malines 

Id. 

29 

6 

.     .     . 

H 

La  Meuse  à  Dinant 

Avril  1878 

14 

12 

.  .  . 

.  .  . 

•     - 

4â 

La  Lesse  près  Dinant  .... 

Id. 

7 

«      ... 

.     .     . 

L 

■^"■■^^ 

"■*i^^^ 

(  151  ) 


niinilM. 


,1 1  uthe:. 

CARACTÈRES  DU  RÉSIDU  D'ÉVAPORATION  SÉCHÉ  A  iiO». 

REMARQUES 
di  vertes. 

Uidr 

IBl- 

fine 
.;  nlfaré 

Matkrei 
«ffa- 

ni^naa. 

Quantité 

engr. 

par  1  lit. 

Aupecc. 

Bffeta 

delà 
Mlel«««ioa. 

MOO 

m 
m 

0 

0 
0.002 

ooso 

0.0SO 
Oiio 

0.030 
0045 

0500 

0.230 
0.450 

0.515 
0.315 

Non  bygroac. 

Noircit;  pas  d'oJ. 
Noireit  peu. 

Noircit,  pois  blan- 
chit. 

Très  peu  SiO^  et  P^Oa. 

Très  peu  K,SiOâ.Mn,Fe; 
pas  PaOs. 

Peu  Ca,  K,  Na;  Mn,  Fe;  pas  P-O-. 



u 

.  .  . 

o.o:« 

0.090 
0.0d5 

o.aso 

0.030 
0.055 

0.380 
0.340 
0.260 
0.350 
0.280 
0.360 
0.240 
0.3'iO 

Eau  filtrée 

0 

Sec.   nn   pea 
jaune. 

Noircit,  puis  blan- 
chit lentemrnt. 

BcpMn;Fc;moy»Ca,Na,  K; 
peu  P4O5. 

=  o,i:,:,>. 

Eau  filtrée 

(mat.  en  suspens.  :, 

=  !i.045r 

0 

Blanc. 

Perte  de  poids  : 
=3  0,000. 

Noircit  peu,  blan- 
chit vite. 

Bcp  Mn,  Fe;  mov'  Na,  P^Oj; 
peu  K. 

Eau  filtrée 

0 

sec.  paillettes 
blanche*. 

Noircit. 

Bcp  Na,  K;  ass.  P^Os;  un  peu  Mn. 

9   ' 

0.045 
0.040 
0.0  il 

o.:ioo 

0.330 
0.420 

Eau  filtrée 

Eau  filtrée 
(mat.  en  snsoent.  : 

Eau  filtrée 
(nat.  rn  suspens.  : 

D'après 

M.  H.  Henry, 

industr.  à  Dinant. 

.  ( 

J_ 

=== 

(  182  ) 


IV. 


ESQIIS8E  HYDHOLOGIQIK 

ou   TERRITOIRE   DE   LA   VILLE   DE   LOUVAIN   ET    DE   SES   ENVIRONS. 


La  ville  de  Louvain  (voir  la  carte  ci-contre)  est  située  sur  les 
deux  rives  de  la  Dyle,  entre  les  points  où  le  niveau  moyen  des 
eaux  de  cette  rivière  se  trouve  aux  cotes  approximatives  de 
20  mètres  et  16  mètres  au-dessus  du  niveau  de  la  basse  mer. 

Le  cours  de  la  Dyle  suit  en  traversant  Louvain  une  direction 
moyenne  S.-S.O.  à  N.-N.E.  Aux  confins  Sud  (en  amont)  de  la 
ville,  près  du  Moulin  Gilbert  (à  la  cote  20  environ),  cette  rivière 
reçoit  à  droite  le  Molenbeek,  ruisseau  dont  la  direction  est  à  peu 
près  perpendiculaire  à  la  sienne  et  qui  traverse  à  1,600  mètres 
(le  son  embouchure  les  étangs  de  Perck  (cote  2S).  Au  centre  de 
la  ville  (R.  des  Récollets,  R.  de  Bruxelles,  R.  de  Malines,  etc.), 
la  Dyle  se  partage  en  plusieurs  bras;  puis,  vers  le  Nord  et  à 
gauche  (entre  la  R.  de  Malines  et  la  R.  du  Canal)  elle  reçoit  la 
Voer,  ruisseau  assez  important  dont  le  cours  vers  son  embou- 
chure est  à  peu  près  parallèle  à  celui  de  la  Dyle  ^. 

La  vallée  de  la  Dyle  et  de  la  Voer  est  à  Louvain  relativement 
étroite.  Elle  est  resserrée  d'une  part,  au  S.-E.,  entre  une  côte  à 
pente  assez  douce  (Vieux-Marché,  Grand'place,  R:  des  Vaches, 
R.  S^Martin,  PI.  du  Peuple,  PI.  de  l'Université,  etc.),  se  con- 
tinuant, par  un  plateau  (R.  de  Perck,  R.  Vleminckx,  R.  des 

*  A  partir  d*un  point  situé  à  quelque  distance  en  amont  de  remboucbore  de 
la  Voer,  entre  la  R.  de  Malines  et  la  R.  du  Canal,  une  branche  (Lejrbeek)  se 
détache  de  la  rive  droite  de  la  Dyle  et  se  continue,  presque  parallëlemeni  ii 
celle-ci,  en  dehors  de  Tenceinle  de  la  ville. 


Esqw'sse  du  territoire  de  la  ville  de 


LOUVAIN 


^  Avec  iiuhcaUorv  des  rues,  places  pull.  eto.  ad  ont  été  pris  dis  éehaiiàUonsdkaax 


Herent 


I>  'après  Icbcartt'  do/  dépôt  de^  la  ^aerre^,  fhiUlt/  32 . 


Echdle/    dfy 


tf.0'  000 


Ùi/i:  i^  Sf:Trf;,  '-'  -'  "^ 


N.B.  La  cotes  se rofjparUnt  cuLnweaw  dt.  la  mtr. 
CeUes  ifui/  9(mtprêudèts  tbv  signe,  ^inâifaent' 


EAUX  DE   L( 

I 

Nappe  aquifère 
Coupe    Sud-^ 


Siid 


11 

il 


NiveiùXL    dû  la    mer 


XB.  Les  CûUs  sty  rafifWteM  au  rùotajtv  cU  la/  mer. 


JX    DE    LOUVAIN 


aquifère  ordinaire. 
[iipe  Est-Ouest. 


I    ? 


t 


I 


\ 


n\Ji  m  mû 


m  11^  ji  4  Est 


iàos-ioaR  T  ■'•^ 


2aar~^y7— - 


vé£iu 


^e       la.      Mer 


ia 


FcJieiU 


des  lûnmiairs.       -'  - 
des  Jiauifurs .       tooo 


.'uJxy  (^.Srre^ti.'.^-- 


(183) 

Joyeuses-Entrées,  Porte  et  Route  de  Tirlemont,  Cimetière,  etc.), 
dont  Taltitude  est  de  33  à  40  mètres;  d'autre  part,  au  N.-O., 
par  une  suite  de  collines  qui  atteignent  aux  Portes  de  Malines 
d  de  Bruxelles  les  cotes  50  et  5S,  pour  s'élever  rapidement  à 
plus  de  70  mètres  sur  les  territoires  de  Herent  et  de  Winxele. 

La  ville  occupe  le  fond  de  la  vallée  (R.  des  Moutons,  R.  de 
Paris,  R.  des  Récollets,  R.  Notre-Dame,  Voer  des  Capucins, 
PI.  S*-Jacques,  R.  de  Bruxelles,  R.  de  la  Laie,  R.  de  Malines, 
R.  du  Canal,  etc.)  et  s'étend  sur  les  deux  versants  jusqu'à  la 
cote  3o  environ.  Elle  se  développe  principalement  sur  le  ver- 
sant S.-E.  et  sur  le  plateau  qui  fait  suite  à  ce  dernier  (R.  de 
Namur,  R.  de  Diest,  R.  de  la  Station,  R.  de  Tirlemont,  R.  Vle- 
ininckx,  R.  Marie-Thérèse,  R.  des  Bourgmestres,  R.  des 
Bogards,  R.  des  Joyeuses-Entrées,  etc.).  Sur  le  versant  N.-O., 
Ijeaucoup  plus  abrupt,  il  n'existe  qu'un  petit  nombre  de  rues 
notons  les  rues  des  Chevaliers,  du  Souci,  de  Tervueren,  des 
Nains  et  des  Dominicains  irlandais). 

Le  sol  du  plateau  et  du  versant  S.-E.,  jusqu'à  la  cote  S5 
environ  (R.  des  Moutons,  R.  de  Paris,  R.  de  Diest),  est  consti- 
tué de  sables  bruxelliens.  A  partir  de  ce  niveau,  en  descendant 
dans  la  vallée,  et  jusque  sur  la  rive  gauche  de  la  Voer  et  de  la 
Dyle  (Jardin  Botanique,  PI.  S^-Jacques,  R.  de  la  Fontaine), 
l'assise  bruxellienne  disparaît  sous  les  alluvions.  Puis,  sur  le 
versant  N.-O.  (R.  de  Tervueren,  R.  du  Souci,  R.  des  Cheva- 
liers, etc.),  on  rencontre  l'assise  laekénienne,  le  plus  souvent 
recouverte  de  limon  quaternaire.  Enfin,  sur  la  pente  des  col- 
lines (R.  des  Dominicains  irlandais.  Porte  de  Bruxelles,  Porte 
de  Malines,  Mont-César,  etc.),  à  partir  de  la  cote  35  environ, 
on  trouve  le  système  diestien,  reposant  en  certains  endroits  sur 
de  minces  assises  tongrienne  et  rupélienne  inférieures.  À  l'en- 
trepôt (Mont-César) ,  le  diestien  repose  immédiatement  sur  le 
bruxellien. 

1.  Nappe  aquifére  ordinaire.  —  L'assise  bruxellienne,  qui 
affleure  donc  au  S.-E.,  qui  est  ravinée  au  centre  par  les  allu- 
vions et  qui  est  recouverte  au  N.-O.  par  les  assises  laekénienne 


(154) 

et  diesticnne,  s'étend  probablement  sous  tout  le  territoire  de 
la  ville  de  Louvain  et  de  ses  environs.  Cest  dans  son  épaisseur, 
et  en  partie  dans  Tépaisseur  de  la  couche  d'alluvions  qui  la 
ravine,  que  se  rencontre  la  nappe  aquifère  libre  où  s'alimentent 
les  puits  ordinaires  de  Louvain. 

La  couche  aquifère  repose  peut-être  sur  quelque  mince  lit 
d'argile  intercalé  dans  les  sables  yprésiens  supérieurs,  lesquels, 
à  Louvain,  existent  sous  le  bruxellien  à  partir  d'une  pro- 
fondeur moyenne  de  o  mètres  environ  au-dessus  du  niveau 
de  la  mer.  Peut-être  aussi,  comme  ces  minces  lits  d'argile 
yprésienne  supérieure  manquent  souvent  de  régularité,  la 
couche  aquifère  libre  a-t-elle  sa  base  sur  l'argile  yprésienne» 
inférieure,  soit  à  une  profondeur  moyenne  de  20  mètres 
environ  sous  le  niveau  de  la  mer  ^. 

Pour  bien  nous  rendre  compte  de  l'allure  de  cette  napper, 
nous  avons  déterminé  son  profil  dans  divers  sens,  en  relevant 
les  niveaux  de  l'orifice  des  pompes  publiques  et  d'un  certain 
nombre  de  pompes  privées,  avec  la  profondeur  à  laquelle  l'eau 
s'y  rencontre,  comme  aussi,  lorsque  l'occasion  s'en  présentait, 
le  niveau  de  l'eau  dans  la  Dyle,  la  Voer,  le  Canal,  etc. 

Voici  les  principaux  itinéraires  que  nous  avons  suivis  *. 

ab)  Canal,  R.  du  Château,  R.  des  Chevaliers,  R.  du  Souci, 
R.  de  Tervueren  ; 

cd)  Chemin  longeant  la  Dyle,  R.  du  Gaz,  R.  du  Canal,  R.  des 
Poissonniers,  Marché  au  Poisson; 

ef)  R.  de  Malines,  Grand'place,  R.  de  Tirlemont; 

gh)  R.  de  Bruxelles,  Grand'place,  R.  de  Diest  ; 

y)  Voer  des  Capucins,  R.  des  Récollets,  R.  de  Paris,  R.  des 
Moutons,  Montagne  des  Carmélites,  R.  de  Perck,  R.  Vleminckx, 
R.  des  Corbeaux. 

*  Nous  avons  emprunté  ces  données  géologiques  à  la  carte  de  Dumonl  ei 
aux  sources  renseignées  plus  loin  (p.  160)  à  propos  des  puits  artésiens.  Nous 
avons  également  lire  parti  des  judicieux  avis  qu'a  bien  voulu  nous  donner 
notre  collègue,  M.  De  la  Vallée  Poussin. 

*  Nous  tenons  à  la  disposition  des  personnes  que  la  chose  Inléresserail  les 
planches  relatives  à  ces  opérations  de  nivellement. 


(  155  ) 

Le  nombre  total  de  points  où  nous  avons  relevé  les  niveaux 
(lu  sol  et  de  l'eau  dépasse  160. 

Le  Bureau  des  travaux  publics  de  la  ville  de  Louvain  ilous 
a  fourni  aussi,  sur  les  nivellements  des  puits  publics  et  privés 
(le  la  localité,  un  précieux  surcroît  de  renseignements  com- 
plémentaires et  comparatifs. 

C'est  en  combinant  tous  ces  renseignements  avec  les  données 
géologiques  exposées  ci-devant,  que  nous  avons  dressé  les 
deux  coupes  ci-contre,  donnant  les  profils  N.-S.  et  E.-O.  de 
la  nappe  aquifère  ordinaire  ^. 

On  voit  que  cette  nappe  est  continue  et  unique. dans  toute 
l'étendue  de  la  ville  et  de  ses  environs;  ce  qui  s'explique,  du 
reste,  par  l'entière  perméabilité  du  terrain.  Son  profil  général 
est  assez  régulier  ;  on  y  trouve  reproduites  sur  une  échelle 
restreinte  les  ondulations  de  la  surface  du  sol.  Ainsi  l'on 
reconnaît  que,  dans  la  partie  S.-E.  de  la  ville,  l'inclinaison  de 
la  nappe  est  du  S.-S.E.  vers  le  N.-N.O.,  la  différence  de  niveau 
entre  l'eau  du  puits  de  la  Porte  de  Tirlemont  et  celle  de  la  Dyle 
ou  de  la  Voer,  R.  de  Bruxelles,  étant  de  6  mètres  environ.  Dans 
la  partie  N.-O.  de  la  ville,  la  nappe  se  relève  de  façon  à  pré- 
senter son  inclinaison  en  sens  inverse.  Le  niveau  moyen  de 
l'eau  dans  l'enceinte  de  la  ville  est  de  20  mètres  environ.  Dans 
notre  précédente  étude  2,  nous  avons  parlé  des  mouvements 
oscillatoires  que  subit  ce  niveau  et  des  rapports  qui  le  lient 
avec  celui  du  cours  de  la  Dyle  et  de  la  Voer. 

Au  point  de  vue  hydrologique,  on  distingue  donc  dans  la 
nappe  aquifère  deux  parties  caractérisées  par  l'inclinaison  et 
séparées  par  le  cours  de  la  Dyle  :  la  partie  S.-E.,  ou  versant  S.-E. 
(lu  bassin ,  dont  les  eaux  descendent  du  Champ  de  manœuvres 

'  Nous  avons  omis,  sur  ces  planches,  Tindication  des  assises  yprésiennes, 
au  sujet  desquelles  nous  ne  possédons  pas  de  rensoignements  bien  précis. 
L'inspection  de  la  planche  relative  aux  nappes  artésiennes  (p.  160)  permettra 
de  s*en  faire  une  idée  approximative. 

'  Noie  sur  l'influence  du  sous-sol  sur  les  maladies  miasmatiques,  etc., 
pp.  22  ei  23. 


(  136  ) 

et  de  la  Porte  de  Tirleniont;  et  la  partie  N.-O.,  ou  versant  N.-O. 
du  bassin,  dont  les  eaux  proviennent  d'au  delà  des  Portes  de 
Tervueren,  de  Bruxelles  et  de  Malines. 

Ainsi  que  le  montre  notre  croquis,  le  prolongement  de  la 
nappe  vers  le  Sud  comprend  les  étangs  de  Perck  et  la  source 
du  château  d'Héverlé. 

Essayons  maintenant  de  définir  les  influences  générales  qui, 
dans  la  ville  de  Louvain,  déterminent  la  qualité  des  eaux  de 
puits  ordinaires. 

Abstraction  faite  des  causes  d'altération  tout  à  fait  locales  ou 
accidentelles,  il  est  évident  à  priori  que  la  nature  des  eaux  dans 
les  divers  points  de  la  ville  dépendra  des  circonstances  sui- 
vantes : 

a.  État  de  culture  et  de  population.  —  Un  sol  recouvert 
d'une  population  dense  ou  soumis  à  une  culture  très  active, 
se  chargera  de  matières  organiques,  acide  azoteux,  ammo- 
niaque. 

b.  Épaisseur  de  la  couche  filtrante  ou  profondeur  des  puits. 

—  Une  épaisseur  de  terrain  plus  ou  moins  grande  occasionne, 
d'une  part,  une  oxydation  plus  ou  moins  complète  des  matières 
organiques  provenant  de  la  surface,  d'autre  part,  la  dissolution 
d'une  quantité  plus  ou  moins  forte  de  matières  salines  renfer- 
mées dans  ce  terrain. 

c.  Nature  du  terrain  traversé.  —  La  facilité  d'oxydation 
des  matières  organiques  venant  de  la  surface  dépend  de  l'état 
physique  du  sous-sol.  En  outre,  la  composition  chimique  de 
celui-ci  influence  fortement  la  composition  de  l'eau  qui  le  tra- 
verse, notamment  au  point  de  vue  de  la  teneur  en  calcaire,  sel 
gemme,  gypse,  phosphates,  fer,  etc. 

rf.  Nature  des  eaux  de  la  partie  de  la  nappe  située  en  amont. 

—  Ces  eaux,  coulant  suivant  l'inclinaison  de  la  nappe,  vien- 
nent se  mélanger  en  un  point  donné  aux  eaux  provenant  du 
voisinage  immédiat  de  ce  point ,  de  façon  que  de  ce  chef  les 
eaux  de  la  partie  basse  d'un  versant  hydrographique  devraient, 
malgré  l'épaisseur  ordinairement  moindre  du  terrain  sus- 
jacent,  avoir  ù  peu  près  la  même  composition  que  celles  des 


(187) 

parties  plus  élevées,  les  éléments  existant  dans  celles-ci  devant 
nécessairement  se  retrouver  dans  celles-là. 

e.  Voisinage  plus  ou  moins  rapproché  des  cours  d'eau.  — 
Les  eaux  courantes  venant  jusqu'à  une  certaine  distance  de 
leur  lit  et  dans  une  proportion  qu'on  pourrait  déterminer 
approximativement  se  mêler  à  celles  des  deux  versants  de  la 
nappe  aquifère  y  produisent,  par  suite  de  leur  pureté  relative, 
une  diminution  de  la  teneur  en  matières  diverses.  Cette  in- 
fluence est  en  rapport  direct  avec  l'élévation,  assez  variable,  du 
niveau  de  l'eau  dans  la  rivière. 

Ces  prévisions  théoriques  se  trouvent  en  effet  réalisées  pour 
les  eaux  de  Louvain. 

Les  puits  de  la  partie  S.-E.  de  la  ville,  depuis  la  Porte  de 
Tirlemont  jusqu'au  Vieux-Marché,  sont  creusés  tout  entiers 
dans  l'assise  bruxeliienne  et  reçoivent  des  eaux  qui  n'ont  filtré 
qu'à  travers  cette  assise.  Or,  l'assise  bruxeliienne  étant  calca- 
reuse  et  l'épaisseur  traversée  par  les  puits  du  S.-E.  relative- 
ment grande,  il  arrive  que  les  eaux  de  ces  puits,  sans  trop 
dépasser  cependant  pour  la  plupart  les  limites  extrêmes  que 
nous  avons  adoptées  pour  les  teneurs  en  substances  diverses, 
sont  généralement  dures  et  fort  chargées  de  matières  fixes.  En 
outre,  les  matières  organiques  d'origine  animale,  provenant 
des  habitations  et  des  champs  oîi  l'on  a  répandu  de  l'engrais, 
et  s'oxydant  assez  facilement  dans  le  sous-sol  grâce  à  la  nature 
sablonneuse  de  celui-ci  et  à  l'épaisseur  de  la  couche  filtrante, 
apportent  à  l'eau  un  surcroît  considérable  de  teneur  en  nitrates, 
chlorures,  etc.  C'est  ainsi  que  la  grande  majorité  des  eaux  de 
cette  partie  de  la  ville  ont  des  teneurs  en  ces  matières  de  beau- 
coup supérieures  à  nos  teneurs-limites.  Il  arrive  aussi  que  les 
matières  organiques,  trop  abondantes  pour  être  oxydées  en 
totalité,  restent  en  partie  dans  les  eaux  comme  telles,  ou  à  l'état 
d'ammoniaque  ou  d'acide  azoteux  (2.  Place  de  Liège,  12.  R.  de 
Tirlemont  (R.  Vlemincix),  23.  PI.  du  Peuple,  8.  R.  des  Regards, 
p.  priv.  b.,  24.  R.  de  Marengo,  29.  R.  de  la  Station,  p.  priv.  e.). 
Cependant  le  cas  est  assez  rare  dans  cette  partie  de  la  ville  et 
plutôt  accidentel  ;  ces  matières  arrivent  alors  directement  dans 


(138) 

l'eau,  plutôt  que  par  l'intermédiaire  du  sous-sol,  celui-ci  n'en 
étant  presque  jamais  imprégné  au  point  de  ne  plus  pouvoir 
se  prêter  à  l'oxydation. 

Les  matières  organiques,  les  nitrates  et  les  chlorures  se 
rencontrent  en  proportion  relativement  moindre  dans  la  plu- 
part des  puits  situés  à  l'extrême  S.-E.  de  la  ville  :  28.  R.  de  la 
Station,  p.priv,  d.;  11.  R.  des  Joyeuses-Entrées,  p.  jmv.  c; 
15.  Rtie  Vleminckx,  p.  publ.  n'»  18;  19.  R.  de  Namur,p.  pnbl. 
tr  19;  18.  R.  de  Perck,  p.  publ.  n«  25;  S3.  S^-Quentin,  p.publ. 
n°  46;  sans  doute  à  cause  de  la  pureté  relative  des  eaux  prove- 
nant des  terrains  non  habités  ou  peu  habités  situés  à  l'amont, 
les  seules  eaux,  du  reste,  qui,  vu  l'inclinaison  de  la  nappe, 
passent  par  la  zone  considérée.  Ainsi  le  puits  :  28.  R.  de  la 
Station,  p.  priv.  d,  est  ouvert  dans  un  terrain  qui  n'était  pas 
habité  jusque  dans  ces  derniers  temps.  Il  existait  toutefois  des 
habitations  à  une  distance  de  200  à  300  mètres  (R.  Marie- 
Thérèse),  et  le  sol  servait  depuis  longtemps  à  la  culture  maraî- 
chère. L'eau  de  ce  puits  peut  être  prise  comme  type  pour  la 
partie  S.-E.  (partie  haute)  de  la  ville. 

A  côté  de  cette  zone,  dans  la  même  partie  de  la  ville,  il  en 
existe  une  autre  :  13.  R.  de  Tirlemont,  p.  prit;.;  12.  R.  de  Tir- 
lemont  (R.  Vleminckx),  p.  publ.  n**  12';  5.  R.  de  Tirlemont, 
p.  publ.  n*» 31;  4.  R.  des  Rourgmestres  (R.  de  Tirlemont),p.pubL; 
10.  R.  des  Joyeuses-Entrées,  p.  priv.  b  où,  toutes  les  matières 
organiques  étant  complètement  oxydées  à  la  faveur  d'une 
bonne  couche  filtrante,  les  eaux  ne  renferment  que  peu  de 
matières  organiques  et  pas  d'acide  azoteux  ni  d'ammoniaque, 
mais  contiennent  une  quantité  énorme  d'acide  azotique,  chaux, 
chlorures,  phosphates,  sulfates,  etc.,  provenant  soit  de  latrines, 
étables  et  dépôts  de  fumier,  soit  de  bancs  du  terrain  particu- 
lièrement riches  en  gypse,  sel  gemme  et  phosphates,  ces  corps 
étant  entraînés  en  dissolution  par  les  nitrates.  Ainsi  le  puits 
13.  il.  de  Tirlemont,  p.  priv.,  qui  en  1875  et  1876  était  complè- 
tement abandonné  et  se  trouvait  en  communication  partielle 
avec  les  eaux  ménagères  d'une  cuisine,  a  été  en  1877  nettoyé  et 
isolé  soigneusement  :  à  partir  de  ce  moment  l'ammoniaque. 


(159) 

Tacide  azoteux  et  les  matières  organiques  disparurent  à  peu 
près  complètement  ;  mais  les  matières  salines  continuèrent  à 
y  abonder.  Ce  puits  a  une  profondeur  de  16»»,50  environ.  On 
a  creusé  tout  autour  jusqu'à  une  profondeur  de  6  mètres;  le 
sous-sol  était  homogène  et  vierge  de  toute  souillure  organique 
visible.  Les  matières  minérales  sont  donc  renfermées  dans  le 
terrain. 

Au  bord  Ouest  de  la  région  S.-E.  :  45,  Vieux-Marché,  p. pubL 
«"  58;  55.  R.  des  Cordes,  p.  pvbL;  49.  R.  de  Aamiir,  p.  pubL 
r  49;  33.  S^-Quentin,  p.  publ.  n<»  46,  les  eaux,  filtrant  à  travers 
une  épaisseur  de  terrain  moins  forte  et  subissant  peut-être  déjà 
influence  du  voisinage  relativement  proche  du  cours  de  la 
Uyle,  sont  généralement  moins  dures  et  moins  chargées  de 
matières  fixes. 

Les  puits  du  fond  de  la  vallée,  partie  basse  ou  partie  centrale 
de  la  ville,  du  Vieux-Marché  à  la  PI.  S^-Jacques,  sont  ouverts 
dans  les  terrains  d'alluvions.  Ceux  de  la  rive  droite  de  la  Dyle 
(R.  des  Moutons,  PI.  S'-Antoine,  R.  de  Paris,  etc.)  reçoivent 
les  eaux  de  la  partie  S.-E.  ;  ceux  de  la  rive  gauche  ^Voer  des 
Capucins,  R.  des  Pénitentes,  R.  de  la  Fontaine,  etc.)  reçoivent 
celles  de  la  partie  N.-O.  Les  eaux  de  tous  ces  puits,  fortement 
influencées  par  la  proximité  de  la  Dyle  et  de  la  Voer  et  ne  tra- 
versant qu'une  faible  épaisseur  de  terrain  lessivé  depuis  long- 
temps et  presque  entièrement  épuisé,  sont  ordinairement  assez 
ptm  chargées  de  matières  salines.  Mais  elles  sont  aisément  infec- 
l(?es  par  la  présence  de  matières  organiques  provenant  soit  du 
terrain  lui-même  (détritus  de  toute  espèce),  soit  des  habitations 
qui  le  couvrent;  et  ces  matières,  ne  rencontrant  qu'un  filtre 
assez  mince  et  relativement  peu  poreux,  ont  beaucoup  de  peine 
à  s'oxyder  :  63.  R.  des  PénitetHes,  p.  publ.;  64.  R.  de  la  Fon- 
taine, p.  publ.;  47.  PI.  S^-Anioine;  55  et  57.  R.  delà  Laie, 
p.  priv.  h  et  d.  Nous  avons  vu,  pages  98  et  144,  que  le  type  le 
plus  pur  des  eaux  de  cette  partie  de  la  ville  de  Louvain  et  de 
ses  environs  est  fourni  par  la  Source  du  château  d'IIéverlé,  située 
H  ou  S  mètres  au-dessus  du  niveau  de  la  Dyle,  entre  le  cha- 
fc^an  et  la  Cantine,  à  l'abri  de  toute  souillure  provenant  des 


(  160  ) 

déjections  animales.  Les  meilleures  eaux  de  la  partie  basse  de 
la  ville,  telles  que  celle  de  66.  Voer  des  Capucins,  p.  pubL,  se 
rapprochent  assez  de  ce  type. 

Enfin  les  puits  de  la  partie  N.-O.  de  la  ville,  de  la  plac^-^ 
S'-Jacques  jusqu'aux  Portes  de  Bruxelles  et  de  Tervueren, 
traversent  Tassise  laekénienne  et  pénètrent  probablement  tous 
dans  l'assise  bruxellienne;  les  eaux  qui  y  descendent  du  som- 
met des  collines  filtrent,  en  outre,  à  travers  l'assise  diestienne. 
L'ensemble  de  ces  terrains  étant  relativement  peu  calcareux,  la 
population  de  ce  côté  peu  développée  et  la  distance  de  la  Voer 
peu  considérable,  les  eaux  sont  généralement  assez  bonnes, 
sauf,  bien  entendu,  quand  les  matières  organiques,  qui  peuvent 
s'être  infiltrées  accidentellement  dans  le  sol,  ne  sont  pas  oxy- 
dées complètement  avant  de  se  mélanger  à  l'eau  :  67.  R.  des 
(^ihevaliers,  p.  publ.;  68.  R.  du  Souci,  p.  pubL;  70.  R.des  Naùis, 
p.  publ. 

2.  Nappes  artésiennes.  —  En  nous  basant  sur  les  donnét^s 
consignées  dans  les  ouvrages  de  M.  G.  Dewalque  ^  et  de  H.  Th. 
Verstraeten  ^  et  dans  le  Rapport  sur  le  puits  artésien  de  la  Place 
du  Peuple,  adressé  en  1871  à  l'administration  communale  de 
Louvain  par  notre  collègue  M.  G.  Lambert,  et  principalement 
sur  celles  renfermées  dans  la  Notice  de  M.  0.  Bihet  sur  le  puits 
artésien  du  Grand  Central  3,  comme  aussi  sur  les  renseigne- 
ments qu'a  bien  voulu  nous  fournir  M.  Remy  d'après  M.  Van 
Ertborn,  nous  avons  esquissé  la  coupe  hydrologique  ci-jointe, 
portant  indication  des  diverses  nappes  artésiennes  qui  existent 
sous  le  territoire  de  la  ville  de  Louvain  et  de  ses  environs. 

L'assise  bruxellienne,  dans  laquelle  se  trouve  la  nappe  aqui- 
fère  ordinaire,  a  sous  la  ville  de  Louvain  et  dans  son  voisinage 
une  épaisseur  qui  varie  de  12  à  36  mètres,  sa  base  étant  à  peu 
près  au  niveau  de  la  mer  ou  à  quelques  mètres  au-dessus  de 
ce  niveau. 

<  Prodrome  cTune  description  géologique  de  la  Belgique, 

*  LoccU. 

*  Ijoc.dU 


(161  ) 

Sous  cette  assise  sablonneuse,  éminemment  perméable,  se 
rencontrent  les  sables  plus  ou  moins  argileux,  mais  néanmoins 
assez  perméables,  de  l'assise  yprésienne  supérieure,  dont  l'épais- 
sear  est  de  8  à  4{$  mètres.  Vient  ensuite  l'argile  imperméable 
de  l'assise  yprésienne  inférieure,  avec  une  épaisseur  variant  de 
10  à  40  mètres,  sous  laquelle  se  trouvent  emprisonnées  les 
sources  de  la  première  couche  artésietine.  Cette  couche  est  con- 
stituée par  les  sables  verts  de  l'assise  landénienne  supérieure, 
dont  Fépai&seur  varié  de  4  à  28  mètres.  Les  eaux  de  cette 
couche  artésienne  s'élèvent  dans  les  puits  à  une  hauteur 
moyenne  de  24.39  mètres  au-dessus  du  niveau  de  la  mer. 

Les  sables  lapdéniens  reposent  sur  Targile  imperméable  de 
l'assise  landénienne  inférieure  ;  l'épaisseur  de  celle-ci  varie  de 
10  à  45  mètres.  Sous  cette  couche  argileuse  se  trouve  le  tuffeau 
maestrichtien,  rempli  de  fissures  et  comprenant  à  sa  base  un 
lit  de  silex  :  c'est  une  seconde  couche  artésienne,  dont  le  niveau 
hydrostatique  moyen  est  à  32'»,78. 

Sous  rassise  maestrichtienne  se  rencontre  l'assise  séno- 
nienne,  peu  perméable  dans  son  ensemble  ;  à  celle-ci  succède 
le  schiste  silurien,  que  ses  nombreuses  fissures  rendent  per- 
méable au  point  de  constituer  une  troisième  couche  artésienne. 

Toutes  les  assises  des  formations  tertiaires  et  crétacées  incli- 
nent légèrement  vers  le  Nord.  L'inclinaison  du  lit  de  silex  qui 
se  trouve  à  la  base  du  terrain  maestrichtien  est  de  0^,012  en- 
viron par  1  mètre. 

Les  puits  artésiens  forés  à  Louvain  et  dans  la  banlieue  s'ali- 
mentent, les  uns  à  la  première  nappe  artésienne,  c'est-à-dire 
dans  le  sable  iandénien,  les  autres  à  la  seconde  nappe,  dans  le 
tuffeau  et  le  silex  maestrichtiens. 

Les  eaux  de  ces  deux  nappes  diffèrent  donc  par  leur  niveau 
hydrostatique,  qui  est  en  moyenne  de  8™,39  plus  élevé  pour 
les  eaux  de  la  seconde  nappe. 

Notons  aussi  que  la  nappe  secondaire  est  plus  régulière  que 
la  nappe  tertiaire. 

Comme  nous  l'avons  vu  page  141,  les  eaux  de  la  seconde 
couche  artésienne  se  différencient  au  point  de  vue  chimique  de 
Tome  XXXVIL  11 


(  162) 

celles  de  la  première,  par  un  plus  faible  degré  hydrotimétrtque 
et  une  teneur  plus  forte  en  chlore  et  en  alcalis. 


DMgNliM 

de 
la 


DATE 
du 


SITUATION  DBS  PUITS. 


Cola 

dt 
lorilflc. 


iS7S 

Première  1  *®® 

(tertiaire). 

"4874 

i876 


1874 

4856 
nappe 

iirf).J  iSTfS 


Seconde  ' 


1 


fléverlé^  maison  privée .... 

Moolindefer 

H6pital  civil 

Wilsele,  fobrique  de  prod.chim. 
Wygmael,  usine 

Héverlé,  château 

R.  de  Tirlemont,  maison  privée. 
Kessel-Loo,  ateliers  du  G^  Central 
—       maison  privée  .    .   . 


24.34 
S4.47 
S4.7S 
47.48 
45X)0 

30.94 
3a48 
S9.9S 
35.60 


45.00 
404.00 
85.00 
60.00 
90.00 

403.00 
470.00 
475.60 
447.60 


-  90.66 

-  33JSS 

-  63.S8 

-  4159 

-  75.00 

-  69.08 

-  90.8S 
-400.90 
-44100 


94.47 


sais 

38JB 


Les  puits  qui  s'alimentent  à  la  seconde  couche  artésienne 
sont  ceux  dont  l'orifice  est  à  un  niveau  supérieur  à  celui  où 
s'élèvent  les  eaux  de  la  première  couche  ^. 


^  Le  puits  foré  en  1869  sur  la  Place  du  Peuple  à  la  cote  8193,  jasqu*à  une 
profondeur  totale  de  190  mètres,  n*a  pas  donné  d*eau  Jaillissante,  la  source  ter- 
tiaire rencontrée  ne  s*élevant  dans  le  puits  que  jusque  vers  la  cote  26.80. 

Les  renseignements  nous  manquent  au  sujet  du  puits  ouvert  en  1876  prés 
du  Canal  {dUiillerie). 

Le  pufu  de  la  R.  Sainl-Marlin  (lannerie),  ouvert  en  1860,  a  son  orifice  à 
la  cote  27.51;  Teau  s*y  élève  jusqu*à  SO^^Sl  au-dessus  du  niveau  de  la  mer. 
Mais  nous  n^avons  pas  pu  obtenir  de  renseignements  certains  au  sujet  de  la 
profondeur  à  laquelle  la  source  a  été  atteinte,  ni  de  Pépaissenr  des  diverses 
assises  géologiques  que  Ton  a  traversées.  Ailssi  avons-nous  omis  ce  puits  sur 
notre  coupe  hydrologîque.  A  en  juger  d*après  la  composition  de  Teta  (voir 
ubleau  III),  Il  doit  s'alimenter  à  la  première  ntppe. 


(163) 

3.  Eaux  de  sources  et  eaux  courantes.  —  La  Dyle  et  ses 
affluents  de  la  rive  gauche,  le  Calas,  la  Lasne  avec  l'Ohain  et  la 
Rivière  d'argent,  TYssche  et  la  Voer,  prennent  leur  source  à 
des  cotes  comprises  entre  130  et  70  mètres,  aux  environs  de 
Houtaing-le-Mont,  Glabais,  Plancenoit,  Waterloo,  Hoeylaert  et 
Tervueren,  à  peu  de  distance  de  la  ligne  de  faîte  qui  sépare  le 
bassin  de  la  Dyle  du  bassin  de  la  Senne,  entre  Nivelles  et 
Vilvorde.  Les  sources  élevées  des  cours  d'eau  que  nous  venons 
d'ënumérer  correspondent,  sur  le  versant  de  la  Dyle,  à  celles  de 
THain,  de  la  Woluwe,  etc.,  sur  le  versant  de  la  Senne.  Ces 
diverses  sources,  provenant  de  terrains  identiques  et  de  points 
peu  éloignés  les  uns  des  autres,  ont  une  composition  à  peu 
près  uniforme,  soit,  d'après  M.  Th.  Verstraeten  i,  une  dureté 
de  20  à  25  degrés  et  une  teneur  moyenne  en  matières  fixes  de 
0^,330  environ  (principalement  carbonate  calcique  avec  une 
faible  proportion  de  chlorures  et  azotates,  ainsi  que  de  sulfate 
calcique  et  de  fer;  pas  de  matières  organiques  ni  d'ammo- 
niaque). Du  reste,  cette  composition  se  rapproche  beaucoup  de 
celle  que  nous  avons  trouvée  aux  eaux  de  diistribution  de  la 
ville  de  Bruxelles  et  à  celle  de  la  source  du  château  d'Héverlé. 

A  part  cette  dernière,  nous  n'avons  pas  analysé  encore  les 
eaux  des  sources  des  divers  affluents  de  la  rive  droite  de  la 
Dyle  en  amont  de  Louvain  :  lé  Molenbeek,  le  ruisseau  de 
Molendael,  la  Velpe,  le  ruisseau  du  Moulin,  etc.;  mais,  à  en 
juger  par  la  nature  des  terrains  et  l'ensemble  de  nos  résultats, 
on  peut  admettre  que  l'eau  de  toutes  ces  sources  est  de  bonne 
qualité  au  point  de  vue  alimentaire. 

♦  Loe.  cit. 


(  164  ) 

V. 

€OiNCLlSiOiNS. 


La  population  d'un  endroit  donné  sera  spécialement  suscep- 
tible de  contracter  les  maladies  infectieuses,  quand  le  sol  sur 
lequel  elle  habite  est  sali  par  des  matières  d'origine  animale 
et  qu'elle  se  sert  pour  l'alimentation  d'eau  de  puits  souillée  au 
contact  de  ce  sol. 

Le  danger  sera  particulièrement  grand  lorsque  les  décom- 
positions de  matières  animales  dans  le  sol  seront  arrivées  au 
plus  haut  degré  de  développement,  par  suite  des  variations  de 
température  et  d'humidité.  On  a  généralement  constaté  que  le 
ras  se  présentait  vers  la  fin  de  l'été,  et  dans  les  moments  où  le 
niveau  de  la  nappe  d'eau  souterraine  descendait  rapidement 
d'une  quantité  considérable. 

II  importe  donc  que  le  sous-sol  des  maisons  el  des  villes  soit 
aussi  propre  que  possible.  S'il  est  souillé,  il  feut  le  purifier 
par  drainage  et  en  même  temps  empêcher  de  nouvelles  infil- 
trations de  latrines,  puits  perdus,  etc.,  en  établissant  une 
canalisation  bien  étanche  ou  en  employant  tout  autre  système. 
Et  il  est  bien  entendu  qu'il  sera  trop  tard  d'épurer  le  sous-sol 
lorsqu'une  épidémie  aura  éclaté  :  ces  précautions  doivent  avoir 
été  prises  avant  que  le  mal  se  soit  produit. 

Quant  au  mode  d'approvisionnement  d'eau  alimentaire,  il 
est  évident,  d'après  ce  que  nous  ayons  vu,  que  les  puits  ordi- 
daires  doivent  être  supprimés  dans  toutes  les  localités  quelque 
peu  populeuses,  et  être  remplacés  par  des  distributions  d'eau 
venant  du  dehors,  c'est-ù-dire  d'endroits  qui  sont  et  resteront 
à  l'abri  de  toute  altération  due  au  séjour  de  l'homme  à  la 
surface  du  sol. 


(  165  ) 

Rappelons -nous,  en  effet,  les  compositions  moyennes  de 
quelques-uns  des  principaux  types  d'eaux  alimentaires  que 
nous  avons  examinés  :  eaux  de  puits  ordinaires,  eaux  de  puits 
artésiens,  eaux  de  sources,  eaux  courantes. 


Daretë 

TENEUR   (EN  GRAMMES  PAR  1   LITRE). 

TYPES   d'eaux. 

totale. 

Acide 
aso- 

liquc. 

Atlde 
•xo- 
tcux.- 

Ammo- 
niaqae 

Chlore. 

Acide 
•ulfor. 

M*t. 
organ. 

1 

Résidu 

d'éfapj 

j 

■âUf  â  (ëiénleant  aduii 

32» 

0027 

0 

0 

0.035 

0.100 

0.050 

1 

osoo 

M.      fnfêih  ^ir  im  ponr  la  parlie  basse  df  la  Bfl- 

ni»* 

64 

0.100 

0 

G- 

0.100 

0.100 

0.050 

1 

ISOO 

/                Partie  hai(e  (S.-I.). 
l  Uiraii. 
/     Basse    \                Partie  basse  .    .    . 

60 
35 

0.:^! 

0.094 

Traces. 

Id. 

Trarn. 

Id. 

0271 
0.093 

Aues. 

PCD. 

0.118 
0.116 

1.802' 

I 

0.704 

1 

1  Bd^foe.  }  Hasselt 

P«iU     1               f 

<               \  Hamie-lille 

iriiuîm.i 

f  leTciie      Disait 

1    «(balte 

*  BclgifM.      Haneîr 

b3 
31 
36 

0.059 
0.020 
0.133 

0.008 

0.001 

o.oo:^ 

0 

0 

0 
0 

0 
•  • 

0 

0 
0 

0.308 

0.008 

0120 

0 

0.020 
0.090 

0.367 
0.068 

0.062 

0.121 
O008 
0.005 
0050 

0.016 
0.019 

1.900 

t 

0.412 

0.920 

0.715 

0.376 
0.446 

(  IfapH  tertiaire  . 
Nits  aitéiieis.  —  Leiriii.    . 

—    sfceidaire.    . 

S9 
il 

(  EHrine  j  ^^^^^^  (distribitiei) .    .    . 

28 

0.022 

0 

0 

0.012 

0.007 

0.064 

0.39l' 

^'^^  }  leTCiie  1 

1  ethnie      Diiait  et  eivirois   .... 

23 

0.014 

0016 

0.029 

0.008 

0.300 

U^     (  MÎÎÎe.  1  "^  *••'  ^  ^"*''  ^'"  ""^^  • 

27 

0.021 

0.040 

0.3.30 

V  Belgi^ic. 

7 

On  reconnaît  immédiatement  que  les  types  d'eaux  de  puits 
artésiens,  d'eaux  de  sources  et  d'eaux  courantes  sont  de  qualité 
meilleure  que  ceux  d'eaux  de  puits  ordinaires,  ou  au  moins 
que  ceux  d'eaux  de  puits  ordinaires  des  villes. 


(  166  ) 

En  ce  qui  concerne  particulièrement  les  eaux  de  puits  ordi- 
naires de  Louvain,  si  Ton  considère  les  renseignements  fournis 
par  l'analyse  pour  ces  eaux  et  que  l'on  compare  leurs  teneurs 
en  matières  diverses  avec  les  teneurs -limites  généralement 
admises,  ou  même,  comme  nous  l'avons  fait,  avec  les  limites 
considérablement  élargies,  on  voit  que  le  résultat  de  cette 
comparaison  est  très  défavorable  pour  les  eaux  de  la  ville,  plus 
défavorable  même  qu'on  n'aurait  pu  le  supposer  à  priori. 

Ainsi,  si  nous  excluons  les  eaux  de  puits  dont  la  mau\'aise 
qualité  est  due  à  des  causes  accidentelles,  nous  pourrons  dres- 
ser la  statistique  ci-après  : 




-      --- 

Xc  d^paiMot 

Comprifci 
entre 

Dép««Mnt 

SUR  CENT  EAUX 

p«« 

les 

DOS  lirai  ICI 

dr 

ilmitet 

dens 

beaucoup 

•■t  «••  «•■•ara  •■ 

iM  llmiief 

orJiMlret 

une  certaine 

RM 

ordlualrei. 

el 
ttoi  ilniile*. 

mesure. 

nmiiM. 

Matières  organiques    .... 

50  p.  C. 

• 

:«  p.  C. 

12  p.  c.  ' 

Acide  azoleux 

80     - 

. 

9     — 

11  - 

Ammoniaque 

63    - 

■ 

25     - 

12    -    , 

Acide  azotique 

40    - 

•10  p.  c. 

49    - 

64    - 

Chlore 

9    - 

28    - 

35    - 

28    - 

Acide  sulfurique 

50    - 

» 

50    - 

1» 

Résidu  d'évaporation  .... 

10    - 

«0    - 

21    - 

H    — 

Dureté 

m  - 

69    - 

17    - 

4    - 

1 

Sur  cent  eaux,  sont 


Bonnes  * 6 

Passables,  faute  de  mieux  ...     28 
MauTaises 66 

100 


(  Comme  nous  TaTODS  dit  p.  115,  aucune  eau  de  puits  ordinaire  de  Louvaiu 
ne  mérite  à  proprement  parler  cette  qualification  de  <  bonne  > ,  les  meilleures 
laissant  encore  à  désirer  ou  tout  au  moins  à  douter  au  sujet  de  leur  qualité. 
II  importe  de  ne  point  perdre  de  vue  cette  restriction,  en  formulant  sur  le 
compte  de  ces  eaux  un  jugement  définitif 


(167) 

Si  nous  excluons  les  puits  privés,  pour  ne  considérer  que 
les  puits,  publics  (se  trouvant  dans  des  conditions  supposées 
normales)  : 


SDR  CENT  EAUX 

N«d4pMMnt 
pat 

iM  llmiut 
ordijMlm. 

CMBprim 

•QtN 

les 

limitM 

onUoslrct 

et 
Ml  Umllct. 

DM  UmilM 
dans 

OMMrUlM 

mtiar». 

Mpunal 
de 

BM 

llMltCS. 

Matières  organiqaes    .... 

Acide  azoteux 

Ammoniaque 

Acide  azotique    ..... 
i  Chlore 

35  p.  C. 
81     - 
68     - 

6    - 

3  - 
43    - 

4  - 
3    - 

> 
» 

6  p.  c. 
27    - 

» 
65    - 
76    - 

48  p.  C. 
13    - 
19    - 
23    - 
37    — 
57    — 
27    - 
17    — 

47  p.  C. 
6    - 
13    - 
66    - 
33    - 

» 
4    - 
4    - 

Acide  soif urique 

,  Résidu  d'évaporation  .... 
Dureté 

Sur  cent  eaux,  sont  : 


Bonnes 3 

Passables,  faute  de  mieux    ...     31 
Mauvaises 66 

400 


Nous  n'avons  pas,  il  est  vrai,  analysé  les  eaux  de  tous  les 
puits,  ni  même  celles  de  tous  les  puits  publics  de  la  ville.  Mais 
le  nombre  d'échantillons  examinés  est  somme  toute  assez  con- 
sidérable; il  n'y  a  pas  de  doute  que  les  autres  n'aient  une  com- 
position à  peu  près  identique,  et  nos  conclusions  ne  sauraient 
être  infirmées  de  ce  chef. 

On  peut  donc  considérer  comme  un  fait  établi  qu'en  général 
notre  eau  alimentaire  est  extrêmement  impure.  La  nappe  sou- 
terraine qui  alimente  nos  puits  et  le  sous-sol  à  travers  lequel 
filtrent  les  eaux  sont  fortement  souillés  et  continuellement 
sujets  aux  souillures.  Louvain  se  trouve  donc  gravement  exposé 


(168) 

au  danger  d'une  facile  propagation  des  maladies  épidémiques, 
dan^  le  cas  où  celles-ci  viendraient  à  y  être  introduites. 

Nous  pouvons  du  reste  affirmer  la  même  chose  pour  toutes 
les  villes  en  général  :  la  qualité  des  eaux  de  puits  ordinaires  y 
est  d'autant  plus  mauvaise  que  la  ville  est  plus  populeuse  et 
plus  ancienne.  La  ville  de  Hasselt  notamment  se  trouve  sous 
ce  rapport  dans  une  situation  des  plus  défectueuses. 

Les  eaux  des  puits  artésiens  forés  à  Louvain  sont,  comme 
nous  Tavons  vu,  de  bonne  qualité.  On  pourrait  leur  reprocher 
de  manquer  d'oxygène  et  d'acide  carbonique  et  de  renfermer 
quelquefois  une  assez  forte  proportion  de  fer,  bien  qu'à  notre 
avis  ce  ne  soient  pas  là  des  inconvénients  sérieux;  le  débit  de 
ces  puits  est  assez  restreint  et  diminue  en  général  assez  rapide- 
ment; enfin,  le  coût  d'exécution  est  relativement  élevé  ^.  Ce 
mode  d'approvisionnement  convient  plutôt  aux  maisons  et  aux 
établissements  privés  qu'aux  services  publics. 

Les  eaux  de  rivières  (puisées  loin  de  leur  source)  sont  asseï 
souvent  utilisées  pour  l'alimentation  publique.  C'est  sur  leur 
emploi  que  sont  basées  exclusivement  les  distributions  d'eau 
d'Anvers  et  de  Rotterdam,  Hambourg  et  Marseille,  et  en  partie 
celles  de  Londres,  Glascow,  Berlin,  Vienne,  Paris,  Lyon  et 


*  Le  puits  artésien  de  Kessel-Loo,  maison  privée,  débite  à  t  mètre  au-dessus 
du  sol  (soit  à  la  cote  36.60  au-dessus  du  niveau  de  la  basse  mer),  175,000  litres 
par  34  heures. 

Les  deux  puits  artésiens  de  Wygmael,  usine,  débitent  chacun  à  la  surface 
du  sol  (à  la  cote  15  environ),  220,000  litres  par  U  heures. 

Le  puits  artésien  des  ateliers  du  Grand-€entral  débite  : 

A  0",37  aa-dessofl  du  sol  ;cole  30.19).  .    .    .  100,000  litres  par  14  heures. 

A  3«,ll              -             (cote  33.03).  .     .    .  140,000    —              ~ 

A  6>",tt0             —             (cote  36.44).  .     .    .  .nifOOO    —             — 

A  8",60             -             (cote  38.65).  ...          0         —             — 

Ce  pulls  a  coiilé  avec  les  accessoires  23,500  francs.  Le  forage  s*est  effectué, 
pour  les  terrains  ordinaires  (171",50),  à  raison  de  75  francs  le  métré;  pour  les 
bancs  de  silex  (4'",00),  à  raison  de  200  francs  le  mètre. 


(  169  ) 

Marseille.  La  dureté  et  la  teneur  en  matières  fixes  de  ces  eaux 
sont  généralement  peu  élevées  ^  et  elles  fournissent  toujours 
une  provision  abondante.  Mais  elles  ont  Tinconvénient  de  pré- 
senter une  composition  et  une  température  assez  variables ,  et 
de  recevoir  toute  sorte  de  souillures  provenant  des  habitations 
riveraines,  des  fabriques,  des  égouts  des  villes  ou  des  villages 
situés  en  amont,  etc.  Il  faut,  pour  les  épurer  et  les  rendre  lim- 
pides, les  faire  passer  par  des  bassins  de  dépôt  et  des  filtres 
dont  la  construction  et  l'entretien  sont  assez  délicats,  et  encore 
la  filtration  est-elle  souvent  peu  efficace.  Le  régime  des  eaux  de 
rivières  est  en  outre  exposé  à  subir  des  perturbations  nom- 
breuses. Enfin,  comme  ces  eaux  se  trouvent  ordinairement  à 
un  niveau  peu  élevé  relativement  aux  maisons  qu'il  s'agit  d'ali- 
menter, il  est  nécessaire  d'employer  des  machines  élévatrices 
pour  leur  refoulement  dans  les  réservoirs  ou  les  conduites  de 
distribution. 

Aussi  ne  doit-on  exploiter  les  cours  d'eau  que  faute  de 
mieux;  et  revient-on,  lorsque  la  chose  est  possible,  au  procédé 
des  anciens,  qui  consiste  à  rechercher  des  sources  naturelles, 
ou  à  créer  des  sources  artificielles  au  moyen  de  galeries  de 
drainage  :  les  eaux  de  ces  sources,  choisies  ou  produites  autant 
que  possible  à  un  niveau  relativement  élevé,  sont  alors  captées 
par  des  galeries  collectrices  et  transportées  à  l'endroit  voulu 
au  moyen  d'aqueducs  en  maçonnerie  ou  en  béton  ou  à  l'aide 
de  conduites  en  fonte. 

En  effet,  les  eaux  de  sources  sont  en  général,  et  sauf  des  cas 
de  composition  de  terrain  tout  à  fait  exceptionnels,  aussi  légères 

*  Voici,  diaprés  le  rapport  d'expertise  de  M.  Cb.  ÂDgenot,  professeur  de 
chimie  à  l*lnslitat  supérieur  de  commerce  d'Anvers,  la  composition  de  l'eau 
de  distribution  d'Anvers  (novembre  1881).  On  sait  que  celte  eau  provient  de 
la  Néibe  «t  est  épurée  avant  son  entrée  en  ville  par  décantation  et  BUration. 


Chlor* 0.011 

Acide  sttlfurîqne 0.0 10 

Ammoniaque 0.00018 

Acide  oitreax 0 

—    BHriqne,  i  peine.     .    .  O.OOt 


Matières  organiques    ....  0.0i6 

Résidu  fixe  à  180» 0.134 

Dureté  (Bootron  et  Boudet)  .    .  8» 
Organismes  visibles  au  micro- 
scope   0 


(170) 

à  peu  près  et  aussi  peu  chargées  de  matières  fixes  que  les  eaux 
de  rivières  ;  elles  ont  sur  celles-ci  l'avantage  de  posséder  ooe 
composition  et  une  température  à  peu  près  constantes,  d'être 
limpides  et  exemptes  de  matières  organiques,  notamment  de 
matières  organiques  d'origine  animale,  surtout  si  l'on  a  soin  de 
choisir  des  sources  provenant  de  terrains  vierges,  ou  au  moins 
peu  habités  et  peu  cultivés,  tels  que  forêts j  prairies,  etc. 

Un  grand  nombre  de  villes  de  notre  pays  sont  dotées  d'une 
distribution  d'éau  de  source,  soit  d'eau  émergeant  naturelle- 
ment, soit  principalement  d'eau  recueillie  à  l'aide  de  galeries 
de  drainage  :  citons  seulement  Bruxelles,  Liège  et  Gand.  La 
ville  de  New-York  s'alimente  d'eau  de  sources  et  de  drains, 
recueillie  jusqu'à  une  distance  de  65  kilomètres.  Vienne, 
Londres  et  Paris  tirent  également  parti  d'eaux  de  sources, 
concurremment  avec  l'eau  de  rivière. 

Quant  à  la  ville  de  Louvain,  voici,  à  grands  traits,  les  prin- 
cipales ressources  qui,  à  priori,  semblent  s'offrir  à  elle  pour 
l'établissement  d'une  distribution  d'eau  alimentaire  de  bonne 
qualité. 

Nous  avons  vu  que  la  partie  la  plus  élevée  du  territoire 
habité  de  la  ville  se  trouve  au-dessous  de  ta  cote  40.  L'eau 
serait  donc  distribuée  avec  une  pression  suffisante  jusqu'aux 
étages  supérieurs  des  maisons  si  elle  était  prise  à  la  cote  60 
environ,  soit  qu'elle  fût  amenée  naturellement  à  ce  niveau,  soit 
qu'elle  y  fût  élevée  à  l'aide  de  machines  foulantes. 

Il  existe  justement  au  voisinage  de  Louvain  des  éminences 
dont  l'altitude  dépasse  même  60  mètres.  Ce  sont,  d'une  part, 
la  Montagne  des  Dominicains,  entre  la  Porte  de  Bruxelles  et  la 
Porte  de  Tervueren  ;  d'autre  part,  au  delà  de  la  Porte  de  Tir- 
lemont,  la  colline  qui  va  s'élevant  vers  Pellenberg.  Sur  ces 
éminences,  on  pourrait  établir  des  réservoirs  où  serait  ame- 
née, au  moyen  d'aqueducs  et  sans  l'aide  de  machines  éléva- 
trices,  l'eau  des  sources  élevées  des  affluents  de  la  Dyle  situés 
au  Sud-Ouest  et  au  Sud-Est  de  Louvain. 

Nous  avons  vu  qu'il  existe  sur  la  rive  gauche  de  la  Dyle,  à 
une  cote  supérieure  à  60  mètres,  des  sources  (sources  supé- 


(471) 

rieures  de  la  Voer,  de  TYssche,  de  la  Rivière  d'argent,  etc.) 
donnant  une  excellente  eau  alimentaire,  analogue  à  celle  dont 
est  pourvue  la  ville  de  Bruxelles.  Si  le  débit  de  ces  sources  ne 
suffisait  pas  pour  Talimentation  de  la  ville  de  Louvain,  on 
pourrait,  comme  on  l'a  fait  pour  la  capitale,  y  suppléer  en 
pratiquant  des  galeries  de  drainage  sur  la  partie  élevée  des 
versants  et  sur  les  plateaux  où  se  forment  ces  sources  (forêt  de 
Soignes,  environs  de  Duysbourg).  Notons  à  ce  propos  que  la 
ville  de  Bruxelles,  par  les  travaux  qu'elle  poursuit  dans  le 
plateau  de  la  forêt  de  Soignes  suivant  plusieurs  directions,  ne 
tardera  pas  à  sortir  (si  toutefois  elle  n'est  pas  sortie  déjà)  du 
bassin  hydrographique  de  la  Woluwe  et  des  autres  affluents 
de  la  Senne,  pour  pénétrer  dans  celui  de  la  Voer,  de  l'Yssche 
et  du  Ruisseau  d'argent,  affluents  de  la  Dyle  dont  la  ville  de 
Louvain  devrait  peut-être  s'empresser  de  capter  et  de  dériver 
les  sources  élevées,  avant  qu'elles  soient  taries  en  grande  partie 
au  profit  de  l'agglomération  bruxelloise. 

Sur  la  rive  droite  de  la  Dyle,  plus  près  encore  de  Louvain, 
se  trouvent,  toujours  à  une  altitude  dépassant  60  mètres,  les 
sources  supérieures  des  ruisseaux  de  Vaelbeek,  du  Moulin,  du 
Culot  et  de  Holendaei  (dans  les  forêts  de  Héverlé,  de  Meerdael 
et  de  Molendael);  puis,  plus  à  l'Est,  les  sources  de  la  Velpe 
ijusque  Vertryck),  et  enfin  celles  des  divers  affluents  du  Molen- 
beek  (vers  Pellenberg).  Toutes  ces  sources  pourraient  être 
utilisées  avantageusement  pour  l'alimentation  de  la  ville  de 
Louvain. 

Indépendamment  de  ces  sources  élevées,  on  pourrait  aussi 
tirer  parti  de  sources  dérivées  ou  captées  à  un  niveau  plus  bas, 
en  les  recueillant  dans  des  bassins  collecteurs  et  les  élevant,  à 
l'aide  de  machines,  jusqu'au  niveau  des  étages  supérieurs  des 
maisons.  Ce  seraient  notamment  : 

Sur  la  rive  gauche  de  la  Dyle,  les  sources  de  la  Voer  en  aval 
de  Tervueren  et  celles  de  l'Yssche  en  aval  de  Hoeyiaert  ; 

Sur  la  rive  droite,  les  sources  des  affluents  du  Molenbeek 
entre  Corbeek-Loo,  Lovenjoul  et  Bierbeek,  les  étangs  de 
Corbeek-Loo  et  de  Perck  pouvant  alors  être  transformés  en 


(  172  ) 

bassins  ou  réservoirs;  ou  encore  les  sources  du  voisinage  de 
la  forêt  d'Héverlë. 

Enfin  il  y  aurait  peutrêtre  avantage  à  combiner  ensemble 
plusieurs  des  systèmes  mentionnés. 

Nous  nous  bornerons  pour  aujourd'hui  à  ces  simples  indi- 
cations. 

Puisse  la  ^ille  de  Louvain,  de  même  que  les  autres  localités 
de  notre  pays  qui  se  trouvent  dans  une  situation  précaire  au 
point  de  vue  de  la  qualité  de  leurs  eaux  alimentaires,  se  sou- 
venir pendant  qu'il  en  est  temps  encore  que  l'usage  d'une  eau 
pure  et  saine  intéresse  au  plus  haut  degré  l'hygiène  publique, 
et  ne  reculer  devant  aucun  sacrifice  pour  arriver  promptement 
à  la  solution  d'un  aussi  grave  problème. 

Avant  de  finir,  nous  croyons  utile  d'insister  encore  sur  les 
deux  points  suivants  : 

1.  Il  est  désirable  qu'une  statistique  soit  établie,  comprenant 
la  composition  chimique  des  eaux  de  toute  la  Belgique.  Ces 
eaux  devraient  être  analysées  d'après  des  méthodes  identiques, 
afin  de  pouvoir  être  comparées;  nous  croyons  pouvoir  recom- 
mander à  cet  effet  les  méthodes  que  nous  avons  indiquées  dans 
ce  travail. 

2.  Pour  faciliter  l'appréciation  des  résultats  d'analyse  des 
eaux  au  point  de  vue  hygiénique,  il  est  nécessaire  que  des 
nombres-limites  ou  maxima,  ou  des  échelles  de  valeur,  soient 
établis  pour  les  eaux  alimentaires  des  diverses  régions  de  la 
Belgique.  Les  limites  admises  en  Angleterre,  de  même  que 
celles  généralement  suivies  en  Allemagne,  et  que  l'on  a  le  tort 
d'adopter  fréquemment  en  Belgique,  ne  peuvent  nullement 
servir  ici;  notre  travail  nous  parait  le  prouver  surabondam- 
ment. Les  nombres-limites  que  nous  proposons  pourront, 
pensons-nous,  constituer  un  point  de  départ  pratique  ^. 

'  Nous  avons,  pour  la  partie  topographiqae  et  matérielle  de  celte  étade,  été 
assisté  par  notre  Chef  des  travaux,  M.  l'ingénieur  J.-B.  André,  à  qui  nous 
tenons  à  adresser  ici  nos  remerciements. 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


I.  CONSIDÉBATIONS    SOMMAIRES    SUR    L'ORIGINE    ET    LES   CONSÉQUENCES   DE 

L'ALTÉRATION  DES  EAUX  ALIMENTAIRES 3 

IL  De  L'analyse  des  eaux  alimentaires i4 

A.  Analyse  chimique  de  Veau i6 

i.  InierprétalioD  des  résultats 17 

2.  Appréciation  générale  de  la  qualité  d'une  eau.  -  Nombres-limites.  23 

3.  Méthodes  d'analyse 33 

a.  Essai  préliminaire  et  analyse  qualitative 35 

b.  Analyse  quantitative 36 

Résidu  d'évaporation 37 

Matières  organiques 38 

Acide  azotique 46 

Acide  azoteux 49 

Ammoniaque 52 

Chlore 56 

Acide  sulfurique 56 

Hydrogène  sulfuré  «  métaux  alcalins  et  alcalins  terreux, 

gaz,etc 57 

Dureté  totale  et  dureté  persistante 57 

B.  Analyse  microscopique 57 

111.  Résultats  d'analyses  d'eaux  alimentaires  des  diverses  localités 

de  la  belgique  et  spécialement  de  la  ville  de  louvain.    ...  62 

i.  Eaux  de  puiiH  ordinaires  de  la  ville  de  LouvalH 63 

Tableau] 64 

Annexe  au  tableau  I  :  eaux  de  puits  ordinaires  de  la  ville  de 

Louvain  analysées  à  plusieurs  époques  différentes.    ....  72 

Groupements  d'après  les  teneurs  en  matières  diverses  ....  80 
Eaux  de  puits  notoirement  influencées  par  des  circonstances 

locales  ou  accidentelles iil 

Changements  éprouvés  aux  diverses  époques  par  la  composition 

des  eaux il3 

Appréciation  générale  et  classification ii4 


(174) 

1  Eaux  de  puiu  ordinaires  de  dloertei  iœalitit  en  dehorg  de  Lou- 
vain 419 

Tableau  II 4« 

Groupements  d'après  les  teneurs  en  matières  diverses  .    .        .196 

Appréciation  générale  et  classification 13H 

^.  Eaux  de  puits  artésiens  de  Louvain  et  des  environs iH 

Tableau  III 14i 

4.  Eaux  de  soir  ces,  drains,  etc 444 

Tableau  IV  .... 44« 

5.  Eaux  courante* 448 

Tableau  V 45« 

IV.  Esquisse  htdrologique  du  territoire  de  la  ville  de  louvain  et  de 

SES  environs 15* 

Planche  I.  Esquisse  du  territoire  de  la  ville  de  Louvain,  avec 
indication  des  rues,  places  publiques,  etc.,  où  ont  été  pris  des 
échantillons  d'eaux. 

1.  Nappe  aquifère  ordinaire IJSH 

Planches  II  et  III.  Nappe  aquifère  ordinaire,  coupes  Sud-Nord 
et  Est-Ouest. 

2  Nappes  artésiennes 160 

Planche  IV.  Nappes  artésiennes,  coupe  Nord-Sud. 
3.  Eaux  de  sources  et  eaux  courantes 163 

V.  Conclusions 164 

Composition  moyenne  des  principaux  types  des  diverses  eaux  ana- 
lysées       165 

Teneurs  des  eaux  de  puits  de  Louvain  comparées  avec  les  teneurs- 
limites  ordinaires  et  avec  nos  limites  nouvelles. — Tableaux  résumés.      166 

Choix  d'une  eau  alimentaire , 168 

DistribuUon  éventuelle  d'eau  alimentaire  pour  la  ville  de  Louvain.    .     170 


ERRATA. 
A  la  page  47,  ligne  9,  au  lieu  de  : 

Indigotine  sublimée  pure,  ou  indigotine  artificielle 2s%000 

lisez: 
iDdigotine  sublimée  pure,  ou  indigotine  resublimée  en  aiguilles.   Ot',25  à  Ot',80 


^///.J 


SUR 

LE  GLYCOGÈNË  CHEZ  LES  BÀSIDIOMYGÊTES 

PAR 

LÉO  ERRERA 

DOcnuR  Afiiiai  a  L'omvERSiTt  de  beuxelles 


(Présenté  à  la  Classe  des  sciences  le  2  août  i884.) 


Tome  XXXVII. 


SUR 

LE  GLYGOGÈNË  CHEZ  LES  BÀSIDIOMYGÈTES 


On  croyait  jusqu'en  ces  derniers  temps  que  le  glycogène  — 
ou  amidon  animal,  comme  on  l'appelait  souvent  —  n'existait 
que  chez  les  animaux  et  manquait  complètement  aux  plantes. 
Cëtait  là  une  erreur.  Il  s'est  trouvé,  au  contraire,  que  cette 
substance  est  très  répandue  dans  deux  groupes  de  Champi- 
gnons où  j'ai  été  amené  à  la  rechercher  :  les  Ascomycètes  et 
les  Hucorinées,  et  l'on  devait  se  demander  si  le  fait  n'est  pas 
général.  Le  glycogène  remplacerait  alors  chez  les  Champignons, 
de  la  même  manière  à  peu  près  que  chez  les  animaux,  l'ami- 
don des  plantes  ordinaires. 

Cette  généralisation  se  présentait  d'elle-même  à  diverses 
reprises  ^  et,  comme  elle  n'est  pas  sans  importance  pour 
la  physiologie,  elle  méritait,  semble-t-il,  qu'on  s'efforçât  de  la 
contrôler. 

Il  s'agissait  avant  tout  d'étendre  les  recherches  à  la  vaste 
classe  des  Basidiomycètes  qui  comprend,  comme  on  sait,  les 
plus  volumineux  et,  à  bien  des  égards,  les  plus  hautement 
organisés  des  Champignons.  Un  intérêt  spécial  s'attachait 
encore  à  l'étude  de  ce  groupe.  C'est  surtout  ici  que  Hûntz  a 
signalé  de  grandes  quantités  de  tréhalose  et  de  mannite,  et 
l'on  aurait  pu  supposer  que  ces  matières  sucrées  rendaient  le 
glycogène  superflu.  Disons  dès  à  présent  qu'il  n'en  est  rien, 
car  nous  avons  retrouvé  le  glycogène  chez  la  plupart  des  Basi- 
diomycètes étudiés. 

*  L.  Erkera,  Épiphsme  des  Ascomycèies,  etc.,  1883,  p.  33,  et  Glycogène 
chez  les  Mucorinées,  Bull.  Acad.  kot.  Bblc,  3"«  sér.,  t.  IV,  p.  457,  note. 


(4) 

La  présence  très  générale  du  glycogène  chez  les  Champi- 
gnons une  fois  établie,  il  y  avait  lieu  de  chercher  ensuite  à  se 
rendre  compte  des  fonctions  que  cette  substance  remplit  dans 
leur  nutrition  et  leur  développement. 

Telles  sont  les  études  que  je  me  permets  de  communiquer 
aujourd'hui  à  l'Académie. 

I.  —  MÉTHODE  HICROGHIHIQUE. 

La  méthode  dont  j'ai  fait  usage  pour  déceler  le  glycogène  et 
en  suivre  la  répartition  dans  les  tissus  est  celle  de  Texamen 
microchimique.  Si  Ton  procède  comme  je  l'ai  indiqué  anté- 
rieurement ^y  on  obtient  ainsi,  après  s'être  un  peu  exercé, 
toute  la  certitude  et  la  précision  désirables.  Je  rappellerai  que 
déjà  chez  trois  des  espèces  d'Ascomycètes  et  chez  une  des 
Hucorinées  où  j'étais  arrivé,  par  la  voie  microchimique,  à 
admettre  l'existence  du  glycogène,  j'ai  cherché  à  isoler  cette 
substance  :  et  chaque  fois  l'analyse  en  grand  est  venue  confir- 
mer les  résultats  obtenus  sous  le  microscope.  Il  en  a  encore 
été  de  même  pour  les  Basidiomycètes  :  le  glycogène  a  pu  être 
extrait,  comme  on  le  verra  plus  loin,  des  deux  espèces  (OiUh 
cybe  nebularis  et  Phallus  impudicus)  où  il  a  été  recherché. 

Aussi,  dans  tout  ce  qui  va  suivre,  ai-je  conclu  à  la  présence 
du  glycogène  à  l'intérieur  des  cellules,  lorsque  j'y  observais 
une  substance  blanchâtre,  amorphe,  réfringente,  se  colorant 
en  brun-rouge  par  l'iode,  coloration  qui  pâlissait  nettement  à 
une  température  de  50  à  eO^'C.  au  plus,  et  qui  reparaissait 
avec  son  intensité  première  par  le  refroidissement.  Je  tiens  à 
répéter  ^  que  la  coloration  brune  seule ,  sans  l'action  de  la 
chaleur,  ne  suffit  point  à  caractériser  le  glycogène,  car  elle 
peut  provenir,  par  exemple,  d'alcaloïdes  ou  de  tannins;  c'est 
un  point  sur  lequel  je  me  propose,  du  reste,  de  revenir  à  une 
autre  occasion.  Il  doit  donc  être  entendu  que  chaque  fois  que 

*  Épipl.  des  Ascom.,  §  VI. 

•  Cf.  loc.  cit.,  pp.  46r47. 


(o) 

je  dis  d'un  tissu  qu'il  renferme  du  glycogène,  j'y  ai  constaté, 
d'une  -manière  qui  ne  laissait  aucune  prise  au  doute,  tous  les 
caractàres  que  je  viens  d'énumérer.  Les  cas  douteux  sont  men- 
tionnés expressément.  Lorsque  le  glycogène  se  présentait  en 
assez  grande  quantité,  je  me  suis  encore  assuré,  en  écrasant 
l^èrement  la  préparation  après  l'action  de  l'iode,  que  la 
matière  colorée  en  brun  se  dissout  dans  la  goutte  d'eau  du 
porte-objet. 

J'ajouterai  ici  quelques  indications  au  sujet  de  la  solution 
d'iode  à  adopter. 

Lorsqu'on  en  a  acquis  l'habitude,  on  n'arrive  pas  seulement 
à  86  rendre  compte  par  l'examen  microchimique  de  la  présence 
ou  de  l'absence  du  glycogène  et  de  sa  localisation  dans  les 
diverses  régions,  mais  on  peut  juger  aussi,  d'une  manière 
approximative,  d'après  la  nuance  que  l'iode  communique  à  la 
préparation,  de  la  plus  ou  moins  grande  quantité  de  glycogène 
que  le  tissu  renferme.  On  comprend  que  pour  cela  il  soit 
nécessaire  de  faire  toujours  usage  d'une  solution  d'iode  de 
même  concentration.  On  ne  doit  pas,  comme  on  le  fait  sou- 
vent, mettre  la  coupe  à  examiner  dans  une  petite  quantité 
d'eau  sur  le  porte-objet  et  ajouter  ensuite  une  goutte  du 
réactif  iodé,  car  ce  procédé  donne  naturellement  des  concen- 
trations très  variées,  suivant  les  proportions  d'eau  et  de  réactif 
mises  en  présence.  On  évite  cet  inconvénient  en  déposant 
directement  le  fragment  de  tissu,  sans  addition  d'eau,  dans 
une  goutte  de  la  solution  d'iode  elle-même.  Les  solutions  que 
l'on  emploie  communément  dans  les'  laboratoires  sont  trop 
concentrées;  après  quelques  essais,  je  me  suis  arrêté  aux 
proportions  suivantes  : 

Eaa  dist 45  grammes. 

Kl  crisl 0,3       • 

I   crist.    .    .    .   • 0,i       » 

Ce  liquide,  qui  sera  désigné  dans  la  suite  du  nom  de  «  solu- 
tion iodée  au  */45o  »,  doit  être  conservé  à  l'abri  de  la  lumière 
dans  un  flacon  bien  bouché;  malgré  cela,  il  pâlit  peu  à  peu  en 


(6) 

perdant  de  l'iode  et  il  est  bon  de  le  renouveler  après  trois  ou 
quatre  mois. 

Un  point  essentiel  est  de  mettre  toujours  en  présence  une 
goutte  relativement  grande  de  la  solution  au  ^I^q  et  de  très 
petits  fragments  de  tissu,  pour  que  tous  les  éléments  trouvent 
de  l'iode  en  quantité  suffisante.  On  recouvre  ensuite  du  verre- 
eouvreur,  on  laisse  bien  pénétrer  l'iode  dans  le  tissu,  on  dilue 
avec  un  peu  d'eau  et  on  chauffe  sur  une  flamme  faible  jusqu'à 
ce  que  la  préparation,  posée  sur  le  dos  de  la  main,  commence 
à  produire  une  sensation  de  cuisson,  ce  qui  répond  à  la 
température  d'environ  50-60®.  Avec  ces  précautions,  le  pro- 
cédé est  très  sensible  et  fournit  des  résultats  parfaitement  com- 
parables entre  eux. 

Lorsqu'il  y  a  dans  les  tissus  des  quantités  extraordinaire- 
ment  minimes  de  glycogène  mêlé  au  protoplasme,  la  teinte 
que  produit  notre  solution  au  V450  ^^^  plutôt  orangée  que 
brune.  Dans  des  cas  semblables,  on  peut  recourir  à  une  solu- 
tion plus  concentrée  —  au  ^/iqq  par  exemple  —  qui  fait  virer 
la  nuance  vers  le  brun-rouge  ;  on  dilue  ensuite  avec  de  l'eau 
et  on  chauffe  comme  d'habitude  ^.  Mais  il  faut  beaucoup 
d'exercice  et  de  soins  pour  obtenir  des  résultats  certains  dans 
ces  cas  difficiles;  au  lieu  que  les  tissus  riches  en  glycogène 
donnent  des  réactions  tellement  frappantes  que  les  moins 
expérimentés  ne  sauraient  s'y  tromper. 

§  II.  —  ËNUHÉRATION  DES  ESPÈCES  QUI  RENFERMENT 
OU  NON  DU  GLYCOGÈNE. 

Je  vais  indiquer  maintenant  les  espèces  de  Basidiomycètes 
chez  lesquelles  j'ai  pu  déceler  du  glycogène  et  celles  qui  ne 
m'en  ont  pas  présenté. 

De  même  que  pour  l'amidon  des  plantes  ordinaires,  la 
quantité  de  glycogène  varie  beaucoup  chez  les  Champignons 

^  Voyt  ci-après,  par  exemple,  Polyporus  suiphureus. 


(7) 

suivant  l'état  de  nutrition  et  le  degré  de  développement;  il 
&ut  avoir  examiné  une  espèce  à  tous  les  stades  de  sa  végéta- 
tion avant  d'être  certain  que  le  glycogène  fait  complètement 
défaut  chez  elle,  et  il  m'est  arrivé  plus  d'une  fois  de  trouver  du 
glycogène  à  certaines  phases  ou  dans  certaines  conditions  par- 
ticulières de  développement  chez  un  Champignon  où  j'en 
avais  souvent  cherché  en  vain  jusqu'alors  (par  exemple,  Clau- 
dopm  varUiMis).  Il  sufiSt  de  se  rappeler,  à  titre  de  comparai- 
son, que  les  feuilles  de  certaines  plantes  (Strelitzia,  Musa)  ne 
produisent  d'amidon  en  quantité  décelable  que  lorsque  les 
conditions  de  nutrition  sont  exceptionnellement  propices.  Les 
résultats  négatifs  que  m'ont  donnés  quelques  Basidiomycètes 
ne  doivent  donc  pas  être  regardés  comme  établis  d'une  façon 
définitive  :  à  la  vérité,  je  ne  connais  jusqu'ici  aucun  Champi- 
gnon dont  je  puisse  affirmer  qu'il  ne  renferme  de  glycogène  à 
aucune  période  de  son  existence. 

Avant  de  passer  à  la  description  des  résultats  obtenus,  je 
tiens  à  adresser  mes  vifs  remerciments  à  Mesdames  Sommer 
et  Rousseau,  qui  ont  eu  l'obligeance  de  me  fournir  à  maintes 
reprises  des  Champignons  firais.  Si  j'ai  réussi,  comme  je  l'espère, 
à  présenter  une  esquisse  suffisante  de  la  répartition  du  glyco- 
gène dans  les  diverses  familles  des  Basidiomycètes,  je  le  dois  en 
grande  partie  à  la  connaissance  approfondie  que  Mesdames  Bom- 
mer  et  Rousseau  possèdent  de  la  flore  mycologique  de  nos 
environs  et  à  la  libéralité  avec  laquelle  elles  ont  bien  voulu 
me  faire  une  part  dans  leurs  récoltes. 


A.—  HYMÉHOMYCÈTES. 

I.  —  AGARICINÉES, 

t.    iàff«riea0  (AniAiiite)  phAlloides.  —  Dans  les 

exemplaires  jeunes,  on  trouve  à  la  base  bulbeuse  du  stipe 
beaucoup  de  glycogène  parfaitement  caractérisé.  Le  milieu  du 
stipe  en  présente  peu,  le  sommet  davantage,  la  volve  et  le 
chapeau  très  peu,  la  trame  des  lamelles  médiocrement.  Il  y  en 
a  une*  certaine  quantité  dans  les  jeunes  basides,où  Ton  observe 
une  afbumulation  notable  de  gouttes  d'huile,  solubles  dans 
l'alcool.  La  quantité  de  glycogène  diminue  assez  brusquement 
au  passage  de  la  partie  bulbeuse  à  la  partie  amincie  du  stipe. 
En  même  temps,  le  tissu  qui  était  filamenteux  acquiert  une 
structure  plutôt  parenchymateuse. 

  l'âge  adulte,  le  glycogène  a  disparu  de  la  base  du  stipe, 
qui  devient  molle  et  flasque,  de  dure  et  résistante  qu'elle  était. 
Il  y  a  peu  ou  point  de  glycogène  au  milieu  du  stipe;  en 
revanche,  sa  quantité  a  augmenté  au  sommet,  au  point  d'at- 
tache du  chapeau.  Le  chapeau  n'en  renferme  presque  pas;  les 
basides  en  train  de  former  leurs  spores  en  ont  une  petite 
quantité,  mêlée  à  beaucoup  d'huile. 

9.  iài^arieas  (Amilllarl*)  melleas. — Contient  beau- 
coup de  glycogène.  La  substance  se  rencontre  aussi  bien  dans 
le  stipe  que  dans  le  chapeau  et  dans  les  basides;  je  reviendrai 
au  §IV  sur  les  détails  de  sa  répartition  dans  ces  diverses 
régions. 


S.  iLyarleas  (Armlllarla)  maéldas.  —  Beaucoup  de 
glycogène  dans  tout  le  tissu  et  dans  les  basides. 

Â.  iài^arieas  (Trleholoma)  nadas.  —  Â  l'état  adulte, 
présente  du  glycogène,  surtout  dans  les  jeunes  basides. 


(9) 

Bm  Ai^arleas  (Trloholoma)  terreas.  —  Pas  de  réac- 
tion nette  de  glycogène.  (Les  exemplaires  que  j*ai  étudiés 
n'étaient  plus  absolument  frais  et  je  suis  porté  à  croire  que 
c*est  là  la  raison  pour  laquelle  j'ai  obtenu  un  résultat  négatif.) 

••  iài^arleas  (Clitoeybe)  nebularis.  —  C'est  l'une 
des  espèces  les  plus  riches  en  glycogène  que  je  connaisse.  Cette 
substance  se  trouve  dans  toutes  les  parties  du  Champignon  et 
à  tous  les  âges,  mais  principalement  dans  les  individus  jeunes 
et,  chez  ceux-ci,  surtout  dans  le  tissu  Iftche  du  stipe,  ainsi 
qu'on  le  verra  au  §  IV.  Le  glycogène  se  présente,  comme 
toujours,  dans  les  cellules,  à  l'état  d'empois  plus  ou  moins 
dense  ;  tantôt  cet  empois  est  répandu  par  tout  le  protoplasme, 
tantôt  —  et  c'est  ici  le  cas  le  plus  ordinaire  —  il  est  localisé  et 
forme  un  ou  deux  amas  brillants,  réfringents,  vers  le  milieu 
ou  aux  deux  bouts  de  la  cellule,  rappelant  ainsi  ce  qu'on 
observe  dans  les  asques  des  Ascomycètes.  La  quantité  de 
glycogène  est  très  variable  d'une  cellule  à  l'autre  et,  à  côté  de 
cellules  remplies,  on  en  trouve  qui  en  renferment  peu  ou 
point. 

9.  Affarleas  (Clltoeybe)  laeeatas.  —  Énormément 
de  glycogène. 

9.  Affarleas  (Collybia)  velotlpes.  —  Riche  en  gly- 
cogène. (Cf.  infipa  §  IV.) 

•.  Affarieos  (Myeena)  i^alerlealatas.  —  Un  exem- 
plaire adulte  ne  m'a  pas  présenté  de  glycogène  dans  son.tissu 
mais  une  réaction  douteuse  dans  les  basides.  En  revanche,  ce 
Champignon  contient  beaucoup  d'huile.  Les  membranes  cel- 
lulaires, dans  tout  le  tissu,  se  colorent  en  rose  sale  par  l'iode, 
comme  chez  les  Mucor;  cette  coloration  ne  pftlit  pas  à  une 
douce  chaleur. 

!••  Ai^arioos  (Plearotas)  ostreatas.  —  Énormé- 
meqt  de  glycogène  dans  tout  le  tissu  du  chapeau  et  dans  l'hy- 
méniom. 


(10) 

if.  Affarlous  (Claadopas)  varlabllifl.  — L'étude  de 
ce  Champignon  a  été  pour  moi  très  instructive.  J'en  ai  d'abord 
examiné  un  grand  nombre  d'échantillons,  frais  du  matin 
même,  aux  stades  de  développement  les  plus  divers,  sans 
obtenir  nulle  part  de  réaction  de  glycogène  bien  nette.  Je  com- 
mençais à  penser  que  cette  espèce  est  dépourvue  de  glycogène, 
lorsque  je  suis  tombé  sur  un  exemplaire  qui  en  renfermait  une 
quantité  très  considérable.  La  substance  était  des  mieux  carac^ 
térisées  :  coloration  en  rouge-brun  par  l'iode,  action  de  la 
chaleur,  solubilité  dans  l'eau,  toutes  les  réactions  s'obtenaient 
avec  une  netteté  parfaite.  Cet  exemplaire  rempli  de  glycogène 
croissait  parmi  les  autres  et  avait  été  récolté  en  même  temps 
qu'eux,  ses  lamelles  et  ses  spores  étaient  normales,  mais, 
pressé  sans  doute  par  ses  voisins,  il  ne  s'était  pas  étalé  autant 
que  les  individus  ordinaires  et  était  resté  ramassé  sur  lui- 
même.  Il  est  donc  probable  qu'il  n'avait  pas  pu  utiliser  tous 
ses  produits  d'assimilation  d'une  façon  aussi  complète  que 
d'habitude  :  de  là  un  résidu  de  glycogène  non  employé. 

Plus  tard,  j'ai  de  nouveau  observé  beaucoup  de  glycogène 
dans  un  semblable  exemplaire  ramassé  sur  lui-même  et  j'en 
ai  trouvé  un  peu  dans  un  exemplaire  ordinaire,  très  jeune. 
J'ai  eu  soin  de  m'assurer  que  le  glycogène  appartenait  bien  au 
tissu  du  Claudopus  et  non  à  quelque  parasite. 

On  voit  déjà  par  cet  exemple  que  le  glycogène  se  conduit  en 
véritable  substance  plastique  :  comme  l'amidon,  il  apparaît  là 
où  l'apport  de  substances  nutritives  hydrocarbonées  est  plus 
grand  que  leur  consommation,  pour  disparaître  aussitôt  que 
la  consommation  surpasse  l'apport. 

i)i.  Ai^arleos  (Psalllota)  oampestrls.  —  L'Agaric 
comestible  m'a  également  fourni  des  résultats  que  je  crois 
dignes  d'intérêt.  On  sait  que  c'est  l'une  des  espèces  chez 
lesquelles  Mûntz  ^  a  trouvé  de  la  mannite  ;  j'en  avais  extrait  en 
outre  un  corps  réducteur,  analogue  aux  dextrines,  et  j'y  avais 

»  Comptes  rendus,  LXXXVl,  1873,  \\  819. 


(  n  ) 

recherché  le  glycogène  ;  mais  des  produits  d'oxydation  bruns 
yiennent  gêner  à  ce  point  l'analyse  que  je  n'avais  pu  me  pro- 
noncer avec  certitude  sur  la  nature  du  corps  obtenu  par  la 
méthode  de  Brucke  ^.  Il  était  d'autant  plus  désirable  d'exa- 
miner ce  champignon  à  nouveau. 

Si  Ton  a  soin  de  prendre  des  exemplaires  robustes  et  bien 
firais,  on  s'assure  aisément  de  la  présence  du  glycogène,  avec 
tous  ses  caractères  microchimiques.  Dans  un  individu  très 
jeune  (hauteur  :  10»™  ;  diamètre  du  chapeau  :  8"»")  dont  le  tissu 
commence  à  peine  à  se  différencier,  j'ai  observé  beaucoup  de 
glycogène  à  la  base  du  stipe;  peu  au  sommet,  presque  pas  dans 
le  tissu  du  chapeau. 

Un  individu  jeune  (hauteur  :  30"^  ;  diamètre  du  chapeau  : 
18™»),  dont  le  voile  est  encore  fermé,  présente  beaucoup  de 
glycogène  à  la  base  du  stipe ,  passablement  au  sommet,  peu 
dans  le  chapeau. 

Enfin,  chez  un  individu  presque  aduUe  (hauteur  :  43'»'»  ;  dia- 
mètre du  chapeau  :  33™»),  dont  le  voile  est  déjà  déchiré,  le 
glycogène,  très  abondant  à  la  base  du  stipe,  est  assez  abondant 
au  sommet.  Il  y  en  a  fort  peu  dans  le  tissu  du  chapeau  et  des 
lamelles,  un  peu  davantage  dans  la  couche  hyméniale.  Quand 
on  traite  les  lamelles  par  l'iode,  la  légère  réaction  de  glyco- 
gène se  combine  avec  la  nuance  propre  du  tissu  et  produit 
la  coloration  brun-fauve  que  j'ai  indiquée  dans  ma  thèse  {L  c, 
p.  28). 

tS.  A§;mwÈeum  (Mreplmrlfi)  ■qaamesafi.  —  Assez  de 
glycogène  dans  le  stipe  et  surtout  dans  la  couche  hyméniale  ; 
point  dans  le  reste  du  chapeau.  Les  basides  jeunes  sont  remplies 
de  glycogène,  qui  a  disparu  à  la  maturité  des  spores.  Les  para- 
physes  ont  la  même  forme  que  les  jeupes  basides;  elles  en 
difièrent  en  ce  qu'elles  présentent  tout  au  plus  des  traces  de 
glycogène.  Je  n'ai  pas  observé  ici  les  cystides  dont  il  va  être 
question  chez  l'espèce  suivante. 

'  Épipl.  des  Ascom.,  p.  25. 


(12) 

té.  Ai^arlcas  (Stropharla)  aerai^lnosas*  —  Des 

coupes  du  stipe  et  du  chapeau,  à  l'état  adulte,  traitées  par 
l'iode,  ne  présentent  partout  qu'une  réaction  jaune,  protoplas- 
mique;  l'hyménium  seul  devient  rouge-brun.  Cette  nuance 
provient  des  cystides  qui  prennent  presque  toutes  une  colo- 
ration rougeâtre,  tandis  que  les  basides  se  colorent  en  jaune  à 
ce  stade  :  il  en  résulte  une  élégante  mosaïque  rougeâtre  sur 
fond  jaune,  quand  on  regarde  la  surface  latérale  d'une  lamelle 
ainsi  traitée. 

En  examinant  la  préparation  de  plus  près,  on  trouve  toute- 
fois un  petit  nombre  de  basides  qui  se  sont  aussi  colorées  en 
rouge-brun.  La  substance  colorable  est  amorphe  et  imprègne 
le  protoplasme,  vers  le  sommet  de  la  baside  :  bien  que  la 
quantité  soit  si  minime  qu'on  puisse  très  difficilement  s'assurer 
de  l'action  de  la  chaleur,  je  me  crois  autorisé  à  admettre  par 
analogie  que  c'est  bien  du  glycogène. 

Il  n'en  n'est  pas  de  même  pour  le  contenu  des  cystides; 
et,  de  fait,  on  comprendrait  difficilement  ce  qu'une  substance 
plastique  comme  le  glycogène  viendrait  faire  dans  ces  éléments, 
une  fois  que  leur  développement  est  achevé. 

Les  cystides  ressemblent  pour  leur  forme  aux  jeunes  basides, 
mais  s'en  distinguent  par  leur  sommet  pointu.  Elles  ren- 
ferment, outre  leur  noyau,  un  petit  corps  ellipsoïdal,  nette- 
ment délimité,  siège  de  la  coloration  rougeâtre  que  produit 
l'iode.  J'ai  rencontré  ce  corps  dans  les  cystides  de  Stropharia 
aeruginosa  et  Hypholoma  fasciculare;  afin  de  ne  rien  préjuger 
quant  à  sa  nature,  je  l'appellerai  simplement  corpuscule  ellip- 
tique. 

A  l'état  vivant,  le  contenu  des  cystides  a  un  aspect  homo- 
gène, d'un  blanc  brillant;  on  aperçoit,  vers  la  base  de  la 
cellule,  un  corps  discoïde  réfringent,  suspendu  dans  le  proto- 
plasme :  c'est  le  noyau  ;  le  corpuscule  elliptique  est  invisible, 
mais  il  suffit  d'ajouter  un  peu  de  la  solution  iodée  au  ^I^^q  pour 
le  faire  apparaître  dans  la  grande  majorité  des  cystides.  Ce 
corpuscule  est  plongé  dans  le  protoplasme  et  forme  un  ellip- 
soïde allongé  dans  le  même  sens  que  la  cystide  dont  il  occupe 


(13) 

le  sommet.  Il  semble  être  creux,  car  on  le  voit  assez  souvent 
se  recroqueviller.  Ce  n'est  pas  une  simple  cavité  du  proto- 
plasme :  il  a  une  existence  réelle,  on  peut  Tisoler.  Il  présente 
un  double  contour.  Quand  on  l'écrase,  ce  corps  se  brise  d'une 
&çon  irrégulière,  ce  qui  montre  bien  qu'il  s'agit  d'une  sub- 
stance solide  et  non  d'un  liquide.  A  la  lumière  polarisée,  il 
n'est  pas  biréfringent. 

D'après  tout  cela,  le  corpuscule  en  question  constituerait  à 
l'iQtérieur  du  protoplasme  des  cystides  une  petite  poche  creuse, 
close  de  toutes  parts,  dont  la  paroi  relativement  épaisse  serait 
colorable  par  l'iode. 

Tous  ces  faits  et,  mieux  encore,  les  réactions  suivantes  mon- 
trent que  ce  n'est  pas  à  du  glycogène  que  nous  avons  affaire 
ici  :  dans  une  préparation  contenant  à  la  fois  de  ces  cystides 
el  un  tissu  à  glycogène,  on  voit  que  la  quantité  d'iode  qui 
suffit  à  donner  au  glycogène  la  teinte  acajou,  ne  colore  les 
corpuscules  elliptiques  qu'en  jaune  d'or  un  peu  brunâtre.  Il 
faut  un  excès  d'iode  pour  les  faire  passer  à  une  nuance  rouge- 
brun,  analogue  à  celle  du  glycogène,  mais  toujours  plus  dorée. 
En  même  temps  le  protoplasme  des  cystides  devient  jaune- 
dtron  et  leur  noyau  jaune  d'or.  La  nuance  des  corpuscules  ne 
change  pas  par  la  chaleur  et,  quand  on  les  écrase,  leur 
substance  ne  se  dissout  nullement  dans  le  liquide  aqueux 
ambiant.  Ils  retiennent  très  fortement  l'iode  :  vient-on  à  laver 
la  préparation  à  l'eau,  on  voit  les  cellules  à  glycogène  se  déco- 
lorer beaucoup  plus  vite  que  les  corpuscules.  On  s'aperçoit,  en 
somme,  que  les  corpuscules  absorbent  et  cèdent  l'iode  plus 
difficilement  que  ne  le  fait  le  glycogène.  Il  ne  rentrait  pas  dans 
le  plan  de  ce  travail  de  déterminer  ce  que  les  corpuscules 
représentent;  il  nous  suffit  de  savoir  pour  le  moment  ce  qu'ils 
ne  sont  pas. 

fl6.   A^Arleas  (Hypholoma)   faaelenliirla.  —    Ce 

Champignon,  qui  n'est  pas  l'un  des  plus  riches  en  glycogène, 
eu  contient  des  proportions  variables  suivant  les  individus. 
Dans  un  exemplaire  jeune  dont  le  voile  était  en  train  de  se 


(14) 

déchirer,  je  n'en  ai  guère  trouvé.  A  l'état  adulte,  la  substance 
se  localise  dans  le  chapeau  plutôt  que  dans  le  stipe;  en  outre, 
l'hyménium  et  la  couche  sous-hyméniale  en  renferment  ordi- 
nairement un  peu,  tandis  que  la  trame  des  lamelles  ne  présente 
pas  la  réaction. 

Ce  glycogène  est  parfaitement  caractérisé.  Il  n'est  pas  tout  à 
fait  facile  de  démontrer  sous  le  microscope  sa  solubilité  dans 
Teau,  parce  que,  dans  le  chapeau,  les  membranes  cellulaires 
sont  remarquablement  élastiques  et  résistantes  :  il  en  résulte 
que  l'on  a  de  la  peine  à  les  faire  éclater  par  pression  sous  la 
lamelle  de  verre;  mais  après  quelques  essais  on  y  parvient  de  la 
façon  la  plus  nette.  Le  fait  se  retrouve  chez  le  Collybia  veltUipes. 

Les  cystides  ont  la  même  forme  que  celles  du  Strapharia 
aeniginosa  et  contiennent,  comme  elles,  un  corpuscule  ellip- 
tique, avec  toutes  les  propriétés  que  je  viens  d'indiquer  pour 
cette  espèce  :  il  est  donc  inutile  d'y  revenir  ici.  J'ajouterai  que 
le  corpuscule  elliptique  des  cystides  se  retrouve  aussi  bien 
chez  les  exemplaires  jeunes  que  chez  les  exemplaires  adultes. 

16.  €eprlnu«  evanldas  Godey.  —  Ce  Champignon  que 
j'ai  rencontré  sur  du  crottin  de  lapin  présente,  quand  il  est  très 
jeune,  des  quantités  énormes  de  glycogène  facile  à  caractériser. 
C'est  ce  que  j'ai  déjà  signalé  antérieurement  i. 

La  réaction  se  produit  très  forte  dans  tous  les  tissus  :  stipe, 
lamelles,  basides,  cystides.  Seules,  les  grandes  cellules  rondes 
qui  dérivent  de  la  volve  et  couvrent  la  surface  du  chapeau  ne 
prennent  sous  l'action  de  l'iode  qu'une  teinte  jaune,  proto- 
plasmique.  Le  glycogène  n'est  pas  uniformément  réparti  dans 
tout  le  stipe  :  il  est  surtout  localisé  dans  certaines  cellules 
larges  qui  en  sont  pour  ainsi  dire  gorgées  et  se  trouvent  répan- 
dues en  assez  grand  nombre  dans  le  tissu. 

A  la  maturité  des  spores,  le  glycogène  a  presque  complète- 
ment disparu.  Les  spores  mûres  elles-mêmes  ne  se  colorent 
pas  d'une  façon  marquée  par  l'iode. 

*  Giycog.  chez  les  Mucorinées,  loc.  cit.,  p.  457,  note. 


(  15 

fl9.  Ceprinnu  comatas.  —  Dans  les  individus  très 
jeunes  (hauteur  totale  :  43""'°  ;  distance  du  centre  au  bord  du 
chapeau  encore  rabattu  :  23">°),  on  observe  beaucoup  de  glyco- 
gène,  notamment  à  la  base  renflée  du  stipe;  il  n'y  en  a  presque 
pas  dans  Thymënium.  Un  peu  plus  tard  (hauteur  totale  :  90"^; 
distance  du  centre  au  bord  du  chapeau  :  65°^),  le  glycogène  est 
extrêmement  abondant  à  la  base  renflée  du  stipe  ;  il  y  en  a  assez 
dans  le  reste  du  stipe,  presque  pas  dans  le  chapeau.  On  com- 
mence à  en  trouver  une  certaine  quantité  dans  toutes  les 
jeunes  cellules  de  l'hyménium  ;  il  s'accumule  surtout  vers  le 
sommet  libre  de  ces  cellules. 

flS.  liActarlan  plperattfn,  !••  Bassala  leplda  et 
•••  B«ss«la  eatetlea.  —  Contiennent  beaucoup  de  gly- 
cogène. J'aurai  à  revenir  en  détail  sur  ces  deux  genres  au  §  IV. 

1|1.  lienxiies  betallna.  —  L'iode  provoque  dans  l'hy- 
ménium et  le  tissu  des  échantillons  jeunes  une  légère  colora- 
tion brune,  que  je  rapporte  avec  doute  à  une  petite  quantité 
de  glycogène.  L'emploi  de  la  chaleur  et  l'écrasement  sur  le 
porte-objet  ne  donnent  pas  de  résultats  nets.  A  l'âge  adulte,  on 
n'obtient  plus  qu'une  coloration  jaune  ou  jaune-orangé  qui  ne 
parait  pas  changer  à  chaud. 

IL  —  POLYPORÉES. 

90.  itoletas  ed«ll«.  —  Un  exemplaire  presque  adulte 
contient  énormément  de  glycogène  bien  caractérisé,  à  la  base 
bulbeuse  du  stipe  ;  peu  dans  le  reste  du  stipe,  le  chapeau  et  le 
jeune  hyménium. 

tS.  Itoletas  ehrysentereen.  —  A  l'âge  adulte,  le  gly- 
cogène est  assez  abondant  à  la  base  du  stipe;  il  n'y  en  a 
presque  pas  dans  le  reste  du  stipe  et  le  tissu  du  chapeau  ;  très 
peu  dans  les  basides  sporifères. 

t4.  lloletas  saMomeiitosu.  —  On  trouve,  à  l'âge 


(16) 

adulte,  un  peu  de  glycogène  dans  le  stipe  et  dans  les  basides 
sporifères;  le  tissu  du  chapeau  n'en  pr^ente  presque  pas. 
Dans  le  stipe  même,  ce  n'est  guère  que  la  partie  inférieure,  au 
niveau  du  sol,  qui  en  renferme. 

t6é  Polyporas  ««Ipliiireas.  —  Comme  beaucoup  de 
Champignons  de  consistance  sèche  et  dense,  ou  subéreuse,  ou 
coriace,  il  prend  à  l'état  presque  adulte  une  coloration  oran- 
gée par  le  réactif  au  ^I^^q,  orangé  brunâtre  par  une  solution 
d'iode  au  Vioo  ^*  ^^  coloration  est  mieux  marquée  dans 
certaines  cellules  et  beaucoup  moins  dans  d'autres.  Elle  est,  en 
somme,  plus  orangée  que  la  nuance  que  les  albuminoîdes 
donnent  ordinairement  et  moins  brune  que  lorsqu'il  y  a  beau- 
coup de  glycogène. 

Chez  cette  espèce,  j'ai  pu  me  convaincre  que  la  coloration  est 
due  à  de  très  petites  quantités  de  glycogène  emprisonné  dans 
le  protoplasme.  La  nuance  pâlit  à  chaud  en  passant  au  jaune, 
et  elle  revient  par  le  refroidissement.  Il  est  donc  probable  que 
les  réactions  orangées  observées  dans  d'autres  cas  analogues 
indiquent  aussi  des  quantités  minimes  de  glycogène  fortement 
emprisonné  dans  le  protoplasme  et,  par  là,  difficile  à  décolorer 
par  la  chaleur. 

•6.  Poljporas  tamosas.  -^  A  l'âge  adulte,  il  se  colore 
seulement  en  jaune  ou  en  jaune-orangé  par  l'iode  :  une  chaleur 
modérée  ne  paraît  pas  modifier  la  nuance. 

•1.  Poljporas  •quamosus.  —  Voici  un  Champignon 
coriace  qui  renferme  du  glycogène. 

Mon  examen  a  porté  sur  un  individu  adulte,  très  robuste. 
Les  filaments  dont  la  membrane  est  fortement  épaissie  ne  pré- 
sentent aucune  réaction  de  glycogène.  Mais  dans  les  filaments 
à  membrane  mince,  il  y  en  a  certainement  une  quantité  modé- 
rée ,  surtout  dans  la  couche  sous-hyméniale  et,  à  un  moindre 
degré,  dans  la  couche  hyméniale  et  les  tissus  profonds.  Le 

*  Cf.  supra,  p.  4, 


(17) 

contenu  se  colore,  en  effet,  en  brun-acajou  faible,  la  teinte 
pfllit  à  chaud  et  reprend  son  intensité  première  par  le  refroi- 
dissement. 

t9.  Poljperas  ^iffAnto***  —  U  présente  des  quantités 
de  glycogène  très  variables  suivant  Fétat  de  développement  et 
les  conditions  où  il  se  trouve.  Tantôt  tout  le  tissu  se  colore 
seulement  en  jaune  par  l'iode  ;  d'autres  fois,  on  observe  une 
coloration  brun-rouge  marquée,  qui  disparaît  à  chaud  et 
revient  nettement  par  le  refroidissement. 

Lorsque  le  glycogène  est  abondant,  tous  les  filaments  du 
tissu  en  présentent,  mais  il  occupe  toujours  d'une  manière 
prépondérante  quelques  articles  qui  se  trouvent  çà  et  là  dans 
les  divers  filaments  et  se  révèlent  d'emblée  par  leur  forte  réfrin- 
gence. 

Si  l'on  examine  ce  Champignon  à  une  période  où  son  bord 
libre  est  en  pleine  croissance,  on  constate  qu'il  y  a  plus  de  gly- 
cogène à  une  certaine  distance  du  bord  qu'au  bord  lui-même. 
Cest  un  fait  que  nous  aurons  à  rapprocher  de  l'absence  d'ami- 
don dans  les  points  végétatifs. 

Il  faut  n'étudier  cette  espèce  que  sur  des  échantillons  nou- 
vellement recueillis  ou  fixés  par  l'alcool  lorsqu'ils  étaient  bien 
frais.  Ce  Champignon  contient  aussi  une  matière  chromogène, 
soluble  en  rose  dans  l'alcool.  Je  l'ai  soumise  à  quelques  essais  : 
elle  est  probablement  identique  avec  celle  que  Thôrner  a  ex- 
traite de  VAgaricus  {Paxillus)  atro-tomentosus  *.  Elle  est  parfois 
très  abondante  et  peut  masquer  d'autres  réactions  microchi- 
miques. 

III.  —  HYDNÉES. 

t9.  Irpex  obliquas. —  Réaction  douteuse  de  glycogène  : 
coloration  faible  en  rouge-brun  par  l'iode,  sans  que  la  chaleur 
et  l'écrasement  donnent  des  résultats  nets. 


'  Tbôrkeb,  Ber,  deutsch.  chem.  Ces.,  1878,  p.  533;  1870,  p.  1630. 

Tome  XXXVII.  2 


(18) 

80.  nydnnin  imbrleatum  ^.  —  Dans  les  échantillons 
robustes  et  bien  frais,  il  y  a  une  énorme  quantité  de  glycogène, 
réfringent-opalescent,  coloré  en  brun-acajou  par  l'iode  ;  la  colo- 
ration disparaît  par  la  chaleur  et  reparait  avec  une  parfaite 
évidence  par  le  refroidissement. 

Le  glycogène  se  trouve  en  abondance  dans  tout  le  stipe  et 
dans  le  chapeau  ;  il  est  mois  abondant  dans  le  voisinage  des 
pointes  de  Thyménium  ;  on  n'en  rencontre  presque  pas  dans 
ces  pointes  mêmes,  dn  moins  à  l'âge  adulte.  Le  glycogène  est 
partout  renfermé  dans  des  filaments  allongés,  à  membrane 
mince. 

Pour  l'abondance  du  glycogène,  cette  espèce  peut  être  mise 
sur  la  même  ligne  que  le  GUocybe  nebularis. 

IV.  —  THÉLÉPHORÉES. 

St.  Steream  parpvream.  —  Encore  un  exemple  de 
Champignon  coriace  chez  lequel  on  obtient,  avec  un  peu  d'at- 
tention, les  réactions  caractéristiques  du  glycogène.  On  en 
observe  une  médiocre  quantité  dans  les  filaments,  même  lors- 
que leur  membrane  est  assez  fortement  épaissie  ;  le  très  jeune 
hyménium,  au  contraire,  ne  se  colore  qu'en  jaune  par  l'iode. 
Le  tissu  contient  aussi  des  gouttelettes  de  diamètre  varié  et 
d'aspect  huileux,  auxquelles  l'iode  communique  une  nuance 
rouge  brunâtre  :  la  couleur  ne  change  pas  sensiblement  par 
une  chaleur  modérée.  Semblables  gouttelettes  ne  sont  pas  rares 
chez  les  Champignons. 

89.  Stereum  hlrsatam.  —  Pas  de  réaction  certaine  de 
glycogène. 

V.  —  CLAVARIÉES. 

88.  Clavarla  ru^oiia.  —  Le  tissu  hyménial  et  les  spores 
renferment  beaucoup  d'huile,  répartie  en  gouttelettes  dans  le 
protoplasnie  ou  l'imbibant  d'une  manière  uniforme.  Cette  huile 

*  Cette  obserration  a  été  ajoutée  pendant  l'impression. 


(19) 

est  facilement  soluble  dans  l'alcool,  surtout  lorsque  l'on  chauffe 
un  peu.  Parmi  les  gouttelettes  d'huile,  il  en  est  qui  se  colorent 
à  peine  en  jaune  pâle  par  le  réactif  iodé  ;  d'autres ,  identiques 
de  grandeur  et  d'aspect  aux  premières,  se  colorent,  au  contraire, 
en  rouge-brun  vif.  Les  cellules  de  l'hyménium  et  les  spores 
dont  le  protoplasme  est  uniformément  imprégné  de  matière 
huileuse  offrent  la  même  diversité  :  tantôt  elles  se  colorent  en 
jaune,  tantôt  en  rouge-brun  par  l'iode.  Ces  colorations  brunes 
se  dissipent  avec  grande  difficulté  par  la  chaleur  et  ne  repa- 
raissent plus  nettement  par  le  refroidissement.  Je  n'ai  pas  non 
plus  pu  observer  que  la  matière  colorée  en  brun  se  dissolve 
dans  l'eau,  quand  on  l'écrase  sous  le  verre  couvreur.  La  ques- 
tion de  savoir  si,  outre  son  huile,  ce  Champignon  contient  du 
glycogène,  n'est  donc  pas  résolue.  En  tout  cas,  la  quantité  de 
glycogène  serait  minime. 

M.  Clavarla  strieta.  —  Pas  de  réaction  certaine  de 
glycogène. 

VL  —  EXOBASIDIÉES. 

Sd.  ExebasIdlaiiB  Vaecinll.  —  Les  jeunes  basides 
m'ont  donné  une  réaction  faible  que  je  crois  pouvoir  rapporter 
au  glycogène. 

VIL  —  TRÉMELLINÉES. 

se.  Tremella  mesenteriea.  —  J'ai  mentionné,  il  y  a 
deux  ans  déjà,  l'existence  du  glycogène  chez  cette  espèce  ^.  Le 
contenu  protoplasmique  des  basides  jeunes  est  imprégné  d'une 
quantité  médiocre  de  ce  corps;  je  n'en  ai  point  observé  dans 
les  filaments  du  tissu. 

SI.  Tremella  alblda  et  88.  Tremella  torto  ren- 
ferment probablement  du  glycogène  dans  leurs  basides.  Les 
réactions  sont  toutefois  moins  marquées  que  chez  l'espèce  pré- 
cédente. 

*  Clycog,  chez  le»  mucorinées,  loc  cit.,  p^  457,  note. 


(20) 

B.—  GASTROMYCÈTES. 

I.  —  HYMÉNOGASTRÉES. 

SB.  Seleroderiiia  vuls^re.  —  Je  me  suis  donne 
beaucoup  de  peine  pour  rechercher  le  glycogène  chez  cette 
espèce,  mais  toujours  sans  succès.  J'ai  examiné  des  échantil- 
lons frais  à  tous  les  degrés  de  développement,  depuis  ceux 
qui  ont  2  millimètres  de  diamètre  et  sont  formés  de  tissu 
blanc  homogène  jusqu'aux  individus  adultes  et  gros  comme 
un  œuf  de  poule  ;  nulle  part  je  n'ai  obtenu  la  moindre  réac- 
tion de  glycogène.  Tout  le  tissu  prend  une  teinte  jaune  sous 
l'action  de  l'iode,  sauf  les  spores  jeunes  et  encore  incolores 
qui  deviennent  brunes.  Mais  cette  coloration  brune  paraît 
avoir  son  siège  dans  la  membrane  et  non  dans  le  contenu  des 
spores  ;  elle  ne  pâlit  pas  à  la  température  de  décoloration  des 
tissus  glycogénifères  et,  une  fois  dissipée  par  une  forte  cha- 
leur, elle  ne  réapparaît  point  par  le  refroidissement.  On  doit 
donc  conclure  que  le  Sderoderma  ne  renferme  pas,  dans  les 
conditions  habituelles,  une  quantité  sensible  de  glycogène. 

40.  Bhlxopoi^on  luteolas.  —  Un  exemplaire  à  demi 
adulte  ne  m'a  pas  présenté  de  glycogène. 

II.  —  LYCOPERDACÉES. 

41.  liyeoperdon  fl^cmmiitiiiii.  —  Le  glycogène  est 
assez  abondant  dans  les  exemplaires  jeunes.  Ainsi  que  nous  le 
verrons  au  §  IV,  il  disparait  à  mesure  que  le  Champignon  se 
développe. 

III.  —  NIDULARIACÉES. 

4t.  Craelbalam  vul^are.  —  Les  individus  jeunes, 
encore  fermés,  sont  assez  riches  en  glycogène.  Les  péridioles 
en  présentent  beaucoup,  surtout  dans  les  cellules  sous-bymé- 


(21  ) 

niales  et  dans  les  jeunes  basides.  On  n'en  trouve  presque  pas 
dans  la  masse  gélatineuse  fondamentale;  peu  ou  point  dans 
les  funicules. 

A  l'état  adulte,  le  glycogène  a  disparu  en  majeure  partie 
Les  spores  mûres  et  le  tissu  à  paroi  épaisse  des  péridioles  ne 
donnent  aucune  réaction.  Certains  éléments  claviformes  à 
lumière  étroite  qui  appartiennent  h  l'hyménium  et  la  masse 
fondamentale  gélatineuse  qui  environne  les  spores  paraissent 
seuls  renfermer  un  peu  de  glycogène. 

4S.  Cjathns  strlains*  —  Réaction  très  faible  et  dou- 
teuse dans  certains  éléments  du  tissu  et  dans  les  jeunes  spores. 

IV.  —  CARPOBOLÉES. 

Aé*  Sphaeroboluii  «tellatas*  —  Comme  je  l'ai  déjà 
indiqué  i,  cet  intéressant  Champignon  a  un  véritable  organe  à 
glycogène. 

Autour  de  la  masse  centrale  des  spores,  on  trouve  une 
couche  sphérique  formée  de  cellules  allongées,  prismati- 
ques disposées  radialement,  étroitement  serrées  en  palis- 
sade les  unes  contre  les  autres  et  surmontées  à  leur  extrémité 
interne  de  cellules  de  même  nature ,  plus  petites ,  arrondies 
ou  polyédriques.  C'est  dans  ces  deux  sortes  de  cellules  que  le 
glycogène  s'accumule  en  quantité  prodigieuse  :  au  moment 
où  le  péridium  est  prêt  à  s'ouvrir ,  elles  en  contiennent  telle- 
ment que  si  l'on  ajoute  un  peu  plus  d'iode  qu'il  ne  faut,  elles 
ne  se  colorent  plus  en  rouge-acajou,  mais  presque  en  noir. 
Le  glycogène  les  remplit  tout  à  fait  et  forme  une  masse  dense, 
homogène,  douée  d'un  éclat  blanchâtre  opalescent  très  mar- 
qué. On  s'assure,  en  faisant  éclater  les  cellules  par  une  légère 
pression,  que  cette  substance  brillante  est  facilement  et  com- 
plètement soluble  dans  l'eau.  L'essai  par  la  chaleur  donne 
aussi  les  résultats  les  plus  nets. 

'  Buli.  Soe.  belge  de  microsc,  29  février  1884.  p.  99. 


(22) 

Vers  le  haut,  c'est-à-dire  dans  la  région  où  le  péridium  sa 
déchirera  en  étoile,  la  structure  de  la  couche  à  glycogène  est 
un  peu  différente;  les  cellules  prismatiques  deviennent  de 
plus  en  plus  courtes  et,  au  sommet  même,  on  n'observe  plus 
que  des  cellules  arrondies-polyédriques.  En  même  temps  que 
la  forme  des  éléments  se  modifie  ainsi ,  leur  contenu  n'est 
plus  le  même;  il  est  de  moins  en  moins  brillant,  de  plus  en 
plus  jaunâtre  et  sa  teneur  en  glycogène  diminue. 

En  dehors  de  la  couche  dont  nous  parlons ,  le  Sphaerobolus 
adulte  ne  présente  pas  de  glycogène  en  proportion  notable. 
Seule,  la  moitié  inférieure  de  la  couche  pseudo-parenchyma- 
teuse  en  contient  souvent  une  certaine  quantité.  Peut-être  y  en 
a-t-il  aussi  un  peu  dans  la  masse  gélatineuse  qui  environne 
les  spores,  mais  je  n'oserais  l'aflSrmer. 

Notre  couche  à  glycogène  porte  chez  Pitra  *  et,  tout  derniè- 
rement encore,  chez  Fischer  ^,  le  nom  de  couche  de  coUen- 
chyme.  C'est  un  terme  que  de  Bary  avait  employé  auparavant  3 
pour  désigner  la  couche  intérieure  du  péridium  externe  des 
Geaster.  Même  pour  ce  genre,  le  terme  n'est  peut-être  pas  très 
heureux,  mais  il  est  à  coup  sûr  inexact  quand  on  l'applique 
au  Sphaerobolus.  Pitra  l'avait  choisi  afin  de  rappeler  l'épais- 
seur des  membranes  et  l'éclat  particulier  des  cellules  de  cette 
couche.  Mais  cette  épaisseur  n'est  en  somme  pas  très  considé- 
rable et  elle  est  partout  la  même,  au  rebours  de  ce  qui  carac- 
térise le  collenchyme.  Quant  à  l'éclat  opalescent,  il  provient 
surtout  du  glycogène  et  appartient  ainsi  au  contenu  cellu- 
laire, ce  qui,  encore  une  fois,  n'est  pas  le  cas  pour  l'éclat  du 
collenchyme.  Le  nom  adopté  par  Pitra  et  Fischer  ne  saurait 
donc,  me  semble-t-il,  être  conservé  ;  on  pourrait  le  remplacer 
par  celui  de  couche  à  glycogène. 

Cette  couche  intervient  d'une  façon  prépondérante  dans 
l'ouverture  du  péridium  et  dans  la  brusque  projection  du 

'  BoLZeit,  1870,  p.  684. 
*  0orZft7..  1884,  p.  441 
'  Morph,  u  Phys.  d,  Pilze,  1866,  p.  80. 


(23) 

sporange,  comme  l'ont  établi  Pitra  et  Fischer.  Nous  venons 
de  voir  que  ce  qui  distingue  avant  tout  cette  couche,  c'est 
son  étonnante  richesse  en  glycogène;  il  est  naturel  de  se 
demander  si  ce  corps  ne  joue  pas  un  rôle  dans  les  phéno- 
mènes de  déhiscence  et  de  projection.  J'ai  commencé  des 
observations  à  ce  sujet,  mais  comme  elles  ne  sont  pas  com- 
plètement achevées  et  que,  du  reste,  elles  s'éloignent  de  l'objet 
principal  de  ce  mémoire,  je  préfère  les  réserver  pour  un  autre 
travail. 

V.  —  PHALLOÏDÉES. 

ti.  Phallaii  Impadleus.  —  La  dissémination  des 
spores,  obtenue  chez  le  Sphaerobolus  par  la  déhiscence  du 
péridium  et  la  projection  du  sporange,  est  amenée  chez  le 
Phallus  par  l'élongation  rapide  et  considérable  du  pédicelle. 
Ce  sont  là  deux  mécanismes  dont  il  est  aisé  de  saisir  les  diffé- 
rences, mais  dont  il  n'est  pas  sans  intérêt  de  rechercher  aussi 
les  analogies. 

De  part  et  d'autre,  il  s'agit  d'élever  la  masse  des  spores  au- 
dessus  du  substratum  et  dans  les  deux  cas  le  rôle  actif  appar- 
tient à  une  seule  couche  de  tissu histologiquement  déterminée; 
dans  les  deux  cas,  c'est  par  son  accroissement  et  par  sa  turges- 
cence que  ce  tissu  intervient;  enfin,  dans  les  deux  cas,  le  tissu 
accumule  comme  matière  plastique  beaucoup  de  glycogène 
qui  a  disparu  lorsque  la  croissance  et  l'augmentation  de 
turgescence  sont  accomplies. 

Le  pédicelle  spongieux  du  Phallus  est,  en  effet,  lui  aussi, 
gorgé  de  glycogène  avant  son  élongation  et  rien  n'est  plus 
facile,  comme  on  le  verra,  au  §  IV,  que  de  suivre  la  disparition 
progressive  de  cette  substance  à  mesure  que  l'élongation  se  &it. 

Nous  indiquerons  au  même  paragraphe  la  répartition  du 
glycogène  dans  les  autres  tissus  du  Phallus. 

â».  Phallus  eaninas  ^.  —  J'ai  également  trouvé  du 
glycogène  dans  le.  pédicelle  de  cette  espèce. 

*  CellP  observation  a  élé  ajouiée  pemîaiil  Vimpression 


(24) 
§  III.  —  EXTRACTION  HACROCHIMIQUE  DU  GLYC06ÊKE. 

Avant  d'examiner  de  plus  près  ce  que  la  microchimie  nous 
apprend  sur  les  fonctions  du  glycogène,  il  sera  bon  peut-être 
d'augmenter  la  confiance  du  lecteur  dans  notre  méthode  micro- 
chimique elle-même,  en  indiquant  Tëpreuve  à  laquelle  nous 
l'avons  soumise. 

Ainsi  que  nous  l'avions  fait  auparavant  pour  les  Ascomycètes 
et  les  Mucorinées,  nous  avons  isolé  le  glycogène,  par  les  pro- 
cédés  ordinaires  de  l'analyse  chimique,  chez  deux  des  Basidio- 
mycètes  où  le  microscope  nous  avait  révélé  sa  présence. 

1.  La  méthode  suivie  pour  l'extraction  a  été  de  nouveau 
celle  de  Brûcke  ^. 

J'ai  choisi  pour  une  première  analyse  le  Clitocybe  nebularis. 
Quatre  exemplaires  jeunes  sont  découpés,  piles  dans  un  mortier 
et  bouillis  avec  de  l'eau.  L'extrait  aqueux  filtré  est  traité  d'abord 
par  l'acide  chlorhydrique  et  l'iodure  double  de  mercure  et  de 
potassium,  qui  produisent  un  léger  trouble  blanchâtre  ;  puis, 
on  ajout  eun  excès  d'acide  chlorhydrique,  qui  donne  encore  un 
précipité  blanc,  floconneux,  abondant.  On  filtre.  L'acide 
chlorhydrique  et  l'iodure  double  ne  troublent  plus  la  liqueur. 
L'addition  de  deux  volumes  d'alcool  absolu  produit  un  préci- 
pité blanc  assez  abondant,  qu'on  lave  à  l'alcool  faible,  puis  à 
l'alcool  absolu.  Les  réactions  suivantes  prouvent  que  la  sub- 
stance ainsi  obtenue  est  du  glycogène  : 

1^  La  substance  se  dissout  dans  l'eau  en  donnant  une 
solution  opalescente,  blanchâtre,  laiteuse; 

2®  Cette  solution  se  colore  en  brun  par  l'iode,  avec  la  même 
intensité  et  la  même  nuance  que  le  fait  une  solution  de  glyco- 
gène hépatique  du  chien  ayant  le  même  degré  d'opalescence. 
Si  l'on  chauffé  simultanément  les  deux  essais  additionnés  d'une 
même  quantité  de  solution  d'iode,  la  décoloration  à  chaud  et 
la  réapparition  de  la  couleur  après  refroidissement  se  font  de 

*  Cf.  Épi  pi.  des  ascom.  §11!. 


(28) 

la  même  manière  et  en  même  temps  pour  le  glycogène  du 
chien  et  celui  du  CJitocybe.  En  plaçant  un  thermomètre  dans 
chacun  des  deux  essais,  j'ai,  vu  dans  un  cas  donné,  le  glycogène 
de  ClUoeybe  commencer  à  pâlir  à  26-27<>,  être  déjà  très  pâle 
vers  38""  et  complètement  décoloré  vers  SO^;  pour  le  glycogène 
du  chien,  j'ai  trouvé  dans  les  mêmes  conditions  36<>,  35<*  et  80^ 
environ.  Ces  chififres  ne  représentent  pas  des  constantes  carac- 
téristiques, puisque  la  température  de  décoloration  varie 
suivant  les  quantités  d'iode  et  de  glycogène  en  présence;  mais 
je  les  donne  pour  montrer  que,  dans  les  mêmes  conditions,  le 
glycogène  du  Clitoq/be  et  celui  du  chien  se  conduisent  exacte- 
ment de  même  ; 

3»  Traitée  par  le  réactif  de  Trommer,  notre  solution  dissout 
en  bleu  de  l'hydrate  cuivrique  sans  le  réduire  à  l'ébullition  ; 

4»  Par  une  ébullition  de  vingt  minutes  avec  de  l'acide  sul- 
iurique  très  étendu,  la  solution  perd  la  propriété  de  se  colorer 
par  l'iode  et  acquiert  celle  de  réduire  l'oxyde  de  cuivre; 

&•  Elle  acquiert  la  même  propriété  sous  l'action  de  la  salive  ; 

6^  La  quantité  de  substance  qui  me  restait  ne  suffisait  mal- 
heureusement pas  pour  déterminer  le  pouvoir  rotatoire.  Hais 
j'ai  pu  m'assurer  que  la  solution  aqueuse  est  dextrogyre. 

2.  L'un  des  élèves  de  notre  laboratoire  d'anatomie  et  de 
physiologie  végétales,  M.  Clautriau,  a  eu  l'obligeance  de  foire 
à  notre  demande  la  seconde  analyse.  Elle  a  porté  sur  le  Phallus 
impudicus.  Voici  les  résultats  que  M.  Clautriau  nous  a  com- 
muniqués; comme  on  le  verra,  la  grande  quantité  de  matière 
gélatineuse  que  l'extrait  aqueux  de  Phallus  renferme  a  néces- 
sité une  légère  modification  à  la  marche  ordinaire. 

ce  On  coupe  le  Champignon  en  morceaux  et  on  le  laisse  dans 
l'eau  pendant  un  jour.  On  exprime  à  travers  une  mousseline 
et  l'on  met  à  part  le  résidu  (A).  Le  liquide  exprimé  est  traité 
par  Tacétate  basique  de  plomb  et  passé  de  nouveau  ù  travers 
un  linge.  A  ce  liquide  on  ajoute  la  solution  qu'on  obtient  en 
reprenant  par  l'eau  bouillante  à  la  fois  le  résidu  A  et  le  préci- 
pité produit  par  le  plomb  ;  on  précipite  par  l'hydrogène  sulfuré 


(26) 

tout  le  plomb  qui  est  encore  en  solution ,  on  neutralise  et  on 
concentre  au  bain-marie.  On  traite  par  l'acide  chlorhydrique 
et  riodure  double  de  mercure  et  de  potassium  ;  on  filtre.  La 
liqueur  filtrée  est  additionnée  de  deux  volumes  et  demi  d*alcool 
absolu  :  il  se  forme  un  précipité  blanc  qu'on  lave  et  qu'on 
dissout  dans  l'eau. 

Cette  solution  aqueuse  est  opalescente;  elle  brunit  par  Tiode; 
elle  dissout  l'hydrate  de  cuivre  du  réactif  de  Trommer  sans  le 
réduire  à  l'ébullition  ni  précipiter  d'oxyde  noir  ;  après  action 
de  la  salive  ou  ébuUition  d'un  quart  d'heure  avec  de  l'acide  sul- 
furique  dilué,  elle  acquiert  la  propriété  de  réduire  l'oxyde  de 
cuivre  à  l'état  d'oxydule. 

Le  Phallus  contient  donc  du  glycogène.  » 

§  IV.  —  RÉPARTITION  KT  ROLE  DU  GLYGOGfiNB 
CHEZ  LES  BASIDI0MYCÊTE8. 

Il  importait  avant  tout  d'établir  que  le  glycogène  est  extrê- 
mement répandu  chez  les  Basidiomycètes.  Ce  point  me  parais- 
sant acquis,  nous  pouvons  aborder  l'étude  de  sa  signification 
physiologique. 

Ce  que  nous  savons  de  ce  corps  :  son  analogie  avec  l'amidon, 
la  facilité  avec  laquelle  il  se  transforme  en  sucre,  sa  manière 
de  se  conduire  dans  le  règne  animal,  tout  cela  fait  supposer 
à  priori  qu'en  dehors  de  son  emploi  probable  comme  combus- 
tible respiratoire,  il  doit  jouer  aussi  chez  les  Champignons 
l'un  des  premiers  rôles  comme  matière  plastique.  J'ai  déjà 
avancé  cette  opinion  il  y  a  deux  ans  et  j'ai  cherché  alors  à  la 
rendre  plausible  pour  les  Ascomycètes  ^;  les  faits  qu'il  me  reste 
à  indiquer  me  semblent  constituer  en  sa  faveur  des  preuves 
décisives. 

Pour  démontrer  qu'une  substance  est  employée  par  l'orga- 
nisme à  l'édification  de  ses  tissus,  il  n'existe,  on  le  sait,  qu'une 
méthode  :  elle  est  longue  et  fastidieuse,  mais  c'est  la  seule.  Il 

*  Épipl,  des  aacom,  §  VIII. 


(87) 

faut  suivre  la  substance  dans  toutes  ses  migrations,  étudier  sa 
distribution  aux  différents  âges,  voir  où  elle  s'accumule  et  où 
elle  disparait.  C'est  cette  marche  que  nous  allons  adopter.  Et 
comme  la  quantité  de  glycogène  varie  beaucoup  suivant  la 
vigueur,  la  fraîcheur,  etc.,  des  individus  que  l'on  observe,  nous 
aurons  soin  de  ne  comparer  entre  eux  pour  chaque  espèce  que 
des  exemplaires  robustes  et  parfaitement  frais. 

Quoique  j'aie  indiqué  plus  haut  la  répartition  du  glycogène 
chez  un  certain  nombre  de  Basidiomycètes,  j'ai  réservé  pour 
le  présent  paragraphe  les  exemples  que  je  crois  le  plus  propres 
à  nous  éclairer  sur  l'origine  et  sur  le  rôle  de  cette  substance. 
II  est  toutefois  deux  faits  que  l'on  a  déjà  pu  constater.  En 
général,  le  glycogène  est  surtout  abondant  vers  la  base  des 
Champignons,  dans  le  voisinage  du  sol.  Cela  porte  à  penser 
que  ce  corps  est  l'un  des  premiers  qu'ils  forment  au  moyen 
des  composés  de  carbone  absorbés.  Us  doivent,  en  eifet,  tirer 
tous  leurs  aliments  du  substratum  et  c'est  par  conséquent  près 
de  leur  point  d'attache  que  nous  trouverons  chez  eux  les  pre- 
miers produits  de  leur  assimilation.  De  là  le  glycogène  pourra 
ensuite  être  transporté  partout  où  il  est  utile,  c'est-à-dire  par- 
tout où  il  y  a  croissance  de  tissu,  formation  d'organes  repro- 
ducteurs, etc.  De  plus,  le  glycogène,  en  véritable  substance 
plastique,  disparait  ordinairement  des  tissus  à  mesure  que  leur 
croissance  s'achève  et  que  les  spores  approchent  de  la  matu- 
rité :  nous  l'avons  vu,  par  exemple,  pour  le  Coprinus  evanidus 
et  le  CrucWulum  vulgare. 

fai  énoncé  dès  à  présent  ces  deux  remarques  afin  que  le 
lecteur  puisse  mieux  s'orienter  au  milieu  des  observations  qui 
vont  suivre. 

ft.  Aifurleas  (Clltoeybe)  nebalarls.  —  J'ai  étudié  avec 
soin  la  distribution  du  glycogène  chez  onze  individus  à  tous 
les  états  de  développement  et  je  pense  que  l'on  peut  distinguer 
quatre  âges  successifs  chez  le  Qitocybe. 

!<"  Très  jeune.  Hauteur  totale  du  Champignon  :  moins  de 
Î0««;  diamètre  du  chapeau  :  moins  de  10™».  —  Beaucoup  de 


(28) 

glycogène  dans  tout  le  Champignon,  avec  prédominance  du 
stipc; 

i^  Jeune.  Hauteur  ^  10  à  40"™;  diamètre  du  chapeau  «g 
à  âO"™.  —  Beaucoup  de  glycogène  dans  le  stipe  ;  peu  dans  le 
tissu  du  chapeau;  presque  pas  ou  pas  dans  la  trame  des 
lamelles  et  l'hyménium  ; 

S^  Demi-adulte.  Hauteur  =  35  à  75'"°';  diamètre  du  chapeau 
«=  20  à  SO"".  La  proportion  de  glycogène  diminue  dans  le 
stipe  et  augmente  dans  le  chapeau  :  il  y  en  a  à  peu  près  autant 
dans  l'un  que  dans  l'autre.  On  commence  à  en  trouver  assez 
dans  les  couches  hyméniale  (jeunes  basides)  et  sous-hyméniale; 
presque  pas  dans  la  trame  des  lamelles; 

i^  Adulte.  Hauteur  =»  50  à  TO™"*;  diamètre  du  chapeau 
=  50  à  70"»".  —  Spores  en  train  de  mûrir.  —  Beaucoup  de 
glycogène  dans  le  stipe;  presque  pas  dans  le  chapeau  et  la 
trame  des  lamelles;  beaucoup  dans  les  couches  hyméniale  et 
sous-hyméniale. 

Ces  données  peuvent,  me  semble-t-il,  s'interpréter  de  la 
façon  suivante  :  le  glycogène  se  forme  continuellement  dans 
le  stipe  au  moyen  des  aliments  puisés  dans  le  sol.  Au  premier 
stade,  le  chapeau  est  à  peine  différencié  du  stipe.  Au  deuxième 
la  croissance  du  chapeau  est  lente  et  il  renferme  peu  de  glyco- 
gène; mais  au  troisième  stade  il  se  met  à  grandir  considérable- 
ment, son  diamètre  qui  ne  représentait  d'abord  que  la  moitié 
de  la  hauteur  du  Champignon  devient  égal  à  celle-ci  :  en  même 
temps  le  glycogène  af&ue  vers  le  chapeau.  Enfin,  au  quatrième 
stade,  le  chapeau  a  consommé  son  glycogène,  sa  croissance  est 
achevée;  les  spores  mûrissent  et  c'est  vers  l'hyménium  que  le 
glycogène  se  porte  d'une  manière  prépondérante. 

••  Ai^arleuH  (Armlllarla)  melleus. 

l*»  Jeune.  Hauteur  :  60  à  70°»°»  ;  diamètre  du  chapeau  :  20-25"". 
Voile  encore  fermé.  —  Beaucoup  de  glycogène  à  la  base  et  au 
milieu  du  stipe;  assez  au  sommet  ;  point  dans  le  voile  ;  presque 
pas  dans  le  tissu  du  chapeau;  un  peu  dans  l'hyménium,  sur- 
tout dans  les  jeunes  basides; 


(29) 

99  Demi-adulte.  Hauteur  :  80-88""»;  diamètre  du  chapeau  : 
40-Î50™".  Voile  en  train  de  se  déchirer.  —  Glycogène  abondant 
au  milieu  du  stipe,  où  le  tissu  est  très  lâche  ;  moins  abondant 
vers  la  base  et  vers  le  sommet,  où  le  tissu  est  plus  compact. 
Peu  de  glycogène  dans  le  chapeau.  Assez  dans  les  jeunes 
basides.  Pas  ou  presque  pas  dans  les  paraphyses  ; 

3«  Adulte.  Hauteur  :  95-100"»»;  diamètre  du  chapeau  68-70"". 
Voile  disparu.  —  Assez  de  glycogène  à  la  base  et  au  sommet  du 
stipe,  beaucoup  au  milieu ,  un  peu  dans  le  tissu  du  chapeau  ; 
assez  dans  les  basides  jeunes  ;  peu  dans  les  basides  adultes, 
sporifères  ;  pas  ou  presque  pas  dans  les  paraphyses. 

8«  JL^arlcas  (Collybla)  Telatlpes. 

i^  Demi-adulte.  Très  peu  de  glycogène  dans  le  stipe  ;  beau- 
coup dans  le  tissu  du  chapeau  ;  assez  dans  les  couches  hymé- 
niale  est  sous-hymëniale  ;  très  peu  dans  la  trame  des  lamelles; 

i?  Adulte.  Très  peu  de  glycogène  dans  le  stipe,  le  chapeau 
et  la  trame  des  lamelles  ;  assez  dans  les  couches  hyméniale  et 
sous-hyméniale.  Parmi  les  éléments  de  l'hyménium,  les  jeunes 
basides  sont  surtout  riches  en  glycogène  au  moment  où  les 
spores  vont  apparaître  sur  leurs  stérigmates. 

L'interprétation  la  plus  naturelle  de  ces  faits  est,  je  crois, 
que  le  glycogène  a  été  transporté  vers  le  chapeau  et  l'hymé- 
nium plus  rapidement  qu'il  ne  se  reformait  à  la  base  du 
stipe. 

4.  RoMMula  leplda.  —  On  sait  que  les  Russules  et  les 
Lactaires  atteignent  un  plus  haut  degré  de  différenciation 
histologique  que  la  plupart  des  autres  Agaricinées.  Sans  parler 
des  laticifères  propres  au  second  de  ces  genres,  leur  tissu  se 
compose  partout  de  deux  sortes  d'éléments  :  des  filaments 
minces  et  ramifiés,  réunis  en  cordons  assez  épais  qui  s'anasto- 
mosent en  tous  sens,  et  un  pseudo-parenchyme  formé  de 
grandes  cellules  irrégulièrement  arrondies.  Les  cordons  consti- 
tuent un  réseau  dont  le  pseudo-parenchyme  remplit  toutes  les 
mailles.  Cette  disposition  n'est  pas  sans  rappeler  la  manière 


(30) 

dont  les  faisceaux  fibro-vasculaires  traversent  en  tous  sens  le 
parenchyme  fondamental  des  plantes  supérieures,  par  exemple 
dans  la  plupart  des  feuilles,  dans  la  tige  des  Cactées  ou  des 
Fougères  arborescentes,  etc.  Et  de  même  que  les  faisceaux 
fibro-vasculaires  des  Cactées  (Vôchting)  et  de  beaucoup  de 
feuilles  émettent  encore  des  rameaux  ténus  à  l'intérieur  des 
îlots  de  parenchyme,  nous  voyons  chez  les  Champignons  qui 
nous  occupent  des  ramuscules  se  détacher  des  cordons  fila- 
menteux, pénétrer  dans  le  pseudo-parenchyme  et  s'y  étendre 
en  se  ramifiant  irrégulièrement  ^. 

Il  est  permis  de  se  demander  si  cette  analogie  s'arrête  à  la 
structure  et  si  elle  ne  peut  pas  jeter  quelque  lumière  sur  les 
fonctions.  Le  pseudo-parenchyme  des  Russules  et  des  Lactaires 
devrait  alors  être  considéré  comme  le  lieu  de  dépôt  et  de 
migration  des  matériaux  hydrocarbonés  assimilés,  tandis  que 
les  cordons  filamenteux  .  représenteraient  les  éléments  de 
soutien  du  tissu  et  les  routes  de  transport  pour  l'eau  et  les 
matières  protéiques  qui  se  rendent  vers  les  organes  en  voie 
de  développement.  Ce  n'est  là  qu'une  hypothèse  que  des 
études  ultérieures  auront  à  vérifier,  mais  au  moins  me  paraît- 
elle  probable  et  elle  rend  bien  compte  des  observations  que  je 
vais  rapporter. 

Aussi  bien  chez  les  individus  jeunes  que  chez  les  individus 
développés,  on  rencontre  en  général  de  très  grandes  quantités 
de  glycogène  dans  le  pseudo-parenchyme  et  peu  dans  les  fila- 
ments. Quant  aux  diverses  régions  du  Champignon,  voici  ce 
qu'elles  m'ont  présenté,  chez  un  exemplaire  adulte  : 

Stipe  :  beaucoup  de  glycogène  dans  les  îlots  de  pseudo- 
parenchyme, peu  dans  les  filaments  de  la  région  médullaire, 
presque  pas  dans  ceux  de  la  région  corticale. 

Chapeau  :  rien  dans  la  couche  superficielle,  médiocrement 
dans  le  reste  du  tissu  et  toujours  de  préférence  dans  les  cellules 
arrondies,  pseudo-parenchymateuses;  beaucoup  dans  les  cellules 
pscudo-parenchymateuses  à  contour  irrégulier  qui  forment  la 

^  DE  Bart,  Morph.  u.  Phys.  d.  Pilze,  1866,  p.  51. 


(31  ) 

trame  des   lamelles;  assez   abondamment  dans  la  couche 
hyméniale. 

Hais  parfois,  dans  des  conditions  que  je  n'ai  pas  encore  pu 
déterminer  avec  exactitude,  on  trouve  une  forte  proportion  de 
glycogène  dans  les  filaments.  Ce  glycogène  paraît  alors  y  per- 
sister même  vers  la  fin  de  la  végétation,  lorsque  les  îlots  de 
pseudo-parenchyme  ont  complètement  dépensé  le  leur  et  ne 
renferment  plus  qu'un  liquide  aqueux  ^.  Ce  cas  ne  fait-il  pas 
inYolontairement  songer  à  ce  que  Briosi  a  décrit  pour  l'amidon 
des  tubes  cribreux  3? 

6.  liaetorlus  piperatas.  — <  Ce  Champignon,  riche  en 
glycogène,  le  présente  en  général,  comme  la  Russule,  à  Tinté 
rieur  de  ses  cellules  pseudo-parenchymateuses  ;  dans  cer- 
taines conditions,  les  cordons  filamenteux  en  contiennent 
également. 

La  répartition  suivante  se  rapporte  à  un  exemplaire  robuste, 
DfiMi-AouLTE,  en  train  de  mûrir  ses  spores  : 

I^  glycogène  existe  dans  tout  le  stipe,  dans  le  chapeau  et 
dans  l'hyménium.  Il  y  en  a  surtout  beaucoup  à  la  base  du  stipe 
et  dans  le  voisinage  immédiat  des  lamelles  ;  le  sommet  du 
stipe  et  les  parties  du  chapeau  éloignées  des  lamelles  en  ren- 
ferment moins.  C'est  dans  les  cellules  arrondies,  pseudo- 
parenchymateuses,  que  le  glycogène  se  trouve  de  préférence; 
il  manque  aux  éléments  étroits  et  allongés  qui  occupent  l'axe 
de  chaque  lamelle.  Le  suc  laiteux  abondant  de  cette  espèce  ne 
donne  aucune  réaction  de  glycogène. 

Tous  ces  faits  se  comprennent  3ans  peine  d'après  les  prin- 
cipes que  nous  avons  exposés. 

6.  Ijyeoperdoii  i^emiiiataiii.  —  Ici  encore,  les  faits 
parlent  d'eux-mêmes  et  des  explications  nouvelles  sont 
superflues. 

<  (Test  un  éial  semblable  que  de  Bary  a  probablemeDl  eu  sous  les  yeux 
(toe.  d<.,p.51). 
'  Bot.  Zeit.,  1873,  p.  Z4S. 


(32) 

•  1<>  Très-jeune.  Hauteur  :  20-40°™.  Beaucoup  de  glycogène 
dans  la  parlie  basilaire,  au  niveau  du  sol  ;  puis,  de  moins  en 
moins  à  mesure  qu'on  monte  vers  le  sommet  du  Champignon; 

i^  Demi-adulte.  Hauteur  :  9K°™.  Un  peu  de  glycogène  dans 
la  partie  basilaire,  stérile;  très  peu  dans  le  reste  du  Cham- 
pignon. Le  glycogène  se  trouve  toujours  ici  dans  les  éléments 
de  rhymënium  et  les  filaments  à  membrane  mince,  à  l'exclu- 
sion des  fibres  à  paroi  épaisse  qui  formeront  le  capillitium. 
A  partir  du  stade  actuel,  la  paroi  de  ces  fibres  se  colore  en 
beau  violet  brunâtre  par  l'iode,  ainsi  que  la  membrane  de^ 
spores  mûres;  dans  le  stade  précédent,  la  paroi  des  fibres  est 
encore  assez  mince  et  ne  se  colore  pas  sensiblement.  Comme 
les  filaments  à  membrane  mince  se  détruisent  avant  la  matu- 
rité, on  trouve  aussi  une  certaine  quantité  de  leur  glycogène 
répandu  dans  les  espaces  intercellulaires  :  il  baigne  ainsi  les 
fibres  et  est  sans  doute  utilisé  pour  leur  accroissement; 

3^  Adulte.  A  la  maturité,  on  ne  trouve  plus  de  glycogène 
nulle  part. 

9.  Phallus  Impudlens.  --  Peu  de  Champignons  se 
prêtent  mieux  que  celui-ci  à  des  études  physiologiques  sur 
le  rôle  du  glycogène.  Grâce  à  sa  grande  vitalité,  on  peut  le 
soumettre  à  des  expériences  qui  réussiraient  difiicilement 
ailleurs. 

Ce  Champignon  est  si  connu,  il  a  été  si  souvent  décrit  et 
figuré  ^  qu'il  suffit  de  rappeler  sa  structure  en  quelques  mots. 

Peu  avant  la  grande  élongation  de  son  pédicelle,  le  Phallus 
constitue  un  réceptacle  sporifère  fermé,  du  volume  d'un  gros 
œuf  et  porté  sur  un  cordon  épais  du  mycélium.  On  y  distingue 
de  dehors  en  dedans  les  couches  suivantes  :  une  enveloppe 
résistante,  \e^éridium  externe;  une  couche  gélatineuse  épaisse; 
une  seconde  enveloppe  résistante,  le  péridium  interne;  une 
masse  verdâtre  de  tissu  sporifère,  formée  de  l'hyménium  et  des 

<  DE  Bart,  Beilr.  z,  Morph.  u,  Phys.  d,  Pîlze,  1, 1864;  Sacbs,  Vorletun- 
gen,  p.  519;  van  Tibghem,  Trailét  p.  1058;  —  elc. 


(33  ) 

spores  et  limitée  en  dedans  par  une  membrane  solide  qui 
envoie  dans  le  tissu  sporifère  des  prolongements,  les  cloisons 
alvéolaires  ;  à  sa  base,  le  tissu  sporifère  est  supporté  par  une 
aqnUe  basUaire,  dont  le  tissu  assez  dense  est  continu  avec  les 
cordons  du  mycélium  ;  enfin,  au  centre,  on  trouve  une  colonne 
creuse  de  pseudo-parenchyme  lacuneux,  lepédicelle,  dont  Taxe 
et  les  lacunes  sont  occupés  par  un  amas  de  filaments  déli- 
quescents, gélatineux,  destinés  à  être  résorbés. 

Nous  allons  d'abord  indiquer  la  distribution  du  glycogène 
dans  toutes  ces  parties,  aux  différents  âges. 

1*  Stade.  —  Mycélium.  Les  gros  cordons  du  mycélium  pré- 
sentent du  glycogène  en  quantité  modérée  et  cela  surtout  vers 
leur  extrémité. 

2«  Siade.  —  Réceptacle  extrêmement  jeune,  de  2"»">  environ 
de  diamètre.  A  cet  âge,  les  réceptacles,  formés  encore  de  tissu 
homogène,  renferment  une  quantité  modérée  de  glycogène 
assez  uniformément  réparti  dans  tout  le  tissu. 

3*  Stade.  —  Réceptacle  très  jeune,  au  stade  figuré  par  de 
Bary  (Morph.  u.  Phys.y  1866,  p.  84,  fig.  34,  u).  Il  se  différencie 
une  couche  gélatineuse  campaniforme  et  une  masse  sous- 
jacente  de  filaments  feutrés  :  celle-ci  contient  du  glycogène, 
celle-là  n'en  a  pas  ou  presque  pas.  A  ce  stade  on  voit  dans  les 
filaments  feutrés  beaucoup  de  sphéro -cristaux  d'oxalate  de 
chaux,  semblables  à  ceux  que  de  Bary  a  indiqués  chez  le 
Phallus  caninitë.  Il  est  à  remarquer  que  chez  les  Champignons, 
ainsi  que  dans  le  règne  animal,  cette  substance  se  rencontre 
souvent  aux  endroits  où  il  se  fait  une  forte  consommation  de 
glycogène. 

4*  Stade.  —  Réceptacle  jeune,  de  la  grosseur  ^'une  noix  : 
diamètre  vertical  «  32"™;  diam.  horiz.  =  42°>".  Le  pédicelle 
n'est  pas  encore  différencié.  Dans  les  diverses  régions,  le  gly- 
cogène présente  la  répartition  suivante  : 

Cardon  mycélien  :  un  peu  ; 

Cvpule  basilaire  :  traces; 

Tome  XXXVII.  3 


(34) 

Cloisons  alvéolaires  :  assez  abondamment; 

Tissu  sporifère  :  assez  abondamment,  dans  la  zone  sous- 
fayméniale; 

Péridium  interfiCy  couche  gélatineuse  et  péridium  externe  : 
rien. 

6«  Stade.  —  Réceptacle  un  peu  plus  âgé,  de  la  grosseur 
d'une  noix  :  diam.  vertic.  :  36"»».;  diam.  horiz.  :  35™".  Le 
pédicelle  se  différencie  et  le  glycogène  y  afflue.  Nous  aYons,  en 
effet  : 

Cupule  basUaire  :  assez  abondamment,  surtout  dans  le  voi- 
sinage du  pédicelle  qui  la  traverse  ; 

Pédicelle  :  tissu  gélatineux  de  Taxe  et  des  mailles  :  rien; 
tissu  pseudo-parenchymateux  :  beaucoup.  Les  '  cellules  superfi- 
cielles de  chaque  trabécule  de  ce  tissu  sont  surtout  riches  en 
glycogène;  les  cellules  profondes  en  contiennent  moins.  Il  y  a 
aussi  plus  de  glycogène  dans  les  trabécules  voisines  de  la 
cupule  basilaire  (donc  :  externes)  que  dans  celles  qui  avoisi- 
nent  Taxe  gélatineux  central  (internes)  ; 

Goisons  alvéolaires  :  très  peu  ; 

Tissu  sporifère  :  un  peu  ; 

Péridium  interne,  couche  gélatineuse  et  péridium  externe  : 
rien. 

6^  Stade.  —  Réceptacle  de  la  grosseur  d'une  grosse  nodc  : 
diam.  vertic.  :  37'»°»,8;  diam.  horiz.  :  47«»",5.  Le  glycogène  con- 
tinue à  affluer  vers  le  pédicelle  ;  il  se  porte  également  vers  l'hy- 
ménium.  On  en  trouve  : 

Cordon  mycélien  :  un  peu  ; 

Cupule  basUaire  :  traces; 

Pédicelle  :  tissu  gélatineux  :  rien  ;  tissu  pseudo-parenehyma^ 
teux  :  assez  abondamment  ; 

Cloisons  alvéolaires  :  assez  abondamment  ; 

Tissu  sporifère  :  assez  abondamment,  dans  la  zone  sous- 
hyméniale  ; 

Péridium  interne ,  couche  gélatineuse  et  péridium  externe  : 
rien. 


(3K) 

7«  Stade.  —  Réceptacle  de  la  grosseur  d'un  oeuf,  prêt  à 
s'ouvrir.  (C'est  le  stade  de  la  figure  de  Sachs.) 

Cordon  mycélien  :  énormément. 

Cupule  basUaire  :  beaucoup. 

Pédieelle  :  tissu  gélatineux  qui  commence  à  être  résorbé  : 
rien;  tissu pseudoi^arenchymateux  :  énormément. 

Cloisons  alvéolaires  :  énormément. 

Tissu  spor^e  :  rien  dans  les  spores  mûres  ou  presque 
mûres. 

Piridium  interne»  couche  gélatineuse  et  péridium  externe  : 
rien. 

8*  Stade.  ^  Réceptacle  ouvert  ;  l'allongement  du  pédieelle 
vient  de  commencer. 

Cupule  basilaire  :  peu. 

PédieeUe  :  le  tissu  gélatineux  est  résorbé;  tissu  pseudo-paren- 
chymateux,  beaucoup  de  glycogène  à  la  base  du  pédieelle, 
presque  plus  au  milieu  et  au  sommet. 

Cloisons  alvéolaires  :  assez  abondamment. 

9*  Stade.  —  Adulte;  l'allongement  du  pédieelle  est  terminé, 
les  spores  sont  en  train  de  dégoutter.  Il  ne  reste  plus  qu'un 
peu  de  glycogène  dans  les  cloisons  alvéolaires  ;  il  y  en  a  assez 
abondamment  à  la  base  du  pédieelle.  Tout  le  reste  du  pédi- 
eelle et  les  trois  couches  du  péridium  n'en  présentent  pas. 

10^  Stade.  — Adulte;  l'allongement  est  terminé,  toutes  les 
spores  sont  tombées.  Il  ne  reste  plus  de  glycogène  dans  les 
cloisons  alvéolaires;  seul  le  pédieelle  en  offre  encore  une 
quantité  médiocre  à  sa  base,  fort  peu  au  milieu  et  au  sommet. 

Jetons  un  coup  d'œil  d'ensemble  sur  cette  série  d'observa- 
tions qui,  pour  être  vraiment  probante,  a  dû  être  donnée  tout 
au  long. 

Les  cordons  mycéliens  du  Phallus  contiennent  du  glyco- 
gène qu'ils  forment  au  moyen  d'éléments  puisés  dans  le  sol 
(!•  stade).  Le  glycogène  se  porte  principalement  vers  leur  extré- 
mité, où  va  se  développer  le  réceptacle  fructifère.  Un  renflement 


(36) 

terminal  apparaît  :  c'est  le  premier  indice  visible  du  récep- 
tacle :  aussitôt  le  glycogène  s'y  dépose  (2®  stade).  Dans  le  tissu, 
d'abord  homogène,  on  voit  se  différencier  une  couche  gélati- 
neuse qui  ne  sera  plus  le  siège  d'aucune  modification  impor- 
tante, et  une  masse  centrale  qui  est  à  l'état  embryonnaire; 
c'est  dans  cette  région  embryonnaire,  destinée  à  donner  nais- 
sance aux  organes  essentiels  du  Champignon,  que  le  glyco- 
gène s'amasse.  Il  est  probable  qu'en  même  temps  des  quan- 
tités considérables  de  glycogène  sont  consommées  et  laissent 
pour  déchet  de  l'acide  oxalique  qu'on  retrouve  dans  le  tissu  à 
l'état  d'oxalate  de  chaux  (3«  stade).  Le  travail  de  différenciation 
continue  :  la  cupule  basilaire,  les  cloisons  alvéolaires,  la  région 
sporifère  s'ébauchent  (4«  stade);  puis  le  pédicelle  (S*  stade). 
Toutes  ces  parties  croissent  lentement  et  acquièrent  peu  à  peu 
leur  structure  définitive  {6«  et  7«  stades).  La  teneur  en  glyco- 
gène atteint  son  maximum.  Produit  en  quantité  considérable 
par  le  cordon  mycélien  et  charrié  par  lui,  il  vient  se  déposer 
dans  le  réceptacle  fructifère  (7^  stade).  Hais  parmi  les  organes 
qui  se  trouvent  là,  il  en  est  dont  la  croissance  est  finie,  dont 
le  rôle  est  accessoire:  ils  demeurent  privés  de  glycogène;  c'est 
la  couche  gélatineuse,  les  couches  externe  et  interne  du  péri- 
dium,  l'axe  gélatineux  central.  Au  contraire,  le  glycogène  s'ac- 
cumule de  plus  en  plus  dans  le  pédicelle  et  dans  les  cloisons 
alvéolaires  qui  jouent,  en  quelque  sorte,  le  rôle  de  placentas 
vis-à-vis  de  l'hyménium  et  des  spores  ;  ce  glycogène  va  fournir 
des  matériaux  au  pédicelle  pour  sa  croissance  prochaine  et 
aux  spores  pour  leur  germination  future.  Les  derniers  stades 
sont  parcourus  plus  rapidement  que  ceux  qui  précèdent  :  en 
quelques  heures  le  pédicelle  triple  ou  quadruple  sa  longueur, 
et  il  le  fait  en  consommant  l'énorme  quantité  de  glycogène 
dont  il  était  muni,  tandis  que  l'axe  gélatineux  qui  le  parcourt 
et  la  couche  gélatineuse  qui  l'environne  lui  fournissent  sans 
doute  l'humidité  nécessaire  (8"  et  9^  stades).  Enfin,  les  fila- 
ments du  tissu  sporifère  se  liquéfient,  les  spores  sont  arrivées 
à  complète  maturité  et  elles  dégouttent  sur  le  sol  (10®  stade). 
Les  spores  mûres  ne  renferment  plus  de  glycogène;  il  est  assez 
vraisemblable  qu'il  s'y  soit  transformé  en  matière  huileuse. 


(37  ) 

Il  ne  reste  plus  maintenant  du  Phallus  que  les  enveloppes 
extérieures  déchirées  qui  n'ont  jamais  contenu  de  glycogène  ; 
les  cloisons  alvéolaires  qui  n'en  contiennent  plus  et  le  pédi- 
cellequien  présente  souvent  encore  un  peu,  particulièrement 
à  sa  base. 

Une  conclusion  me  paraît  se  dégager  avec  évidence  de  cet 
ensemble  de  faits  :  le  glycogène  remplit  le  rôle  de  matériel  de 
cattstmction,  c'est  une  substance  plastique  dans  toute  la  force  du 
terme. 

A  ce  point  de  vue,  le  léger  résidu  de  glycogène  qui  a  persisté 
à  la  base  du  pédicelle ,  après  la  chute  de  toutes  les  spores, 
constitue  une  perte  pour  le  Champignon.  C'est,  si  l'on  veut, 
une  dystéléologie.  Hais  nous  connaissons  tant  d'exemples  ana- 
logues qu'il  n'y  a  pas  là  de  quoi  nous  étonner.  J'ai  observé, 
par  exemple,  un  peu  d'amidon  dans  les  cellules  en  palissade 
des  feuilles  d'Aesculus  Hippocastanum,  tombées  en  automne, 
et  l'on  sait  que  la  persistance  de  l'amidon  est  de  règle  pour  les 
cellules  de  bordure  des  stomates. 

Je  crois  même  que  l'on  peut  se  rendre  compte  de  la  cause 
immédiate  pour  laquelle  la  disparition  du  glycogène  est  moins 
complète  à  la  base  du  pédicelle.  Avant  son  grand  allongement, 
le  pédicelle  est  assez  uniformément  rempli  de  glycogène,  et  des 
mesures  que  j'indiquerai  tantôt  montrent  que  la  croissance  est 
moindre  à  la  base  qu'ailleurs.  On  pourra  donc  trouver  là  un 
résidu  non  employé. 

Quoi  qu'il  en  soit  de  ce  détail,  il  est  certain  que  l'allongement 
du  pédicelle  épuise  en  quelques  heures  sa  provision  de  glyco- 
gène. Le  fait  est  aussi  frappant  que  la  rapide  émigration  de 
l'amidon  des  feuilles  dont  Sachs  donnait  récemment  ^  une  si 
élégante  démonstration ,  et  il  peut  être  établi  d'une  manière 
analogue.  Il  suffit  de  prendre  un  pédicelle  de  Phallus  qui  soit 
sur  le  point  de  subir  le  grand  allongement  et  un  autre  qui  l'ait 
déjà  subi ,  de  les  plonger  dans  l'alcool  pour  chasser  l'air  et  de 
les  laisser  ensuite  séjourner  ensemble  dans  une  solution  d'iode: 

*  Arb  (t.  bol.  în$L  WurzK,  III,  Hefl  f. 


(38) 

après  quelque  temps  celui-là  a  pris  une  nuance  acajou  magni- 
fique, au  lieu  que  celui-ci  est  seulement  coloré  en  jaune. 

L'allongement  du  pédicelle  est  le  résultat  d'une  véritable 
croissance  et  non  point,  comme  on  semble  l'avoir  admis,  le 
simple  effet  d'une  distension  des  cellules  pseudo-parenchyma- 
teuses  devenues  plus  turgescentes.  Il  n'y  a,  pour  s'en  convaincre, 
qu'à  supprimer  la  turgescence  par  plasmolyse  :  le  pédicelle  se 
raccourcit  alors,  mais  il  est  bien  loin  de  se  réduire  à  sa  lon- 
gueur primitive.  Exemple  :  un  pédicelle  avait  immédiatement 
avant  l'allongement  7  centimètres  de  long;  après  l'allongement, 
il  en  mesure  20  ;  plasmolyse  dans  une  solution  de  chlorure  de 
sodium  à  10  ^'/o,  il  se  réduit  tout  de  suite  à  16  centimètres, 
pui^  peu  à  peu  il  descend  jusqu'à  14  centimètres.  Hais  il  est 
impossible  de  le  faire  se  raccourcir  davantage. 

Afin  de  bien  établir  que  la  croissance  du  pédicelle  se  fait 
essentiellement  aux  dépens  du  glycogène,  il  importe  d'ajouter 
que ,  durant  l'allongement,  le  Champignon  n'a  plus  besoin  de 
rien  tirer  du  sol.  Si  l'on  place,  en  effet,  dans  une  atmosphère 
humide  un  exemplaire  encore  fermé,  mais  prêt  à  s'ouvrir, 
l'allongement  du  pédicelle  s'accomplit  d'une  manière  normale. 
II  y  a  mieux,  et  on  peut  rendre  l'expérience  plus  démonstra- 
tive encore.  Le  pédicelle  peut  être  séparé  de  tous  les  autres 
tissus  :  dans  une  atmosphère  humide,  il  s'allonge  presque 
autant  que  d'habitude,  en  consommant  son  glycogène. 

L'expérience  se  réalise  sans  peine.  Au  moyen  d'une  longue 
épingle  on  traverse  de  part  en  part,  dans  sa  région  moyenne, 
un  pédicelle  qui  est  sur  le  point  de  s'allonger.  L'épingle  est 
piquée  dans  une  planchette  de  bois  de  façon  que  le  pédicelle 
soit  maintenu  horizontal ,  à  quelque  distance  au-dessus  de  la 
planchette.  On  place  le  tout  sur  une  assiette  dans  laquelle  il  y 
a  un  peu  d'eau  et  on  recouvre  d'une  cloche  de  verre.  Le  pédi* 
celle  continue  à  croître  horizontalement,  sans  présenter  aucune 
courbure  géotropique;  en  prélevant  chaque  jour  de  petits  lam» 
beaux  du  tissu,  on  peut  suivre  la  disparition  du  glycogène. 

Voici,  à  titre  d'exemple,  une  expérience  de  ce  genre.  Le 
pédicelle,  enlevé  d'un  réceptacle  encore  fermé,  mesure  60  mil- 


(39) 

limètres.  J'y  marque  avec  de  Pencre  des  traits  équidistants ,  de 
façon  à  le  diviser  de  la  base  au  sommet  en  douze  parties  de 
8  millimètres  chacune.  Je  le  place  dans  une  atmosphère  hu- 
mide, ainsi  que  je  viens  de  l'expliquer. 


{m 

(mbb< 

ïP 

M4BQUES: 

0_4 

2     2 

14      5     6      7     8 

^8 

1 

*uu.^ 

'  TOTAL. 

Long.  primitiTes 
eo  milliinètres . 

Après  46  heures 

5 
5 

5     5 
6,5  6,5 

5       5 

8       8 

5 

7 

5    5 
6,5  6 

5 
6 

5 

7 

5     5 
5     8,5 

60»» 
77 

Après  59  heures. 

8.» 

7 

7 

8,8  40 

9 

10     8 

8 

40 

5^  6 

94.5 

Après  69  heures. 

8,5 

7 

7 

8^  10 

9 

44     8,5 

8,3  40,S  5,5  6 

96,5 

Après  440  heures. 

Plus  de  changement. 

Ou,  si  Ton  réunit  les  mesures  en  trois  groupes  pour  mieux 
saisir  la  marche  de  l'allongement  : 

BftClOMS  DU  PÉDICBLLE  :  TIEBS  IHrtRIEUR.     TIERS  MOTKN.     TIERS  SUPÉBVUR. 

Longueur  primitive  en  millim.:  20  20  SO 

Après  46  heures «6  27.5  23,5 

Après  52  heures 88  37  29,5 

Après  69  heures 28  88,5  30 

A  l'origine,  on  trouve  partout  des  quantités  considérables  et 
sensiblement  égales  de  glycogène.  Après  l'expérience,  le  glyco- 
gène  a  diminué,  surtout  dans  le  tiers  moyen  où  l'on  n'en  trouve 
presque  plus. 

J'ajouterai  que,  même  lorsque  la  croissance  est  achevée,  ce 
qui  reste  de  glycogène  continue  encore  à  disparaître  peu  à  peu 
des  tissus  vivants.  Je  l'ai  constaté  chez  le  Phallus,  le  ClUocybe 
fieftiiiom,  le  Russula  lepida.  Le  fait  n'est  pas  occasionné  par 
des  Bactéries.  Peutrétre  faut-il  voir  là  un  efTet  de  la  combustion 
respiratoire. 


(40) 

§  V.—  MODE  DE  TRANSPORT  DU  6LYC0GÊNE;  HANNITK, 
TRËB ALOSE,  ETC.  PRODUCTION  D HUILE. 

Après  avoir  constaté  la  grande  fréquence  du  glycogène  chez 
les  Basidiomycètes,  nous  venons  de  reconnaître  qu'il  y  joue  le 
rôle  de  substance  plastique.  Nous  l'avons  vu  prendre  son  point 
de  départ  au  voisinage  du  sol,  s'accumuler  à  l'intérieur  ou  à 
proximité  des  spores  et  de  tous  les  tissus  destinés  à  un  accroisr- 
sement  considérable  et  disparaître  ensuite  comme  tel,  dans  la 
plupart  des  cas,  à  mesure  que  la  croissance  s'achève  et  que  les 
spores  mûrissent. 

Une  nouvelle  série  de  questions  se  posent  à  présent.  Par 
quel  mécanisme  estril  transporté  d'un  point  à  un  autre?  Sous 
quelle  forme  diffusible  chemine-t-il  à  travers  les  membranes 
cellulaires?  Sous  quelle  forme  est-il  emmagasiné  dans  les 
spores? 

J'ai  institué  des  recherches  pour  résoudre  ces  problèmes, 
mais  je  suis  loin  de  les  considérer  comme  terminées.  Parmi 
les  premiers  résultats  obtenus,  il  en  est  cependant  quelques- 
uns  qu'il  me  paraît  bon  d'énoncer  dès  à  présent,  afin  de 
déblayer  un  peu  le  terrain  et  de  le  préparer  pour  des  études 
plus  approfondies. 

Semblable  en  cela  aux  autres  hydrates  de  carbone  dont  le 
poids  moléculaire  est  probablement  très  élevé,  le  glycogène 
forme  dans  l'eau  un  empois  mince,  une  pseudo-solution,  comme 
on  peut  l'appeler,  mais  non  pas  une  solution  véritable.  C'est 
un  point  sur  lequel  j'ai  insisté  antérieurement  ^.  Pas  plus  que 
son  polymère  l'amidon,  il  ne  saurait  donc  diffuser  à  travers 
une  membrane  cellulaire  close. 

Les  recherches  les  plus  récentes  ont  établi,  il  est  vrai,  que 
les  cellules  végétales  communiquent  entre  elles  par  des  fils 
protoplasmiques  ténus,  beaucoup  plus  souvent  qu'on  ne  le 
pensait  jadis.  Il  est  probable  que  de  telles  communications 

*  Épipt,  des  Ascom,,  p.  70. 


(41  ) 

peuvent  aussi  exister  chez  les  Champignons  ^,  bien  qu'on  n'en 
ait  pas  indiqué  jusqu'ici.  Hais  la  croissance  exclusivement 
linéaire  des  filaments  de  ces  végétaux  permet  de  douter  que 
les  perforations  se  rencontrent  ailleurs  que-  sur  les  parois 
transversales.  Sans  nier,  par  conséquent,  la  possibilité  d'un 
passage  du  glycogène  à  travers  ces  perforations  éventuelles  des 
membranes,  il  y  a  lieu  d'examiner,  d'après  tout  ce  que  nous 
savons  aujourd'hui,  s'il  ne  se  transporte  pas  le  plus  souvent 
par  voie  d'osmose,  en  se  changeant  en  une  substance  diffusible 
pour  reprendre  ensuite  la  forme  de  glycogène. 

Le  glycogène,  ainsi  que  l'amidon,  est  facilement  sacchari- 
fiable.  La  diastase  le  transforme  en  sucres  qui  réduisent  l'oxyde 
de  cuivre.  On  pouvait  donc  se  demander  tout  d'abord  si  les 
Champignons  riches  en  glycogène  renferment,  comme  la  plu- 
part des  plantes  supérieures,  des  ferments  diastatiques  et  des 
sucres  réducteurs. 

Sucres  réducteurs.  Nous  savons  par  les  travaux  de  Hûntz  que 
les  sucres  réducteurs  ne  sont  pas  très  répandus  chez  les  Cham- 
pignons. Il  n'indique  un  sucre  de  cette  catégorie  comme 
abondant  que  chez  le  seul  Boletv^  extensus  â. 

J'ai  recherché  ces  sucres  par  la  voie  microchimique  (sulfate 
de  cuivre  et  potasse)  chez  un  certain  nombre  d'espèces.  J'ai 
opéré  de  la  façon  que  Sachs  a  recommandée  3  et  je  me  suis 
assuré  sur  du  tissu  glycosifère  que  la  réaction  réussissait  faci- 
lement. 

En  procédant  ainsi,  je  n'ai  jamais  obtenu  de  réduction  dans 
aucun  tissu  ni  à  aucun  âge  chez  les  espèces  suivantes  qui  con- 
tiennent du  glycogène  :  Clitocybe  nebularis  (réaction  violette 
de  matières  protéiques),  Coprinus  comatus  (réaction  d'un  bleu 
violet),  Russtda  lepida,  Boletus  edulis,  Lycoperdon  gemmatum. 

*  Voy.,  par  exemple,  la  figare  de  Dactylium  macrosporum  chez  de  Bart. 
Morph.  11.  Phys.  d.  Pilze,  1866,  p.  7. 
'  MûNTz,  m  BoussingauU,  Agronomie,  etc.,  t.  VI,  1878,  p.  216. 
'  Pringsheim*s  JalirbUcher,  IJI,  p.  187. 


(42) 

Je  n'en  ai  pas  obtenu  non  plus  chez  le  Sderoderma  vulgare, 
où  le  glycogène  manque  dans  les  conditions  ordinaires. 

Pour  le  Phallus  impudicus,  le  résultat  est  différent  suivant 
l'âge.  Dans  les  réceptacles  encore  fermés,  je  n'ai  obtenu 
aucune  réduction.  Mais  après  l'allongement,  on  trouve  par 
voie  microchimique,  dans  les  cellules  pseudo-parenchyma- 
teuses  du  pédicelle,  une  substance  qui  réduit  l'oxyde  de  cuivre 
à  l'état  d'oxydule  jaune,  granuleux,  opaque.  La  réduction  ne 
parait  se  faire  qu'après  une  demi-minute  d'ébullition  environ, 
au  lieu  qu'elle  est  immédiate  dans  les  tissus  glycosifères.  L'ex- 
trait aqueux  d'un  semblable  pédicelle  réduit  légèrement  le 
réactif  de  Trommer,  au  lieu  que  l'extrait  alcoolique  ne  laisse  k 
l'évaporation  aucune  substance  réductrice.  Il  se  peut  d'après 
ces  faits  que  la  substance  réductrice  n'existe  pas  toute  formée 
dans  les  cellules,  mais  qu'elle  prenne  naissance  par  l'ébullition 
avec  la  potasse.  Y  a-t-il  peut-être  là  un  corps  analogue  au 
myronate  de  potassium,  ce  qui  expliquerait  en  même  temps 
l'odeur  nauséabonde  que  le  Phailus  commence  à  dégager  à  ce 
stade?  Des  recherches  ultérieures  décideront. 

Diastase.  Parmi  les  Champignons,  la  diastase  a  été  rencon- 
trée avec  certitude  chez  les  Schizomycètes.  Kossmann  ^  a  indi- 
qué chez  plusieurs  Hyménomycètes  des  ferments  diastatiques 
qui  dédoubleraient  en  même  temps  les  glycosides  et  interver- 
tiraient le  sucre;  mais  ce  fait  est  par  lui-même  assez  peu 
probable  et  Baranetzky  a  élevé  des  critiques  sérieuses  au  sujet 
de  la  méthode  employée  par  Kossmann.  Ses  expériences  n'ont 
en  effet  aucune  valeur  probante,  parce  qu'il  n'a  pas  tenu 
compte  des  Bactéries  et  des  Saccharomycètes  qui  ont  dû  se 
développer  dans  ses  liquides. 

Comme  je  n'avais  obtenu  de  réduction  d'oxydule  par  voie 
microchimique  que  chez  le  Phallus,  c'est  chez  cette  espèce 
que  la  présence  d'un  ferment  diastatique  était  le  plus  admis- 
sible. La  grande  provision  de  glycogène  que  le  pédicelle  pos- 

«  Bull.  Soc.  chimique,  XXVII,  p.  «51,  et  XXVÏII,  p.  246. 


(43.) 

sède  et  ia  rapidité  avec  laquelle  il  l'utilise  engageaient  à  recher- 
cher le  ferment  surtout  dans  cet  organe. 

J'ai  suivi  la  marche  indiquée  par  Baranetzky  ^  et  je  me  suis 
assuré  dans  une  expérience  de  contrôle  que  Ton  obtient  ainsi, 
avec  des  haricots  en  germination ,  un  ferment  qui  fait  perdre 
à  l'empois  d'amidon  son  opalescence  et  sa  propriété  de  bleuir 
par  l'iode  et  lui  fait  acquérir  celle  de  réduire  l'oxyde  de  cuivre. 
Par  cette  méthode,  je  n'ai  jamais  réussi  à  trouver  de  ferment 
diastatique  chez  le  Phallus j  dans  aucun  organe  ni  à  aucun  stade 
de  développement.  L'action  saccharifiante  des  liquides  extraits 
a  été  vainement  essayée  aussi  bien  sur  des  solutions  de  glyco- 
gène  que  sur  l'empois  d'amidon. 

Sans  vouloir  généraliser  trop  vite  ces  résultats,  il  paraît 
cependant  permis  de  conclure  que  le  glycose  et  la  diastase  sont 
bien  moins  répandus  chez  les  Champignons  que  chez  les 
plantes  qui  forment  de  l'amidon. 

En  revanche,  nous  connaissons  deux  matières  sucrées  qui 
sont  tri  s  fréquentes  chez  les  Champignons  :  la  mannite  et  le 
tréhalose  3.  La  mannite  surtout  n'y  est  pas  moins  générale  que 
le  glycogène  et  elle  s'y  trouve  souvent  en  quantité  considé- 
rable. Thômer3en  a  extrait  de  19  à  20<»/o  de  YAgaiicus 
inUger. 

On  peut  établir  au  sujet  de  ces  corps  un  rapprochement 
assez  remarquable.  Si  l'on  fait  abstraction  de  la  cellulose  à 
laquelle  ses  caractères  chimiques  et  physiologiques  méritent 
ane  place  à  part,  on  sait  que  l'on  divise  les  hydrates  de  car- 
bone en  trois  sections,  suivant  la  grosseur  croissante  de  leur 
molécule  : 

1.  «lyeoMi  :  C*H»0<.  9.  SaeeharMM  :  C'*H«0". 

S.  AmldOD0  :  n(C*H*0OS)/ 


*  Die  starkeumbildenden  Fermente,  Leipzig,  1878. 

*  MôNTz,  toc.  cit. 

'  Ber  d  Deutseh.  Chem.  Ges.,  1870  t.  XII,  p.  1636. 


{U) 

De  chacun  de  ces  groupes  il  y  a  au  moins  un  représentant 
répandu  chez  les  plantes  ordinaires  :  l'amidon  ^  le  sucre  de 
canne  ou  le  glycose.  Si  Ton  songe  maintenant  que  la  mannite 
ne  diffère  du  glycose  que  par  deux  atomes  d*hydrogène  en 
plus  et  qu'on  l'obtient  artificiellement  par  l'hydrogénation  de 
ce  corps,  il  est  clair  qu'au  point  de  vue  physiologique  nous 
pouvons  la  rattacher  au  groupe  des  glycoses.  Une  série  paral- 
lèle à  celle  que  je  viens  d'indiquer  s'établit  alors  pour  les  Cham- 
pignons :  à  l'amidon,  au  sucre  de  canne  et  au  glycose,  corres- 
pondent ici  le  glycogène,  le  tréhalose  et  la  mannite.  De  part 
et  d'autre,  le  premier  et  le  troisième  terme  sont  les  plus 
importants,  tandis  que  le  deuxième  parait  n'avoir  qu'un  rôle 
plus  accessoire. 

A  cette  règle  que  nous  croyons  avoir  établie  :  chez  laplvpart 
des  Champignons,  le  glyœgène  est  la  forme  sous  laquelle  les 
hydrates  de  carbone  s'accumulefit  en  un  point,  nous  sommes 
ainsi  amené  à  ajouter  cette  hypothèse  :  et  la  mannite  est  la 
forme  sous  laquelle  ils  voyayetit  d'un  point  à  un  autre. 

Si  cette  idée  venait  à  se  confirmer,  elle  pourrait  éclairer 
aussi  plusieurs  points  encore  obscurs  dans  la  physiologie  des 
échanges  nutritifs  chez  les  plantes  supérieures. 

Il  reste  à  dire  un  motj  des  relations  physiologiques  qui 
existent  entre  le  glycogène  et  les  huiles  grasses.  Nâgeli  a 
montré,  il  y  a  plus  de  So  ans,  que  chez  les  ^/^q  ^^  plantes  les 
graines  renferment  de  l'huile  ^  ;  et  Mohl  et  surtout  Sachs  ont 
£ait  voir  que  les  matériaux  pour  la  production  de  cette  huile 
sont  fournis  par  l'amidon.  On  trouve  aussi  de  l'huile  dans  les 
spores  mûres  de  beaucoup  de  Champignons  ;  les  observations 
michrochimiques  ne  permettent  guère  de  douter  que  cette 
huile  ne  se  forme  ici,  en  général,  aux  dépens  du  glycogène. 
C'est  ce  que  j'ai  indiqué  avec  quelque  détail  pour  les  Truffes  >. 

>  Die  Stàrkekomer,  1858,  p.  K36. 
*  ÉpipL  des  Ascom.,  pp.  59  sqq. 


(48) 

I  VI.  —  LE  GLYGOGiNE  EST  L'ANIDON  DES  CHiilPIGNONS. 

Le  glycogène  a  été  recherché  par  nous  chez  46  Basidiomy- 
oëtes.  Nous  Tavons  trouvé  avec  certitude  chez  31  d'entre  eux  ; 
sa  présence  est  probable  chez  8  des  autres  ;  enfin,  les  7  restants 
ne  nous  ont  donné  que  des  résultats  négatifs.  Ces  faits  sont 
récapitulés  dans  le  tableau  et  dans  les  listes  qui  suivent. 

Statistique  du  glycogène  chez  les  Basidiomycètes. 


FAMILLES. 


h 

il 


11 


Il 


If 


iAgaricinées.  . 

Polyporées .  . 

Hydnées .    .  . 

Tbéléphorées  . 

Cla?ariées  .  . 

Exobasidiées  . 

Trémellinées  . 

•  /  Hyménogastrées 
t  i  Lycoperdacées. 
8  (  Nidolariacées  . 
1  I  Carpobolées    . 
5  I  Phalloldées .   . 


Total 


ai 

7 

2 
2 
i 
3 

2 
i 
2 
4 
2 


46 


47 
6 


L  —  Basidiomycètes  qui  renfebment  du  glycogène. 

Agarieus  phalloides,  mellens,  mucidus,  nudas,  nebalaris,  laccatus,  Telutipea, 
ostreatoB,  Tariabilis,  campestris,  squamosus,  fascicularis;  Coprinus  eisaâdas, 
comatQs;  Lactartuê  piperatus;  Ruuula  lepida,  emetica. 

Bolaut  edttlis,  chrysentereon,  sabtomentosus  ;  Polyporus  sulphareus,  squa- 
mosaa,  giganteos. 


(46) 

Hydnum  imbricatum. 
Siereum  purpuream. 
Tremella  mesenterica. 
Lycoperdon  gemmatam. 
Crucibulum  Tulgare. 
Sphaerobolus  stellatas. 
Phallus  impudicns,  caninus. 

II.  —  BASIDIOmrCÈTES  QUI  RENFEaMENT  PROBABUMBHT  DU  GLTCOGÈIIB. 

Àgaricus  terreus,  aeraginosus  ;  Lei»i7e«  betulina. 
!rpex  obliqaos. 
Exobasidium  Vaccimi. 
Tremella  albida,  torta. 
Cyathus  striatus. 

III.  —  BASIDIOMTCÉTES  chez  lesquels  le  GLYGOGèNB  N'A  PAS  PU 
ÊTRE  DÉHOIITRË  JUSQU*A  PRÉSENT. 

Àgaricus  galericulatus. 

Polyporus  fumosus. 

Stereum  hirsutum. 

Clavaria  rugosa,  stricta. 

Scleroderma  ?ulgare;  Rhizopogon  lateolus. 

Je  pense  que  chez  la  plupart  des  Champignons  de  notre 
liste  III  on  parviendrait,  après  une  recherche  prolongée,  à 
découvrir  de  petites  quantités  de  glycogène,  si  le  résultat 
valait  la  peine  qu'on  devrait  se  donner.  Chez  quelques  espèces, 
la  recherche  demeurerait  peut-être  infructueuse ,  par  exemple 
chez  le  Scleroderma,  dont  j'ai  examiné  beaucoup  d'exemplaires 
à  tous  les  âges,  sans  jamais  y  déceler  de  glycogène. 

Chez  les  plantes  ordinaires  ^,  les  espèces  pauvres  en  amidon 
sont  souvent  riches  en  huile.  La  même  chose  s'observe  chez  les 

^  J*ai  constamment  employé  celle  expression  dans  le  cours  de  ce  muU, 
à  défaut  d*une  autre  meilleure,  pour  désigner  Pensemble  des  végétaux  moins 
les  Myxomycètes,  les  Champignons  cl  les  Floridées;  c'est-à-dire  toutes  les 
plantes  qui,  sauf  de  rares  exceptions,  produisent  de  ramidon. 


(47  ) 

Champignons  pour  les  espèces  pauvres  en  glyoogène.  C'est 
ainsi  qu'il  y  a  beaucoup  d'huile  chez  VAgaricus  galericulatus, 
le  Clavaria  rugosa,  le  Stereum  purpureum,  etc. 

D'autres,  au  contraire,  présentent  des  quantités  très  considé- 
rables de  glycogène  et  se  prêtent  par  là  à  l'étude  de  ce  corps. 
Je  recommanderai  à  ce  point  de  vue  les  espèces  suivantes  à 
ceux  qui  voudraient  vérifier  les  principaux  feits  que  j'indique  : 
Agaricus  {Oitocybe)  nebulariSy  Coprinus  comatus,  Russula 
Upiàdt  Phallus  impudicus. 

k  plusieurs  reprises  dans  le  cours  de  ce  travail,  j'ai  essayé 
d'appeler  l'attention  sur  le  parallélisme  qui  s'observe  entre  la 
manière  d'être  du  glycogène  chez  les  Champignons  et  de 
l'amidon  chez  les  plantes  ordinaires.  Ce  parallélisme  est  si 
complet  et  si  instructif  qu'il  mérite,  à  mon  sens,  d'être  mis 
encore  une  fois  en  relief. 

1.  U amidon  et  le  glycogène  sont  isomh^es  ou  polymères  entre 
eux.  Le  glycogène  ne  forme  dans  l'eau  qu'une  pseudo-solution, 
ce  qui  lui  permet,  comme  à  l'amidon,  de  s'accumuler  presque 
indéfiniment  dans  les  cellules. 

2.  L'amidon  est  l'une  des  substances  les  pltAS  répandues  chez 
les  plantes  ordinavv^;  parfois  cq^endant  il  n'apparaît  qu'à  titre 
exceptionnel  (feuilhs  de  Strelitzia  et  Musa);  d'autres  fois  il 
semble  matiquer  tout  à  fait  (Honotropa  Hypopitys). 

Le  glycogène  est  Tune  des  substances  les  plus  répandues  chez 
les  Champignons  ;  parfois  cependant  il  n'apparaît  qu'à  titre  excep- 
timnel  (Claudopus  variabilis)  ;  d^autres  fois  il  semble  manquer 
tout  à  fait  (Scleroderma  vulgare). 

3.  Le  carbone  des  plantes  ordinaires  a  sa  source  dans 
l'atmosphère  ;  la  première  étape  de  leurs  bydrocarbonés  doit 
donc  se  trouver  dans  l'organe  par  lequel  elles  sont  en  rapport 
avec  l'atmosphère  :  la  feuille. 

Le  carbone  des  Champignons  a  sa  source  dans  le  sol  ou, 
plus  généralement,  dans  le  substrat;  la  première  étape  de 


(48) 

leurs  hydrocarbonés  doit  donc  se  trouver  dans  Torgane  par 
lequel  ils  sont  en  rapport  avec  le  substrat  :  le  mycélium  et, 
chez  les  Hyménomycètes  typiques,  la  base,  souvent  bulbeuse, 
du  stipe. 

La  feuille  représente  en  quelque  sorte  le  réservoir  d^oii 
Tamidon  se  rend  dans  tout  le  corps  de  la  plante  ^  et  si  ce 
réservoir  ne  tarit  pas  tant  que  dure  la  croissance,  c'est  qu'il  y 
a  là  une  production  constante  d'amidon  par  les  grains  de 
chlorophylle,  aux  dépens  de  l'acide  carbonique  de  l'atmo- 
sphère. 

La  base  du  stipe  ou  tout  autre  organe  d'attache  représente 
en  quelque  sorte  le  réservoir  d'ob  le  glycogène  se  rend  dans 
tout  le  corps  du  Champignon  et  si  ce  réservoir  ne  tarit  pas 
tant  que  dure  la  croissance ,  c'est  qu'apparemment  il  y  a  là 
une  production  constante  de  glycogène  par  le  protoplasme 
aux  dépens  des  matières  organiques  du  substrat. 

//  semble  donc  que  le  glycogène  soit,  comme  l'amidon,  le  pre- 
mier produit  visible  et  bien  défini  de  l'assimilation. 

Sachs  et  quelques  auteurs  après  lui  voudraient  réserver  le 
mot  ((  assimilation  »  pour  désigner  la  formation  primaire  de 
substance  organique  dans  les  grains  de  chlorophylle.  Je  n'ai 
pas  adopté  cette  terminologie,  qui  a  pour  premier  inconvénient 
de  heurter  les  usages,  en  rayant  l'assimilation  de  la  physio- 
logie animale.  Cette  innovation  tendrait  de  plus  à  établir  une 
barrière  trop  absolue  entre  des  phénomènes  de  même  ordre. 
Sans  doute,  le  rôle  du  grain  de  chlorophylle  est  unique  dans 
la  nature,  mais,  à  tout  prendre,  il  n'y  a  qu'une  différence  de 
degré  entre  la  synthèse  de  l'amidon  au  moyen  de  l'acide  carbo- 
nique et  la  synthèse  de  la  mannite  ou  du  glycogène,  par 
exemple,  au  moyen  de  l'acide  tartrique. 

4.  Lorsque  les  tissus  sont  différenciés,  l'amidon  se  dépose  de 
préférence  dans  les  cellules  du  parenchyme  2. 


<  Sachs,  Pringsheim's  Jahrb.,  III,  18G3,  p.  209. 
'  Sachs,  /.  c,  p.  242,  g. 


(49) 

Lorsque  les  tissus  sont  différenciés,  le  glycogène  se  dépose  de 
préférence  dans  les  cellules  du  pseudo-parenchyme  (Russula, 
Lactarius,  Phallus). 

5.  L'amidon  est  presque  toujours  absent  des  points  végétatifs, 
mais  il  apparaît  dans  les  jeunes  cellules  aussitôt  que  leur  allonge- 
ment commence,  pour  en  disparaître  à  mesure  que  rallongement 
s'accomplit.  On  en  peut  conclure  que  l'amidon  fournit  à  ces 
cellules  les  matériaux  nécessaires  à  leur  croissance  ^. 

Le  glycogène  est  (presque  complètement)  absent  des  points  végé- 
tatifs, mais  il  apparaît  cûins  les  jeunes  ceUules  qu^nd  leur  allon- 
gement commence,  pour  en  disparaître  à  mesure  que  ralloiigement 
s'accomplit.  On  en  peut  conclure  que  le  glycogène  fournit  à  ces 
cellules  les  matériaux  nécessaires  à  leur  croissance.  —  Nous 
avons  noté  ce  fait  plus  haut  chez  le  Polyporus  giganteus  ;  il  est 
très  frappant  aussi,  en  dehors  des  Basidiomycètes,  chez  beau- 
coup de  formes  filamenteuses  à  croissance  apicale  marquée 
(Botrytis  cinerea,  Sporodinia  grandis,  etc.). 

Voici ,  par  exemple,  ce  qu'on  constate  chez  le  Botrytis  :  le 
point  végétatif  ne  renferme  pas  trace  de  glycogène  et  se  colore 
en  jaune  citron  par  Fiode  ;  puis  de  cellule  en  cellule,  à  partir 
de  la  cellule  terminale,  on  voit  augmenter  la  quantité  de  gly- 
cogène; elle  atteint  son  maximum  de  la  cinquième  à  la 
dixième  cellule  à  partir  de  la  pointe ,  pour  diminuer  de  nou- 
veau dans  les  parties  plus  âgées.  Quant  à  la  disparition  du 
glycogène  à  mesure  que  rallongement  a  lieu,  nous  en  avons 
fourni  assez  de  preuves  à  propos  du  Phallus. 

6.  Beaucoup  de  graines  renferment  de  l'huile  qui  s'est  formée 
aux  dépens  de  Vamidon. 

Beaucoup  de  spores  renferment  de  l'huile  qui  s'est  formée  aux 
dépens  du  glycogène  (voy.  plus  haut  fin  du  §  Y). 

7.  L'amidon  manque  aux  poUs  adultes  et  aux  cellules  à  paroi 

'  S\ciis.  loc.  Cit.,  pp.  207-208,  241,  et  Vorlesungen,  p.  453. 
Tome  XXXVII.  4 


(80) 

épaissie;  7nais  on  en  trouve  souvent  dans  le  voisinage  de  ces 
dernières  i. 

Le  glycogènemanqueauxparaphyses  et  aux  cystides  adultes.  On 
le  trouve  toujours  de  préférence  dans  les  éléments  à  paroi  mince, 
tandis  quHl  est  plus  ou  moins  complètement  absent  des  âémenls 
garnis;  mais  on  en  trouve  souvent  dans  le  voisinage  de  ces 
derniers,  —  C'est  ainsi  que  le  glycogène  est  toujours  peu  abon- 
dant chez  les  espèces  ligneuses  et  coriaces  (Lenzites^  Irpex, 
Stereum,  Scleroderma,  Rhizopogon,  Cyathus,  etc.).  Nous  avons 
vu,  en  outre,  chez  le  Lycoperdon,  que  le  glycogène  se  dépose 
dans  les  filaments  à  membrane  mince  à  Texclusion  des  fibres 
épaissies  du  capillitium;  mais  grâce  à  la  destruction  des 
filaments,  ces  fibres  finissent  par  être  baignées  de  glycogène. 

>  Sachs,  loc.  cit.,  pp.  241,  243. 


Bruxelles,  laboratoire  d'anatomie  et  de  physiologie  Tégétales  de  rUiii?ersité. 


\:y 


r^'/'J 


RECHERCHES 


SUR   LES 


PROPORTIONS  D'ACIDE  CARBONIQUE 

CONTENUES  DANS  L'AIR; 


I 


PAR 

Membre  de  rAcadémie  royale  de  Belgique , 
ET 

li.  BOIiAND, 

Docteur  en  sciences  naturelles. 


(Présenté  ^  la  Classe  des  sciences  dans  la  séance  du  5  mai  1885.) 


Tome  XXXVII. 


RECHERCHES 


SUB    LES 


PROPORTIONS  D'ACIDE  CARBONIQUE 

CONTENUES  DANS  L'AIR. 


L'air  atmosphérique  a  été  l'objet  de  nombreuses  analyses. 
Des  travaux  irréprochables  dus  à  des  savants  illustres  nous 
ont  fait  connaître  les  proportions  d'oxygène  et  d'azote  que 
renferme  notre  atmosphère.  Ils  ont  montré,  presque  immé- 
diatement, et  d'une  manière  nette,. que  ces  deux  gaz  ne  subis- 
saient, dans  leurs  proportions,  que  des  variations  assez  faibles 
pour  que  le  rapport  de  leurs  quantités  doive  être  considéré 
comme  constant.  Ce  point  paraît  acquis  à  la  science,  du  moins 
dans  l'état  actuel  de  nos  moyens  de  mesure. 

Les  dosages  de  l'acide  carbonique  de  l'air  n'ont  pas  conduit 
si  tôt  à  un  résultat  semblable.  Il  y  a  lieu  de  s'en  étonner  d'au- 
tant plus  que  l'importance  de  l'acide  carbonique  pour  l'écono- 
mie de  la  nature  et  surtout  pour  le  développement  de  la  vie 
sur  notre  globe,  a  engagé  un  grand  nombre  de  chimistes  à 
fixer,  aussi  exactement  que  possible,  nos  connaissances  sur  la 
part  pour  laquelle  ce  gaz  entre  dans  la  composition  de  l'air. 


(*) 

Les  résultats  obtenus  ont  été  loin  de  s'accorder  toujours  :  il 
n'a  même  pas  été  rare  de  les  voir  varier  du  simple  au  triple 
selon  les  méthodes  employées  pour  les  obtenir.  11  est  vrai  de 
dire  que  la  détermination  de  la  proportion  normale  d'acide 
carbonique  contenue  dans  l'air  offre  de  grandes  difficultés. 
Cette  proportion  est  toujours  très  faible;  elle  atteint  quelques 
dix-millièmes  seulement,  en  volume.  Pour  la  mesurer  il  faut 
une  méthode  d'analyse  très  précise  et  une  habileté  manuelle 
peu  commune. 

Au  début,  on  a  cru,  à  la  suite  des  travaux  de  de  Saussure  et 
de  Thénard,  que  la  proportion  d'acide  carbonique  était  variable 
et  comprise  entre  3  et  6  dix-millièmes  en  volume.  Mais  à 
mesure  que  les  méthodes  de  dosage  se  perfectionnaient,  les 
limites  de  la  variation  allaient  se  resserrant,  si  bien  que  les 
derniers  progrès  réalisés  dans  les  travaux  de  mesure  ont  fait 
reconnaître  que  la  variation  de  la  proportion  d'acide  carboni- 
que était  de  l'ordre  de  celle  de  l'oxygène  et  de  l'azote,  en  un 
mot,  qu'elle  était  presque  négligeable.  Ce  sont  surtout  les 
beaux  travaux  de  H.  J.  Reiset  ^  et  de  MM.  Mûntz  et  E.  Aubin  ^ 
qui  ont  acquis  ce  résultat  à  la  science.  Ces  savants  ont  reconnu, 
à  la  suite  d'un  nombre  considérable  d'analyses,  que  l'air 
renfermait,  en  moyenne,  3,942  dix-millièmes  en  volume 
d'acide  carbonique,  soit  que  l'on  fît  les  essais  avec  de  l'air  des 
bords  de  la  mer  ou  de  l'intérieur  des  terres,  sqit  que  l'on  se 
transportât  sur  un  terrain  inculte  ou  bien  en  pleine  culture, 
soit  enfin  que  l'on  examinât  l'air  des  régions  élevées  de 
l'atmosphère  ou  l'air  de  la  surface  du  sol.  Les  diverses  condi- 
tions ne  changeaient  cette  quantité  que  de  0,03  pour  mille. 
Les  seules  variations  sensibles  ont  été  reconnues  pour  l'air 


*  Annaies  de  chimie  et  de  physique,  t.  XX IV,  p.  143;  188?. 
«  ibidem,  U  XXIV,  p.  22â;  1882. 


des  grandes  villes  et  pour  les  dosages  effectués  dans  des  temps 
de  brouillard.  Il  n'y  a  là  rien  qui  doive  nous  étonner  puisque 
les  villes  sont  des  foyers  de  production  intense  d'acide  carbo- 
nique :  l'air  y  est  constamment  vicié  par  la  respiration  des 
êtres  vi\'ants  et  par  la  combustion  des  produits  employés  dans 
rindustrie;  d'autre  part,  la  vapeur  d'eau,  en  se  condensant 
à  l'état  de  brouillard,  ramasse  l'acide  carbonique  qui  pénètre 
alors  plus  abondamment  dans  les  appareils  de  dosage. 

En  dehors  de  ces  causes  de  variation  auxquelles  il  convient 
cependant  d'ajouter  l'influence  de  la  nuit,  qui  augmente  aussi 
légèrement  la  proportion  d'acide  carbonique,  il  paraîtrait 
qu'il  n'en  existe  pas  d'autres  dont  l'effet  soit  sensible.  Ni  les 
changements  dans  la  direction  du  vent,  ni  l'intensité  du  vent, 
ni  les  variations  de  la  température  ou  de  la  pression  baromé^ 
trique,  ni  les  fluctuations  météorologiques  ne  sont  accompa- 
gnés d'augmentation  ou  de  diminution  de  la  quantité  d'acide 
carbonique. 

La  constance  relative  de  la  proportion  d'acide  carbonique 
dans  l'air  est  un  phénomène  remarquable.  On  peut  admettre 
difficilement,  en  effet,  que  les  diverses  sources  de  ce  gaz 
exhalent,  jour  par  jour,  une  quantité  d'acide  carbonique 
exactement  suffisante  pour  laisser  dans  l'air  la  même  propor- 
tion de  ce  gaz  quelle  que  soit  la  consommation  que  le  règne 
végétal  en  fasse  dans  le  même  temps.  On  sait  que  des  terrains 
volcaniques  se  dégagent  des  quantités  énormes  d'acide  carbo- 
nique, mais  celles-ci  sont  en  rapport  avec  l'activité  volcanique 
elle-même  ;  en  outre,  les  combustions  lentes  qui  s'accomplissent 
dans  le  sol  sous  l'influence  des  ferments  sont  également  une 
source  aussi  régulière  qu'abondante  de  ce  corps.  Th.  Schloesing  * 
a  proposé  une  explication  de  ce  phénomène  étrange,  par  une 
application  du  principe  de  la  dissociation.  D'après  ce  savant 

«  Comptes  rendus,  t.  XC,  p.  UIO. 


(6) 

la  tension  de  l'acide  carbonique  de  l'air  serait  maintenue 
constante  par  la  dissociation  du  bicarbonate  de  calcium  tenu 
en  dissolution  dans  les  eaux  de  la  mer.  Si  la  dose  d'acide 
carbonique  venait  à  diminuer  dans  l'air,  le  bicarbonate  de 
calcium  marin  se  dissocierait,  la  moitié  de  son  acide  passerait 
dans  l'atmosphère  et  comblerait  par  conséquent  le  vide.  Si,  au 
contraire,  l'air  se  chargeait  d'une  quantité  anormale  d'acide 
carbonique,  la  vapeur  aqueuse,  en  se  condensant  dans  l'air, 
dissoudrait  à  son  tour  une  partie  de  l'acide  carbonique  qui  s'y 
trouve  et,  en  tombant  sur  le  sol,  y  reprendrait  le  carbonate  de 
calcium  nécessaire  pour  former  le  bicarbonate  qui  retournerait 
à  la  mer. 

D'après  les  quelques  lignes  qui  précèdent  il  peut  paraître 
que  le  problème  de  la  détermination  de  l'acide  carbonique  de 
l'air  soit  complètement  résolu  et  qu'il  n'y  ait  pas  lieu,  dans 
l'état  actuel  de  nos  connaissances,  de  soumettre  à  un  examen 
nouveau  un  sujet  si  bien  élucidé.  Cependant,  tout  en  rendant 
hommage  au  mérite  des  résultats  récents  de  M.  Reiset  et  de 
MM.  Mûntz  et  Aubip  et  sans  méconnaiti^e  la  grande  exactitude 
que  ces  habiles  opérateurs  ont  su  apporter  à  leurs  travaux,  on 
peut  se  demander  si  vraiment  les  de  Saussure,  les  Dumas,  les 
Boussingault  et  d'autres  illustrations  de  la  science  ont  été  le 
jouet  d'une  illusion  lorsqu'ils  ont  cru  reconnaître  la  variabilité 
de  la  proportion  d'acide  carbonique  contenu  dans  l'air.  Peut* 
être  n'est-il  pas  inutile  de  répéter  le  dosage  de  l'acide  carbo- 
nique de  l'air  dans  une  région  où  les  influences  locales  sont 
évidentes  et  par  conséquent  bien  connues.  On  pourrait  alors 
seulement  espérer  répondre,  d'une  manière  aussi  satisfaisante 
que  possible,  aux  diverses  questions  posées  par  le  grand  pro- 
blème de  la  composition  de  notre  atmosphère. 

La  région  de  Liège  nous  a  paru  réunir  les  conditions  indi- 
quées. Elle  se  trouve  placée,  en  effet,  dans  le  voisinage  d'un 
centre  industriel  ou  règne  une  grande  activité,  mais,  par  suite 


(7) 

de  circonstances  particulières,  le  côté  de  la  région  opposé  à  ce 
(^ntre  industriel  est  presque  entièrement  agricole.  On  peut 
donc  espérer  recueillir,  à  Liège,  Tair  pur  de  la  campagne  ou 
l'air  vicié  par  l'industrie  suivant  la  direction  dans  laquelle 
souffle  le  vent.  Selon  le  résultat  obtenu  on  pourra  aussi  tirer 
des  conclusions  intéressantes  sur  la  rapidité  avec  laquelle  se 
fait  le  mélange  des  diverses  couches  d'air  de  notre  atmosphère. 

Guidés  par  cette  pensée,  nous  avons  mesuré  autant  que  pos- 
sible, chaque  jour,  pendant  une  année  entière,  la  proportion 
d'acide  carbonique  de  l'air.  Nous  avons  fait  de  cette  manière 
deux  cent  soixante-six  analyses  en  notant,  chaque  fois  avec 
soin,  tous  les  facteurs  météorologiques,  en  vue  de  permettre 
une  étude  comparative  ^. 

Pour  faciliter  au  lecteur  l'examen  de  notre  travail  nous 
l'avons  divisé  en  trois  chapitres  bien  distincts. 

Dans  le  premier  nous  nous  sommes  occupés  de  l'historique 
de  la  question  en  vue  de  faire  connaître  aussi  exactement  que 
possible  l'état  de  celle-ci.  Nous  n'avons  cependant  pas  cru 
devoir  suivre  complètement  l'ordre  chronologique  dans  cette 
revue  des  travaux  anciens,  mais  nous  avons  fait  un  relevé  des 
cliflërents  problèmes  qui  ont  été  posés  et  nous  avons  montré 
dans  quelle  mesure  les  divers  chercheurs  ont  contribué  à  leur 
solution.  Nous  avons  pensé  que  l'on  arrivera  plus  aisément,  de 
cette  manière,  à  se  faire  une  idée  claire  de  l'évolution  subie  par 
chaque  partie  du  problème  général  et  peut-être  bien  aurons- 
nous  rendu  aussi  un  service  à  tous  ceux  qui  s'occuperont,  par 
la  suite,  de  ces  questions. 

Le  deuxième  chapitre  renferme  l'exposé  des  résultats  géné- 
raux auxquels  nous  sommes  arrivés.  Il  n'est  guère  possible  de 

*  NoDs  avons  utilisé  les  observations  météorologiques  faites  à  rUniversiié 
(le  Liège  sous  la  direction  de  M.  le  Professeur  L.  Pérard.  Nous  sommes  heu- 
reoi  de  pouvoir  réitérer,  ici,  nos  remerciements  à  ce  savant  pour  Tempresse- 
ment  avec  lequel  il  a  bien  voulu  nous  communiquer  les  documents  nécessaires. 


(8) 

les  résumer  maintenant,  mais  nous  tenons  à  dire  qu'ils  nous 
ont  permis  de  toucher  aussi  un  problème  de  climatologie  en 
montrant  l'influence  exercée  par  l'acide  carbonique  de  l'air  sur 
la  température  iCui%e  région. 

Enfin,  le  troisième  chapitre  renferme  la  description,  avec  les 
détails  suffisants,  de  la  méthode  adoptée  pour  doser  l'acide 
carbonique  de  l'air.  Nous  aurions  voulu  abréger  cette  descrip* 
tion,  mais  nous  n'avons  pas  cédé  à  notre  désir  parce  qu'il 
importait  de  faire  connaître  le  contrôle  auquel  nous  avons 
soumis  nos  recherches.  Notre  méthode  d'analyse  s'écarte,  en 
efi'et,  un  peu  de  ce  qui  a  été  fait  avant  nous  et  il  devenait  d'au- 
tant plus  nécessaire  de  fournir  les  moyens  de  répéter  exacte- 
ment nos  expériences  que  nous  ne  pensons  pas  avoir  résolu 
définitivement  le  problème  de  la  composition  de  l'air  atmo- 
sphérique. 

Le  lecteur  pourra,  ensuite  de  cette  subdivision,  prendre 
facilement  connaissance  des  parties  de  notre  travail  qui  pour- 
ront l'intéresser  davantage. 


CHAPITRE  PREMIER. 

HISTORIQUE  DES  QUESTIONS  SOULEVÉES  SUR  LA  COMPOSITION 
DE  l'air  ATMOSPHÉRIQUE. 


eêt'Him  tm  tmétÊêm  «m  fMM  f««  pmimië  iff«t  gf«èe^ 

Pour  répondre  à  cette  question  nous  allons  comparer  les 
résultats  moyens  obtenus  en  des  lieux  différents  du  globe  à 
des  époques  diverses. 

Il  n'y  a  lieu  de  tenir  compte  ici  que  des  analyses  qui  ont  été 
exécutées  autant  que  possible  à  un  niveau  peu  élevé  au-dessus 
de  la  mer;  nous  aurons  à  examiner  dans  un  autre  paragraphe 
l'influence  de  l'altitude. 

Nous  n'avons  pas  tenu  compte  non  plus  des  déterminations 
d'acide  carbonique  faites  sur  mer;  elles  feront  aussi  l'objet  d'un 
paragraphe  spécial. 

Enfin,  il  est  à  peine  nécessaire  de  faire  remarquer  que  nous 
avons  seulement  tenu  compte  des  résultats  moyens  provenant 
d'un  nombre  suffisant  d'observations  pour  que  l'on  puisse 
considérer  les  influences  locales  comme  éliminées. 

Pour  faciliter  cette  comparaison  nous  avons  réuni  les 
résultats  en  un  tableau  d'après  l'ordre  chronologique  ;  nous 
examinerons  ensuite  la  signification  des  nombres. 


{  10  ) 


NOMS  DES  ACTECRS. 

**■*■•• 

LIEUX 

des 
OBSERVATIONS. 

«. 

de  Saussure  * 

Dumas  et  Boussingauli  *  .    . 

BoussingauU  ' 

Marchand  * 

Leroy  «  

Gilm  6    . 

Torpe  '  

Schultze  « 

Truchot  » 

Hâsselbart  «» 

Gleasson  << . 

Reiset  »* 

MQntz  et  Aubin  «»   .    .    .    . 

Id.           «*.... 

Hyades  «s 

4828 
1841 
1844 
1818 
18K0 
1837 
1867 
1871 
1873 
1876 
4876 
i879 
1882 

i8«:i 

1881 

Genève    

Paris 

Paris 

Halle  (sur  Sale)    .... 
Santa  Fe  de  Bogota  .    .    . 

Innsbruck    

Para  (Brésil) 

Rostock 

Clermont-Ferrand    .    .    . 

Dahme 

Lund  (Suède) 

Dieppe    

Plaine  de  Vincennes .    .    . 
Hémisphère  sud  ...    . 
Cap  Horn    

4.79 
4.18 
3.93 

a«o 

3à4 
4.15 
3.S8 
2.9« 
4.09 
4.47 
179 
S.94 
186 
178 
S.56 

Annales  de  chimie  et  de  physique,  t.  XXXVIH,  p.  4H  ;  1828. 

Ibidem,  {.  IH,  p.  257;  1841. 

Ibidtm,  I.  X,  p.  456;  1844. 

Journal  fur  praktische  Chemie,  t.  XLIX,  p.  24. 

Comptes  rendus,  t.  XXXI,  p.  723. 

Chemisches  Centralblalt,  1857,  p.  759. 

Journal  ofthe  chem,  Society,  (2),  V,  199. 

Naturforscher,  l.  IV,  p.  559. 

Comptes  rendus,  i,  LXXVlt,  p.  675. 
«0  Naturforscher,  l.  IX,  p.  1^4. 

**  Berichte  der  deulsch.  chem,  Gesellschaft,  l.  IX,  p.  174. 
**  Annales  de  chimie  et  de  physique,  t.  XXVI,  p.  145. 
«»  fbidem,  p.  221 

**  Comptes  rendus,  t.  XCV,  p.  1793. 
«»  /Wddiii,  l.  XCVIII,p.483. 

iV.  B.  Le  n<»  2  des  Berichte  der  chem.  Gesellschaft  de  celle  année  renferme 
un  travail  de  W.  Hempel  sur  Tair  de  Dresde.  Il  a  trouvé,  avec  M.  OeUel, 
son  aide,  4,18  d'acide  carbonique  comme  moyenne  de  quarante-six  analyses. 
Ce  nombre,  très  élevé,  n'est  pas  comparable  avec  ceux  du  tableau  précédent, 
parce  que  Hempel  n'a  soumis,  chaque  Tols,  qu'un  litre  d'air  à  Tanalyse. 


(  n  ) 

Ce  tableau  vient  à  l'appui  de  ce  que  nous  avons  déjà  fait 
remarquer  :  la  proportion  d'acide  carbonique  a  d'abord  été 
trouvée  assez  variable,  puis,  à  mesure  que  les  méthodes  d'ana- 
lyse se  perfectionnaient,  une  concordance  plus  grande  s'est 
établie  entre  les  résultats.  En  outre,  les  nombres  trouvés  d'abord 
dépassent  beaucoup  ceux  obtenus  en  dernier  lieu.  Tout  por- 
tant à  croire,  jusqu'à  présent,  que  les  premiers  résultats  étaient 
erronés,  il  serait  téméraire  d'en  tirer  une  conclusion  et  nous 
devons  nous  borner  à  ne  faire  usage  que  des  résultats  de 
MM.  Schultze,  Reiset,  Mûntz,  Aubin,  Cleasson  et  Hyades. 

D'après  cela  on  ne  posséderait  jusqu'aujourd'hui  que  quatre 
données  positives  déduites  d'un  nombre  sufiSsant  d'observa- 
lions  se  rapportant  à  l'Europe  et  deux  se  rapportant  à  l'autre 
hémisphère.  Les  quatre  premières  sont  d'accord  pour  montrer 
que  la  proportion  d'acide  carbonique  de  l'air  est  sensiblement 
la  même  à  Paris,  à  Dieppe,  à  Rostock  et  à  Lund  (Suède).  Il  est 
par  conséquent  probable  qu'il  en  est  de  même  de  l'air  de  toute 
l'Europe,  sinon  de  tout  l'hémisphère  nord  de  notre  globe. 
Toutefois,  de  nouvelles  observations  sont  encore  nécessaires 
avant  que  l'on  puisse  considérer  cette  conclusion  comme 
acquise  à  la  science. 

D'autre  part  les  analyses  qui  ont  été  faites  dans  l'autre 
hémisphère  sont  sensiblement  d'accord  aussi  entre  elles,  mais 
elles  témoignent  d'une  diminution  évidente  de  la  proportion 
d'acide  carbonique  dans  cette  partie  de  l'atmosphère.  MM.  Mûntz, 
Aubin  et  Hyades  voient  dans  ce  fait  une  confirmation  des  idées 
de  MM.  Schultze  et  Schloesing,  qui  trouvent  dans  les  eaux  de 
la  mer  le  grand  régulateur  de  la  composition  de  l'air.  La 
température  de  l'eau  a,  en  effet,  une  grande  influence  sur  la 
tension  de  l'acide  carbonique  qui  se  trouve  à  l'état  de  bicarbo- 
nate dans  la  mer,  et  l'on  doit  rencontrer  moins  d'acide  carbo- 
nique dans  l'air  qui  touche  une  eau  plus  froide.  En  fait,  Hyades 
a  observé  une  diminution  de  la  quantité  d'acide  carbonique 
au  bord  de  la  mer,  au  cap  Horn,  quand  la  température  s'abais- 
sait. 

Ainsi  la  température  moyenne  des  résultats  obtenus  par  des 


(  12) 

températures  inférieures  à  5<^  est  3,530,  tandis  que  par  des 
températures  supérieures  à  5<>  elle  devient  3,«^98. 

On  doit  donc  reconnaître  que,  si  l'on  se  met  à  Fabri  des 
influences  locales,  la  proportion  d'acide  carbonique  de  l'air  ne 
manifeste  de  variation  que  d'un  hémisphère  à  l'autre  et 
encore  cette  variation  n'est-elle  pas  considérable;  elle  est 
exprimée  par  les  nombres  2,56  et  2,86. 

Si  nous  ne  nous  trompons  pas,  H.  et  A.  Schlagintweit  *  se 
seraient  occupés  les  premiers,  en  1849,  d'une  manière  positive 
de  la  solution  de  cette  question. 

Ils  ont  déterminé  la  proportion  d'acide  carbonique  contenue 
dans  les  Alpes  à  des  altitudes  diverses  et  ils  sont  arrivés  à 
des  nombres  variant  de  3,2  à  5,8  dix-millièmes  en  volume. 
D'après*  eux,  on  constaterait  une  augmentation  progressive  de 
cet  acide  jusque  3  336  mètres  d'altitude,  mais  à  cette  hauteur 
la  proportion  aurait  atteint  son  maximum. 

Quelques  années  plus  tard,  en  1852,  A.  Schlagintweit  ^  a 
repris  cette  question.  Il  a  analysé  l'air  des  couches  supérieures 
de  l'atmosphère  dans  les  environs  du  Mont-Kose,  aux  altitudes 
de  3 162  mètres  et  4  224  mètres,  et  trouvé  de  nouveau  une 
augmentation  de  l'acide  carbonique  avec  l'altitude.  Ainsi, 
10  000  volumes  d'air  renfermaient  de  7',9  à  9',5  d'acide  carbo- 
nique aux  altitudes  indiquées.  Le  maximum  se  produisait 
quand  le  temps  était  beau,  mais  quand  le  lieu  d'observation 
était  entouré  de  nuages  épais  venant  du  bas,  la  proportion 
tombait  à  5%9.  Comme  terme  de  comparaison  Schlagintweit 
fait  connaître  qu'il  a  trouvé  à  Berlin,  à  32  mètres  d'altitude, 
3,9  à  4,5  d'acide  carbonique. 

Ces  résultats  sont  probablement  erronés;  Schlagintweit  a 


<  Annalen  von  Poggendorff,  I.  LXXIV,  p.  441 
s  Ibidem,  t.  LXXXVll,  p.  293. 


(  13  ) 

en  effet  dosé  l'acide  carbonique  en  faisant  circuler  de  l'air  sec 
(8^800  à  31^300)  sur  de  la  potasse  et  en  déterminant  l'aug- 
mentation du  poids  des  appareils;  en  un  mot,  il  a  suivi  une 
méthode  de  dosage  qui  est  reconnue  infidèle.  Nous  n'insiste- 
rons donc  pas. 

En  1860,  Frankland  ^  a  analysé  l'air  à  Chamounix,  aux 
Grands-Mulets  et  sur  le  Mont-Blanc. 

Les  résultats  sont  aussi  incertains  pour  ne  pas  dire  qu'ils 
sont  faux.  Voici  ce  qui  a  été  trouvé  : 

A  ChaniouDix 6%3  sur  10  000  d*air 

Aux  Grands-Mulels 11%l  » 

Au  Mont-Blanc 6%1  » 

Truchot  ^  s'est  occupé  ensuite  de  la  question,  en  1873; 
il  est  arrivé  à  un  résultat  opposé  à  celui  de  Schlagintweit  : 
l'acide  carbonique  diminuerait  rapidement  avec  l'altitude. 

En  effet  : 

A  Ctermont-Ferrand,  à   .     395  mètres,  il  a  Urouvé  3%13  sur  10  000 
An  Puy-de-Dôme,  à    .    .  1 446      •  •  2\03        » 

Au  Pic  Saucy,  à 1  886      »  >  1^79        > 

Truchot  trouve  ce  résultat  naturel  puisque  l'acide  carbonique 
se  forme  dans  les  profondeurs  et  qu'il  est  plus  lourd  que  l'air. 
Pour  nous,  son  résultat  parait  aussi  invraisemblable  que  l'ex- 
plication qu'il  en  donne,  car  les  mouvements  dont  l'atmos- 
phère est  toujours  le  siège  doivent  s'opposer  à  ce  qu'il  s'éta- 
blisse des  différences  de  l'ordre  de  celles  que  l'on  croit  avoir 
constatées  sur  une  différence  d'altitude  de  quelques  centaines 
de  mètres. 

Tissandier  3  a  fait  aussi  quelques  dosages  d'acide  carbonique 
à  des  hauteurs  différentes  dans  des  ascensions  en  ballon.  11  a 


•  Quart.  Journ.  ofthe  chem,  Society,  U  Xril  p.  Si?. 
»  Naturforscher,  1873,  p.  221 
>  Comptes  rendue,  I.  XXX,  p.  976. 


(  14  ) 

trouvé  3,4  dix-millièmes  à  800  mètres  et  3,00  dix-millième» 4 
1  000  mètres  de  hauteur  :  résultat  contradictoire  du  précédent. 

Enfin  Hûntz  et  Aubin  i  se  sont  également  occupés  de  la 
question.  Le  résultat  quMls  ont  obtenu  nous  paraît  mériter 
toute  confiance  tant  à  cause  de  l'habileté  bien  connue  de  ces 
savants  que  de  l'exactitude  démontrée  de  la  méthode  d^analyse 
qu'ils  ont  suivie. 

La  station  d'observation  était  le  Pic  du  midi,  dans  les  Pyré- 
nées, à  l'altitude  de  3  877  mètres.  On  faisait  trois  prises  d'essai 
par  jour.  Le  résultat  moyen  a  été  de  ffi6  d'acide  carbonique 
sur  10  000  d'air  (minimum  3,69  ;  maximum  3,01). 

Il  y  a  donc  tout  lieu  de  croire  que  l'acide  carbonique  est 
non  seulement  également  répandu  dans  l'atmosphère  dans  le 
sens  horizontal,  mais  encore  dans  le  setis  vertical. 

Nous  mentionnerons  encore  dans  ce  paragraphe  une  obser- 
vation due  à  M.  P.  Truchot  S;  elle  se  rapporte  à  l'influence  de 
la  pression  barométrique  sur  la  proportion  d'acide  carbonique. 

On  peut  placer  ici  cette  observation  parce  que  la  pression 
barométrique  diminue  aussi  avec  l'altitude. 

La  pression  barométrique  moyenne  de  vingt-cinq  jours  pen- 
dant lesquels  on  a  constaté  un  minimum  d'acide  carbonique 
était  0",733  et  inversement  le  maximum  d'acide  carbonique 
s'est  produit  quand  la  pression  était  0"',731.  Une  diminution 
de  la  pression  barométrique  amènerait  donc  une  augmentation 
de  la  quantité  d'acide  carbonique. 

Nous  citons  cette  observation  pour  mémoire  seulement, 
sans  en  tirer  aucune  conclusion. 


D'après  de  Saussure  3  l'air  du  lac  de  Genève  serait  moins 


«  Comptes  rendus,  l.  XCIII,  p.  797;  1881 

«  Naturforscher,  t.  X,  p.  250. 

»  Annales  de  chimie  et  de  physique,  I,  XXXVIII,  p.  411  ;  I8Î8. 


(  18  ) 

riche  en  acide  carbonique  que  Fair  des  terres.  D'un  autre  côté 
T.-E.  Torpe  ^  a  déterminé  la  proportion  d'acide  carbonique 
de  l'air  du  canal  d'Irlande;  il  a  constaté  aussi  un  peu  moins 
d'acide  dans  cet  air  que  dans  l'air  du  continent.  II  a  trouvé 
en  effet,  comme  moyenne  de  vingt-six  analyses,  3% 08  dix- 
millièmes  dans  l'air  de  la  mer  et  4,04  dans  l'air  du  con- 
tinent. 

Ce  sont  là  les  deux  seules  observations  que  nous  avons  ren- 
contrées qui  comparent  l'air  de  la  mer  à  l'air  des  terres  abstrac- 
tion faite  de  tout  autre  facteur  tel  que  la  température,  la  nuit 
ou  le  jour,  etc.  Ces  observations  concordent,  mais  il  serait  peut- 
être  prématuré  d'en  tirer  une  conclusion  définitive.  N'oublions 
cependant  pas  que  si  la  mer  engloutit  vraiment  l'excès  d'acide 
carbonique  de  l'air  des  continents  il  serait  assez  naturel  que 
l'on  en  trouvât  moins  sur  mer  que  sur  terre. 

P 


Bien  que  les  résultats  des  analyses  de  de  Saussure  ^  ne  soient 
peut-être  pas  absolument  exacts,  nous  dirons  cependant  qu'ils 
tendent  à  faire  admettre  que  la  proportion  d'acide  carbonique 
serait  plus  faible  en  hiver  et  plus  élevée  en  été. 

Leroy  3  paraît  avoir  trouvé  la  confirmation  de  cette  obser- 
vation à  Santa  Fe  de  Bogota  :  ainsi  il  constate  de  3  à  4  dix- 
millièmes  d'acide  carbonique  dans  Kair  du  mois  de  mars  au 
mois  de  juillet,  et  4,7  dix-millièmes  du  mois  d'août  au  mois 
de  septembre. 

Des  recherches  ultérieures  n'ont  cependant  pas  prouvé 
l'exactitude  des  observations  de  de  Saussure  et  de  Leroy. 
D'après  Boussingault  *  la  variation  de  la  proportion  d'acide 
carbonique  avec  les  saisons  serait  incertaine  sinon  insensible. 

*  Chem.  Neu'S,  t  XII,  pp.  297-316;  1865. 

*  Loc,  cit. 

'  Comptes  rendus,  t.  XXXI,  p.  725. 

*  Annales  de  chimie  et  de  physique,  t.  X,  p.  456;  1844. 


{  16) 

Voici,  en  effet,  le  résultat  moyen  de  ses  analyses  : 

Année  1840  :  Janvier 3.5  dix-millièmes. 

Août 3.8 

Septembre 4.0 

Octobre 3.8 

Novembre 3.7 

Décembre 3.8 

Année  1841  :  Mars 4.2 

Mai 4.3 

Juillet 4.3 

On  voit  qu'il  n'y  a  aucune  conclusion  positive  à  tirer  de  ces 
nombres. 

Un  travail  publié  en  1863,  par  Ch.  Mène  ^ ,  sur  le  même  objet 
ne  contribue  pas  davantage  à  élucider  la  question.  La  propor- 
tion d'acide  carbonique  serait  la  même  en  décembre  et  en  jan- 
vier; elle  augmenterait  en  février,  mars,  avril  et  mai  pour 
diminuer  de  juin  à  août  et  augmenter  de  septembre  à  no- 
vembre, de  manière  que  l'air  du  mois  d'octobre  serait  le 
plus  riche  en  acide  carbonique.  Ces  fluctuations  étranges 
de  la  proportion  d'acide  carbonique  ne  présentent  guère  le 
caractère  de  la  vérité. 

D'ailleurs  les  analyses  de  H.  Mène  ne  peuvent  inspirer  grande 
confiance,  puisqu'elles  accusent  des  variations  d'acide  carbo- 
nique de  0,7  à  6  volumes  sur  10  000  2. 

Dans  son  grand  travail  sur  l'air  de  Rostock,  Schulze^  montre 
que  la  proportion  d'acide  carbonique  ne  varierait  pas  avec  les 
saisons.  La  compétence  de  M.  Schuize  dans  la  matière  pour- 
rait porter  à  croire  que  la  question  doit  être  définitivement 
résolue  dans  le  sens  négatif.  Cependant  un  travail  consi- 
dérable dû  à  MM.  Hâsselbart  et  Fittbogen  4,  qui  embrasse 
trois  cent  quarante-sept  analyses  de  l'air,  montre  de  son  côté 


»  Comptes  rentiuSf  I.  LVII,  p.  135. 

*  Répertoire  de  chimie  appliquée,  t.  IV,  p.  473. 

*  Nalurforscher,  t.  IV,  p.  359. 

*  Ijandwirtschaftliche  JahrbUcher,  t.  VIII,  p.  609;  1879. 


(  17  )     • 

que  l'acide  carbonique  est  en  moindre  quantité  dans  Fair  en 
hiver.  On  en  reviendrait  par  conséquent  aux  conclusions  de 
de  Saussure  et  de  Lewy.  Voici  d'ailleurs  les  résultats  moyens 
de  MH.  Hâsselbart  et  Fittbogen  : 


Septembre  1874. 

.    .    3%40 

Mars    1875  .    . 

.    .    3Mi 

Octobre          »  . 

.    .    3^34 

Avril       »      .    . 

.     .    3%43 

Novembre      »  . 

.    .    3',43 

Mai         »      .    . 

.     .    3\30 

Décembre       »  . 

.    .    3%25 

Juin        »      .     .    . 

.    .    3',3I 

Janvier  1875.    . 

.    .    .    3',26 

Juillet     •      .    .    . 

.    .    3%3I 

Février    »     .    . 

.    .    3',22 

Août       »      .    .    . 

.    .    3',40 

l^es  auteurs'  attribuent  à  la  suspension  momentanée  des 
phénomènes  de  fermentation,  pendant  les  temps  froids,  la 
diminution  de  l'acide  carbonique  pendant  l'hiver. 

11  résulte  de  l'ensemble  des  travaux  mentionnés  que  l'on 
est  loin  d'être  d'accord  aujourd'hui  sur  la  question  posée  en 
tête  de  ce  paragraphe  :  de  nouvelles  recherches  sont  donc 
nécessaires. 

^  tm  mmttP 

La  solution  de  cette  question  a  préoccupé  presque  tous  les 
savants  qui  ont  examiné  la  composition  de  l'air.  On  peut  le 
dire,  jusqu'aujourd'hui  toutes  les  analyses  de  l'air  s'accordent 
pour  montrer  que  la  proportion  d'acide  carbonique  est  plus 
grande  la  nuit  que  le  jour.  Le  premier  qui  ait  appelé  l'atten- 
tion sur  ce  fait  est  de  Saussure  ^  ;  ensuite  Dumas  et  Boussin- 
gaiilt  2,  P.  Truchot  3,  Reiset  ^,  G.-F.  Armstrong  s  ont  trouvé 


*  Les  résultats  de  ce  savant  sont  cependant  contradictoires  :  de  Saussure 
avait  trouvé  plus  d'acide  carbonique  la  nuit,  en  1828,  mais  en  1850  II  eu  a 
trouvé  plus  le  jour. 

*  Annales  de  chimie  et  de  physique,  1. 111,  p.  257;  1841. 
^  Comptes  rendus,  l.  LXXVII,  p.  675. 
*/Wdew,l.XC,p,  1144. 

-  Naturforscher,  t.  XllI,  p,  282. 

Tome  XXXVIL  2 


*      (  18  ) 

constamment  plus  d'acide  carbonique  la  nuit  que  le  jour. 

Ces  auteurs  sont  d'accord  aussi  pour  voir  la  raison  de  cette 
variation  dans  la  végétation;  celle-ci  consommant  Facide  car- 
bonique de  Fair,  pendant  le  jour,  pour  exhaler  de  Foxygène. 

Dans  Fhémisphère  sud,  les  recherches  faites  par  MM.  Mùntz 
et  Aubin  ^  en  Patagonie  et  au  Chili,  pendant  l'expédition  pour 
l'observation  du  passage  de  Vénus  sur  le  Soleil,  ont  conduit 
au  même  résultat.  Toutefois,  les  analyses  plus  récentes  faites 
par  Hyades  ^  au  Cap  Horn  ont  donné  un  résultat  contraire. 
On  a  trouvé  2,556  dix-millièmes  d'acide  carbonique  la  nuit  et 
3,563  dix-millièmes  le  jour.  Ce  résultat  remarquable  est  attri- 
bué par  Hyades  au  peu  d'intensité  de  la  végétation  au  Cap 
Horn.  Cependant,  d'après  nous,  il  pourrait  être  dû  à  ce  que  au 
Cap  Horn  les  prises  d'air  n'ont  pas  été  faites  à  une  distance 
suffisante  de  la  mer.  Les  travaux  exécutés  sur  la  composition 
de  l'air  de  la  mer  paraissent  donner  de  la  valeur  à  cette  expli- 
cation. Leroy  3  avait  déjà  trouvé,  en  effet,  en  1850,  que  Fair 
de  la  mer  renfermait  plus  d' acide  carbonique  le  jour  que  la  nuit, 
(La  différence  serait  même  plus  grande  par  un  ciel  serein  que 
par  un  ciel  nuageux.  L'origine  de  cette  différence  résiderait, 
d'après  Leroy,  dans  l'élévation  de  la  température  de  l'eau  de 
la  mer  pendant  le  jour  parce  qu'alors  r oxygène  dissous  dam 
Veau  se  dégagerait,) 

D'autre  part,  Torpe  ^  a  examiné  Fair  de  l'Océan  pendant  un 
voyage  au  Brésil  et  il  a  trouvé  environ  autant  d'acide  carbo- 
nique le  jour  que  la  nuit  (3%011  le  jour  et  2,993  la  nuit  : 
moyennes  de  cinquante  et  une  analyses). 

Ces  résultats  nous  paraissent  avoir  une  grande  valeur,  car  ils 
s'accordent  pour  montrer  que  les  variations  de  Facide  carbo- 
nique, pendant  le  jour  et  pendant  la  nuit,  sont  dues,  sur  les 
continents,  à  la  végétation.  Si  l'on  se  transporte  en  mer,  c'est- 


«  Comptes  rendus,  i.  XCV,  p.  1793. 

«  /6iV/em,  l.XCVIlI,p.  483. 

»  Ibidem,  l.  XXXI ,  p.  7i5. 

*  Journal  of  Ihe  chem.  Society,  (2),  L  V,  p.  199. 


(  19  ) 

à-dire  dans  une  région  où  la  végétation  est  nulle,  les  diflë- 
rences  s'effacent. 

La  question  de  la  variation  de  la  proportion  d'acide  carbo- 
nique pendant  le  jour  et  pendant  la  nuit  paraît  donc  être 
l'une  des  mieux  élucidées.  On  verra  que  nos  propres  expé- 
riences s'accordent  très  bien  avec  les  résultats  généraux  obte- 
nus précédemment,  puisqu'ils  montrent  que  cette  variation 
tend  à  s'annuler  dans  les  villes,  ù  l'époque  où  la  végétation 
est  arrêtée  dans  les  campagnes  environnantes. 

Cette  question  se  trouve  soulevée  pour  la  première  fois  dans 
le  travail  de  de  Saussure.  Elle  avait  reçu  une  solution  positive 
en  ce  sens  que  de  Saussure  avait  cru  obser\'er  une  augmenta- 
tion de  la  proportion  d'acide  carbonique  lorsque  la  tempéra- 
ture s'élevait. 

Les  observations  postérieures  n'ont  pas  confirmé  cette  ma- 
nière de  voir.  Elles  tendent  toutes  à  montrer  que  la  proportion 
d'acide  carbonique  est  indépendante  de  la  température.  Nous 
ne  les  passerons  pas  en  revue,  car  leur  examen  nous  condui- 
rait trop  loin,  et  nous  nous  bornerons  à  dire  que  les  recherches 
feites  par  MM.  Mûntz  et  Aubin  et  par  M.  Hyades  sur  l'air  de 
l'hémisphère  sud  de  notre  globe,  paraissent  prouver  que  la  tem- 
pérature n'a  d'effet  sensible  que  sur  l'air  de  la  mer  en  ce  sens 
qu'une  température  basse  favorise  la  dissolution,  ou  la  fixation, 
de  l'acide  carbonique  dans  l'eau  et  qu'elle  diminue,  en  consé- 
quence, la  proportion  de  ce  gaz  dans  l'air. 

La  question  reste  donc  ouverte  pour  ce  qui  concerne  l'air 
des  continents. 

9mmpt  4f9  pfut^f  4fe  M^ig^,  <#•  bÊ^uiitm»*dP 

Cette  question  a  fait  l'objet  de  plus  d'un  examen.  Les  pre- 
miers observateurs,  de  Saussure,  Dumas,  BoussingauU,  ont 
trouvé,  d'une  manière  constante,  moins  d'acide  carbonique 


(  20) 

dans  l'air  par  les  temps  de  pluie;  Schuitze  a  fait  une  observa- 
tion semblable  pour  l'air  de  Rostock.  Mais  d'après  Mène  ^.il  y 
aurait  toujours  plus  d'acide  carbonique  dans  l'air  après  un 
temps  de  pluie.  Nous  avons  vu,  cependant,  que  l'exactitude 
du  travail  de  Mène  doit  être  mise  en  doute;  il  convient  donc 
de  ne  pas  attacher  trop  d'importance  à  cette  conclusion. 

Les  observations  faites  en  dehors  de  l'Europe  montrent  aussi 
une  diminution  de  la  proportion  d'acide  carbonique  par  les 
temps  de. pluie.  Ainsi  Lew^  ^  trouva,  à  Bogota,  3,83  d'acide 
carbonique  par  temps  humide  et  4,57  par  temps  sec.  En 
outre,  T.-E.  Torpe  3  a  déterminé  l'acide  carbonique  de  l'air, 
dans  les  tropiques,  pendant  la  saison  des  pluies  (en  avril  et 
mai  1866);  il  a  trouvé  en  moyenne  3%28.  Cette  quantité  est 
plus  faible  que  celle  trouvée  par  Leroy,  Torpe  attribue  la  dimi- 
nution à  la  pluie  ainsi  qu'à  la  végétation.  D'après  Bunsen  ^,  il 
y  aurait  aussi  moins  d'acide  carbonique  pendant  la  période 
des  pluies,  dans  les  tropiques.  Enfin,  Hâsselbart  ^  a  étudié 
la  question  d'une  manière  plus  approfondie.  D'après  lui,  les 
pluies  d'orage  seraient  accompagnées  d'une  augmentation  de 
l'acide  carbonique  de  l'air,  mais  les  pluies  normales  permet- 
traient de  faire  une  constatation  inverse. 

Les  observations  faites  en  temps  de  neige  concordent  très 
bien  entre  elles;  elles  ont  conduit  à  un  résultat  curieux  :  la 
chute  de  la  neige  est  accompagnée  d'une  augmetitatioti  cotisi- 
(lérable  de  la  proportion  d'acide  carbonique. 

Schuitze  avait  déjà  observé  que  la  neige  occasionnait  souvent 
une  augmentation  subite  de  l'acide  carbonique,  et  Truchot 
trouve,  pour  vingt  et  une  observations  faites  en  temps  de 
neige,  un  accroissement  constant  de  la  quantité  d'acide  carbo- 
nique; elle  atteint  même  8',7  sur  10  000  d'air.  Ce  savant  a 


<  Comptes  rendus,  t.  LVII,  p.  155. 

<  /6fd«m,l.  XXXin,p.  545. 

'  Journal  ofthe  chem,  Society,  (2),  t.  V,  p.  109. 

•  Saturforscher,  1. 1,  p.  75;  1868. 

s  Landwirtschaftliche  JahrbUcher,  t.  VIII,  p.  669. 


(  21  ) 

trouvé  d'ailleurs  que  la  neige  fixe  une  notable  proportion 
d'acide  carbonique.  De  la  neige  recueillie  récemment  et  traitée 
par  de  l'eau  de  baryte  a  donné,  en  moyenne  de  cinq  analyses, 
25^,5  d'acide  carbonique  par  kilogramme. 

La  neige  condenserait  peut-être,  dans  sa  chute,  l'acide 
carbonique  de  l'air  et,  en  l'enlevant  aux  régions  élevées  de 
l'atmosphère,  elle  le  concentrerait  dans  la  nappe  voisine 
du  sol. 

On  arrive  à  une  conclusion  semblable  quant  à  l'influence 
du  brouillard  sur  la  proportion  d'acide  carbonique.  Schultze, 
Farsky  et  Reiset  sont  d'accord  pour  reconnaître  que  l'air  est 
plus  riche  en  acide  carbonique  par  un  temps  de  brouillard 
que  par  un  temps  sec. 

Il  parait  donc  bien  démontré  que  les  chutes  météoriques 
ont  une  influence  manifeste  sur  la  proportion  d'acide  carbo- 
nique. On  verra  que  nos  expériences  viennent  à  l'appui  des 
observations  précédentes,  du  moins  en  ce  qui  concerne  les 
chutes  de  neige  et  les  temps  de  brouillard. 

La  direction  du  vent  et  son  intensité  ne  peuvent  exercer 
que  des  influences  locales.  Ceci  nous  paraît  évident.  On  ne 
peut  donc  pas  tirer,  des  observations  faites  à  ce  sujet,  des 
conclusions  d'une  portée  générale  et  l'on  ne  doit  pas  exiger 
non  plus  un  accord  complet  entre  les  résultats  obtenus  par 
les  divers  observateurs. 

Ainsi  de  Saussure  trouva  qu'à  Genève  la  proportion  d'acide 
carbonique  augmentait  pendant  les  tempêtes  :  il  y  a  0,22  dix- 
millièmes  en  plus.  A  Manchester,  au  contraire,  on  recueille 
moins  d'acide  carbonique,  d'après  R.-A.  Smith  <,  par  un  vent 
forl;  l'air  vicié  de  la  ville  par  les  industries  nombreuses  se 
trouvant  alors  plus  rapidement  remplacé  par  l'air  normal  des 
campagnes  environnantes. 

•  Journal  ofihe  chem,  Society ^  t.  XI,  p.  196. 


(  22  ) 

Les  indications  précédentes  sont  les  seules  que  nous  ayons 
rencontrées  relativement  à  Tinfluence  de  l'intensité  du  vent, 
f^s  études  sur  l'influence  de  la  direction  du  vent  sont  un  peu 
plus  nombreuses. 

H.  Schultze  1  a  fait  un  travail  qui  a  duré  depuis  le  18  octo- 
bre 1868  jusqu'au  31  juillet  1871.  Il  embrasse  un  nombre 
considérable  d'observations  desquelles  il  résulte  qu'à  Rostock 
la  direction  du  vent  a  une  influence  marquée  et  toujours  la 
même.  La  proportion  d'acide  carbonique  augmentait  dès  que 
le  vent  amenait  l'air  du  nord-est  du  continent  et  elle  diminuait 
par  vent  du  sud-ouest.  Schultze  conclut  de  ce  fait,  et  à  cause 
de  la  situation  géographique  de  Rostock,  qi|e  la  mer  est  le 
siège  d'une  absorption  constante  d'acide  carbonique  ;  celle-ci 
rétablit  l'équilibre  rompu  par  les  exhalaisons  des  volcans  et 
les  autres  productions  terrestres  d'acide  carbonique. 

Il  trouva,  en  fait,  que  l'eau  de  la  Baltique  renfermait  de 
sept  à  douze  fois  autant  d'acide  carbonique  que  de  l'eau 
distillée  exposée  aux  mêmes  influences. 

Hâsselbart  ^  a  constaté  aussi,  par  trois  cent  quarante-sept 
analyses,  qu'à  Dahme  un  changement  dans  la  direction  d'un 
vent  régnant  était  souvent  accompagné  d'une  diminution  de 
l'acide  carbonique  de  l'air. 

A  Tabor,  en  Bohême,  Farsky  3  a  reconnu  aussi  que  les  vents 
du  nord-ouest  et  du  sud-ouest  provoquaient  une  baisse  de 
l'acide  carbonique  tandis  que  les  vents  froids  du  nord  et  du 
sud-est  en  augmentaient  la  proportion. 

Enfln,  H.  Harié-Davy  ^  compare  les  résultats  des  analyses  de 
l'air  faites  pendant  quatre  ans  par  MM.  A.  I^vy  et  Allaire,  à 
l'Observatoire  de  Montsouris,  pour  s'assurer  si  les  variations  de 
l'acide  carbonique  pouvaient  fournir  des  renseignements  sur 
les  mouvements  généraux  de  l'atmosphère  ainsi  que  sur  les 


«  Naturfàrscher,  t.  IV,  p.  359. 

«  Ibidem,  X,  IX,p.  i4i. 

>  /6tdefii,  t  X,p.  66. 

^  Comptes  rendus,  I.  XC ,  p.  32. 


(  23  ) 

changements  du  temps.  D'après  eux  \es  influences  locales  sèment 
dominées  par  des  influences  d'un  ordre  plus  élevé  et  l'on  con- 
staterait, en  faisant  usage  d'un  nombre  suffisant  d'observations, 
que  les  vents  équatoriaux  humides,  du  sud  et  du  sud-ouest, 
qui  lèchent  la  surface  de  la  terre,  seraient  plus  riches  en  acide 
carbonique  que  les  vents  secs  du  nord  et  du  nord-est  qui 
descendent  des  régions  élevées  de  l'atmosphère. 

M.  Reiset  ^  conteste  l'exactitude  des  conclusions  de  M.  Marié- 
Davy  parce  que  les  variations  dans  les  proportions  d'acide  car- 
bonique trouvées  à  Montsouris  par  MM.  Levy  et  Allaire  (2,2  à 
3,6)  sont  en  complet  désaccord  avec  ses  propres  expériences. 
M.  Marié-Davy  repousse  la  critique  faite  des  expériencA^s  de 
MM.  Levy  et  Allaire  et  croit  que  la  théorie  de  la  variation  de 
l'acide  carbonique  s'appuie  sur  beaucoup  de  déterminations 
bien  faites. 

Sans  vouloir  prendre  position  dans  cette  discussion  nous 
ferons  cependant  remarquer  que,  d'après  les  recherches 
récentes,  la  proportion  d'acide  carbonique  de  l'air  n'est  pas 
aussi  constante  que  M.  Reiset  l'a  pensé.  Nos  propres  expé- 
riences montrent  également  ce  fait. 

•.   Mt^ë  90Mare«fë  loc«le«  d'tteid^  emr%9—i^ÊÊ9  iiM9iM«HfeHf-#lfe« 

Les  grands  mouvements  atmosphériques  ont  pour  effet  de 
mélanger,  d'une  manière  continue,  les  diverses  couches  de 
l'atmosphère. 

Pour  peu  que  le  vent  soit  fort,  l'air  d'un  lieu  donné  se 
trouve  emporté  à  chaque  instant  et  remplacé  par  un  air  qui, 
quelques  heures  auparavant,  pouvait  se  trouver  à  plusieurs 
lieues  de  distance.  On  doit  donc  se  demander  s'il  n'est  pas  illu- 
soire d'attribuer  à  des  influences  locales  certaines  différences 
constatées  dans  la  composition  de  l'air  de  diverses  régions. 

Pour  répondre  à  cette  question  il  suffit  d'examiner  les  résul- 
tats obtenus  par  des  analyses  d'air  effectuées  dans  des  lieux 

*  Sjoc,  cil. 


(  24  ) 

où  des  sources  évidentes  d'acide  carbonique  sont  en  activité. 

Les  observations  de  l'espèce  se  rapportent  surtout  à  l'air  des 
villes  où  il  y  a  une  production  active  d'acide  carbonique  et  à 
Tair  des  environs  des  volcans  qui  sont  aussi  le  lieu  du  dégage- 
ment d'une  grande  quantité  d'acide  carbonique. 

M.  de  Saussure  a  déjà  constaté  que  l'air  de  Genève  renferme 
en  moyenne  0^,31  d'acide  carbonique  de  plus  que  l'air  des 
campagnes  environnantes  ;  toutefois,  d'après  Boussingault  i,  on 
ne  trouverait  pas  grande  différence  dans  la  proportion  d'acide 
carbonique  de  l'air  de  la  campagne  et  de  l'air  de  Paris,  malgré 
la  production  considérable  de  ce  gaz  dans  cette  grande  ville. 
Boussingault  a  évalué  celle-ci  à  2  944  631  mètres  cubes  par 
24  heures  pour  l'année  1844  et  cependant  des  observations 
comparatives  ont  montré  que  l'on  obtenait  4\13  sur  10000 
d'air  à  Paris,  quand  à  S*-Cloud  on  trouvait  4\14.  Ce  n'est  qu'à 
Andilly,  près  de  Montmorency,  qu'on  trouva  de  94  à  98  d'acide 
carbonique  quand  il  y  eu  avait  100  à  Paris. 

Un  résultat  plus  accusé  a  été  obtenu  par  R.-À.  Smith  ^  au 
moyen  de  l'air  de  Manchester.  Il  trouva,  en  ville,  jusque  1\9 
sur  10  000  quand  l'air  des  environs  n'en  fournissait  que  3*,0 
environ.  Smith  constata  aussi,  d'une  manière  constante,  que 
les  grands  vents  amenaient  un  abaissement  dans  la  proportion 
d'acide  carbonique  de  l'air  de  Manchester. 

Le  résultat  de  R.-A.  Smith  ne  s'est  pas  confirmé.  A.-Mc  Dou- 
gall  3  a  trouvé  de  2,80  à  3,90  dix-millièmes  d'acide  carbonique 
dans  l'air  de  Manchester  quand,  à  4  milles  de  là,  en  pleine 
campagne,  il  en  constatait  de  2,77  à  3,85.  Roscoe  conclut  de 
ces  expériences  que  l'influence  de  la  combustion  et  de  la  res- 
piration, en  lieux  découverts,  est  complètement  éteinte  par  les 
mouvements  de  l'atmosphère. 

D'après  M.  Reiset,  la  moyenne  de  la  proportion  d'acide  cai^ 
bonique  se  réglerait,  à  Paris,  à  3,057  pour  10000  d'air  :  elle 


*  Annales  de  chimie  et  de  physique,  t.  X,  p.  456;  1844. 

<  Quart,  Joum.  of  the  chem.  Society,  t.  XI,  p.  169. 

3  Bulletin  de  la  Société  chimique  de  Paris,  (2),  1. 1,  p.  360. 


(  2S  ) 

serait  donc  un  peu  plus  élevée  qu'à  la  campagne,  où  elle  est 
2,962.  Il  n'est  pas  superflu  de  constater  que  le  maximum 
d'acide  carbonique,  3,516,  a  été  obtenu  à  Paris,  le  37  jan- 
vier 1879,  pendant  la  période  de  la  plus  active  combustion 
dans  les  foyers. 

MH.  Mûntz  et  Aubin  ont  aussi  constaté  une  plus  grande 
quantité  d'acide  carbonique  dans  l'air  de  Paris  que  dans  l'air 
des  campagnes.  La  différence  n'est  pas  grande  cependant  :  elle 
comporte,  en  moyenne,  0,35  sur  10  000  d'air.  Il  est  à  remar- 
quer que  cette  différence  moyenne  se  rapproche  singulière- 
ment de  celle  trouvée  par  de  Saussure  pour  l'air  de  Genève  et 
lair  de  la  campagne,  c'est-à-dire  de  0,31. 

Enfin  Leroy  ^  trouva  que  l'air  de  la  Nouvelle-Grenade  ren- 
fermait souvent  beaucoup  d'acide  carbonique,  jusque  4^,9  sur 
10000  d'air,  par  suite  des  éruptions  volcaniques  et  des  grandes 
combustions. 

En  résumé  la  question  n'est  pas  encore  résolue  définitive- 
ment. De  nouvelles  expériences  sont  nécessaires  et  nous  espé- 
rons que  les  nôtres  contribueront  à  combler  la  lacune. 

*  Comptes  rendus,  t.  XXXIll,  p.  345. 


(  26  ) 


CHAPITRE  II. 

RÉSULTATS   GÉNÉRAUX. 


§•  Pr»p«rtl«B  moyenne  de  Faclde  earb^nl^ae  «•■tena  dbi»a 
r«lr  de  LIèce. 

Les  deux  cent  soixante-six  analyses  faites  dans  le  courant 
d'une  année  conduisent  au  résultat  moyen  suivant  : 

.AA^A        .      ^»  .    (  ^ii  Poi^'s  reofermeDt  5.1258  d*acide  carbonique 
10  000  parues  dair  ]  ^ 

l  en  volume        »         3.5526  » 

L'air  de  Liège  accuse  par  conséquent  une  plus  forte  propor- 
tion d'acide  carbonique  non  seulement  que  l'air  des  champs, 
d'après  M.  Reiset,  mais  encore  que  l'air  de  Paris.  Celui-ci  a 
conduit,  en  effet,  à  une  moyenne  de  4,83  en  poids  et  3,168  en 
volume.  La  différence 


5.1258-4.83    =0,2 
3.3526  —  3.286  =  0,1846 

dépasse  de  beaucoup  la  grandeur  des  erreurs  d'obeen^ation 
qui  peuvent  entacher  un  résultat  moyen  obtenu  à  l'aide  de 
deux  cent  soixante-six  obser\'ations. 

Il  se  peut  que  la  méthode  d'analyse  que  nous  avons  adoptée 
ne  soit  pas  tout  à  fait  étrangère  à  l'augmentation  de  la  propor- 
tion d'acide  carbonique  trouvée,  puisque  nous  avons  veillé  à  ce 
que  la  durée  du  contact  de  l'air  et  de  l'eau  de  baryte  destinée 
à  retenir  l'acide  fût  aussi  longue  que  possible. 

On  verra,  dans  la  description  du  procédé  d'analyse,  que 


(  27  ) 

nous  devons  cependant  regarder  notre  résultat  comme  un 
mùwnum  et  non  pas  comme  exprimant  vraiment  la  quantité 
d'acide  carbonique  de  l'air  :  celle-ci  peut  être  encore  un  peu 
plus  forte. 

Nous  ne  croyons  pas  pourtant  devoir  opposer  notre  résul- 
tat à  celui  de  H.  Reiset  et  dire  que  les  nombres  obtenus  par 
cet  habile  travailleur  sont  au-dessous  de  la  réalité  au  point  de 
fournir  une  différetice  de  Tordre  de  celle  que  nous  constatons. 
D'après  nos  propres  expériences  il  ne  nous  paraît  pas  vraisem- 
blable de  penser  que  si  nous  avions  suivi,  pas  à  pas,  la  méthode 
d'analyse  de  H.  Reiset,  nous  eussions  obtenu  exactement  le 
même  résultat  que  lui.  Nous  sommes  bien  plus  portés  à  croire 
qu'effectivement  l'air  de  Liège  renferme  plus  d'acide  carbo- 
nique que  l'air  d'autres  localités.  Notre  opinion  repose  sur 
les  deux  motifs  suivants  :  en  premier  lieu,  la  ville  que  nous 
habitons  est  le  siège  d'une  production  intense  d'acide  carbo- 
nique par  suite  de  l'énorme  consommation  de  combustible 
faite  chaque  jour  non  pas  dans  les  foyers  domestiques,  mais 
bien  dans  les  nombreux  fourneaux  de  l'industrie. 

Le  bassin  de  Liège  est  bien  connu  pour  son  activité  indus- 
trielle; des  hauts-fourneaux,  des  aciéries,  des  fours  de  fusion, 
des  fours  à  puddler  entourent  la  ville  en  grand  nombre  et  con- 
somment, par  année,  des  millions  de  kilogrammes  de  charbon. 
Quelle  que  soit  la  rapidité  avec  laquelle  les  produits  de  la 
combustion  se  dispersent  dans  l'air,  il  n'est  cependant  pas 
admissible  qu'elle  soit  instantanée,  c'est-à-dire  sans  influence 
sur  la  composition  de  l'air.  Si  M.  Reiset  a  pu  constater  un  jour 
que  te  voisinage  d  un  troupeau  de  trois  cents  moutons  a  fait 
monter  la  proportion  d'acide  carbonique  de  l'air  des  champs 
de  2,90  environ  à  3,18  ^,  il  ne  parait  pas  absurde  d'attribuer 
une  influence  réelle  à  la  concentration  d'immenses  fourneaux 
industriels  sur  un  espace  de  terrain  relativement  restreint.  On 
admettra  même  sans  peine,  pensons-nous,  que  l'air  de  Liège 
peut  être  vicié  plus  par  cette  circonstance  que  l'air  de  la  ville 

*  £oc.  n'/.,  p.  210. 


f  28  )      • 

de  Paris.  Nous  examinerons  plus  loin  Teffet  produii  par  le  vent 
dans  ces  conditions. 

En  second  lieu,  la  proportion  plus  grande  de  Tacide  carbo- 
nique peut  tenir  à  la  nature  du  sol  du  pays  de  Liège.  Des  tra- 
vaux assez  nombreux,  et  fort  bien  faits,  ont  prouvé  en  effet  que 
la  principale  origine  de  Tacide  carbonique  de  Tair  doit  être 
cherchée  dans  le  sol.  Pettenkofer  *  a  puisé,  en  effet,  de  l'air  du 
sol  de  Munich  au  moyen  de  tuyaux  de  plomb  pénétrant  à  des 
profondeurs  de  4,  3,  2  ^/^  et  1  ^/^  mètres.  Le  sol  est  formé 
là-bas  de  cailloux  roulés  des  Alpes  couverts  d'un  peu  d'humus. 
Or,  il  a  trouvé  de  6%36  à  18%38  d'acide  carbonique  pour 
1 000  d'air,  selon  la  profondeur,  c'est-à-dire  vingt  à  soixante  fois 
plus  que  dans  l'atmosphère.  La  plus  grande  quantité  paraît 
coïncider  avec  la  plus  haute  température  des  couches  supé- 
rieures. J.  V.  Foder  i*  a  trouvé  de  même  I07^,o  d'acide  carbo- 
nique sur  1 000  d'air  à  Klausenbourg,  tandis  qu'à  Dresde  et  à 
Munich  il  y  en  a  environ  la  moitié  moins.  Ce  travail  prouve 
d'une  manière  évidente  que  l'air  du  sol  n'a  pas  partout  la  même 
composition.  On  a  constaté  un  fait  analogue  dans  la  ville  de 
Boston.  W.  Ripley  3  a  trouvé,  dans  l'air  d'un  sol  formé  de 
terres  rapportées,  de  22*,6  à  212',1  d'acide  carbonique  pour 
1000  d'air  à  des  profondeurs  variant  de  0°*,15  à  3  mètres  envi- 
ron. Cet  acide  carbonique  du  sol  serait  engendré,  d'après 
Wolny  4,  par  des  organismes  inférieurs.  Cet  observateur  a  fait 
u  ce  sujet  d'intéressantes  expériences  qu'il  nous  paraît  utile 
d'indiquer  ici.  Il  a  comparé  l'air  de  deux  masses  de  terre  après 
avoir  rendu  inactifs  tous  les  organismes  de  l'une  d'elles  à  l'aide 
du  chloroforme  et  il  a  trouvé  que  l'air  de  la  terre  chloroformée 
ne  contenait  presque  pas  d'acide  carbonique  tandis  que  l'autre 
en  fournissait  de  grandes  quantités. 

Le  sol  du  pays  de  Liège  appartient  à  la  formation  houillère, 


«  Nalwforscher,  I.  V,  p.  179;  1872. 

«  /6idem,  t.  VIII, p.  224;  1875. 

»  Jahresbericht  der  Chemie,  etc.,  1875,  p.  1104. 

«  Ibidem,  1880,  p.  1319. 


(  29  ) 

c'est  assez  dire  qu'il  est  riche  en  charbon.  Celui-ci  s'y  trouve 
à  l'état  de  houille,  ou  bien  il  imprègne  les  schistes  houillers, 
qui  donnent,  lorsqu'ils  se  délitent,  une  terre  noire,  siège  d'une 
production  intense  d'acide  carbonique.  C'est  ici  le  lieu  de  rap- 
peler un  foit  étonnant  qui  s'est  produit,  il  y  a  environ  vingt-cinq 
ans,  au  sein  de  la  ville  de  Liège;  il  montre  jusqu'à  quel  point 
les  phénomènes  de  combustion  dont  le  sol  de  cette  ville  est  le 
siège  peuvent  devenir  intenses. 

Pendant  plusieurs  années  le  sol  d'une  partie  du  quartier  dit 
«  de  SWacques  »  s'est  échauffé  au  point  que  le  beurre  fondait 
dans  les  caves  des  habilations.  L'eau  des  puits  était  chaude  et 
les  plantes  de  tous  les  jardins  de  cette  partie  de  la  ville  ont  péri. 
Les  herbes  jaunissaient  et  séchaient  sur  place,  les  arbres  per- 
daient leurs  feuilles  et  mouraient;  un  sol  aride  et  nu  remplaça 
les  pelouses  verdoyantes.  Lorsqu'on  fouillait  ce  terrain,  on 
trouvait,  à  une  très  faible  profondeur,  une  élévation  de  tempé- 
rature qui  dépassait  celle  de  la  main  et  qui  devenait  plus 
intense  encore  avec  la  profondeur.  La  terre,  parfaitement 
sèche,  avait  acquis  vers  la  surface  une  cohérence  telle  qu'il 
élait  difficile  de  l'entamer  avec  la  bêche  :  on  la  comparait  à  de 
la  terre  calcinée.  Une  commission  fut  nommée  pour  étudier 
avec  soin  ce  phénomène  étrange  :  elle  était  composée  de 
MM.  G.  Dewalque,  Schmit  et  du  célèbre  physiologiste  Schwann, 
tous  trois  professeurs  à  l'Université  de  Liège  ^. 

Cette  commission  conclut,  à  la  suite  de  travaux  et  d'expé- 
riences qui  durèrent  deux  années,  que  réchauffement  de  ce 
terrain  était  dû  ù  une  combustion  lente  du  grisou  exhalé  par  le 
terrain  houiller.  Elle  signala  même  une  explosion  qui  s'était 
produite  dans  une  cave  d'une  habitation  au  moment  où  l'on  y 
pénétra  avec  une  lampe  allumée. 

Il  n'est  pas  invraisemblable  que  des  phénomènes  de  ce  genre 
se  produisent  d'une  manière  continue  dans  les  couches  supé- 
rieures de  notre  bassin  houiller,  mais,  à  la  vérité,  avec  une 


^  Le  rapport  de  celte  commissioD  a  été  inséré  dans  les  Annales  du  Conseil 
de  salubrilé  publique  de  la  province  de  Liège,  t.  V,  p.  67;  IS59. 


(  30  ) 

intensité  insuffisante  pour  s'imposer  à  une  obsen'ation  immé- 
diate. Il  serait  intéressant  de  faire  des  investigations  précises 
à  ce  sujet. 

Quoi  qu'il  en  soit,  nous  pensons  que  Ton  peut  considérer 
l'air  du  sol  de  notre  terrain  comme  très  riche  en  acide  carbo- 
nique. II  reste  à  savoir  si  l'échange  de  l'air  du  sol  et  de 
l'atmosphère  est  assez  intense  pour  augmenter  la  proportion 
de  l'acide  carbonique  de  celle-ci.  Cette  questionna  été  résolue 
affirmativement  par  les  travaux  bien  connus  de  M.  Pettenkofer. 
II  est  donc  inutile  d'insister. 

Si  nous  acceptons  comme  démontré  que  l'air  du  bassin  de 
Liège  est  plus  riche  en  acide  carbonique  que  l'air  d'autres 
localités,  nous  trouvons  une  explication  bien  simple  d'un  phé- 
nomène climalérique  local  connu  de  tous  les  Liégeois. 

Toutes  choses  égales  d'ailleurs,  l'air  de  Liège  est  plus  chaud 
que  celui  des  environs  immédiats.  On  constate  le  fait  d'une 
manière  évidente,  chaque  fois  que  l'on  rentre  dans  le  bassin 
de  Liège  après  une  excursion  dans  la  vallée  de  la  Vesdre 
ou  dans  la  vallée  de  l'Ourthe.  On  est  frappé  par  le  contraste 
des  températures  sitôt  qu'on  a  quitté  l'une  de  ces  vallées  pour 
entrer  dans  celle  de  la  Meuse.  La  chose  est  surtout  sensible 
quand  une  stagnation  de  Fair  accompagne,  en  été,  des  journées 
sereines. 

Les  Liégeois  disent  alors  que  l'air  est  «  lourd  ».  En  outre  les 
nuits  d'été  sont  beaucoup  moins  fraîches  à  Liège  que  dans  les 
environs.  Ce  qui  prouve  d'ailleurs  la  réalité  du. fait,  c'est  que  les 
environs  immédiats  de  Liège  sont  la  région  du  globe  la  plus 
élevée,  en  latitude,  où  la  vigne  prospère  encore  *. 

Quelle  est  l'origine  de  cette  différence  de  température?  Nous 
pensons  qu'on  aurait  tort  d'invoquer  ici  le  rétrécissement  de 
la  vallée  pour  l'expliquer,  puisque  celle-ci  est  bien  plus  ouverte 
que  toutes  les  vallées  latérales.  Mais  les  vallées  latérales  sont 
creusées  dans  des  terrains  plus  anciens  que  le  terrain  houiiler; 


Ml  y  a  même  des  années  ota  le  vin  de  la  vallée  de  la  Meuse  ne  le  cède  fias 
à  certains  vins  de  France. 


(  31  ) 

elles  ne  sont  pas,  comme  la  première,  le  siège  d'une  produc- 
tion.înterne  d'acide  carbonique. 

La  raison  de  Télévation  de  la  température  de  Tair  à  Liège, 
ù  la  suite  de  journées  sereines  et  calmes,  doit  être  cherchée  bien 
certainement  dans  la  proportion  plus  grande  de  Tacide  car- 
bonique. En  effet,  Magnus  et  puis  Tyndall  ont  découvert  les 
premiers,  pensons-nous,  que  le  gaz  acide  carbonique  absorbait 
la  chaleur  solaire  et  retenait  les  rayons  calorifiques  obscurs 
du  soleil  comme  le  fait  le  verre.  D'après  le  professeur  Garî- 
baldi  ^,  son  pouvoir  absorbant  serait  même  quatre-vingt-douze 
fois  aussi  grand  que  celui  de  Tair  sous  la  pression  baromé- 
trique normale  3.  L'acide  carbonique  de  l'air  jouerait  donc  le 
même  rôle  que  la  vapeur  if  eau,  qui  retient  aussi  les  rayons 
calorifiques  et  contribue  puissamment  à  l'emmagasinement  de 
la  chaleur  dans  un  lieu  donné. 

Comme  la  vapeur  d'eau  dissoute  dans  l'air,  l'acide  carbo- 
nique diminue  l'effet  du  rayonnement. 

On  sait  que  l'air  pur  se  comporte  pratiquement  comme  le 
vide  relativement  à  la  transmission  de  la  chaleur  rayonnante. 
Après  le  coucher  du  soleil,  une  région  dont  l'atmosphère 
serait  pure,  c'est-à-dire  composée  seulement  d'oxygène  et 
d'azote,  serait  le  siège  d'un  rayonnement  nocturne  tel  qu'il 
suffirait  d'une  seule  nuit  pour  détruire  la  végétation.  On  sait 
d'ailleurs  que  dans  le  Sahara,  où  le  sol  est  de  feu  et  le  vent  de 
flamme,  comme  le  dit  Tyndall,  le  froid  de  la  nuit  est  souvent 
intense.  Dans  cette  contrée  si  chaude  on  voit  souvent  de  la 

*  Nuovo  Cimento,  (2),  I.  III;  1871. 

*  Nous  ne  pouvons  reproduire  ici  foules  les  expériences  qui  ont  été  faites 
à  ce  sujet,  nous  sortirions  du  cadre  que  nous  nous  sommes  tracé.  On  irouvera 
les  renseignements  désirés  dans  les  travaux  suivants  : 

E.  Lécher  et  Partner,  Absorption  vonSonnenstrahlung  durch  dieKohlen- 
silure  der  Almosphùre  (Sitzurgsberichte  der  Wiener  Aead.,  t.  LXXXll,  (2), 
pp.  265  et  851);  H.  Heike,  Die  Absorption  der  Warme  durch  kohiensàure 
Gemische,  Inaugural  Dissertation.  Giessen,  i883;  J.-E.  Keeler,  Absorption 
(ter  strahlenden  Wàrms  durch  Kohiensàure  (American  Journal  of  Science, 
(3),  LXXVIll,p.  190;1884). 


(  32  ) 

glace  se  former  la  nuit.  C'est  que  Tair  ne  contient  presque  pas 
de  vapeur  d'eau  ;  dès  lors  le  sol  n'est  plus  protégé  contre  le 
refroidissement.  Cette  action  bienfaisante  de  la  vapeur  d'eau, 
qui  rend  notre  globe  habitable,  l'acide  carbonique  l'exerce 
également  et,  d'après  les  travaux  récents,  elle  serait  même  plus 
forte  que  les  premières  mesures,  de  Hagnus  et  de  Tyndall,  ne 
l'avaient  montré. 

Pour  expliquer  plus  clairement  l'effet  produit  par  l'acide 
carbonique  dans  l'air,  nous  pouvons  l'assimiler  à  celui  d'une 
lame  de  verre  d'épaisseur  équivalente.  On  sait  qu'une  vitre 
jouit  de  la  propriété  de  laisser  passer  facilement  la  lumière  du 
soleil,  mais  qu'elle  s'oppose  à  la  transmission  des  rayons  calo- 
rifiques obscurs.  C'est  pour  cela  que  l'emploi  de  cette  matière 
protège  nos  habitations  contre  le  froid.  L'atmosphère  chargée 
de  vapeur  d'eau  et  d'acide  carbonique  garantit  notre  sol  du 
refroidissement  comme  le  fait  le  vitrage  d'une  serre. 

A  la  vérité,  on  peut  se  demander  si  la  présence  de  quelques 
cent-millièmes  d'acide  carbonique  en  plus  dans  l'air  d'une 
localité  peut  avoir  un  effet  sensible. 

Il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que  nous  ne  pouvons  pas 
juger  de  la  valeur  d'un  nombre  en  nous  plaçant  A  un  point  de 
vue  absolu.  Mais  si  nous  admettons  avec  Cooke  ^  que  le  volume 
de  toute  l'atmosphère  est  4  079  611  53â  000  000  000  de  mètres 
cubes  sous  la  pression  normale  et  à  la  température  de  0<*,  il  est 
facile  de  calculer  que  si  l'air  renferme  environ  3  dix-millièmes 
d'acide  carbonique,  il  contiendra  en  tout  : 

(A)  1  2i3  883  456  600  000  mètres  cubes  diacide  carbonique  ; 

et  s'il  en  renferme  3.3S  dix-millièmes  (nombre  de  l'air  de 
Liège),  il  en  cx)ntiendra  : 

(B)  1  366  669  859  870  000  mètres  cubes. 

La  différence  de  ces  nombres  est  l'énorme  quantité 

(C)  1 42  986  403  270  000  mèl  res  cubes. 

*  Phitosophical  Magazine,  t.  XIV,  p.  387. 


(  33) 

Nous  pouvons  nous  servir  de  ces  nombres  pour  calculer 
répaisseur  de  la  couche  d'acide  carbonique  qui  couvre  une 
surfeee  de  1  mètre  carré  du  sol  dans  l'hypothèse  où  ce  gaz 
serait  isolé  des  autres  éléments  de  l'air. 

Puisqu'un  méridien  mesure  40  000  000  de  mètres,  la  surface 
(le  la  terre  peut  être  évaluée  approximativement  à 

(Dj  50  063456000  000  mètres  carrés. 

On  en  conclut  que  l'épaisseur  de  la  couche  d'acide  carbo- 
nique serait,  sous  la  pression  normale  et  à  0^  : 

^^->  =  i4-,0i, 

(D) 

M'ion  que  l'air  renfermerait  3.00  ou  3.35  dix- millièmes  d'acide 
carbonique;  la  différence  26.81  —  24.01  =  2.8  exprime  de 
combien  la  couche  d'acide  carbonique  de  la  région  de  Liège 
dépasse  la  couche  moyenne  des  autres  localités.  Or,  M.  Barett  i 
tivuva  que  la  petite  quantité  d'acide  carbonique  contenue  dans 
Tair  normal,  sous  une  épaisseur  de  3  mètres  seulement,  quan- 
tité correspondant  à  peine  à  une  couche  de  1,5  millimètre, 
exerçait  une  action  marquée  sur  la  chaleur  d'une  flamme 
d'oxyde  de  carbone.  Il  est  donc  vraisemblable  d'attribuer  une 
influence  réelle  à  la  différence  de  2"',8  trouvée  plus  haut. 

Il  est  bien  entendu  que  ce  nombre  de  2'",8  n'a  une  valeur 
indicative  que  pour  le  cas  où  la  dose  d'acide  carbonique  ne 
diminuerait  pas  avec  la  hauteur.  En  réalité,  il  en  est  autrement. 
Mais  on  observera  que  si  la  composition  de  l'air  ne  reste  même 
sensiblement  constante  que  jusque  100  mètres  de  hauteur,  la 
couche  d'acide  carbonique  sera,  dans  ces  100  mètres,  ou  bien 
O'",300,  ou  bien  0™,33o,  selon  que  l'air  renfermera  3.00  ou 
3.:^»o  dix-millièmes  de  gaz.  En  un  mot,  on  arrivera  encore  à 

«  mUusnphival  Magazine,  [i\  l.  XXVIII,  pp.  108-121. 

Tome  XXXVll.  3 


(34) 

une  couche  plus  de  deux  fois  aussi  épaisse  que  celle  utilisée 
par  M.  Barett,  dans  ses  expériences. 

Le  fait  que  nous  venons  de  signaler  pour  la  région  de  Liège 
nous  parait  avoir  une  importance  très  grande  pour  la  climato- 
logie. Il  conviendra  donc  de  le  soumettre  encore  à  des  vérid- 
cations  suffisantes  avant  de  l'admettre  définitivement. 

Nous  nous  proposons  d'entreprendre  des  mesures  de  la  pro- 
portion d'acide  carbonique  contenu  dans  l'air  des  vallées  de 
rOurthe  et  de  la  Yesdre  afin  de  réunir  les  éléments  nécessaires 
à  un  contrôle  du  travail  présent. 

Il  serait  à  désirer  d'autre  part  que  des  chimistes,  familiarisés 
avec  le  dosage  de  l'acide  carbonique  dans  l'air,  voulussent  bien 
entreprendre  un  travail  semblable  dans  des  localités  reconnues 
pour  être  le  siège  d'un  rayonnement  nocturne  de  faible  inten- 
sité. Nous  savons  que  la  solution  complète  du  problème  posé 
aujourd'hui  rencontrera  des  difficultés  d'autant  plus  grandes  que 
l'on  s'attachera  davantage  à  dégager  les  expériences  de  toutes 
les  causes  perturbatrices,  mais  cette  raison  ne  doit  pas  retenir 
tes  travailleurs  en  état  de  contribuer  à  élucider  la  question^ 

Il  est  bien  entendu,  d'autre  part,  que  l'explication  que  nous 
proposons  de  l'élévation  de  la  température  de  Liège  n'est  pas 
exclusive  de  toute  autre  :  la  combustion  même  du  grisou,  dans 
le  sol,  doit  agir,  par  exemple,  pour  produire  un  effet  semblable. 

Avant  de  passer  au  paragraphe  suivant,  il  nous  sera  permis 
d'émettre  encore  une  hypothèse  qui  nous  est  suggérée  par  les 
faits  précédents.  Elle  a  pour  objet  de  donner  une  interpréta- 
tion de  l'abaissement  de  la  température  observée,  presque 
chaque  année,  pendant  le  mois  de  mai. 

Le  retour  offensif  de  l'hiver,  pendant  la  première  moitié  du 
mois  de  mai,  est  un  phénomène  météorologique  d'une  grande 
constance.  II  paraît  naturel  d'en  chercher  la  cause  parmi  les 
phénomènes  qui  se  produisent  chaque  année  au  printemps. 
Or,  la  végétation  intense,  pour  ne  pas  dire  excessive,  du  mois 
d'avril,  qui  a  pour  résultat  l'épanouissement  d'une  quantité 
de  feuilles  incalculable,  doit  provoquer  un  abaissement  momen- 
tané de  la  dose  de  l'acide  carbonique  de  l'air.  Ceci  parait 
d'autant  plus  vraisemblable  que  l'on  constate  déjà  des  varia- 


(  »s  ) 

lions  dans  la  proportion  de  ce  gaz,  le  jour  et  la  nuit,  par  suite 
du  changement  d'activité  de  la  vie  végétale  pendant  ces  deux 
parties  de  la  journée.  Hais  si  la  proportion  d'acide  carbonique 
diminue  dans  l'air,  l'intensité  du  rayonnement  nocturne  devra 
augmenter.  De  fait  on  constate  que  les  gelées  du  mois  de  mai 
sont  bien  plutôt  dues  au  rayonnement  qu'à  un  abaissement 
général  de  la  température. 

Nous  n'avons  pas  constaté,  à  Liège,  à  la  vérité,  moins  d'acide 
carbonique  dans  l'air  pendant  la  période  de  froid  du  mois  de 
mai,  mais  on  ne  perdra  pas  de  vue  que  notre  lieu  d'observa- 
tion ne.  se  prétait  guère  à  une  constatation  précise  du  fait.  Il 
serait  à  désirer  que  des  recherches  fussent  faites  en  des  régions 
convenables,  c'est-à-dire  situées  assez  à  l'intérieur  des  terres 
pour  que  l'influence  de  l'air  de  la  mer,  ou  de  toute  autre 
étendue  inculte,  ne  soit  pas  sensible  ;  alors  seulement  il  sera 
possible  de  connaître  si  notre  hypothèse  est  fondée  ou  non. 

«.  ▼•rla«la»«  de  la  pr«porCI«ii  ri*aclde  carbonlqae  de  Vmlr 
4c  Llèse. 

Si  l'on  compare,  entre  eux,  les  résultats  absolus  fournis  par 
les  deux  cent  soixante-six  analyses  que  nous  avons  faites,  on 
voit  que  ceux-ci  ne  restent  qu'exceptionnellement  les  mêmes 
deux  jours  de  suite.  La  proportion  d'acide  carbonique  est  sou- 
mise à  des  fluctuations  qui,  pour  n'être  pas  très  considérables, 
à  la  vérité,  n'en  sont  pas  moins  réelles  :  en  eflet,  les  erreurs 
d'observation  se  trouvent  représentées  par  ±  0,07,  ainsi  qu'on 
le  verra  plus  loin,  tandis  que  les  variations  dont  il  s'agit  ici 
sont  en  moyenne  ±  0,70.  Ces  variations  sont  plus  fortes  que 
celles  trouvées  par  Reiset  pour  l'air  de  la  rue  de  Vigny,  près 
da  parc  Monceau,  à  Paris.  Mais  il  résulte  des  travaux  de  Reiset, 
de  Mûntz  et  Aubin  que  les  variations  de  l'acide  carbonique 
sont  bien  plus  grandes  à  Paris  qu'à  la  campagne  :  dans  un  foyer 
de  production  d'acide  carbonique  on  observe  bien  plus  souvent 
des  maxima  s'écartant  beaucoup  de  la  valeur  normale.  Cette 
observation  se  vérifie,  comme  on  le  voit,  d'une  manière  plus 
marquée  encore  pour  l'air  de  Liège,  où  la  production  d'acide 
carbonique  est  plus  intense  qu'à  Paris.  En  outre,  il  est  très 


•       (  3(5  ) 

possible  que  la  méthode  d'analyse  adoptée  par  nous  ait  per- 
mis de  constater  des  variations  plus  grandes  d'acide  carbo- 
nique parce  que  nous  ne  faisions  pas  passer  Tair  par  de 
Tacide  sulfurique  avant  de  doser  l'acide  carbonique.  On  verra, 
dans  la  description  du  procédé  de  dosage  suivi,  que  Tacide 
sulfurique  employé  pour  dessécher  l'air  fonctionne  comme 
un  régulateur  de  la  quantité  d'acide  carbonique. 

Les  variations  de  la  proportion  d'acide  carbonique  étant 
réelles,  et  même  plus  grandes  à  Liège  qu'ailleurs,  on  doit  se 
demander  si  elles  sont  en  relation  avec  les  facteurs  météoro- 
logiques. 

Deux  faits  seulement  sont  bien  évidents,  savoir  que  :  1®  la 
Chute  de  la  neige  a  presque  toujours  été  accompagnée  d'une 
augmentation  notable  de  la  proportion  d'acide  carbonique. 
Ainsi,  le  résultat  moyen  pour  les  huit  jours  de  neige  que  nous 
avons  eus  pendant  la  durée  de  nos  recherches  est  de 

5.76i  dix-millièmes  en  poids, 
OU 

3.761  dix-millièmes  en  volume, 

avec  un  minimum  absolu  de  4.76  en  poids  et  un  maximum 
absolu  de  8.05! 

La  neige  entraîneraitrclle,  d'après  cela,  l'acide  carbonique 
des  couches  supérieures  de  l'atmosphère  pour  le  concentrer  sur 
le  sol  ?  Nous  ne  voudrions  nous  prononcer  en  l'absence  d'expé- 
riences concluantes;  mais  il  nous  paraît  plus  vraisemblable 
que  la  neige  s'oppose,  quand  elle  remplit  l'air  de  ses  légions 
de  flocons,  à  une  diffusion  ou  à  un  jnélange  rapide  des  gaz 
émanés  du  sol  ;  ceux-ci  stationneraient  en  quelque  sorte  à  la 
surface  du  sol.  Nous  pensons  de  la  sorte  parce  que  les  chutes 
de  neige  n'ont  pas  toujours  été  accompagnées  d'une  augmenta- 
tion d'acide  carbonique;  en  d'autres  termes,  le  phénomène  n'est 
pas  aussi  simple  qu'il  devrait  l'être  s'il  s'agissait  d'un  entraîne- 
ment réel  de  l'acide  carbonique  de  l'air  par  la  neige.  Nous 
devons  d'ailleurs  signaler  encore  un  fait  instructif.  D'après  deux 
««bservations,  la  chute  de  la  neige  ne  détermine  pas  une  aug- 
mentation aussi  forte  de  la  proportion  d'acide  carbonique  de  l'air 


(  37   ) 

quand  le  sol  est  déjà  couvert  de  neiife.  S'il  était  permis  de  tirer 
une  conclusion  de  ces  deux  seules  observations,  nous  dirions 
qu'à  Liège  le  sol  doit  être  le  vrai  foyer  d'acide  carbonique. 

Nos  observations  sont  d'ailleurs  d'accord  avec  celles  de 
Schultze,  en  Allemagne,  et  de  Truchot,  en  France.  Ces  savants 
ont  constaté  aussi  une  notable  augmentation  de  l'acide  carbo* 
nique  de  l'air  par  les  temps  de  neige.  Nous  avons  eu  l'occasion 
de  mentionner  le  fait  dans  la  partie  historique  de  ce  travail, 
mais  nous  rappellerons  cependant  encore  que  Truchot  a  trouvé, 
comme  nous,  le  maximum  d'acide  carbonique,  par  un  temfis 
de  neige,  a  8  dix-millièmes; 

^  Les  temps  de  brouillard,  ou  de  brume,  sont  aussi  accom- 
pagnés d'une  proportion  plus  forte  d'acide  carbonique.  Nous 
avons  eu  l'occasion  de  faire  vingt-quatre  analyses  de  l'air  dans 
ces  conditions;  elles  ont  conduit  au  résultat  moyen  de 

;5.i7l  (Jw\-ni  ilicims  en  |K)ids, 

ou 

v^/>7l  (li\-miIliênM  s  <  n  volume, 

soit  un  excès  de  0.34o  en  poids  sur  la  valeur  moyenne  générale. 

Ici  aussi  nous  sommes  d'accord  avec  les  observateurs  préc<v 
dents  (voir  la  partie  historique)  et  l'on  peut  considérer  les  deux 
faits  mentionnés  comme  acquis,  pensons-nous,  à  la  science. 

Remarquons  encore,  à  l'appui  de  ce  que  nous  avons  dit  tan- 
tôt, que  les  temps  de  brume,  ou  de  brouillard,  coïncident 
généralement  avec  une  stagnation  de  l*air.  Les  émanations  du  sol 
ne  sont  pas  emportées  par  les  vents,  elles  stationnent  à  la  sur- 
face de  la  terre  et  l'air  doit  nécessairement  s'enrichir  en  acide 
carbonique  si,  à  la  vérité,  le  sol  émet  ce  gaz. 

En  dehors  des  deux  faits  précédents,  nous  le  répétons^  rien 
ne  nous  frappe  plus  d'une  manière  évidente.  11  ne  faudrait 
cependant  pas  conclure  immédiatement  à  l'absence  de  toute 
relation  des  variations  de  la  proportion  d'acide  carbonique  avec 
les  facteurs  météorologiques.  L'absence  apparente  de  relation 
montre  que  le  problème  est  compliqué,  etpourviderlaquestion 
il  importe  de  classer  les  résultats  obtenus,  systématiquement, 
avec  les  facteurs  météorologiques  et  de  s'assurer  si  les  moyennes 


(  38  ) 

que  Ton  pourra  calculer  alors  ne  permettront  pas  de  découvrir 
les  relations  cachées. 

Nous  avons  fait  ce  classement  et  nous  allons  en  faire  con- 
naître les  résultats  en  adoptant  l'ordre  suivi  dans  la  partie  his- 
torique de  ce  travail,  pour  faciliter  les  comparaisons. 


é'uritÊm    rmê»ëmê§4^999    r«»*<^-r-rl#e    mr^e    i^m 


Acide  carbonique  en  poids. 
Acide  Carbon,  en  volume.  . 

Acide  carbonique  en  poids. 
Acide  carbon.  eu  volume.  . 

FÉVR. 

MARS. 

AVRIL. 

MAI. 

JUIK. 

ion.u 

n.305 
H.465 

5.192 
3.310 

5.090 
3.331 

5.276 
3.456 

5.059 
3288 

5.24S 
3.432 

AOl>T. 

SEPT. 

OCTOB. 

NOV. 

UÉC. 

JAKV. 

4.t»8 
3.047 

4.747 
3.100 

4.982 
3.261 

5.344 
3.506 

5.708 
3742 

5444 
3.559 

La  seule  conclusion  à  tirer  de  ces  nombres,  c'est  que  la  pro- 
portion d'acide  carbonique  varie  seulement  des  mois  d'hiver 
aux  mois  d'été.  Elle  est  plus  forte  en  hiver.  Nos  résultats 
sont  donc  d'accord  avec  ceux  de  Reiset  et  opposés  à  ceux  de 
de  Saussure,  de  Leroy,  de  Hâsselbart  et  Fittbogen.  Nous 
avons  la  satisfaction  de  faire  observer  que  notre  conclusion 
coïncide  avec  .celle  de  l'un  des  hommes  les  plus  compétents 
dans  la  matière.  Serait-ce  trop  dire  que  la  vérité  se  trouve 
probablement  de  notre  côté  et  que  les  recherches  de  Reiset, 
conjointement  avec  les  nôtres,  apportent  la  solution  de  la 
question  posée? 

4f$  im  uuUP 

Pour  répondre  à  cette  question,  nous  avons  fait  une  série 
d'analyses  la  nuit,  pendant  le  mois  de  février  1884. 1^  résultat 
moyen  a  été  de  5.119  en  poids  et  3.350  en  volume.  Le  résul- 
tat moyen  général  étant  5.125  en  poids  et  3.353  en  volume, 


(39) 

nous  sommes  obligés  de  conclure  que  Ton  n'observe  pas  de 
variation,  la  nuit  et  le  jour,  dans  Tair  de  la  région  de  Liège. 

Ce  résultat  ne  s'accorde  pas  avec  la  plupart  de  ceux  obtenus 
d'ailleurs. 

Nous  ne  pensons  cependant  pas  qu'il  porte  atteinte  à  l'exac- 
titude de  ses  devanciers,  mais  bien  qu'il  s'applique  seulement 
aux  conditions  locales  de  notre  ville. 

P.  Tnichot  ^  a  constaté  déjà  que  les  variations  de  jour  et  de 
nuit  de  l'acide  carbonique  sont  plus  fortes  m  terrain  cultivé 
qu'm  terrain  ificulte.  Ainsi  il  a  trouvé,  à  Clermont-Ferrand,  en 

pleine  végétation  : 

3.14  le  jour 
et 

3.78  la  nuit, 

tandis  que  sur  un  sol  sans  végétation,  il  y  avait  : 
3.54  le  jour 
3.49  la  nuit. 


et 


H  parait  résulter  de  là  que  c'est  bien  le  sol  qui  fournit 
la  plus  grande  partie  de  l'acide  carbonique  de  l'air  et  que  la 
végétation  la  consomme.  Comme  la  végétation  est  nulle  à 
l'endroit  où  nous  avons  opéré,  il  n'y  a  rien  d'étrange  que  le 
jour  nous  ayons  trouvé  autant  d'acide  carbonique  dans  l'air 
que  la  nuit. 


nw^e  Im  t^êH-^ 


CO*  en  poids  .    . 
CO*  en  volume    . 

TEMPÉRATURES. 

-5â0 

Oâ  r> 

nkiO 

10^15 

15àâ0 

20â25 

25i:i0 

5  248 

5.398 
8.5â3 

5.â7i 
3  441 

4.966 
3.241 

4.072 
3.245 

5.301 
3.460 

4.86 
3.472 

Comptes  rendus,  t.  LXXVll ,  p.  673. 


(40  ) 

On  le  voit,  le  résultat  est  incertain.  Si,  à  la  vérité,  on  trouve 
par  trois  fois  moins  d'acide  carbonique  quand  la  température 
est  plus  élevée,  il  ne  faut  pas  méconnaître  que  de  20>  à  25^  on 
en  trouve  cependant  davantage.  En  outre,  les  températures 
élevées  sont  celles  des  mois  d'été  où  nous  avons  constaté  moins 
d'acide  carbonique.  La  question  reste  donc  indéterminée. 

Le  tableau  suivant  prouve  que  la  proportion  d'acide  carbo- 
nique ne  parait  subir  aucune  modification  par  la  chute  de  la 
pluie. 


Acide  carbonique  en  poids  .    . 
Id.         id.        en  volume     . 

CICL 

serein. 

CIEL 
à  moitié 
couvert. 

CIEL 
couvert. 

PI.OIB. 

5144 
3.3S7 

5.066 
8.306 

5.1«« 
.^348 

5.151    ' 

Nos  recherches  ne  concordent  donc  pas,  en  ce  point,  avec  la 
plupart  des  résultats  antérieurs.  On  avait  généralement  trouvé 
une  diminution  d'acide  carbonique  par  un  temps  de  pluie. 
Cependant,  d'après  Reiset,  Mûntz  et  Aubin,  on  observerait  aussi 
le  phénomène  inverse. 

D'après  Hâsselbart,  les  pluies  d'orage  seraient  accompa- 
gnées d'une  augmentation  d'acide  carbonique.  Pendant  la 
durée  de  nos  expériences  nous  avons  eu  à  enregistrer  sept 
journées  d'orage. 

Les  analyses  faites  alors  conduisent  au  résultat  moyen  de 


et 


5.296  diacide  carbonique  en  poids 
3.457  d*acide  carl)onique  en  volume. 


L'observation  de  Hâsselbart  paraît  donc  confirmée  si  l'on 
peut  tirer  une  conclusion  de  données  aussi  peu  nombreuses. 


(  «  ) 

Les  deux  tableaux  suivants  résument  les  observations  que 
nous  avons  faites  à  ce  sujet. 


j       DIRECTION  DU  VKNT. 

1 

AaDB  CAKBONIQL'F. 

en  poids. 

ACIDB  CARBONIQUE 

en  volume. 

h 

5.488 

3.:«5 

s.  s.-o 

5.MH 

3525 

s.-o 

h.m 

3.3&4 

o.-o.-s 

5.008 

3.336 

,« 

6.i98 

3.396 

0.0.  N 

5.047 

:i«H) 

N.  0 

53iH 

3.479 

;  N.-N.-O 

4640 

3.aso 

!  N 

iKUri 

3.526 

I  N.-N.-E 

5.452 

3.;i38 

.^'•-E 

6.4?i8 

3.374 

1  N.-E.-E 

5.000 

3.275 

E 

5.094 

3.333 

'  E.-E.-S 

5.140 

3.353 

S.-E 

4931 

3  22Î) 

S.-S.-E 

5.112 

3.365 

INTKNSITlt   DU    VENT. 

0 

5.293 

3.455 

0-1 

5.2d6 

3.437 

i-'i 

5.3JH) 

3.518 

2-3 

5.281 

3.447 

,a-4 

5.127 

3.346 

(  42  ) 

Constatons  d'abord,  comme  résultat  remarquable,  que  le 
minimum  d'acide  carbonique  a  été  observé  par  le  vent  nord- 
nord-ouest.  Le  nombre  3.030  peut  être  considéré  comme  se 
confondant  avec  les  nombres  3.84  et  3.98  trouvés  par  Mûntz  et 
Aubin,  pour  l'air  de  la  plaine  de  Vincennes  et  pour  l'air  de  la 
cour  de  la  ferme  de  l'Institut  agronomique  du  plateau  de 
Gravelle.  Or,  le  vent  du  nord-nord-ouest  descend  sur  la  ville 
de  Liège  après  avoir  parcouru  les  plateaux  élevés  de  Hervé, 
célèbres  par  leurs  plantureux  pâturages.  Il  chasse  donc  devant 
lui  l'air  de  la  ville  et  le  remplace  par  l'air  normal  des  cam- 
pagnes. Dès  lors  les  résultats  des  analyses  de  l'air  de  Liège 
concordent  avec  ceux  des  autres  régions. 

Cette  observation  vient  confirmer  ce  que  nous  avons  dit 
plus  haut  :  la  proportion  plus  grande  d'acide  carbonique 
contenu  dans  l'air  de  Liège  a  une  origine  toute  locale;  en  outre 
il  paraît  démontré,  une  fois  de  plus,  que  l'air  normal  contient 
bien  3.84  ou  3.00  dix-millièmes  d'acide  carbonique. 

Un  autre  minimum,  à  la  vérité  moins  profond  que  le  pré- 
cédent, a  été  observé  par  le  vent  sud-est;  il  est  traduit  par  3.339. 
Or,  le  vent  sud-est  descend  des  plateaux  élevés  des  environs  de 
Spa  et  de  Stavelot,  désignés  sous  le  nom  de  Hautes-Fagnes  et 
connus  depuis  longtemps  pour  la  pureté  de  leur  air.  Avant 
d'arriver  à  Liège  l'air  de  ces  régions  traverse,  à  la  vérité,  le 
centre  industriel  de  Grivegnée;  c'est  peut-être  là  le  motif  pour 
lequel  il  ne  fournit  pas  un  minimum  aussi  profond  que  l'air 
des  plateaux  de  Hei^ve. 

Nous  avons  à  relever,  d'autre  part,  trois  maxima.  Les  deux 
premiers  (3.536  et  3.479)  sont  apportés  par  les  vents  nord  et 
nord-ouest;  ces  vents  chassaient  les  émanations  de  la  ville  vers 
le  laboratoire  où  nous  faisions  nos  essais.  Le  troisième,  de 
même  valeur  que  le  premier  (3.535),  s'est  produit  par  le  vent 
sud-sud-ouest,  qui  est  celui  du  grand  bassin  industriel  de 
Seraing. 

On  constate  aussi  que  l'intensité  du  vent  n'est  pas  tout  à  fait 
sans  influence  sur  la  proportion  d'acide  carbonique  de  l'air  : 
la  proportion  d'acide  ne  s'abaisse  que  sf  le  vent  souffle  en 


(43  ) 

tempête.  On  ne  sera  pas  étonné  de  voir  l'effet  de  l'intensité  du 
vent  être  peu  sensible,  si  l'on  fait  attention  à  cette  circonstance 
que  les  grands  vents  nous  viennent  toujours  du  sud-sud-ouest, 
c'est-à-dire  de  la  direction  même  qui  fournit  un  maximum. 
I^es  effets  doivent  donc  s'annuler  et  c'est  bien  là  ce  que  l'on 
constate. 

11  résulte  de  cette  courte  discussion  que  la  direction  et 
l'intensité  du  vent  n'apportent  des  changements  dans  la  com- 
|M)sition  de  l'air  que  parce  qu'ils  éteignent,  en  quelque  sorte, 
les  perturbations  dues  aux  influences  locales. 

Ce  résultat  était  évident  à  la  suite  des  travaux  de  Schuitze, 
de  Reiset  et  de  Mûntz  et  Aubin,  mais  il  n'était  peut-être  pas 
iuutile  de  le  constater  par  des  expériences  directes,  exécutées 
dans  une  région  réunissant  les  conditions  nécessaires  pour  un 
travail  de  cette  espèce. 


1  (.0'  en  poids    .    . 
C0<  en  Tolame .    . 

HAUTEURS 

BAROMÉTRIQUES 

0,730 

0,736J  0,740'  0,745'  0,780 

0,755 

0,760 

0,765 

0,770 

5.3i6 
a476 

4.778 
3.li6 

5.350 
3.49S 

4.899 
3.198 

5.102 
8.330 

5.142 
3.356 

5.30S 
3.460 

5w574 
3.638 

5.855 
3.821 

Nous  trouvons  ici  encore  une  confirmation  évidente  de  ce 
que  nous  avons  obsen'é  précédemment.  La  plus  grande  pro- 
portion d'acide  carbonique  coïncide  avec  les  fortes  pressions 
iNirométriques.  Or,  chez  nous,  ces  fortes  pressions  sont  géné- 
ralement accompagnées  (ftine  stagnation  de  l'air,  les  tempêtes 
coïncidant  toujours  avec  les  dépressions  barométriques.  Il  est 
donc  tout  naturel  de  voir  la  quantité  d'acide  c>arbonique 
s'élever,  le  produit  des  sources  locales  n'étant  pas  enlevé  par 
le  vent. 


(  44  ) 

A  la  vérité,  on  constate  aussi  que  sous  la  pression  0,730  on 
a  trouvé  une  élévation  du  niveau  de  l'acide  carbonique,  mais 
cette  dépression  s'est  produite  par  un  vent  sud-sud-ouest 
qui  amenait  l'acide  carbonique  des  foyers  industriels  de 
Seraing. 

Nous  tenons  à  le  dire,  malgré  l'harmonie  des  observations 
précédentes,  nous  ne  leur  attribuons  pas  une  portée  générale 
et  nous  persistons  à  croire  qu'en  rase  campagne,  c'est-à-dire 
en  dehors  de  toute  influence  locale,  il  n'est  pas  certain  que 
l'on  arrive  à  saisir  une  relation  entre  la  proportion  d'acide 
carbonique  de  l'air  et  la  pression  barométrique. 


(  të  ) 

CHAPITRE  III. 

UKTHUllF.  SUIVIE   POUR  LE  HOSAtiE   DE  l'aCIDE  CAKBOMQUE  DR  L*A1U. 


L'acide  carbonique  de  l'air  a  toujours  été  dosé,  par  les  divers 
chimistes  qui  se  sont  occupés  de  ce  problème,  en  le  fixant  à 
l'aide  d'une  base  forte  telle  que  la  potasse,  la  chaux  ou  la 
baryte  et  en  estimant,  par  pesée  ou  autrement,  la  quantité  de 
carbonate  formé.  On  a  bien  indiqué  un  moyen  physique  de 
connaître  la  proportion  d'acide  carbonique  de  Tair,  mais  il  n'a 
[)as  été  appliqué  jusqu'ici  sur  une  échelle  suffisante  pour  que 
Ton  soit  bien  renseigné  sur  sa  valeur.  Ce  moyen  est  dû  à 
H.  Heine  ^  ;  il  consiste,  en  résumé,  à  conclure  à  la  quantité 
d'acide  carbonique,  par  la  diminution  du  pouvoir  absorbant 
de  l'air,  préalablement  desséché,  pour  la  chaleur;  on  sait,  en 
effet,  que  le  gaz  acide  carbonique  est  athermane  pour  les 
rayons  obscurs  du  spectre,  tandis  que  l'air  sec  et  pur  n'absorbe 
pus  la  chaleur. 

Nous  ne  ferons  pas  l'histoire  des  perfectionnements  qui  ont 
été  succeiBsivement  apportés  à  l'application  du  procédé  chi- 
mique de  dosage  de  l'acide  carbonique,  ce  serait  sans  utilité 
directe  pour  la  question  que  nous  traitons. 

Nous  nous  bornerons  à  dire  que  nous  avons  reconnu,  comme 
Keiset,  Mûntz  et  Aubin  l'avaient  déjà  fait  avant  nous,  que  l'em- 
ploi de  la  potasse,  pour  fixer  l'acide  carbonique  de  l'air,  expose 
à  des  erreurs  :  en  effet,  si  cette  base  renferme  des  matières 
organiques,  ce  qui  est  généralement  le  cas,  elle  retient,  outre 
lacide  carbonique  de  l'air,  une  certaine  quantité  d'oxygène; 
l'augmentation  de  poids  des  appareils  d'absorption  n'est  donc 
pas  seulement  le  fait  de  l'acide  carbonique. 

*  Annales  de  G.  Wiedemann,  l.  XVI ,  p.  441  ;  1881 


(  46) 

Pour  éviter  l'erreur  résultant  de  ce  chef,  il  faut  remettre 
Tacide  carbonique  en  liberté,  comme  Font  fait  MM.  Mûntz  H 
Aubin,  et  le  doser  en  nature  volumétriquement. 

Toutefois,  si  cette  pratique  permet  de  se  mettre  à  l'abri  des 
erreurs  provenant  de  l'oxygène  de  l'air,  elle  ne  donne  pourtant 
pas  tous  les  apaisements  désirables  quant  à  l'exactitude  du 
dosage  de  l'acide  carbonique. 

Il  est  indispensable,  en  eifet,  de  dessécher  l'air  avant  son 
passage  sur  la  ponce  potassée  qui  retiendrait  la  vapeur  d'eau; 
or,  on  le  verra  plus  loin,  nous  ne  sommes  pas  certains  que  les 
moyens  ordinaires  employés  pour  cela  (tubes  à  chlorure  de 
calcium  ou  acide  sulfurique}  soient  sans  influence  sur  la  quaiir 
tité  d'acide  carbonique  constatée  dans  l'air;  en  outre,  d'autres 
expérimentateurs  ont  déjà  élevé  des  doutes  sur  la  question  de 
savoir  si  la  potasse  enlevait  les  dernières  traces  d'acide  carbo> 
nique  à  un  grand  volume  d'air.  C.-W.  Elliot  et  F.-H.  Stooler  *, 
en  effet,  firent  brûler  de  l'hydrogène  provenant  de  l'action  du 
zinc  sur  l'acide  sulfurique  dilué,  dans  un  courant  d'air,  pour 
s'assurer  si  l'odeur  de  l'hydrogène  était  due  à  des  substances 
carbonées.  L'air  employé  passait,  avant  d'arriver  à  l'appareil 
à  combustion,  par  deux  cylindres  renfermant  de  la  ponce 
potassée,  puis  encore  par  trois  appareils  à  potasse.  Les 
156  litres  employés  dans  chaque  expérience  laissaient  d'abord 
l'eau  de  chaux  limpide,  mais  il  se  formait  toujours,  après 
22  heures,  un  dépôt  de  carbonate  de  calcium  cristallin,  que 
l'air  ait  servi  à  la  combustion  de  l'hydrogène  ou  non. 

Pour  ces  motifs  et  pour  d'autres  encore  qu'il  est  moins  utile 
de  mentionner,  nous  avons  eu  recours,  comme  M.  Pettenkofer 
l'avait  déjà  conseillé  et  comme  M.  Reiset  l'a  pratiqué  pendant 
si  longtemps,  à  l'eau  de  baryte  pour  retenir  l'acide  carbonique. 

La  méthode  que  nous  avons  suivie  est  une  modification  de 
celle  de  M.  Reiset.  Nous  avons  cru  devoir  nous  écarter  de  la 
méthode  adoptée  par  ce  savant  pour  divers  motifs  que  nous 
allons  exposer.  Nous  croyons  utile,  cependant,  de  rappeler, 
en  aussi  peu  de  mots  que  possible,  comment  M.  Reiset  a 

«  Chem.  Netcs,  t.  III,  p.  178. 


(47  ) 

opéré;  il  sera  plus  commode  alors  de  faire  connaître,  avec  les 
justifications  nécessaires,  les  changements  que  nous  avons  cru 
devoir  apporter  à  sa  manière  d'agir. 

M.  Reiset^  desséchait  Tair  dont  il  voulait  connaître  la  pro- 
portion d'acide  carbonique,  dans  un  tube  en  u  contenant  des 
fragments  de  pierre  ponce  imbibée  d'acide  sulfurique  con- 
centré. Ceci  lui  permettait  en  outre  de  déterminer,  par  pesée, 
la  quantité  de  vapeur  d'eau  de  l'air. 

Ensuite,  l'air  sec  était  dirigé  dans  trois  barboteurs  à  trois 
boules  chacun,  contenant  100  centimètres  cubes  d'eau  de 
baryte  préalablement  saturée  de  carbonate  et  dont  le  titre 
avait  été  déterminé  d'avance.  Le  carbonate  de  baryum,  formé 
par  le  passage  de  l'air  et  précipité  à  l'état  insoluble,  représente 
l'acide  carbonique  contenu  dans  le  volume  d'air  employé.  La 
capacité  de  saturation  de  l'eau  de  baryte  est  déterminée,  avant 
et  après  chaque  expérience,  à  l'aide  d'une  solution  titrée  d'acide 
sulfurique. 

Un  calcul  fait  connaître  ensuite  la  quantité  d'acide  carbo- 
nique équivalente  à  l'acide  sulfurique  employé. 

L'acide  carbonique  n'intervenant,  dans  la  composition  de 
l'air,  que  pour  quelques  dix-millièmes,  il  a  paru  nécessaire  à 
M.  Reiset  de  faire  passer,  par  l'eau  de  baryte,  un  volume  con- 
sidérable d'air,  environ  600  litres  pour  chaque  expérience,  afin 
d'atteindre  un  degré  suffisant  de  précision.  C'est  à  l'aide  d'un 
aspirateur  monté  en  forme  de  grand  flacon  de  Mariotte  que 
l'on  obtenait  la  circulation  de  Tair. 

Telle  est,  en  peu  de  mots,  la  méthode  adoptée  par  M.  Reiset. 
Nous  allons  faire  connaître  maintenant,  avec  leur  raison  d'être, 
les  modifications  que  nous  avons  cru  devoir  apporter  à  ces 
manipulations. 

Pour  plus  de  clarté  nous  décrirons  d'abord  le  procédé  que 
nous  avons  suivi,  comme  s'il  s'agissait  d'un  procédé  entière- 
ment nouveau  ;  ensuite  nous  passerons  à  l'exposé  des  motifs 
qui  nous  ont  obligés  à  faire  choix  de  nos  changements. 

«  Loc.  cil.,  p.  f47. 


(  48  ) 

Description  He  Tappaieil  eniplojé. 

La  planche  annexée  à  ce  travail  donne  une  idée  générale  de 
J'installation.  L'air  était  pris  à  70  mètres  de  la  Meuse,  c'est-à- 
dire  dans  le  grand  canal  de  ventilation  de  la  ville  de  Liège,  et 
à  S  mètres  environ  du  sol.  Il  était  conduit  ensuite,  par  des  tubes 
m  verre  T,  T',  dans  un  premier  barboteur  formé  d'un  tube  en 
verre  B,  B'  de  1",10  de  long  et  de  0",014  de  diamètre  intérieur 
et  maintenu  sous  une  faible  inclinaison  par  les  supports  S 
et  S\  Ce  tube  recevait  12S  centimètres  cubes  d'eau  de  baryte 
dont  le  titre  avait  été  déterminé  ainsi  qu'il  sera  dit  plus  loin. 
Chaque  bulle  d'air  arrivant  par  le  tube  t  s'achemine,  avec  une 
vitesse  que  l'on  peut  régler  à  volonté,  vers  l'extrémité  B'  du 
barboteur  ;  elle  se  dépouille  presque  complètement  de  l'acide 
carbonique  qu'elle  renferme,  si  son  séjour  dans  le  tube  a  une 
durée  de  13  à  15  secondes.  C'est  là  ce  que  l'expérience  nous  a 
montré;  il  faut  donc  régler  l'inclinaison  du  tube  de  manière 
ù  atteindre  ce  résultat. 

On  le  voit,  ce  barboteur  est  tout  différent  de  celui  employé 
par  Reiset;  c'est  celui  imaginé  en  premier  lieu  par  Petten- 
kofer  i,  si  nous  ne  faisons  erreur,  mais  dont  nous  avons  rendu 
le  maniement  un  peu  plus  commode  par  l'adjonction  du  robi- 
net R.  Nous  en  montrerons  plus  loin  l'usage. 

Enfin  ce  barboteur  porte,  en  E,  une  échelle  graduée  indiquant 
en  centimètres  cubes  la  capacité  du  tube;  elle  est  destinée  à 
apprécier  la  valeur  de  l'évaporation  subie  par  la  solution  de 
baryte  pendant  le  passage  de  l'air. 

Après  avoir  circulé  parce  premier  barboteur,  l'air  en  traverse 
un  second  bb\  identique  au  premier,  et  destiné  à  s'assurer  si 
le  précédente  retenu  complètement  l'acide  carbonique  de  l'air. 
Nous  devons  dire  dès  maintenant  qu'après  un  passage  d'environ 
1 000  litres  d'air  par  le  premier  tube,  on  ne  voit  aucun  trouble 
se  produire  dans  l'eau  de  baryte  du  second  tube.  Il  ne  faudrait 
cependant  pas  en  conclure  que  tout  Vacide  cai^bonique  a  été 
retenu  dans  le  premier  barboteur  :  en  effet,  en  laissant  le  tube 

*  Fhéséxius,  Manuel  de  chimie  analytique,  p.  624. 


(  49  ) 

témoin  en  senice,  pendant  toute  une  année,  c'est-à-dire  pour 
un  passage  de  plus  de  30  000  litres  d'air  par  le  tube  BB',  on 
obtient  un  dépôt  évident  de  carbonate  de  baryum  dans  le 
tube  bb'.  On  devra  donc  regarder  les  nombres  auxquels  nous 
sommes  arrivés  dans  nos  recherches  comme  exprimant  seule- 
ment un  minimum  d'acide  carbonique  de  l'air.  A  la  vérité,  ce 
minimum  se  rapproche  assez  de  la  vérité  pour  qu'il  soit  inutile 
de  tenir  compte  de  la  différence,  d'autant  plus  qu'une  correc- 
tion de  cet  ordre  ne  s'accorde  pas  avec  d'autres  erreurs  plus 
grandes,  et  inévitables  celles-là,  que  comporte  la  méthode. 
Nous  aurons  l'occasion  de  revenir  sur  ce  point. 

Au  sortir  du  tube  témoin  bb'  l'air  entre  dans  l'aspirateur. 

Celui-ci,  d'une  capacité  de  1^4^620,  est  un  cylindre  en  zinc€ 
terminé  par  deux  cônes»  ainsi  que  le  montre  la  figure.  Il  a 
1",220  de  hauteur  sur  0™,40  de  diamètre  et  repose  sur  un  bâti 
de  bois.  L'écoulement  de  l'eau  qu'il  contient  a  lieu  par  le 
tube  F;  on  le  règle  à  l'aide  du  robinet  D.  Pour  assurer  la 
continuité  de  la  colonne  d'eau  dans  le  tube  F  on  fait  plonger 
son  extrémité  libre  dans  un  vase  V  muni  d'un  trop-plein  R 
destiné  à  maintenir  le  niveau  de  l'eau  à  une  hauteur  constante. 
A  la  fin  de  chaque  opération,  on  lit  la  dépression,  régnant  dans 
l'aspirateur,  sur  le  tube  F.  Comme  contrôle  pendant  les  opéra- 
tions, on  a  d'ailleurs  placé  un  manomètre  à  eau  M,  en  dehoi's 
de  l'aspirateur,  sur  le  tube  amenant  l'air  après  le  barboteur  bb\ 

L'aspirateur  est  muni  d'un  tube  extérieur  II,  en  verre,  servant 
de  niveau  d'eau. 

Pour  rendre  l'écoulement  de  l'eau  constant,  l'aspirateur  est 
muni  d'un  tube  de  Mariotte  NN  plongeant  presque  au  fond  et 
donnant  accès  à  l'air. 

Enfin,  un  ihermomètre  donne  la  température  de  l'air  con- 
tenu dans  l'aspirateur  à  la  fin  de  chaque  opération. 

Le  jaugeage  de  l'aspirateur  a  été  fait  en  pesant  l'eau  qu'il 
peut  contenir,  par  fractions  de  6  kilogrammes  environ.  On  a 
trouvé  de  la  sorte,  dans  deux  opérations,  le  poids  de  HS^«%540 
pour  la  température  de  17*»,  ce  qui  donne,  en  volume,  pour  la 
même  température,  la  capacité  de  114,640  en  tenant  compte  de 
la  densité  de  l'eau. 

Tome  XXXVII.  i 


(  80  ) 


Prâparalion  de  J*eau  de  baryte  et  de  Tacide  chlorhjdriqne 
destinés  à  Fessai  alcalimétrique. 

L'eau  de  baryte  a  été  employée  aussi  concentrée  que  pos^- 
sible  afin  qu'elle  retienne  plus  rapidement  Facide  carbonique; 
cependant,  comme  le  fait  observer  fort  judicieusement  H.  Reiset, 
il  faut  se  mettre  en  garde  contre  les  inconvénients  de  la  cris- 
tallisation dans  les  barboteurs.  Si,  en  effet,  Teau  de  baryte  est 
saturée,  un  abaissement  suffisant  de  la  température  provoque 
la  formation  de  petits  cristaux  de  baryte  qui  adhèrent  au  tube 
barboteur  plus  ou  moins  mélangés  de  carbonate  ;  ceux-ci  peu- 
vent donner  lieu  à  une  erreur  grave. 

Nous  avons  évité  cet  inconvénient  en  prélevant  le  matin, 
à  l'heure  du  minimum  de  température  du  laboratoire,  soit  vers 
8  heures,  l'eau  de  baryte  dans  le  ballon  où  se  trouvait  sa  solu- 
tion saturée  refroidie.  La  température  de  la  journée  allant 
ensuite  s'élevant,  une  cristallisation  n'était  plus  à  craindre;  en 
outre,  le  passage  de  l'acide  carbonique  abaisse  le  titre  de  la 
baryte  beaucoup  plus  rapidement  que  l'évaporation  due  à  la 
circulation  de  l'air  ne  l'augmente  :  cette  circonstance  contribue, 
d'une  manière  puissante,  à  empêcher  la  cristallisation  même  si, 
comme  nous  l'avons  constaté,  la  température  s'abaissait,  par 
accident,  pendant  la  journée  suivante,  au-dessous  de  celle  qui 
régnait  à  l'heure  où  l'on  a  fait  la  prise  de  la  substance. 

On  versait,  pour  chaque  expérience,  125  centimètres  cubes 
d'eau  de  baryte  dans  le  tube  barboteur;  ils  contenaient,  selon 
la  température  du  jour,  de  2«',086  à  2k',780  de  baryte  (BaO) 
correspondant  à  0«',60  ou  0^,80  d'acide  carbonique  (CO^).  La 
quantité  en  poids  d'acide  à  fixer,  dans  les  114^620  d'air  soumis 
à  l'expérience,  étant  presque  toujours  environ  0^,060,  on  pou- 
vait être  assuré  que  la  baryte  se  trouvait  constamment  en 
grand  excès  relativement  à  CO*. 

L'eau  de  baryte  doit  être  saturée  de  carbonate  avant  son 
emploi  :  ce  résultat  s'obtient  inévitablement  si  l'on  a  soin  de 


(  SI  ) 

dissoudre  à  chaud  les  cristaux  d'hydrate  du  commerce,  qui  sont 
toujours  carbonates,  et  de  laisser  refroidir  la  solution  au  con- 
tact de  ce  carbonate,  sans  la  filtrer. 

Pour  déterminer  le  titre  de  la  baryte  nous  avons  fait  usage 
d'une  solution  diluée  d'acide  chlorhydrique.  Elle  renfermait 
0»',01 73624  d'acide  (HCl)  par  centimètre  cube.  Son  titre  avait 
été  déterminé  contradictoirement  par  la  saturation  de  poids 
connus  de  carbonate  de  sodium  sec  et  pur,  et  par  l'analyse  de 
prises  d'essais  d'un  volume  donné,  par  l'azotate  d'argent. 
La  moyenne  des  résultats  fournis  par  l'alcalimétrie  était 
0,01733423  et  la  moyenne  des  résultats  contradictoires  obtenus 
par  l'azotate  d'argent  0,01737067.  Ces  nombres  concordent, 
comme  on  le  voit,  à  0«',00001634  près. 

Ajoutons  encore  que  le  titre  de  l'acide  chlorhydrique  était 
tel  qu'un  centimètre  cube  de  ce  liquide  correspondait  à 
0«',01046  d'acide  carbonique  C02.  Pour  le  calcul  on  peut 
prendre,  sans  inconvénient,  0«%0100,  ce  qui  simplifie  considé- 
rablement les  opérations. 

Reiset  avait  employé  l'acide  sulfurique  pour  titrer  la  baryte, 
mais  cet  acide  a  l'inconvénient  de  former  du  sulfate  de  baryum 
insoluble  qui  trouble  le  liquide  et  peut  gêner  dans  l'estimation 
du  virage  dans  l'essai  alcalimétrique. 

On  s'assurait,  de  temps  en  temps,  de  la  constance  du  titre 
de  l'acide  chlorhydrique  par  des  essais  spéciaux.  Nous  n'avons 
observé  aucune  perturbation  pendant  toute  une  année. 


Eiiai  alcalimétrique. 

Voici  comment  nous  avons  déterminé  le  titre  alcalimétrique 
avant' et  après  chaque  expérience. 

On  prélevait,  à  l'aide  d'une  pipette  lavée  et  rincée  au 
préalable  à  l'aide  d'eau  de  baryte,  comme  il  sera  dit  plus  loin 
à  propos  des  tubes  barboteurs,  50  centimètres  cubes  d'eau  de 
bsffyte  limpide.  Le  liquide  était  versé  dans  un  vase  de  Berlin  à 
fond  plat  et  il  recevait  immédiatement  1  centimètre  cubedetein- 


(  52  ) 

ture  de  lournesol  ^.  On  laissait  couler  ensuite  la  liqueur  titrée 
d'acide  chlorhydrique  au  moyen  d'une  burette  de  Geissler, 
divisée  en  dixièmes  de  centimètres  cubes,  en  agitant  conti- 
nuellement l'eau  de  baryte  jusqu'au  virage  complet.  On  arrive 
aisément,  après  quelque  pratique,  à  fixer  le  point  de  virage  à 
une  goutte  près  d'acide  chlorhydrique  titré.  Comme  la  burette 
dont  nous  nous  servions  débitait  quarante-quatre  gouttes  par 
(centimètre  cube,  l'erreur  comportait  donc  ^fj^  de  centimètre 
(îube;  or,  chaque  centimètre  cube  correspondant  à  0»%010 
de  CO^,  l'erreur  s'évalue  au  maximum,  tout  calcul  fait,  par  une 
quantité  de  baryte  équivalente  à  Ok',000227  d'acide  carbonique, 
(^ette  quantité  rapportée  au  poids  d'acide  carbonique  contenu, 
en  moyenne,  dans  les  114,620  litres  d'air  analysés  chaque  jour, 
donne  une  erreur  en  plus  ou  en  moins  de  0,08  pour  cent,  ce 
qui  est  complètement  négligeable. 

Maniement  de  Tapparell.  —  Pratique  deTanaljse. 

Pour  remplir  l'aspirateur  d'eau,  on  ouvre  le  tube  0  (voir  la 
figure),  puis  on  relie  le  tube  F  à  la  canalisation  d'eau  du  labo- 
ratoire ù  l'aide  d'un  conduit  en  caoutchouc.  Le  remplissage 
demandait  environ  une  heure. 

Pendant  ce  temps,  on  lave  à  l'acide  chlorhydrique  dilué  le 
tube  barboteur  BB',  on  le  rince  à  fond  à  l'eau  pure  d^abord, 
puis  finalement  plusieurs  fois  avec  de  l'eau  de  baryte  au  même 
titre  que  celle  qui  servira  à  fixer  l'acide  carbonique  et,  le  robi- 
net R  étant  fermé  pour  éviter  la  circulation  de  l'air,  on  laisse 
le  tube  égoutter  complètement  en  le  plaçant  verticalement,  le 
robinet  étant  en  haut.  11  est  absolument  indispensable  de  rincer 

*' Cette  leinliire  de  lournesol  avait  été  préparée  en  épuisant  d'abord  à 
l*alcool  bouillant  les  pains  de  tournesol  que  fournit  le  coniniei*ce,  jasqu*à 
enlèvement  complet  des  matières  grasses  et  résineuses  dont  la  présence  rend 
difficile  la  solution  de  la  matière  colorante  dans  Teau.  On  achève  ensuite  eo 
taisant  bouillir  les  pains  avec  de  Peau  pure,  après  départ  de  Talcoot,  filtrant 
et  neutralisant  comme  à  Tordinaire. 


(  53  ) 

le  tube  avec  de  l'eau  de  baryte  si  l'on  veut  obtenir  des  résultats 
précis  ;  nous  en  donnerons  le  motif  plus  loin. 

On  procède  ensuite  au  titrage  de  l'eau  de  baryte  à  employer 
pour  fixer  l'acide  carbonique  de  l'air,  comme  il  vient  d'être  dit, 
et  Ton  en  verse,  à  l'aide  d'une  pipette  jaugée,  123  centimètres 
cubes  dans  le  tube  barboteur.  On  place  celui-ci  verticalement 
sur  un  support  fixe  et  l'on  note  le  niveau  du  liquide  sur 
l'échelle  E;  ensuite  on  met  le  tube  en  place  et,  après  avoir 
raccordé  toutes  les  parties  de  l'appareil,  on  ouvre  les  robinets 
R  et  r.  Après  s'être  assuré  que  l'aspirateur  est  complètement 
rempli  d'eau,  on  ferme  l'ouverture  0,  on  fait  plonger  le 
tube  F  dans  le  vase  V  et  l'on  ouvre  le  robinet  régulateur  D 
de  manière  à  obtenir  une  vitesse  de  circulation  de  l'air  telle 
que  chaque  bulle  séjourne  12  à  15  secondes  dans  les  barbo- 
teurs.  Dans  ces  cx)nditions  il  faut  de  10  à  12  heures  pour  que 
l'aspirateur  se  vide  complètement. 

Quand  ce  résultat  est  atteint,  on  mesure  l'eau  soulevée  dans 
le  manomètre  M  et  dans  le  tube  F  pour  connaître  la  pression 
de  l'air  dans  l'aspirateur;  le  nombre  de  millimètres  d'eau 
soulevée,  divisé  par  13.5,  densité  du  mercure,  fournit  alors  l'in- 
dication nécessaire  pour  le  calcul.  On  note  la  pression  baro- 
métrique, que  l'on  rapporte  à  la  température  de  0*»,  et  enfin  on 
observe  la  température  de  l'aspirateur. 

On  possède  alors  tous  les  éléments  pour  ramener,  par  le 
calcul,  le  volume  de  l'air  humide  contenu  dans  l'aspirateur 
à  0«  et  sous  la  pression  barométrique  normale.  On  fait  usage, 
pour  cela,  de  la  formule  bien  connue 

V(n„-F-p^ 


o,un5(î6oo  7«0 


dans  laquelle  V  est  la  capacité  de  l'aspirateur, 

Ho  la  pression  barométrique, 

F  la  tension  de  la  vapeur  d'eau  à  la  température  t  (fournie 
par  les  tables  spéciales), 

p  la  dépression  du  manomètre  en  millimètres  de  mercure, 

t  la  température. 

Le  volume  de  l'air  Vq  à  0°  et  sous  la  pression  normale  étant 


(  84) 

connu,  on  obtient  le  poids  de  ce  volume  par  le  produit 
Vo  X  1,2934  (1,2934  étant  la  densité  de  l'air  à  (>>). 

On  procède  ensuite  à  la  mesure  de  Tévaporation  provoquée 
dans  le  tube  barboteur  par  la  circulation  de  l'air.  Celle-€i  est 
très  variable  d'une  expérience  à  l'autre  et  elle  doit  être  estimée 
avec  précision  si  l'on  veut  éviter  les  erreurs  dans  l'évaluation 
du  titre  de  l'eau  de  baryte  après  l'expérience. 

On  démonte  le  barboteur  BB,  le  robinet  en  verre  R  étant 
fermé,  et  on  le  fixe  verticalement  dans  le  support  dont  on  a 
déjà  fait  usage  quand  on  a  lu,  sur  l'échelle  E,  la  hauteur  de 
l'eau  de  baryte  dans  le  tube  BB'.  Comme  il  reste  généralement 
un^peu  d'air  dans  le  tube  étroit  ^  on  ouvre  avec  précaution  le 
robinet  R  de  manière  à  déterminer  l'expulsion  de  cet  air 
lentement,  par  l'abaissement  de  la  colonne  liquide;  on  ferme 
le  robinet  sitôt  que  le  liquide  touche  la  clef  du  robinet.  Les 
choses  étant  établies  de  cette  manière,  dans  l'état  où  elles  se 
trouvaient  quand  on  a  fait  la  première  lecture,  on  lit  de  nou- 
veau, sur  l'échelle,  l'afSeurement  du' liquide  et  l'on  a  directe- 
ment en  fraction  de  centimètres  cubes  la  perte  due  à  l'évapora- 
tion  :  on  se  rappelle,  en  effet,  que  l'échelle  E  exprime  des 
centimètres  cubes.  On  se  sert  du  nombre  obtenu  pour  le, 
calcul  du  titre  de  l'eau  de  baryte. 
On  s'occupe  ensuite  du  titrage  de  l'eau  de  baryte. 
Il  faut  éliminer  d'abord  le  carbonate  de  baryum  qui  s'y 
trouve  en  suspension.  Reiset  a  montré  que  l'on  ne  pouvait  pas 
filtrer  de  l'eau  de  baryte  sans  que  le  titre  de  celle-ci  s'abaisse 
d'une  manière  sensible  :  le  papier  ayant  la  propriété  de  con- 
denser sur  ses  fibres  une  certaine  quantité  de  baryte.  Pour 
tourner  cette  difficulté,  Reiset  abandonnait  au  repos  l'eau  de 
baryte  jusqu'à  dépôt  complet  du  carbonate  et  il  soumettait  à 
l'acalimétrie  une  prise  aliquote  de  l'eau  limpide.  Cette  manière 
de  procéder,  qui  demande  du  temps,  était  incommode  pour 
nous,  puisque  nous  avions  pour  objet  de  répéter,  chaque  jour 
pendant  une  année,  l'analyse  de  l'air;  en  outre,  comme  on  le 
verra  par  la  suite,  le  séjour  de  l'eau  de  baryte  dans  un  vase 
en  verre  à  parois  fraîches  provoque  aussi  une  légère  chute 
du  titre. 


(55) 

Pour  ces  motifs  nous  nous  sommes  posé  la  question  de 
savoir  si  l'abaissement  du  titre  par  la  filtration  de  Veaux  de 
baryte  offrait  une  variabilité  telle  qu'il  était  réellement  impos- 
sible d'en  tenir  compte  dans  le  calcul  du  résultat  ou  bien  si, 
peut-être,  en  faisant  usage  des  filtres  identiques  autant  que 
possible,  on  ne  pourrait  évaluer  la  quantité  de  baryte  fixée 
sur  le  papier  du  filtre. 

Voici  la  réponse  que  l'expérience  a  donnée  à  cette  question. 

On  a  fait  varier,  dans  des  essais  successifs,  l'épaisseur  du 
papier,  puis,  dans  d'autres  essais,  la  concentration  de  l'eau  de 
baryte.  On  opérait  dans  tous  les  cas  en  faisant  passer  par  le 
filtre  125  centimètres  cubes,  pour  se  placer  complètement  dans 
les  conditions  de  l'analyse  de  l'air,  et  on  prélevait  sur  le  liquide 
filtré  30  cei\timètres  cubes  qui  étaient  titrés.  On  déterminait 
aussi  le  titre  d'un  témoin  non  filtré  qui  devait  servir  de  point 
de  comparaison. 

Nous  reproduisons  dans  les  tableaux  suivants  les  résultats 
obtenus. 

A.  —  Papier  à  filtrer  d'épaisseur  mtyye^ine, 

50  centimètres  cubes  (i*(  au  (Je  baryte  non /r/^r^f  titrent    .    .    .  25««,!0 

50  —  de  la  même  ^/^r^e  ont  titré 24'*,70 

50  —  —        pUrée      - gi^STO 

30  -  —        fiUrée        - 24",70 

50  —  -        filtrée      — âi^sTO 

B.  —  Papier  à  filtrei'  d'épaisseur  moindre, 

30  ceLtimèlres  cubes  de  la  même  eau  fillrëe  oni  titré    ....    24",70 
50  —  —  pllree      -  ....    24«,70 

50  -  -  filtrée      -         ....     24",70 

II  résulte  donc  de  ces  expériences  que  des  variations  faibles 
dans  l'épaisseur  du  papier  ne  se  font  pas  sentir  dans  le  résultat, 
si,  comme  c'était  le  cas  dans  les  expériences  précédentes, 
toutes  les  autres  conditions  restent  les  mêmes.  On  a  toujours 
eu  une  chute  du  titre  exprimée  par  0*,40. 


(  S6  ) 

Les  expériences  suivantes  ont  éié  faites  au  moyen  d'eau  de 
baryte  de  diverses  concentrations  : 

C.    50  cenlimètres  cubes  d'eau  de  baryte  non  filtrée  lilreiii .    .    .    14«s07 
50  —  —  fiUrée  oniiMré .    .    .    .     13««,87 

50  -  -  fiUrée      —      .    .    .     .     !3**,85 

I)     50  ceiitimèires  cubes  d>au  de  baryle  non  filtrée  onl  titré    .    .  It*«,8e 

50              -                        —           filtrée  oi\i  iiiré .    .         .  M  ««,63 

E.  50  centimètres  cubes  d*enu  de  baryte  non  filtrée  ont  titre  .    .  âl««,60 

50              —             de  la  même  fiitrée  ont  titré 21<«,t2 

50              —                      -        filtrée      -        .....  il««,l2 

F.  50  centimètres  cubes  d'eau  de  baryte  non  filtrée  ont  titré  .     .    Î6««,14 

50  -  de  ta  même  filtrée  ont  titré S5««,74 

50  -  -        fittréi'      -        Î5««,74 

G     50  centimètres  cubes  d'eau  de  baryte  non  filtrée  ont  titré    .    .    39e«,lî 
50  —  de  la  même  filtrée  onl  titré  .    .   «.    .    .    38«,75 

H.    50  centimètres  cubes  d*eau  de  baryle  non  filtrée  ont  titré  .    .    55««»16 

5(»  —  de  la  même  filtrée  onl  titré 54««,70 

50  -  -       filtrée      -        54««,70 

En  rapportant  ces  résultats  obtenus  au  moyen  de  volumes 
de  50  centimètres  cubes  à  des  volumes  de  12o,  on  obtient  le 
tableau  suivant,  qui  indique  l'abaissement  du  titre  suivant  la 
concentration  de  l'eau  de  baryte. 


SI  U5««  d'eau  de  baryte 
filtrée  marquent 

l««  D'EAU  DE  BARYTE 

non  filtrée  marquent 

DIFFÉRENCES. 

6.50 

6.58 

0.08 

13.87 

l'f.07 

0.20 

28.87 

29.55 

0.68 

5i8â 

53.82 

i.OO 

61.75 

6175 

4.00 

64.37 

65.37 

4.00 

06.87 

97.87 

4.00 

436.75 

437.92 

4.47 

(  37  ) 

Ce  tableau  montre  clairement  que,  toutes  autres  cofiditiofis 
restant  les  mêmes,  Teau  de  baryte  perd  d'autant  plus  de  son 
titre  en  passant  par  le  filtre  qu'elle  est  plus  concentrée.  Au 
début  la  perte  grandit  rapidement  avec  le  titre,  mais  bientôt 
elle  progresse  si  peu  qu'elle  paraît  constante  entre  des  limites 
de  titres  relativement  éloignées. 

On  peut  se  servir  des  éléments  figurant  dans  le  tableau  pré- 
cédent pour  tracer  le  diagramme  des  chutes  du  titre  avec  la 
concentration  et  l'on  aura  alors,  d'une  manière  commode,  et 
suffisamment  exacte  si  l'échelle  du  diagramme  a  été  convenable- 
ment choisie,  la  perle  de  titre  correspondant  à  chaque  degré 
de  concentration. 

II  nous  parait  évident,  d'après  ce  qui  précède,  que  l'on 
pourra  filtrer  l'eau  de  baryte  du  tube  barboteur  à  la  condition 
que  l'on  fasse  toujours  usage  de  filtres  de  même  grandeur  et 
de  même  qualité,  et  que  la  filtration  ait  lieu  toujours  dans  le 
même  temps.  Le  diagramme  auquel  il  vient  d'être  fait  allusion 
fournira  les  éléments  nécessaires  pour  corriger  le  nombre 
qui  exprimera  la  chute  du  titre  de  la  baryte  à  la  suite  du  pas- 
sage de  l'air.  Nous  n'insistons  pas  sur  la  manière  de  faire 
la  correction,  elle  est  trop  simple  et  trop  évidente. 

Quelque  garantie  d'exactitude  que  présente  la  pratique  pré- 
cédente, nous  avons  tenu  à  nous  assurer  encore,  par  des  expé- 
riences comparatives,  si  l'on  pouvait,  au  lieu  de  laisser  l'eau  de 
baryte  abandonner  son  carbonate  par  le  repos,  l'en  débarrasser 
par  l'emploi  du  filtre  en  tenant  compte  de  son  influence  sur  le 
litre  de  la  baryte. 

A  cet  efiet,  nous  avons  exécuté  vingt-quatre  analyses  de 
l'air,  à  des  époques  diverses,  sans  filtrer  l'eau  de  baryte  du 
barboteur,  c'est-à-dire  en  opérant  exactement  comme  Reiset 
l'avait  fait. 

Voici  les  résultats  obtenus  : 


(  58  ) 


DATES. 

POIPS  DE  I/AIR 

CO*  EH  POIDS 

G0«  EN  POIDS 

analysé. 

ctilMi4ais  tenir. 

djosiomriir. 

27  décembre  1884  .    . 

franiiiM. 
143.726 

0.0671 

4.07 

27         .       1884  . 

139.687 

0.0684 

4.89 

S  janvier     4885 
8       >         1885 

139.032 

0.6660 
0.0690 

4.74 
4.96 

12  février      1885 

13  » 

76.730 
73.455 

0.0407 
0.0367 

5^ 
4.98 

20       » 

74.042 

0.Ô370 

5.00 

28        . 

76.6C6 

0.0335 

4.37 

24  » 

25  » 

26  » 

76.681 
75.002 
33.084 

0.03:49 
0.0406 
0.0693 

4.42 
540 
5.^4 

27 

9  mars        4885 
10     . 

482.477 
130.421 
136.497 

0.0643 
0.0693 
0.0698 

487 
5.33 
5.42 

11      « 

135.722 

0,0717 

5.29 

13      » 

438.387 

U.0748 

^.49 

16      « 

135260 

0.0674 

4.£6 

18      » 

136.1:47 

0.0626 

4.60 

19      » 

134.920 

0.0635 

4.71 

23      - 

435.760 

0.0716 

530 

25        n 

134.280 

0.0690 

5.14 

26      . 

434.870 

0.0645 

4.78 

27      » 

436.840 

0.061» 

5.42 

«  28      •              » 

136.141 

0.0691 
Moyenne.    .  . 

5.08 

4.931 

Si  Ton  compare  les  nombres  de  la  dernière  colonne  aux 
nombres  figurant  dans  les  tableaux  des  résultats  généraux,  on 
se  convaincra  que  Ton  à  affaire  à  des  grandeurs  du  même 
ordre.  Les  différences  des  résultats  de  chaque  jour  sont  de 
même  nature.  La  moyenne,  4,951,  qui  ici  n'embrasse  que 
vingt-quatre  déterminations,  ne  peut  être  véritablement  com- 
parée à  la  moyenne  des  résultats  généraux,  laquelle  est  déduite 


(  89  ) 

de  deux  cent  soixante-six  observations  ;  cependant  on  remar- 
quera que  les  deux  nombres  4,951  et  5,125  ne  diffèrent  que 
de  0,174,  c'est-à-dire  qu'ils  ne  sont  pas  loin  d'être  identiques 
dans  les  limites  des  erreurs  d'observation.  C'est  ce  que  nous 
montrerons  d'ailleurs  plus  loin. 

Cela  étant,  nous  nous  sommes  décidés  à  filtrer  chaque  jour 
l'eau  de  baryte  du  tube  BB  et  à  tenir  compte  de  l'influence  du 
filtre. 

On  prélevait  dans  le  flacon  où  était  reçu  le  liquide  clair, 
après  la  filtration,  une  prise  de  50  centimètres  cubes,  dont 
on  déterminait  le  titre  comme  il  a  été  dit  plus  haut.  Voici, 
comme  exemple,  la  marche  suivie  pour  le  calcul  d'une  analyse  ; 
elle  contribuera  à  éclairer  la  question  : 

A.  50  centimètres  cubes  d'eau  de  baryte  limpide  ont  titré 
25*^,23  avant  le  passage  de  l'air;  donc  135  centimètres  cubes 
de  la  même  eau  titreront  25,23  X  2,5  =  63.07  ; 

B.  L'évaporation  due  au  passage  de  l'air  par  le  tube  BB  a 
réduit  les  125  centimètres  cubes  d'eau  de  baryte  à  124"=,10. 

50  centimètres  cubes  prélevés  dans  ces  124*^,10  filtrés  ont 
titré  22«,24;  par  conséquent  les  124«^,10  titreront 

?!:?ili!i!5  =  55  2o. 

50 

La  différence  63.07  —  55,20  =  7.87  représente  la  chute  du 
titre  due  à  l'action  de  l'acide  carbonique  de  l'air  et  à  l'influence 
du  filtre. 

Cette  dernière  a  la  valeur  1,00  (voir  p.  56),  donc  7,87  — 1,00 
s  6,87  représente  l'abaissement  du  titre  de  la  baryte  par 
l'action  de  l'acide  carbonique  qui  a  passé  par  le  tube  BB. 
Comme  le  titre  de  l'acide  chlorhydrique  employé  a  été  choisi 
de  manière  que  1  centimètre  cube  de  la  liqueur  décime 
représente  0«%01  d'acide  carbonique,  le  poids  d'acide  carbo- 
nique sera  : 

0,0087. 

D'autre  part  11 4*,620  d'air  ont  circulé  par  BB  sous  la  près- 


(  «0  ) 

sion  barométrique  réduite  763.5,  à  la  température  de  7"  et  sous 
la  dépression  10™",9  de  mercure,  donc  : 

mjaM765^(.0.9.v7.H>]  ^ 

"  760  X  I.0i57 

puis 

109542  X  I,293i=l41«'.«57; 

enfin 

0.0687 

X  10  000  =  4.849. 

141  637 

On  calcule  d'une  manière  analogue  la  proportion  en  vohime 
de  l'acide  carbonique  contenue  dans  10  000  volumes  d'air. 

Jiisliricaiion  de  la  niélhode  (l*analjie  adoptée.  —  Son  degré  d*exac(iliide. 

A.  -^  De  la  vitesse  de  circulation  de  l'acide  carbonique 
par  les  tubes  barboteurs. 

Pour  assurer  le  degré  d'exactitude  du  dosage  de  l'acide  car- 
bonique il  y  a  lieu  d'augmenter  autant  que  possible  le  volume 
d'air  soumis  à  l'analyse.  Cela  est  d'autant  plus  nécessaire  que 
l'on  n'a  en  réalité  que  des  dix-mUlièmes  à  doser.  C'est  guidé  par 
cette  considération  que  Reîset  a  porté  jusqu'environ  500  litres 
le  volume  de  l'air  dans  ses  expériences. 

Cependant,  si  la  durée  des  expériences  est  limitée  à  un 
nombre  d'heures  relativement  restreint,  ce  qui  est  générale- 
ment le  cas,  une  augmentation  trop  grande  du  volume  de  Tair 
fait  naître  un  inconvénient  qui  peut  aller  jusqu'à  renverser  les 
chances  d'exactitude  plus  grande  provenant  de  la  plus  forte 
quantité  d'air  examiné.  Il  est  clair,  en  effet,  qu'il  faut  alors 
flaire  circuler  l'air  avec  une  grande  vitesse  par  l'appareil  pour 
terminer  une  opération  dans  le  délai  voulu,  mais  alors  les 
dernières  traces  d'acide  carbonique  ne  sont  plus  retenues  par 
l'eau  de  baryte. 

Reiset  fait  déjà  remarquer  que  l'eau  de  baryte  des  dernières 
boules  de  son  barboteur  ne  restait  limpide  que  si  le  débit  de 
l'air  n'était  pas  trop  grand;  il  semble  ressortir  de  son  travail 


(  «1  ) 

que  ce  savant  concluait  à  Tabsorption  totale  de  Tacide  carbo- 
nique quand  le  liquide  des  dernières  boules  n'était  plus  troublé. 
Il  ne  nous  paraît  pas  cependant  que  cette  marque  soit  suffisante. 
En  efiTet,  si  par  Teau  de  baryte  bien  limpide  d'un  barboteur 
passe  seulement  un  petit  volume  d'air  normal  (environ  une 
trentaine  de  centimètres  cubes),  on  ne  saisit  encore  aucun 
trouble  et  cependant  on  doit  admettre  qu'il  y  a  de  l'acide  car- 
bonique fixé  sur  la  baryte  :  le  trouble  ne  parait  que  plus  tard. 
En  outre,  lorsque  par  suite  de  son  passage  par  un  premier  bar- 
boteur l'air  s'est  dépouillé  de  la  plus  grande  partie  de  son  acide 
carbonique,  il  peut  traverser,  avec  la  même  vitesse,  un  second 
barboteur  sans  que  la  production  de  carbonate  de  baryum 
soit  immédiatement  visible.  C'est  ainsi  que  dans  notre  appareil 
le  tube  témoin  n'a  commencé  à  montrer  un  dépôt  de  carbonate 
qu'après  plusieurs  mois  d'usage.  On  doit  nécessairement  conclure 
de  là  que,  malgré  la  lenteur  avec  laquelle  l'air  a  circulé  dans  nos 
expériences,  tout  l'acide  carbonique  n'était  pas  retenu  dans  le 
tube  BB.  Nos  nombres,  bien  que  supérieurs  à  ceux  obtenus  par 
Reiset,  doivent  être  encore  au-dessous  de  la  réalité. 

Nous  avons  donc  cru  utile  de  déterminer,  par  l'expérience, 
la  vitesse  qu'il  convenait  de  donner  à  l'air  pour  obtenir  un 
résultat  aussi  exact  que  possible;  celle-ci  règle  ensuite  le 
nombre  de  litres  d'air  à  faire  passer  par  l'appareil  pendant  une 
journée,  c'est-à-dire  qu'elle  détermine  la  capacité  de  l'aspira- 
teur à  employer. 

Nous  ferons  remarquer  que  des  expériences  sur  l'influence 
de  la  vitesse  de  l'air  ne  peuvent  être  instituées  au  moyen  des 
tubes  barboteurs  que  nous  avons  employés.  Le  séjour  de  l'air 
dans  les  tubes  est,  en  effet,  indépendant,  entre  certaines  limites, 
de  la  dépression  de  l'aspirateur;  il  est  surtout  déterminé  par 
Yinclinaison  du  tube,  une  bulle  entrant  dans  le  tube  par  l'ex- 
trémité inférieure  cheminant  d'autant  plus  lentement  que  le 
tube  est  moins  incliné.  A  la  vérité,  si  on  augmente  la  dépres- 
sion de  l'aspirateur  en  activant  l'écoulement  de  l'eau,  un  plus 
grand  nombre  de  bulles  pénétreront  dans  le  tube  barboteur, 
pendant  l'unité  de  temps,  mais  chaque  bulle  ne  séjournera  ni 
plus  ni  moins  longtemps  dans  l'appareil. 


(62) 

Pour  ce  motif  nous  avons  monté  un  triple  barboteur  iden- 
tique à  celui  dont  Reiset  a  fait  usage.  Il  rappelle,  en  somme, 
une  suite  de  flacons  laveurs  dont  les  parties  sont  coudées  les 
unes  aux  autres  afin  d'éviter  les  embarras  des  joiiUs, 

Voici  d'abord  les  résultats  numériques  obtenus. 

PREMIÈRE  EXPÉRIENCE  : 

Pression  barométrique  réduite  à  0^  =  789.15. 

Température  «  12*». 

Dépression  dans  l'aspirateur  8"",2. 

Poids  d'acide  carbonique  fixé  OJ'.OSâi. 

Volume  d'air  114',620. 

Poids  de  l'air  employé  138«%264. 

Durée  de  Fexpérience  1  heure  18  minutes. 

Résultat  :  poids  de  l'acide  carbonique  sur  10  COOs^  d'air  : 

3.80. 
DEUXIÈME  EXPÉRIENCE  DE  CONTRÔLE  : 

Pression  barométrique  réduite  755.6. 

Température  12®. 

Dépression  dans  l'aspirateur  8"™,5. 

Volume  d'air  =  114.620. 

Poids  d'acide  carbonique  0»%0821. 

Poids  de  l'air  employé  138«',298. 

Durée  de  l'expérience  1  heure  19  minutes. 

Résultat  :  poids  de  l'acide  carbonique  sur  10  600  d'air  : 

3.76. 

Ce  résultat  est  identique  au  précédent. 

TROISIÈME  EXPÉRIENCE  : 

Pression  barométrique  réduite  =  758.9. 

Température  12*». 

Dépression  dans  l'aspirateur  8"". 


(  63  ) 

Volume  d'air  =  il4i,620. 

Poids  d'acide  carbonique  fixé  0,0647. 

Poids  de  l'air  employé  138.264. 

Durée  de  l'expérience  2  heures  50  minutes. 

Résultat  :  poids  de  l'acide  carbonique  sur  10  000  d'air  : 

4.63. 

JV.  B.  Le  débit  de  l'air,  dans  cette  expérience,  était  égal  à 
celui  des  expériences  de  Reiset;  le  résultat  se  confond  presque 
avec  celui  trouvé  par  ce  savant. 

QUATRIÈME  EXPÉRIENCE  : 

Pression  barométrique  réduite  756.5. 

Température  12°. 

Dépression  dans  l'aspirateur  &»»,8. 

Volume  de  l'air  :  114.620. 

Poids  d'acide  carbonique  fixé  0,0814. 

Poids  de  l'air  employé  139.000. 

Durée  de  l'expérience  10  heures  22  minutes. 

Résultat  :  poids  de  l'acide  carbonique  sur  10  000  d'air  : 

5.85. 

On  voit  que  l'effet  de  la  vitesse  de  l'air  est  extrêmement  sen- 
sible :  en  faisant  varier  la  vitesse  de  l'',18'  à  10**,22'  la  quantité 
d'acide  carbonique  recueillie  a  augmenté  de  3,78  à  5,85,  soit 
dans  le  rapport  de  154  à  100.  II  est  donc  de  toute  nécessité 
de  prolonger  autant  que  possible  la  durée  du  contact  de  l'acide 
carbonique  et  de  l'eau  de  baryte.  C'est  pour  satisfaire  à  cette 
condition  que  nous  avons  fait  usage  d'un  barboteur  de  la 
forme  que  nous  avons  décrite,  et  que  nous  avons  fait  durer 
chaque  expérience  une  douzaine  d'heures  environ.  II  devenait 
impossible,  dans  ces  conditions,  de  faire  usage  d'un  aspira- 
teur jaugeant  plus  de  114  litres. 

Si  l'on  compare  la  durée  du  contact  de  l'air  et  de  la  baryte 
dans  nos  expériences  et  dans  celles  de  H.  Reiset,  on  s'assurera 
qu'elle  a  été  environ  six  fois  plus  grande  dans  nos  analyses. 


(  64  ) 

C'est  peut-être  là  une  des  raisons  pour  lesquelles  nos  résultats 
sont  un  peu  plus  élevés,  en  valeur  absolue.  Quoi  qu'il  en  soit, 
nous  le  répétons,  on  ne  doit  cependant  pas  les  considérer 
comme  exprimant  rigoureusement  la  proportion  diacide  car- 
bonique contenue  dans  Pair  de  Liège  ;  ils  ne  marquent  qu'une 
limite  inférieure. 

Nous  n'abandonnerons  pas  ce  paragraphe  sans  faire  remar- 
quer que  HM.  Hûntz  et  Aubin  ^  ont  fait  circuler  l'air  plus 
rapidement  encore,  dans  leurs  analyses,  que  c'était  le  cas  dans 
les  recherches  de  H.  Reiset.  Toutefois,  ce  que  nous  venons  de 
dire  n'infirme  pas  nécessairement  leurs  résultats,  attendu  que 
ces  savants  retenaient  l'acide  carbonique  à  l'aide  de  potasse  en 
solution  concentrée  et  qu'il  est  bien  entendu  que  nous  n'avons 
expérimenté  qu'au  moyen  d'eau  de  baryte. 

B.  —  De  la  dessiccation  de  l'air  servant  au  dosage 
de  l'acide  carbonique. 

Dans  les  méthodes  de  dosage  de* l'acide  carbonique  par  la 
pesée  des  appareils  où  ce  corps  se  trouve  retenu,  il  importe  de 
dessécher  au  préalable  l'air  aussi  complètement  que  possible. 
Ceci  est  évident;  aussi  n'insisterons-nous  pas. 

On  peut  se  demander  si  cette  pratique  est  encore  utile  quand 
l'air  est  forcé  de  circuler  dans  de  Veau  de  barj^te  où  l'on  évalue, 
par  un  procédé  d'analyse  volumétrique,  l'acide  carbonique 
retenu.  Si  nous  ne  nous  trompons  pas,  presque  tous  les 
opérateurs  ont  procédé  à  une  dessiccation  préalable  de  l'air  ; 
Pettenkofer  et  quelques  autres  chimistes  seulement  se  sont 
écartés  de  cette  pratique.  Si  même  cette  manière  d'agir  n'avait 
pour  justification  qu'un  long  usage,  on  aurait  déjà  une  raison 
sufiisante  pour  simplifier  la  méthode  de  dosage  en  supprimant 
de  l'appareil  une  pièce  inutile.  Mais  il  .y  a  mieux  encore. 
D'après  Hlasiwetz^,  on  n'obtiendrait  que  des  résultats  erronés 
dans  le  dosage  de  l'acide  carbonique  par  la  circulation  de  l'air 

<  Annales  de  chimie  et  de  physique,  I.  XXVI,  pp.  237  el  suiv.;  I88i. 
«  Chemisches  Centraiblali,  1856,  p  515. 


(  65  ) 

sec  sur  de  la  potasse,  d'après  la  méthode  de  Brunner,  non  seu- 
lement parce  que  la  potasse  absorberait  de  l'oxygène  de  l'air, 
mais  aussi  parce  que  racide  sulfuriqve  employé  pour  sécher  l'air 
absorberait  déjà  une  certaine  quantité  d'acide  carbonique.  Il  pro- 
pose même  une  méthode  spéciale  de  dosage  de  l'acide  car- 
bonique de  l'air,  destinée  à  éviter  les  erreurs  produites  par 
remploi  de  l'acide  sulfurique.  Il  faut  le  reconnaître,  si  l'obser- 
vation de  M.  Hlasiwetz  n'est  pas  erronée,  l'exactitude  de  bien 
des  déterminations  d'acide  carbonique  doit  être  mise  en  doute. 
Il  importe  donc  de  vérifier  la  solubilité  de  l'acide  carbonique 
dans  l'acide  sulfurique. 

A  la  vérité,  le  fait  a  été  observé  il  y  a  longtemps.  Peut-être 
même  a-t-il  été  oublié  depuis.  W.-B.  et  R.-E.  Rogers  ^  ont 
trouvé  que  100  volumes  d'acide  sulfurique  concentré  absor- 
baient 9i  volumes  d'acide  carbonique.  L'acide  sulfurique 
fumant  en  absorberait  125. 

L'exactitude  de  cette  observation  a  été  contestée  par  Noad 
qui,  sans  nier  la  solubilité  de  l'acide  carbonique  dans  l'acide 
sulfurique,  dit  qu'elle  est  si  faible  qu'il  n'y  a  pas  lieu  d'en 
tenir  compte.  W.-B.  et  R.-E.  Rogers  répliquèrent  en  soumet- 
tant leurs  premières  expériences  à  un  nouveau  contrôle  et  en 
produisant  la  confirmation  de  leurs  résultats. 

Pour  nous  assurer  à  notre  tour  de  la  chose,  nous  avons 
rempli  une  cloche  graduée  d'acide  carbonique  sec,  sur  le  mer- 
cure, puis,  à  l'aide  d'une  pipette  courbe,  nous  avons  introduit 
dans  la  cloche  10  centimètres  cubes  d'acide  sulfurique. 

Après  34  heures  de  contact,  l'acide  sulfurique  avait  absorbé 
5  centimètres  cubes  d'acide  carbonique  et  après 48  heures  6'*,5. 
Une  expérience  de  contrôle  donna  le  même  résultat.  Nous 
avons  constaté  qu'après  un  certain  temps  l'absorption  de 
Tacide  carbonique  devient  extrêmement  lente;  elle  n'avait  pas 
totalement  cessé  après  une  semaine  entière.  Comme  il  ne  s'agis- 
sait pas,  dans  l'espèce,  de  mesurer  le  coefficient  de  solubilité  de 
l'acide  carbonique  dans  l'acide  sulfurique,  mais  de  s'assurer 

«  Jakresbericht  Uber  Chemie,  elc,  1847-1848,  p.  334. 

Tome  XXXVII.  •  5 


(  66  ) 

seulement  de  la  réalité  de  cette  solubilité,  nous  n'avons  pas 
poussé  nos  expériences  plus  loin. 

On  le  voit  donc,  la  solubilité  de  Tacide  carbonique  est  rét^lle; 
cependant,  comme  elle  n'est  pas  considérable,  il  s'agit  encon» 
de  savoir  si  elle  se  fait  sentir  dans  l'analyse  de  l'air  atmosphé- 
rique. Des  expériences  de  contrôle  direct  ont  été  instituées 
à  cette  fin. 

Comme  la  quantité  d'acide  carbonique  de  l'air  n'est  pas 
absolument  constante  d'un  jour  à  l'autre,  il  importe  de  faire 
les  mesures  comparatives  au  même  moment.  Â  cet  eifet  nous 
avons  monté  deux  apj)areils  Uimtiques  dam  toutes  leurs  parties 
([ui  puisaient  l'air  à  la  même  place,  présentaient  un  développe- 
ment de  tubes  égal,  recevaient  une  charge  égale  d'eau  de  baryte, 
fonctionnaient  avec  la  même  vitesse,  en  un  mot,  deux  appareils 
permettant  d'exécuter  deux  opérations  parallèles.  L'un  d'eux 
(levait  servir  à  l'analyse  de  l'air  non  desséché  au  préalable  par 
de  l'acide  sulfurique  et  l'autre  à  l'analyse  de  l'air  sec.  Il  est 
évident  que  si  la  dessiccation  de  l'air  est  sans  influence  sur  la 
proportion  d'acide  carbonique  les  deux  appareils  doivent  conti- 
nuer à  fournir  des  résultats  identiques,  si  tel  était  le  cas  lorsque 
Tair  n'était  desséché  dans  aucun  d'eux. 

Nous  avons  donc  vérifié  d'abord  le  fonctionnement  des  deux 
appareils  pour  le  cas  où  aucun  d'eux  n'était  muni  d'un  dessic- 
cateur.  Voici  les  résultats  : 


I 

i*'  APPARKII.. 

2«  APPAREIL. 

ACiOC  CARBOMQLC 

'  Pression. 

Tempé- 

Volume 

Acide 

Volume 

Acide 

...r                 ! 

40  (l§§  d'air  Cl  ftids. 

! 

rature. 

de 

car- 

de 

car- 

4« 

îf 

' 

l*«ir. 

bonique 

l'air. 

bonique. 

J^partil. 

i^prril.  , 

7H4  4 

5- 

UlB'âO 

0,0712 

75.Î00 

0.0*74 

4.î« 

5.00    , 

767.1 

8- 

114.620 

0,0(UH 

75;i00 

0045* 

4.80 

4^^ 

7?ir>.5 

40».5 

75,-200 

0,0450 

i  U.({«) 

0,0694 

4.9« 

4.99 

(  67  ) 

Les  nombres  des  dernières  colonnes,  qui  expriment  le  poids 
(le  Tacide  carbonique  contenu  dans  10000  parties  d'air,  dif- 
fèrent respectivement  de  0,08,  0,03  et  0,07.  Ces  différences, 
négligeables  d'ailleurs,  montrent  ce  que  Ton  peut  exiger  dans 
la  concordance  des  résultats  fournis  par  les  deux  appareils 
fonctionnant  contradictoirement. 

Ce  point  fixé,  nous  avons  interposé  dans  la  canalisation 
amenant  l'air  au  premier  appareil  un  dessiccateur  formé  de 
trois  barboteurs  en  verre,  en  forme  de  flacons  laveurs,  dans 
lesquels  se  trouvaient  répartis  environ  100  centimètres  cubes 
d'acide  sulfurique  pur  concentré,  tel  que  le  commerce  le 
fournit.  Nous  avons  fait  quatre  déterminations  comparative- 
ment avec  le  second  appareil  où  l'air  n'était  pas  desséché. 

Voici  les  résultats  obtenus  : 


I  Frttsiii 


AIR  DESSÉCHÉ. 


AIR  NON  DESSÉCHÉ. 


Volame 
l'air. 


Poids 
dt  ce  Ttlone 

à  0*  et  760. 


Volume 

de 

l'air. 


Poids 
le  re  Tolone 

■  o«  et  7«0. 


ACIDB  CAaBOKIQCI 
•or 

looood'air  PB  poids. 


séché. 


OAfl  séchr, 


I 


760.6 
751.8 

763;; 


414.6^20 

75.300 

4i*.e20 

114.620 


482.268 
90.996 
13t.Ml 
141.657 


0,0705 
0,0430 
0,0624 
0,0648 


64.500 

414.620 

73.200 

75.300 


76.730 

437.342 

88976 

93.900 


0,0407 
0,0726 
0,04:tô 
0,0440 


5.21 
4.91 
4.6* 
4.57 


MOYLNNE. 


4.84 


3.30 
528 
488 
4.68 


5  03 


0,09 
0,34 
0,24 
0,41 


Le  résultat  nous  paraît  évident.  Les  différences  des  nombres 
correspondants  sont  plus  grandes,  exceplé  pour  le  premier 
couple,  que  celles  des  nombres  correspondants  des  expériences 
contradictoire  sprécédentes.  La  dessiccation  de  l'air  a  fait  cesser 
la  concordance  des  résultats.  En  outre,  et  ceci  est  un  point 
capital,  la  proportion  en  acide  carbonique  dans  l'air  desséché 
u  toujours  été  trouvée  plus  faible,  ce  qui  porte  à  croire  que 


(  68  ) 

Faeide  sulfuriquc  a  peut-être  retenu  l'acide  carbonique.  C^IU* 
conclusion  demande  cependant  une  contre-épreuve,  car  il  se 
pourrait  que  l'air  non  desséché  agisse  sur  Teau  de  baryte  de 
manière  à  en  abaisser  le  titre  pour  tout  autre  motif,  à  nous 
inconnu,  que  la  présence  de  l'acide  carbonique. 

Cette  contre-épreuve  a  été  donnée  en  faisant  passer  par  les 
barboteurs  à  acide  sulfurique  des  expériences  précédentes,  àr 
Cair  privé  d'acide  carbofiique  et  en  s'assurant  si  cet  air,  au  sortir 
de  l'acide  sulfurique,  formait  du  carbonate  de  baryum  avec 
l'eau  de  baryte. 

A  cet  effet  nous  avons  placé  les  barboteurs  à  acide  sulfu- 
rique entre  les  tubes  BB  et  bb.  Le  tube  BB,  chargé  de  baryte, 
devait  retenir  l'acide  carbonique  de  l'air  et  le  tube  bb,  dans  ces 
conditions,  devait  faire  connaître  si  l'acide  sulfurique  cédait 
de  l'acide  carbonique  à  l'air. 

Trois  expériences  ont  été  faites,  elles  ont  donné  un  résultat 
intéressant  et  peut-être  décisif.  Chaque  fois,  après  un  passage' 
de  ^^4^620  d'air,  le  tube  bb  s'est  couvert  intérieurement  d'un 
léger  enduit  blanc,  soluble  dam  l'acide  chlorhydrique  très  dilué. 
Cet  enduit  n'était  donc  pas  du  sulfate  de  baryum.  Voici  d'ail- 
leurs les  résultats  du  titrage  de  l'eau  de  baryte  avant  et  après 
chacune  de  ces  expériences  : 


TITRE 

TITRE 

DirriBENCB. 

CE  QUI  0OSXK 
pour 

l"'  ('xjiériencc  .... 

«««■c. 

«prén. 

4OO064'«irfi|«idv 

68.7^ 

68.18 

0,0057 

0,4:^ 

i-           .          .... 

65.62 

65.H 

0,0054 

0,37 

;î«          »         .... 

1 

o7.m 

67.0S 

0,0032 

0,22 

Dans  une  expérience  de  contrôle  dont  le  but  était  de  savoir 
si  le  premier  tube  retenait  complètement  l'acide  carbonique 
de  l'air,  nous  avons  trouvé  un  abaissement  du  titre  de  l'eau  dr 
baryte  du  tube  bb  conduisant  à  0,14  sur  10  000  d'air  lorsque 


(  «9  ) 

les  barboteurs  à  acide  sulfurique  étaient  exclus.  Far  conséquent 
il  y  a  un  peu  d'acide  carbonique  qui  passe  par  BB  sans  être 
i-etenu  ;  c'est  ce  que  nous  avons  déjà  eu  l'occasion  de  dire,  et 
los  nombres  de  la  dernière  colonne  du  tableau  précédent  ne 
doivent  pas  être  pris  avec  leur  valeur  absolue. 

Il  est  évident,  toutefois,  que  chacun  d'eux  dépasse  notable- 
ment la  fraction  0,14;  en  outre,  ils  accusent  une  diminution 
constante  du  premier  au  dernier;  ceci  trouve  une  explication 
loute  naturelle  si  l'on  fait  attention  que  l'acide  sulfurique  doit 
se  dépouiller  continuellement  d'acide  carbonique  à  mesure  du 
passage  de  l'air  pur. 

Tout  porte  donc  à  croire  que  l'emploi  de  l'acide  sulfuri(iue 
pour  dessécher  l'air  n'est  pas  à  l'abri  de  la  critique;  mais  il  y 
a  plus.  Si  nous  reprenons  les  nombres  de  l'avant-dernier 
tableau  pour  les  comparer  à  leur  valeur  moyenne  respective, 
nous  arrivons  à  : 


ACIDF.  CARBONIQUE 

DIFFÉREXCK 

ACIDE  CARBONIQUE 

DIFFÉRENCE 

•ur 

dria 

*ar 

deU 

1  e  000  d'air  srrbr. 

moyenne  (4. 84;. 

10  000  4*airieiséché 

moyenne  ;5.03) 

.Vil 

().H7 

5.30 

0.27 

4.91 

0.10 

0.28 

0.25 

UM 

o.âo 

4.88 

0.15 

Vol 

o.tn 

4.G8 

0.35 

SIOYKNNK.  .  .   4.81 

o.t>:vi 

0.255 

C'est-à-dire  qu'm  moyenne  la  proportion  d'acide  carbonique 
s  est  montrée  moins  variable  dans  l'air  desséché  sur  l'acide  sul- 
furique que  dans  l'air  non  desséché  :  en  un  mot,  l'acide  sulfurique 
a  fonctionné  o  l'instar  d'un  régulateur.  Ceci  n'a  rien  que  de  très 
naturel;  en  effet,  chaque  fois  que  la  tension  de  l'acide  carbo- 
nique est  plus  grande  dans  l'air  que  dans  l'acide  sulfurique,  ce 
dernier  doit  retenir  une  certaine  quantité  d'acide  carbonique  ; 
«lans  le  cas  inverse  il  doit  en  céder. 


(  70  ) 

En  suite  des  faits  précédents,  nous  avons  cru  devoir  sup- 
primer, dans  nos  analyses,  la  dessiccation  préalable  de  Tair. 
On  peut  même  se  demander  si  la  variation  plus  grande  de 
nos  résultats  comparativement  à  ceux  de  Reiset,  ainsi  que  la 
quantité  plus  grande  d'acide  carbonique  obtenue  par  nous, 
ne  trouverait  pas,  m  partie  du  moitis,  sa  raison  d'être  dans  la 
suppression  de  la  dessiccation  de  l'air. 

C.  — -  Le  caoutchouc  dissout  de  l'acide  carbonique. 

liCS  diverses  parties  en  verre  de  l'appareil  servant  à  doser 
l'acide  carbonique  sont  reliées  à  l'aide  de  tubes  en  caoutchouc. 
Dans  les  nombreuses  expériences  préliminaires  que  nous  avons 
faites,  il  nous  a  paru  qu'il  n'était  pas  indifférent  de  faire  cir- 
culer l'air  par  des  tubes  en  caoutchouc  présentant  un  certain 
développement  ou  bien  par  des  tubes  en  verre  exactement  rac- 
cordés. Nous  avons  tenu  à  nous  assurer  si  le  caoutchouc  m* 
retenait  pas  une  certaine  quantité  d'acide  carbonique. 

Pour  cela  nous  avons  introduit  4«%S00  de  caoutchouc  noir 
désulfuré,  provenant  d'un  tube  découpé  en  tranches  de  4  mil- 
limètre d'épaisseur  environ,  dans  une  cloche  graduée  qui  avait 
été  remplie  d'acide  carbonique  sur  le  mercure.  Après  24  heures 
le  caoutchouc  avait  absorbé  .5",o  d'acide  carbonique.  A  la  vérité, 
cette  quantité  est  minime;  cependant  la  solubilité,  ou  tout  au 
moins  l'absorption  de  l'acide  carbonique  par  le  caoutchouc  est 
évidente. 

Nous  ne  sommes  pas  les  premiers  à  constater  cette  propriété 
du  caoutchouc.  MM.  Mûntz  et  Aubin  l'avaient  déjà  obsen'ée  h 
l'occasion  de  leur  travail  sur  l'acide  carbonique  de  l'air.  A  ia 
page  330  de  leur  mémoire  ^  ils  font  savoir  qu'ils  retenaient 
l'acide  carlionique  dans  des  tubes  renfermant  de  la  ponce 
potassée,  bouchés  par  des  obturateurs  en  caoutchouc.  «  Ct^s 
»  tubes  ont  donné  des  résultats  satisfaisants,  chaque  fois  que 
»  l'extraction  de  l'acide  carbonique  suivait  de  près  la  prist» 

»  Annales  de  chimie  et  de  physique,  l.  XXVI  ;  1882. 


(  71   ) 

»  d'échantillon.  »  Mais  ils  ontremarquë  a  qu'au  bout  dequelque 
»  temps  il  se  produisait  aux  dépens  du  caoutchouc  (?),  et  mal- 
»  gré  les  précautions  prises  pour  empêcher  tout  contact  de  la 
»  potasse  avec  les  bouchons,  une  certaine  quantité  d'acide  car- 
»  bonique  qui,  venant  s'ajouter  à  celui  de  la  prise,  enlevait 
»  toute  précision  à  ces  dosages.  » 

D'après  nos  observations  personnelles,  les  obturateurs  en 
caoutchouc  devaient  céder  de  l'acide  carbonique  puisque  la 
présence  de  l'excès  de  potasse  qu'ils  renfermaient  annulait 
d'une  manière  continue  la  tension  de  ce  gaz. 

Nous  n'avons  pas  mesuré  directement  l'influence  de  l'emploi 
de  tubes  en  caoutchouc  plus  ou  moins  longs  sur  les  variations 
(le  la  proportion  d'acide  carbonique  de  lair.  Cependant  nous 
avons  cru  devoir  supprimer,  autant  que  possible,  l'emploi  de 
cette  matière  pour  nous  placer  dans  les  meilleures  conditions. 
C'est  pour  ce  motif  que  nous  avons  toujours  fait  les  raccords 
(les  tubes  de  notre  appareil  de  manière  que  les  bouts  des  tubes 
se  touchent  sous  l'ajutage  en  caoutchouc  et  que  nous  avons 
même  soudé  les  tubes  /  et  t'  aux  tubes  BB'  et  bb', 

D.  —  Expériences  à  blanc.  Propriété  de  la  baryte 
de  se  concentrer  sur  le  verre. 

Nous  avons  fait  un  certain  nombre  d'expériences  à  blanc  en 
vue  de  vérifier  si  la  manœuvre  de  l'analyse  n'amène  pas  de 
(Rangement  dans  le  titre  de  l'eau  de  baryte.  A  cet  effet,  nous 
avons  répété  toutes  les  manipulations  que  l'on  doit  faire  pour 
un  dosage,  moins  la  circulation  de  l'air  par  les  barboteurs. 

Nous  sommes  arrivés  à  des  résultats  assez  inattendus  que 
nous  allons  faire  connaître  dans  l'ordre  où  ils  ont  été  obtenus. 

PRRMIËRR  EXPÉRIENCK  : 

Toutes  les  parties  de  l'appareil  ont  été  lavées  d'abord  à  l'aide 
(l'une  solution  diluée  d'acide  chlorhydrique,  puis,  à  fond,  à 
l'eau  pure  et  enfin  desséchées. 


{  72  ) 
Dans  ces  conditions  le  titre  de  baryte  a  été 


Avant 

Apres 

la  manœuvre. 

la  manœuvre 

6187 

6162 

65.U0 

64.75 

La  différence  de  ces  titres,  0,2S,  est  considérable  el  produi- 
rait une  erreur  de  Op%48o  acide  carbonique  snr  10  000  d'air 
en  poids. 

DKUXIÉME  RXPÉRIEXCK  : 

L'appareil  a  été  rincé  à  la  baryte  après  leniploi  de  l'acide 
chlorhydrique,  puis  lavé  à  fond  à  Teau  pure,  etc. 


Titre  avant. 

Titre  après. 

Dififcrences. 

68.62 

68.50 

0.15 

73.0?> 

7â.8H 

0.17 

Ainsi,  dans  ce  cas,  les  diftërences  sont  devenues  plus  petites. 
On  peut  être  porté  à  croire  que  cette  diminution  provient  de 
ce  que  l'eau  de  baryte  a  neutralisé  des  traces  d'acide  chlorhy- 
drique échappées  au  lavage  à  l'eau.  Cependant  : 

TUOISIËME  EXPÉHIENCE  ! 

L'appareil  a  été  préparé  comme  pour  l'expérience  n"*  2,  mais 
la  vérification  du  titre  n'a  eu  lieu  que  48  heures  après  le  rem- 
plissage. On  a  obtenu  : 


Titre  avant. 

Titre  après. 

Différences. 

74  32 

74  05 

0JÎ7 

80.  to 

70  84 

0.51 

La  durée  du  séjour  de  l'eau  de  baryte  exerce,  par  conséquent, 
une  influence  notable  sur  le  titre  de  l'eau  de  baryte.  Comme 
l'appareil  avait  été  maintenu   hermétiquement  clos  pendant 


(  73  ) 

tout  ce  temps  on  ne  pouvait  faire  qu'une  hypothèse,  savoir 
que  le  verre  fixait  une  certaine  quantité  de  baryte. 

Pour  vérifier  cette  supposition  par  l'expérience  nous  avons 
opéré  comme  il  suit  : 

Dans  un  premier  fiacon  nous  avons  introduit  une  certaine 
quantité  de  verre  pilé  débarrassé  de  poudre  fine  par  un  tamisage 
(o9«',190)  afin  de  multiplier  le  développement  de  surface  du 
verre,  puis  150  centimètres  cubes  d'eau  de  baryte  au  titre  de 
78,60;  après  agitation  et  repos  de  cinq  minutes,  le  titre  de  l'eau 
de  baryte  a  été  déterminé  de  nouveau  et  trouvé  égal  à  77,85. 
II  s'est  donc  produit,  après  cinq  minutes  déjà,  un  abaissement 
de  titre  marqué  par  78.60  —  77.75  =  0.85. 

Mais  on  sait  que  le  verre  communique  de  Valcalinité  à  l'eau 
d'autant  plus  rapidement  qu'il  est  plus  divisé.  Pour  tenir 
compte  de  ce  fait  et  éviter  l'erreur  qu'il  entraîne,  nous 
avons  introduit  dans  un  second  flacon,  identique  au  premier, 
59.19  de  verre  pilé  de  même  qualité  que  le  précédent  et 
150  centimètres  cubes  d'eau  pure;  après  agitation  et  repos  de 
cinq  minutes  il  a  fallu  0^^,42  de  liqueur  décime  pour  neutra- 
liser le  liquide.  Il  est  clair  que  ces  0*^,42  doivent  être  ajoutés 
aux  0^\8S  trouvés  tantôt  si  l'on  veut  savoir  quel  abaissement 
du  titre  de  la  baryte  a  été  produit  par  le  contact  du  verre  dans 
la  première  expérience.  On  obtient  : 

0,85 -+-0,.i2=  1,27 

et  l'on  voit  qu'effectivement  la  baryte  jouit  de  la  propriété  de  se 
condenser  sur  le  verre. 

Les  expériences  1,  2  et  3  montrant  que  la  nature  de  la  sur- 
face du  verre  n'est  pas  sans  influence  sur  le  phénomène, 
puisqu'une  surface  bien  décapée  retient  plus  de  baryte,  nous 
nous  sommes  demandé  si  l'on  ne  réussirait  pas  à  éliminer 
cette  cause  d'erreur  en  préparant  convenablement  la  surface 
du  verre  par  un  lavage  préalable  à  l'eau  de  baryte. 

A  cet  eflet  nous  avons  lavé  les  tubes  de  l'appareil  à  analys(\ 
comme  il  a  été  dit  plus  haut,  mais  en  les  passant,  en  dernier 
lieu,  à  l'eau  de  baryte.  Après  égouttement  complet,  ils  ont  reçu 


l  74  ) 

leurs  125  centimètres  cubes  d'eau  de  baryte  et  cette  fois  les 
résultats  ont  été  les  suivants  : 


Titre  avant. 

Titre  après. 

DifTérences 

59.6i 

59.60 

0.02 

59.50 

59.50 

0  00 

5i\52 

59  50 

O.Oi 

59.55 

59.50 

0.05 

59.75 

59.70 

0.05 

Eu  un  mot,  si  l'on  a  soin  de  passer  les  tubes  de  l'appareil  à 
l'eau  de  baryte  et  de  les  laisser  égoutter  ensuite,  on  obtient 
après  la  manœuvre  de  l'analyse  un  titre  de  l'eau  de  baryte 
identique,  ou  peu  s'en  faut,  à  ce  qu'il  était  avant  la  manœuvre. 

II  résulte  enfin  de  l'ensemble  de  ces  expériences  de  contrôle 
(|ue  les  différences  constatées  dans  les  proportions  d'acide 
carbonique  contenu  dans  l'air  ont  une  signification  réelle  et 
qu'elles  ne  sont  pas  dues  à  des  erreurs  d'observation  que 
comporterait  la  méthode  adoptée  pour  les  faire  connaître. 


ANNEXE  AU  CHAPITRE  11. 


TABLEAUX 

MONTRANT,  DANS  L'ORDRE  CHRONOLOGIQUE, 
LES  RÉSULTATS  DE  CHAQUE  ANALYSE. 


(76) 


DATES 

Direction 

Vitesse 

Pression 

TEMPÉRATURE 

du 

du 

réduite 

Hiaidité. 

^— "^ — • 

ÉTAT  DE  L'ATMOSMIEIE. 

-1883. 

vent. 

vent. 

àO». 

exl. 

int. 

Fév. 

!20 

SO. 

1-2 

766.4 

89 

1.6 

18.1 

Quelques  éclaîrcieî». 

21 

S. 

4-2 

766.1 

92 

6.3 

13.5 

Couvert 

çw 

SO. 

2 

771.5 

86 

a4 

16.3 

Couvert 

2:î 

0. 

12 

770.1 

69 

4.7 

19.9 

Serein    .... 

•24 

sso. 

1 

769.2 

90 

2.9 

15.1 

Couvert  ..... 

2G 

0. 

i 

766.4 

91 

3.6 

14.9 

Couvert  .... 

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SO. 

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Couvert  

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Couvert 

(77) 


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(78) 


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Vitesse 

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1883. 

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NO. 

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NE. 

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44.9 

ÉTAT  DE  L*ATIIOSra£SI 


Couvert 

Serein 

Serein 

Nuageux.    .... 

Nuageux 

Serein 

Couvert 

Serein    ..... 

Pluie 

Couvert 

Muie 

Serein 

Nujigeux 

Pluie  abondante  .  . 
Pluie  abondante .    . 

Serein 

Serein,  puis  nuageirx 

Serein 

Couvert 

Pluie 

Quelques  éclaircies . 
Beau  temps  .  .  . 
Beau  temps  .  .  . 
Couvert,  orageux.  . 
Pluie 

Couvert 

Couvert 

Pluie  faible    .    .    . 

Couvert 

Couvert 

Quelques  éclaircies. 

Couvert 

Couvert 


(  79) 


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Direction 

Vitesse 

Pression 

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du 

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1883. 

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Serein    .... 

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48.6 

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47 

N. 

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55 

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47.9 

Serein 

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4 

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Serein 

49 

0. 

2-3 

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74 

468 

16.6 

Couvert 

22 

0. 

0-4 

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Serein 

23 

SO. 

0-4 

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64 

15.7 

16.9 

Serein 

24 

SO. 

4 

757.4 

59 

20.5 

48.4 

Serein    .... 

25 

s. 

1 

7549 

56 

20.8 

19.7 

Serein    

26 

SE. 

4-2 

749.9 

50 

22.8 

20.6 

Serein,  puis  de  la  pluie 

28 

0. 

4-2 

757.4 

» 

49.2 

17.0 

Serein    

29 

NE. 

0-4 

757.2 

49 

49.2 

48.6 

Serein    

:40 

NO. 

0-4 

759.6 

8:i 

44.9 

47.7 

Pluie 

34 

NE. 

0 

756.0 

» 

45.0 

47.9 

Pluie 

Juin 

1 

NE. 

0 

754.8 

59 

48.0 

48.2 

Serein    .... 

2 

NE. 

1    2 

753» 

64 

49.3 

24.0' 

Nuageux 

4 

NE. 

0 

747.8 

56 

20.3 

20.6 

Orage 

r> 

NE. 

1 

747.4 

55 

20.2 

22.4 

Temps  clair    .    . 

6 

NE. 

0-4 

746.5 

75 

44.2 

18  8 

Couvert  

7 

E. 

0 

748.4 

57 

48.0 

20.5 

Pluie  et  éclaircies 

8 

OSO. 

0-1 

754.2 

G2 

47.0 

19.2 

Pluie 

9 

0. 

1 

752.8 

tn 

46.0 

19.'i 

Pluies  dorage.    .    . 

44 

NE. 

4 

758.8 

70 

46.0 

18.7 

Couvert 

42 

NE. 

1 

762.0 

(2 

4  4.7 

17.6 

Couvert 

43 

NE. 

4-2 

761.8 

74 

44.5 

18.0 

Couvert 

44 

NE. 

O-I 

753.2 

79 

45.0 

18.1 

Couvert 

15 

E. 

l 

748.9 

64 

47.0 

19.2 

Serein    ...... 

46 

SO. 

2-3 

754.7 

61 

48.2 

17.8 

Quelques  éclaircies.   . 

18 

SO. 

2-3 

752.1 

64 

43.6 

16.7 

Quelques  éclaircies .   .  . 

49 

NE. 

0-4 

752.6 

59 

43.5 

47.1 

Éclaircies 

20 

S. 

4 

753,5 

m. 

45.0 

16.8 

Orageux 

.(  8-1  ) 


P«i4s4erjirs«c 

G0<  en  poids 

Yolanedêlairsec 

GO*  en  volume 

C0«  en  Toiume 

de 

Poids  de  CO^ 

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à 

à 

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10000  d'air. 

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0«  Cl  760«n». 

10000  d'air. 

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0,0736 

5.43 

104.735 

0,03733 

356 

43lx:i5l 

0,0761 

5.58 

105.440 

0,03859 

3.65 

135.54:2 

OfiTiM 

5.18 

104.814 

0,03555 

3.39 

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0.0737 

3.57 

103.311 

0,03737 

3.65 

13o.7a0 

0,07(10 

5.68 

103.405 

0,03854 

3.73 

4S4.7» 

0,0796 

5^ 

104.183 

0,03083 

3.53 

135Jâ4 

0,0606 

5.15 

104491 

0,03539 

337 

134.182 

0,0731 

5.45 

103.608 

0,03707 

3.57 

135.7«J 

0,0111 

5.34 

105.954 

0,03606 

3.40 

134.809 

0,0686 

5.09 

104.386 

0,03475 

3.33 

i:«67:J 

0.0738 

5.53 

103.368 

0,03743 

3.63 

132,437 

0,0665 

503 

103.413 

0.03373 

3.39 

130.999 

0,0684 

5.32 

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0,03469 

3.43 

i;U.48l 

0,0691 

5.14 

103.994 

0,034^4 

3.35 

133.555 

0.0686 

5.14 

103.378 

0,03469 

3.35 

ilUAm 

0,0111 

5.39 

104.306 

0,03595 

347 

133.7ia 

0,078â 

5.84 

103.407 

0,aî9o5 

3.83 

433.344 

0,0660 

4.96 

10a091 

0,03338 

333 

131.32i 

0,0673 

5.13 

101.551 

0,03398 

3;i4 

i:i0.04i 

0,0696 

5.35 

100.581 

0,03519 

349 

139.335 

0.07i;> 

5.53 

99.937 

0,03616 

3.69 

130343 

0,0569 

4.36 

101.338 

0,03877 

384 

130.6(j0 

0,0681 

5.31 

loi.o:*» 

003444 

3.10 

131.978 

0,0647 

491 

iOi(m 

0,03373 

3.30 

13il77 

0,0689 

5.31 

103.183 

003184 

3  10 

13:17» 

0,0655 

4.91 

ia3.4a-> 

0,03:113 

3.19 

135.000 

0.0649 

4.81 

104.395 

0,03383 

3.14 

1^4.703 

0,0641 

4.87 

104.165 

0.03343 

ail 

133.085 

0,0688 

5.35 

103.914 

0,03510 

3.13 

131596 

0,0658 

:î.06 

101.763 

0,03337 

338 

133.550 

0.0674 

5.05 

103.374 

0,03408 

3.39 

i;«.772 

0,0690 

5.16 

103.445 

0,0;i489 

3.38 

13:1.604 

0.0609 

5.01 

103.315 

0,03383 

3.36 

13:1900 

0,0714 

5.33 

103.591 

0,03610 

3.47 

Tome  XXXVII. 


(82) 


DATES 

Direction 

Vitesse 

Pression 

TEMPÈKATLRK 

du 

du 

réduite 

loBidil^. 

—  ^*- 

— — — , 

ÉTAT  DE  l.'ATMOSPHÊRC 

1883. 

venL 

vent. 

àC«. 

exl. 

int. 

Juin 

îl 

SO. 

0 

732.9 

66 

16.8 

171 

Nuageux 

ià 

NO. 

1-2 

757.0 

65 

18.0 

17.6 

Nuageux 

23 

0. 

1 

752.1 

77 

15.0 

17.4 

Pluie 

25 

8. 

0-1 

751.7 

60 

20.2 

19.7 

Fortes  pluie»  .... 

26 

80. 

2-4) 

75ti.2 

65 

17.4 

19.i 

Nuageux 

27 

80. 

1 

7361 

77 

17.0 

214 

Nuageux 

28 

S. 

0-2 

756.3 

47 

19.8 

19.8 

Nuageux 

29 

SSE. 

0-1 

753.8 

53 

21.5 

20.6 

Clair 

30 

SSE. 

1 

757.5 

i2 

26.8 

23.4 

Clair 

Juin. 

2 

NE. 

1 

753.9 

68 

22.i 

22.6 

Orage  violent  .... 

3 

SSE. 

— 

751.1 

58 

23.7 

19.9 

Serein 

4 

SO. 

i 

753.3 

Uî 

24.0 

2;i7 

Serein 

r, 

SO. 

1-^2 

730.8 

56 

21.0 

23.4 

Serein 

6 

SSO. 

1 

752  0 

75 

19.0 

226 

Nuageux 

7 

SO. 

1-2 

751.2 

74 

19.2 

21.5 

Orage  vers  le  soir    .     . 

9 

SO. 

3 

753.3 

60 

220 

22.5 

Serein 

10 

SO. 

2 

751.0 

61 

19.0 

21.8 

Couvert 

Août 

7 

0. 

1 

755.1. 

8i 

16.2 

180 

Orage 

8 

S.  et  0. 

2 

716.3 

6B 

160 

18.0 

Couvert .... 

9 

80. 

2 

747.2 

87 

176 

15.4 

IMuie 

13 

S. 



752.4 

68 

16.6 

16.0 

Pluie 

14 

SE. 

1 

7505 

61 

21.0 

17.8 

Couwn 

!:> 

SO. 

2 

751.2 

60 

17.9 

18.0 

Couvert 

17 

SO. 

1-2 

758.0 

83 

124 

18.  i 

Couvert 

18 

S. 

2 

739.9 

76 

lao 

1".2 

Pluie 

19 

NNO 

1 

758.8 

78 

17,0 

18.8 

Couvert 

21 

ENE. 

0 

739.5 

70 

lao 

20.4 

Brumeux 

22 

E. 

0-1 

759.0 

6^1 

ia4 

20.2 

Serein 

23 

E. 

0 

759.7 

65 

18.6 

20.2 

Brumeux 

2i 

NE. 

1-2 

758.9   i 

82 

16.4 

21.2 

Serein 

2n 

NE. 

0 

757.0 

78 

16.0 

20.4 

Serein 

27 

0. 

0 

Tôi.a 

m 

17.6 

215 

Brouillard 

28 

SO. 

2 

752.2 

77 

16.2 

20.5 

Couvert 

(83) 


lit  Pair  sec 

CO*  en  i)oids 

Yolonfdf  Tiirsec 

C0<  en  volume 

CO*  en  volume 

de 

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103.687 

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3.27 

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0,0715 

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0,0:4646 

3.49 

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0,0684 

5.10 

104.940 

0.03459 

3.41 

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0,0668 

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0.0:4:478 

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0,0649 

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0.0:4277 

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0,0658 

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101.608 

0,0:4277 

3.22 

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0,0638 

4.86 

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0,0674 

5.24 

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0,03419 

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0,0594 

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0,0742 

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0,03621 

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0,0657 

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0,0705 

5.41 

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0,0697 

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101.161 

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3.44 

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0,0629 

4.78 

104.978 

0,0:4490 

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0,0580 

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0,0590 

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0,0649 

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0,056!2 

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102.679 

0,02853 

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0,0647 

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0,03283 

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0,0704 

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103.851 

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0,0649 

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0,03439 

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0,0646 

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0,0628 

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102.675 

0,0:4185 

3.09 

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0,0603 

454 

102.773 

0.0:m8 

297 

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0,0656 

4.97 

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0.0:4:427 

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0,0597 

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0,0687 

4.4.<) 

101.:486 

0.02:477 

2  93 

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0,0586 

4.47 

101  573 

0,0J972 

2.r.2 

(84) 


DATES 

Direction 

Vitesse 

Pression 

TEMPÉRATURE 

du 

du 

réduite 

iQBiiiilé. 

■ 



ÉTAT  DE  L'ATHOSPBF.IiC 

1883. 

vent. 

vent. 

àOo. 

ext. 

int 

Août 

29 

80. 

1-2 

7-;3.î> 

73 

17.0 

19.7 

Couvert 

Sept, 

i 

S. 

2 

7389 

61 

18.3 

20.4 

Ihfertaîn    .... 

2 

SO. 

2 

74:16 

70 

16  7 

19.8 

Pluie  intemiitcenle 

a 

80. 

3 

747.G 

34 

13.2 

17.8 

Vent  violent 

4 
5 

80. 

S. 

1-2 
0-1 

748.8 
733.6 

76 
67 

16.0 
13.3 

18.4 
17.2 

Pluie.         .     . 

Couvert 

6 

80. 

1 

752,3 

76 

13.6 

17.3 

Couvert 

T 

SO. 

1-2 

75:i;> 

73 

13.0 

17.6 

Sombre 

10 

SE. 

2 

7M.7 

77 

14.3 

16.8 

Serein 

13 

NNE. 

1 

736.4 

81 

13  4 

17.4 

Serein 

14 

NE. 

I 

733.4 

81 

12.3 

17.1 

Serein 

n 

SE. 

0 

739.1 

93 

16.8 

18.0 

Pluie . 

18 

SE. 

0 

73ai 

f.2 

13.3 

17.1 

Brouillard  puis  st^reio 

19 

KË. 

0-1 

731.9 

83 

11.0 

17.7 

Brouillard  puis  serein 

20 

NE. 

1-2 

749.1 

72 

14.3 

183 

Brumeux    .... 

21 

S. 

1-2 

741.7 

80 

13.3 

18.2 

Nuageux 

22 

S. 

0-1 

7^.8 

82 

13.0 

17.0 

Pluie 

28 

SO. 

1-2 

737.9 

&4 

14.8 

16.3 

Pluie 

29 

SSO. 

2 

7;i9.3 

90 

14.2 

13.4 

Pluie 

Oct. 

1 

0. 

1-2 

748.3 

88 

130 

14.6 

Pluie  intennîttente 

2 

SO. 

2 

730.4 

70 

10.0 

13.8 

Pluie  iniermitteote  . 

3 

SSO. 

1-2 

738.1 

i>4 

8.0 

13.5 

Couvert 

4 

SO. 

2-;t 

7302 

70 

9.0 

13.4 

Couvert 

o 

N. 

0-1 

733.8 

90 

8.0 

12.9 

Couvert  faible  pluie. 

6 

N. 

1 

7t2  7 

86 

88 

13.3 

Pluie 

8 

NO. 

0-1 

76^i.6 

82 

10.2 

13.3 

Serein 

9 

OSO. 

0-1 

737.3 

86 

102 

142 

Serein 

10 

NE. 

1-2 

731.8 

81 

10.3 

14.4 

Serein 

11 

NE. 

0 

734.0 

91 

8.6 

13.8 

Brumeux    ... 

12 

NE. 

I 

736.0 

89 

10.8 

14.4 

Brumeux 

13 

NNE. 

— 

737.2 

91 

10.0 

14.7 

Brumeux,  broaîllard 

13 

S. 

2 

749.6 

79 

122 

13.6 

Pluie 

17 

80. 

2-3 

7:i2.1 

78 

13.0 

13.4 

Couvert 

(85) 


\s  it  l'air  ifc 

CO*  en  poids 

Tiionedei'iirsec 

CO^  en  volume 

CO*  en  volume 

de 

Poids  de  C0«. 

dans 

à 

à 

dans 

>j'iralear. 

iO  000  d'air. 

0»  Cl  760'""". 

0»  et  760""". 

10000  d'air. 

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102.151 

0,02890 

2.83 

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0.0^131 

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1W.780 

0,03200 

3.20 

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0.058o 

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100.705 

0.02966 

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0.0580 

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102.267 

0.02941 

2.87 

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102.146 

0,03272 

3.19 

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0,03286 

3.18 

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0,0374 

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103.762 

0,02911 

2.80 

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103.702 

0.03104 

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103.425 

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103.795 

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401.743 

0,02961 

2.88 

i:ti.463 

0,0644 

i76 

104.752 

0,03266 

3.11 

1;I6.7I3 

0,0631 

4.62 

103.720 

0,a3200 

302 

i:n.8ttî 

0,0680 

4.9i 

106.595 

0,03448 

3.23 

i:f7.oe8 

0.0578 

4.20 

106.782 

0,029:11 

2.74 

i36.â97 

0,0390 

5.07 

105.397 

0,a3509 

3.32 

135.148 

0,0677 

5.01 

10»  509 

0,aU33 

3.28 

i:fô.lK» 

0,0392 

6.56 

105.120 

0,01523 

4.28 

ia>.927 

0,0740 

5.44 

105.111 

0,0:i75îl 

3.56 

i3r>SoO 

0,07:« 

5.44 

105.129 

0,03747 

3.55 

133.236 

0.0677 

5.01 

1M.571 

0,03433 

3.29 

i:t4.?»3 

0.0660 

4.91 

10».078 

0,03317 

3.21 

(86) 


DATKS 
1883. 


Direction 

du 

vent. 


Vitesse 
du 
vent. 


Pression 
réduite 
à  00. 


HiBidité. 


TEMPÉRATURE 

ext.         int. 


ÉTAT  DE  L'ATMOSPfitllL 


Ocl. 
18 
19 
^20 
2:2 

ai 

!2o 
26 
27 
29 
30 
31 

Nov. 

2 

3 

o 

6 

7 

8 

9 

10 

IH 

17 

49 

20 

21 

22 

23 

2i 

26 

27 

28 

2î) 

30 


SO. 

so. 
oso. 

SEË. 

S 

so. 

so. 

s. 

s. 

E. 

NE. 
NE. 

S. 

SE. 
SSO. 

SO. 
OSO. 

S. 
SSO. 

s. 

SSE. 
SSEO. 
SO. 
SO. 
SSO. 

so. 

SSO. 

s. 

S. 

SSO. 
SE. 

S. 
S. 


2-3 
1-2 
1-2 
0-1 

2 
1-2 
1-2 

1 
1-2 
0-1 
0-1 

0 

0 
0-1 
0-1 
1-2 
0-1 

1 
1-2 
2-3 

2 

1-2 
2-3 

2 
0-1 

2 
0-1 
2-3 
0-4 
0-1 

0 

0 


756.4 
748.8 
751.1 
753.1 
751.9 
751.1 
7521 
756.1 
7571 
759.5 
7624 
7609 

757.4 
7559 
747.0 
733.2 
744.6 
748.8 
748.5 
746.2 
754  0 
751.3 
755.8 
754.2 
755.5 
752.2 
7502 
748.4 
741.0 
756.9 
765.0 
763.2 
761.0 


58 
76 
76 
85 
73 
85 
83 
66 
86 
90 
74 
77 

80 
83 
79 
83 
88 
70 
84 
^ 
75 
63 
74 
79 
82 
81 
86 
83 
80 
85 
87 
86 
70 


12.0 
11.2 
12.0 

80 
8.06 
12.4 
14.8 
13.0 
104 
10  9 

92 
11.2 

7.0 
4.5 
70 

10.0 
9.0 
9.4 
8.0 
7.6 
4.4 
4.0 
7.8 
6.8 
6.6 
7,7 
7.9 
4.0 

10.4 
6.0 
3.0 

2;i 

3.4 


141 
14.0 
14.2 
12.6 
11.8 
125 
14.1 
14.6 
14.5 
13.9 
13.7 
14.0 

12.3 
11.6 
11.7 
12.3 
130 
126 
13.7 
13.0 
116 
14,6 
11.6 
10.9 
11.0 
11.9 
13.2 
12.6 
13.5 
14.5 
15.9 
15.5 
16.0 


Serein    .  .  . 

Couvert  .  .  . 

Pluie.    .  .  . 

Serein    .  .  . 

Serein    .  .  . 

Pluie  .    .  .  . 

Pluie.    .  .  . 

Couvert  .  .  . 

Serein    .  .  . 

Brouillard  .  . 

Incertain  .  . 

Inceruin  .  . 

Couvert  .  .  . 

Couvert .  .  . 

Serein    .  .  . 

Nuageux.  .  . 

Pluie;    .  .  . 

Brumeux  .  . 

Pluie .    .  .  • 

Couvert .  .  . 

Pluie.    .  . 

Serein    .  .  . 

Serein    .  .  . 

Couvert  .  .  . 

Pluie.    .  .  . 

Faible  pluie  . 

Pluie.    .  .  . 

Faible  pluie  . 

Couvert  .  .  . 

Faible  pluie  . 

Serein    .  .  . 

Serein    .  .  . 

Serein    .  .  . 


(87) 


his  it  Tëir  %n 

C0«  en  poids 

Tolnaedr  Pair  sec 

C0«  en  volume 

CO*  CD  volume 

de 

Poids  do  CO*. 

dans 

à 

À 

dans 

aspirateur. 

10  000  d'air. 

0*ct760-». 

0"  et  760"'». 

10000  d'air. 

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105.318 

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2.96 

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0,03093 

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0.0740 

5.18 

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5.01 

105.575 

0.03453 

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0.0660 

i.76 

105.760 

0,03296 

3.11 

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i.77 

105.217 

0,03291 

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0,0600 

5.11 

lOi.702 

0,0;1499 

3.3:1 

135.835 

0,0718 

5.29 

105.0*1 

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0.0665 

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105.215 

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105.853 

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106.365 

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106.009 

0,03453 

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0,0687 

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108.326 

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0,0713 

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0,03687 

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0,0690 

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106.160 

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0,0660 

1.90 

104.339 

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137.619 

0,0750 

5.1;; 

106.420 

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0,0710 

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106.509 

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0,0710 

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108.795 

0,03600 

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105.758 

0,0:i398 

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3.42 

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0.0717 

5.36 

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0,036:i6 

3.51 

!:S.899 

0,0781 

5.77 

105.095 

0,0;i976 

3.77 

i:«.O80 

0.07;iO 

5.36 

105.2:10 

0,a3702 

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i:«.57i 

0,0898 

6.5«î 

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0,0455.4 

4.29 

1%.860 

o.o7a-> 

5.il 

105.056 

0,0:^727 

3.54 

(88) 


DATES 


Direction 

du 

vent. 


Vitesse 

du 

vent. 


Pression 

réduite 

àO«. 


iQBidilé. 


TEMPÉRATURE 


ext. 


int. 


ÉTAT  DE  L'ATMOSPBtai. 


Dec. 

I 

8 

i> 

ti 

7 

iO 
11 

iâ 
la 

li 
15 

il 

18 

19 

20 

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122 

2i 

26 

27 

28 

±1 

ai 

188i 

Janv. 

2 

3 

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8 

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10 


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80. 
80. 
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NO. 
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N. 
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N. 
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NO. 
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0. 
E. 
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80. 
80. 
E. 


080. 

0. 

0 

0. 

NO. 
NO. 

0. 
NO. 
NO. 

N. 


2 
1-2 
0-i 
0-1 
0-1 

0 

2-a 

3 
1-2 
1-2 

2 
0-1 

0 
0-1 
0-1 
0-1 

i 

0 
0-1 

0 

0 
0-1 

0 


0-1 
0-1 

0 
0-1 
2-3 
0-1 
0-2 
0-1 
2-3 

1 


756.2 
7ti.9 
732.9 

76i.8 
7592 
747.9 
7i:i.3 
752.2 
747.8 
7.m8 
75H.9 
759.8 
757.7 
75*7 
752.3 
7:>5.7 
7«6,t 
7aj.7 
76±3 
761.2 
759.7 
763.0 


759.5 
7558 
759.4 
757.7 
753.3 
759.0 
762  7 
764.6 
7543 
760.2 


82 

81 
8d 
gelé 
grié 
85 
8i 
70 
82 
92 
85 
85 
gelé 
92 
97 
97 
87 
68 
83 
87 
98 
80 
61 


81 
73 
90 
87 
78 
9! 
87 
81 
54 
82 


4.0 
5.6 
1.0 
1.3 
-9.8 
2.0 

ao 

7.0 
5.0 
11.0 
5.6 
1.2 
1.3 
4.0 
4.8 
7.4 
7.3 
0.4 
7.0 
3.1 
4.0 
30 
-0.7 


-5.5 
5.1 
7.8 
7.5 
7.8 
5.6 
6.3 
7.8 
6.0 
4.2 


12.8 
13.2 
12.3 
13.9 
12.6 
11.9 
12.0 
13.1 
14.H 
17.0 
14.5 
13.3 
13.8 
14.5 
15.0 
16.3 
11.3 

9.5 
10.0 
10.5 
10.5 
10.0 

7.5 


6.0 
8.0 
405 
11.0 
11.0 
12.2 
12.0 
12.5 
12.0 
11.0 


Couvert  . 

Couvert  et  piuio  .     .     . 

Neige 

Couvert 

Serein 

Brumeux    .... 

Pluie 

Serein 

Couvert 

Pluie - 

Pluie 

Serein 

Couvert 

Couvert,  puis  pluie  .     .     . 
Bruineux    ..... 
Couvert,  faible  pluie     .    . 

Couvert  

Couvert 

Drumeux 

Bruineux 

Brumeux 

Bruineux 

Brumeux 

Qnelques  éclaircies .     .     .  . 

Couvert I 

Serein    .......  ! 

Serein | 

Pluie 

Bruineux | 

Couvert i 

Couvert 

Couvert , 

Couvert 


(89) 


h  i*  l'air  sec 

CO*  en  poids 

Tolonederiiritc 

CO^  en  volume 

G0<  en  volume 

de 

Poids  de  C0«. 

dans 

à 

à 

dans 

5pirateur. 

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0*  et  760«». 

0«  Cl  760"». 

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i;w.«7i 

0,0780 

5.69 

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3.72 

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0,0772 

5.73 

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0,03945 

3.75 

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0,005a 

6.96 

105.677 

0,01833 

4.5(» 

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105.063 

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0,0600 

5.77 

107.251 

0,0i057 

3.77 

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106.770 

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0.03829 

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5.10 

105.324 

0,03829 

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0.01199 

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0,0792 

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103.613 

0.01016 

386 

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0,0721 

5.2i 

106.187 

0,03<i56 

3.16 

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0,0770 

5.47 

408.955 

0,03905 

3.56 

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0.0767 

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108.608 

0,0388) 

3.57 

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0,0730 

5.38 

407.895 

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3.54 

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0,0781 

5.61 

407.720 

0,03960 

3.66 

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0,0736 

5.43 

107.735 

0,03831 

3.55 

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0,0761 

5.38 

100.443 

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3.53 

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5.48 

109.596 

0,03722 

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408.114 

0,03848 

3.55 

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0,0606 

3.77 

407.460 

0,01087 

3.79 

137.330 

0,0700 

5.06 

406.967 

0,03550 

3.31 

137  J» 

0,0740 

5.38 

106.341 

0,03753 

3.52 

i;nj«7 

0,08iO 

5.87 

408.612 

0,01108 

3.81 

i:«.653 

0,0769 

5.55 

407.220 

o,o;»oo 

3.63 

i;«.7IO 

0,0773 

5.37 

107.2*i 

0,03920 

364 

137.076 

0,0738 

5.39 

406.006 

0,03712 

3.52 

fias:^» 

0,0756 

5.ir, 

407.358 

o,o:«;i4 

3,56 

(90) 


DATES 


Direction 

du 

vent. 


Vitesse 
du 

vent. 


Pression 
réduite 
àO". 


RaBi4ilé. 


TEMPÉBATURE 


ext.        int. 


ÉTAT  DE  L'ATMOSPRKKL 


Janv. 
li 

17 
18 
!21 
'ià 
â'f 
2i> 

28 
29 

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M 
Fév. 

» 

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li 
16 
17 
19 
20 
2i 
22 
2H 
2i 
26 
27 
28 


N. 
NK. 

N. 

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NO. 
NO. 

sso. 
so. 
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sso. 
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sso. 
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SE. 
SE. 
NE. 
ENE. 
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SE. 
S. 
S. 

s. 
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0. 
0. 
NO. 


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0-1 

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1-2 
1-2 
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1-2 
0-1 
1-2 
1-2 
1-2 
1-2 
0-1 

2 -a 

2 

0-1 
0-1 


761.8 
7Hi.a 
766.9 
767.4 
767.5 
766.7 
761.7 
752.0 
7i8.3 
7X8.8 
749.7 
7324 
754.8 
752.9 

765.4 
761.9 
759.4 
75iî.4 
730.4 
747.7 
756.5 
758.2 
758.3 
738.2 
757.0 
75a.4 
75:^.8 
753.4 
751.2 
745.4 
746.4 
7505 
7545 
753.4 


8:t 

91 

90 
AH 
88 
92 
8*4 
54 
77 
79 
72 
95 
78 
77 

86 

a^i 

81 
82 
8:4 
77 
70 


57 
84 
68 
75 
79 
79 
77 
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8)4 
87 


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5.0 
6.4 
6.8 
4.2 

ao 

5.2 
5.5 
2.3 
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5.3 
3.8 
41.5 
10.4 

5.8 

3.4 

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3.0 

6.8 

10.0 

6.3 

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7.0 

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-0.5 

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6.5 

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8.2 

14.0 

6.6 

3.9 

-0.6 

-0.9 


12.5 
12.5 
13.5 
12.5 
42.0 
9.2 
41.5 
14  5 
14.0 
41.0 
10.0 
10.5 
43.3 
44.5 

44.0 
44.0 
44.0 
41.0 
12.0 
43.5 
44.0 
42.8 
13.0 
12.3 
44.8 
9.0 
44.0 
14.0 
45.0 
14.5 
43.5 
425 
12.5 
H.O 


Couvert 

Serein    .... 
Brumeux    .... 
Brumeux    .... 

Couvert 

Brumeux    .... 

Couvert 

Pluie 

Couvert  

Couvert  

Serein    .... 

Couvert 

Couvert,  faible  pluie 
Couvert 


Couvert  .  . 

Couvert .  . 
Serein 

Nuageux.  . 

Couvert  .  . 

Couvert  .  . 

Serein    .  . 

Serein    .  . 

Serein    .  . 

Serein    .  . 
Serein 

Couvert  .  . 

Couvert  .  . 
Couvert . 

Couvert .  . 

Pluie.    .  . 

Pluie .    .  . 

Pluie  .   .  . 
Faible  pluie 

Couvert  .  . 


(91  ) 


P«t4i  it  Pair  sm 

CO*  en  poids 

VoloBC de  l'air  stc 

CO^  eu  volume 

CO*  en  volume 

de 

Poids  de  G0«. 

à 

à 

dans 

1  aspirateur. 

iO  000  d'air. 

0*  et  760"". 

0»  cl  760»". 

10000  d'air. 

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0.0805 

5.82 

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5.65 

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0,0769 

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0,03631 

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0,0669 

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105.663 

0.03392 

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0,0709 

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104.442 

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0,0660 

4.81 

106.280 

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0,0697 

5.07 

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0,0747 

5.48 

105.373 

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0,0748 

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0,0805 

5.84 

106.611 

0,04082 

3.82 

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0,0630 

4.60 

106.152 

0,03195 

3.00 

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5.42 

105.794 

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3.55 

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0,0682 

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4.51 

105.808 

0,03124 

2.95 

i:rî.i;n 

0,07:« 

6.35 

10(>.:i57 

0,0:iT32 

3.60 

TABLE  DES  MATIÈRES. 


PSfM. 

ComSlDéRATIOKS  GÊ?iÉRALES 3 

CHAPITRE  PREMIRR. 

HISTORIOUE    DES  QUESTIONS  SOULEVÉES   SUR    LA    COMPOSITION 
DE   l'air   ATHOSPHÉRIOUB. 

I.  La  proporlion  d'acide  carbonique  contenue  dans  l'air  esl-elle  la  même 
en  tous  les  points  du  globe? 9 

â.  L'altitude  a-t-elle  une  influence  sur  la  proportion  d'acide  carbonique 
de  l'air? 12 

3.  La  proportion  d'acide  carbonique  estHflle  la  même  sur  les  mers  et 

sur  les  continents? 14 

4.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-l-elle  avec  les  saisons?      .    .    15 
3.  La  proportion  d'acide  carbonique  est-elle  la  même  le  jour  et  la  nuil?    17 

6.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-1-elle  avec  la  température?-    .    19 

7.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-t-elle  par  les  temps  de  pluie, 

de  neige,  de  brouillard  ? tft. 

8.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-l-elle  avec  la  direction  du  vent 

et  avec  son  inteusité? âl 

9.  Les  sources  locales  d'acide  carbonique  augmentent-elles  d'une  ma- 

nière sensible  la  proportion  de  ce  gaz  dans  l'air? 23 

CHAPITRE  II. 

RÉSULTATS  GÉNÉRAUX. 

1 .  Proportion  moyenne  de  l'acide  carbooique  contenu  dans  l'air  de  Liège.    26 

2.  Variations  de  la  proportion  d'acide  carbonique  de  l'air  de  Liège    .    .    35 

3.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-l-elle  avec  les  saisons?      .    .    38 


(  94  ) 

Paie». 

i.  La  proportion  diacide  carbonique  est -elle  la  même  le  jour  et  la  imil?  38 
t).  La  proportion  d*acide  carbonique  varie-l-elle  avec  la  température?  .  3fl 
Ci.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-l-elle  par  un  temps  de  pluie?    40 

7.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-l-elle  avec  la  direction  du  vent 
et  avec  son  inlonsiié? il 

K.  La  proportion  d'acide  carbonique  varie-l-elle  avec  la  prrssion  l)aro- 

mélrique? i\ 

CHAPJTRK  III. 

MÉTHODE   SUIVIE    POUR    LE    DOSAGE    DE    l'ACIDE    CARBONIOCE    DE   L'aIR. 

Description  de  l'appareil  employé.    .     .    : 48 

Préparation  de  l'eau  de  baryte  et  de  l'acide  chlorhydrique  destinés  à 

l'essai  alcalimétrique 50 

tassai  alcalimétrique 51 

Maniemenl  de  l'appareil.  Pratique  de  l'analyse oâ 

Juslification  de  la  méthode  d'analyse  adoptée.  —  Sou  degré  d'exactitude.  60 
i4.  De  la  vitesse  de  ciiculalion  de  l'acide  carbonique  par  les  tubes  bar- 

boteurs i6. 

//.  De  la  dessiccation  de  Pair  servant  au  dosage  de  l'acide  carbonique    .  64 

r.  Le  caoutchouc  dissout  de  l'acide  carbonique 70 

D,  Expériences  à  blanc.  Propriété  de  la  baryte  de  se  concentrer  sur 
le  verre 71 

Annexe  au  chapitre  II.  —  Tableaux  exprimant,  dans  l'ordre  chrono- 
logiqut*,  les  l'êsultats  de  chaque  analyse 75 


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ÉTUDE  LEXICOLOGIQUE 


SUR  LES 


POESIES  DE  GILLON  LE  MUISIT 


(PREFACE.  GLOSSAIRE,  CORRECTIONS) 


M.  Aug.  SCHELER  ^ 

MEMBRE     DE   l'aCADÉMIE  ROYALE   DE   BELGIQUE 


(Présenté  à  la  Classe  des  lettres  le  9  juin  1M84.) 


ToMK  XXXVII. 


PRÉFACE. 


Feu  notre  confrère  le  chanoine  De  Smet  nous  a  le  premier 
mis  à  même  d'apprécier  Gillon  le  Muisit,  abbé  de  S*-Martin  de 
Tournai,  en  tant  que  chroniqueur  latin;  à  part  quelques  pages 
insérées,  en  1839,  par  A.  Dinaux,  dans  «  Les  Trouvères  de 
la  Flandre  et  du  Toumaisis  (pp.  220-225,  227-234)  »,  il  était 
réservé  à  M.  le  baron  Kervyn  de  Lettenhove  de  nous  le  pré- 
senter comme  poète,  ou,  selon  l'expression  du  temps,  comme 
faiseur  français.  Les  deux  volumes  publiés  récemment  par  le 
secrétaire  de  notre  Commission  académique  des  grands  écri- 
vains ^  augmentent  d'un  nom  de  plus  la  longue  série  de 
productions  littéraires  nationales  éditées  par  les  soins  de  cette 
Commission,  et  ils  ne  sont,  certes,  pas  les  moins  dignes  de 
captiver  l'attention  des  lecteurs  de  nos  jours  qui  s'intéressent 
au  mouvement  des  lettres  en  Belgique.  Nous  y  voyons  un 
personnage  richement  doué  et  appartenant  aux  hautes  sphères 
du  monde  ecclésiastique  épancher  cordialement  les  pensées 
sereines  ou  sombres  d'une  âme  vive  et  sensible,  dérouler  le 
tableau  du  milieu  spécial  oti  il  coulait  les  derniers  jours  de  sa 

*  Poésies  de  Gilles  II  Mui?i8,  publiées  pour  la  première  fois  d'après  le 
nuiQUscril  de  lord  Ashburuam.  Louvaio,  188â.  2  vol.  in-8<'. 


(n) 

vie,  en  une  enfilade  de  poèmes  composés  non  pas,  comme  on 
a  dit,  dans  son  rude  patois  tournaisien,  mais  en  excellente 
langue  d'oil  de  son  époque. 

Pour  être  revêtue,  comme  celle  de  son  compatriote  Philippe 
Mousket,  du  costume  picard  —  qui  jadis  était  dans  le  Nord 
autant  en  cours  et  en  estime  que,  dans  d'autres  régions,  les 
dialectes  Normand  ou  de  l'Ile  de  France  —  la  langue  de  Gillon 
le  Muisit  n'en  méritera  et  ne  sollicitera  pas  moins  l'intérêt  des 
littérateurs  et  surtout  des  philologues  proprement  dits.  Elle 
reflète  strictement,  dans  les  moindres  détails,  les  règles  et  les 
allures  qui  distinguent  la  période  de  transition  dans  laquelle 
cet  auteur  a  écrit;  elle  est  conforme  au  génie,  à  la  physionomie 
que  tout  romaniste  expérimenté  doit  s'attendre  à  rencontrer 
chez  un  écrivain  cultivé  vivant  dans  le  Tournaisis  pendant  la 
seconde  moitié  du  XIII»  et  la  première  du  XIV«  siècle.  Je  le 
répète,  tout  en  parlant  walesc,  notre  Gilles  n'en  parle  pas 
moins  un  français  relativement  pur  et  normal. 

Représentant  au  sein  de  l'Académie  particulièrement  la 
branche  scientifique  qui  a  pour  objet  la  langue  comme  instru- 
ment de  la  pensée,  je  sortirais  quelque  peu  de  mon  rôle  si  je 
m'étendais  ici  soit  sur  la  vie  et  les  mérites  de  Tabbé  de  Saint- 
Martin,  soit  sur  le  rang  qu'il  convient  de  lui  assigner  parmi 
les  poètes  de  son  siècle.  D'autres  d'ailleurs  ont  déjà  abordé  les 
questions  biographiques  et,  quant  au  côté  littéraire,  l'éditeur 
lui-même  a  abondamment  exprimé  l'impression  que  lui  a 
laissée  la  lecture  du  trouvère  tournaisien.  La  tâche  que  j'ai  cru 
devoir  assumer  en  présence  de  la  nouvelle  publication  de  notre 
Commission  étant  circonscrite  par  l'intérêt  qu'elle  est  appelée 
à  éveiller  dans  le  cercle,  de  plus  en  plus  grandissant,  des  inves- 
tigateurs de  la  vieille  langue  d'oïl,  je  restreindrai  à  un  bien 


(m) 

petit  nombre  de  remarques  mon  sentiment  personnel  sur  la 
poésie  de  Gillon  le  Muisit. 

Sans  se  désintéresser  des  choses  et  des  jouissances  mon- 
daines, ce  prélat  promène  sa  muse  essentiellement  dans  la 
sphère  ecclésiastique,  sur  le  terrain  de  la  vie  monastique  ;  il 
nous  étale  de  préférence  les  hommes  et  les  choses  qui,  durant 
une  longue  carrière  de  moine  et  d'abbé,  se  sont  journellement 
présentés  à  ses  regards,  le  plus  souvent  des  tableaux  peu  édi- 
fiants et  révélant  la  profonde  décadence  de  la  religion  parmi 
ceux-là  mêmes  qui  en  portaient  l'habit.  Cependant  cette 
poésie,  qui  prend  parfois  le  ton  et  les  allures  de  la  satire, 
n'épai^ne  pas  les  régions  profanes,  les  maintietis  et  les  cou- 
tumes de  la  société  siécleuse.  Dans  tous  ces  domaines  le  vieil- 
lard aveugle  —  on  sait  que  c'est  une  cécité  passagère  qui  l'a 
rendu  faiseur  ^  —  exerce  sa  censure.  Toutefois,  la  rigueur  de 
sa  critique  est  tempérée  par  la  douceur  de  son  caractère,  la 
sévérité  de  ses  réprimandes  vient  souvent  s'émousser  contre 
l'aménité  de  sa  nature.  Tout  cassé  par  l'âge  qu'il  est,  tout 
attristé  par  l'isolement  où  le  plaçait  la  perte  de  la  vue,  Gilles 
n'a  pas  renoncé  à  la  sociabilité  et  au  commerce  de  ses  amis  ; 
il  n'est  pas  devenu  un  morigéneur  bilieux,  grincheux,  gro- 
gnard. S'il  est  çà  et  là  souverainement  ennuyeux  par  l'effet 
d'une  prolixité  excessive  et  d'un  manque  de  suite  et  de  clarté 
dans  l'enchainement  des  idées,  toujours,  à  côté  d'un  jugement 

*  Il  avail  80  ans  quand  il  se  mit  à  rimer  : 

Quant  à  Dieu  pleut  que  j'euc  perdue  me  lumière, 
Cheste  cose  deyant  me  vieunt  toute  prumiere, 
Que  tous  sens  appresisce  de  rimer  le  manière; 
A  premiers  me  fu  dure,  mes  or  m'est  plus  legiere. 
(Il,  !220.  IO-:2â). 


(IV) 

mûri  par  Texpérience,  il  laisse  percer  rhomme  bienveillant, 
humain,  ami  de  bonne  et  joyeuse  compagnie  ;  tout  en  dirigeant 
sa  verve  contre  le  sexe,  à  propos  de  son  luxe  effréné,  de  ses 
écarts  de  toilette  et  de  conduite,  il  se  trahit  plus  d'une  fois 
comme  n'ayant  pas  dédaigné  les  devoirs  de  la  galanterie. 

Quant  au  fond  de  sa  poésie,  à  la  pensée  intime  qui  l'anime, 
le  souffle  qui  la  vivifie,  je  n'oserais  affirmer  que  notre  bon 
abbé  ait  franchi  de  beaucoup  le  champ  de  la  banalité;  il  s'effor- 
çait, sans  doute,  à  ramener  dans  le  cloître  l'esprit  de  discipline 
qui  y  faisait  défaut,  mais  il  ne  s'élevait  pas  assez  haut  pour 
remuer  les  cœurs,  ennoblir  la  pensée,  faire  fructifier  la  dévo- 
tion et  le  renoncement  au  monde.  Dans  ses  diatribes  contre  la 
corruption  du  siècle  la  note  dominante  reste  constamment  ce 
refrain  :  «  Amendez-vous  afin  que  la  mort  ne  vous  surprenne 
et  que  la  colère  de  Dieu  ne  vous  frappe  ».  Ses  théories  sociales 
reproduisent  fidèlement  la  loi  tracée  par  l'Église,  mais  en  ce 
qui  touche  son  sens  moral,  il  ne  paraît  guère  avoir  éprouve 
les  jouissances  du  bien  pour  le  bien,  ni  l'horreur  du  mal  pour 
le  mal;  on  ne  se  sent  point  ému,  en  le  lisant,  par  les  aspira- 
tions désintéressées  d'une  âme  affranchie;  ses  filandreuses 
analyses  des  péchés  capitaux  ne  visent  qu'à  fonder  la  vertu  sur 
le  dilemme  vulgaire  :  châtiment  ou  récompense,  enfer  ou 
paradis. 

En  dépit  de  ces  faiblesses  et  du  niveau  peu  élevé  où  atteint 
son  imagination,  les  compositions  de  l'abbé  de  Saint-Martin, 
envisagées  au  point  de  vue  du  style,  ne  sont  nullement  dépour- 
vues de  quelque  attrait;  on  y  trouve  des  pages  pleines  de  mou- 
vement et  de  vie  ;  les  dictons  et  proverbes,  largement  semés  sur 
tout  l'ouvrage,  communiquent  à  celui-ci  de  la  couleur  et  du 
trait  ;  les  vers  sont  généralement  coulants  et  aisés  ;  bon  nombre 


(V) 

de  quatrains  se  distinguent  par  une  frappe  remarquable  et  jet- 
tent même  de  l'éclat.  Aussi  bien  l'auteur  lui-même  nous  apprend 
que  sa  muse  s'est  formée  et  trempée  à  d'excellentes  sources. 
Parmi  ses  lectures  il  cite  d'abord  le  Reclus  de  Moliens,  le 
Roman  de  la  Rose,  un  trouvère  tournaisien,  le  frère  mineur 
Jaques  Du  Boschet;  puis  passant  aux  poètes  vivant  encore 
et  dont  il  admire  le  talent,  il  mentionne  successivement  Guil- 
laume de  Machault  («  si  fait  redolent  si  que  bausme  »),  Phi- 
lippe de  Vitry  et  son  frère,  Jean  de  la  Mote  (l'auteur  du  Regret 
Guillaume  que  j'ai  publié)  et  enfin  Colart  Haubiert  («  S'il  n'est 
letrés,  s'est  boins  fasières  »)  *.  Nous  constatons  donc  chez  l'au- 

*  Guillaume  de  Machault  est,  on  ne  saurait  en  douter,  le  grand  lyriqut* 
bien  connu  qui  mourut  en  1377.  Quant  à  Philippe  de  Vitry  et  son  frère,  je 
les  ai  vainement  cherchés  dans  THistoire  littéraire  ;  j*ai  rencontré  cependant, 
dans  l'analyse  d'un  manuscrit  du  commencement  du  XV«  siècle,  provenant  de 
la  bibliothèque  de  Firmin  Didot  (Catalogue,  juin  1881,  p.  35),  placée  entre 
celle  de  Jehan  de  Afeung  et  Guill.  de  Mach.mlt  la  mention  d'un  Philippe  de 
Vitry  c  qui  trouva  la  manière  de  motès  et  des  balades  et  des  lais  et  des  simples 
rondeaux  ». 

Colart  Haubiert  n'est  pas  autrement  connu  que  par  notre  auteur.  Il  le  cile  à 
deux  reprises,  d'abord  (I.  p.  89)  à  la  suite  des  noms  que  je  viens  d'énumérer, 

avec  la  remarque  : 

EsprouTés  est  par  lies  cbieres 

Es  puis,  là  on  Ta  couronnât 

Ou  l'estrivet  capiel  donuet; 
puis  (II,  p.  294)  dans  la  biographie  rimée  de  l'évêque  de  Tournay,  Andrieu  de 
Florence,  comme  ayant  composé  un  dit  sur  le  même  personnage. 

Au  sujet  de  Jehan  de  le  Mote,  je  ne  veux  pas  laisser  échapper  l'occasion 
d'ajouter  à  ma  préface  de  son  Regret  Guillaume  un  renseignement  que  je  n'ai 
acquis  que  depuis  que  je  l'ai  écrite.  Ce  poète  s'est  révélé  lui-même,  par  un 
acrostiche,  comme  l'auieur  du  Parfait  du  Paon,  une  des  continuations  du 
Roman  d: Alexandre,  comiwsée  en  1540.  (Voy.  la  préface  du  M«»  de  la  Grange 
à  son  édition  de  Hugues  Capet,  p.  xviii.) 


(VI) 

teur  des  Méditations,  des  Lamentations  et  des  autres  poèmes 
nouvellement  mis  au  jour  par  notre  honorable  confrère,  un 
esprit  enclin  de  tout  temps  à  la  culture  des  lettres  et  les  œu- 
vres ou,  comme  il  dirait,  H  fait  de  Toctogénaire  font  pressentir 
ce  qu'il  aurait  pu  produire  en  pleine  virilité. 

Mais  passons  à  la  langue,  le  seul  côté  des  œuvres  françaises 
de  Tabbé  tournaisien  qui  me  concerne  et  qui  fait  Tobjet  de  ce 
travail. 

Gilles  li  Muisis  était  enfant  de  Tournai  ;  à  part  un  court 
séjour  à  Paris,  où  il  fréquenta  les  écoles,  il  n'a  jamais  cessé 
d'habiter  sa  ville  natale.  Aussi  ne  parlait  et  n'écrivait-il  que 
dans  l'idiome  de  sa  contrée,  le  picard  ;  le  texte  de  ses  poèmes 
est  d'outre  en  outre  empreint  de  ce  cachet  local  et  représente 
ce  dialecte  dans  tous  ses  caractères  distinctifs,  aussi  bien  en  ce 
qui  touche  le  vocabulaire  que  sous  le  rapport  des  particula- 
rites  phonétiqueset  grammaticales.  Naturellement  on  remarque, 
dans  l'unique  manuscrit  qui  nous  l'a  conservé,  comme  dans 
tous  ceux  de  l'époque,  une  grande  fluctuation  dans  l'ortho- 
graphe; le  même  son  y  appai*ait  noté  par  des  lettres  variées; 
mais,  en  définitive,  le  manuscrit  qu'a  fait  transcrire  le  baron 
Kervyn  se  distingue  par  sa  correction  relative.  Pour  les  varia- 
tions graphiques,  c'est  aux  éditeurs  qu'il  incombe,  pour  peu 
que  l'intérêt  d'un  livre  le  vaille,  de  rétablir  l'uniformité  rompue 
par  la  routine,  comme  il  leur  incombe  aussi  de  réparer,  dans 
la  mesure  du  possible,  les  négligences  et  les  lapsus  dus  à 
l'étourderie  des  copistes  '. 

*  Les  scribes  étant  souvent  des  clercs  mieux  ferrés  en  latin  qu'en  langue 
Tulgaire,  il  faut  leur  passer  bien  des  bizarreries  d'écriture  et  par-ci  par4à  de 
légères  infractions  à  la  grammaire. 


(   VII    ) 

Les  particularités  de  la  forme  picarde  ont  été,  dans  ces  der- 
niers temps,  exposées  à  diverses  reprises  par  des  savants  for- 
mes à  bonne  école;  ce  serait  surcharger  oiseusement  ce  livre 
que  de  le  faire  à  mon  tour. 

Aux  chapitres  spéciaux  des  grammaires,  aux  monographies 
et  aux  articles  de  revue  consacrés  à  ce  sujet  dans  ces  der- 
nières années,  sont  venues  se  joindre  en  dernier  lieu  deux 
dissertations  doctorales  allemandes  ayant  trait  à  Tidiome  de 
Tournai  et  de  la  langue  de  Philippe  Mousquet  en  particu- 
lier ^,  et  en  outre  un  mémoire  analogue  publié  par  la  Société 
historique  et  littéraire  de  Tournai  en  1882  et  dû  k  un  élève 
<ie  l'École  des  Chartes,  né  ou  ayant  résidé  à  Tournai,  M.  Ar- 
mand d'Herbomez;  ce  dernier  travail  est  fondé  sur  l'examen 
scrupuleux  d'une  trentaine  de  chartes  écrites  en  cette  ville 
de  1207  à  1292. 

En  présence  de  cette  abondance  de  renseignements  relatifs 
à  la  phonétique  et  à  la  grammaire  suivies  par  un  poète  tour- 
naisien  du  XI V«  siècle,  j'ai  cru  pouvoir  limiter  mes  observa- 
tions philologiques  sur  le  parler  de  Gilles  ii  Muisis  à  la  partie 
lexicologique.  L'objet  principal  de  mon  mémoire  sera  donc  le 
relevé  de  tous  les  faits  de  cette  nature  qui,  à  un  titre  quel- 
conque, ont  dans  le  cours  de  ma  lecture  sollicité  mon  atten- 
tion :  toutefois  j'ai  inséré,  en  les  rangeant  à  leur  place  alpha- 
bétique, quelques  rares  articles  ressortissant  au  domaine  de 
l'orthographe,  de  la  phonétique  ou  de  la  flexion. 

*  ScuwAKE,  Vtrsuch  ei.ser  DarsteUung  dvr  Mvndari  von  Tournay  im 
JlHUelalter.  Halle,  1881. 

Lire,  Ueber  dU  Sprache  der  Chronique  rimée  vo*i  Pliihpp-  Mouskel. 
Erlaiigen,  t881 


(  vin  ) 

En  un  mot  j'ai  élaboré,  et  je  viens  humblement  présenter  à 
la  Classe  —  en  quelque  sorte  pour  payer  le  titre  dont  elle  vient 
de  m'honorer  —  le  Glossaire  de  Gillon  le  Muisit,  comme  il  y  a 
deux  ans  son  associé  lui  avait  soumis  et  lui  avait  fait  agréer 
celui  de  la  Geste  de  Liège. 

Mon  glossaire  ne  sera  pas,  je  l'espère,  considéré  comme  une 
doublure  de  celui  qui  se  trouve  annexé  aux  volumes  publiés 
par  M.  le  baron  Kervyn.  Tout  en  visant  à  le  compléter  et  à  le 
rectifier,  il  n'envisage  que  l'intérêt  de  la  science.  Qu'on  veuille 
bien  le  croire,  ce  travail  n'a  point  été  provoqué  par  un  bas 
mobile  d'amour-propre,  dans  l'intention  secrète  d'éclipser  celui 
de  mon  savant  confrère.  Aussi  quand,  loyalement,  je  fis  part 
d  celui-ci  de  la  tâche  que  je  m'étais  posée,  il  y  fit  un  gracieux 
et  encourageant  accueil.  Et  d'ailleurs,  n'a-t-il  pas  lui-même 
appelé  la  revision  de  son  œuvre  en  écrivant  ces  lignes  aussi 
dignes  que  modestes?  «  Ce  glossaire  n'a  d'autre  but  que  de 
»  dresser  un  inventaire,  assurément  fort  incomplet,  de  cer- 
»  taines  locutions  et  de  certaines  formes  grammaticales  en 
»  usage  à  Tournay  au  milieu  du  XIV»  siècle.  Peut-être  don- 
»  nera-t-il  lieu  à  quelques  rapprochements  intéressants  et 
»  l'érudition  des  philologues  pourra  rectifier  et  interpréter  les 
»  mots  qui  auraient  été  mal  lus  ou  mal  compris  ^  ». 

Ce  n'est  donc  pas  pour  céder  à  un  esprit  de  critique  qu'à 
mainte  reprise  je  me  suis  séparé  carrément,  et  peut-être  même 
avec  quelque  sévérité,  de  l'auteur  du  glossaire  publié;  c'est 
bien  plutôt  pour  répondre  à  sa  propre  invitation. 

L'accueil  des  vocables  dans  mon  relevé  à  moi  a  été  déter- 
miné par  diverses  considérations  :  rareté  du  mot,  absence  ou 

*  T.  Il,  p.  307,  lîoie. 


(IX) 

différence  d'interprétation  dans  le  gigantesque  travail  qui 
s'appelle  le  «  Dictionnaire  de  Tancienne  langue  française  par 
Godefroy  ^ ,  signification  ou  application  curieuse  ou  peu 
commune,  forme  douteuse  ou  suspecte,  méprise  d'explication 
commise  par  divers  (moi-même  compris),  découvertes  ou 
conjectures  étymologiques. 

En  dehors  du  lexique,  l'intérêt  philologique  qui  s'attache 
aux  œuvres  françaises  du  prélat  tournaisien  me  commandait 
encore  un  autre  labeur  :  c'est  l'assemblage  des  principales 
corrections  à  faire  subir  au  texte  publié,  soit  pour  en  éclaircir  le 
sens  et  prévenir  les  méprises,  soit  pour  redresser  des  erreurs  de 
grammaire  ou  de  syntaxe.  Cette  seconde  partie  de  mon  travail 
repose  exclusivement  sur  mon  appréciation  personnelle,  fondée 
sur  un  long  maniement  de  ces  choses;  elle  aurait  considéra- 
blement gagné  en  sûreté  et  en  autorité,  s'il  m'eût  été  loisible 
d'inspecter  le  manuscrit  original  et  de  faire  la  part  entre  les 
fautes  imputables  au  premier  scribe  et  celles  qui  pourraient 
être  le  fait  du  copiste  dont  s'est  servi  l'éditeur.  J'ai  naturelle- 
ment exclu  une  foule  de  redressements  de  moindre  impor- 
tance tenant  surtout  aux  mauvaises  habitudes  graphiques  du 
scribe;  je  ne  me  suis  pas  astreint  non  plus  à  recueillir  tous  les 
cas  de  la  même  faute  et  j'ai  laissé  en  dehors  les  rectifications  à 
faire  déjà  signalées  dans  l'Errata  de  l'éditeur.  Le  plus  grand 
nombre  de  mes  corrections  sont  fondées  sur  des  vices  de 


*  Ce  Dictionnaire  eo  est  arrivé,  au  moment  où  j'écris,  à  sa  Z^^  livraison 
(dernier  mot  :  fildron).  L*aateur  n*a  pu  tirer  proûl  des  poésies  de  Gilles  li 
Muisis  qu'à  partir  du  mot  esconse.  Malheureusement  il  n'a  pas  tenu  compte 
des  vocables  absents  dans  le  glossaire  publié  par  Téditeur. 


(X) 

lecture,  de  grammaire,  de  versification  et  surtout  de  ponc- 
tuation. Les  lecteurs  entendus  jugeront  s'il  ne  m'est  pas  trop 
souvent  arrivé  de  pécher  moi-même  en  réprimandant  mon 
prochain. 

En  terminant  cette  préface,  je  prends  occasion  de  me  réorier 
contre  l'usage,  trop  répandu  parmi  nous,  d'appliquer  notre 
accentuation  moderne  —  j'entends  par  là  l'emploi  des  signes 
diacritiques  actuellement  observés  —  à  la  publication  des 
textes  du  moyen  âge.  Ces  textes  n'étant  pas  toujours  destinés 
à  être  lus  par  des  linguistes  de  métier  (ceux-ci  peuvent  s'en 
passer),  je  ne  suis  pas  partisan  de  l'absence  absolue  de  ces 
signes,  mais  j'exige  des  éditeurs  qu'ils  les  emploient  discrète- 
ment, consciemment,  c'est-à-dire  sachant  si  les  signes  appli- 
qués répondent  bien  à  la  prononciation  de  l'auteur  ou  du 
scribe  dont  ils  se  chargent  de  reproduire  les  écrits.  La  science 
paléographique  doit  en  cette  matière  être  consultée,  et  les 
éditeurs  ne  sont  plus  admis  de  nos  jours  à  se  laisser  aller  ù 
cette  absence  de  principes  régulateurs  que  trahissent  leurs 
publications;  on  la  pardonnait  volontiers  il  y  a  trente  ans 
encore,  mais  elle  blesse  aujourd'hui  tous  ceux  qui  ont  le 
sens  de  la  méthode  scientifique.  Le  point  que  je  signale  ici  ne 
concerne  pas  seulement  l'impression  des  œuvres  du  Muisit, 
mais  bien  d'autres  ouvrages,  officiels  ou  non,  mis  au  jour 
parmi  nous.  Comment  le  philologue  contemporain  ne  s'offus- 
querait-il  pas  de  rencontrer  constamment  jovène,  ordètie, 
virghie,  tandis  qu'il  est  su  par  tout  étudiant  en  science  romane 
que  dans  ces  mots  cet  e,  pourvu  d'accent,  était  purement  tra- 
ditionnel et  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  muet,  comme  le  prouve 
d'ailleurs  leur  emploi  en  versification?  Qu'est-ce  qui  autorise  à 


(XI   ) 

écrire  périr,  férir,  plutôt  que  périr,  ferirf  Si  Gilles  eût  pro- 
noncé férir  y  il  ne  se  serait  pas  permis  de  dire  au  besoin  frir 
(que  j'ai  rencontré  trois  fois). 

Toutes  les  grammaires  nous  enseignent  que  le  latin  nom. 
àbbas  et  ace.  abbdiem  se  francisent  resp.  par  àbbes^  cas-régime 
abbeL  Pourquoi  donc ,  contrairement  à  la  vérité  historique  et 
aux  règles  métriques,  le  vocatif  dans  abbés  (II,  196.  7  et  pas- 
sim)?  Dans  les  bons  temps  de  la  langue  d'oïl,  trouver  fait  à 
rindic.  présent  troeve  ou  trtieve  (prononcé  treuve),  ouvrer  fait 
oevre;  comment  fausser  la  prononciation  au  point  d'orthogra 
phier  troève,  oèvre,  comme  si  ces  mots  était  trissyllabiqucs? 
Pourquoi  alors  ne  pas  écrire  aussi  jéf  voèlle  (veuille)?  Aujour- 
d'hui encore  mourir  fait  il  meurt,  ils  meurent,  mais  ancien- 
nement eu  était  noté  par  oe  ou  ue  ;  n'est-il  donc  pas  bizarre 
de  renconirer  meurent  sous  l'accoutrement  muèrentl  Et  tant  de 
faits  de  ce  genre.  Reporter  au  XIV®  siècle  notre  mot  commune' 
ment,  qui  devrait  même  être  expulsé  de  notre  langue  actuelle, 
est  un  choquant  anachronisme;  les  anciens  disaient  commu- 
nément, comme  on  dit  encore  aucunement,  et  non  pas  aucune- 
ment. 

Nous  aurions  préféré  à  ces  accents  prodigués  à  tort  et  à 
travers,  l'emploi  du  tréma,  qui  fait  absolument  défaut  dans 
l'édition  de  Gillon  le  Muisit;  il  aurait  pu  guider  le  lecteur 
inexpérimenté  dans  bien  des  cas.  Ainsi,  à  première  vue,  il 
l'aurait  empêché  de  lire  rauner  au  lieu  de  raûner;  de  lire 
meure,  peureus,  eue  dans  les  cas  où  il  faut  lire  meure,  peûreus, 
eue,  et  vice-versa,  car  l'auteur  se  sert,  pour  ces  mots  comme 
pour  beaucoup  d'autres,  suivant  les  directions  du  rythme,  de 
la  forme  pleine  aussi  bien  que  de  la  forme  contracte. 


(  XII  ) 

£n  déposant  ce  travail,  je  n'ambitionne  qu'une  chose:  c^est 
que  par  les  romanistes  de  Fétranger,  comme  par  mes  compa- 
triotes appréciateurs  de  ces  études ,  il  soit  jugé  digne  de  la 
science  que  je  professe  et  utile  à  l'affermissement  de  son 
crédit  trop  souvent  encore  méconnu. 

Ixelles,  9  juin  1884. 


GLOSSAIRE. 


Alicer,  désirer  vivement;  mais  quid  I,  27.8,  où  l'auteur  dit 
de  ses  péchés  : 

Nuls  iren  poroit,  voir,  faire  nombre. 
Je  n*en  abée  mie  men  umbrc, 
Il  est  ainsi  en  veritet. 

Je  n'en  saisis  pas  le  sens  précis  ;  le  vers  d'ailleurs  est 
altéré  et  a  une  syllabe  de  trop.  On  peut,  pour  mettre  le  vers 
sur  pied,  effacer  le  préfixe  et  lire  bée  (1"*  pers.),  avec  le 
sens  «  je  regarde  ».  Le  poète  exprime,  je  pense,  l'idée  que 
ses  péchés  lui  font  avoir  peur  même  de  son  ombre.  —  A 
l'errata  l'éditeur  corrige  a  béé;  mais  cela  ne  rétablit  pas  le 
rhythroe  ni  n'éclaircit  le  sens. 

Abliue,  mystère,  I,  308.  4;  317.  5  : 

Par  les  jugcmens  Dieu  qui  sont  lout  corn  abime. 

-able,  -Ible.  Dans  ces  finales  on  remarque  à  la  fois  la  résolu- 
tion de  ft  en  u  (ou  eu)  et  le  maintien  du  b.  Je  trouve  d'un  côté 
les  formes  paisieiUe  (paisible),  1, 164.  2  (hors  rime),  puis  pe- 
naule^  tenaule,  parmenaule  (tous  les  trois,  ainsi  que  faute  = 
fable,  à  la  rime  du  même  quatrain),  I,  245)  ;  d'autre  part  des 
quatrains  entiers  rimant  en  able,  ainsi,  I,  292.  Je  ne  sais  donc 
à  quoi  me  résoudre  pour  la  prononciation  de  l'auteur. 
Tome  XXXVII.  1 


(  2) 

Abome,  abomination,  I,  178.  3  : 

Toutes  coses  mundaincs  leur  esloieiil  abonnies; 
284.  19  : 

Ce  sont  celles  et  ehil  qui  font  treslous  abomes, 

Cp.  306.  9;  323. 13;  II,  99. 18.  Le  glossaire  donne  erroné- 
inent  à  la  forme  abonnies  (simple  variété  orthographique  de 
abomes)  la  valeur  «  abominable  »  ;  notre  mot  est  le  subst. 
verbal  de  abomer^  détester  (I,  304.  7). 

Abuser,  sens  absolu,  l*»  faire  abus,  I,  267.  14;  370.  Yi\ 
2»  s'égarer,  se  tromper,  I,  98.28;  341.  20.  — Subst.  flti«,I, 
267. 16  ;  abmage,  275.  6  ;  II,  9.  8  ;  abmion,  II,  30. 13  ;  63. 18. 

Acanler,  voy.  canle, 

Aeccftseur,  forme  altérée  de  assesseur,  conseil,  avocat,  1, 
257.12;  II,  146. 17.  Il  faut  noter,  toutefois,  que  la  latinité  du 
moyen  âge  employait  confusément,  sans  variation  de  sens, 
accessor  et  assessor. 

Aecort,  3«  pers.  sing.  ind.  prés,  de  accorder,  irr^ularité 
commise  par  concession  ù  la  rime,  I,  203. 11  : 

Li  boins  cucrs  as  boîns  yocls  toutes  heures  s'accort. 

On  peut  au  besoin  y  voir  le  subjonctif,  amené  sous  Pinfluence 
de  fâche  au  v.  préc. 

Aecoarser,  faire  courir,  II,  216. 15  : 

Les  kevaux  cstabieus  puet  on  mieus  accourser. 

Le  gloss.  dit  :  «  maîtriser  ».  —  Mot  omis  dans  Godefroy. 

*  Accarer  i,  prendre  soin  (selon  le  gloss.),  II,  3. 13  : 
Vint  et  un  poins  y  treuve,  quant  au  conter  m'accure. 
Le  verbe  s'accurer  n'existe  pas;  il  faut  lire  mac  cure  (=  mets 

*  Lés  vocables,  en  tête  d*ariJcle  marqués  d'un  astérisque  sont  ceux  que 
je  juge  avoir  été  introduits  erronémenl  dans  le  texte. 


(3) 

cure).  L'expression  mettre  cure  (s'appliquer  à)  est  de  tous  les 
instants  et  la  l*^  pers.  indic.  prés,  de  mettre,  pour  notre  dia- 
lecte, est  mac  (cp.  au  subj.  maclie  cure,  1, 25S.  9). 

Achainmée,  mauvaise  forme  (isolée)  pour  achesmée  ou  ache- 
mée  (parée),  II,  32. 19. 

Aclieveur  (cp.  lat.  cansummalor) ,  à  peu  près  dans  le  sens 
de  «  foiseur  habile  »,  I,  87.  25  : 

De  Hochet  le  frère  meneur, 
Au  bien  faire  grant  acheveur, 

Acompllr  {acomplier.ly  29.  23,  est  vicieux);  impf.  subj. 
acomplesissent^  I,  215.  8. 

Aeonter  à  qqch.  ou  qqn.,  en  tenir  compte,  en  faire  cas,  II, 
13.  5  :  [Tout  le  monde  vise  à  dépasser  les  autres  en  richesse] 

K'à  leur  vcsins  ne  puîscent  nulle  riens  aconter, 
H,  215, 18  : 

Et  petit  aeontéé  as  honneurs,  à  Tavoir. 
Cp.  I,  365.  4;  II,  263.  12.  —  Aussi  construit  avec  de,  11, 
46.  21  : 

Homme  n'acontenl  mais  d$  laides  ne  de  bielles. 

Acroire  à  qqn.,  s'en  faire  le  débiteur,  I,  115.  21  ;  196.  8; 
sens  absolu,  prendre  à  crédit,  I,  243.  22;  II,  68.6. 

Aeâer,  rendre  aigu,  d'un  type  latin  *acutare  (non  pas  de 
acuerCj  comme  dit  le  gloss.);  au  fig.,  aiguiser,  exciter  «  le 
sens  »,  I,  53.  8;  195.  26;  206.  7;  II,  19.  7;  182.  1. 

Acaffardlr,  voy.  cuffart. 

Ademestlr,  familiariser,  fig.  mettre  sur  le  ton  de  fami- 
liarité, d'égalité,  II,  272.  1  : 

Li  siècles  les  a  tous  si  bien  ademestis 

Que  nuls  ne  connoist  mes  vilains,  frans  ne  maislis. 

De  domeste,  demeste  =  domesticus.  —  Godefroy  n'a  que  la 
forme  adameschier. 


Adevaiicler,  surprendre  (en  parlant  de  la  mort),  1, 383.36  : 
Fols  est  qui  tant  atend  que  li  mors  Vadevanee. 
Dans  le  même  sens  aussi  avancier, 

Adevlner,  faire  des  suppositions,  gloser,  II,  131.  28: 
Sour  caus  et  sour  lor  biens  on  adevinera. 

Adierchier  (autre  forme  de  adrechier,  adresser,  type  latin  : 
ad'directiare) ,  sens  absolu,  réussir,  bien  venir,  venir  à 
point,  1,229.  4: 

Toutes  ïCadierchent  mie  par  ces  entis  les  entes; 
II,  273.  9,  opposé  à  falir  :  [On  voit...] 

Mainte  fois  adicrchier  et  falir  les  peutures. 

Part,  adierchiet,  instruit,  savant  (non  pas,  comme  dit  legl., 
c(  plein  de  droiture  »),  II,  282. 14. 

AdluTention,  invention,  nouveauté,  I,  273.  14;  288.  lo; 
384.  15,  etc.  —  Lat.  adinventio  (Vulg,). 

Adiré,  faire  des  remontrances,  répliquer,  II,  213.  20  : 
Toudis  adiré  sevent  à  ce  que  nous  disons. 

Cp.  mon  gloss.  des  Poésies  de  Froissart,  s.  v.,  et  pour  un 
autre  sens  de  ce  verbe,  celui  des  Chron.  du  même  auteur. 

Adodemlné  «=  caressé,  dodelhié,  II,  264.  2  : 
lestre  voel,  che  sachiés,  bien  adodeminés, 

Godefroy  a  dodiminet\  Nous  disons  aujourd'hui  dodiner  ou 
dodeliner. 

Adosser,  litt.  mettre  à  dos^  de  là  rejeter,  renoncer  à,  renier, 
1, 147.  25  : 

Et  le  siècle  malvais  dou  tout  adosseroietii, 

La  traduction  par  «  combattre  »  et,  encore  plus,  Fétymologie 
adorior  sont  absolument  fautives. 

Adoaber  (à  /*),  à  la  toilette,  II,  34.  18. 


Adonrs  (plur.),  toilette,  II,  25.  22;  30.  24;  174.  26,  etc.  — 
Je  relève  ici  ce  mot,  qui  vient  de  adoumer  comme  atour  de 
ataumerj  parce  que  God.  l'a  placé  par  mégarde  sous  adoub. 
—  Au  V.  I,  346.  26  : 

Trestout  leur  adoumer  ont  significations. 
Corrigez  adour,  selon  l'exigence  du  mètre. 

Afant  ou  a/fant^  enfant  ;  cette  forme  dénaturée  et  exception- 
nelle n'ap parait  que  trois  fois  :  II,  26.  20;  78. 10;  104. 1. 

AVadI,  affaibli,  II,  31.  9;  176.  4;  183.  24.  Aussi  mfadit 
(voy.  c.  m.). 

AVait,  II,  170.  7  : 

Se  voit  on  geos  morir  boins  et  mal  vais  affait. 

L'éd.  traduit  :  c<  frappés  de  mort  ».  C'est  une  erreur,  le 
mot  représente  à  fait ,  locution  affirmative  bien  connue. 

*  Anircr  (s'),  d'après  le  gloss.  =  s'affliger.  H  suffit  de  citer 
le  passage,  pour  ranger  ce  terme  parmi  les  fictions  de  l'édi- 
teur; 1,29.3: 

Et  kantes  fois  ies  renkeûs. 

Se  ta  le  ses,  tu  le  dois  dire 

De  cuer  dolent  et  t*y  afflire, 

Afflire  est,  comme  dire  qui  précède,  un  infinitif  et  la  bonne 
forme  du  lat.  affligere  ;  le  moderne  affliger  ne  date  que  du 
XVI*  siècle.  —  Part,  passé  afflit,  I,  14.  20. 

Affrant,  forme  syncopée  de  afferant  (comme  prece  de  perece, 
paresse),  I,  361. 1  ;  II,  31. 13.  —  L'infinitif  n'est  pas  ajferer, 
comme  dit  le  gl.,  mais  ajferir. 

Affrantet  ==  elfrontet,  II,  286.  31. 

Afframcr  =±  a/fremer  «  affirmer,  II,  193.  20.  —  Pour  e 
changé  en  u  sous  l'influence  de  m,  cp.  les  anciennes  formes 
prumier,  fumelle,  etc. 


(6) 

Aforalu  est  non  pas  l'opposé,  comme  pense  Téd.,  mais  lo 
synonyme  de  deforain^  extérieur,  étranger;  les  signeun 
aforai)Uf  I,  388.  9,  sont  les  seigneurs  séculiers  opposés  aux 
spirituels. 

Afforlmc,  arithmétique  (=  lat.  algorismus),  II,  4.  6. 

Ahatlt,  II,  3.  33  : 

Par  dés  sont  maint  ami  pluseurs  fois  ahatU. 
Non  pas  «  portés  à  la  haine  »  (le  verbe  aatir  ou  ahatir  n'est 
pas  connexe  avec  Aaïr),  mais  «  portés  à  la  colère,  irrités  ». 
Cp.  II,  66.  6  : 

Les  gens  de  tous  estas  à  (restons  les  ahatent. 
Ahatir  est  synonyme  de  airer. 

*Ahavlule8  {les  tieres),  II,  83. 13;  mot  impossible;  c'est  une 
faute  de  lecture  p.  ahanaule  (labourable). 

Ahireter,  rendre  propriétaire,  1, 143.  30  : 

On  soloit  voir  jadis  religîcns  diter  (=  enrichir) 
De  grans  possessions,  de  biens  o/iiVe/er. 

La  rime  oblige  à  préférer  la  forme  concurrente  aheriter.  — 
Notez  que  dans  ce  verbe,  comme  dans  hiretage  (bien  immeu- 
ble), l'idée  d'hérédité  s'est  effacée. 

-al-;  cette  ancienne  diphthongue,  dans  le  système  phoné- 
tique et  graphique  du  Tournaisis,  est  devenue  la  doublure 
de  IV  ouvert.  Ainsi  l'on  trouve  mait,  rikaice,  proumaisse, 
nait,  damelaite^  mailer^  etc.,  alterner  avec  met  (de  mettre), 
rikece^  proumesse,  net^  damelete^  mêler  (p.  mesler),  —  Parfois 
aussi  ei  :  tekhe  (=  taiche^  teche\  bleiche  =  bkche,  blesse). 

Ail,  ayl,  ail,  II,  365.  30  : 

J*ai  les  deus  ioex  moult  tenres,  se  me  nnyroît  lumière, 
Ayl^  vins  tasters  et  veillers,  fèves,  feus  et  fumiere. 

Le  second  vers  est  fautif;  pour  le  redresser,  je  corrige  toiter 
et  veilles.  L'abbé  énumère  les  choses  contraires  au  régime 
que  lui  commande  l'état  de  ses  yeux  ;  il  fout  donc  prendre  ail 


(7) 

dans  son  sens  naturel.  Cela  ressort  clairement  d'un  passage 
précédent  (263.  8),  où  Fauteur  dit  qu'au  fort  de  sa  cécité  l'ail 
ni  les  oignons  ne  lui  étaient  pas  défendus.  —  Comment 
l'éditeur  s'est-il  vu  amené  à  interpréter  notre  ayl  par 
«  oui  »? 

Alruu,  II,  263.  5  :  D'aus,  d'ougnons  et  d'airuns.  —  L'éd.  y 
voit  le  flam.  ajuin  (oignon);  c'est  une  erreur.  Airun  est 
identique  avec  aigrun^  qui  est  dans  Ménage  et  Furetière 
(voy.  aussi  Hécart ,  Dict.  rouchi-franç.  w.  airun ,  erun) ,  et 
répond  à  it.  agrume^  herbage  aigre,  acide,  salade.  —  Omis 
dans  Godefroy. 

Alfitrr,  autre  graphie  de  esîre,  foyer,  I,  160.  12;  168.  16; 
194.  23;  11,114.27: 

Je  ne  suy  mie  dignes  de  ramonncr  leur  aigfre. 
Il  faut  séparer  ce  mot  de  atre  (=lat.  atrium),  qui  signifie 
«  espace  ou  enclos  environnant  le  moutier  »,  portique, 
cimetière;  I,  366.  7;  377.  18;  II,  77.  8;  92.  2;  265.  2S.  Le 
gloss.  a  négligé  cette  distinction. 

Alckler  {-cier,  -chier),  allécher,  affriander,  I,  20.  30; 
193.  27;  281. 19,  etc.;  réfl.,  s'al.  de  qqch. ,  y  prendre  goût, 

I,  188.  20;  276. 18;  297.  11;  381.  28,  et  passim.  —  La 
forme  picarde  alekier  affaiblit  singulièrement  le  crédit  ac- 
cordé à  l'étymon  aUectare,  généralement  invoqué  pour  allé- 
cher. Celui-ci  convient  sans  doute  pour  l'it.  alleUarCj  mais  le 
thème  lek  dans  alekier  ou  alechier  ne  peut  être  que  celui  du 
bas-lat.  lecaior  (fr.  lechëeur),  séducteur,  corrupteur,  et  appar- 
tient à  la  famille  des  mots  germaniques  leeker,  gourmand,  etc. 
(voy.  Diez,  v.  leccare,  p.  190). 

Alctler,  allaiter,  fig.  1, 108.  28  : 

De  leurs  boines  doctrines  les  alaitent  ke  mère; 

II,  183. 19  : 

Par  vos  bielles  paroles,  dames,  vos  m^aleiiés, 
I^  rîmes  hailiés,  gaitiés,  affaitiés  assurent  la  leçon  donnée 


(8) 

et  ne  permettent  pas  de  songer  à  aledés  =  alekiés  (alléchez). 
Mais  ce  qu'il  faut  carrément  rejeter,  c'est  la  traduction 
(c  excuser  »  du  gloss.,  fondée  sur  les  soi-disant  synonymes 
«  aleter,  aleuter  »,  que  personne  ne  connaît. 

Alcnclie,  subj.  de  alevet\  II,  84.  ââ. 

''Alocr,  loger  (gloss.),  I,  74.  49  : 

Cornent  li  mors  jour  cl  nuit  vcllc 
El  cornent  forment  se  travelle 
De  chiaus  et  cheles  aloer 
Qui  Dieu  et  vous  doivent  loer. 

Je  lis,  conformément  à  la  règle  de  l'ancienne  syntaxe,  à  laer, 
tout  en  accordant  à  loer  (lat.  locare)  le  sens  ce  placer,  loger  ». 

Alolr,  chemin,  galerie,  passage,  forme  contracte  de  o/eoir, 
type  lat.  " alatorium,  I,  389.  Hl  : 

Quant  trouver  quideront  en  paradis  ro/otr, 
Fremet  et  empaicbict  trouveront  tout  Valoir, 

La  première  fois  =  chemin,  la  seconde  =  passage.  — 
Cp.  II,  32.  3  : 

Pluseur  par  le  moustier  vont  dWotr  en  aloir  (galerie). 

Alonrder,  tromper,  abuser,  I,  88.  14;  II,  913.  23.  (Test  là 
aussi  le  sens  du  mot  dans  Froissart,  Poésies,  I,  p.  2S0, 
V.  1080,  où  je  l'ai  mal  traduit  par  fatiguer,  tourmenter. 

Alumer,  éclairer,  I,  33,  23;  297.  7;  enflammer,  exciter, 
II,  5.  6  (il  s'agit  des  joueurs)  : 

Ardeurs  de  couvoîtise  de  wagnicr  les  afume. 

Amasser,  entasser;  réfl.,  s'enrichir,  I,  34.  8  : 

Doner  ue  set,  toujours  voelt  prendre, 
A  s'amatser  tous  temps  entendre. 

Cp.  amukr.  —  Aussi  la  forme  etimasser,  II,  89.  27. 

Ambler  (hautj,  vider  haut,  I,  260.  24.  —  Mot  omis  dans 
God.  —  Verbe  forgé  sur  un  type  lat,  *'ambUare  (de  ambire)^ 


(9) 

^AMieiiestrer,  fournir,  donner,  II,  148.  12  (il  s'agit  des 
ordres  mendiants)  : 

Vivant  et  H  morant,  moult  on  lepr  amenestroit. 

La  régularité  du  vers  et  l'usage  de  Fauteur  imposent  la  leçon 
menesiroU. 


=  almosner,  aumoner,  v.  act.,  donner  ou  accor- 
der par  générosité,  par  bienveillance,  I,  170.  9  : 

Si  fist  moult  grant  pekiet  qui  premiers  Vamona^ 
Pour  Tiestir,  pour  couchier  quant  argent  on  dona. 

On  a  imprimé  amena  *.  —  Cp.  II,  194.  4  : 

Dou  relief  de  vo  coer  grant  part  nos  ammonné», 

AnoUIr,  I,  349.  36  (en  rime).  A  côté  de  cette  forme.  Fauteur 
emploie  aussi  amollxer  (4  syll.),  I,  380. 11  ;  II,  354.  3. 

Amortir,  donner  en  main  morte,  I,  379.  5  : 

Se  H  bien  des  églises  amortit  si  n'estoient, 
Et  hoir  et  successeur  tost  ravoir  les  voiraient. 

Gratifier  de  revenus  en  main  morte,  II,  16.  31  : 

Et  as  fondations  partout  il  s'acordoient 
Et  gracieusement  pluseurs  amortissoient, 

Aaiparlier,  avocat,  II,  155.  33.  —  Je  tiens  cette  forme,  bien 
que  concurrente  de  ewparlier,  pour  la  bonne  et  la  plus 
ancienne,  car  je  ramène  am  à  anie  (cp.  v.  fr.  anvaUj  migarde), 
en  me  prévalant  de  la  forme  avantparlier  =  lat.  praelocutor. 
Le  rapprochement  de  empariez  éloquent  (cp.  mlagagié)^  a 
peut-être  déterminé  la  substitution  de  emparlier.  —  Cp.  ma 
note  Jean  de  Condé,  II,  p.  336. 

*  On  peut  aussi  interpréter  famena  par  i  iotioduisit  celle  coutume  >  et 
saover  ainsi  les  rimes  dena^  despriêena,  mais  il  faudra,  dans  ce  cas,  lire  aussi 
guerredena  p.  guerredon  a. 


(  10) 

Amulcr,  litt.  mettre  en  meules,  entasser,  fig.  amasser, 
multiplier,  I,  272.  H  : 

Il  mettent  leur  ententes  à  leurs  biens  amuler. 

L'inspection  seule  des  rimes  [toutes  en  uler)  aurait  pu  garan- 
tir l'éditeur  contre  sa  leçon  avuiler  (que,  par  impossible,  il 
explique  par  avilir).  —  Godefroy  donne  notre  verbe  au 
réfléchi,  mais  il  se  méprend  en  traduisant  s'amukr  par 
«  s  abrutir  »  au  lieu  de  «  s'enrichir  »  dans  ce  vers  d'Eust. 
Dechamps  :  «  Quant  par  convoitise  s'amtUe  ».  —  Pour  la 
dérivation  du  sens,  cp.  pi.  h.  amasser. 

-au,  désinence  verbale,  contraction  de  a  on;  I,  41.  2  (an  =  a 

on  du  verbe  avoir)  ;  198.  26  : 

Car  de  sos  et  de  sages  an  rétribution  ; 

2S3.  6  ;  II,  261 .  12  (buveran).  Les  exigences  du  mètre  prescri- 
vaient à  l'éditeur  d'appliquer  an,  1, 292.  20  {diran  p.  dira  on)  ; 
II,  219.  20  {an  p.  a  on).  —  Pour  le  fait  en  lui-même,  je  rap- 
pelle nos  mots  paon^  laon^  prononcés  pan,  ian.  Il  est  arrivé 
à  M.  d'Herbomez,  auteur  d'un  mémoire  sur  l'ancienne  langue 
de  Tournai,  d'interpréter  les  mots  an,  depariiran  qu'il  a 
rencontrés  dans  ses  chartes,  comme  des  3®  pers.  du  pluriel, 
représentant  habent,  departire  habent  (donc  an  =  fr.  oni)  ; 
voy.  p.  126,  §  211.  Cette  méprise  dépare  un  travail  qui,  d'ail- 
leurs, est  fait  avec  beaucoup  de  soin.  J'avais  moi-même  aussi, 
au  début  de  mes  lectures  d'anciens  poètes,  k  propos  de  Baud. 
de  Condé,  Prison  d'amour,  515  (Mains  tors  an  faUj,  méconnu 
la  valeur  de  an  ==aon. 

*  Anchiuii  que,  I,  383.  7.  Lisez  anchois  que,  cp.  Il,  19.  3. 

An^le,  angle;  fig.,  détour,  1, 15.  30  : 

Nul  angle  ne  qucrt  vérités. 

Analcr,  ennuyer.  Régulièrement  le  thème  anui  est  la  forme 
voulue  pour  les  cas  où  l'accent  repose  sur  la  terminaison, 
donc  à  l'inf.  anuyer,  au  partie,  anuyet;  quand  l'accent  est 


(H  ) 

sur  le  thème,  celui-ci  prend  ot,  donc  au  présent  anoi.  Tou- 
tefois j'ai  remarqué,  à  la  rime,  le  présent  anuk  1,  347.  16  ; 
II,  86.  3;  130.  18,  et  à  l'infin.,  amyer  I,  357.  7  (où  sans 
tenir  compte  de  la  rime  on  a  imprimé  anuyei\  de  même 
qu'on  a  mis  anoyer  p.  anuyer  II,  35. 15). 

*  Anvel,  I,  378.  14,  corrigez  annel;  de  même  à  la  p.  379.  o 
et  14,  mettez  anneus  p.  anuens.  —  Il  s'agit  du  subst.  lat. 
annale^  annate,  rente  annuelle. 

Aonrncr  ses  prières,  les  préparer,  faire,  I,  117.  15.  Cp.  I, 
220.  26  (en  parlant  des  dix  vierges),  aoumer  les  lampes. 

Aouwîewtj  lisez  ainsi  I,  93.  11  au  lieu  de  à  ouviert. 

Aper«li,  1«  sg.  ind.  prés,  de  aparoir  (non  pas  de  aprochier, 
comme  on  lit  au  gl.),  I,  47. 15. 

Apoiitater,  dévoyer,  s'égarer,  II,  90.  25  : 

Li  vin  sages  et  sos  font  bien  apostater; 
II,  106. 10  :  LL'anemi] 

Ki  les  hommes,  les  femmes  faisoit  apostater^ 

Apostle,  apôtre,  I,  331.  24  :  le  cytet  les  apostles.  —  Ce  mot 
reproduit  exactement  apôstolus,  et  ne  doit  pas  être  confondu 
avec  apostoley  évéque,  puis  pape  (332.  5),  qui  répond  au 
t}^e  latin  apostôlius.  L'éditeur  de  Ph.  Mousket  se  heurtait 
contre  la  forme  apostolie  (20410,  23324)  et  la  déclarait  con- 
traire à  la  mesure  ;  il  ignorait  qu  elle  se  prononçait  apostolie 
it=3yorlall.). 

Apparilller,  présenter,  exposer,  II,  90.  20  : 
Li  sens  vous  en  sera  tantost  apparUHéi» 

Appriesser,  accabler,  importuner,  1, 241, 21.-— Au  v.  268. 11 
je  pense  qu'il  faut  corriger  apriesser  au  lieu  de  cpHesser. 


(12) 

Aprisc,  enquête,  I,  194.  if)  : 

Adont  seront  sour  tous  faites  grandes  aprise$ 
Des  fardieus  de  peckics,  de  rikaîces  acquises  ; 

1,328.6: 

Pour  ehou  fist  de  leur  picrtes  faire  partout  apriset. 

Cp.  I,  330.  28,  aprendre  de  =  s'enquérir. 

Arenter,  mettre  à  bail,  en  hypothèque,  II,  58.  19  : 

Leur  maisons  et  leur  biens  adont  les  gens  arentenli 
prendre  à  bail  (au  fig.),  1,  344.  3  : 

Il  sanle  que  tout  ayent  tous  visées  areniel; 
II,  47.  28  : 

Tout  yisce,  trestout  mal  estoient  arrenfet] 
ib.,221.6: 

Et  que  tous  visées  a  H  siceles  aruntiê. 
Voy.  aussi  Tart.  aventeL 

Arffler  s»  ardre,  brûler,  I,  362.  15  :  Rewardés  comment 
argefit  (indic.  prés.).  —  C'est  une  forme  arbitraire  créée  sur 
la  base  du  subj.  arge  (ardeam),  comme  espargier  sur  le  subj. 
de  espardre:  Elle  a  été,  toutefois,  mal  appliquée  II,  34.  30, 
où  la  rime  exigeait  ardefit. 

Arc#cr,  B=  lat.  argutare,  attaquer,  quereller,  provoquer, 
exciter,  1, 148.  20  :  [Ce  siècle  puant,  qui  va] 

Les  boines  consciences  de  virtus  desnuant 
Et  tous  religieus  moult  griefroent  arguant; 

ib.,  250.  18  : 

Je  n*en  saroie  riens,  s'on  m'argtiaii,  respondre. 

Cp.  I,  250. 18;  II,  181.  27.  —  Par  argumetis,  par  querelles, 
par  voie  de  procédure,  1, 147.  3  : 

Par  argumeni  voelt  on  avoir  propriété!. 


(13) 

i&nne,  âme;  cette  forme  secondaire  de  ame  se  présente, 
concurremment  avec  ame,  assez  souvent  (1, 174.  20;  177.  4; 
223.  4;  260.  12;  329.  18,  etc.),  mais,  notez  bien,  jamais  à 
la  rime  (cp.  I,  22S.  1). 

Aroater  (s')9  s'acheminer,  I,  240.  24;  381.  17;  il  se  peut 
que  le  neutre  arrouter  II,  20.  6  : 

Pour  boîns  faiseurs  reprendre  fait  boiu  gens  arroiUer, 
soit  =  s'attrouper (dér.  déroute,  troupe). 

Arriérer,  mettre  en  perte,  I,  112.  1  : 

Le  blasme  passerai,  arriéres  (I.  arriérés)  en  seras  ; 
II,  283.  21  : 

Car  arrieret  sont  par  se  mort. 

Arrire,  être  agréable,  plaire,  lat.  arridere^  II,  74. 10  : 
Carités  et  largece  courtoise  gent  arrient. 
J'ai  relevé  le  sens  c<  sourire  »  dans  Baud.  de  Condé,  p.  273, 
V.  133  : 

Hé  Dîex  !  s'ensi  m'avoit  aris 
Par  amours  une  seule  fois. . . . 

Araent,  3«  pi.  parf.  de  ardre  ou  ardoir,  I,  136.  32.  —  Cp. 
Phil.  Mousket,  160  et  4151.  Cette  forme  (négligée  par  le 
gloss.)  représente  lat.  arserunt'y  elle  est  allégée  de  arstrent 
et  me  fournit  l'occasion  de  rappeler  un  trait  distinctif  du 
picard  :  il  forme,  dans  les  parfaits  en  s  de  certains  verbes 
forts,  la  3*  du  pluriel  en  élidant  Vr  qui  suit  1'^  caractéristique 
de  ce  temps.  Ainsi  Ton  ne  trouvera  chez  notre  auteur  que 
fisent,  prisent^  misent,  sisent,  disent,  etc.  ;  jamais  fisrent  ou 
fuirent,  etc. 

Artien,  instruit,  savant,  I,  113.  1  : 

Or  sont  clerc  artyen  qui  par  estudes  Usent; 
ib.,  264. 19  : 

Maistres  lisant  nature  et  trestout  ariyen. 


(li  ) 

Asanuer,  assembler,  1,  389. 18;  II,  48. 19;  réfl.,  1, 355.  36; 
II,  37.  3o.  Forme  analogue  à  pic.  saner  =  sanler  (seinbler^ 
estraner  (étrangler).  —  Voy.  aussi  rassanner. 

^Asplé,  II,  181.16: 

Riens  ne  sui  de  roen  corps  fors  des  yoeuls  atplé$, 
La  rime  et  le  mètre  imposent  aspolés,  mais  comment  trouver 
à  ce  mot  un  sens  se  rapprochant  de  «  embarrassé,  endom> 
mage,  affaibli  »?  Aspolé  peut  se  rapporter  à  egpole^  broche 
de  fileur,  mais  je  ne  saisis  pas  la  métaphore. 

Aupolcr^  voy.  Tart.  préc. 

Assener,  assigner,  allouer,  destiner,  1, 108.  15  (des  dignités), 
287.  11  (les  biens  de  sainte  Eglise),  244.  19;  332.  13.  — 
Asseneur^  dispensateur,  I,  294.  19. 

Assener  à,  parvenir,  atteindre,  trouver,  1, 105.  25  : 
Se  voels  à  boin  trespas  n  la  fin  a$ftcncr\ 

339.  3,  où  il  est  dit  du  berger  conduisant  son  troupeau,  que 
((  trop  bien  set  assener  à  tout  chou  qu'il  leur  nuist  et  remèdes 
donner  (lisez  deiier)  »  ;  II,  34.  7  : 

Se  je  veoie  bien,  trop  mieulx  atseneroie 

A  chou  que  ferames  font  et  le  voir  en  diroie. 

Sens  actif,  diriger  vers,  I,  290. 15  : 

Viers  Lille,  viers  Douay  pluseur[s]  en  i 


Atolllsier  »  atorisier  (l  pour  r,  cp.  seule) ^  aueUnisier 
(I,  252.  14),  sanctionner,  I,  304.  20.  —La  double  /  est  abu- 
sive. God.  s.  autùrisier  cite  une  forme  attoUsier. 

Atoukier  (s'),  I,  282.  6  : 

Il  se  sont  atoukiet  tresloute  gent  cnsanlc; 

Les  virtus  boutent  hors,  visce  tout  ont  le  canle. 

Uuid?  se  mettre  en  contact?  Ou  faut-il  lire  abaukiet  («  se 
sont  donné  le  mot  »)? 


(  ^3  ) 

Aire ,  voy.  sous  aistre. 

Attendre,  obtenir,  I,  359.  18  : 

Au  darrain  jugement  mierchit  attendera. 

Attendre  à  qqn.,  s'adresser  à  lui  (pour  obtenir  qqch.),  I, 
167.  22. 

Aamare,  armoire,  1, 170.  2. 

^Anser,  1,65.  26: 

Que  j'ay  pîerdut  malvais  usages 
Làsoloie  tous  tamps  auscr 
Et  me  vie  moult  mal  user. 

Lisez  user  (neutre),  vivre. 

Aatlerme  1, 127,  dern.  ligne  (prose)  :  Si  avoit  deus  maistres 
des  enfans  en  rescolle  et  un  maistredes  enfans  en  Vautiefine. 
—  Quid? 

Avaneliler,  en  parlant  de  la  mort,  saisir  prématurément, 
I,  5.  18;  92.  28;  97.  1.  —  Dans  le  même  sens  aussi  ode- 
vanchier  (v.  ce  m.). 

Avant?!,  90.  27  : 

Car  les  biaus  dis,  les  bielles  choses... 
Pourpensenl  et  mettent  avant 
Et  en  font  souvent  conte  avant, 

A  lire  à  vant  (vanterie,  bourde)?  11  se  peut  aussi  que  vaut  soit 
=  vent'j  malgré  la  séparation,  phonétique  et  graphique,  gé- 
néralement obser\'ée  entre  eti  et  an,  Ph.  Mousket  a  déjà 
donné  l'exemple  de  pareilles  licences  en  faisant  rimer  tremble 
avec  angley  communalment  avec  maintenant, 

Avarisee,  tantôt  m.asculin,  I,  246.  26,  tantôt  féminin, 
256.12. 

Avenir,  act.,  faire  arriver,  H,  235.  24  : 

Car  ch'cst  moult  fort  [n]  faire  d'avenir  la  parellc. 


(16) 

^Aventet,  I*  ^Oo.  34  :  De  trestoutes  sciences  seroient 
aveiitet.  —  Selon  Véd.  p.  avefiantet,  estimé,  prisé;  explica- 
tion insoutenable.  AverUer,  au  sens  actif  de  «  faire  échoir  à 
qqn.,  le  gratifier  »,  n'est  pas  probable  non  plus;  je  corrige 
donc  arentet  =  doté,  doué.  Voy.  arenter. 

Averir,  assurer;  je  tiie  tienc  averis,  I,  73.  10;  montrer,  prou- 
ver, II,  207.  14. 

Avealer,  aveugler,  au  sens  moral,  1, 191.  1  ;  267.  7  et  pas- 

sim;  je  lui  trouve  le  sens  d'anéantir,  détruire,  I,  71. 16  : 

Slierchi  vo  prie  pour  le  peule, 

Que  li  mors  si  grief  ment  aveule 

Et  trait  à  fin  hastéement. 

Ce  sens  découle-t-il  de  celui  de  ce  mettre  dans  l'obscurité  », 
c(  faire  disparaître  »?  Le  fait  est  qu'il  se  produit  aussi  pour 
la  forme  concurrente  aveulir^  II,  54. 16  : 

Mais  orgbieus  est  si  grans,  s'est  tant  de  trekerie. 
Que  toute  gcntillechc  par  est  trop  aveu/te. 

Ailleurs  le  texte  offre  aussi  avoulir^  avec  la  valeur  de  «  rendre 
nul,  annihiler»,  I,  218.  24  : 

Les  drois  chou  deflfendans  soutieument  anouHsseni, 

On  peut  ici  se  demander  :  faut-il  corriger  aveulissent,  ou 
ramener  à  la  fois  aveuler,  aveulir,  avoulir  à  l'adj.  veule  ou 
vole,  vain,  nul  (II,  2S2.  8,  vaines  et  veules)1  En  tout  cas,  iden- 
tifier notre  mot  avec  avilir,  comme  fait  l'éditeur,  est  par  trop 
hardi. 

Aveallr,  aveugler,  I,  316.  28;  voy.  l'art,  préc.  aveuler. 

^Avlellent,  II,  147.  11;  mauvaise  leçon  p.  at;»/<eiil  (avilis- 
sent), de  avillier,  outrager,  mépriser.  —  Cp.  subst.  aviUeur, 
contempteur,  I,  267.  23. 

Aviestare,  investiture,  I,  277.  22  : 

Des  benefisces  ont  cescun  an  Vavieslure. 


(17) 

Avolentet,  en  bonne  disposition  (voy.  mon  gloss.  des  Poésies 
de  Froissart).  On  lit  I,  253.  27  :  [Les  rentiers  de  l'Église 
doivent] 

Leurs  estas  par  raison  euM  à  volenîet. 

Ce  vers,  trop  court  d'une  syllabe,  est  altéré  ;  je  propose  de 
corriger  : 

Leurs  estas  par  raison  tenir  avaient  et. 

L'omission  de  de  ou  à  devant  tenir  ne  fait  pas  difficulté; 
cp.  1,321.21: 

Et  à  cbiaus  qui  Dieu  sont  siervir  entalentet 

Avoulir,  voy.  aveiUer. 

*  Availer,  I,  272. 11,  lisez  amuler  (voy.  ce  mot). 

Awurder,  sens  absolu,  se  garder,  tarder,  hésiter,  1, 156.  8; 
act.,  attendre,  s'attendre  à,  I,  115, 10  : 

Cescuns  redoubteroit  le  loyer  k'awardont  ; 
veiller  sur,  protéger,  I,  352.  7  : 

Car  Dicus  trcstous  les  jours  tous  repentans  awarde; 
rén.,  se  régler  sur?  I,  366.  6  : 

Sage  gent  tout  $'awardent  sour  gens  de  Sainte  Église. 

Awll,  oui,  I,  126.  12  (prose). 


Balmieler,  juger,  I,  50.  28  : 

Et  quant  on  me  balaneera^ 
Li  dame  dalés  mi  sera. 

Ballet,  quid?  II,  190.9  :  [Les  femmes  réprimandées  par 
l'abbé  pour  leur  coquetterie,  faisant  fi  de  ces  reproches  et 
des  clameurs  dont  elles  sont  l'objet,  répliquent 
Or  en  macent  ballet  li  parlant  en  pasture  ! 
Sous  cette  phrase  me  semble  se  cacher  le  sens  :  «  cela  sera 
Tome  XXXVII.  2 


(18) 

peine  perdue,  autant  en  emporte  le  vent  »  !  Mais  que  veut  dire 
exactement  «  mètre  bolet  en  pasture  »  ?  Serait-ce  «  faire 
manger  du  balai  »  ?  Cela  soulèverait  deux  diflScultés  :  bakt 
=  balai  se  trouve-t-il  ?  Puis,  mètre  en  pasture  est  d'ordinaire 
=  mener  paître  (les  troupeaux). 

Bare  (metre)^  mettre  obstacle,  faire  résistance,  I,  6â.  32  : 

11  trouveront  lors  aversares 

Qui  leur  mèneront  moult  de  bores» 

Cp.  1, 170.  3. 

Basener,  I,  304. 16  :  [Le  pape  Boniface  VIII] 

A  Rorome  grans  pardons  en  sen  temps  ordena, ... 
De  cent  ans  en  cent  ans  jadis  en  basena. 

Proprement  écrire  sur  basane  (synonyme  de  mettre  sur  par- 
chemin), buller,  ordonner)?  Le  mot  est  inconnu;  le  gloss., 
au  hasard,  traduit  «  établit  ». 

Baurii,  futur  de  baillkr,  accorder,  I,  189.  8. 

Béer,  sens  actif,  regarder,  admirer;  I,  327.  4  : 

Ch'cst  chou  quelles  convoitent  que  bien  soient  beées; 

II,  35. 10  : 

Par  quoy  des  rewardans  che  soit  H  plus  beée. 

Bender,  lier,  ail.  binden^  I,  63.  36  :  On  les  doit  en  intier 
bender.  —  Je  consigne  le  mot  pour  contester  la  trad.  «  tour- 
menter »  du  glossaire. 

Betun,  boue,  I,  397.  34  : 

En  Fort  betun  dou  siècle  tout  se  vont  empaler; 

11,118.  30:  (Dieu] 

De  betun  le  fourma,  dont  est  tiere  no  mère; 

ib.,  310.  35  : 

Tout  ensi  que  li  truye  par  6e/viM  se  toaelie.... 


(19) 

Bleke,  objet  servant  à  un  jeu,  bille?  II,  108.  23  : 
As  tfiekes,  as  pierettes  adont  s'esbanioient. 
Serait-ce  Tall.  bickel,  flam.  biikel,  osselet,  bille  àjouer?  Je 
soupçonne  qu'il  faut  lire  biekès  (d'un  dimin.  bieket). 

Btenvesnler,  saluer,  1, 18S.  4  : 

Aîns  ist  devant  le  fin  et  toutes  gens  bienviegne. 
On  a  imprimé  Mm  viègne. 

Blerkier,  berger,  II,  83.  7;  86.  14;  194.  17;  ailleurs  la 
forme  bregier,  I,  349. 11. 

BleMer,  1, 119.  14  : 

Que  Salhan  de  nous  n'ait  ocquoison  de  biesser; 

I,  310. 16  : 

Mieux  vault  à  chou  penser  que  ces  biestes  biesser. 
Je  suis  disposé  à  admettre  une  forme  picarde  biesser  p. 
bierser  (chasser,  traquer)  et  je  l'identifie  sans  hésiter  avec 
bieseVy  biecer  dont  se  sert  Ph.  Mousket,  dans  les  passages 
suivants  :  v.  24813  : 

Or  ravoient  si  degietée 

Qu'elle  estoit  comme  ourse  biesée  ; 
V.  2608S  : 

Ne  pour  morir  ne  pour  biecer 

N'en  peuîst  uns  dedens  entrer. 

Ces  formes  sont  restées  inconnues  à  God.  Pour  l'éditeur 
biesser  est  le  même  mot  que  biser\  identification  tout  à  fait 
arbitraire. 

Biser,  se  mettre  à  courir  (en  parlant  des  vaches)  ;  voy.  God. 
s.  beser;  II,  19. 11  : 

Quant  une  vakc  bise,  toutes  voellent  6i«er; 

II,  83.  10  : 

Desoins  fait  trotcr  vielles,  reviaus  vakcs  6ifer. 
Ce  mot,  qui  répond  à  l'ail,  biesen  et  au  flam.  bijseii  (voy. 


(20) 

Grimm),  est  particulièrement  appliqué  aux  personnes  qui, 
au  lieu  de  vaquer  à  leur  besogne,  aiment  à  courir  le  monde; 
courir  la  prétantaine.  Exemples  :  1, 183.  15  : 

Nient  plus  que  H  cloîstricr,  il  ne  doivent  biser^ 

Se  n^est  pour  leurs  offisces; 

II,  33.  2S: 

Pour  moustrcr  leur  quointisc,  toudis  voelient  biser; 

II,  93.  28  : 

Pour  chevanches  avoir  ont  maint  sage  biset  (=  trotté); 
I,  317.  17  : 

Dont  se  doit  cescuns  sages  bien  sir  et  non  biser 

(ne  pas  être  volage).  —  De  là  embisé,  attaché  aux  choses  du 
monde,  volage,  I,  213.  4  : 

Onques  nuls  biens  ne  vint  de  nonnains  embisées; 
182. 18  (moines  embisés)  ;  II,  186.  12.  —  Entre  le  verbe  biser 
et  l'adj.  embisé  il  faut  supposer  l'intermédiaire  d'un  subst. 
verbal  bise,  goût  de  courir,  fig.  attachement  aux  choses  du 
monde.  Embisé  n'est  pas  dans  God. 

Blmnlr,  blâmer,  II,  170.  3  (prose)  :  dont  on  les  reprent  et 
blamist. 

Blfinke  fièvre,  II,  194.  20. 

Blunkir,  blanchir  (au  fig.),  II,  156.  3  (il  est  question  des 
avocats)  : 

Avant  vont  par  jouraées  et  les  causes  blanki»cent, 
Chil  qui  sont  en  lors  mains,  fort  est  quant  il  en  îscenL 

Cette  expression  «  blankir  une  cause  »  équivaut  à  «  la  faire 
clere»  (1,341.  15). 

Blunqne  bicstc,  mouton  (monnaie),  I,  135.  35  (prose)  : 
Et  lors  fu  delivret  par  l'abbet  chinq  mil  et  chine  cens  blan- 
ques  biestes  et  tout  li  autre  moeble  et  les  biestailles. 

""BlfiTer;  ce  verbe  n'existant  pas  à  l'état  simple,  il  doit  être 
raj^é  du  glossaire,  voy.  emblaver. 


(21) 

Blerer,  quid?  II,  85. 14  : 

On  voit  bien  chcvauchier  et  fauvaio  et  fauviel. 
Se  dLst  on  bien  d'aucuns  :  Or  a  blçré  ce  vieU 

Le  sens  du  passage  ne  m'est  pas  clair.  L'éd.,  se  fondant  sur 
le  subst.  bloire  (ap.  God. ,  action  de  bander  les  yeux  des 
oiseaux  de  proie),  traduit  notre  verbe  par  «  aveugler  ».  Il 
peut  avoir  raison  ;  à  Ve  radical  du  verbe  peut  fort  bien  cor- 
respondre un  oi  dans  la  syllabe  tonique  du  subst.,  mais  je 
ne  découvre  nulle  part  un  verbe  blerer  ou  bloirer. 

Bluter,  quid?  I,  341.  24  (il  s'agit  du  pape)  : 

Songncus  de  tout  doit  iestre,  comme  enfant  de  bluter. 
La  correction  buter,  se  heurter,  donnerait  un  excellent  sens. 
Bober,  duper,  I,  124. 1  ;  II,  288. 18  [=  truffer). 
Boba,  sot,  niais,  1, 108. 16. 
Boce,  variété  graphique  de  boke\  voy.  bouche. 

Boln,  boine,  bon,  bonne;  c'est  la  forme  constante  chez  notre 
auteur;  jamais  bon  ou  buen,  comme  dans  Ph.  Mousket. 

Bouche  (prononcez  bouké).  Locutions  :  pour  bovie  bouche  faire, 
pour  tout  dire,  I,  233.  20  ;  —  faire  grande  boce,  parler  haut, 
11,121.6: 

Ostés  peckiés  morteuls  tout  par  especial; 

Grande  boce  feront^  cbe  savés,  venial. 

Bon^reiiie,  hérésie,  autre  forme  de  bougrerie,  assimilée  à 
eresie,  1,248. 16;  376.28. 

Bonrbeter,  barbotter,  murmurer,  II,  45.  9^et  10  : 
Bien  sai  que  pluseur  gent  sour  un  bourbeteront] 
Or  ifourbaiehent  (subj.)  assés,  taire  ne  me  feront. 

Emploi  réO.,  1,58.  22: 

Aucune  gent  moult  /en  bourbettent. 

Paroles  sottes  avant  mettent. 
La  traduction  du  glossaire,  «  se  mettre  dans  la  boue  »,  est 
inadmissible. 


(  22  ) 

Bonrser,  faire  de  la  dépense,  II,  216. 13  (il  s'agit  des  femmes 
qui  boudent  leurs  maris)  : 

Quant  elles  sont  courcies,  se  ne  font  fors  hourser. 
On  a  imprimé  brouser^  qui  contrarie  à  la  fois  le  sens  et  la 
rime.  —  La  signification  que  je  prête  à  bourser  me  semble 
indiquée  ici  par  l'opposition  de  embourser  au  v.  suiv.  Cepen- 
dant, dans  Quenes  de  Be thune  (voy.  mes  Trouvères  belges, 
p.  18)  : 

Et  les  dames  qui  cortoises  estoient 

Ont  tôt  laissié  pour  apenre  à  borser^ 

j'ai  cherché  à  justifier  le  sens  contraire  :  boursicoter,  serrer 
les  cordons  de  la  bourse,  et  je  crois  encore  que  c'est  le  vrai. 

Briller,  tromper,  duper,  II,  177.  17  : 

Aies  briller,  dans  abbcs,  atout  vos  medechines. 

Subst.  brilleur,  trompeur,  II,  21.  22;  103.  17.  —  Dérivé  de 
biil,  piège;  voy.  ma  note  Watriquet  de  Couvin,  p.  478,  el 
mon  gloss.  des  Poésies  de  Froissart  ;  voy.  aussi  God.  v.  breil. 
—  Pour  Roquefort  briller  c'est  brailler  ! 

*  Brouser,  faute  de  lecture  p.  bourser  (v.  c.  m.). 

Brunette,  étoffe  de  couleur  brune  à  l'usage  des  riches,  1, 
149.  23;  203.  21.  Cela  fait  comprendre  le  vers  1, 132.  21  : 
Mais  li  noirs  est  en  brun  au  jour  d'huy  transmués, 
Quand  on  flaire  le  noir,  on  li  dist  •  vous  pues  ». 

Bnrler,  I,  322,  21  =  buller,  sceller.  Ailleurs,  I,  328.  23,  la 
forme  buller.  —  God.  consigne  un  verbe  burlier,  fondé  sur 
un  exemple  de  la  Chanson  d'Ant.,  où  on  lit  «  burlies  de 
pions  »;  ce  burlies  doit  être  fautif  p.  burléesl 

Base,  tube,  tuyau,  1, 184.  6;  au  sens  de  trompette,  338.  28  : 
Mais  uns  jours  vient  que  Dieus  fera  sonner  sa  biue. 

Lat.  tubus^  gr.  aûXoç,  crûpiy^  réunissent  également  les  deux 
acceptions. 


(23) 


C  latin  =  k.  Il  convient  de  rappeler  ici  le  fait  que  ce  son 
persiste,  en  picard,  devant  a  primitif  (et  au),  aussi  bien  que 
devant  o  et  u,  à  l'état  d'initial,  que  Va  latin  ait  subi  ou  non 
des  modiRcations.  Exemples  : 


Calidus 

eauty 

Causa 

cose. 

Caméra 

cambre^ 

Caballus 

keval. 

Cantare 

canter^ 

Cadere 

Iceoir, 

Capital 

catel. 

Canis 

kieti. 

*  Captiare 

cachier^ 

Capillus 

keviel. 

Carnem 

car. 

Captivus 

kaitif. 

Carrus 

car. 

Caput 

kief. 

Castitatem 

caste. 

Carus 

kicr. 

Cauda 

keuve. 

Caruca 

kierue. 

Caulis 

collet  (dim.). 

A  l'état  médial,  c  latin  maintient  également  le  son  guttural 
dans  les  cas  où  c  est  précédé  de  consonne  : 


Bucca 

bouke. 

Pasca 

pasqucy 

Clocca 

cloke. 

Peccare 

pekier. 

Carficarc 

kierkier. 

Piscarî 

peskier. 

ColI«care 

koukipr. 

Pcrt'ca 

pierke. 

Susp'care 

souquier. 

Saccare 

sakier. 

Mercatus 

markiet. 

Vacca 

vake. 

Ce  qui  rend  l'observance  de  cette  règle  quelque  peu  diflBcile 
pour  les  lecteurs  d'aujourd'hui,  c'est  que  les  scribes  anciens 
graphiaient  ce  son  k  de  diverses  manières  :  k,  c,  cA,  q.  Ainsi 
l'on  trouve  aussi  bien  kief  que  cief  et  chief,  keviaus  que  che- 
viaus,  peciet  que  pekiet  ou  peckiet,  mesceant,  mescheant  que 
meskeant,  kançhe  (chance)  que  chanche,  kièce  (subj.  de  cheoir) 
que  chièce^  etc.  (?  p.  c  ou  t  se  voit  surtout  devant  lai.  o  ou  m  : 
ainsi  cogitare  qui(lw\  coctus  quit,  cuneus  quing,  corium 
quir. 


(24) 

Caille  (prendre  la),  locution  proverbiale  dont  je  ne  saisis  pas 
la  valeur,  II,  264.  20  : 

Tout  coit,  tout  coit,  sîgneur,  nous  avons  pris  la  cailU-, 
Jamais  ne  H  faurons  tant  qu'il  ait  vaillant  maille. 

La  caille  prise  (acceptée?)  figure -t -elle  les  petits  repas 
auxquels  le  bon  abbé,  rendu  à  la  lumière,  invite  de  nouveau 
ses  anciens  amis?  Ou  bien  caille  signifie-t-il  ici,  comme  dans 
quelques  patois,  «  pierre  »,  et  la  phrase  exprime-t-elle  l'idée 
(c  nous  avons  saisi  la  balle  au  bond,  nous  vous  prenons  au 
mot  »?  ^. 

*  Cfiisir,  1, 121.  28  (traduction  du  passage  de  la  Bible,  1  Rois, 
XII,  11  :  Pater  meus  cecidit  vos  flagellis,  sed  ego  caedam  vos 
scorpîonibus)  : 

FlageUcr  de  flaiaus  vous  fist  à  son  plaisir. 
Mes  de  mes  cscorgies  je  vous  ferai  caisir. 

Selon  le  gl.  «  battre  »  ;  non  !  corrigez  taisir  (taire)  ;  «  je  vous 
réduirai  au  silence  ».  On  sait  combien  la  ressemblance  gra- 
phique de  c  et  /  occasionne  de  bévues  aux  éditeurs. 

CalebretoU,  II,  261.  18  : 

Vous  fustes  caneelier  du  prince  de  le  Gale, 
Calebretois  parloit  en  cambres  et  en  sale. 

Godefroy  cite  un  seul  exemple  de  l'emploi  de  cette  expres- 
sion et  il  explique  calelrretois  par  «  langage  de  la  Calabre  ou 
patois  quelconque  ».  Je  pense  que  la  Calabre  n'a  rien  à  voir 
ici  et  que  nous  avons  à  faire  au  mot  bretois  (==  britisc^  bre- 
ton), composé  avec  la  particule  péjorative  cali,  pour  laquelle 
je  renvoie  à  Darmesteter,  Traité  de  la  formation  des  mots 
composés,  pp.  111  et  suiv. 

Camplestre,  qui  court  les  champs,  II,  146.  21  (il  est  ques- 
tion de  religieux  mondains)  : 

Leur  licus  ont  pris  en  het,  ieslre  voellent  campiettre. 

*  Voy.  aussi  Tari,  canle. 


(25) 

Canetiie,  canonicat,  I,  360.  7  ;  363. 11. 

Caille;  ce  subst.,  introuvable  dans  les  dict.,  se  présente  neuf 
fois,  presque  toujours  lié  au  verbe  avoir  («  avoir  le  ou  sen 
carde  »).  Voici  les  textes  : 

En  eaus  toutes  virtus  doivent  avoir  le  canle^  I,  4  99.  28. 
De  le  povretet  ont  ostet  priés  tout  le  canle,  1,  270.  7. 
Les  virtus  boutent  hors,  visce  tout  ont  le  canle^  1,  282.  7. 
En  tous  les  estas  a  convoitise  sen  canle,  I,  385.  7. 
S*avoîent  bien  aucun  avec  elles  le  canle,  II,  28.  5. 
De  ches  hommes  avoir  ne  voloicnt  nul  canle,  11,  408.  8. 
On  dist  qu'en  moult  de  gens  volentés  a  le  canhy  II,  i6l.  22. 
Tondis  a,  quant  il  poet,  de  pluseur  gent  le  can/e,  II,  25i.  17. 
De  toutes  gens  aveules  ont  volontiers  le  eanie^  11,  269.  20. 

Le  sens  qui  se  dégage  de  ces  passages  est  :  fréquentation, 
relations,  commerce  ou  compagnie  habituels,  habitude; 
avoir  le  canle  de  ou  avec  qqn.,  c'est  le  fréquenter,  le  hanter. 
Le  mot  serait  donc  synonyme  de  aïointise,  chatandise  et  il 
est  difficile  de  ne  pas  le  tenir  pour  connexe  avec  chaulant^, 
autre  forme  de  chalant  (notre  chaland),  qui  est  synonyme 
d'acointe.  God.  donne  chantant,  galant  (en  y  ajoutant  la 
note  de  G.  Paris,  qui  considère  ce  mot  comme  un  doublet 
de  chalant),  mais  il  ne  connaît  ni  canle,  ni  chanle,  ni  les 
exemples  de  chanlant  relevés  par  Tobler,  Zeitschr.  fur  rom. 
Phil.,  I,  pp.  22-23.  Mais  si  le  rapport  entre  ca/i/e  et  chanlant 
se  présente  tout  naturellement,  peut-on  tenir  canle  pour  le 
subst.  abstrait  de  caloir,  auquel  on  est  d'accord  à  rattacher 
chalantt  Ce  qui  me  fait  hésiter,  c'est  l'absence  d'une  forme 
correspondante  sans  n  ;  mais  on  pourrait,  je  pense,  lever  ce 
scrupule  en  établissant  que  le  subst.  verbal  régulier  de  caloir 
serait  caille,  et  que  canle  se  rapporterait  directement  à  une 

*  J*ai  peut-être  eu  tort  àlmpnttïer  cautandise  au  lieu  de  canlandise,  Baud. 
deCondé,p.  347,  V.  2297. 


(26) 

forme  nasalisée  canloir.  Et  à  propos  de  caille,  j'ai  dit  plus 
haut  (sous  ce  mot)  quMl  m'embarrassait  fort  comme  nom 
d'oiseau;  ne  serait-ce  pas,  en  définitive,  l'équivalent  de 
canlel  En  effet,  dans  le  passage  en  question  «  nous  avons 
pris  la  caille  »,  la  traduction  «  nous  en  avons  pris  l'habi- 
tude »  (nous  sommes  pour  lui  de  vieux  chalands)  se  prêterait 
parfaitement  au  contexte.  —  Reste  à  mentionner  le  composa 
acanler,  1, 180. 11  : 

Par  toutes  pars  dou  monde  fait  couvent  assanler. 

Et  ou  siervice  Dieu  les  a  fait  acanter. 

Sans  doute  «  habituer,  exercer  » .  God.,  dans  le  seul  exemple 
qu'il  donne  de  acanlé  (il  est  tiré  du  Ju  Âdan)  :  «  Je  sui 
maistres  bien  acanlés  »,  le  traduit  par«  achalandé  »  ;  je  pense 
que  c'est  plutôt  «  exercé,  instruit  ».  —  Le  gl.  rend  ffl;j/epar 
a  accord,  traité,  marché  »,  et  acanler  par  «  régler  par 
accord  ».  Ces  acceptions  n'ont  aucune  probabilité. 

Cupelcric,  chapellenie,  I,  110. 1. 

*  €«per.  Dans  le  texte  imprimé  on  rencontre  tantôt  caper, 
tantôt  taper,  toujours  avec  la  valeur  de  frapper.  On  trouve 
caper,  I,  32.  22  (ayant  pour  sujet  le  diable)  et  II,  144. 26 
(sujet  :  les  prédicateurs  qui  châtient  les  pécheurs);  taper  se 
voit  I,  96. 29  ;  II,  73. 10  ;  96. 10  ;  14S.  3  ;  258. 18.  Je  ne  recon- 
nais que  taper;  un  verbe  caper,  prendre,  saisir,  admis  par 
l'éd.,  ainsi  que  par  God.,  me  semble  bien  douteux.  —  Pour 
la  confusion  de  c  et  t,  cp.  caisir. 

Cuplticl,  chapitre»  point,  I,  200.  20  : 

En  tous  les  capitiaus  fu  douice  se  pensée. 
Le  mot  répond  au  diminutif  capitellum. 

Caronf^nc,  chair,  corps  (sans  aucune  acception  péjorative), 
1,6. 19;  58.  4;  II,  167.23. 

Cfirpentc,  manière  d'agir,  procédé,  1, 153.  26  : 

Assés  ay  des  subgis  parlé  sur  leur  carpenle. 
Des  souverains  parrai. 


(27) 

Faire  carpente  sur  qqn.,  écrire  contre  (cp.  lat,  carpere),  II, 
232.6: 

Car  plusor  gent  feront  sour  mi  mainte  carpente. 
Verbe  carpmter,  travailler,  exercer  son  métier,  II,  08. 20  ; 
écrire,  versifier,  I,  274.  24  : 

yay  penset  et  viset  et  sur  iaiis  carpente t, 
Subst.  curpentier,  massacreur,  II,  116.4  : 

Mors  qui  nullui  n'cspargne  est  nos  grans  carpentiers. 

Cartllese,  cartulaire,  mot  savant  (lat.  cartilegium),  1, 166.  8  ; 
176.  7.  —  Omis  dans  Godefroy. 

Carire,  charte,  ici  tig.,  régime  prescrit  à  un  malade,  II, 
263.23: 

Ches  coses  sont  encontre  tous  les  poin  s  de  me  carlre. 

Casct,  quid?  II,  116.  20  (le  sujet  est  Dieu)  : 

Cbeli  qui  tel  coer  a,  ne  tienc  (I.  tient)  sot  ne  caset; 
II,  270.  21  : 

S'en  fuy  trop  grandement  abaubis  et  casés. 

Ije  gloss.  traduit  à  l'aventure  par  «  abattu  »,  ce  qui  certaine- 
ment ne  convient  pas  au  premier  cas.  Évidemment,  le  mot 
n'a  rien  à  faire  avec  casé  au  sens  de  c(  homme-lige,  vassal , 
tenancier  »;  d'autre  part,  imaginer  un  type  lat.  casare  (de 
camm)j  faire  tomber,  perdre,  pour  en  tirer  un  part,  casatus, 
signifiant  perdu,  éperdu  (cp.  ail.  besturztjj  me  semble  hardi. 

€atollle,quid?II,  74.  25: 

Or  font  les  couvoitises  et  carités  catailhy 
Giescunc  d'iestrc  dame  pour  cicrtaîn  se  travaille. 

Serait-ce  le  subst.  de  cataillier,  harceler  (voy.  God.  s.  v. 
chatiUer)t  Ou  n'y  a-t-il  pas  une  simple  faute  de  lecture  p.  ba- 
/ai/te  (II.  77. 10)? 

Caacette,  chaussette,  II,  193. 1  :  Sorleriaus  sans  caucettes. 
—  Littré  n'a  pas  d'exemple  antérieur  au  XVI®  siècle. 


(28) 

Cautely  adj.,  qui  se  tient  sur  ses  gardes,  II,  203. 11  : 
Encontre  Tanemi  devons  iestre  caulel. 
Le  mot  a  une  physionomie  toute  savante;  God.  donne  l'adv. 
cautelement,  mais  non  cautel. 

Censé,  ferme,  I,  173. 15;  II,  84.  2.  —  Censeur,  fermier,  II, 
82. 18  (cemeur  et  ahanier). 

*  Censer  (se),  I,  166.  4  (il  s'agit  de  Toffice  de  vinier  dans  un 

couvent)  : 

A  faire  tel  vinier  on  doit  moult  bien  penser. 
Des  noises  a  souvent,  s'il  ne  «e  scet  eenser. 

Selon  le  gl.  «  s'acquitter  de  son  office  de  cerisier  ».  Non  pas! 
se  cerner  est  imaginaire;  il  faut  lire  :  se  tenser^  se  garantir, 
prendre  ses  précautions. 

*  Censommer,  I,  291.  8  : 

Ches  papiers  par  messages  a  partout  ccMommés, 
Selon  le  gloss.  =  ceam  sommer  ï  Non,  lisez  consommés 
(ratifiés). 

Cesseur,  qui  résigne  ses  fonctions,  I,  303.  10. 

Chaseoute,  I,  234.  1  : 

Pour  chou  ciertainement  un  petitet  me  doute 
Que  des  jovenes  nonnains  je  n*aie  grand  chascoute. 
Pour  chou  qu'en  dire  voir  ay  mis  m'entente  toute. 

Le  sens  est,  semble-t-il,  bourrade,  ruade;  M.  Delboul  (Revue 
crit.  1883,  II,  p.  174)  y  voit  le  sacoute  «  poussée,  secousse  » 
de  Rutebeuf  (I,  193).  Cela  reste  à  vérifier. 

Chelenler,  cellenieTy   cellerier,  cavier,  I,  18.21;  131.33; 

149.  IS;  fém.  celleniere,  218.  9. 
Chistole,  citole,  cithare,  I,  240. 1.  L'^  est  épenthétique. 

Chlunc,  forme  picarde  p.  chine,  cinq,  1, 97.  6  ;  II,  2.  2;  3. 16 
et  28.  Cp.  les  formes  vitrnt,  vieunt  p.  vint  (de  venir),  l,  81. 1  ; 
II,  24.27;  226.  20;  tieunt,  II,  23.  26.  —  On  a  imprimé  par 
erreur  chuinc  p.  chimie,  1, 382.  25  et  II,  3. 19. 


(29) 
Cielle,  lat.  ceUa,  cellule,  1, 1S7.  23  ;  162.  3;  178.  9. 

Cierque,  gardien  de  nuit,  1, 127.  32  (prose).  Voy.  God.  s.  v. 
eerche  et  Du  Gange  s.  v.  circa.  —  De  circare,  faire  la  ronde. 

Cimot  (du  cerf),  cimier,  II,  128. 13  : 

Les  daintiers,  les  cimos  doit  li  roys  dou  chierf  Tir. 
Inconnu  à  God.  —  Voy.  Littré,  s.  cimier. 

Clamer  (se)  dCy  se  plaindre,  I,  230.  8;  305. 10. 

^CluueeCyer,  percer  de  clous,  I,  72. 16.  Forme  inadmissible  ; 
lisez  dawefyer. 

Ciuweter,  non  pas  «  fermer  à  clef  »  (gl.),  mais  «  garnir  de 
petits  clous  »,  1, 204.  5  :  tasces  d'argent  noblement  clawetées. 

CIlke,  coup,  tape,  II,  31.  4.  Ge  mot,  ainsi  que  cliquer  (taper), 
est  encore  en  cours  en  Belgique.  —  Omis  dans  God. 

Cloestrler,  cloîtré,  I,  18.  3.  Mauvaise  forme  p.  clostrier 
(1, 159. 10)  ou  cloistrier  (1, 168.  9). 

Cloke,  manteau,  II,  277.  27  (clokes  boutonnées).  —  Dim. 
doket,  II,  123. 1.  —  Gp.  angl.  cloak. 

Cloneler,  glousser,  1, 181. 16.  —  Omis  dans  God. 

*  Cocbes,  koces.  Ges  mots,  inscrits  au  gloss.  et  interprétés  par 
a  branches  d'arbres  ou  plutôt  feuilles  »,  n'existent  pas; 
l'auteur  avait  en  vue  cochet^  petit  coq,  girouette,  I,  182. 11  : 

Leur  coer  je  tienc  muaale  comme  koees  (1.  koeès)  dou  vent; 
I,  216. 8  : 

Car  leur  coers  leur  volette  comme  coches  (1.  cochés)  dou  vent. 

Cochet,  girouette,  voy.  l'art,  préc. 

Cohorter,  act.,  assembler,  réunir,  I,  162.13;  265.14, 
319. 9,  etc.  ;  réfl.,  I,  204.  3  ;  237. 8;  277. 10.  —  Omis  dans 
Godefroy.    ' 


(30) 

,  Coisclé,  brisé,  meurtri,  II,  263. 16  : 

S'estoit  li  coers  coiiciéi  souvent  ciertainement  ; 

II,  268.  24  : 

Comment  (=  bien  que)  devant  les  gens  fesiscc  ciere  lie, 
S'estoit  li  coers  coiseiés  en  toute  compagnie. 

On  ne  peut  douter  du  sens  que  j'assigne  à  ce  mot,  contrai- 
rement au  gl.,  qui  le  confond  avec  coiser  =  apaiser.  Quant 
à  son  origine,  on  peut  invoquer  l'ail,  quetschen^  froisser, 
meurtrir  (néerl.  kwetsen);  on  pourrait  au  besoin  aussi  le 
rapprocher  de  coitier,  presser,  angoisser;  celui-ci  représen- 
tant (voy.  mon  gloss.  de  Froiss.  v.  quoitier)  le  type  *  coctare^ 
la  forme  caissier  répondrait  à  *co€tiare,  formation  conforme 
au  génie  du  bas-latin.  Notre  fr.  eosser  (it.  cozzare)  n'est  point 
congénère. 

Cokllle,  quid?  II,  260.23  : 

Larges,  courtois  cstics,  volenliers  despcndiés. 
Vos  cokilles  trop  bien  savics  à  quy  vcndics. 

c(  Vendre  ses  coquilles  »  a  dû  être  une  expression  proverbiale 
(voy.  Littré,  s.  v.  à  l'historique). 

Cokus  ipaim),  II,  244.  40  : 

On  fait  des  pains  cokus  quant  mat  sont  cnfournet. 
Cornu,  biscornu  ;  voy.  God.  —  Que  le  primitif  soit  œq  ou 
coque,  je  le  rapproche  de  cocasse,  drôle,  étrange. 

Collutlon,  conférence,  discours,  I,  87.  26. 

Collet,  chou,  I,  82.  25  : 

Ses  porécs  et  ses  colles. 
Lisez,  comme  le  réclame  la  mesure,  collés. 

Collier,  porte-faix,  I,  263.  28  : 

On  leur  portoit  leurs  coses  par  chevaus,  par  coHiers, 
Exemple  utile  pour  compléter  l'art,  colier  de  Godefroy. 


(31  )       . 

Commendcr,  lat.  commefidare,  rehausser,  priser,  I,  S65. 18; 
321.7.  Je  relève  le  mot  tant  parce  que  Godefroy  ne  Ta  pas 
que  pour  corriger  le  texte  du  premier  exemple  : 

De  tous  est  commendée  par  droit  se  signorte. 
Le  texte  imprimé  porte  :  commmdés^  perdrait  se  signorie. 

Cempcrer  =  comparer,  1.  comparer,  II,  7.8;  207.11;  — 
2.  réparer,  expier,  I,  116.7;  II,  117.14;  I,  329.6  (où  le  gl. 
traduit  par  «  regretter  »);  —  3.  parer,  arranger,  II,  34. 17  : 
On  me  dist  de  leurs  kiés  comment  elles  les  perent, 
Comment  cornes,  haucettes  et  chil  cheviel  apperent 
Et  le  (?)  plentet  d'espingles  leur  warcollet  eomperent, 

Voy.  aussi  comprer. 

Oempcteat,  convenable,  bien  approprié,  I,  372.  7  : 
Compétent  doivent  iestre  par  raison  benefisce. 
Par  quoy  chil  qui  les  ont  facent  bien  leur  offisce. 

C^mplicbc,  impliqué,  engagé,  1, 187. 12  : 

Quant  un  des  cuers  (choeurs)  commence  son  vier,  ains  que  perdiche 

(«  achève  de  dire), 
L*autre  cuer  à  rencontre  sont  ensamble  compliche. 

Cp.  1, 189. 24.  —  Complice,  1, 147.9  : 

Car  envie  chou  fait  et  visces  si  complice. 

Comme  visces  est  au  singulier,  je  propose  de  lire  s'i  complice 
(s'en  mêle,  y  participe),  du  verbe  complicier.  Seulement  il 
faudra  voir  dans  ce  complider,  non  pas  lat.  complicare  (il  fau- 
drait pour  cela  lire  complike,  ce  que  la  rime  ne  permet  pas), 
mais  un  dérivé  de  compliche  =  *  complicius  =  complex. 

Comprer  =  comperer  (comparer),  expier,  I,  116.7  : 
Chou  que  mesfait  li  truie,  comprent  li  pourcelet. 

La  forme  syncopée  comprer  n'est  applicable  qu'en  cas  de 
finale  tonique;  c'est  ce  qui  m'engage  à  corriger  ici  eomperent 
pourcelet  au  lieu  de  comprent  li  pourcelet. 


•      (32  ) 

Coacitorc,  I,  339.  23;  forme  corrompue  de  cormstore  (boua 
rinfluence  de  œnciOy  concieret).  On  la  rencontre  aussi  dans 
Froissart  et  ailleurs;  elle  manque  dans  God. 

Coaralt,  I,  340.  23;  II,  15.  17.  Ne  signifie  jamais  «  sem- 
blable »  (gloss.),  mais  m  quel  ». 

Conforter,  affermir?  II,  68.4  : 

Quant  on  n'aporte  rien,  on  dot  moalt  tost  le  porte, 
Convoitise  le  dot,  envie  le  conforte. 

Le  sens  est  douteux.  c<  La  serre  davantage  »? 

Centasfon,  chose  honteuse,  II,  113.  26  : 

Vielle  {meiUard)  luxurieus,  c'est  grans  abusions; 

S*est  bien  en  jovenes  gens  une  confusianSf 

Mais  il  ont  plus  que  vielles  grandes  temptations. 

Cong^holcr,  réjouir,  fêter,  autre  forme  de  ctmpoir,  I,  312.6: 
Le  boin  Guion  de  Flandre  h  Melans  envoya, 
Et  toutes  (I.  toute)  li  cites  forment  se  (1.  le)  congkoia. 

Congoïr  est  =  congaudere  ;  conghoier  =  *  congimdiare,  Cp. 
plus  loin  esghoier. 

Conjinetarcr  (sicl),  présumer.  II,  47.2. 

Consircr  (se)  d'une  chose,  la  supporter,  tolérer,  en  prendre 
son  parti,  II,  5.27  : 

Car  de  trestous  les  autre-s  trop  bien  on  se  eoniire^ 
Mais  par  cestui  voit  on  gent  tuer  et  occire; 

II,  66. 21  :  pour  chou  je  m'en  consire  (je  m'en  contente,  cela 
me  suffit).  La  traduction  «  se  séparer,  se  priver  »  (gl.)  est 
inadmissible. 

^Ceasolatolcnt,  II,  289.  S.  Je  n'accepte  pas  cette  leçon  et  je 
corrige  comolaçoient  (impf.  de  consolacier ,  composé  de 
solacier,  créé  sous  l'influence  de  consolarij. 

Coasillant  (en),  résolument,  1,  302.14  : 

Resigner  te  convient,  saches,  en  consillant. 


(  33  ) 

Conte.  La  locution   adverbiale  fin  de  conte  «==  en  fin  de 
compte,  en  somme,  1, 274.9,  me  paraît  digne  de  note. 

rontcmpner,  mépriser,  latinisme,  I,  49. 30. 

CoBtrcffbire,  1.  imiter  (en  ga^),  II,  10. 1  ;  268. 17;  —  2.  con- 
Irouver,  inventer  («des lois  nouvielles  »),  II,  155.21. 

CoBwenir  ou  couvenir,  II,  26. 11  : 

Norist  on  ses  en  fans  pour  laiscier  convenir^ 

Cela  veut  dire  a  pour  les  laisser  faire  »  comme  ils  veulent, 
non  pas  «  pour  les  citer  en  justice  »,  comme  dit  le  gl.  — 
L'expr.  laisser  convenir  =  laisser  faire,  ne  pas  se  préoccuper, 
est  très  fréquente  chez  tous  les  auteurs  ;  cp.  I,  229.  27; 
278.19;  II,  70.1;  173.9. 

Cenwciit.  Dans  ses  diverses  acceptions,  notre  auteur  pronon- 
çait ce  mot  (c  couvent  »  (c^est  ainsi  qu'il  nous  est  resté); 
rinspection  des  rimes  (dou  vent,  souvent,  tons  vens)  ne 
permet  pas  d'en  douter  ;  il  disait  de  même  convoiter.  Néan- 
moins, dans  le  glossaire  comme  dans  le  texte,  l'éditeur 
sépare  couvent  et  convent.  Ainsi  I,  353. 7.  8  : 

Dont  me  viennent  penser,  j'ay  moult  bien  en  convent. 
De  ce  siècle  partout  dou  peu  le  li  couvent. 

Pour  couvent,  il  dit  au  gl.  «  avis,  considération  »,  pour 
convent,  condition,  accord.  C'est  de  l'arbitraire  pur.  Au  pre- 
mier vers,  nous  avons  la  locution-cheville  bien  connue  avoir 
en  couvent,  promettre,  assurer  (on  la  retrouve  II,  284. 13; 
285.  22;  288.  12)  ;  au  2%  couvent  ==  habitude,  manière. 

reiiTive  =  lat.  convivium,  festin,  I,  373.8;  II,  87.17. 

Copie,  usage,  jouissance,  I,  43.8  : 

Or  tienent  leur  choses  si  frankes 
Que  nuls  n'en  poet  avoir  copie. 

Au  sens  moderne,  1,  88. 28. 

Tome  XXXVII.  3 


(  34) 

Cor,  coin  ;  fig.,  le  point  ou  le  moment  voulu?  I,  37. 82  : 
Et  quant  il  est  fins  et  H  cors 
Dou  ciesscr  et  de  li  reprendre  .. 

«  Et  quand  la  fin  arrive  et  avec  elle  le  moment  de  cesser  une 
vie  entachée  de  péchés  et  de  s'amender  ...  ».  —  Ou  faut-il 
corriger  li  torst  «  quand  c'est  le  tour  »  ? 

Cerag^e,  corailky  synonymes  de  coswTy  1, 172. 13;  182.22;  II, 
196.  2  : 

Tout  leur  pooir  savons,  leur  coer  et  leur  coraiUe. 

ÇorbRut,  corbeau,  1,  139.4.  —  Dans  Ph.  Mousket  1KS03  et 
15578,  je  trouve  les  formes  plur.  carbou,  corbous;  prob. 
fautives  p.  corbau,  corbaus.  —  La  terminaison  atil,  usuelle 
dans  le  Nord  au  XIV«  siècle,  est  analogue  à  celle  de  crapaut. 

Cornu,  qui  porte  une  corne  sur  la  tête,  II,  33. 6  : 
Je  tienc  trop  grant  orguel  de  elics  femmes  cornues. 

L'explication  du  terme  est  fournie  à  la  p.  suiv.  (34. 16)  : 
Comment  comei^  haucettes  et  chil  chcvici  apprrcnt. 

Cp.  aussi  le  verbe  encorner,  II,  25.  24. 

Corolc.  Proverbe  :  ce  taillier  large  coroie  d'autrui  cuir  »,  1, 
198.12;  II,  191.2. 

€erp«,  obsèques,  I,  238.26  : 

As  corps  et  us  siervices  moult  souvent  on  les  mande. 
Cp.  1,268. 3;  280.27;  11,185.21. 

Corrcctcrcs,  nom.  sing.  de  correcteur^  II,  220. 19.  —  C\^t 
là  une  forme  vicieuse  ;  le  nominatif  en  ère  ne  peut  se  pro- 
duire que  d'une  terminaison  latine  en  ator\  ainsi  imperator, 
emperere,  salvator  sauvere,  cantator  chantere.  Lat.  tar  pro- 
duit au  nom.  sing.  tre;  ainsi  p^stor  pastrCy  c^ntor  chantre. 
La  forme  régulière  de  coirector  eût  été  dans  les  bons  temps 
(fuelque  chose  comme  cordtre.  —  Par  les  mêmes  raisons  il 


(35) 

faut  réprouver  comme  abusifs  les  mots  docteres  I,  2K7.  âO; 
319. 3  ;  rectere,  257. 21 ,  deffenseres  287. 7,  confimeres  303.  H , 
predecesseres  206. 17;  creaieres  II,  98.  19;  fasieres  I,  89. 14. 

Cerrig^enr,  directeur,  gouvernant,  I,  305.  20  : 

El  le  roy  tient  H  pculcs  le  corrigeur  grigneur. 

Cevictter  =  couretier,  courtier,  II,  156.11.  —  Pour  / 
substitué  à  r,  cp.  atolisier  et  seule, 

^Cenraiccry  se  courroucer.  Cet  infinitif,  établi  par  le  glos- 
saire, est  imaginaire;  notre  auteur,  comme  le  vieux  fr.  en 
général,  ne  connaît  que  courecier  ou  courcier.  Les  formes  : 
couraice,  couraichefit  (I,  115.3;  118.22;  11,45.27)  ne  sont 
qu'une  notation  variée  de  courèce^  courècent.  Ve  muet  et 
atone  de  l'infinitif  devient  un  e  ouvert  tonique  au  présent 
(l»,  2«,  3*  ps.  sg.  et  3«  ps.  pi.),  donc  courèce  etc.  ou,  selon 
l'habitude  graphique  de  notre  manuscrit  (ai  équivalant  à  è), 
couraice;  cp.  II,  179.5. 

Cmurtîulen,  courtisan,  I,  308.17;  318.  21  ;  337.9.  —  Notez 
que  Littré  n'a  pas  d'exemple  du  mot  antérieur  au  XVI»  s. 

Centellicr,  frapper  à  coups  de  couteau,  II,  76.4  (batut  ou 
coutelliet). 

Cev^ent,  voy.  convenL 

Conter,  act.,  renfermer  en  soi,  fig.  supporter  en  silence,  I, 
378.26: 

Folie  no  seroit  no  povreté  couver  \ 
11,6.18: 

Se  dient  chou  qu'il  ont  ou  coer  lonc  temps  couvet; 
ib.,  87. 8  : 

Mais  pericus  est  de  mierde  trop  longuement  couver. 
Neutre,  exister  sourdement,  I,  334. 3  : 

Les  mauls  k'on  fait  partout  je  les  lairai  couver. 
Cp.  Il,  75. 10. 


(36) 

Cewcté,  portant  une  queue  (en  parlant  de  toilette)  II, 
222.  27  : 

Comment  voit  on  ches  gens  cscourtcs,  cowefés, 
Boutcnés  et  estrois?.. 

Ce  mot  rappelle  le  passage  suivant  de  Ph.  Housket  (5464-6), 
bien  mal  expliqué  par  M.  de  Reilfenberg ,  et  dont  le  sens 
exact  reste  encore  à  fixer  : 

Et  cil  à  CCS  dras  fîcrctés. 

Partis  en  voissics  couetés, 

Mi  cavalier  de  prime  barbe. 

(Je  lis  le  second  de  ces  vers  :  Partis,  emoisiés^  couetés).  Cer- 
tainement, couelés  n'a  rien  à  faire  avec  couette  y  matelas, 
comme  pensait  l'éditeur. 

Crasscnicnt,  abondamment?  sans  gène?  II,  226.28  : 
Pour  chou  que  j'ai  parlct  un  pau  trop  crassement 
Des  maintiens,  des  hahis,  sour  femmes  mayement... 

Cré»,  verbe,  contraction  de  créés  (croyez),  comme  vés,  de  veés, 
II,  266.  20. 

€rè«,  adj.quid?II,  26.12: 

Norist  on  ses  enfans  pour  laissier  convenir? 
Nanil,  mais  on  les  doit  et  cours  et  crès  tenir. 

Il  ne  peut  guère  s'agir  de  crais^  gras.  —  Le  gl.  traduit  aès 
par  «  serré  »  en  invoquant  un  bas-lat.  cretm,  que  je  ne 
connais  pas. 

Crcstin,  panier,  II,  2S6.  4  {cresiitis  et  corbisons).  Vs  est 
parasite  ;  crétin  ou  quertin  vit  encore  dans  les  patois  du 
Nord.  Voy.  God.  —  Pour  l'origine  du  mot,  voy.  Grimm- 
Hildebrand,  s.  v.  kratte,  et  le  Dictionnaire  wallon  de  Grand- 
gagnage,  s.  v.  crétin. 

Crcté  (p.  cresté),  crèté,  I,  130.4  (prose)  :  Et  avoient  capes  vre- 
tées  si  com  li  escollier  de  Paris. 


(37  ) 

Creter,  neutre,  s'élever  contre,  résister,  I,  248. 19  : 
Li  maistrc  des  Juys  sont  encontre  cretct'j 
[1,104.20: 

Creter  contre  son  pcre  vient  de  pcrviers  coragc. 

J'ai,  Poésies  de  Froissart,  I,  310,  3020,  expliqué  creter  par 
«  lever  la  crête  »  ;  cette  étymologie  pourrait  bien  ne  pas 
être  la  vraie;  mon  doute  vient  non  pas  précisément  de 
la  chute  de  Ys  —  au  contraire ,  je  crois  que  l'expression 
ancienne  se  crester  et  la  juxtaposition  de  hurer  (hérisser 
la  crête)  m'autoriseraient  à  là  maintenir  — ,  mais  de  ce  que 
dans  l'ail,  du  Nord  on  trouve  encore  le  terme  sich  kretteii, 
se  disputer,  et  que  Kiliaen  a  kreten,  hreyten,  au  sens  de 
c<  irritare  ». 

Caffarder,  faire  le  fainéant,  II,  71.  11  : 

Ne  precheus  ne  prêcheuse  ne  fait  fors  cuffarder  ; 
11,84.28: 

Par  froît  font  pau  d'ouvrage,  par  caut  vont  ciiffardir. 

De  cuffart,  paresseux  (voy.  mon  gloss.  des  Poésies  de  Frois- 
sart; voy.  aussi  God.).  —  De  là  aussi  accufardit,  paresseux, 
lâche,  II,  110.  28. 

Cnire  (aussi  orthogr.  quire),  cuire  dans  la  loc.  «  il  lui  en 
cuit»,  II,  67.20: 

Nuls  n^est  pris  de  ches  visces  qu'à  darrains  ne  li  quise. 

Cependant  Gilles  traite  ce  verbe  aussi  au  sens  actif  de  «  tour- 
menter, causer  du  regret  »  (cp.  mon  gloss.  de  Froissart), 
p.  ex.  1,281.10: 

Des  guerres,  des  tempiès  Irestoutes  gens  s'en  cuisent  ; 

I,  62.  6  : 

Car  mi  parler  m'ont  mouit  nuisit 
Et  mi  fol  maintieng  fort  quitit, 

A  côté  du  participe  quisit,  aussi  çuf/,  cuit  (=  lat.  cactus),  II, 
76.  15  (appliqué  à  viande). 


(38) 

Calvrc,  quivre^  tourment,  peine,  molestation,  ennui  ;  subst. 
verbal  de  cuvrief^  tourmenter,  harasser  (voy.  God.  s.  v. 
cuivrier)  ;  I,  105. 16;  296. 12;  364. 11  ;  378.  21  ;  II,  42. 10. 
Cette  valeur  du  subst.  est  maintenant  bien  établie  (voy. 
God.),  mais  chez  notre  auteur,  nous  voyons  s'en  dégager 
une  autre  :  celle  de  fréquentation,  hantise,  compagnie,  sans 
aucune  idée  accessoire  d'obsession,  de  poursuite  gênante  ; 
ainsi  I,1S6. 24: 

Et  de  picntet  de  gens  n'ayés  mie  le  quivre; 
ib.,  272.  27  : 

Et  s'avés  à  le  fois  de  pluscars  gens  grans  cuivres  ; 

cp.  lOS.  16;  147. 17;  182. 13;  230.  26;  271. 11.  Quant  au 
verbe  cuvfier,  je  ne  l'ai  rencontré  dans  Gilles  qu'une  seule 
fois,  pourvu  du  sens  «  fréquenter  »,  II,  89.8  : 
S'estoient  ches  tavîernes  pour  (I.  par)  yaus  pau  euvrya  (1.  cuwHies), 
L'étymologie  du  mot  m'échappe.  Cp.  mon  édition  du  Bastart 
deBuillon,p.  281. 

€u¥ricr,  verbe,  voy.  l'art,  préc. 


BRlnticr,  pr.  bon  morceau  ;  de  là  :  testicule  du  cerf,  II,  128. 8  : 
Les  daintien,  les  cimos  doit  H  roys  dou  chierf  vîr. 

DRlTRdiel  et  davaldiel,  quid?  II,  218.  8  : 

Mais  clie  sont  dalvadiel qui  font  dames  prier... 
II,  134.  17  : 

On  voit  ches  davaldiaus,  bîerqulers  et  kieruyers» 
lestre  voeilent  viestis  ensi  k'uns  esquyers; 

II,  186. 16  : 

L'un  l'autre  contrefont,  se  sont  tout  dalvadiel. 

Sans  doute  le  même  mot  que  davedet,  davoudely  davaudet^ 
auxquels  God.  prête  la  valeur  de  a  vantard  »,  et  que  je  tra- 
duirais plutôt  par  «  petit-maître,  muscadin,  freluquet  ». 


(39) 

Pour  mettre  sur  la  trace  de  Torigine,  il  est  bon  de  citer  le 
terme  dalvète,  que  Hécart  donne  comme  un  mot  de  Mau- 
beuge  avec  le  sens  de  «  enfant  vif,  éveillé  ».  —  L'éd.,  séduit 
par  l'élément  d'aval  contenu  dans  davaldiel,  traduit  par 
«  gens  de  bas  étage  ».  —  Pour  ma  part,  je  n'ai  aucune  con- 
jecture étymologique  à  présenter;  je  suppose  que  davaldiel 
(d'où  par  métathùse  dalvadktj  est  une  forme  dérivée  de  davaut 
(type  davaldus)^  mais  celui-ci  reste  encore  à  constater. 

Iftampuciis,  funeste;  latinisme,  II.  3i.  12  : 

Qui  fist  goustcr  Adam  de  la  dampneuse  pommo. 

Iftaiii^crcas  (dérivé  de  dangiei\  difficulté^  difficultueux,  non 
pas  ((  prompts  à  s'irriter  >>  (gl.),  II,  83.  21  (il  s'agit  des  domes- 
tiques) : 

Aucun  sont  dangereus  de  boire,  de  mangier  ; 

Leur  manière  souffrir  convient  et  leur  dangier. 

Oarès,  quid?II,  88. 19: 

Là  (dans  ces  tavernes)  vienent  saudoyer  qui  portent  chez  darès. 

IftaTiuldicI  9  voyez  dalvadiel. 

Iftcboorbcter,  murmurer,  déblatérer  (cp.  le  simple  bour- 
beter,  II,  43.  9).  II,  Si  22  : 

Et  Srcn  vont  Tuns  à  Pautre  maint  hoir  debourbetant, 

BecbcToIr,  parfait  rf^cAiul  II,  219.  9-11  ;  part,  passé  dechiut 
II,  219.  7  ;  fém.  dechieute  I,  213,  28  ;  226.  8  ;  decheùt  302.  3  ; 
II,  4.  24. 

Déclarer,  tirer  au  clair,  résoudre  (une  question),  I,  322.  20. 
—  Sens  ordinaire,  II,  133.  16  (3  sg.  ind.  prés,  declere). 


keter,  quid?  I,  203.  23  : 

Viestirs  vieus  est  burlaus,  nobles  viestirs  bruneltc,... 
BruneUc  le  buriel  au  jour  d'ui  decokette. 

Le  sens  proposé  par  l'éd.,  «  détrôner  »,  sourit  assez,  quand 
on  songe  à  la  valeur  métaphorique  de  coq  :  l'important,  le 


(  40) 

maître,  le  roi  (d'où  peut-être  aussi,  coquet,  caqueter);  mais 
il  y  a  une  autre  explication  à  proposer.  Si,  ce  qui  pour  moi 
est  probable,  caqueter,  qui  ne  paraît  qu'au  XV^  siècle,  a  été 
précédé  de  coqueter,  notre  mot  decoqueter  se  prêterait  fort 
bien  au  sens  de<c  décrier,  ravaler  »(cp.  debour.beter,  déparier). 

Dceapic,  quid?  Il,  110. 13  : 

Tout  esrant  qu^un  petit  sont  temptet  de  luxure. 
En  dechevoir  les  femmes  mettent  toute  leur  cure, 
Et  tant  que  sont  (hcupfet  chellc  volontés  dure. 

Centenaire?  ce  qui  a  ses  dix  décades  »  ? 

BcIBellcr  («  leurs  cuers  endurchis  )>),  1, 182.  8.  — Contraire 
dee/i/ï^/ter,  1,121.12. 

DelBg^urcr  (se),  se  déguiser,  I,  275. 18  ;  II,  153.  21 .  —  Actif, 
dénaturer,  corrompre,  I,  297.  5  : 

Pekiés  âmes  ocist  ou  trop  les  deffigure, 

Dcflncr,  act.,  achever,  I,  351.  2;  neutre,  mourir,  II,  249.  â, 
—  Définir,  mourir,  II,  227.  21. 

Berorain,  étranger;  au  fig.,  mondain,  I,  156.  16;  27o.  7 
{«  par  œvres  deforaities  »).  Voy.  aussi  aforain. 

Beiilaver,  tuer  par  le  glaive,  mettre  à  mort  (au  fig.),  II,  221 .13: 
Je  serai  de  trestoules  laidement  dcglavés, 
God.  donne  deglavier  (4  syll.)  —  Le  glossaire  dit  :  «  Piqué, 
harcelé  ?  » 

Bcg^outer,  neutre,  refluer,  rejaillir,  retomber.  II,  42.  23  ; 
245.  2.  ;  actif,  laisser  s'écouler,  fig.  perdre,  1, 226.  8  : 
Se  ne  wardent  sur  elles,  toutes  grasces  dégoûtent, 

Belapldcr,  au  fig.,  décrier,  II,  79.  27  : 

Ches  bons  ouvriers  H  precheus  delapide. 

Bclicleas,  ami  des  plaisirs,  I,  159.  16;  310.  5;  II,  78.  20  ; 
148.  4.  —  Sens  mod.,  I,  161.  17.  —  L'éditeur  a  imprimé 
par  erreur,  dans  le  texte  (II,  78.  20)  et  au  gl.,  deiUiem. 


(41  ) 

Bclivre,  libre.  Locutions  :  faire  rf.  =  délivrer,  donner,  ren- 
dre, I,  378.  24;  —  au  délivre,  en  liberté,  1, 182. 14;  —  iestre 
à  délivre,  être  en  état  de  faire  qqch.  —  Corrigez,  I,  303;  4, 
délivres  p.  délivrés,  que  condamne  la  mesure. 

Bellvrcr  qqn.,  le  pourvoir  du  nécessaire,  défrayer,  entre- 
tenir. 1, 165.  26;  296.  11  ;  II,  42.  11. 

Del  vus,  lundi,  II,  294.  24. 

Demlcstc,  apprivoisé,  familier,  I,  349. 12:  II,  190.  3.  —  Je 
me  vois  forcé  de  noter  cet  adj.  bien  connu  {^  lat.  domesticus) 
à  cause  de  la  bizarre  étymologie  que  lui  prête  le  glossaire, 
savoir  dempter  (sic  !).  — Cp.  ademestir. 

Beacr  ==  doner,  donner  :  la  mutation  o  en  ^  ne  peut  affecter 
Vo  qu'en  syllabe  atone,  ainsi  deim  l,  153. 21;  dena  1, 170. 10; 
detiroit,  II,  106.  5. 

Dénoter,  diffamer,  I,  81.  30;  II,  286.  27. 

Denrées,  emplettes,  achats  (en  fait  de  toilette),  I,  83.  35  : 
Dicx,  com  or  est  bien   acemée! 
Elle  moustrc  bien  ses  denrées 
Et  s'a  ciertcs  moult  de  pensées. 

Cp.  II,  193.  4. 

Départir,  diviser,  distinguer,  II,  19.  23  : 

Des  hommes  et  des  famés  H  maintiens  les  départ. 

Déporter,  présente  dans  Gilles  toutes  ses  diverses  acceptions 
connues:  amuser,  divertir,  II,  84.  1  (réfl.,  I,  120.  29;  II, 
239.  8)  ;  — épargner,  ménager,  excuser,  exempter,  respecter, 
1, 110.  13;  162.  5;  II,  83.  6,  etc.  (réfl.,  s'abstenir,  II,  45. 12; 
87.  12);  —  destituer,  démettre  (d'un  emploi),  1, 136.  24. 

Depo«,  bonne  forme  ancienne  p.  de{)ost,  dépôt,  II,  154.  28. 
—  Cp.  repos  de  rqws'tus. 

Depnlilier,  diffamer,  décrier,  I,  99.16. 


(42) 

Desbanklé,  I,  119.  36  : 

Uries  en  bataille  fu  mors  cl  trcbukics, 
Pour  se  femme  qu'il  ol,  fu  dou  roy  detbaukU», 

Je  ne  puis  trouver  à  ce  terme  qu'une  seule  signification 
plausible,  celle  de  ce  détourné  de  sa  maison,  ici  :  enlevé  à 
sa  femme  ».  L'éditeur  traduit  par  «  repoussé  »,  signification 
contraire  autant  au  sens  étymologique  du  mot  qu'à  l'histoire. 
Le  roi  David  envoya  Urie  en  campagne  pour  s'en  débar- 
rasser et  jouir  librement  de  sa  femme. 

Besbcdarcr,  se  purifier,  litt.  se  dépouiller  du  bedaire  dont 
on  s'est  souillé  ;  I,  257. 18  : 

Des  .gens  honnis  poroient  moult  bien  desbedarer. 
Le  mot  bedairCy  que  donne  God.,  sans  le  traduire,  d'après  un 
passage  tiré  d'un  texte  de  Valenciennes  («  chemin  fangeus 
et  plain  de  beduire  »)  est  sans  doute  synoyme  de  betun^  (boue, 
V.  pi.  h.)  et  de  la  même  famille  peutrêtre.  —  J'ai  recueilli 
dans  mon  gloss.  des  poésies  de  Froissart  le  mot  etnbegari, 
au  sens  de  «  souillé  »  (II,  359. 18,  un  pourcel  ort  et  embe- 
garé),  et  je  me  suis  évertué  à  l'expliquer  étymologîquement. 
Je  suis  amené  à  le  supposer  fautif  pour  embedaré, 

^Bcseblqaier,  II,  289.13: 

Et  Dieus  qui  a  sen  arc  tendut,.. 
Deichiquera  tost  la  seettc. 

Je  corrige  descliquera, 

JDcsernkIcr,  tomber,  I,  102.30  : 

S'en  voit  on  aucuns  descrukier. 
De  si  haut  en  bas  Irebukier. 

God.  a  la  forme  nasalisée  de^cninquier. 

Bcslretcr,  deshériter.  On  lit  II,  6.  26  :  Se  le  désire  on  dou 
sien  ;  corrigez  franchement  desirete  on, 

*  Bcskierkier,  décharger.  Cet  infinitif  est  mal  déduit  du 
prés,  deskierke  (II,  123.9)  ;  il  fallait,  selon  les  lois  de  la 
conjugaison  ancienne,  imprimer  au  glossaire  deskarkier. 


(43) 

Dcsnatiirer  (se),  se  gâter.  I,  292. 7  : 

Li  temps  te  desnature,  se  doit  à  toas  desplaire. 

BeMlntesTlI,  12.5: 

Et  qui  poet  escaper  à  conroi  detointes. 

Et  aproismier  vielaichc,  bien  s'en  doit  faire  cointes. 

Le  premier  vers  manque  d'une  syllabe  et  desointes  reste 
inexplicable.  Faut-il  corriger  de  ses  cointesl  —  Comment  le 
gloss.  a-t-il  pu  songer  à  desoigner  et  traduire  desointes  par 
«  exempt  d'inquiétude  »  ?  Notre  auteur  ne  commet  pas  des 
licences  aussi  monstrueuses. 

Bespllcr,  le  contraire  d'empiler ,  défaire  les  piles  de  marchan- 
dises, I,  217.24  (il  s'agit  des  femmes  du  monde  qui  courent 
les  rues  pour  faire  des  achats  de  toilette)  : 

Les  détail  leurs  (régime  de  feront)  feront  leurs  pilles  despiler, 
S'acateront  fins  dras  pour  elles  eointoyer. 

(Le  2*^  vers  commence  un  nouveau  quatrain.)  Le  gloss.  tra- 
duit despiler  les  pilles  par  «  dépenser  l'argent  ». 

Bevrécs,  déréglées  ;  forme  contracte  de  desreées,  II,  222.  o. 

Besroicr,  -reer  ;  ce  verbe  se  présente  avec  deux  acceptions  : 
1.  mettre  en  desroi  (désordre,  dérèglement),  1, 152. 15  («  par- 
tout on  se  desroie  »)  ;  380. 21  ;  II,  30. 17  ;  73. 13,  etc.  ;  2.  mettre 
en  dommage,  en  perte,  I,  219.  7  : 

Renter  religieus,  ja  ne  Paccorderoie, 

Car  on  voit  tous  les  jours  comment  on  s'en  deeroie; 

endommager,  détériorer,  II,  155. 12  : 

S*on  faisoit  boin  ahan  sans  tieres  desroier,,. 
Pour  la  seconde  acception,  cp.  Froissart,  Prison  amou- 
reuse, 1895  :  [La  terre] 

Te  requist  que  pité  euîsses 
De  lu!  et  que  tu  reprcsisses 
Tes  chevaus  qui  le  desreoient 
Et  qui  si  mal  le  conreoient. 

Voy.  aussi  le  Dit  du  vrai  aniel,  268,  et  la  note  de  Tobler.  —  Le 
mot  répond  tout  à  fait  à  notre  expression  «  mal  arranger  ». 


(4i) 

Bcssfiislr,  rendre  ce  dont  on  s'est  saisi,  I,  343.  8  : 
Et  Dicus,  quant  poins  sera,  fera  tout  dessaisir. 

Bessc^rcr,  séparer  ;  corrigez  dessevrées  p.  desseurées,  II, 
201.21. 

JDestalcntct,  contraire  de  entalentet  (désireux),  nullement 
c<  dégoûté  »,  comme  veut  le  gl.,  I,  243.  28;  271.  23. 

BcstrRTé,  sépai'é,  II,  23. 16  (où  on  a  imprimé  destraui)  : 
Tout  cstîemes  perdu  et  de  Dieu  destravc. 

Bctallleur,  tailleur,  I,  217.  24  (voy.  despiler). 

Betcrnilncr,  terminer  (un  procès),  I,  160.  21  (au  v.  suiv., 
affiner);  qualifier,  1, 286. 7;  neutre,  prendre  fin,  I,  263. 19. 

Bctralrc,  rabaisser,  détracter,  I,  385. 2o;  II,  182.17. 

BcTiscr,  tailler,  découper  (des  robes);  II,  55. 28  : 

....  ouvrier  en  ont  chevanchc5, 

Ki  sevenl  deviser  chcs  kolcs  et  chos  manches. 

Cp.  II,  63.  28;  206.10. 

Blcnicnee,  dimanche,  I,  39. 24.  Tout  en  étant  écrit  ainsi,  le 
mot  veut  être  lu  en  3  syllabes;  c'est  la  forme  contracte 
dimence  qui  est  celle  de  Fauteur  (I,  341.  6  et  passim). 

Blcrbc?I,  357.18: 

Ouvrages  de  parolles  passent  ouvrages  dierbes. 

Quel  est  le  sens  de  ce  proverbe?  Le  mot  hierbes  étant  déjà  à 
la  rime  du  2®  vers  du  quatrain,  je  n'admets  pas  volontiers 
la  leçon  d'iei^bes.  L'ail,  derb  (dur,  vigoureux)  serait-il  en 
cause  ?  Je  n'oserais  l'affirmer. 

Bimaer,  définir,  caractériser,  II,  197.  24  : 
Le  siècle  ne  saroie  diffiner  autrement. 


(45) 

Blffncr  (se),  preudre  ses  repas,  I,  304.  ââ  : 

Ou  bourc  devant  Saint  Picrc  quinze  jours  me  dignai. 

Je  recueille  cette  forme  graphique  de  disiier^  négligée  par 
God.,  pour  en  constater  l'emploi.  Je  dois,  toutefois,  ajouter 
qu'elle  n'est  pas  assurée,  car  au  passage  indiqué  dignai  rime 
avec  /înai,  pef^egrinai,  medicinai. 

BIlRtcr,  répandre,  1, 190.  â5  (il  s'agit  des  ordres  mendiants)  : 
Or  sont  par  tout  le  monde  grandement  dilatet, 

Cp.  I,  249.  21  ;  2o0. 16;  11,106.  9.  —Notez  encore  la  valeur 
donnée  à  ce  mot  II,  90.  27  («  divaguer?  »)  : 

Des  femmes  fait  l'amours  le  sens  moult  dilater. 

Miner,  fondre,  fîg.  confondre,  II,  182.  2  : 

Dîtes  tout,  douches  dames,  car  trop  me  dilués. 

Voy.  God.  s.  V.  deluer.  —  L'étym.  lat.  delere  donnée  au  gloss. 
n'est  pas  sérieuse. 

Blmciitcr  («c),  II,  103.  26,  se  lamenter.  —  Pour  dimenier 
=s  dementer,  cp.  plus  loin  dissoler  =  désoler. 

Mre;  ce  verbe  fait  au  subjonctif  tantôt  diche,  dice  (II,  37.  7; 
I,  147.  7),  tantôt  die  (I,  299.  20),  tous  deux  à  la  rime,  donc 
propres  à  l'auteur. 

Mscntcr,  II,  202.  16;  240.  12.  —  Le  plus  ancien  ex.  de  ce 
verbe  dans  Littré  est  du  XV*  siècle. 

Msltens,  autre  forme  p.  diseteus^  I,  310.  11.  —  E  proto- 
nique changé  en  i  ;  cp.  signeur  p.  segneur. 

Bivsoler,  désoler,  I,  326.  18  (on  trouve  désoler  328.  4). 

BIter,  enrichir,  à  l'act.  et  au  rétt.,  I,  143.  19;  300.  IS; 
99.  14,  et  souvent.  C'est  un  mot  savant;  il  manque  dans 
Godefroy. 

BIverscr,  act.,  changer,  varier,  1, 198. 14  : 

Cuer  ancliien  et  cuer  jovene  diversent  moult  le  vie. 


(46) 
DlYersItéf»,  choses  étranges,  bizarres,  II,  233.  1. 

Dociimeut,  toujours  :=  enseignement  (comme  encore  dans 
Molière),  I,  89.  27  ;  121.  8;  142. 12  et  passim. 

Doer,  gratifier,  doter,  pourvoir  (non  pas  ce  donner  »  comme 
dit  le  gl.),  1, 115.  1  ;  261.  28;  II,  63.  22.  —  La  forme  savante 
doter  I,  266.  20. 

JDoloIr,  lat.  dolëre;  S"*  ps.  prés,  indic.  :  dit//,  dieut  I,  96.  2; 
13.  34;  282.  9  (orthogr.  aussi  avec  /  parasite,  diult  dieult),  — 
De  même  soloir,  lat.  solêre,  fait  au  prés.  ind.  sim  [l^  pers.i 
I,  96.  3;  sieut  (3«  ps.)  1, 185.  17  ;  260.  23. 

Doner,  subj.  prés.  3"  ps.  sg.  doinst  (on  a  imprimé  doind}  I, 
111.  7  ;  plur.  doinsent  1,43.  29. — Fut.  et  cond.  donrai,  -oie  1, 
I,  144.  6),  mais  aussi  donnera  67.  19.  —  Voy.  aussi  dener. 

Dorer,  sensfig.,  embellir,  II,  8.  19  : 

Bfon  dit  (=s  poëmc)  de  vérités  à  nien  pooir  dorrai. 
Locution  :  dorer  lapabne  (paume)  =  notre  mod.  «  graisser 
la  patte»,  1, 112.  11. 

Borelot,  bijou  ?  II,  291 . 

Pour  boutons  dorr^o^  portoîcnt  Icsscnces. 

Bormals,  désormais,  I,  337.  22;  II,  22.  23;  265.  0. 

Bormolr,  dortoir,  I,  188.  17. 

Draper,  fabriquer  du  drap,  I,  280.  2  : 

Ne  faire  nul  mestier,-  draper,  taiiidrc,  lancr. 

Bnres.  Locution  :  dire  de^  dures,  II,  181.  21  : 

Des  dures  m'ont  bien  dit,  or  me  diront  des  moles. 
Cp.  II,  179.  16. 

Durer,  endurer,  supporter,  I,  342.  1  : 

Dicus  fait  trestous  les  temps,  ainsi  qu'il  voclt,  durer. 


(47) 


E,  atone  et  muet,  disparait  fréquemment  devant  la  syllabe 
tonique.  Ainsi  gheline  devient  glme,  courechier  courchier, 
pereche  (paresse)  prêche  (d'où  precheus),  péril  prU  (d'où  pril- 
leus)^  ferir  féru  frir  fru;  cp.  encore  la  forme  manifestroie 
(II,  IS.  3).  —  De  même,  e  atone  étouffe  entre  deux  r  :  de  là 
des  futurs  comme  remunerraj  dorrai  (==  dorerai)  II,  8.  19, 
endurra  I,  93. 33,  et  autres.  —  C'est  ici  le  lieu  aussi  de  parler 
de  l'absorption  de  l'e  atone  dans  la  voyelle  tonique  dont  il 
est  suivi  ;  j'ai  en  vue  les  cas  tels  que  vir  issu  de  vèir  (voir), 
meuiy  issu  de  meut  (de  mouvoir),  mescant  ==  mescheant.  On 
verra  que  notre  auteur,  suivant  l'entraînement  de  la  mesure, 
se  sert  autant  des  formes  pleines  que  des  formes  contractes. 
On  voit  ainsi  alterner 

mescfiam  avec  mescheans. 
VC8,  êréi     .  »      vcés,  créés. 


laiehe 

leaiche  (liesse). 

vir,  sir 

veïr,  setr. 

meure 

meure  (mûre). 

fis 

/«». 

desreées. 

E  ouvert  en  position  est  régulièrement  diphthongué  par  ie  en 
syllabe  tonique;  de  là  :  tiere  (terra),  ierbe  (herba),  biel^  biau 
(bellus),  bieste  (bestia),  ivier  (hibernum),  enfier  (infernum) , 
confiés  (confessus).  Il  en  est  de  même  pour  t  en  position  : 
aiwiele  (ancilla),  seiikstre  (senester).  Exceptez  les  cas  d'eou  7, 
suivi  de  n  ou  m.  Je  n'ai  guère  trouvé  qu'une  seule  fois 
(II,  416.  9)  viertut,  mais  toujours  virtut;  de  même  virgetie  ou 
virge^  jamais  vierge. 

Ediote,  ignorant,  II,  118.  6  : 

Or  sont  geiit  cdiole  qui  ne  le  sevent  mie. 
Ailleurs,  I,  37.  23,  ydiote. 


(48) 

KITondre,  subst.,  dans  {faire  sen  effondre)  ^^  effondrer,  ren 
verser,  abattre,  anéantir,  I,  250.  20  (il  s'agit  de  Dieu)  : 
Maistres  est  :  quant  li  plaîst,  se  fâche  »en  effondre» 

KITondre,  verbe,  répandre,  I,  26.  26  : 
Biaus  sire  Diex,  k^or  effundèê 
En  niî  (le  texte  a  me)  yo  grasce. 

Effondrer,  couler  à  fond  (un  vaisseau),  I,  194.  17.  Voy. 
aussi  le  subst.  effondre. 

Kffronter,  pr.  casser  le  front  ou  la  tète ,  fig.  faire  perdre  la 
tête,  II,  241.  26  : 

Li  glore  de  che  siècle  toute  gens  pries  effronté  \ 
ib.,  163.  4  : 

On  en  est  effrontet  et  souvent  endetet. 

Aussi  affronter  II,  286.  31.-1^  trad.  du  gl.  «  assaillir, 
dominer  »  est  fautive. 

-el  ou  -i/  (=  lat.  -d/,  -ill),  rencontrant  en  flexion  l'élément  « 
(sujet  sing.  ou  rég.  plur.),  devient  iau.  Ainsi  :  illos  iam 
(donc  aussi  ciaus  du  composé  ce/,  cit),  juvenicellos  jotajen- 
dans,  bellus  bians^  capillus  keviaus.  11  faut  par  conséquent 
corriger,  1, 194.  25,  fardiaus  pour  fardieus. 

Klaml,  voy.  sous  gameut. 

Elatloii,  mot  savant,  hautaineté,  II,  235.  19  : 
Car  humlcs  estoit  et  prives 
Et  de  elation  prives. 

Cp.  II,  149.  6. 

Bmbarer  (ii')9  s'embarrasser,  se  préoccuper,  I,  257.  17. 
Associé  avec  se  peneî\, 

Kmbari^ler  (%%  s'embarquer,  au  fig.,  I,  362.  16  : 
Chil  signeur,  pour  waîgnier,  ensi  que  nous,  s^emhargent. 
Omis  dans  Godefroy. 


(49) 

Bmliiséy  voy.  biser, 

EmMaYer  (n%  s'embarrasser,  prendre  souci,  I,  272.  24  : 
De  chou  faire  cou  vient  que  vous  vos  emblavés  (on  a  imprimé  en  btavés  *). 
Cp.  II.  221.  44. 

^Emlileleliler;  ce  verbe  figure  au  glossaire,  mais  il  n'existe 
pas  ;  lisez  I,  150.  7  :  «  se  conscienche  mainte  fois  on  en 
bleiche  (=  blesse)  »,  au  lieu  de  embleiche. 

EmlioalLlet  (nuU)^  mal  embouché  (voy.  Gloss.  de  Froiss.)  ^ 
rétif,  qui  ne  cède  pas  à  l'impression  du  mors  (cp.  gr. 
S0oTO|xoç),  fig.  insoumis,  se  laissant  aller  à  ses  passions,  I, 
367.  20  : 

Les  gens  luxuricus,  les  gens  ma/  enboukiet, 

EMBieiider  »  amender^  II,  142. 1  ;  145. 6;  264. 4;  emmen- 
(fefiu^UII,  114.2;118. 13. 

Empaleliler,  empeichier,  obstruer  II,  268.  27;  enchaîner, 
1, 193.  11  ;  II,  97.  3.  —  EmpaichatU,  adversaire,  I,  251.  24  : 

Empeickanl  n*oscront  sur  yaus  ruire  ne  nuire; 
305.  3  : 

Trestous  les  empaichans  Dams  (I.  dame)  Dieus  les  confonde. 
Cp.  despaichiet,  débarrassé,  libre,  II,  268.  26. 

Empaler  (il'),  se  planter,  se  ficher,  1, 297.  24  : 
En  Tort  betun  dou  siècle  tout  se  vont  empaler. 
Signification  omise  dans  God. 

Emparkler  {m%  s'enfermer,  fig.  s'enchaîner,  I,  146.  19  : 
Par  le  siècle  se  sont  ensi  tout  emperkiel  (1.  emparkiet). 
Que  mis  ont  en  oubli  chou  qu'il  ont  enkarkieL 

'  Des  fautes  analogues  ont  été  commises  : 

1, 58. 22  à'en  bourbettenl  (p.  «>n6.);  17i.  9  ê'en  diervent  (p.  ê*end.);  292. 4 
en  priessent  (p.  etipr.);  382.  22  Cen  sieut  (p.  FensUut);  362. 16  ê'en  bargeni; 
II,  296. 30  en  ama  (p.  enama),  —  Dans  Je  sena  contraire  1, 15».  7  embhkhe 
p.  en  bleiche;  II,  137.  14  :  encoche  p.  en  cache  (en  chasse). 

Tome  XXXVII.  4 


(SO) 

Kmperer,  gouverner,  lat.  imperare,  I,  338.  7. 

Emploiera  allouer,  assigner,  II,  119.  25  (des  benefisces); 
130. 14  (ses  signeries). 

Empresser,  presser,  I,  393.  4  : 

Créditeur  lesdcbtcurs  à  payer  fort  eniprietsent  (on  a  imprimé  «ii;»rteMefi/). 

Emprlmer,  1,  ISi.  S  : 

En  mètre,  puis  en  prose  men  sens  vocl  etnprimer, 

(le  texte  porte  fautivement  etnpriefnef*).  —  Appliquer?  Ce 
serait  alors  le  lat.  imprimere;  régulièrement  celui-ci  fait 
empreindre,  et  etnprimer  serait  un  néologisme.  Je  ne  connais 
emprimer  qu'au  sens  neutre  de  primer,  dominer  (Baud.  de 
Condé).  —  La  trad.  «  exprimer  »  du  gl.  est  arbîti*aire. 

Emprisonner,  serrer  (des  provisions),  II,  259.  11  : 
Tout  chou  mettoit  avant  qu*il  ot  empriionnet. 

Enarsenté,  garni  d'argent,  II,  277.  28  («  laisses,  Cùroies  »). 

Enarkler,  I,  146.  18  : 

Ensi  les  a  li  siècles  de  sen  arc  enarkiet. 

Ce  verbe  signifie  propr.  courber,  fléchir,  ici  fig.  renverser, 
vaincre.  —  Selon  le  gl.  «  percer  de  flèches  »;  c'est  fautif. 

Eneaeliler,  enkachier,  pourchasser,  expulser,  II,  62.  17  : 
C*e8t  triakes  qui  poct  tous  venins  etikachier: 

1,321.  26: 

C'est  chius  qui  de  tous  boins  leur  anemi  enkache; 

II,  157. 15  : 

Uns  sens  visées  dou  coer  toutes  virtus  eneaehe. 

Dans  le  dernier  cas  on  pourrait  aussi  lire  en  cache.  —  Voy. 
aussi  efikakier. 


(51  ) 

Encaper,  mettre  dedans,  fourrer,  enfermer,  1,  193.  24  : 
Et  en  înficr  sera[s]  avocc  nous  encapés. 
Contraire  de  escaper»  —  N'a  rien  à  faire  avec  lat.  capere, 
comme  pense  l'éditeur.  God.  a  pour  enchaper,  qu'il  identifie 
avec  escaper,  ce  seul  ex.,  tiré  du  Dolopathos,  8418  : 
Et  se  par  mi  Tuis  iCenehapoie^ 
N*en  eschaperoie  autrement. 

Je  pense  {{vUenchaper  est  bien  ici  opposé  à  eschaper  et  signifie, 
comme  l'it.  incapjyare,  incurrere,  entrer. 

Knearlr,  =  marner,  II,  218.  17;  forme  concurrente  de 
enchierir  (I,  207.  20). 

Encieller,  mettre  en  cellule,  cloîtrer,  1, 182.  6.  —  Cp.  incel- 
lare  dans  Du  Cange. 

Eneorner,  terme  de  toilette,  s'affubler  d'une  corne,  II,  25. 24  : 
Jadis  les  vcoit  on  rooult  petit  encorner. 

Encaerre,  autre  graphie  de  enquerre  (cp.  II,  242.  17  amené 
p.  aquerre),  enquérir,  II,  115.  3  :  [Cette  circonstance] 

lM*a  mis  en  coer  d'encuerre  de  chou  le  veritet. 
La  trad.  «  encourir  »  (gl.)  est  une  méprise  et  pour  la  forme 
et  pour  le  sens. 

Bncoarlr,  verbe  tantôt  actif,  comme  aujourd'hui  (II,  11.  26; 
225.  26;  272.  14),  tantôt  neutre  suivi  de  eii  (I,  208.  8; 
225.  18). 

Eneraiisler, engraisser,  bien  nourrir;  au  fig., rehausser, faire 
valoir,  mettre  en  estime,  I,  178.  28;  200.  4  (ses  paroles), 
243.  13  (les  virtus)  ;  sens  propre,  II,  64.  27  : 

Cescuns  voclt  se  karongne  tous  tes  jours  encrascier. 
Ije  gl.,  invoquant  vierescere  (!),  traduit  «  croître,  augmenter  ». 
—  Le  mot  manque  dans  Godefroy. 

Enerver,  dépouiller,  appauvrir,  1, 172.  8  : 

A  leur  pooir  dyable  boins  cuers  de  biens  eniervent. 


(  82  ) 

Enfkdlt,  lassé,  1, 239.  7  : 

Nuls  boîns  cocrs  de  bien  faire  n'est  onques  enfadUs. 
Cp.  pi.  h.  affadit, 

EnBer  (s')?  =  se  fier,  II,  3.  7  : 

On  (I.  or)  ne  se  sel  en  qui  mais  nuls  bom  enfier, 

Enfloriné  (estre),  être  riche,  II,  72.  23  : 
Or  enrikiscent  gens  et  sont  enflorinet. 
Absent  dans  Godefroy. 

Enfourner,   mettre  au  four,   sens  propre,  I  259.   26;  il, 

244.lb;aufig.,  1,207.  45: 

Et  qu'en  leurs  consciences  boines  virtus  enfoumeni. 

Enflretet,  ardent,  aeliarnë,  résolu,  vivement  désireux,  1, 63. 8  : 

Orgieuls  venra  tous  en  frétés, 
Disant  :  En  infier  la  (1.  les)  inetés; 

1, 150.  28  : 

Crieng  dyable[s],  contre  ti  sont  tresloul  enfretet; 
II,  4. 15  : 

D'oster  les  malvais  sont  juge  boin  enfretet» 

Cp.  encore  II,  6.  24;  58.  8;  289.  16  {Enfretés  et  joians  et 
liés).  —  Smfreter,  s'empresser,  I,  248.  18  : 

Si  disciple  se  sont  d'cnsievir  enfretet. 
Quelle  peut  être  i'origine  de  ce  mot?  li  est  absolument 
inconnu.  On  trouve  dans  Godefroy  sur  ia  foi  du  glossaire 
de  Douai  :  «  Enfreté,  qui  est  affecté  de  l'élephantiasis  ».  Il  y 
a  là  une  grave  méprise  ;  le  dit  glossaire  porte  :  ElefanitUus 
(corrigez  elefantinus)  une  enfretés  ;  ce  qui  veut  dire  :  une  infir- 
mité, une  maladie. 

*  En^eneres,  engendreur,  père,  II,  107.  26  : 
D^Ammon  et  Absalon  fut  David  engcneres. 
Mot  impossible  ;  il  faut  engenreres  (II,  277.  10). 


(83) 

Eiii^ii^nler  ou  enginier,  selon  le  gl.  «  former  rinteliigence  » 
ou  «  faire  preuve  d'esprit  »;  mettez  plutôt  «  tromper,  duper  », 
I,42.30;82.  31;337.  6. 

Eii0l«é«,  pris  comme  dans  la  glu;  employé  figurëmeilt  H, 
19.  16  : 

Par  orghuel  est  li  siècles  trop  cangics  et  mues, 
Nuls  ne  le  poct  sivir  qui  n^cn  soit  ettgiuéê. 

Littré  n'a  pas  d^exemple  ancien  de  ce  mot. 

Bnsor^ier,  ingurgiter,  H,  93. 1.  —  Cp.  engouler  1, 175.  77; 
194.  20. 

KB«réer  =  agréer,  II,  130.  12. 

*Eiikakler,  II,  62.  17;  mauvaise  forme,  contraire  à  Tétymo- 
logie  et  à  la  rime,  p.  enkachier,  chasser  ;  il  ne  fallait  pas  l'ad- 
mettre dans  le  texte.  Voy.  encachier, 

Enkarkler,  charger  sur  soi,  I,  146.  20;  en  syllabe  tonique 
a  devient  t>,  ainsi  enquierque  (impér.)  I,  36,  15,  enhierke 
(prés,  ind.)  II,  123  8.  —  Voy.  aussi  deskierkier, 

Kaaiaset,  logé  (au  figuré/,  II,  116.  19  : 

Vierlus  et  boin  penser  sont  dedens  enmtutt  *. 

Bninleller,  adoucir,  1, 121,  10  (opp.  à  enfieller);  182.  7. 

Bniiaicliler,  amorcer,  leurrer,  I,  2.  19  (pour  nos  âmes  e.). 
Là  bonne  forme  est  eneschier  (de  esche,  amorce).  —  Le  gl. 
traduit  :  «  ennosser  (quid?),  tuer  ». 

Enolller,  huiler,  fig.  adoucir,  bien  disposer,  I,  280.  7  : 
Les  gens  par  biel  parler  sevent  bien  enoHyer» 

Bnrlkler,  enrichir,  act.,  I,  300.  15;  enrikir,  neutre,  II,  72. 
23;  247.21. 

*  LiseE  aossi,selon  Pindication  de  la  rime,  enmasés,  p. enmassés,  11,  îlO.  1 9 : 
Car  je  vie  anemis  en  tous  lieus  enmassés. 


(84) 

Enroet,  roué,  11,  196.  23  :  [Or  te  tais,  sos  noés] 
Assés  tost  pour  tes  dis  seroies  enroés. 
Cp.  Ph.  Mousket,  17900. 

Enrannier,  enrouiller,  I,  2oâ.  4  (il  s'agit  du  trésor  acquis 
au  ciel)  : 

Là  n'est  enrunnyés  ne  de  nul  vîcr  rongîés. 

La  bonne  forme  ancienne  est  enningier.  Pour  celle  en  -umer, 
comme  pour  celle  en  -ungier,  le  type  est  difficile  à  établir, 
que  Ton  parte  de  lat.  aerugo  ou  de  rubigo.  Je  suis  donc 
amené  à  corriger  enrumiyés,  qui  se  trouve  dans  THist.  de 
Jules  César  par  Jean  de  Thuin,  16.  o  (espées  mrumiées)  et  qui 
vient  d'un  type  *  in-rumigare.  Cette  forme  s'accorde  avec  esp., 
port,  rumiar,  prov.  romiar  et  corrobore  Tétymon  rumigare 
(ruminer)  posé  par  Diez  (4**  éd.  p.  672)  pour  le  fr.  ronger , 
mais  contesté  depuis  par  G.  Paris  (Romania  X,  59),  qui  favo- 
rise rodicare.  Notez  que  le  gloss.  de  Douai  présente  aussi 
enrumiure  pour  traduire  aerugo, 

Ensli^nicr,  marquer  d'un  signe,  1,  82.  31  : 

On  les  deveroit  ensignier 

Si  c'on  cognoistrc  les  puist  (I.  peuïit), 

Ensonnier,  employer.  Ce  verbe  disant  pr.  mettre  en  besogne, 
on  est  surpris  de  l'emploi  qu'en  fait  Gilles  dans  «  employer, 
occuper  le  temps  »,  1, 86.  13;  II,  128.  16.  Notez  encore  que 
ce  verbe  est,  chez  lui,  toujours  de  4  syll.  (en-sonn-i-er).  Com- 
ment s'en  rendre  compte? 

Enteit  (rég.  plur.  etitais),  fém.  entaite,  acharné.  II,  247.  21: 
[Des  pauvres] 

K*on  voit  pour  ciirikir  etUaû  et  eiigraniis. 

Cet  adjectif  répond  à  lat.  inlactm  et  signifie  propr.  «  tout 
entier  à  ».  Je  l'ai  déjà  plusieurs  fois  relevé  dans  mes  com- 
mentaires ;  si  je  le  fais  encore,  c'est  que  je  remarque  que  le 


(85) 

sens  «  intact,  entier  »  n'est  pas  touché  dans  God.;  il  aurait 
pu  citer  Phil.  Mousket,  7380  : 

Quar  li  Persan  vinrent  enlait 
Et  cil  furent  las  et  sostrait; 

ib.  31052  : 

Si  ot  (Tentais  cl  de  lasses. 

M.  de  ReifiFenberg,  pas  plus  que  M.  Kervj^n,  ne  s'est  bien 
rendu  compte  du  mot  ;  le  premier  le  tire  tantôt  de  intentm, 
tantôt  de  intetisus;  le  second  l'explique  par  «  attentif»;  ni 
l'un  ni  l'autre  n'est  dans  le  vrai.  Je  rétracte  positivement  la 
note  écrite  (en  1867)  a  propos  de  entait  dans  Jean  de  Condé 
(II,  p.  349),  où  j'inclinais  moi-même  pojir  intemus,  en  pro- 
posant de  corriger  entait  par  entais.  —  Dans  le  passage  de 
Baud.  de  Condé,  cité  par  God.,  entait  ne  veut  pas  dire 
«  appliqué  »,  mais  «  entier,  non  amoindri  ». 

Entalcnter,  act.,  mettre  en  telle  ou  telle  disposition,  1, 
25.  17;  réfl.,  se  disposer,  viser  à,  II,  13.  16.  —  Part,  enta- 
lentéy  disposé,  prêt. 

Entamer  une  femme,  =  lat.  contaminare,  1, 120.  3;  205. 15. 

EntaYrencr,  se  rendre  à  la  taverne,  II,  89.  18  :  [La  gloutetiie] 
Gens  fait  entavrencr  sans  alcr  à  la  messe. 

Entelette,  jeune  plant,  arbrisseau,  voy.  lentelette. 

Enter,  planter,  placer,  appliqué  figurément  aux  paroles,  I, 
56.  3;  182.  27. 

Entériner  ou  interiner.  Voici  les  acceptions  de  ce  mot  chez 
notre  auteur:  1.  accomplir,  1, 306.  19;  II,  10.  26;  104.  12; 

2.  fournir,  distribuer,  1, 165.  27  : 

Cuisenier  délivrant  bien  fasant  rofficîne. 
Qui  les  vivres  partout  loialroent  eniitrine; 

3.  déterminer,  décider,  1, 170,  18  : 

Se  c*cst  bien  ou  mal  fait,  ne  puis  interiner. 


(86) 

Au  réfl.,  se  livrer,  se  vouer  (propr.  se  donner  entièrement), 
syn.  de  s'encliner,  1, 16.  10  : 

Se  se  doil  on  entériner 
A  faire  bien  et  cnc]incr. 

KnterYer,  examiner,  fouiller,  1, 197.  7  : 

Anemis  (I.  anémie)  de  leurs  fais  toutes  ocvrcs  entierventi 

II,  83- 17  : 

Par  ylsins,  par  visînes  vont  treslout  entiervani. 

Le  mot  signifie  en  premier  lieu  interroger  et  représente  lat. 
interrogare.  -^  Au  gl.  on  dit  «  enlever,  écarter  ». 

Entes,  adv.,  diflScilement,  avec  peine,  II,  15S.  27  : 

Entes  vient  on  au  droit  pour  les  grans  trekeries. 

Nous  avons  évidemment  à  faire  ici  à  Tadv.  de  Tadj.  ente(fii  qui 
donne  ou  éprouve  de  la  peine,  difficile  »)  ;  je  Tai  rencontré 
déjà,  mais  sans  le  comprendre,  dans  les  Chron.  de  Froissart, 
V,  162  (éd.  Kervyn)  :  se  vous  euïssiés...,  je  fuisse  entes  morte 
d'anoi.  —  Ente  s'emploie  aussi  comme  subst.  (=»  peine),  sur- 
tout dans  la  loc.  adv.  à  ente,  mais  God.  a  eu  tort  de  placer 
sous  ce  chef  le  vers  suivant  de  Baud.  de  Condé  : 

Il  ne  treuve  de  touz  les  eors 
Ami  ne  parent  ne  parente 
Cui  ne  fust  plus  griefs  et  plus  ente 
De  lui  deus  nuis  à  herbregcr 
Qu'il  ne  seroit  d*nn  ort  breger. 

^Entlrant,  II,  88.  2: 

Chil  qui  font  faussetet  vont  tous  temps  entirant. 
Usez  en  tirant;  voy.  tirant. 

Entlr,  entire^  entier,  lat.  integrum.  C'est  l'unique  forme  chez 
l'auteur  ;  je  ne  crois  pas  y  avoir  rencontré  erifter,  entière,  que 
Ph.  Honskat  employait  concurremment  avec  entir. 


(57) 

Entis,  forme  contracte  de  enteis,  plantation,  jardin,  1, 229.  8  : 
Toutes  n*adicrchcnt  mie  par  ces  entis  les  entes. 

«  Dans  les  jardins  toutes  les  plantes  ne  viennent  pas  à  point.  » 
Mot  absent  dans  Godefroy. 

Entaiié,  enivré,  II,  200.  3  : 

Dicus  set  que  je  ne  suy  de  nul  vin  entusés, 

D*où  vient  ce  mot  (inconnu  à  God.)?  il  ne  peut  être  identifié 
avec  entoschier,  entuschier,  empoisonner,  qui  est  «»  lat. 
itUoxicare.  Le  sens  s'y  prêterait  fort  bien,  puisque  les 
Anglais  disent  encore  intoxicate  p.  enivrer,  mais  la  lettre 
s'y  oppose.  Je  n'ai  que  des  conjectures  à  présenter.  Une 
forme  intoxare  donnerait  entoiser,  entuiser,  d'où  mimer  ; 
mais  l'ancienne  phonétique  exigerait  entusier,  —  Ou  le  mot 
est-il  de  la  famille  de  Tall.  dmeln,  avoir  le  vertige,  vaciller, 
dont  le  radical  dus  avait  dans  l'anc.  ail.  un  i  pour  initiale? 
—  Enfin,  je  me  suis  demandé  si  la  confusion  graphique  si 
fréquente  de  c  et  (  ne  pourrait  pas  débrouiller  la  question. 
Eficusé,  sa  accusé,  blâmé,  ne  convient  guère,  mais  God. 
consigne  l'expression  encuser  le  vin,  le  goûter.  Serions-nous 
sur  la  trace  et  pourrait-on  admettre  une  tournure  estreenciisé 
de  vin  çiu  sens  de  «  avoir  goûté  du  vin  »?  Quoi  qu'il  en  soit, 
je  ne  me  rends  pas  compte  de  la  valeur  «  goûter  »  du  verbe 
encuser. 

EbyIaI,  plur.  enviaus,  défi,  I,  382.  4  :  parenviaus  =  àl'envi 
(anc.  à  l'etivie)  ;  voy.  mon  gloss.  de  Froiss.  —  Dér.  de  en- 
vier =  lat.  invitare. 

Erinliiler,  ierluisier^  bavarder,  folâtrer,  s'amuser,  II, 
108.  20  : 

Car  tous  les  jours  vorroient  parler  et  erluisier. 
Abuser,  tromper,  II,  174.  7  : 

Decbîutes  sont  les  foies  qui  voelent  yerluyner. 
Ilécart  :  «  erlusier^  amuser  (un  enfant),  réfl.,  s'amuser  )>; 


(58) 

God.  traduit  le  mot  dans  nos  passages  par  «  séduire,  trom- 
per »,  en  donnant  au  subst.  erluise  la  ^^aleur  de  futilité, 
tromperie  ;  ii  cite  aussi  erluse  au  sens  de  «  enjôleuse  »  *. 

Erre,  errement,  manière  d'agir,  I,  37.  33.  —  Le  texte  imprimé 
porte,  contrairement  à  la  rime  (enquerre)^  oevre.  Je  ne  veux, 
cependant,  pas  prétendre  que  la  rime  oeuvre  :  e^re  soit,  pour 
Gilles,  absolument  impossible. 

Esbanjer,  -oyer,  neutre,  s'ébattre,  s'amuser,  I,  132.  27; 
H,  91. 10,  etc.  Je  ne  fais  mention  de  ce  mot  bien  connu  que 
pour  prendre  l'occasion  de  rappeler  qu'il  s'appliquait  tout 
particulièrement  au  plaisir  de  la  promenade  {promener^  pour- 
mener  est  un  mot  relativement  moderne)  ;  aussi  de  vieux 
glossaires  le  traduisent-ils  par  spaiiari^  d'où  les  Allemands 
ont  tiré  leur  spaziereii  (en  vrai  ail.,  on  dit  lustwandeln). 

Escale,  coupe,  lasse,  II,  261.  19.  —  Néerl.  schaal,  ail.  schale. 

Eseandlt,  échauffé,  fig.  irrité,  H,  183.  5  : 

Or  parles  mains,  dans  abbes,  nous  sommes  cscandites. 
En  traduisant  par  «  offensé  »  le  gl.  songeait  sans  doute  à 
scandalum,  Voy.  sur  le  mot  mon  gloss.  de  Froissart  et  celui 
de  la  (leste  de  Liège  ^. 

EMapurlelle,  quid?  II,  275.  2  : 

Toutes  escapuriellcs  faisoit  on  à  celées. 

Il  s'agit  d'habillements  (et  non  pas  à!escapades^  comme  pense 
le  gl.);  je  retrouve  donc  ici,  au  diminutif,  le  mot  escapures 
(traduisant  scapularia),  que  j'ai  consigné,  d'après  un  ms.  de 

*■  Je  dois  faire  remarquer  que  M.  Goderroy  n*a  pu  faire  entrer  les  poésies  de 
Gilles  parmi  les  sources  consultées  par  lui,  qu'à  partir  de  la  29«  lîTraisoo 
(t.  III,  p.  3^1)  de  sa  gigantesque  publication. 

'  Je  m*offusque  un  peu  de  la  finale  en  -Ues;  notre  auteur,  tout  en  odnser- 
vant.le/  final  du  participe  en  ilus  au  cas-régime  sing.  et  cas-sujet  plor.,De 
reproduit  pas  le  /  au  fém.  tVa;  on  s'attend  donc  à  escandies.  N'y  auraît-il  donc 
pas  lieu  à  lire  escondiles,  de  escondire^  contredire-,  refuser,  rejeter? 


(S9) 

Lille,  dans  mon  éd.  du  Glossarius  de  Jean  de  Garlande  (voy. 
ma  Lexicographie  latine  du  12«  et  43«  siècle,  p.  69).  —  God. 
cite  notre  passage,  mais  sans  le  traduire.  —  Escapure  est  = 
escapule  (permutation  de  /  et  r).  =  lat.  *  scapulium  ? 

Eseardcr,  carder,  plumer,  fig.  dépouiller,  piller,  1,  108.  49 
(en  parlant  du  loup  à  l'égard  des  brebis),  182.  3  (en  pari,  de 
récoufle  par  rapport  aux  poulets).  —  Ravir,  enlever,  l, 
207.  24:  [Repentez-vous| 

Que  paradis  de  vous  ja  ne  soit  esnardés. 

Esearnlr.  railler,  honnir,  1,  23.  12.  Mot  bien  connu,  mais 
mal  traduit  dans  le  gioss.  par  «  être  dans  la  gêne  ». 

Eflicauforc,  sorte  d'étoffe  grossière  (voy.  God.),  I,  149.  2S  : 
On  viestoit  escaufare,  or  vicst  on  le  bruneUe. 

Eiielcnkler,  voy.  Fart.  suiv. 

^Eseleukler,  selon  l'éd.  «  boiteux  »,  I,  368.  17  : 
Aucun  sont  esctenkier,  s'usent  de  le  scnîcstre. 
Évidemment  un  mot  mal  lu,  l'éd.  ne  connaissant  pas  esclen- 
hier,  gaucher  (de  esclenCj  gauche). 

Emeolef»  (en  tetiir  des  ou  ses),  loc.  ==  en  faire  des  gloses, 
1,223.  27;  II,  33. 12;  42.  3. 

Esconsc,  II,  264. 17  : 

Dans  abbcs,  nous  avons  bien  oit  vo  response, 
Se  Testudierons,  cbescuns  à  sen  eseonse. 

Ce  subst.  signifie,  en  effet,  sinon,  comme  dit  le  gl.,  ce  lan- 
terne »  en  général,  du  moins  ce  lanterne  sourde  »,  mais  son 
primitif,  bas-lat.  abscoma,  revêt  aussi  le  sens  «  retraite, 
cachette  »,  et  il  est  préférable  d'interpréter  à  sen  esconse 
par  ce  en  son  privé,  à  part  lui  »  (op.  l'adv.  lat.  absconse 
dans  Du  Gange). 

Eseoreliler,  écorcher,  au  fig.,  II,  2.  10  : 

Povres,  dou  pau  qu'il  ont,  souvent  on  les  eicorche. 


(60  ) 

EMot  (dire  par),  quid?  I,  259.  21  : 

Or  disons  par  enot  de  ces  religions. 

La  ioc.  par  escot  signifiait  (encore  chez  Rabelais)  c<  chacun  à 
son  tour  »;  ici,  me  semble-t-il,  le  sens  est  «  parlons  succes- 
sivement des  divers  ordres  religieux  ».  —  «  Parlez  à  votre 
escot  »  dans  le  Tartufe  de  Molière  (voy.  Littré)  veut  dire  à 
mon  sens  :  «  parlez  quand  ce  sera  votre  tour  ». 

Eseonrté,  portant  des  habits  courts,  II,  222.  27  : 
Comment  voit  on  clies  gens  escourtés,  cowelés, 
Boutcnés  et  estrois. 

J'étais  tenté  de  corriger  escourcés  (retroussés),  mais  la  langue 
de  Gilles  exigerait  esœurciés. 

Bseo««slny  autre  forme  de  coussin,  I,  36.  11  : 
Une  plume  moult  est  legiere  ; 
Or  ascoute  bien  le  manière  '. 
Plumes  pluseurs  assembleras 
Et  en  un  mont  les  metteras, 
S'en  feras  kieutes  et  coussins. 
Des  plumes  et  des  escoussins 
Ënkicrke  tout,  si  sentiras. 
Comment  à  tout  le  fais  iras. 

J'ai  reproduit  au  long  ce  passage  allégorique  parce  que  la 
ponctuation  de  l'éditeur  en  a  rendu  le  sens  presque  insaisis* 
sable.  —  Pour  la  variation  de  forme,  cp.  foudre  et  e/foudre. 

Eseoavet  (sour),  quid?  II,  6.  17  : 

Or  sopt  aucun  qui  prcndent  les  gens  sour  escouoet^ 
Se  dicnt  chou  qu'il  ont  ou  coer  lonc  temps  couvet; 

II,  263.  10  : 

S'ay  le  clartet  des  ioex,  loés  soit  Dîeus,  trouret, 
Warder  de  renkcîr  me  voel  sour  escouvet, 

Kervyn  traduit  :  v.  au  hasard  »  ;  Godefroy  :  «  en  se  cachant, 
Ml  y  a  lieu  de  croire  que  ces  deux  vers  sont  transposés. 


(61) 

en  prenant  toutes  sortes  de  précautions  ».  Je  doute  de  l'une 
et  de  l'autre  explication  et  pense  que  le  sens  est  «  vigilam- 
ment  »  (prendre  les  gens  sour  escomet,  c'est,  me  semble-t-il, 
=  en  les  guettant  au  passage).  On  ne  saurait  méconnaître 
dans  cette  expression  le  lat.  excubare,  veiller  ^ . 

Cserlt,  subst.,  II,  391.  35  : 

Si  IDC  ropportc  [je]  en  rcscript 
Qui  en  est  fait,  sans  faire  escrif. 

Les  deux  esait  (dont  le  premier  sous  l'orthographe  savante 
avec  un  p)  sont  le  même  mot  ;  l'un  au  sens  de  règlement, 
Tautre  au  sens  de  prescription  ou  d'ordre  formel.  En  tout 
cas  je  ne  puis  admettre  la  trad.  ce  cri,  exclamation  »  du  g1. 

^EscaiUc?  I,  373.  6  : 

Tout  sont  voiremcnt  frnre,  mais  toutes  ne  sont  mie 
EtcuilleM  seroers,  on  faut  bien  a  le  ûe. 

Passage  difficile.  Cependant  le  défaut  métrique  dans  le  second 
vers  me  met  sur  la  trace  du  sens;  je  crois  qu'il  faut  lire 
eswillies  ;  nous  aurions  là,  avec  intercalation  d'un  s  parasite 
(cp.  eswille=^  aiguille),  un  participe  fém.  deewillier,  rendre 
ewelj  égal.  Le  sens  sera  :  «  Mais  entre  sœurs  toutes  ne  se 
ressemblent  pas  ». 

Esevmcr,  au  propre,  écumer,  I,  335.  33  : 

Boîns  kcus  sen  poisson  picrt,  quant  à  point  ne  IVieume. 
Au  fîg.,  enlever,  I,  199.  7  : 

Sains  Espirs,  si  corn  vens,  trcstous  visées  escume. 

Cs0holer,  esjmer,  réjouir,  I,  348.  11  ;  338.  35.  On  trouve 
aussi  la  forme  en  tr,  I,  83.  30;  87.  9.  La  première  peut  se 
ramener  au  subst.  goie,  donc  à  un  type  exgaudiare. 

Eshardlr  (•')?  s'enhardir,  I,  101.  30. 

«  Je  ne  réussis  pas  à  lirer,  pour  escouvef,  un  sens  plausible  de  ranc.  verbe 
escouver,  balayer,  dépouiller.  —  God  ,  dans  le  second  vers  du  premier  pas- 
sage, écrit  par  erreur  :  Le  dit  chou  k'it  oui  ou  coer. . 


(  62) 

^Esklnsuant  II,  108.  15;  lisez  eskuigtiafU  ou  eskingnant 
(rechignant).  Yoy.  mon  gloss.  du  Regret  Guillaume  et  le 
Dict.  de  God.  s.  v.  eschignier, 

Kslar0lr  («'),  sens  fig.,  se  relâcher  de  sa  rigueur,  I,  281.  o. 

Esllrc,  choisir,  distinguer  (le  bim  don  mal),  I,  342.  IS;  pré- 
férer, I,  318.  11  : 

En  Avignon  eslirent  faire  lor  demorance. 
A  propos  de  la  conjugaison  de  ce  verbe,  j'ai  noté  à  la  3*  ps. 
pi.  du  parfait  :  1)  esleirmt  I,  256.  19;  2)  eslireiit  318. 11; 
3)  esleurefit  318.  22;  4)  eslieurmt  270.  5;  308.  1  ;  3*  ps.  sg. 
eslieut  248.  17.  —  Part,  passé  :  esleiU  II,  144.  13;  eslkut 
150.  22;  eslit,  eslite,  I,  258.  2. 

*  Eslnlsler,  II,  108.  20,  lisez  erluisier  (voy.  ce  mot). 
Kamonvemcnt,  incitation,  cause,  II,  112.  3  [e.  de  luxure\. 

Espantcmcnty  épouvante,  I,  317. 18  : 

Toute  seule  se  Ircuve,  s*a  grant  espanlement. 
Contraction  de  espaantemenl  ou  espoantemenL 

Espardre  présente  les  divers  sens  qui  lui  sont  propres  : 
«  disperser,  distraire,  répandre  (I,  95. 14;  161.  29  ;  252. 23), 
livrer,  abandonner»  (I,  59.  21;  102.  19;  115.  9). 

Esparffler  («'),  se  répandre,  I,  160.  16;  181.  13;  349.  20. 
—  Plutôt  que  d'expliquer  la  forme  espargier  par  aspergere 
(arroser),  sens  qui  lui  convient  parfois,  je  préfère  y  voir 
une  forme  déduite  du  subj.  esparge  de  espardre  ;  cp.  wrgier 
==  ardre.  C'est  peut-être  par  un  effet  analogue  qu'il  faut 
expliquer  aussi  les  formes  targier  (=  tarder)  et  mfergier 
(=  aiferrer), 

Espccç,  lat.  species^  apparence,  prétexte,  I,  380.  1  : 
Sour  espèce  de  bien  soutille  le  mal  faire. 

Espease,  épouse,  1 ,  90.  i  (:  glorieuse);  219.  23.  Forme 
négligée  par  Godefroy. 


(63) 

Bsplavtre,  espèce  de  métal,  II,  191. 11  : 

Argens  vaut  mieuls  assés  que  ne  vaut  chius  espiautres. 

Je  Tai  déjà  relevé  dans  mon  compte-rendu  du  Livre  dos 
Mesliers,  éd.  Michelant  (Jahrb.  zur  rom.  Phil.,  XIV,  439). 
Voy.  aussi  God.  s.  v.  esjyeautre. 

Esplnchlet^  propr.  pincé,  iig.  bien  accoutré,  de  bonne  façon 
(cp.  l'anc.  Sid}.  joint),  I,  lo.  o  : 

Quant  li  jovcne  gent  sont  haitîet 
Et  espinchiet  et  afaitîet... 

Afaitiet,  dans  le  même  vers,  dit  ]a  même  chose  au  fond  : 
bien  dressé,  élégant. 

Esplsccs,  employé  familièrement,  comme  parfois  notre 
drogues,  pour  «  choses  »,  I,  156.  13  : 

Luxure,  gloulrenie  et  sifaites  espiscea; 
11,61.20: 

Car  à  tous  et  à  toutes  baille  de  ses  espisses. 
Cp.  encore  II,  278. 10. 

Esponser,  quid?  II,  264. 19  : 

Bien  voles  que  souvent  les  hanas  on  refonse. 

Des  grains  savés  trop  bien  comment  on  les  etponse. 

Le  contexte  semble  réclamer  ce  sens-ci  :  «  Vous  êtes  généreux  ; 
vous  aimez  bien  que  vos  amis  viennent  vider  un  verre  en 
votre  compagnie,  et  quant  à  vos  revenus  (pour  autant  qu'ils 
consistent  en  grains),  vous  savez  en  faire  un  noble  usage  »• 
Esponser  paraît  donc  signifier  ici,  ce  qu'il  signifie  réelle- 
ment :  sponsare,  promettre,  allouer,  dispenser.  Peut-être, 
cependant,  esponser  se  laisse-t-il  aussi  interpréter  par  faire 
esponse,  faire  grâce,  faire  remise  ;  il  s'agirait  alors  des  grains 
dus  à  l'abbé  par  ses  fermiers.  On  sait  que  le  même  type 
latin  sponsare  s'est  francisé  plutôt  par  espouser  (promettre, 
fiancer]  ;  notre  esponser  en  est  la  forme  savante. 


(64) 

Espol,  raillerie,  bon  mot,  II,  1!>4.  25  : 

Trop  bien  scvent  trouver  de  ches  nouviaus  espof* 

Tout  Wallon  connaît  ce  mot,  appliqué  surtout  aux  pro- 
verbes. De  là  le  verbe  espoter  à,  dire  des  railleries  (voy.  mon 
éd.  de  Baud.  de  Condé,  p.  356,  ad  v.  387,  le  seul  ex.  connu 
jusqu'ici),  qui,  à  son  tour,  a  produit  espoteresse^  moqueuse, 
II,  108.  19  : 

Famés  cspoterettcs  ne  doit  nuls  honi  prisier. 

Nul  doute  que  le  mot  wallon  ne  soit  Tall.  spott,  flam.  spot^ 
raillerie,  risée. 

^Espuct  I,  307.  8;  ce  mot  ne  devait  pas  figurer  au  gloss.; 
rien  que  l'inspection  des  trois  rimes  en  rouvet  indique  la 
correction  esprouvet.  —  God.  a  trop  légèrement,  sur  la  foi 
de  notre  passage,  admis  cet  espuer  (conspuer),  dans  son  Dic- 
tionnaire. 

Kuramie  =  arramie;  loc.  par  esramies  II,  166.  17  =:  à 
Tenvi,  à  qui  mieux  mieux. 

Essaie,  essai,  épreuve?  I,  239. 18  : 

On  troeve  de  ces  nois  des  fausses  cl  drs  vraies; 
A  ces  nois  sont  toudis  malvaiscs  les  essaies. 

C'est-à-dire  :  il  est  dangereux  d'en  faire  l'essai.  —  Hais  que 
veut-on  dire  dans  ces  vers-ci,  I,  296.  21? 

Biestes  bien  affouré[e]s  foui  des  boines  essaies; 
Sainte  Eglise  norist  et  cicrgiel  et  ^cns  laies. 

A  mon  sens  :  «  Les  bêtes  bien  nourries  produisent  de  bons 
résultats,  font  leur  preuve  ».  Godefroy  place  nos  deux  pas- 
sages sous  la  rubrique  essaie  «  reste,  morceau  »,  et  on 
dirait  presque  que  essaies  équivaut  à  excréments,  ce  que  je 
ne  puis  admettre  qu'en  hésitant.  Cependant  l'auteur  du  Dict. 
allègue  plusieurs  cas  paraissant  confirmer  cette  valeur  (p.  ex. 
à  l'art,  essai,  qui  me  semble  signifier  plutôt  crottins,  que 
fourrage  de  turebis). 


(65) 

Estolilca,  -»  lat.  stativus  (equus),  litt.  qui  reste  en  place, 
rétif,  paresseux,  I,  265.  33  : 

Cheval  sont  ettahieu,  se  bien  ne  sont  dontet; 
11,  185.  7  (les  nonnes  parlent)  : 

On  nous  sueffre  trestout,  s^en  sons  plus  e$tahieuvet; 
II,  216. 15  : 

Les  kevaux  eêtahieiu  puet  on  mieus  accourser. 

Estahieu  est  la  forme  picarde  de  estatf^  qui  se  rapporte  à 
stativus,  comme  naïf  k  nativns.  H  est  intercalaire  comme 
dans  trahir  p.  trair.  —  Notez  que  les  adj.  en  i7(pic.  feu,  iu) 
font  chez  Gilles  toujours  au  fém.  ieuve;  cp.  hastieuve 
II,  185.  5,  pieuves  (de  pif,  piu,pieu),  ib.  6.  —  L'explication 
du  gl.,  c(  étalon,  arrêté  dans  ses  volontés  »,  ne  mérite  aucun 
crédit. 

Estai  (rendre),  se  défendre,  riposter,  faire  face,  II,  184.  10; 
260.  27.  —  Voy.  mon  gloss.  de  Froissart. 

Efttekans,  II,  100.  10  : 

En  leurs  corps  ettekans  Tespée  demora. 

Le  gloss.  remarque  :  «  Unis  (d'estèche,  lien)  »  ;  je  repousse 
c^tte  interprétation  ;  estechier,  estekier,  se  planter,  s'enfon- 
cer, mot  bien  connu,  convient  parfaitement  :  «  L'épée,  en 
s'enfonçant  dans  leurs  corps,  y  resta  plantée  ». 

E«team  I,  132. 16  (prose)  :  Ne  nuls  n'avoit  d'esteux  devant 
son  lit,  s'il  n'estoit  priestres,  et  chou  estoit  de  blans  estrains. 
—  D'après  le  gloss.,  «  nattes  »;  pourquoi  ne  serait-ce  pas 
«  chaises  »,  flam.  stoel,  a.  fr.  estuell 

Entovt,  I,  99.  10  (le  vers  exige  slout). 

Estran^nler,  act.,  tenir  à  l'écart,  éviter,  II,  197.  8  {fole^ 
famés);  réfl.,  s'abstenir,  II,  94.  15  (de  luxure). 

Estre,  subst.,  voy.  ai^lre. 

Tome  XXXVII.  o 


(66) 

Estrln,  adj.,  II,  171.  1  :  [Vous  avez  bien  rappelé,  à  propos 
des  nonnes] 

Comment  jadis  estoient  coycs,  simples,  estrmei. 
Ce  passage  me  remet  en  mémoire  celui  de  TEspinette  amou- 
reuse de  Froissart,  v.  735  (mon  éd.  I,  p.  108)  : 
Car  elle  estoit  à  point  estrine 
En  regart,  en  parolle,  en  fait. 

Le  sens  qui  s'impose,  c'est  «  distingué  ».  Reste  à  fixer  Torir 
gine  et  le  sens  propre  du  terme.  Je  n'éprouve  plus  d'hésita- 
tion à  y  voir  lat.  *extrinus,  dér.  de  extra,  donc  une  autre 
forme  du  classique  extraneus  (type  du  fr.  étrangéu  et  à  lui 
donner  pour  sens  fondamental  celui  de  «  extraordinaire, 
étrange  ».  Cette  origine  justifie  les  autres  valeurs  de  estrvè 
(p.  ex.  «  singulier,  peu  aimable  »),  que  j'ai  recueillies  dans 
mon  gloss.  des  Poésies  de  Froissart.  —  Il  n'y  a  aucun  rap- 
port entre  notre  adjectif  et  le  subst.  estrine,  étrenne  (comme 
pensait  Cachet),  et  quant  à  la  signification,  émiçe  dans  le 
gloss.  par  conjecture,  «  vivant  dans  la  retraite  »,  et  ù  Tély- 
mologie  straindre  (=  lat.  stringere),  elles  doivent  être  abso- 
lument repoussées. 

Kstndc,  salle  d'étude,  école,  1, 107.  25  : 

Remplies  de  boins  elers  les  estvdes  soloient; 

ib.,  113. 1  : 

Or  sont  clerc  artyen  par  estudes  lisant  ; 
ib.,  323.  21  : 

En  eatude  partout  moustrcnt  bien  leur  clergie; 
H,  40.  26  : 

Retrouver  bien  poroient  estudes  qui  sont  roues. 
Ailleurs  «  bureau,  cabinet  de  travail,  chancellerie  »,   I, 
322.  21.  Voy.  gloss.  des  Poés.  de  Froiss.  Quant  à  la  forme 
estudie,  étude,  application,  travail,  elle  représente  le  subst. 
verbal  du  verbe  estudier;  1, 107.  20  ;  148,  6;  323.  23. 

Eswllle,  aiguille,  I,  217.  22.  —  L'^  est  parasite. 


(  67  ) 

"KiLemmej  excès,  II,  269.  3  : 

Mais  il  me  coiivenra  à  tous  exesses  tarder. 

Le  mètre  condamne  ce  mot;  il  fallait  corriger  exès  (ou  excès^ 
II,  12.  2). 

BmlKens,  nom.  sg.,  latinisme  =  exigens,  I,  326.  23  : 
Se  veoii  que  c*estoît  exigens  les  (corr.  H)  pckiés; 

c'est-à-dire  que  ces  malheurs  étaient  la  conséquence  néces- 
satire  du  péché.  —  Notez  que  Fancien  verbe  était  exigir. 

Emcmplalre  (mètre  en),  faire  écrire,  publier,  I,  320.  9  : 
Un  traitiet  en  ai  fait  et  mis  en  exemplaire. 


Fade,  qui  n'a  pas  le  goût  de  faire  qqch.,  I,  203.  2  : 
Dans  abbes  doit  songnier  sur  trcstout  des  malades, 
D*eaus  visiter  souvent  ne  doit  il  yestre  fades. 

Voy.  aussi  affadi^  enfadi. 

Faldlcr,  guerroyer;  neutre,  I,  162.  24  («  contre  vices»); 
acl.,  11,143.  8;  215.  2: 

Tost  sercs  tout  vaincut  se  les  volés  faidier. 

Faire  =  trouver,  versifier,  I,  236.  1  : 

Un  petit  faire  d^iaus  fui  moult  cntalentés; 
II,  93. 18  : 

Un  petit  me  vorrai  de  faire  reposer. 

Voy.  encore  II,  126.  8;  171.  3.  —  Notez  l'emploi  pléonas- 
tique de  faire,  I,  300.  9  (je  fay  registrer  =  je  registre);  306.  25 
(clamer  firent  =  clamèrent).  —  De  là  subst.  fait,  composi- 
tion littéraire  (cp.  Tçoiïiua),  II,  251.  21  et  passim. 

FalUer  (ne),  se  faire,  se  former.  II,  118.  14  : 

On  dit  qu'osiaus  gcntieuls  par  li  maine  se  faite. 
Je  corrige  hardiment  :  par  li  mesme  se  faite^.  —  Je  retrouve 


(68) 

notre  proverbe  dans  le  recueil  de  Le  Roux  de  Lincy:  Oiseau 
débonnaire  (=  notre  gentil)  de  luy  même  s'asseiste;  seule- 
ment le  dernier  mot  y  a  été  estropié;  lisez  s'affeite.  — Notre 
éditeur  a  tout  autrement  compris  le  vers  cité,  puisque  selon 
lui  maine  est  ^  mène  et  se  faite  =  «  sa  fête  ».  Il  oublie 
que  fête  dans  Gilles  doit  sonner  fieste.  —  God.,  dans  le  seul 
ex.  poétique  qu'il  donne  du  verbe  faitier^  le  traduit  par 
«  arranger  ». 

Falourder,  cancaner,  bourder,  II,  313.  1.  —  Voy.  falour- 
(leur  dans  mon  Gloss.  des  Chron.  de  Froissart. 

Famllcs  =  lat.  famulos,  serviteurs,  I,  265.  14  : 

...  dont  se  vont  gros  porter. 
Trop  plus  qu^autrc  signeur  familes  cohortcr. 

Familes  est  inconnu  à  God.  et  me  semble  être  une  forme 
savante  de  la  création  de  Fauteur. 

Farder  («e),  sens  propre,  1, 8i.  3;  II,  34.  19  : 

Se  me  dist  on  comment  les  aucunes  se  fardent, 

Se  mettent  dou  rouget,  si  sanlc  qu*elles  argent  (I.  ardent). 

Farder  («e),  se  charger,  se  gorger,  1, 161. 17  : 
De  delicieus  vivres  ne  se  voise  farder; 
II,  46.  3  (de  fourages)  ;  79.  13  (de  viandes)  ;  269.  3  (de  vins  et 
de  viandes);  78.  17  (de  malvaises  hierbes).  Dérivé  àe  farde. 

Fasclel,  faisceau,  fagot,  II,  262.  24  : 

Car  j'ay  vins  en  clielier  et  fasciaus  en  lagnier. 

Faute,  disette,  besoin,  II,  4.  13;  83.  25;  273.  23. 

Felenlens,  dér.  de  felenie;  perfide,  cruel,  II,  77.  4. 

Fenear,  faneur,  I,  247.  7  :  ou  faukeur  ou  feneur. 

Fier  (se),  avoir  confiance;  construit  avec  de,  II,  204.  4.  — 
Aussi  se  prévaloir  de,  en  prendre  prétexte,  I,  291.  22  : 

...  car  des  guerres  $e  fient 
Et  tous  chiaus  qui  desrcubent  «  Ch*est  tout  de  guerre  »  dieDt 


(69) 

Wrmtrey  fistule  (maladie),  II,  85.  17  : 

Moult  boins  surgîcns  est  qui  set  warlr  defettre  (I.  de  fe$tre). 
Pour  la  facture  du  mot,  cp.  cartre  de  cartula. 

Fiestler,  act.,  faire  compliment  sur,  II,  297.  29  : 
Lors  rist  et  prist  à  fiestiier 
Mes  ans  et  me  vie  prîsier. 

Fl«e,  promesse,  II,  263.  21  :  A  tous  en  faic  le  fige.  —  Mot 
inconnu  qui  parait  reproduire  un  type  fidium. 

Fliklcr,  fixer,  placer,  I,  38.  24;  117.  10.  —  Cette  forme 
picarde  fournit  un  excellent  argument  contre  ceux  qui  vou- 
draient ramener  ficher  au  type  lat.  fixare. 

FIner,  1.  =  finir,  I,  286.  8;  —  2.  sens  absolu,  payer, 
liquider  un  compte,  I,  160.  23;  finer  de  qqch.,  la  payer,  I, 
163.28;  II,  72.  24. 

Flolt,  II,  13.  8,  selon  le  gl.  «  fuyait  ».  Cette  traduction  est 
bonne,  mais  je  me  méfie  de  la  forme  fioU  p.  fuioit,  bien 
qu'on  puisse  alléguer  au  besoin  anieus  p.  anuieus. 

Flsonomle  (on  a  imprimé  fisionomie)^  science  physiono- 
mique,.I,  346.  18. 

Flalelcr,  flageller,  au  propre,  I,  77.  20;  au  fig.  ==  afiliger, 
II,  98.  7.  —  La  forme  savante  flageller,  1, 121.  28, 

Flater,  flatter,  II,  216.  3  : 

Ançois  les  nos  convient  rapaisier  et  fltUer, 

Et  quant  li  pais  est  faîte,  dont  nos  voellcnt  grater. 

Cette  opposition  de  flater  et  grater  me  donne  l'occasion  de 
me  prononcer  en  faveur  de  l'étymologie  nouvelle  qui  rat- 
tache flatter  au  germanique  flat  =>  plat  et  déduit  le  sens 
moral  de  l'idée  première  «  caresser  du  plat  de  la  main, 
laper  ».  G.  Paris  (Romania  X,  404,  note)  cite  à  l'appui  les 
anciennes  phrases  «  l'ourse  flatte  son  ourson  »  et  «  flater  du 
lait  »  (le  laper);  il  rappelle  qu'on  dit  encore  du  palefrenier 
qu'il  «  flatte  son  cheval  ».  Voy.  aussi  plakerie. 


(70) 

Plekier,  fléchir,  I,  276.  SO;  358.  33.  —  Cette  forme  picarde 
contrarie  singulièrement  l'étymologie  flexus,  flexare  pro- 
posée récemment  pour  le  fr.  fléchir.  Si  cette  origine  est  en 
accord  avec  l'adj.  flèche,  verbe  flechier  ou  fl^eskier,  elle  ne  Test 
pas  avec  flekier.  Ce  dernier  accuse  un  thème  flek  (cp.  les 
verbes  fikier,  alekier,  trekier). 

Flexion  personnelle.  —  1.  Ind.  prés,  (ou  fut.)  !•  plur.  :  -o»ne«, 
p.  ex.  savomes  II,  190.  8,  a^eonmes  II,  34.  3;  lisommes  1, 
284.  31  ;  d'autre  part  -om  :  savotis,  créons,  aroiis,  etc.  Notez 
surtout  son«  (sommes)  II,  185.  7;  301. 13. 

3.  Imparf.  (ou  conditionn.)  1«  plur.,  -ienies ;p.  ex.  disiemes, 
seriemes  II,  187.  3,  estiemes  II,  33. 15;  d'autre  part  quidiens 
I,  344, 34,  deveriens  II,  31.  33. 

3.  Parfait  1"  pi.,  4ns,  concurremment  avec -tmes;  ainsi 
promesins  I>  143.  5;  fesins  II,  168.  3. 

Filmer,  1.  saigner,  1, 165.  34  : 

Maladies  prillcuscs  warisl  on  par  flimer; 
3.  guérir  en  général,  1, 134.  7  : 

Maladies  des  maislrcs  se  laissent  bien  fliemer  (corr.  flimer). 

De  flieme,  flime,  lancette,  sur  l'étym.  duquel  voy.  le  dicl. 
wallon  de  Grandgagnage  et  Littré.  J'ajouterai  que  i'origine 
directe  du  mot  français  paraît  être  germanique  ;  la  forme  la 
plus  voisine  de  la  source  latine  {phlebotomum)  est  l'anc.  haut 
ail.  flwtuma,  d'où  vlieten  (auj.  fliete),  en  néerl.  vlijm,  angl. 
fleam.  Il  se  peut  toutefois  que,  sur  le  sol  français,  du  typt' 
fleb't'mum  se  soit  produit  fletnme  (pic.  fliemme),  d'où  le  mo- 
derne flamme. 

Folable,  fidèle,  I,  71.  9;  aussi  foyal,  73.  15. 

Fol»  mentle,  II,  163.  35,  est  absolument  équivalent  à  Tadj. 
foimenti,  parjure  : 

Car  on  en  est  tenut,  et  ch*cst  drois,  fois  mentie. 

Fossear,  qui  creuse,  fouille,  1,  353. 5  (il  s'agit  de  trésor]  : 
Pour  fotseurs,  pour  larons  n'iert  jamais  oslongiés. 


{ ^i  ) 

FonrAiilrc,  encourir  par  forfait,  II,  131.  2  («  amendes  »). 

•  Fonrkevre  (subj.),  I,  222, 4  :  [Je  double] 

Que  Ji  mors  vîegnc  tost  et  trestout  nos  fourkmre. 

Le  gl.  dit  «  mette  hors?  ».  L'éditeur  a  raison  de  douter  de  sa 
traduction  ;  je  lis  sourkeure  de  sourcorir,  courir  sus. 

Fourlovchlcr,  II,  92.  11  : 

S11  voient  qu*on  les  voellc  nullement  fourhuehier 

Au  mcngîer  ou  au  boire,  moult  tost  en  vont  grouchier. 

Selon  Kervyn,  suivi  par  Godefroy,  regarder  de  travers,  d'un 
mauvais  œil  ;  je  pense  que  c'est  bien  cela,  quoiqu'un  instant 
je  penchasse  pour  *  foris-locare  «  déplacer,  déranger,  ou 
exclure. 

Wourtmé  =  faitis,  lat.  formosus,  beau,  II,  293.  31  : 
Prelas  fu  biaus,  ha  us  et  fourmes. 

Fonrse,  troupeau?  II,  71.  14  : 

On  soloit  mener  gens  comme  paisçan[t]  leur  founei. 

Le  gl.  dit  :  «  ouvriers?  du  lat.  fossores  ».  Interprétation  et 
étymologie  de  pure  fantaisie.  —  Le  mot  ne  se  laisse  pas 
ramener  à  l'équivalent  fouc,  dont  l'auteur  se  sert  (I,  359. 1  ; 
234.  IS)  et  dont  l'origine  germanique  est  bien  connue.  Ce- 
pendant, il  doit  en  être  synonyme;  Hécart  donne  fourser, 
fourcher,  abonder,  foisonner,  frayer  ^ . 

Franc  (tenir)^  tenir  une  chose  à  son  entière  disposition,  en 
rester  le  maître,  I,  43.  7  (voy.  sous  copie)  ;  57. 16. 

*  La  dernière  livraison  de  Godefroy,  reçue  au  moment  de  repasser  cei 
article,  ne  me  permet  plus  de  douter  du  sens  c  frai  > ,  propre  à  fourbe,  comme 
à  foursin:  seulement,  je  me  demande  si  ce  sens  exclut  absolument  celui  de 
moltilnde,  troupe  en  général,  et  si  Godefroy  a  bien  faK  de  transformer  dans 
notre  vers  paiscan  (que  je  corrige  par  paisçani)  en  paiscon  (poisson);  la 
langue  de  Gilles  appelait  plutôt  pechon  ou  pichon. 


(72) 

Frion,  un  oiseau,  verdicr,  linotte,  II,  260.  8  : 

Amer  car  de  vervcllcs  a  trop  plus  que  frions  >• 

Voy.  mes  notes  sur  Jean  de  Condë  II,  p.  329  ;  le  mot  se  ren- 
contre aussi  dans  les  Poés.  de  Froissart. 

Frir,  forme  syncopée  de  ferir,  1, 14.  31  ;  46. 10;  II,  82. 19.— 
Lisez  cependant  férues  au  lieu  de  frues  II,  30.  22. 

Fron^nler,  se  refrogner,  II,  219.  16  : 

Tantost  tence  pruroiers  ;  s*on  le  tence,  se  frongne. 

Fner  (à  un),  au  même  prix,  1, 218. 13. 

Fncvle,  faible,  I,  248.  5;  II,  167.  23.  Ailleurs /^frte  1,298. 16; 
fueble  96. 16.  — Je  ne  m'explique  la  modulation  ue  (pron.  «o 
que  par  Tinfluence  delà  labiale  suivante. 
Futur.  —  Les  verbes  de  la  3®  conjugaison  latine  offrent  la 
particularité  qu'ils  insèrent  entre  la  consonne  finale  du 
thème  et  r  un  e  inorganique. 

mètre  metera 

vivre  fnvera 

vaincre        votncera 
(I,  269.1  ;  peut-être  faut-il 
corriger  vainîera) 

Notez  encore  les  futurs  devera  et  isiei^a  (de  devoir  et  issir). 
Il  va  de  soi  que  ce  fait  s'applique  aussi  au  conditionnel. 
A  cette  occasion,  je  remarquerai  que  la  langue  de  Gilles 
.  repousse  l'insertion  de  lettres  euphoniques  entre  n-^r^  /-r; 
elle  dit  toujours  te^ira  (de  lenir)^  tinrent  (parf.),  jamais  tin- 
drent),  vaura  (vaudra),,  humle  (non  pas  humble).  Elle  paraît 

>  Le  sens  de  ce  vers  ne  se  présente  pas  irop  nettement  à  IVsprit,  d^antaot 
moins  que  la  signiOcation  de  vervelle  m*esl  inconnue;  je  traduis  oa  plutM  je 
construis  :  c  La  chair  de  vervelles  renferme  l)eaucoup  plus  d*amerlnme  que 
le  frion  ».  L^auteur  de  Part,  frion  dans  Godefroy  paraît  ne  pas  avoir  compris 
davantage,  el  sa  leçon  de  vers  ellee^  si  elle  était  fondée,  me  mettrai l  dans  un 
plus  grand  embarras  encore. 


atendre 

rendre 

prendre 

prendera 

faindre 

fmndera 

(73) 

même  affectionner  la  combinaison  nr,  puisqu'elle  préfère 
amenroU  (II,  103.  4)  à  ameiieroiU  donroient  (1,  271.  10)  à 
dotieroient. 

Fuir,  fuir;  au   futur  filtrat  1,  27.  4;  mais  fuiras  (bissyll.) 
I,  3S.  14.  —  Voy.  aussi  fioit. 

Faite,  subterfuge,  excuse,  I,  2S8.  1;  II,  84.  23;  76.  16; 

78.28. 


CSaler,  act.,  dépenser  en  s'amusant,  II,  93.  2;  neutre, 
s'amuser,  mener  bonne  vie,  I,  297.  21  ;  II,  262.  2.  —  De 
h  galerie,  amusement,  régal,  festin,  II,  87.  25;  aussi  simple- 
ment gale^  dans  l'expression  «  le  prince  de  le  Gale  »,  II, 
261. 17;  266.  2. 

Game  (apprendre  sa)  à  qqn.,  II,  188.  18  : 

On  aprent  les  enfants  à  Tescole  leur  game$. 

Gamëut  claml,  II,  214.  11-14  : 

Or  sachiés  que  ches  femmes  sont  venues  à  mi. 

Se  m*ont  dit  moult  de  coses,  mais  trop  m*ont  engrami, 

Car  apprendre  me  voellent  gamëut  elatni  ; 

Très  chou  que  je  fuy  jovenes,  m*aprist  on  gamëut,,. 

Selon  le  gloss.  «=  game  :  ut  ré  la  mi.  Cela  n'est  guère  pro- 
bable; puisque  gameiU  se  présente  aussi  à  part,  il  faut  de 
même  considérer  elami  comme  un  mot  distinct.  Je  vois  dans 
ce  dernier  tout  simplement  l'interjection  hélas  mi;  j'ai  déjà 
interprété  le  terme  de  la  même  façon  à  propos  du  v.  306  du 
Dit  du  Connestable  de  France,  dans  Watriquet  de  Couvin  : 

Et  bien  s*cm  pueent  si  ami 

Désormais  clamer  elami, 

Garder,  garnir?  II,  147.  1  : 

Ensi  que  scculer,  font  leur  manches  garder. 


(T4) 

Gar^atc,  gorge,  II,  34.  37  : 

Elles  moustrent  hatriaus,  jgfor^a/ef  et  poitrines. 
Voy.  Diez,  s.  v.  gargatta, 

Gaster,  dévaster,  I,  136.  38;  4  vv.  pi.  bas  vastant;  à  la 
p.  suiv.  tvastés. 

Genre,  génération,  race,  II,  100.  20  : 

A  tous  joars  à  se  genre  sera  guerredonnet. 

Ghalel,  joyau,  II,  235.  6. 

Gllne,  =3  gheline,  poule,  II,  33. 17. 

Goîr,  jouir.  J^a  conjugaison  de  ce  verbe,  à  côté  des  formes 
închoatives  (goïssent  II,  54.  17,  goUsoit  II,  18.  26),  en  pré- 
sente aussi  desnon-inchoatives  (gootis  II,  182.  ii^goés  235.  5). 
Notez  au  conditionnel  gorroU  I,  266.  16  (où  Ton  a  imprimé, 
contrairement  à  la  rime,  goiroit). 

«orne  (50ur)?  II,  41.  26  : 

Que  leurs  parlers  soitr  gorge  Tuns  à  Tautre  reprendcnU 

L'expression  se  lie-t-elle  avec  parler  ou  avec  reprendent  ?  — 
Elle  dit  peut^tre  la  même  chose  que  sous  cape;  M*^  de  . 
Sévigné  a  dit,  et  Ton  dit  encore,  ce  rire  sous  gorge  ».  Mais 
notez  qu'il  y  a  sour  et  non  sous  ;  faut^il  traduire  par  «  en 
face,  à  brûle-pourpoint  »  ? 

Goaflle,  goufre,  I,  175.  17. 

Goarnae,  primitif  de  gourmette,  1, 95.  34  : 

Moult  (ost  en  parçoit  on  la  fourme. 
Aussi  bien  qu^en  un  frain  le  gourme, 

C^ouverner  (ne),  s'entretenir,  suffire  à  ses  besoins,  I, 
372. 11  : 

De  pctîs  benefisses  aucun  bien  se  gouv[t\emjmi. 
Subst.  gouvienie,  charge  officielle,  fonction  I,  315.  2;  gou- 


(75) 

vernement,  administration,  II,  297.  33.  —  Gouvrenanche, 
moyens  de  subsistance,  I,  271.  10;  manière  de  gouverner, 
314.  23;  œnduite,  333.  21.— Cp.  mon  gloss.  des  Cbron.de 
Froîssart  s.  v.  gouverner.  Remarquez  le  latinisme  guberner 
1, 122.  9. 

Gramiiient  ou  grandment  (un),  beaucoup  (l'opposé  de  un 
pfW),  1,42,  7;  214.  2;  224.  3. 

Gratcr,  au  iig.,  faire  le  contraire  de  flatter,  II,  216.  4  : 
Et  quant  li  pais  est  faite,  dont  nous  vocllent  grater, 

Quid,  II,  203.  20  (où  il  est  question  de  Jésus)? 
D'infier  tous  ses  amis  a  mis  hors  et  gratet. 

Avons-nous  là  une  application  métaphorique  de  gratter 
(effacer,  enlever?)  ou  une  forme  savante  du  bas-lat.  gratare, 
reprendre  en  grâce,  gracier?  J'opte  pour  «  effacer,  ôter  », 
cp.  raser  II,  270.  20. 

Gréer,  approuver,  1, 23, 32  (lisez  et  je  le  grée).  —  Se  gréer,  se 
faire  bienvenir,  II,  68.  24  : 

Et,  pour  avanchict  iestre,  pluscur  s'i  vont  gréer. 

*Grl0nlcr.  selon  le  gloss.,  faire  des  grimaces.  Il  faut  effacer 
cet  article  du  gloss,,  car  au  passage  allégué,  l,  166. 14,  il  faut 
lire,  comme  le  veut  la  rime,  grongnier,  que  l'on  trouve 
encore  II,  18.  26. 

•  Grlesanent,  II,  288. 20  ;  mal  lu  p.  griefment  (voy.  1, 148. 21  ; 

II,  99. 12).  —  Grisment,  I,  71.  6,  est  tout  aussi  fautif. 

*  Grir,  I,  74. 13;  corrigez  grief. 

Gr«nffue  [faire  la),  II,  260.  13  =  grongiiier,  se  plaindre  (II, 
18.26). 

Gr«0,  hautain,  fier,  I,  2S9, 19.  —  S*en  porter  gros,  en  tirer 
limité,  I,  259. 11  ;  268. 13. 


(76) 

Galncler  (ou  plutôt  guindr)^  fléchir  ou  se  détourner,  s'es- 
quiver, I,  H6.  14  : 

S*e8t  drois  qa*à  tous  assaus  ccsciins  tculs  sires  guinee. 

Ce  verbe,  bien  connu  (voy.  Cachet  sous  guefichir)^  a  été 
inexactement  rendu  dans  le  gloss.  par  «  se  baisser  (pour 
éviter  un  coup)  »,  car  l'étymon  ail.  wankm  signifie  propre- 
ment vaciller,  fléchir,  hésiter. 


HMhe  ou  hace,  subj.  du  verbe  haïr,  1, 57. 28;  192. 8;  199.22; 
273.  20;  341.  12;  II,  262.  27.  —  [.'éditeur  y  a  vu  partout 
le  verbe  hacher  avec  le  sens  :  «  porter  un  coup,  faire  un 
reproche  ».  Après  cela  il  ne  faut  pas  s'étonner  de  lui  voir 
traduire  le  mot  si  connu  haschie,  hachie  (peine,  douleur)  par 
c<  coup,  meurtrissure,  reproche  »  ! 

Haler,  sécher?!,  223.  16: 

Se  souhaid  on  souvent  leur  visage  haler. 

Comment  faut-il  entendre  cela?  «  Qu'elles  perdent  leur  teint 
frais  »  ? 

*  Haïuerent,  quid?  II,  166.  13  :  [Rewardons] 
Ches  grandes  convoitises,  luxures,  gloutcnie. 
Comment  chascun  jour  hamerent  et  ne  se  chicssent  mie. 

Mot  impossible  et  d'ailleurs  trop  long.  —  Hamcent  ?  L'édi- 
teur, ne  remarquant  pas  que  le  mot  est  repoussé  par  la 
mesure,  a  eu  la  malencontreuse  idée  de  l'expliquer  à  l'Errata 
comme  le  parfait  d'un  verbe  hamerer,  augmenter,  qu'il 
présente  comme  dérivé  de  mère,  major,  plus  grand.  J'op- 
pose à  cela  d'abord  que  ce  verbe  eût  fait  au  parfait  hamere- 
refit,  puis,  que  la  syllabe  ha  resterait  tout  à  fait  mystérieuse. 
Le  lat.  major  a  donné  au  français  le  mot  maire,  d'ob  mairier, 
maîtriser  (voy.  plus  loin),  et  si  dans  le  texte  j'avais  rèncohtré 
merent  (selon  l'orthogr.  du  ms.  ^=mairent),  je  l'eusse  respecté 
et  expliqué  par  «  ont  le  dessus  »,  mais  j'y  trouve  hamereiU. 


(77) 

ias«9  P^ge,  impôt,  rente,  1, 133. 19;  191.  8;  194.  6; 
197.  9;  360.  4;  373.  3;  314.  86;  II,  64.  36;  84.  4;  83.  38; 
111 .  38.  —  Je  pense  que  j'ai  eu  tort  de  suspecter  la  leçon  han- 
sof/e  dans  la  Geste  de  Liège,  II,  8313,  et  de  corriger  hausage. 

Hapé,  hache,  1, 181.  34. 

Hapcr,  fig.,  saisir  à  la  volëe  dans  une  intention  méchante, 
II,  96. 13  : 

A  l'encontre  diables  (sujet)  roalvais  voloirs  trop  hape  ; 
II,  144. 33  : 

Quant  praicheur  dient  voir,  moull  tost  leur  dis  on  hape. 
Sens  ordinaire,  II,  143.  4  : 

Et  li  mors  est  li  roys  (le  piège)  qui  tost  les  a  hapéi, 

Haraclie  (prendre  par  ou  à  /e),  prendre  de  force,  I,  373. 18; 
II,  74.  34.  —  Il  ne  s'agit  pas,  je  pense,  de  l'a.  fr.  harache, 
bouclier;  je  rattacherais  plutôt  ce  mot  au  thème  har,  qui  a 
donné  harasser,  a.  fr.  harier,  tirailler,  fatiguer,  ennuyer.  Ce 
thème  har  pourrait  bien  être  la  première  forme  de  hart 
(corde);  d'ailleurs  j'ai  rencontré  dans  un  de  nos  patois 
harache  avec  la  valeur  de  corde. 

Hardlel,  dim.  de  hcu't,  pendard,  vaurien,  II,  186. 13  : 
On  voit  que  moult  de  femmes  honniscent  chii  hardicl'^ 
ib.  193.  17  : 

S'en  font  bien  les  aucunes  moult  de  mauvais  hardiaus. 

Harev,  cri,  tumulte,  II,  93.  33  : 

S*escauffent  ces  cbierveiies  cl  li  hareuê  leur  monte. 

*  Harna^e,  1, 390. 7  :  [Ils  conseillèrent  au  roi,  qu'il]  ce  mandast 
sen  fort  harnage  ».  — Sans  doute  mal  lu  p.  bartiage.  —  Selon 
le  gl.  :  c<  ceux  qui  portent  le  harnais  )). 

Harnalse,  tracas,  peine,  II,  81.  33  : 

Li  siècles  n'aroit  mie  partout  tant  de  /lamaites. 
De  la  famille  del'angl.  et  ail.  harm  (peine,  chagrin)? 


(78) 

Haiichalté,  -cète,  certain  ornement  de  la  toilette  féminine, 
lU  29.  11  ;  34. 16;  192.  28.  —  Il  me  semble  que  cette  pièce, 
nouvellement  mise  à  la.  mode  et  à  laquelle  notre  abbé  fait  la 
guerre,  s'appliquait  à  la  tête.  A  la  vérité,  je  trouve,  à  la  suite 
des  Chroniques  publiées  par  le  chanoine  De  Smet,  dans  son 
gloss.  des  mots  latins,  ce  haucettae,  guêtres  »,  mais  cela 
pourrait  bien  n'être  que  conjectural. 

*  Hayeiucnt,  adv.?  I,  6.  6  : 

Apriès  ayés  consentement 
De  chou  faire  dont  hayement 
Li  dous  Jcsus  vous  soucourra. 

Selon  legl.,«secourablement»,cequi  est  plus  que  douteux; 
il  faudrait  aïvement  et  encore  la  forme  aïf  p.  aidif  m'est 
inconnue.  —  Je  préfère  corriger  gayement. 

*  Hécr*  «  haïr  »,  dit  le  gloss.  Ce  verbe  n'a  jamais  existé;  les 

formes  du  présent  S^"  sg.  hei  (I,  15.  34;  II,  38.  18),  plur. 
hémt  (I,  18.  13),  sont,  comme  tout  novice  en  grammaire  de 
langue  d'oïl  a  appris,  aussi  régulièrement  tirées  de  Aulr, 
comme  meurt  de  mourir.  Et  d'ailleurs,  même  en  admettant 
un  infinitif  heer,  comment  en  faire  sortir  une  forme  hei  à  la 
3«  ps.  sg.  de  l'ind.  prés.  ? 

Hct,  subst.  verbal  de  hdir  (anc.  Aa/ir)  ; /;r«Mire  e/i  A^/,  prendre 
en  haine,  II,  146.  21. 

Hic  (à),  à  force,  II,  92.  8  et  261.  12  [hoire  à  hie).  —  Expres- 
sion bien  connue, sur  laquelle  l'éditeur  fait  d'inutiles  et  hasar- 
deuses conjectures. 

Hlerbeléc,  préparation  médicinale,  drogue,  II,  87.  1  (on 
parle  des  deux  miresses  Luxure  et  Gloutenie)  : 
Elles  portent  sour  elles  boisles  et  hierOclées. 

Hlreta^e,  iretagCy  immeuble,  opposé  à  meule  (bien  meuble), 
1, 193. 17;  II,  28. 16,  etc.  Voy.  meule. 


(79) 

ime  Jour,  jour  ouvrable,  jour  de  semaine,  II,  28.  21  : 
Pour  nueches,  pour  haus  jours,  boioes  robes  avoicnt. 
En  ficstes,  en  dimenches  leur  moyennes  portoient, 
Et  pur  les  homtnei  jours  des  menres  se  passoicnt. 

J'ai  traité  de  ce  terme,  qui  a  embarrassé  l'éditeur,  et  qu'en 
effet,  je  n'ai  jusqu'ici  rencontré  dans  aucun  glossaire,  dans 
mon  gloss.  des  Poésies  de  Froissart,  à  propos  de  l'expr. 
homme  jour  ne  dimetiche.  —  Ailleurs  l'auteur  emploie  jotir 
ouvravle,  II,  121.  22  : 

Jour  ouvravle  seront  les  ficstes,  li  dimenche. 

Honte,  masculin,  II,  88.  10  : 

Et  s'il  ont  povrelet,  il  buveront  cfte  honte. 

Hors,  adv.;  hors  dire,  dire  jusqu'à  bout,  achever,  I,  187.  19. 
Cp.  ail.  ans  dans  aus-trinken  et  sembl.  —  Aussi  la  forme 
huers,  I,  177.  9  (huers  de  gens). 

Hoape  (sur  le  chapeau),  II,  154.  23;  tig.,  203.  0  : 
Car  faire  deveriens  de  vtrtus  une  houppe. 
Le  plus  ancien  ex.  dans  Littré  est  du  XV®  siècle. 

HoapH  =  goupil,  renard;  nom.  sing.  houpius,  I,  304.  9  (où 
on  a  mal  imprimé  houpuis). 

lellcr,  neutre,  être  humble,  I,  20S.  12;  256.  9. 


Hiirtebelliiy  terme  appliqué  aux  femmes  qui  cherchent  à 
attirer  les  regards  des  hommes  par  une  toilette  tapageuses 
II,  33. 10  : 

Che  sont  huriehelin^  s*en  tient  on  ses  paroUes. 
Voy.  God.  s.  V.  belin. 


-len,  finale  d'adjectif  ou  de  subst.;  elle  est  bissyllabique  quand 
elle  se  rapporte  à  un  précédent  latin  ianus  {gardien  guar- 
dianus,  surgïen  =  chirurgianus,  artyen  artianus),  mais 


(  80  ) 

monosyllabique  quand  elle  représente  lat.  anus^  ainsi  dans 
courtisien  =  cortesanus.  Toutefois,  je  remarque  (et  ne  m'en 
rends  pas  compte)  que  dans  notre  livre  anchien  est  constam- 
ment bissyllabique.  Creslien  a  tantôt  3  syll.  (1, 93.  30),  tantôt 
deux  (I,  366.  9). 

lllmnlner,  faire  recouvrer  la  lumière,  II,  263. 28  ;  274. 19. 

liupedlmle,  épidémie,  II,  292.  6  : 

Pour  le  hideuse  maladie 

Que  ou  appielle  impedimie. 

-In  -¥•  consonne,  changé  en  iun  ou  ieun.  Ex.  c/ituîtc(voy.  ce  mot), 
cliiwiquime  (cinquième)  II,  300.  21  ;  vieunt  (vint,  de  venir)  II, 
24.  27  ;  viunt  I,  80.  1  ;  viunreiU  II,  24.  28  (le  texte  a  fautive- 
ment vtenre/j/);  tieunt  II,  23.  26.  —  La  mutation  en  question 
se  restreint,  je  pense,  à  ces  cas.  Suchier  explique  ce  phéno- 
mène (Zeitschr.  fur  rom.  Phil.  II,  263),  pour  chiuiiCy  par  une 
réaction  de  Vu  semi-consonne  de  la  syllabe  suivante  (qutnque), 
pour  le  parfait  tiunt  et  analogues  (ib.  p.  274),  par  le  même 
efiet  de  la  désinence  latine  ui  qui  a  motivé  les  parfaits  r^dtfl, 
giut,  etc.  —  Je  dois  relever  ici  une  grave  erreur  commise  par 
M.  d'Herbomez  (Mém.  de  la  Société  hist.  et  litt.  de  Tournai, 
t.  XVII,  p.  66),  qui  prend  tiunt  pour  un  présent  (tenet). 

Inehoer,  commencer,  latinisme,  I,  244.  28  : 

Dicus  doinsl  qu'il  persévèrent,  car  bien  ont  inchœL 

Interln,  intègre,  sincère,  1, 83. 12  (coers  t.);  181.  26  {amour  t.); 

véritable,  264.  27  (sciences  inlerines).  —  Forme  savante  de 

eiiterin. 

Interlner,  voy.  enteritier. 

Inventore^  registre,  description,  relation,  II,  19.  4;  256. 11. 

Ireta^e,  voy.  hiretage. 

Irretir  (•')  de  qqch.,  s'engager  dans,  I,  50.  S(detou8pekiés], 
189. 19  (d'aucun  visce),  274.  2  (de  pekiés);  332. 11  (de  maint 
visce)',  II,  12.  20  (d'orguel);  196.  S  (sans  complément).  —  Ut. 
irretire,  enlacer. 


(81  ) 

-Uent,  finale  de  3^  plur.  du  parfait.  Celte  finale  appartient 
particulièrement  au  dialecte  picard  et  afiecte  les  verbes  de  la 
conjugaison  forte  dont  le  parfait  fléchit  en  s  (tels  que  fi8,pris, 
mis,  sis,  dis).  Lat.  dixerunt,  miseimnt  se  francisent  naturelle- 
ment par  disrmt,  misrent  (ou,  par  suite  d'une  intercalation 
euphonique  de  t,  distrent,  mistrent)  ;  le  picard  expulse  l'élé- 
ment r  et  préfère  fisent,  prisent,  misent,  sisent,  disent,  quisent. 
Cependant  il  ne  règne  pas  en  ce  point  une  rigoureuse  consé- 
quence; j'ai  rencontré  I,  306.  23  et  25  remirent  (de  remettre) 
et  firent  (en  rime  avec  assentirent)  ^. 

*  Iseler)  fautif  p.  isdr,  I,  22.  8.  J'ai  rencontré  de  même  la 

graphie  consentier,  acomplier. 

-Itla.  Cette  finale  latine  est  rendue  en  picard  le  plus  souvent 
par  ecke,  orthographié  aussi  ece,  aiche;  pigritia  p.  ex.  se 
présentera  sous  les  formes  perece,  pereche,  peraiche. 

Ivpc,  sens  fig.,  rempli,  1,  300.  24  (a  de  l'amour  Dieu  »). 

*  Iirreton^oe,  i\TOgnerie,  II,  91.  23;  287.  H.  J'imagine  qu'il 

faut  lire  ivrecongne,  par  analogie  avec  iracundia. 

Iirroln,  ivrogne,  d'un  type  latin  ebronim,  H,  92.  19.  Cp., 
dans  un  vieux  glossaire  latin,  biboîiius. 


JToeander,  réjouir,  1, 179.  20  :  [Sains  EspirsJ 

En  toutes  pars  dou  monde  les  gens  moult  jocunda, 

JToYene,  jeune.  On  sait  que,  dans  les  anciens  textes,  le  seconde 
ne  fait  pas  syllabe  dans  joy^/je  et  ses  dérivés.  Le  munir  d'un 
accent,  comme  a  fait  l'éditeur,  est  une  faute  grave.  —  L'au- 
teur, toutefois,  inconséquent  avec  lui-même,  fait  parfois 
de  ve  une  syllabe  dans  le  moi  jovenechc,  ainsi  1,  9.  30;  229. 
22  ;  II,  1.  11  ;  195. 11;  227.  16.  On  trouve  la  forme  contracte 
jmeceWy  9. 1. 

*  Cet  article  complète  robservaliou  faite  au  mot  arsent. 

Tome  XXXVII.  6 


(82) 

Jevenemente  (4  syll.),  juvénilité,  II,  109.  24  : 

Li  siècles  presens  est  tous  plains  de  jovenemente. 

Xavier,  faire  savoir,  indiquer,  1, 102.  7  : 
Che  me  juge  mes  sentemens. 


Keraler,  II,  86.  7,  non  pas  (c  charretier  »  (gl.),  mais  labou- 
reur, c(  qui  conduit  la  kerue  ». 

Keave,  queue,  II,  174.  i^;  orthographié  kewe 1, 184.  7. 

Kletlt  ?  II,  3.  21  (on  parle  du  jeu  de  dés)  : 

Six,  chiunc  sont  li  grani  point;  deux,  as  sont  li  petit; 
Quatre,  trois  li  moyen;  or  donnent  appétit 
Ghes  pointures  à  chiaus  qui  s*en  sont  kietil. 

Quid?  Que  feire  du  thème  kïet;  serait-ce  quietus  et  se  kietir 
=  se  tranquilliser,  se  fier?  Gela  est  bien  peu  probable.  — 
Le  gl.  s'est  tout  à  fait  égaré  en  mêlant  notre  kietit  trissylto- 
bique  avec  ketis  '=  chétifs  ^. 

l^oeet,  voy.  cochet. 

Koalis,  eau  coulante,  cours  d'eau  en  général,  II,  219.  7  : 
Il  n*cst  petis  ruisyaus  qui  kotiH$  ne  recholve. 

*  Ionise  (par  mainte)  ;  lisez  guise,  I,  268. 18. 

Kniikler,  forme  picarde  de  conchier,  souiller,  honnir,  désho- 
norer, II,  193.  12.  On  trouve  aussi  l'orthographe  qufikier 
(II,  92.  9-10),  que  l'éditeur  a  eu  la  malechance  d'écrire 
quukier,  qu'il  traduit  au  glossaire  par:  heurter,  attaquer 
(sans  doute  sous  l'influence  de  angl.  kick^  néerl.  kinken). 

^  Ce  passage  diflScile  Test  rendu  encore  davantage  par  le  texte  imprimé  do 
second  vers  : 

Quatre,  trois,  moyen  ordonnent  appétit. 


(83) 


l^,  =  là  où,  où,  I,  6.  H  ;  IH.  14;  311.  24  («  Car  là  n'a  kat, 
soris  moult  souvent  y  revielle  »)  ;  II,  200.  28,  et  souvent. 
L'inobservance  de  cet  emploi  relatif  du  démonstr.  là  a  mo- 
tivé, dans  le  texte,  de  nombreuses  fautes  de  ponctuation. 

labourer,  travailler,  au  fig.,  I,  38.  30;  294.  9;  310.  10. 

I.a«ne,  fém.,  bois  (à  brûler),  II,  92.  21  ;  256.  2  : 
On  a  de  verde  lagru  caus  feus  et  caus  tisons. 
Aussi  la  forme  laigne  (trois  fois  dans  le  morceau  en  prose,  I, 
124-141).  Aujourd'hui  encore  lègne  dans  les  patois  du  Nord. 

liAn^ne,  étoffe  en  laine,  voy.  s.  lignes. 

hm^waery  bûcher  (voy.  lagne  1),  II,  92.  21  : 

Ardoir  vorroient  toute  la  lagne  d'un  laynier; 
II,  262.  2S  : 

Car  j*ai  vins  en  chelier  et  fasciaus  en  lagnier, 

liAlche  ou  lèche,  joie  1, 4.  20;  23.  7;  forme  contracte,  variant 
avec  la  forme  pleine  leeche,  I,  22.  9  ou  liaice,  ib.  v.  25. 

Uilncjhlaas,  draps  de  lit,  I,  215.  23. 

liAnehe,  dans  la  loc.  «  aler  ou  faire  quelque  chose  de  telle 
ou  telle  lance  »,  =  procédé,  manière,  1, 152.  20  ;  196. 28  (oii 
leur  va  ^autres  /.),  224. 12  [vont  ore  de  tels  /.),  280.  22  [leur 
vont  de  grosses  /.);  II ,  64. 17;  181.  9.  —  Attaque,  atteinte, 
II,  195.  9  : 

Luxure  par  ses  lances  cravente  continence. 

Lanchler  (se),  se  jeter,  se  mettre,  se  joindre,  II,  107.  1  : 
Avoec  ches  trois  virtus  amours  de  Dieu  $e  lanche, 

Laoer,  travailler  la  laine,  I,  280.  2  : 

Ne  faire  nul  mestier,  draper,  taindre,  laner. 
On  a,  en  dépit  des  rimes  {vaner,  ahaner,  taner)^  imprimé  laver. 


(  84  ) 

liAU|i;ée.  coup  de  langue,  II,  34.  11  : 

Car  je  sui  lous  ciertains  que  j'arai  des  langées 
Trop  plus  de  sotcrielles  que  des  femmes  sences. 

l^arder,  au  sens  fig.  de  donner  des  coups  d'épée,  empaler, 
1,  299.  19  :  Oui  le  contraire  tient,  on  le  doit  bien  larder;  II, 
79.  54  : 

On  dcvoroit  lels  gens  rostir  et  bien  larder. 

liiirillcr,  chambre  au  lard,  garde-manger,  II,  215.  1.  —  Ce 

mot,  négligé  par  Littré,  est  dans  Sachs. 

l^arcncln  =  larecin,  larcin,  I,  41.  1. 

liantes,  quid?  II,  83.25  : 

De  grains,  de  vins  partout  ont  toutes  gens  defautes, 
S'en  voit  on  moult  souvent  par  ces  markiés  les  lau(e$. 

Selon  le  gl.  a  taxes  ;  synonyme  de  laudes  ».  Je  n'en  suis  pas 
convaincu  ;  il  n'y  a  là  peut-être  qu'une  mauvaise  lecture 
pour  fautes,  équivalent  à  defaute  (besoin,  pénurie). 

liBils,  bavardage  (cp.  l'ail.  Gewàsche),  1, 11.  24  : 
Mes  je  doubte  trop  les  lavis 
Des  langues  qui  souvent  parollent 
Et  qui  les  autres  gens  escollent. 

L'éditeur  déclare  lavis  un  dimin.  de  lait,  insulte  ;  attaques, 
injures.  C'est  pousser  loin  la  licence  conjecturale. 

l.e^crie,  frivolité,  I,  198. 16  : 

Et  )i  jovene  pensent  toudîs  à  legerie. 

''l.cuce,  choix  [sic  au  gloss.),  I,  118.  15  (il  s'agit  des  trois 
modes  de  châtiment  que  Dieu  fit  proposer  au  roi  David  par 
(tad  le  prophète,  2.  Sam.,  24)  : 

Li  tiers  fu  que  trois  jours  scroitgrans  pestilenclie. 
Si  grans  et  tant  horrible  que  ses  peules  le  senche. 
De  grant  mortalitet  là  fist  David  sa  lence. 

J'ai  bien  de  la  peine  à  admettre  le  mot  lence  >»  choix  (abso 


(85) 

iument  inconnu),  et  je  me  défie  du  texte  imprimé.  Je  com- 
prends ainsi  ce  passage  :  «  Après  avoir  entendu  les  trois 
choses  dont  l'option  était  laissée  au  roi,  et  dont  la  troisième 
était  une  peste  si  terrible  que  le  peuple  se  senclie  (je  lis  ainsi 
p.  le  senche)  de  grant  mortalitet  j  alors  (là)  le  roi  se  tut  et 
réfléchit  ».  Par  conséquent  j'ôte  le  point  après  senche,  j'en 
mets  un  après  mortalitet  et  je  lis  :  Là  fisl  David  silence. 

Lent,  sans  force,  languissant,  1, 144.  34  : 

Si  que  religions  ou  nulle  soit  ou  tente, 

*LeiiteleUe,  1, 199,  23  : 

On  warde  lenlelcile  que  !i  vcns  ne  Pabache. 

Pour  l'éditeur  c'est  une  «  petite  lanterne  ».;  mais  un  habitué 
de  l'ancienne  langue  n'hésitera  pas  un  instant  à  lire  Fente- 
letie  (jeune  plant,  arbrisseau). 

Lésion  (avoir),  être  lésé,  1, 122.  24  : 

Mais  que  (s=  pourvu  que)  pour  dire  voir  je  tCaie  lésion. 

Lettre  («avoir),  savoir  lire,  I,  42.  21. 

Llement,  subst.,  type  laetamentunij  joie;  faire  liement,  I, 
27.  22;  II,  59.  26: 

Nuls  de  liemenl  faire  ne  doit  iestre  lassés. 

Lieu  ou  /tu,  autorité,  domination,  estime;  avoir  sen  lieu  y  être 
en  estime,  dominer;  1, 291.  22  (malvais  ert  dont  leur  lieux)  ; 
333.  15  (Adont  n'aront  nul  /.),  338.  18  (lieu  n'i  doient 
avoir),  II,  14.  19  (Volentés  a  sen  lieu),  15.  7  (Bien  sai  que  li 
voir  dire  toudis  sen  liu  n'a  mie),  171.  13  (On  y  voit...  petit 
avoir  de  lieu  raison  et  equitet). 

Lignes  et  lagnes,  1, 132.  10  et  140. 15  (prose)  «  tissus  de  lin 
et  de  laine  »  (il  ne  s'agit  pas,  comme  veut  le  gloss.,  de  bois». 
Cp.  dras  lignes,  1, 152.  24  et  28. 


(86) 

Lliynevr,  qui  trace,  arrange,  fig.  directeur,  architecte,  i, 
173.  18  : 

On  tient  en  ces  ouvrages  maistre[s]  les  boins  tigneitr*  *  ; 
I,  308.  21  : 
Chil  doy  deussent  bien  iestre  de  pais  faire  ligneur  (on  a  impr.  ligueur). 

litiynler,  propr.  tracer,  régler,  fig.  redresser,  I,  173.  20  : 
Ligniê»^  poigniis  ces  cucrs,  trestout  sont  maskuret. 

Ce  texte  se  produit  ainsi  dans  Tédition  :  Lignies,  poignUs  ces 
cuers...j  et  Téd.  explique,  par  impossible,  lignie  par  ce  métier 
du  travailleur  en  bois  ». 

Mme,  fâcherie,  querelle,  II,  133.  4  (le  sujet  est  Dieu)  : 
Et  doinst  aussi  que  femmes  putscent  vivre  sans  Urne». 

liliuer,  V.  act.,  ronger,  détruire,  I,  317.  6  : 

L'uns  mucrl  et  Tautrc  vit,  ensi  mors  vie  lime  ; 
V.  neutre,  se  fâcher,  s'irriter,  I,  124.  6  : 

Et  toutes  gens  lairoit  courechicr  et  limer  ; 
165.  22  :  sans  tenchier,  sans  limer. 

liiiulter,  arrêter  qqn.  dans  ses  écarts,  II,  30. 10  : 
Toutes  femmes  puet  Dieus,  quant  li  plaist,  limiter, 

litre  fait  au  subjonctif  prés,  tantôt  Ikhe  (1, 1S5.  3),  tantôt  lise 
(I,  179.  7  ;  292.  14)  ;  tous  les  deux  à  la  rime. 

tiOlemler,  adj.,  attaché  à,  désireux  de,  I,  163.  7  : 
D^amcr  autrui  que  Dieu  ne  soyons  loiemiers. 
Attaché  'd'amour,  amoureux,  I,  216.  22  : 

Toutes  sont  loiemieres,  se  font  pluseurs  accointes. 
Subst.,  limier,  1, 163;  7  : 

  s*amour  nous  loions  si  com  fait  loiemien. 

1  Le  gloss.  traduit  :  «  celui  qui  travaille  le  bois  ». 


(87) 

L«ne  {avoir)^  impers.,  y  avoir  long  chemin,  I,  320.  3  : 
Comment  que  de  TourDay  dusqu^à  le  court  lonc  a. 

Lon^arder,  traîner,  II,  84.  27  : 

Chil  ouvrier  par  journées  ne  font  fors  longarder. 

liopln,  morceau,  pièce  ;  lopiner,  garnir  de  pièces,  II,  29.  5  : 
Et  de  petls  lopiiM  lor  cotes  lopinoieni. 

Lorgne  {faire  le),  faire  comme  si  on  ne  voyait  pas,  fermer  les 
yeux,  II,  122.  28  : 

Bien  fait  faire  le  lorgne,  s'est  tous  li  plus  roaistîs. 

liovpe,  grimace,  moue;  faire  le  loupe,  II,  26. 17;  1S4.  24; 
203.  8.  Voy.  Gloss.  des  Poés.  de  Froissart.  —  Cp.  Ph. 
Housket,  24942  : 

Adonques  a  cil  le  renon 

Qu'il  Ta  trai,  si  n'i  a  coupes; 

Et  non  ponr  quant  Ton  fait  on  loupes. 

M.  de  Reiifenberg  traduit  mal  :  «  lui  en  fait  on  souillure  », 
parce  qu'il  a  trouvé  dans  Roquefort  :  lope,  loupe,  crasse  ou 
balayure  de  métal. 

""Lui,  II,  294. 1,  lisez  liu  =  lieu. 

Ijapardiel,  petit  léopard  ;  fig.,  béte  féroce,  II,  186.  16  (on 
parle  des  dalvadiel)  : 

Sage  sont  qui  s'en  wardent,  che  sont  tout  lupardiel. 


lae,  l'«  pers.  sg.  indic.  prés,  de  meWr^  (voy.  l'art,  accurer); 
I,  70.12, 1.  mac  p.  mai;  subj.  mâche  I,  86. 16;  242.  22. 

laeb^ooer,  bâtir  1, 190.  20  (c<  moustiers  »);  fig.  préparer, 
établir,  210.  9  : 

Quant  uo  rédemption  Trinités  mâchonna. 


(88) 

Ma^ooo,  rouge-gorge  (Dictionn.  de  Hécart),  II,  360. 17  : 
Qui  ne  haïrent  onques  ne  marges  ne  magnons. 
On  Ht  au  gloss.  :  a  Pour  mangons^  bouchers?  » 

■aller  =  mêler,  II,  102. 16. 

■aille,  mot  usuel  pour  renforcer  une  négation,  II,  196. 1; 
aussi  maUlie  (valeur  d'une  maille,  un  rien),  I,  374.  6  : 
Qui  ne  sevent  maillie  des  saintes  escrîpturcs. 

^Maloé,  I,  9. 19  :  [L'auteur  remercie  Dieu  de  l'avoir  laissé 
vivre  si  longtemps  et  ajoute] 

Elas  !  Bfès  que  j*euvîsse  estet 
Religieus  vrais  un  seul  jour, 
Par  quoi  mainé  boin  eust  srjour. 

Je  ne  sais  pas  comment  l'éditeur  a  compris  ce  mainé;  pour 
moi,  je  suis  certain  que  l'auteur  a  écrit  marne,  c'est-à-dire 
m'ame  (mon  âme). 

*  Maint,  I,  70.  23  :  [Douce  Dame,  je  prie  ton  Fils],  se  lî  plaist, 
que  tant  maint.  Que...  —  Lisez  m'aint  (m'aime,  subj.). 

Malrler,  gouverner,  dominer,  guider,  I,  31.  26.  Ce  verbe  a 
le  même  Sens  dans  le  passage  I,  307.  27,  à  propos  duquel  le 
gloss.  ouvre  un  art.  spécial  «  mairer,  remplir?  »  : 
G*est  celle  {il  s'agii  de  l'envié)  qui  les  ooers  tondis  de  tous  roauls 

(:=  méchants)  mmre. 

J'ai  discuté  l'étymologie  controversée  de  ce  verbe  dans  mes 
Trouvères  belges  (l"'  suite),  p.  300. 

■al«tl«  (gefis),  gent  de  métier,  II,  127. 12  : 

N*espargne  gens  vnaisfis,  ne  les  gens  de  pamges; 

ib.,  154.  lo  : 

Et  li  moicne  gent  et  li  peuples  maisOê-, 

ib.,  163.  27  :  maistit  (je  lis  mnistic)  et  de  parage;  272.  2  : 
Le  siècle  les  a  tous  si  bien  ademestis 
Que  nuls  ne  connoist  mais  vilains,  frans  ne  mahtii. 


(89) 

Le  mot  semble  signifier  a  utile  »  II,  iii.  28  : 

Bien  fait  faire  le  lorgne,  s*cst  tous  li  plus  maistis. 
Je  ne  me  souviens  pas*  d'avoir  rencontré  cet  adjectif,  dont  le 
thème  maist  ou  ^mest  est  le  même  que  celui  de  maistieTj 
mestier^  c'est-à-dire  minist^  tniml.  Le  mot  est,  suivant  le  cas, 
maistic  ou  maistis,  —  J'hésite  à  l'identifier  avec  mestiSj 
métis  =  lat.  tnia:ticius,  en  lui  assignant  la  valeur  «  de  la 
moyenne  classe  ».  —  L'éditeur  distingue  deux  maistis^  l'un 
s  puissant,  l'autre  s=  gens  de  métier.  Je  ne  saurais 
l'approuver. 

Make,  non  pas  bouclier,  comme  dit  le  gloss.,  mais  massue, 
II,  49.  19  : 

Encontre  le  diable  fait  Dieus  des  boins  se  make. 
Cette  forme  picarde  make  ne  s'accorde  pas  avec  fr.  masse 
(d'où  massue)j  qui  est  généralement  rapporté  à  lat.  ynatea  ; 
notre  make  est  le  même  mot  que  make,  tête  d*épingle  ou  de 
tout  autre  objet  et  signifie  en  premier  lieu  «  boule  ».  Voy. 
d'ailleurs  le  Dict.  de  Grandgagnage  sous  make  et  makelote 
(massue). 

Mallsce,  masculin,  I,  273.  6;  391.  24;  354.  2o,  etc. 

Manestreiir?  I,  199.  11  : 

On  ne  poroit  trouver  plus  parfait  ensigneur. 
Il  ne  ressemble  mie  manestreur  engîgneur. 

C'est  le  lat.  ministratOTj  conseiller,  instructeur;  a  p.  ^  en 
syllabe  atone  et  initiale  est  fréquent  (cp.  asc(mtet\  anemi, 
parcevoir).  Il  faudrait,  cependant,  pour  se  fixer,  vérifier 
le  manuscrit. 

*  Mangeur,  I,  333.  15  : 

Adont  n'aront  nul  lieu  ne  mangeur  ne  mineur. 
Corrigez  mageur  (ou  majeur)  ne  meneur. 

Hareander,  fig.,  réfléchir,  délibérer,  I,  302.  17  : 
Liés  fu  moult  et  joyans,  en  sen  coer  marcanda. 


(90) 

Mares  (plur.  de  maretu  quid?  II,  88.  20  : 

Là  vlenent  saudoyer  qui  portent  ches  darès, 
Gbes  gens  de  tous  estas,  ehil  robin,  ches  tnarèi. 

Margot,  pie,  II,  260.  17  (voy.  sous  magnon),  —  Le 
pense  aux  enrôlés  des  grandes  compagnies  militaires  qui 
portaient  ce  nom. 

Marier,  médire,  déblatérer,  I,  82. 11  : 

Et  sur  les  boins  vocllcut  marier 
Et  yaus  en  tous  temps  dcparler  ; 

I,  362.  27  : 

Scculcr  sour  clergiet  sevent  moût  bien  marier. 

Cp.  1,233. 16;  II,  286.  22;  289.  4. 

Martin  {parler  d'autre),  I,  32.  15.  —  Cette  locution  prover- 
biale, bien  qu'omise  par  Littré,  n'est  pas  éteinte  dans  nos 
contrées. 

Mascler,  mâcher,  II,  65.  1  : 

Or  (maintenant)  argent,  s'oii  pooit,  vorroit  on  bien  moicier. 
Selon  le  gloss.  =  amasser.  —  Au  fig.,  méditer,  II,  192.  6: 
Ches  paroles  sont  vraie<i,  or  les  poés  matcier. 

Mat,  subst.,  action  de  mater,  victoire,  I,  200. 16  : 
Cbe  mat  fist  il  moult  grant  et  partout  dilater. 

Matere,  matière.  Notez  que  Tauteur  n'emploie  jamais  ni  la 
forme  matire,  ni  matière.  Dans  les  mêmes  conditions  {e  bref 
tonique),  il  dit  aussi  manere  (manière)  I,  121.  23.  (Manière 
n'est  pas  exclu,  je  l'ai  rencontré  à  la  rime,  mais  égaré  le 
passage.)  Le  même  fait  se  produit  encore  dans  misère  ine 
parait  pas  dans  Gilles).  La  forme  normale  est  en  -ire,  cp. 
impérium  empire.  —  Adultère  {II,  101.  25)  est  une  forme 
savante;  la  bonne  forme  ancienne  est  avoutire. 

Mature,  lat.  maturus,  =  mûr;  cette  forme  savante  se  pré- 
sente plusieurs  fois  au  sens  fig.  de  posé,  sensé,  I,  368. 14; 

II,  36. 1;  124.  2;  208. 1. 


(91  ) 

''iiecbalns,  I|  229.  6  :  leurs  filles,  leurs  mechains.  —  Mot 
mal  lu  p.  mechains  (nièces). 

Medelan,  I,  24S.  8,  non  pas,  comme  dit  le  gloss.,  «  portant 
remède  »,  mais  =  mediolanus,  milanais. 

Medlclner,  fig.,  diriger,  instruire,  I,  17.  26  : 

Il  m'aprist  et  me  doctrina 
Et  d*ordcne  me  medicina. 

Guérir,  1, 304..  23  (sespekiés). 

MelTalre,  mal  parler,  médire,  I,  363.  26  : 

Adont  sour  les  églises  pau  de  gens  mefftuoient. 

Meffaitj  adj.,  qui  a  mal  fait,  coupable.  H,  77.  18;  157.  3; 
251.  23. 

^Mesescbanebe,  malheur,  misère,  I,  14.  16.  —  Forme 
suspecte  ;  on  s'attend  à  mesestanche  ou  mescheamhe. 

MesolTrlr,  manquer  de  respect,  I,  6.  25;  14. 13;  II,  6.  25. 

Meunière»,  I,  227,  10  : 

Des  antres  esbanofs  dont  elles  sont  mesnieres. 
Le  sens  est  «  habitué,  coutumier  »  ;  il  se  déduit  aisément  de 
celui  de  «  familier  »,  qui  convient  le  plus  souvent  à  mesnièr 
SB  lat.  mafisionarius  ;  il  n'est  donc  pas  nécessaire  de  corriger 
par  manières  (adj.). 

Mespaller  (se),  s'inquiéter,  s'affliger,  I,  227.  13  : 
Aueun  qui  les  compagnent,  à  le  fois  t*en  mespaient 
De  chou  qu'on  leur  voit  faire. 

C'est  le  contraire  de  s'apaiier. 

*  Mestlr,  II,  53.  23  :  Gentil  gent  et  mestir.  Vu  l'emploi  fré- 
quent de  l'adj.  mestis  (v.  pi.  h.  maistis),  il  vaut  mieux  tenir 
mestir  pour  fautif  p.  mestic  ou  mestis. 

Mesure,  maistire,  maîtrise,  savoir,  II,  52.  24  ;  75. 22  ;  218. 21 . 
—  Type  latin  magisterium.  —  L'équivalent  maistrie  (11,86. 1) 
est  le  subst.  verbal  de  maistrïer. 


(92) 

Mestrier,  maîtriser,  I,  312.  15  : 

Nuls  sires  ne  les  a,  lonc  temps  a,  mesfriicê. 

On  a  imprimé  :  «  Nuls  sires  ne  les  a  lonc  temps  à  mestryes  », 
ce  qui  ne  donne  pas  de  sens. 

Mestare,  maisture,  mélange,  assemblage,  II,  177.  29  : 
Des  boins  et  des  malvais  couyient  avoir  mestures  ; 
II,  186.  4  : 

Car  d'ommes  et  de  femmes  est  belle  H  maisture. 
Cp.  encore  1, 106. 16;  192.  2S;  277.  23. 

Mesaser,  mal  agir,  pécher  II,  104.  28;  réfl.,  I,  211.  17. 

Mètre  à  qqn.  =  mètre  sus,  imputer,  II.  79.  28  : 

Peale  leur  mait  qu^il  sont  en  ouvrer  plain  d'accidc. 

ileale,  bien-meuble  (souvent  opposé  à  hiretage),  1, 193. 17  : 
Vous  testes  hîretages  et  gent  dou  siècle  mettfe] 

l  260. 11  : 

Il  laissent  Pyretage  et  se  tiennent  au  meule. 

Cp.  1, 267. 5;  297. 16;  326.  28;  353. 10;  364. 14;  II, 28. 16; 

103.  12. 

Mealer  («e),  s'enrichir,  1, 191 . 2  (il  se  voelent  de  grans  joyauls 
meuier).  —  Dér.  de  meule,  bien-meuble.  —  Un  doute,  toute- 
fois, me  traverse  :  se  meuier  n'est-il  pas  le  simple  de  s'camler 
(y.  pi.  h.)?  Les  rimes pululer,  reculer  autoriseraient  même  à 
corriger  muler, 

Meare,  forme  contracte  de  meure  (mûre);  appliqué  à  ^r^au 
sens  de  proche,  imminent,  I,  222.  3  (tant  ke  l'eure  ne  soit 
meure).  —  Meurison  (venir  à),  mûrir,  II,  84.  8. 

Mlerbe,  adj.,  I,  357. 17  : 

D'un  jovene  dissolut  dist  on  «  il  est  trop  mierbes  »• 

N'aurions-nous  pas  là  la  forme  première  de  mièvre,  -dont 
l'étymologie  est  encore  un  problème? 


(93) 

Miauler,  manger,  I.  35.  1;  47.  6  (où  la  rime  exige  mipiiet 
p.  megniet).  Forme  populaire  p.  mangier  (I.  58.  2;  196.  24). 
—  Migneur,  mangeur,  1, 156.  21  ;  159. 27  ;  par  dérision  on 
appelle  les  frères  mtwewrs,  I,  270.  20,  des  frère  migneur. 

Miner,  ruiner,  I,  312. 22  (^e^  anemis)  ;  arrêter  dans  son  cours, 
en  parlant  d'une  guerre,  I,  290.  26  : 

Par  trievcs,  par  rcspis  par  pluscurs  ans  minée. 
Se  miner,  décroître,  finir,  I,  263.  20  ;  II,  10.  28  : 
Que  H  maus  qui  pullule  se  puist  dou  tout  miner. 

Mineur,  I,  333. 15  : 

Âdont  n^aroul  nul  lieu  ne  mangeur  ne  mineur» 
Je  corrige  ne  majeur  ne  meneur.  La  mauvaise  leçon  mangeur 
(voy.  ce  mot)  a  entraîné  l'éditeur  à  interpréter  mineur ,  contrai- 
rement à  la  phonétique  et  à  la  rime,  par  migneur  (mangeur). 

HIraele,  féminin,  1, 347. 28  (c(  les  grandes  m.  »)  ;  à  la  p.  suiv., 
ligne  18,  masculin  («  li  miracle  »,  plur.) 

Mite,  mitaine,  II,  184.  24. 

H»ette  (pron.  meute),  subst.  participial  de  movoir,  =  motif, 
cause,  II,  153.  24  et  172.  U  (moelle  de  luxure). 

HweTre»  forme  d'infinitif  concurrente  avec  movoir,  \,  181. 19; 
340.  26. 

H»les,  II,  179.  22: 

Ainsi  nous  couvenroit  apprendre  faire  moyes. 
«  A  faire  des  bornes,  à  nous  mesurer,  restreindre  »?  Ou  faire 
moies  est-il  =  faire  des  meules,  fig.  mener  la  vie  de  laboureur? 
J'opte  pour  le  dernier  sens,  car  pour  lat.  mêla,  borne,  l'au- 
teur emploie  la  forme  latinisante  mêle  (I,  235.  17  ;  II,  90. 
25;  98.  4;  228.  21). 

H»lener,  sens  absolu,  intervenir  dans  ce  qui  ne  vous  regarde 
pas,  1, 186.  19  : 

Autre  voclent  toudis  moiener  et  ruser. 


(94) 

Mole  sa  fr.  motUe;  mode^  manière,  II,  3.  36  : 
Jadis  apris  me  fu  jouvenchîei  à  Tescole 
Paire  comparisonf,  s^ai  retenat  le  mole 

ib.  99. 13  : 

Pour  deehevoir  les  hommes  ont  femmes  moait  de  moUeê. 
Cp.  136. 16;  U  98.  30  (le  molle  de  biaus  dis  faire);  354.  21. 

Moimler,  meunier,  1, 280.  3;  II»  273.  i^\monnées,  grains  à 
moudre,  II,  271.  10.  Ne  faut-il  pas  mounier^  maunies'i 

Monstrcr  et  ses  dérivés.  Changez  partout  Vn  en  u,  selon 
l'usage  du  dialecte  et  l'indication  des  rimes  (cp.  1,  82.  23; 

98.  26). 

Monter,  prendre  de  la  vogue  (en  parlant  de  toilette),  II,  171. 17: 
Comment  nouviel  habit  sont  venot  et  montef. 
Cp.  11,286.  32: 

Et  sont  si  li  pekiet  nunUei 

Que  cescuns  fait  tout  sen  plaisir. 

Mortollle,  I,  71.  2  (en  prose),  mortalité  ou  pestilence,  ail- 
leurs mortorCy  1, 191;  II,  157. 10.  Je  vois  dans  mortoile  un  cas 
de  substitution  de  /  à  r;  voy.  atollissier. 

Moalel&ln,  étoffe  de  toile  fine  pour  robes  légères,  aussi  robe 
faite  de  cette  étoffe,  II,  27. 19  : 

Je  vi  les  moulekini  les  anchienes  porter. 
Cp.  Gautier  le  Long,  la  Veuve,  129.  —  De  là  le  mot  technique 
mulquinier. 

Moaskes  (prendre)^  s'irriter,  II,  196. 15  : 

Car  mes  kiens  prendent  moutke»  quant  mes  cas  je  castic. 

Moastranebe,  enseignement,  I,  246.  4  : 

Car  fil  Dieu  se  disoit  partout  en  se  mouUranche. 

Muer  (se),  se  mettre  en  muCy  se  cacher,  II,  68.  2o. 


(9S) 

HoUoii,  mesure,  I,  219.  33  : 

En  fiestycr  Tespcasc  ne  doit  avoir  muiêon. 
Le  sens  «  changement  »,  qu'indique  le  gloss.,  est  contraire 
au  sens  et  au  rhytme  (il  faudrait  mui^on).  Cp.  Froissart, 
Buisson  de  Jonece,  1361  : 

•  ••  droit  au  buisson, 
Dont  je  ne  sçai  pas  la  muiton 
Volumer  ne  le  compas  prendre. 

Munir 9  garantir,  I,  41.  9  : 

Qui  n^iert  par  repentir  mimif, 
De  DicQ  sera  cierles  punis. 

Moiiliiieiit,  diplôme  (voy.  Du  Gange  munitnen,  tnunimen- 
ium),  II,  283.  11  :  [Li  Sains  Pères] 

Lui  envoya  ses  munimensy 

Bulles  de  le  provision 

Dont  j'ai  dessus  fait  mencion. 

Mot,  fém.  mti^,  muet;  employé  dans  l'expression  biestesmues^ 
I,  284. 17;  II,  64, 14.  Le  terme  plus  usuel  est  ledim.  muiel^ 
I,  252.  20;  II,  195.  21,  quelegl.  interprète  malencontreuse- 
ment par  «  moyen  ».  —  Je  signalerai  encore  l'application  de 
cet  adjectif  mut  à  estude  (salle  d'étude)  avec  la  valeur  de  a  où 
l'on  ne  parle  plus  )>,  fig.  abandonné,  désert,  II,  46.  26  ;  à  la 
rime  l'auteur  emploie,  comme  synonyme,  l'adj.  nui  (voy.  ce 
mot). 

IV 

miebe  représente  lat.  nescius  et  ne  signifie  ni  récalcitrant,  ni 
paresseux  (gl.),  mais  ignorant,  sot,  mal  appris,  II,  22.  S  ; 
155. 18;  172. 16. 

IVIaley  fine  pâtisserie,  1, 112.  20.  -^  Du  lat.  nebula^  comme 
tiule  de  îegula^  riule  de  régula. 

IVive,  neige,  I,  218. 16.  C'est  aussi  la  forme  de  Froissart  (voy. 
mon  gloss.). 


(96) 

Wocct  ou  nocheU  quid?  I,  91.  5  : 

De  frcre  Jacqucmont  Bochel, 
Qui  en  scn  livre  maint  nochet 
Fait  as  pekcurs  pour  repentir; 

II,  176.  20  :  Un  nocei  m'avés  dit;  II,  184.  9  : 

S*il  me  dîent  nochèiy  des  noehèt  leur  dirai  j 
II,  194.  2  :  à  ce  cop  grans  noces  nos  donnés;  203.  25  : 

Des  noch  m'avcs  dit,  nocè$  vos  ai  rendu  t. 
Pour  réd.  =  dommage  (contraire  au  sens  et  aux  lois  élé- 
mentaires de  l'étymologie);  pour  moi,  sauf  éclaircissement 
ultérieur,  j'y  vois  «  admonition,  réprimande  »  et  je  me 
demande  s'il  ne  faut  pas  lire  vochet  (cp.  a  fr.  vochier^  appeler  ; 
ail.  auf-mf^  avertissement).  Donc  un  dim.  de  voix  ^. 

N^ety  dans  sot  met,  II,  63.  24;  196.  22,  =  lat.  noialrn  au 
sens  de  «  signalé,  notoire  ».  —  D'après  l'éd.  :  «  fou  à  lier?  » 

IVa,  dénué,  privé,  I,  334.  16  : 

Romme,  noble  cytés,  k'iestes  vous  devenue?... 
Or  iestcs  et  scrcs  d'avoir  les  pappes  nue. 

Vide,  dépeuplé,  II,  40.  28  : 

Et  se  rassanneroienl  estudes  qui  sont  nuet, 

O 

Obanlc,  II,  195. 17,  p.  osbanie  (ost  banie),  II,  216.  23. 

Obseore  [gmt]  =  gent  hostile,  II,  113.  28. 

Obsearer,  obscurcir,  au  sens  propre  et  fig.,  actif  et  réfléchi, 
1, 151.  26;  173.  25  (=  souiller)  ;  298.  8  (mettre  dans  l'ombre;; 
II,  113. 18.  — Au  sens  neutre  :  obscurir,  II,  115. 21;  obscurcir^ 
II,  117. 16  (subj.  obscurchie,  I,  352.  22). 

*  Au  bout  du  compte,  nochet  ne  viendrait-il  pas  de  noches,  uoeehrs 
(noces)?  Le  premier  sens  «  mots  gracieux  adressés  à  la  mariée,  épithalame. 
compliment  »  aurait,  par  dérision,  tourné  eu  celui  de  «  discours  malgracieux, 
remontrance,  popul.  savon  ». 


(  97) 

^OITrler,  offrir.  Cette  forme,  tout  à  fait  improbable,  parait 
résulter  des  deux  passages  suivants  :  I,  â60. 16  : 
Les  grasces  Dieu  se  sont  de  pluseurs  eslongics, 
Pour  ensegnier  le  peule  qu*il  avoit  offrHe»  ; 

ib.,  279.  19  : 

Aujoard*ui  pluseur  gent  moult  petit  leur  o/firient. 
La  correction  ottriies  et  ottriefit  ne  fait  pas  doute. 

*Oîéim,oyeulx,  yeux.  Cette  forme,  qui  répondrait  au  type 
ocelles,  se  voit  I,  32.  33;  46. 16.  31  et  33;  48.  19;  95.  28, 
29  et  32  ;  mais  partout  le  mètre  réclame  un  monosyllabe,  ce 
qui  impose  la  correction  yoelx  (II,  169. 12)  ou  oels  (I,  24. 23). 

-ol  (devant  consonne);  ce  groupe  passant  en  au  (prob.  par 
ou)  ne  se  voit  que  dans  le  dérivé  saudoyer  (de  satU=^  solidus) 
et  dans  vaurmt  (I,  63.  23),  vaura,  vaulrai  (de  voloir),  vausist 
=  voulût  1, 5. 14;  14.  29;  232. 24).  On  n'en  trouve  pas  moins 
aussi  la  voy.  o  p.  au,  ainsi  fut.  vorai  1, 11.  34  ;  parf.  vorrent 
II,  49.  25;  impf.  subj.  vosiscent  I,  357. 1. 

Ole,  huile,  I,  220.  9  (en  rime  avec  foie,  escole). 

OuKlés  =  ongniés  (subj.  prés,  de  oindre),  I,  154. 11  ;  en  rime 
avec  congiés  (congé)  et  songiés  (soignez). 

Or,  adv.  —  Locution  et  or  et  ore,  en  tout  temps,  I,  28.  22  : 
Si  dois  penser  ei  or  et  ore 
Se  fas  pekiet  en  un  saint  lieu. 

Orde,  représentation  graphique  exceptionnelle  de  ordeiie 
(ordre),  1, 197. 16.  On  sait  que  cette  forme  ordeiie  est  toujours 
bissyllabique,  œmme  jovene  (jeune);  c'est  en  violation  de 
la  prononciation,  aussi  bien  que  de  la  mesure,  que  l'éditeur 
écrit  constamment  ordène,  jovène, 

Order  (»'),  se  souiller,  I,  370. 10  ;  II,  187. 17;  207. 19  : 
Des  defautes  d'aulrui  nullement  ne  t'ordoil. 
Le  texte  imprimé  donne  erronément^ordotl.  Il  faut  distinguer 
les  deux  termes  s'order  et  sorder  (v.  ce  mot). 

Tome  XXXVII.  7 


(98) 

,  p.  -  oire,  est  la  règle  dans  notre  texte  :  memore,  glore, 
purgatore,  inventore  ;  de  même  -are  p.  -aire  :  aumare  (=  ar- 
marium),  viestiare  (1, 170. 1-2). 

•st,  armée,  I,  313.  21.  Je  consigne  ce  mot  parce  qu'il  a  été 
méconnu  dans  le  texte,  où  on  lit  :  «  Tost  Pempereur  estoit 
par  dehors  le  citet  »,  au  lieu  de  L'ost  Vempermr  (l'armée  de 
l'empereur). 

INiMée,  pâtisserie  très  mince,  auj.  oublie^  II,  361. 4.  La  forme 
en  ie  est  la  bonne,  puisque  le  type  lat.  est  ohlata  (hostie). 

Oabller  (s'),  passer  son  temps,  se  distraire,  II,  230.  2S. 
Voy.  mon  gloss.  de  Froissart(Chron.). 

Owel,  lat.  aequalis,  égal,  I,  347. 16;  aussi  yoewel,  1, 198. 13. 


Pade,  patte,  I,  203.  4  :  [L'abbé  doit  être] 
Contre  les  anerois  bien  vigreos  et  bien  rades, 
Si  qa*en  nul  de  ses  moines  ne  mâchent  (=  mettent)  ja  leur  padet. 

^Paiecbent,  subj.  prés,  depat^,  II,  30.  26  : 

Mais  de  le  mort  convient  k^elles  paiechent  leur  rente. 
Corrigez,  comme  l'indique  le  rythme,  paichent,  qui  est  la 
forme  voulue  par  la  grammaire  suivie  par  l'auteur;  cp.  I, 
131.  2  (paiche),  141. 17  {paice),  II,  63.  3  (paiches).  —  La  forme 
paiechent  n'est  pas  fautive  en  elle-même  et  s'est  sans  doute 
glissée  dans  le  texte  comme  étant  celle  qu'employait  le  scribe. 
J'ai,  dès  1874(Jahrbuch  fur  romanischeSprache,  t.  XIV),  porté 
l'attention  sur  le  subjonctif  en  èche  des  verbes  de  la  1^^  con- 
jug.  {acateche^  botUeche,  geteche),  mais  il  ne  peut  en  être 
question  en  notre  endroit.  Voy.,  à  ce  sujet,  Mussafia,  Zwr 
Prasenzbildung  im  Romanischen,  Wien,  1883 ,  pp.  52-S3. 

PftiMçant,  lat.  pascentem,  pâtre,  II,  71. 14  (voy.  faurse).  Non 
pas  paysan^  comme  veut  le  glossaire.  — -  Voy.  aussi  fourse. 


(99) 

Paiftier,  sens  absolu,  faire  la  paix,  I,  60.  4  : 

Ire  fait  faire  des  batalles, 

Dont  pour  paisier  on  fait  des  tailes. 

PaleTolc,  paillette,  I,  242.  8  : 

Et  les  laissent  aler  ensi  que  palevolet  ; 
11,  47.  4  : 

£t  nient  plus  ne  les  prisent  com  prisent  palevoUi. 
Formé  de  paille  vole  (légère). 

Pamme,  paume  de  la  main,  II,  ilS.  17  :  [On  leur  fesist] 
Encontinent  rougir  de  le  pamme  mascielles, 
c'e-st-à-dire  :  on  les  eût  aussitôt  souffletés.  Voy.  aussi  dorer. 

Panette  {faire  soupe  ctune)^  loc.  proverbiale  «  prendre  de 
grands  airs,  II,  1S4.  22. — Panette  est,  sans  doute,  une  soupe 
mince  au  patn,  opposée  à  une  soupe  grasse  et  bien  épicée. 
Ou  peut-être  la  bouillie  des  enfants  opposée  à  une  soupe 
d'adultes  ? 

Paime,  fourrure,  II,  174. 13  : 

On  dist  de  femmes  sages  tant  que  de  rouges  pannes^ 
Et  tant  que  de  noirs  chines  et  que  de  blanches  kannes  ; 
Lor  keuves  vont  moustrant  si  com  paon  as  pannes. 

L'identité  entre  poime  et  penne  n'est  pas  encore  établie.  — 
Le  deuxième  panm  de  ce  passage  est  un  mot  différent  et 
«  paonne^  femelle  de  paon. 

Paper,  propr.  mâcher,  puis  avaler,  engloutir,  I,  182.  20;  II, 
288.  16  :  [Le  Diable] 

Les  boins  rcligieus  vorroit  treslous  paper. 

Pappct,  papauté,  I,  302.  9.  Du  type  lat.  papatm. 

Parer  =  comparer,  expier,  II,  101.  28  : 

Moult  souvent  li  maWais  de  malfairc  le  père. 


(  100  ) 

Parer  (ne),  tirer  vanité,  se  glorifier,  II,  117.  13  : 
Eiisi  tuut  li  pekiet  dont  li  pcckeur  se  pereni^ 
Font  obscurcir  virtus... 

II,  163.  13  : 

Quant  ches  garchcs  sont  grosses,  tanlost  elles  «'em  pereni. 

Parler.  Futur  parlerai  (I,  113.  17  ;  212. 1),  mais  le  plus  sou- 
vent parrai  (I,  18.  2o;  lî23.  li),  parra  (253.  6),  parrotU 
(215.  22)  ;  de  même  au  condit.  parleroie  (288.  2)  et  parroie 
(285. 17).  —  Le  thème  primitif  paro/  reparait  dans  les  per- 
sonnes du  présent  dont  la  finale  est  sourde  ;  ainsi  parolletit 
II,  39.  21  ;  corrigez  paroleiit  p.  paraient,  1,  54.  35. 

Partir  (se)  de  qqn.  ou  qqch.,  être  partisan,  prendre  le 
parti,  II,  19.  26  : 

Car  toudis,  quant  il  poet,  de  sen  maistre  te  part. 

Pas,  passage  (d'un  livre),  1,  155.  26  : 

Prendés  les  pat  qui  font  des  abbés  mencion. 

Paselonaire,  I,  133.  24  (prose)  :  Physiscien  et  surgyen 
estoient  pascionaire,  si  que  de  toutes  apothicaries  et  de 
toutes  nécessités  pour  maladies  n'estoil  nulle  defaute.  —  De 
pastionarius,  nourri  dans  la  maison?  Ou,  ce  que  je  préfère, 
de  pactionarius,  payé  selon  contrat  ;  pactiofiem,  chez  notre 
auteur,  devient  pacion  ou  pasdon. 

Passer,  supporter,  tolérer,  I,  84.  23;  112. 1  ;  363.  2.  —  & 
passer,  se  contenter,  II,  28.  21  ;  164.  H  ;  se  permettre,  II, 
73. 17.  —  Passé,  vieux,  usé,  II,  182.  5  : 

Wardés  vous  dou  radot,  car  vous  lestes  panés. 

Paterultet,  patronage,  1,  39. 1. 

Patet,  quid?l,  190.  27: 

En  siermons,  en  lecture  sont  boin  et  moult  palet ^ 
I,  310.  4  : 

On  ne  peust  trouver  homme  plus  biel  ne  plus  patet. 


(  101  ) 

Estrce  une  transformation  arbitraire  du  mot  savant  paient 
au  sens  de  «  notoire,  renomme,  distingué  »?  Ou  l'auteur 
s'est-il  imaginé  un  type  latin  patare  =  patefacere  (faire  con- 
naître)? Cp.  sedare  relativement  à  sedëre. 

Pau,  peu,  1,  22.  28;  23.  34.  C'est  la  forme  dominante.  Pou  I, 
23.  7  et  peu  202.  28  et  212.  2  sont  exceptionnels  et  peut-être 
le  fait  du  copiste. 

Pener,  act.,  gagner  péniblement,  II,  84. 18  :  [Est] 
Malvaiscment  wardct  chou  que  bien  est  penet, 

Perdiche,  subj .  prés,  de  perdire,  achever  de  dire,  I, 
187. 11  : 

Quant  uns  des  cuers  (chœurs)  commence  son  vier,  ains  que  perdiche. 
L'autre  coer  à  rencontre  sont  cnsamble  compliche. 

Je  cite  le  mot  parce  que  le  gl.  en  fait,  par  impossible,  le 
subj.  de  perdre.  Je  pense  d'ailleurs  qu'il  faut  lire pardiche. 

Périr,  act.,  =  faire  périr,  I,  55. 17 ;  201. 17  : 

Dieus  volroit  tous  salver,  nullui  ne  voelt  périr. 


Personne  (eti  me),  pour  ma  part,  I,  41.  30.  —  Personne 
est  traité  comme  masc.,  1,  332. 11  :  à  personnes  m*etis  de 
maint  visce. 

Peslere,  champ  planté  de  pois,  I,  229.  4  : 

On  voit  moult  bien  fallir  par  années  pesieres  ; 

11,172.14: 

Penerei  fa  lent  bien,  aussi  font  leur  prières. 
Pour  le  gl.  ce  sont  des  «  tourments  ». 

Peut,  1,  22.25,  «  ^  peu  avec  un  t,  destiné  à  faire  éviter 
un  hiatus  ».  Ainsi  s'exprime  le  gloss.  C'est  se  débarrasser 
aisément  d'une  finale  quelque  peu  gênante.  Pour  moi,  dans 
l'intérêt  du  sens  et  du  mètre,  je  lis  peut,  qui  veut  dire  ici 
«  goûté  ».  Voici  le  cas.  L'auteur  expose  comme  quoi,  quand 


(lOf  ) 

le  tourbillon  de  la  jeunesse  est  passé»  chacun  se  met  à  un 
travail  réglé  ;  les  uns  se  livrent  à  l'étude, 

Li  autre  pensent  as  avoirs, 
As  markandises,  as  rikaices  ; 
Peûi  ont  au  (I.  on)  coer  do  lîaices, 
Mes  il  pensent  à  assanler 
Et  11  uns  l'autre  ressanlcr. 

Pleutre;  cet  adj.,  chez  notre  auteur,  implique  particulière- 
ment ridée  de  vulgarité,  de  manque  de  dignité;  1,  110. 19; 
184.7;  178.6;  183.20;  336.  IS;  344. 18;  346.  9;  368. 18; 
II,  34.  2;  146. 19. 

Plet.  Locutions  :  donner  boin  piel,  II,  121.  11  :  [Tout,  a  dit 
l'auteur,  bien  ou  mal,  dépend  du  clergé;] 

Ch'est  drois,  che  sont  canteur,  boin  piet  doivent  donner. 

Prmdre  piet  sur  museur,  I,  172.  18;  339.  1;  II,  51.  17. 
«  Faire  lâcher  pied  à  qqn.  au  milieu  de  ses  plaisirs  »? 

*Pillate  ;  ce  mot  n'a  pas  de  sens  ;  je  corrige  pillet;  1, 336. 20  : 
D'aier  là  moult  de  gent  ont  estct  molestet, 
Desreubct  et  pillet^  corps,  avoh*  aricstet. 

Je  trouve  au  gl.  :  «  S'en  lavant  les  mains  comme  PUate 
(voir  Roquefort)?  »  Si  je  ne  puis  accepter  cette  interprétation 
désespérée,  je  ne  veux  pas  taire  que  Littré  n'a  pas  d'exemple 
de  piller  antérieur  au  XVI*  siècle  <. 

Pille,  ballot,  I,  217.  24  : 

Les  detaîlleurs  feront  leur  pilles  despiler. 
Selon  le  gloss.  :  «  leur  argent  ». 

PIneler  ce  sour  ses  subgis  »  (en  parlant  d'un  prince),  les  mal- 
traiter, 1, 116. 12. 

Plne,  épingle,  =3  angl.  pin,  II,  35.  2. 
.  '  J*eo  ai  trouvé  du  XV«. 


(  103  ) . 

PUier,  neutre,  prendre  pitié,  I,  69. 14  : 

Si  te  très  grans  douceurs  enviers  inoy  n'en  pilie. 

Peut-être  faut-il  n'enpitie  (en  un  mot).  God.  a  deux  exemples 
d'un  verbe  empUiver. 

Wu  (monosylI.K  doux,  I,  118.28;  (ém.  pieuve,  II,  185.6; 
lisez  aussi  pieuve,  p.  pieus,  II,  109.  S3. 

Place  [venir  en),  s'établir,  fig.  prendre  le  dessus,  II,  66.  24  : 
Car  cVst  li  vrais  trîakes  ki  les  venins  enkace 
Et  les  morlculs  pekîés,  qu'il  ne  vienenl  en  place, 

Cp.  II,  74.  21   : 

Mais  or  est  convoitise  partout  enmi  la  pfaee. 

nakerle,  ftlatterie,  I,  269.  20;  30i.  8;  330.  S  —  Ce  sens 
est  tiré  de  plaquei*  =  passer  le  plat  de  la  main  (caresser). 

Planer,  effacer,  anéantir,  II,  48. 11  : 

S'ordena  par  diluve  que  tout  il  planeroit, 

Plenler,  adj.,  implique  généralement  l'idée  de  perfection, 
mais  aussi  celle  de  certitude,  I,  2o0.  27;  II,  116.  3,  de 
richesse,  1, 11.  4  (mettez  ici  un  point-virgule  après  pleniers), 
18.  21  :  boins  mes  (mets)  pletiiers. 

Pliebe,  pelisse,  II,  32.  22;  pifcAon,  108.  21. 

Plolt,  pli,  fig.  état,  1, 108.  6;  II,  272.  7.  Cette  forme  a  pour 
type  lat.  plicitum,  plic'tum,  tandis  que  pli,  ploi  est  le  subst. 
verbal  tiré  de  plier,  ploier, 

*  Pions tre,  cadenas,  I,  95.  26  : 

Et  li  y  OCX  moult  souvent  demonstre  (I.  demoustre) 

Avoec  le  sîerure  le  plonstre  (I.  plouttre). 
L'éditeur  a  reconnu  lui-même  que  la  rime  nécessitait  la 
cx)rrection  p/ouA'tr^  ;  mais  pourquoi,  à  l'errata,  ne  corrige-t-il 
pas  en  même  temps  demonstre  par  demoustret 

Plorols,  p.  ploi'oirs,  mouchoirs,  l,  21S.  22. 


•    (  404  ) 

Plarer^  pluriel ,  anc.  forme  née  par  analogie  avec  singuler^ 
11,29.  26;  141.21. 

^Polsnear,  quid?  I,  173,  19  : 

Poartraicurs  couvreurs  boins  tient  on  pour  boins  poigneurt. 

Je  ne  saisis  pas  le  sens  précis  de  ce  vers  ;  en  tout  cas,  la  rinie 
ligneurs  m'engage  à  corriger  pigneurs,  forme  insolite  pour 
peintres.  —  Au  gloss.,  on  explique  poigneurs  par  «  ouvriers 
qui  se  servent  de  Taléne  ». 

^Polsnie,  «  métier  de  cordonnier  »  (gloss.).  —  Voici,  tel 
quMl  est  imprimé,  le  vers  qui  a  occasionné  cet  article;  il 
vient  à  la  suite  de  celui  qui  renferme  poigneur,  dont  je  viens 
déparier;  1,173.  20: 

Lignie»,  poigma^  ces  coers  trestout  sont  maskarct. 

J'ai  déjà  dit  sous  lignier  comment  il  faut  lire  pour  arriver  à 
la  mesure  et  obtenir  un  sens;  seulement,  je  ne  sais  pas  qudie 
valeur  morale  donner  à  poigniés  ;  piquez  ou  peignez? 

Pointure  d'un  dé,  les  points,  II,  3. 71  et  14;  piqûre,  désagré- 
ment, II,  6. 9;  38. 2;  78. 16;  chose  pénible,  tourment,  1, 297.8, 

PoUIr,  mettre  en  meilleur  ordre,  tenir  en  meilleur  état,  1, 
249.  27  : 

A  tous  lés  ne  puet  nuls  les  signeurs  amollir 
Qu'il  ne  prengent  dou  leur  pour  leur  estas  pollir, 

Pomperle,  luxe,  I,  159.  18;  II,  135.  20. 

Pooir,  =  pouvoir  exister,  II,  172.  7  et  11  ;  175.  25;  221. 16  : 
On  ne  poet  sans  ches  femmes,  se  n*en  poet  on  bien  dire. 
Voy.  mon  gloss.  des  poésies  de  Froissart. 

^PorUele?  II,  125.  1  : 

Lii  fait  castiemens  en  divers  lieus  portielei^ 
On  les  porra  trouver  en  pluseurs  des  capitles. 

Le  gloss.  se  tire  d'embarras  en  posant  les  équations  sui- 
vantes :  porticles  =  partides = particularis,  donc  =  spéciaux. 
—  Ne  faut-il  pas  plutôt  corriger  par  titles  f 


(  i08  ) 

Pot  (aler  entour  te),  I,  279.  26;  II,  37.  19. 

Ponllon,  poussin,  1, 181.  9;  pouUonchiel,  ib.,  1. 16. 

Ponrebae,  I,  269.  16.  —  Subst.  verbal  de  pourchader. 

Pooraliraniiient,  dans  la  suite,  II,  11.  S. 

Poorweanee  {avoir  (te),  avoir  comme  préservatif,  en  garan- 
tie, I,  3.  2  : 

Or  avons  nous  de  pourveance 

Que  Dieus  nous  donne  très  Penfance 

Un  de  ses  angles* . . 

Pralece,  paresse,  forme  vicieuse  pour  perece,  II,  288. 26.  — 
Praice,  1, 115. 4.  (cp.  laice  =  teatee,  au  v.  suiv.).  —  Prechier, 
paresser,  I,  59.  31. 

Préciser,  au  sens  moderne,  I,  249.  22.  —  Verbe  digne  de 
note  pour  l'ancienneté  de  son  emploi. 

Prcdlcameut,  réputation,  279.  13  : 

Or  est  tous  li  clergiés  en  grant  predkament. 

Presnaot  {femme),  enceinte,  1, 100.  11. 

Prejndlsee,  1.  préjugé,  I,  372.  9;— 2.  dommage,  I,  382.  8. 

Prelatlon,  prélature,  I,  304.  2. 

Preller,  combattre,  I,  286.  10;  subst.  preliation,  I,  227.  27. 

Prémisse,  avertissement,  1,  358. 16  : 

Ensi  li  manda  Dieus  et  li  (ist  cheapremissês, 

Prestot,  mauvais  prêtre,  1, 110: 18  : 

Priestre?  non,  mais  pretlot  par  leur  vie  seniestre. 
Le  gloss.,  à  tort,  conteste  l'interprétation  que  je  donne  à  ce 
mot,  en  ajoutant  :  «  La  qualification  de  drôle,  vaurien,  est 
ici  évidente  n. 

Prilleas,  périlleux,  I,  60.  2  et  passim. 


(  106) 

Prison,  masc.,  prisonnier;  signification  bien  connue,  I. 
175. 12;  fém.,  fig.,  chaîne,  embarras?  II,  276.  22  : 

On  soloit  jadis  faire  de  boines  orisons, 

Or  dist  on  :  «  Boines  oevres,  ce  sont  tontes  prhanê,  • 

Prlvanche,  confidence,  II,  3.  4  ;  indiscrétion,  II,  4S.  4. 

Privet  (en),  en  confidence,  I,  241.  27  (le  texte  porte  emprivan 
I,  268.  11. 

Promené,  lat.  progmies,  lignée,  II,  11.  12;  207.  24.  Lati- 
nisme. 

Pronostiker,  I,  346.  17.  Mot  digne  d'être  constaté. 

Propre  {vivre  sans),  vivre  sans  posséder,  I,  143.  1. — 
Cp.  II,  146.  8. 

Prospérer,  lat.  prosperare,  rendre  prospère,  II,  100.  5. 

Proairear,  I,  253. 18  (il  s'agit  de  Jésus)  : 

No  prouveur,  no  docteur  et  no  boin  promoteur. 
Défenseur,  avocat? 

Proavoire,  prêtre;  non  pas  «  clergé  »,  comme  dit  le  gloss., 
1,243.  23;  II,  178.  12. 

Provision,  collation  de  bénéfice,  I,  348.  27;  II,  68.  15; 
peut-être  aussi  I,  265.  6  : 

Les  promsionê  fallent,  aprcndres  eiessera. 

^Paelent,  peuvent,  I,  102.  15;  182.  15;  183.  18;  231.  2; 
235. 26;  252.  20;  258.  24;  la  forme  normale  chez  l'auteur 
étant  pueent  (I,  251.  22),  je  tiens  pueierU  pour  une  mauvaise 
lecture  pour  puelenL  —  Quant  à  la  forme  picarde  puelmU 
voy.  ma  note  Trouvères  belges,  2«  série,  p.  381. 


(107) 


^aaintlery  =  cointier,  entourer  de  soins,  fêter,  II,  Hl.  16; 
réfl.,  faire  le  beau,  If,  63.  20.  Dérivé  de  Tadj.  cointe,  gra- 
cieux, aimable,  =  lat.  cognitus.  Pour  l'orthographe  par  ai, 
cp.  angl.  quaint,  acquainL 

^narlel,  objet  de  toilette  féminine  de  forme  carrée?  II,  27. 20 
(blans  warcollès,  blans  quariatis).  —  D'après  le  gloss.,  une 
étoffe;  j'en  doute. 

^neslr,  choisir,  1, 154.22.  Prononcez  keusir,  non  pas  quésir^ 
comme  écrit  l'éditeur. 

^aMerle,  illusion,  présomption,  folie  juvénile,  I,  22.  12  : 
Jovene  gent  sont  en  quideries 
El  petit  pensent  à  leurs  vies. 

^vlderlel,  présomptueux,  II,  46.  17  : 

Se  guident  quideriel  chcs  femmes  dechevoir 
Par  leur  habis  sauvages. 
Dérivé  direct  de  quiderie?  voy.  soteriel. 

^iilre,  voy.  cuire. 

%mi^rej  voyez  cuivre, 

*9aoleiis,  I,  349.  4  :  [Les  brebis] 

Scelles  oent  se  vois,  tost  lievcnl  les  oreilles. 

Mais,  quoien$  les  rewardent,  s'en  ont  grandes  merveilles. 

L'éd.  y  voit  le  lat.  quotiens,  toutes  les  fois  que;  je  ne  saurais 
m'y  rallier  et  je  lis  :  Mais  quoies  (=  tranquilles)  le  rewardenL 

*9iiiikler,  II,  92.  9.  10;  lisez  qunkier  et  voy.  kunkier. 


madot,  radotage,  subst.  verbal  de  radoter  (forme  précédée  de 
redoter),  1,288.  S;  II,  182.5. 


(  108  ) 

Ralme,  1.  ramille,  rainée  (pour  se  chauffer),  11,  188.  22; 
2.  pièce  de  bois  pour  déposer  ou  accrocher  les  habillements, 
11,201.12: 

En  nos  cambres  mettons  nos  dras  sur  une  raime. 

Dans  la  dernière  acception,  le  mot  représente  le  néerl.  roam, 
ail.  ramen,  cadre,  châssis. 

Ralle,  I,  302.  2S  : 

Leur  conseil  H  donnèrent  si  com[e]  soutil  ralle. 

Selon  Téd.  =  raillerie,  mais  cela  ne  s'accorde  pas  avec  la 
rime  et  se  prête  mal  à  la  pensée;  j'y  verrais  plutôt,  sinon 
râle  au  sens  de  murmure,  insinuation  (lat.  susurratio),  quel- 
que application  métaphorique  du  nom  d'oiseau. 

Ramage,  adj.,  1,  349.  9  : 

Mais  moult  fort  est  ramages  bicstes  faire  demiestes. 

L'éd.  prend  ramages  pour  un  subst.  et  traduit  :  «  action 
d'apprivoiser  »,  tandis  que  le  poète  veut  dire  :  ce  II  est  bien 
difficile  de  domestiquer  {faire  demiestes)  des  bétes  sauvages  » 
(sens  normal  de  l'ancien  adj.  ramage;  cp.  I,  224.  14). 

Ramenenr,  qui  ramène,  au  fig.,  1,  247.  8  : 

Ariés  vous  enviers  Dieu  tantost  un  ramemurt 

Ranne,  adj.,  las?  maté?  II,  174.  16  : 

Jamais  pour  haut  parler  femmes  ne  seront  ramier. 

Le  mot  m'est  inconnu  ;  l'éd.  l'interprète  dubitativement  par 
rana,  grenouille,  ce  qui  contrarie  à  la  fois  le  sens  et  la 
science  étymologique  ;  rana  a  donné  raine. 

Rassanner,  rassembler  (voy.  asanner),  II,  40.  28  : 
Et  se  rassanneroient  estudes  qui  sont  nues. 

C'est-à-dire  les  écoles,  maintenant  dépeuplées»  retrouvèrent 
des  auditeurs. 


(  109) 

RamU,  posé  (au  moral),  1,  SIS.  26  : 

Tar  dedens  et  dehors  ycstre  doivciil  rauiêises. 

J'ai  recueilli  le  mot  pour  en  constater  Tancienneté  ;  je  l'ai 
d'ailleurs  déjà  relevé  dans  mes  Trouvères  belges,  2«  série, 
p.  343,  à  propos  d'un  passage  des  Chansons  de  Jaque  de 
Dampierre  : 

Fine  biaulcs,  cuers  rans. 

J'y  ai  cité  aussi  asis  de  Guillaume  de  Palerne,  761  : 
...  pas  ne  Testuel 
A  chastoier  de  ses  paroles 
Qu'elles  soient  laides  ne  foies, 
Mais  mises  et  delitables. 

RatAkIer  (se)?  Il,  20.  22  : 

Or,  s'il  troeuvent  larons  en  leur  viviers  peskans, 
Li  rike  se  ratakent,  se  peut  on  les  meschans. 

Se  rattacher  pourrait  subtilement  s'expliquer  par  ce  se  rac- 
crocher, se  tirer  d'affaire  »,  mais  je  suppose  que  l'auteur  a 
voulu  dire  se  rakatent  (se  rachètent). 

Raterle,  indiscrétion,  11,  90. 14  : 

Car  boine  compagnie  doit  iestre  bien  privée, 
Ne  nulle  raterie  [n']y  doit  iestre  trouvée. 

L'interprétation  que  je  donne  ici  à  raterie  me  semble  com- 
mandée par  le  contexte,  mais  je  ne  me  dissimule  point  qu'elle 
ne  concorde  pas  trop  avec  celle  que  j'ai  émise,  dans  mon 
gloss.  des  Poésies  de  Froissart,  à  propos  de  l'adj.  raiier 
(c  qui  met  de  la  mauvaise  volonté,  qui  fait  des  difficultés  ». 
Dans  le  Chev.  aux  deux  épées,  v.  21,  on  lit  : 
Car  de  ce  n'iert  ratiers  ne  chices, 

ce  qui  confirme  ma  première  manière  de  voir.  On  peut  lever 
toute  difficulté  en  admettant  pour  raterie  un  sens  moyen  : 
égoîsme,  poursuite  de  vues  personnelles,  contraires  à  l'inté- 
rêt commun. 


(HO) 

Wim\imer  (se),  se  faire  connaître,  II,  S06.  ii  : 

A  riens  n*enteDdent  el  qu'à  leur  dras  deyiser, 
Moostrer  à  tous,  k  toutes  pour  eUe$  raoiter. 

Mmvolv.  Loc.  avoir  à  ravoir^  II,  103. 8,  oh  il  est  dit  du  moine 
qui  tent  à  faooir  (qui  vise  à  s'enrichir),  que 

A  le  mort  il  pora  bien  amir  à  raroir; 

II,  227. 18  : 

Chescun[s]  doit  avoir  peur  que  dont  n*at7  à  ravoir. 

Le  sens  est  «  se  mettre  en  dette  »,  bien  que  le  sens  contraire 
se  présente  plus  naturellement  ;  d'autre  part  «  donner  à 
ravoir  »  doit  signifier  «  mettre  en  perte  »  ;  I,  273.  24  : 

Il  ayment  mieus  Tavoir  que  leur  boin  Dieu  savoir  ; 
Dieus  se  taist,  se  donra  telles  gens  à  rawrir^ 

ib.,  291.4: 

C'est  chou  qui  les  Francbois  a  donnêt  à  ravoir, 

Cp.  II,  218. 19;  217.  3. 

Reanche  (à  grant),  à  grands  flots,  1,  72.21.  Cp.  rur,  jaillir, 
couler,  I,  72. 15. 

Rebatre  eti  taviemeSy  reprendre  le  chemin  des  tavernes,  1, 
377.  20. 

Recholte,  1, 140. 4  (prose)  :  vendages  de  grains  et  de  rechoUes, 
—  Le  sens  est  récolte;  cp.  151.  24,  recepte, 

Rrelncler,  rincer,  1, 116. 13  : 

Aucun[s]  de  leurs  boins  vins  ses  hanas  en  rtdnee, 

Voy.  sur  ce  verbe  (=  lat.  *  receiiiiare)^  mon  Appendice  à  la 
dernière  éd.  de  Diez,  p.  773  ^.  —  La  loc.  rincer  ou  arroser 
son  verre,  =  boire,  s'entend  encore. 

^  Une  Forme  ralncier  se  trouve  dans  Barbazan  fi,  585, 2417,  mais  elle  pour- 
rait bien  être  indépendante  de  notre  mou 


(IH) 

meelner  =  lat.  *recenare,  faire  le  repas  du  soir;  fig.,  par 
allusion  à  la  Cène  (cp.  ail.  Abendmahl,  Nachtmahl,  angl. 
Lord^s  supper),  jouir  de  la  communion  avec  les  saints,  I, 
316.  24  : 

Ed  paradis  lasus  sans  fia  poist  reeinerl 

Il  se  pourrait  bien  aussi  que  reciner  fût  une  imitation  de 
qnUari,  qui,  dans  la  basse  latinité,  était  devenu  synonynfe 
de  c<  laetari,  exsultare  ».  Nous  dirions  aujourd'hui  «  s'as- 
seoir au  banquet  des  élus  ». 

meer«able,  récréatif,  amusant,  I,  300. 28. 

medalsier,  reculer,  se  refuser,  hésiter,  1,  278. 18  : 
D'onnerer  Sainte  Église  jamais  ne  redaisiés-j 

II,  11.  8  : 

Chius  qui  de  cuer  le  sert  et  de  riens  ne  redaise, 
Cp.  encore  II,  28.  9;  189. 16;  244. 20.  Je  ne  me  rends  pas 
compte  de  Tétymologie  de  ce  verbe,  inconnu  aux  diction- 
naires. Faut-il  le  rattacher  à  l'adj.  aise,  satisfait,  content,  ou 
à  lat.  *  haesarCy  hésiter  ? 

medeiranehe,  obligation,  reconnaissance,  II,  48.  20  : 
Se  devés  tout  à  Dieu  moult  grande  redevanche. 

meel,  royal,  I,  282.  30  : 

On  puet  bien  dire  d'iaus  qu'il  sont  du  tout  reeL 

me  ra  {aller  sour  le),  II,  87. 21  : 

On  wagne  bien  à  celles  (c.-à-d.  marckandites)  qui  sont  loyalment 

prises, 
S'on  va  sour  le  re  fa,  dès  lors  sont  tost  reprises; 

H,  73. 1  : 

On  va  »ur  le  re  fa,  se  vit  on  d'avantage. 

Ce  proverbe  musical  doit  signifier  «  aller  de  travers,  user 
de  voies  tortueuses,  manquer  de  droiture  »,  mais  quanta  le 
justifier,  j'y  renonce. 


(  "2) 

Refooser  les  hatias,  vider  les  coupes?  Il,  264.  18  : 
Bien  volés  que  souvent  les  hanas  on  refonse. 
Le  contexte  ne  permet  guère  de  s'expliquer  autrement  l'ex- 
pression. Nous  disons  bien  encore  familièrement  «  examiner 
le  fond  d'une  bouteille  »  ou  «  boire  à  fond  »;  le  terme  fonser 
le  hanap  n'est  donc  pas  trop  étrange  ;  le  préfixe  re  n'a  peut- 
être  pas  plus  de  valeur  que  celui  de  remplir;  sans  cela  il 
peut  marquer  l'itération. 

Reflroltoir,  refrotoir,  I,  133. 14;  302.  25,  réfectoire. 

Registre,  relation,  récit,  f,  9.13;  113.26;  II,  277.  7;  re- 
gistrer,  mettre  par  écrit,  I,  89. 11  ;  123. 18;  153.  22. 

Re^ne,  masc,  aussi  reine,  renne,  rêne  (non  pas  «  règle, 
ordre  »,  comme  dit  le  gl.).  —  Tenir  règne,  se  refréner,  se 
modérer,  I,  22.  21  ;  116.  4;  215. 14;  II,  121.  25;  186.  22. 

Retrait,  =regrat,  au  sens  de  reliefs?  I,  271. 16  : 
Un  pau  de  regrait  ont  à  ie  fois  à  ces  monnes. 

Recréant  TU,  82.2  : 

Precheus  wagnent  petit,  souvent  sont  recréant. 

Ce  ne  peut  être  regrettant  ;  j'y  vois  plutôt  le  bas-lat.  regra" 
dare,  reculer  dans  ses  affaires,  rétrograder. 

Reialchler,  relaicier,  réjouir,  I,  256.  4,  382.  9;  II,  268.  2S. 

—  Dérivé  de  laiche  «=  leaiche,  liesse.  L'éd.  a  confondu  ce 
verbe  avec  relaiscier. 

Relaiscler,  1.  pardonner  (les  péchés),  I,  243. 12;  391.10; 

—  2.  quitter  qqn.  (d'un  service),  1, 178.  27  ;  344.  27. 

Relaxer,  lâcher,  perdre,  1,  152.  3  («  l'honneur  »);  faire 
grâce  (d'une  dette),  1, 194.  23  : 

Nuls  de  ti  le  paiage  ne  le  puet  relaxer. 

'^  Relies,  1,164.22  : 

Grains,  biens,  deniers,  relies  as  pauvres  aumosncr. 
Lisez  reliés  (reliefs). 


meUer,  fig.,  trop-plein,  II,  194.  4  : 

Dou  reHef  de  vo  coer  grant  part  nos  ammonnés. 

Reliés;  dans  la  phrase-exclamation  «  voist  aooec  les  reliés  », 
II,  90.  21.  Cette  phrase  proverbiale,  dont  je  ne  connais  pas 
le  sens  précis,  signifie  à  la  lettre  :  «  Que  cela  aille  avec  les 
reliefs  (de  la  table)  »!  L'éd.  erre  du  tout  au  tout  en  traduisant 
(interrogativement)  par  :  joyeux?  bons  vivants?  —  Voy.  aussi 
rdics. 

Reliirloii  =  ordre  monastique,  traité  en  masculin?  1, 175. 28  : 
Sur  tous  religionê  comment  est  bien  dotée. 

Remans  =  romans  (langue  romance  =»  roman),  I,  355.  20  : 
Onques  mais  en  remam  ne  fu  troavet  tel  cose. 
Peut-être  une  simple  faute  typographique. 

Remfeatre,  retomber;  subst.,  rechute,  II,  265.  26  :  [Car  je 
doupte  le  mort ...] 

Et  en  estât  d*aveule  trop  forment  le  rembalre, 
Cp.  pi.  h.  rebatre. 

Remlrer  («e),  se  rappeler  à  Tesprit,  I,  349. 13  : 
Une  cose  souvent  de  prêtas  me  remire  (1.  remir). 
Se  remirer  à  qqch.,  en  tirer  exemple  ou  instruction,  I, 
106.  24  : 

Or,  t'avise  sour  chou  et  souvent  t'i  remire; 
ib.,  163.25: 

Mais  chiuls  qui  le  lira,  s'il  vuelt,  se  s'i  remire. 

Remettre,  v.  intrans.,  fondre,  disparaître,  II,  218.16  (en 
parlant  de  la  neige);  fig.,  185. 13  : 

Au  jour  d'uy  consciences  sont  en  pluseurs  remises. 

Bemordre,  éprouver  du  remords,  I,  354. 14  :  [Escrire] 
Chou  dont  11  conscicliche  remorderoil  au  lire. 

Subst.  remortion,  remords,  1, 12.  9  ;  117.  23;  38Ô.  27. 
Tome  XXXVII.  8 


(H4) 

Remples  (faire  des),  remplir  sa  boutique,  1, 110.  24  : 
Che  sevcDt  lavrenier  qui  pour  yaus  font  des  rempla. 
L'éd.  traduit  :  «  faire  des  additions  ». 

Bcamyer  (à),  de  rechange,  en  abondance,  II,  1K4. 19  : 
Avoir  à  leur  pooir  des  dras  à  remuyen. 

Cp.  Ph.  Mousket,  5421  :  cevaliers  qui  dras  orent  à  re- 
muier[s];  Gauthier  le  Long  (de  Toumay),  la  Veuve,  133  :  Et 
veste  reube  à  remuiers.  Voy.  sur  cette  loc.  adverb.  ma  note 
Trouvères  belges,  p.  340  ;  celle  du  prof.  Tobler  de  Berlin, 
à  laquelle  je  m'y  réfère,  a  été  enrichie  dans  sa  2«  éd.  du  Dtf 
dou  vrai  aniel^  qui  a  paru  cette  année. 

Reneraseier,  v.  act.,  enrichir,  I,  253. 16  :  [Pour  no  salut 
volt  il  ...] 

Osier  de  nous  tous  visées,  de  virtus  renerascier. 
Le  régime  du  verbe,  nous^  est  à  suppléer. 

Renfrier  ^^engier,  se  multiplier,  pulluler,  I,  384. 23  : 
Gomment  voit  on  rengier  au  jour  d*ui  trestous  visées. 

Renne,  voy.  règne. 

Repaire  {ou  ou  sur  /e),  sur  le  retour  (de  Tàge),  I,  339.14: 
Je  su!  mais  trop  anchiens,  je  voys  tur  le  repaire  ; 
II,  10.  20;  322. 16. 

Reparer,  réhabiliter,  II,  125. 5  : 

El  humaine  Hgnîe  par  vo  mort  reparasies. 

Repentir.  Le  futur  repemterés  II,  203.  28  est  une  licence 
amenée  par  la  rime. 

Repine,  rapine,  I,  41.  7  ;  ailleurs  rapine.  II,  85.  23. 

Reponnenr,  qui  met  de  côté,  receleur,  1, 223. 8  : 
S'en  voit  on  des  pluseurs  grant  avoir  repomuurë. 
Notez  la  construction  de  ce  subst.  avec  l'accus.,  comme  s'il 
y  avait  reponnanl. 


(  us  ) 

I,  participe,  lat.  repostus,  caché,  I,  43.  25  : 
Et  si  ay  plus  mis  men  propos 
Là  il  y  a  pau  de  repos  : 
G*e8t  en  besoignes  seculeres. 

Au  fëm.  repuse^  I,  48. 4  (lisez  si  repuse  p.  se  repuse). 

Reprendre,  redresser,  I,  23S.  9  : 

Dicus  nos  doinst  si  nos  vies  et  nos  pekiés  reprendre. 

Résina  =  resigna  (abdiqua),  II,  301.  H  (op.  ib.  38);  plus  loin, 
303. 13,  resigm. 

Resist,  iinpf.  subj.  de  rire^  II,  263. 14  :  [Je  vosisce...] 
De  mes  dis  et  mes  fais  que  chescuns  en  renst» 

Véà.  interprète  ce  mot  comme  un  subj.  de  reseoir ^  qu'il 
traduit  arbitrairement  par  a  se  contenter  »;  si  même  cette 
valeur  de  reseoir  était  admissible,  il  faudrait  en  tout  cas,  à 
rimpf.  du  subj.,  resesisL 

ReskeAt,  échu,  rentré  comme  revenu,  II,  298.  2  :  [Je  désire 
que  de  votre  administration] 

Uns  registres  vrais  en  soit  fais 
Et  des  comptes  uns  boins  estrais 
Combien  il  vous  est  reskeût, 

Reslalehier,  réjouir,  e  ra  -t-  eslaichier  (cp.  pi.  h.  relai- 
chier),  II,  97.  2. 

Resorter  s=  resortir,  1.  neutre,  se  présenter,  paraître,  I, 
277. 11  : 

Pour  oïr  les  sîervices  là  (=  où)  doivent  resorter^ 
II,27.20:[Jevi...] 

Depuis  blans  warcollès,  blans  quarîaus  resorter. 
Au  vers  1, 164. 14,  il  est  dit,  à  propos  des  fonctions  du  pré- 
vit, qu'il  incombe  à  celui-ci  de  : 

Le  fais  dou  temporel  dessous  Pabbet  porter  ; 

Faire  tout  chou  dehors  par  dedans  ressorier. 


(  116  ) 

Le  sens  de  ce  passage  reste  douteux.  «  Faire  connàtire  au 
couvent  ce  qui  se  passe  au  dehors  »?  Ou  c<  faire  rentrer  tous 
les  produits  de  l'extérieur  »?  —  2.  Avoir  son  recours,  II, 
137.  20  :  A  lui  dont  resorlés.  —  L'éditeur  répartit  notre 
verbe  sur  deux  articles  ;  d'abord  resorter  (pour  notre  2»  ex.) 
=  choisir,  porter  (avec  un  ?);  puis  ressorter  (pour  notre 
3«  ex.),  résider,  exercer  son  autorité.  Il  s'est  trompé  les 
deux  fois. 

Respiter,  qui  est  le  même  mot  que  le  mod.  respecter  (avoir 
égard,  tenir  compte),  se  produit,  chez- notre  auteur,  avec  les 
acceptions  suivantes  :  épargner,  ménager  1, 166.20;  198.8; 
II,  35.  6;  94.  2;  respecter,  avoir  des  attentions,  prendre  en 
affection,  I,  204.  24;  281.  27;  393.  6.  —  Selon  le  gloss.  : 
c(  sauver,  garantir  ». 

Reuponderesiie,  en  parlant  de  servantes,  «  qui  a  la  ré- 
plique prompte  »,  II,  83. 13. 

Respuer,  lat.  respuere,  1, 195.  24;  206.  8;  244. 15. 

Restât,  subst.,  reliquat,  solde,  I,  5. 18  : 
S'a ro lit  au  compte  boin  restai. 

Retarder,  mettre  obstacle,  arrêter  (un  mal),  II,  198.  7.  — 
Retardation,  empêchement,  obstacle,  I,  288.  20. 

Retenir,  soutenir,  prétendre,  II,  4.  22  : 

Car  nuls  à  conscicnchc  ne  le  poet  retenir. 

Entretenir,  I,  345.  9  : 

Leurs  maisons  et  leurs  lieus  noblement  retenaient^ 
Demêmell,  58.9;65. 16. 

Retenue,  mémoire,  II,  18.  6  (selonc  me  retenue). 

"^Retluer,  I,  254. 1  ;  317. 1  ;  corrigez  retenir. 

Retourner,  récompenser,  payer,  II,  108. 11  : 
On  est  mal  retournel]  ensi  ne  fait  on  mie. 


(H7) 

Retùurtier  pourrait  aussi  signifier  récompenser  I,  334.  4  : 

Les  biens  (==  vertus)  sara  bien  DieuSf  quant  voira,  reiomer^ 
mais  les  rimes  attestent  que  le  mot  doit  être  lu  retrouver. — 
Emploi  impersonnel,  I,  274. 13  : 

S^àutremcnt  naretourne,  vivre  mains  anicroie 
(sa  si  les  choses  ne  prennent  une  autre  tournure). 

Retoas  (subst.  participial  de  retollir)y  reprise,  retranchement, 
privation,  II,  194.  21  (il  s'agit  de  «  ce  mauvais  siècle  »)  : 

El  se  ne  sofferruit  de  nulle  riens  retofu. 
Je  n'aflSrme  pas  avoir  bien  compris  ;  en  tout  cas  je  rejette  la 
traduction  du  gl.  :  «  guérison  ». 

Beave  s»  reue^  roue,  II,  45. 13  : 

On  dist  que  toudis  brait  au  kar  li  reuve  pire. 

Le  texte  nous  donne  renée.  J'ajoute  cependant  que  ce  reuée 
(que  l'éditeur  ne  devait  pas  admettre,  puisqu'il  gâte  le  vers) 
me  semble  plutôt  altéré  de  ruée  (prononcez  retie)^  qui  est  la 
forme  dominante  chez  Ph.  Mousket. —Ailleurs  roe,  1, 259. 6. 

Révéler,  révéler,  manifester,  I,  241. 19;  247.  7;  II,  31.  25; 
34.13. 

Révéler,  prés,  revielle^  s'amuser,  I,  140. 13  (On  dist  que,  là 
n'a  kat,  que  soris  y  revielle);  240. 13;  311.  24;  II,  135.  26. 
—  Reveleus^  ami  du  plaisir,  II,  176.  4. 

Révéler  (se),  se  rebeller,  I,  296. 14;  II,  21.  3  : 
Defaute  de  justice  fait  subgis  révéler. 

Revenir  à,  tirer  son  revenu  de,  I,  288. 12:  [Prince...  so- 
loient...  leurs  subgis  tous  en  pais] 

A  leurs  boins  hirctagcs  laissicr  tous  revenir, 

*Revoaea,  I,  320.  4  : 

A  men  eleclîoD,  quMI  cassa,  revouca. 
Leçon  impossible;  lisez,  sans  rien  changer  au  manuscrit, 
renonça. 


(118) 

Ries  (à),  en  friche,  II,  293. 33.  —  Voy.  le  Dictionn.  wallon 
de  Grandgagnagei  v<>  rièzes^  et  ma  note^ 

Rirai,  futur  de  raier  (retourner),  I,  191.  27  : 

A  parler  des  noirs  monnes  saîot  Benoit  me  (1.  m'en)  rirai, 

^RlMle,  1,63.33: 

Luxure  les  accusera 

Et  un  faus  risaie  leur  fera. 

Forme  impossible,  d'ailleurs  contraire  à  la  mesure;  lisez 
risait^riset,  ris,  moquerie;  cp.  Il,  164. 19  : 

Se  fait  on  un  riset  de  diffamation. 

Notre  ms.  ne  distingue  pas  entre  è  et  ai. 

River  par  nuit,  ribauder,  II,  111.  2.  On  connaît,  avec  le 
même  sens,  les  formes  riber,  ribler  (voy.  Fart,  rtftauddans 
mon  Dict.  d'étymol.),  mais  cette  bonne  forme  française  river 
m'apparalt  ici  pour  la  première  fois.  —  Le  gioss.  («  marcher 
au  hasard,  de  là  le  mot  mod.  dériver  »)  l'a  tout  à  fait  mé- 
connu. 

Robin?  11,88.20: 

Ches  gens  de  tous  estas,  chil  robin^  ches  mares. 

Homme  de  robe?  J'hésite,  parce  que  robin  dans  ce  sens  ne 
parait  pas  remonter  si  haut.  —  Finassier,  débauché?  (voy. 
LîttréroWn  2).  —  Voleur?  mot  formé  sur  rober'i 

Roborer,  confirmer,  I,  338.  8. 

Roiaalme,  gouvernement,  1,  291. 2S  : 

Li  debas  dou  royaulme  ces  deus  règnes  moult  griève. 

Rois,  nom.  sing.  de  roU^  rigide  (auj.  roide,  raide)^  II,  126.  il  : 
0  roys,  îestre  dois  roys^  se  tu  voes  bien  régner. 
Non  pas  =  lat.  reclus,  comme  pense  l'éditeur. 


(  119  )       - 

Rotoant,  frais,  II,  295. 1  : 

Car  caut  faisoit,  non  jias  roisant. 
Le  gloss.  dit  :  «  Du  verbe  roiser^  être  beau,  en  invoquant 
roU  (dans  Roquefort)  =  rayonne,  brille,  est  beau  ».  Je  cite 
sans  observation.  —  Voici  le  seul  cas  du  mot  roisant  qui  me 
soit  encore  apparu;  Richard  le  Beau,  899  : 

Boisant  fist  à  la  matinée, 

Car  moût  iert  froide  la  rousëe. 

L'éditeur,  M.  Fôrster,  traduisait,  par  conjecture,  «  gelée 
blanche  ».  Hais  depuis,  les  philologues  qui  se  sont  occupés 
du  mot,  sont  tombés  d'accord  pour  lui  i*econnaitre  le  sens 
a  frais  »;  Tobler,  d'abord,  qui  cite  quelques  autres  passages 
(Gôttinger  gelehrte  Anzeigen,  1874,  p.  1042),  G.  Paris,  Ro- 
mania,  IV,  480,  Mussafia,  qui  dès  1873  a  signalé  l'italien 
(dialecte  du  Nord)  resentCj  Beitrag  zur  Kunde  der  nord-ital. 
Mundarten  im  XV.  Jahrh.  p.  95  et  Zeitschr.  fur  rom.  Philol., 
1879,  p.  271.  Tous  les  trois  assignent  à  roisant  comme  éty- 
mon  le  lat.  recentem  ^. 

Moutery  faire  route,  cheminer,  marcher,  1, 158. 16  : 
Moult  en  fait  en  iniier  par  grans  routes  («  troupes)  router; 
cp.1, 149. 11;  175. 16;  II,  253.16. 

maé  r  1, 152. 23  (où  l'auteur  dit  que  la  couleur  noire  est  passée 
de  mode)  : 

Quant  on  flaire  le  noir,  on  H  dist  :  vous  pues, 
Ostés  nous  ces  viesturcs,  envoyés  les  rués. 

Gomme  il  s'agit  d'une  couleur,  j'écarte  une  explication  par 
lat.  rugatttë^  plissé.  —  Serait-ce  «  couleur  de  rue  »? 

Rniel,  dim.  de  ruiy  ruisseau,  I,  252.  21. 

Bniler,  régler.  Voy.  sous  vuilei\ 

^  L*U.  resente  vient  en  dernier  lieu  d*étre  relevé  par  Tobler  dans  :  Das  Buch 
des  Uguçon  da  Laodho  (Berliu,  1884X  p.  49. 


(120) 

Rainer,  ruiner,  ui  étant  traité,  contre  l'usage,  comme  mono- 
syllabique (cp.  ruire),  1, 160. 24  : 

Empris  bien  les  avoient  de  tout  en  tout  ruiner, 

Ralre,  1,251.24: 

Empaichant  n*oscront  sur  yaus  ruire  ne  nuire. 
Non  pas  c<  s'élancer  »,  comme  dit  le  gloss.,  mais  =lat. 
«  rugire  »,  hurler. 

Raner,  murmurer,  parler  indistinctement,  II,  115.  28  : 
Sages  bien  emparlés  n'a  talent  de  rutier. 
C'est  l'ail,  raunen  (anc.  rûnen\  susurrare,  angl.  roun.  —  Le 
gloss.  l'explique  fautivement  par  ruminer. 

Ruser  =  re  -*-  user,  avoir  commerce,  cp.  lat.  uti,  II,  128. 8  : 
A  blangeurs,  à  gengleurs  ne  doit  nuls  roys  ruser. 
Ailleurs  synonyme  de  moiener^  1, 186.19,  ou  trufer,  II,  90.11, 
mais  dans  ces  sens  c'est  un  homonyme. 

Rases,  paroles  attrayantes,  séductions,  II,  182.  21. 

S  précédant  une  consonne  et  fondé  sur  l'étymologîe  était, 
dans  beaucoup  de  cas,  devenu  muet  ;  abime  rime  avec  rime^ 
sublmCj  limCj  et  l'on  voit  indifféremment  orthographiés  blâ- 
mer et  blasmer^  acemet  et  acesmet.  —  Par  contre  cette  con- 
sonne s'est  glissée,  par  le  caprice  des  scribes,  dans  beaucoup 
de  mots  où  elle  n'a  que  faire;  j'ai  noté  pour  Gilles  esglise  I, 
363. 18,  eswille  (aiguille),  ib.  217.  23,  sesme  (de  semer)  II, 
88.  22,  mais  je  rappellerai  pour  Phil.  Mousquet  les  cas 
comme  crismeSy  gaiisnes,  resne, 

^  fort  ou  $8  est  très  souvent  écrit  se  :  laisdery  abasdet^  puis- 
cent  (puissent).  Il  en  est  de  même  de  son  équivalent  c,  ainsi 
visée,  serviscCy  grasce. 

Salent  =  seent  (de  seoir),  II,  33.  26. 


(121  ) 

Salnteller,  sens  neutre,  être  sanctifié,  I,  348.  34  : 
Ensi  prélat  pluscur  jadis  saintefioient, 

SakM,  II,  348. 10  : 

Aa  jour  d'ui  par  le  siècle  sont  toutes  bontés  sakes, 

La  rime  veut  saces.  Adj.  verbal  abstrait  de  sakierj  piller, 
épuiser?  Le  gL  traduit  «  rejeté,  mis  au  rebut  ». 

Sakier,  sacieTy  1.  tirer,  fig.  tendre,  travailler.  II,  378. 13  : 
Preudhomme,  preudcs  femmes  vont  saeanl  et  tirant; 
3.  saccager,  dépouiller,  II,  87. 13  : 

Trop  boin  fcroit  sacîer  les  maisons  gloutcnie. 

Saler,  mettre  en  sel  un  mort  pour  le  conserver?  II,  363.  3  : 
On  ne  voit  de  ches  mors  c'en  en  voist  nul  saler, 
Mais  on  les  voit  souvent  en  fosses  avaler. 

Sanchler,  act.,  rassasier,  satisfaire,  I,  304. 11  : 

Comment  que  jovenes  cuers  le  volonté  en  sancke. , . 
Réfl.,  pr.  en  avoir  assez,  puis  se  passer,  renoncer,  I,  333. 17  : 
Et  par  empaichcment  ou  faire  s*en  sancha. 

Ce  verbe,  propre  exclusivement  au  nord-est  de  la  France, 
est  la  forme  écourtée  de  essanchier^  comme  sUlier  de  essillier, 
saier  de  essaier,  etc.  (voy.  sewer).  II  y  eut  un  temps  où  j'assi- 
milais essanchièr  à  estanchier,  étancher,  arrêter  (voy.  mon 
gloss.  des  Poésies  de  Froissart,  v<*  sanchier)  et  ob  je  défen- 
dais, sur  d'autres  faits  encore,  la  théorie  de  st^^ss;  mais 
j'ai  cru  devoir  me  rendre  à  l'opposition  que  m'ont  faite  les 
maîtres  en  cette  matière.  Les  deux  étymologies  qui,  après 
moi  et  contre  moi,  ont  été  tentées  jusqu'ici,  sont  celles  de 
Tobler  et  de  G.  Paris.  Le  premier  propose  exemptiare  (Gôt- 
tinger  Gel.  Anz.  1877,  p.  1633  et  ss.),  mais  ce  qui  la  contra- 
rie, c'est  que  l'examen  des  rimes  écarte  forcément  un  type 
avec  en  au  lieu  de  an  ;  G.  Paris,  en  présence  de  ce  défaut  et 
voyant  dominer  dans  essanchièr  l'idée  foncière  «  guérir,  cal- 


(  122  j 

mer,  assouvir  »,  pose  l'étymon  sanitiare^  retrouvé  danis  un 
ancien  texte  récemment  exhumé  sous  la  forme  essaiiider;  il 
en  fournit  la  justification  Romania,  VIII,  26S. 

Sanelelle  «  lat.  salicella^  dim.  de  salix,  fr.  sauk^  II,  256. 4  : 
On  fait  de  ches  saueielles  crestîns  et  corbisons. 
Non  pas  saussaie,  comme  traduit  l'éditeur. 

Sandoyer,  faire  de  la  dépense,  II,  88.  19. 

Saa¥ei;lne,  fourrure»  pelleterie,  I,  204. 1  : 

Branettcs,  tauveginet,  les  devons  nous  porter? 
L'éd.  traduit  a  étoffes  grossières  ». 

Se  =  sen^  fr.  son  (lat.  suum).  Ce  pronom  possessif  (cas  régime) 
apparaît  des  centaines  de  fois  concurremment  avec  sen.  Aussi 
me  suis-je  dit  qu'il  devait  y  avoir  là,  de  la  part  du  scribe,  une 
simple  négligence  de  la  barre  horizontale  (marquant  n)  au- 
dessus  de  Ve.  II  me  semblait  que  ce  se  venant  à  coïncider  avec 
le  fém.  se  »  sa  et  que  l'analogie  de  me,  te  =  men,  ten  ne  se 
présentant  pas,  se = sen  devait  être  repoussé,  et  que,  même  si 
le  peuple  en  faisait  un  fréquent  usage,  il  n'était  pas  probable 
qu'un  écrivain  comme  le  nôtre  se  le  fût  approprié.  Cepen- 
dant les  monographistes  du  dialecte  picard  que  j'ai  consultés, 
citent  tous  se  »  sen  parmi  les  traits  distinctifs  de  ce  dialecte. 
Quoi  qu'il  en  soit,  je  ne  pense  pas  qu'il  puisse  être  toléré 
devant  une  voyelle  et  je  tiens  se  angele  (1, 94. 15)  pour  abso- 
lument fautif. 

Séenlarltéfl,  sentiments  de  mondanité,  1, 26. 16;  II,  122.  lo. 

*Seeatear,  mot  introduit  dans  le  texte  par  méprise;  lisez I, 
361. 19  au  lieu  de  «  Quant  il  quident  morir,  et  secuteurs 
eslisent ...  »,  ainsi  :  «  . . .  morir,  ecsecuteurs  eslisent  ». 

Semenehler,  répandre,  I,  79. 19  : 
Car  oster  voel  impatienche, 
Que  11  malvais  souvent  semenehe 
En  chiaus  qui  ont  ou  coer  grevanche. 


(  123  ) 

Publier,  divulguer,  I,  241. 16  : 

Dou  bien  que  soloit  yestre  tout  partout  ietnenchiét  ; 
II,  20.  8  : 

De  toutes  gentieus  gens  vocl  leur  fais  semenchier, 

8enal0,  petits  rubans,  II,  29.  9  : 

Traiches  de  kcvelure  de  $ma%$  assanlëes. 
Selon  moi,  il  s'agit  de  «  tresses  de  cheveux  retenues  par  des 
sei^  »,  c.-à-d.  signets  ou  petits  rubans.  —  Le  gl.  dit  au 
hasard  c<  ornements  de  chevelure  ». 

«cpelir,  lat.  sapeiire,  1, 139. 14;  II,  298.  26  ;  299.  9. 

iicnle  (courir)^  courir  sus  [seule ^=^ seure) ^  I,  297.  18;  II, 
221.  23.  Pour  la  mutation  de  r  médial  en  /,  je  rappelle  les 
mots  actuels  échalas  (a.  fr.  escaras),  pèlerin ^  pcUefrai^  et 
dans  Tanc.  langue  contralier  p.  contrarier.  A  Tournai  on  dit 
encore  aujourd'hui  Kateline  p.  Catherine.  Voy.  aussi  attoli- 
sieTy  cotûetier. 

fSewer  un  vivier,  le  vider,  1, 184.  8  : 

Pour  avoir  gros  poissons,  les  grans  viviers  on  tetve. 

Prononcez  sewe.  —  Forme  écourtée  de  esseiver,  lat.  "exa- 
quare  (cp.  mon  art.  sewer  dans  le  gloss.  de  Froissart). 

Sleelcufl,  mondain,  I,  201. 17;  II,  6.  3;  192. 19. 

Slermoehlnatlon,  latinisme,  prédication,  II,  149.21. 

^Slffoerles,  II,  43. 24;  lisez  singeries  (cp.  I,  278.  9  et  26). 

Sllcnclie,  fém.,  II,  88.23  («  là  n'a  nulle  silenche  »). 

mmer  ^essillier,  détruire,  mortifier,  I,  219.  27  : 

Souvent  pour  Dieu  servir  devos  coers  sen  eorps  «tUe. 

Slma^rée  {jouet*  à  ou  à  le),  feindre,  se  dissimuler,  II,  14. 22; 
32. 20;  182. 4.  Locution  d'autant  plus  digne  de  note  que  Lit- 
tré  n'a  pas  d'exemple  antérieur  au  XVI*  siècle. 


(124) 

Hlnsot,  gros  singe,  I,  278. 10;  276.  9. 

Slnl0trer,  v.  act.,  faire  manquer,  gâter,  I,  286.  23  : 
J'en  poroie  moult  bien  tout  men  fait  (poème)  «ifiûfrer. 
Sens  absolu,  échouer,  manquer  (à  la  vérité),  I,  123.  20  : 

...  etdou  ministrer 
Celle  forte  matière,  moult  eriene  le  $im$trer; 

I.  300. 11  : 

Pour  voir  à  mon  pooir  dire  sans  sinistrer. 

Sir  =  seoir,  1, 147. 18,  et  souvent;  forme  variant  avec  sâr  (I, 
148. 18  ;  189. 28)  et  seoir  (1, 161 .  23).  —  Cp.  vir  =  veoir,  véùr. 

Soëler,  rassasier,  I,  109.  9;  les  rimes  exigent  la  forme 
concurrente  sooler, 

Soler  (an),  à  la  moisson,  II,  188. 12  :  [Si  on  faisait  du  bon 
travail  dans  les  champs,] 

En  vendenges  scroit  trouvet  et  ou  soyer, 

Soloir,  voy.  s.  doloir.  —  Équivalent  à  «  esse  solere  i>  (cp.  po- 
oir), ï,  107.  28  : 

Remplies  de  boins  clers  les  estudcs  Botoient. 

Somme,  histoire,  récit,  1, 323. 12;  II,  182. 10. 

Honne,  bruit,  cancan,  calomnie  (non  pas  «  songes,  rêves  », 
comme  dit  le  gl.),  I,  247. 19  : 

Pour  mi  du  tout  oster  d*autres  mauvaises  «onti«f  ; 

II,  267. 13  : 

Or  le  faites,  dans  abbes,  que  de  malvaises  $onni$ 
Vous  voelle  Dieus  warder,  vos  gens  et  tous  vos  raonnes. 

Subst.  verb.  de  sonner,  dire,  énoncer,  signifier  (I,  41.  29; 
170. 7;  180. 27;  11,118.18). 

Hommicr,  réfl.,  prendre  soin,  1, 184.  20;  188.26;  213.20.— 
Sur  la  forme,  voy.  pi.  h.  etisonnïer. 


(  123  ) 

florder,  souiller,  décrier,  I,  97. 11  : 

Qu'cnsi  se  sont  sceûl  tarder 
De  (lesfautes  et  des  pcckics  . . . 

II,  187.  20  : 

Je  di  que  nuls  ne  doit  de  tels  9cii  cuer  sorder. 

Du  subst.  lat.  sordes.  —  Cp.  order. 

Horer^  sécher,  11,  178.  13;  206. 16.  —  Forme  écourtée  de 
essorer  (lat.  exauraré). 

*(torlée0,  voy.  sorler. 

Sorler,  soulier,  II,  28.  27  :  Estrois  sorlers  à  las.  —  L'éd.  a 
écrit,  et  dans  le  texte  et  au  gloss.,  sorlées,  qui  pèche  à  la  fois 
contre  la  grammaire  et  le  mètre.  —  Ce  mot  est  encore  usuel 
en  rouchi  (voy.  Hécart);  notre  auteur  en  emploie  le  dimi- 
nutif «or/eri^/,  II,  193. 1  :  sorleriaus  sans  caucettes. 

^Sorrc,  I,  28. 1  : 

Priestres  qui  doit  pekeurs  absorre, 
Les  doit  bien  arguer  et  sorre^ 
Escrutiner  les  consciences... 

Je  corrige  forre,  lat.  fodere^  fouir,  creuser,  fig.  scruter. 

Soterlel,  sot,  nigaud,  I,  242.  3;  II,  30.  3;  34. 12;  46.  22. 
Ce  mot  est  bien  connu;  moins  bien  Test  sa  formation. 
Au  début  de  mes  lectures  critiques  de  vieux  textes, 
dans  les  notes  jointes  à  mon  éd.  de  Baud.  de  Condé  (elles 
datent  de  1866),  je  ne  le  connaissais  pas  encore  et  je  me 
laissai  aller  à  proposer  dubitativement  une  dérivation  de 
sauteur  (au  étant  écrit  o).  C'était  une  balourdise  de  novice. 
Dans  le  glossaire  de  Froissart  (1874),  je  n'en  soufflai  plus 
mot  et  expliquai  soteriel  comme  issu  de  sot  à  la  façon  de 
lapereaUj  poetereau.  Je  maintiens  encore  cette  manière  de 
voir  pour  le  petit  nombre  de  mots  façonnés  ainsi  dans  la 


(  126  ) 

langue  ancienne  (ma  mémoire  ne  me  suggère  que  quiierid^ 
soteriel,  lechmetj.  J'ai  relevé  encore  soteriel  dans  le  Songe  de 
Paradis  de  Raoul  de  Houdeng,  473  (voy.  mes  Trouvères 
belges,  2*  série,  p.  367),  où  la  signification  ne  fiait  pas  doute; 
mais  je  me  demande  s'il  s'agit  du  même  mot  dans  Barlaam 
et  Josaphat,  p.  183,  v.  34  : 

Une  autre  fois  en  fo/ere<, 
Se  mua  pour  Anthiopé, 

ob  soterel  doit  équivaloir  à  satyre. 

*  Soncleament,  I,  90.  2;  corrigez  sotUieument  (adv.  de  sou- 
«/);cp.  1, 144.21;309.3. 

fitenfllflaiiee,  modestie  dans  les  prétentions,  I,  376.  4  ;  II, 
7.  28  ;  contentement,  1, 48.  8. 

Souffrir  (0e),  prendre  patience,  1, 950. 20  ;  souffrant,  patient, 
indulgent,  1, 167. 17  ;  souffrance^  tolérance,  I,  229. 26. 

Soapeehonneafl  [lieus],  Jieux  suspects,  II,  110. 19. 

Soaqnler.  soupçonner,  II,  205.  8  : 

Li  malvais  sur  le  boin  onqnes  nul  bien  ne  souke. 

L'éditeur,  séduit  sans  doute  par  le  flam.  zookeii^  propose  la 
trad.  ((  chercher  »,  qui  se  prêterait  assez  bien  ;  mais  le  verbe 
souquier,  dans  ce  sens,  est  introuvable.  Souquier  est  une 
forme  picarde  p.  souehier  (cp.  cerkier  =«  chercher)  et  repré- 
sente lat.  *suspicare.  Cp.  l'ex.  du  Renard  I,  p.  11,  v.  285, 
cité  par  Henschel  : 

Ne  le  sevent  sour  qui  souehier. 

Chrétien  de  Troies  (Cligés  1242,  Erec  3446)  dit  soschier,  le 
Livre  des  quatre  Rois  (p.  338),  suschier.  —  Il  ne  peut  être 
question  de  souehier^  «ssoUicitare,  ^solcitare,  qui  a  trois  syl- 
labes et  ne  pourrait  faire  que  souchie. 


(  127  ) 

.sourdir,  II,  213.  2  : 

i  leur  haut  parler  nous  vont  souvent  sourder. 

^1 .  traduit  par  «  accuser  ». 
iHoorniomter,  voy.  surmonter. 

^SoMtlcnirer  ?  II,  105.  9  : 

Chieus  qui  le  conscienche  moult  bien  sousiieuveroil. 
S'il  s'en  sentoit  capaules,  tantost  s*amenderoit.  ' 

Examiner  subtilement?  Je  ne  pense  pas,  et  je  préfère  corri- 
ger Boustieuve  aroit.  La  forme  sotUif,  fëm.  soutieuve  est  bien 
constatée.  Il  va  de  soi  que  Vs  dans  s<ms  est  parasite. 

Sontlller,  préparer  subtilement,  I,  380. 1  : 

Sour  espèce  (=  sous  Tapparenee)  de  bien  toutille  le  mai  faire. 

*SoaUwlté,  mauvaise  forme,  d'ailleurs  contredite  par  le 
mètre,  pour  soutieuté  (finesse),  I,  93. 13  : 

Soutil  sont  li  cuer  et  li  oel, 
De  leur  ioutivité  dire  voel. 

Sperer»  espérer,  II,  203.  25;  215. 16.  Cp.  studier. 

S^ioame,  écaille  (latinisme),  1, 155. 15  : 

Vivre  ne  peut  poissons,  s'il  a  perdat  ses  squames. 

Stat,  «  lat.  stat,  est  debout,  I,  258.  7  : 

Qui  bien  stat  ne  se  move,  par  quoy  ne  kièche  mie. 

Stadler  =  estudier,  I,  205. 11  ;  260. 9;  42.  25.  (Par  studyers 
et  par  lectures).  — ^  Cp.,  pour  Taphérese  de  a,  sperer^  stat. 

Subjonctif  présent.  Le  dialecte  picard  affectionne  particulière- 
ment la  formation  de  ce  temps  sur  la  base  de  la  finale  latine 
eam,  iam  (veniam,  teneam)  et  l'applique  à  toutes  les  conju- 
gaisons. Je  donne  dans  ce  qui  suit  un  certain  nombre 


(  128  ) 


de  faits  de  cette  espèce,  groupés  selon  la  nature  de  la  finale 
du  radical  : 


T.  mcllre 

mentir 

sentir 

porter 

bourbe  1er 

sourmonter 

abatre 
D.  atendre 

entendre 

prendre 

vendre 

seoir  (rad,  sed) 

keoir  (rad.  cad) 

amender,  descorder 

rcwarder 
L.   valoir 
R.  paroir 

querre 
V.  vivre 

servir 

alever 


subj.  mccAe,  tnaiche  madie, 
tnenche. 
senche, 
porche, 

bourbaicheni  II,  45.  10. 
xourtnonche  II,  43.  1. 
abache  I,  iOO.  23. 
aienge. 

entenge  1,  i86.  9  et  entenehe  337.  4. 
prenge, 
venche, 
sieche, 
kiechc» 

ametige^  descorge. 
rewarge, 

vaiice  II,  333.  32. 
parche, 
querehe. 
viche, 
siere/te, 
aieuche  (II,  84.  22). 


Remarquez  encore  :  paier :  paiche  ;  employer:  emploiche; 
esmaier  :  estnaiche  ;  retraire  :  retraiche  (II,  12. 12).  Il  faut 
noter  que  dans  ces  verbes  la  finale  radicale  est  étymologique- 
ment  gutturale  :  paCj  plie,  mag  (germanique),  trac. 

Sabllmer,  élever,  couvrir  d'honneur,  I,  206.  14;  2o6.  IS; 
317.  3  ;  326.  3;  réfl.,  s'exalter,  se  rehausser,  I,  165.  21. 

ISaborner,  subst.  ou  verbe?  II,  25.  2o  : 

. . .  que  nuls  tubomer 
Ne  les  pooit  nul  mal  en  Toraille  corner. 

Il  serait  hardi  d'interpréter  suborner  par  subornement  cu 
suborneur  ;  je  préfère  donc  mettre  une  virgule  après  pooil. 


(  129  ) 

Soer,  fig.,  être  dans  l'angoisse,  1, 115.  28. 

Soppedlter,  renverser,  supplanter,  I,  295. 1  : 
Boins  princes  et  hardis  n*iert  ja  suppedilés; 
II,  248.  3  : 

Orghieas  humilitct  au  jour  d'ui  suppedite. 

Sarmomter,  sourmonter,  monter  en  rang,  I,  265.  21  : 

Honneurs  monstrent  les  meurs,  quant  gens  sont  nn^nontet; 

se  distinguer,  I,  346.  21  : 

Et  de  toutes  virtus  doit  iestre  sourmontés 
Li  prelas... 

T 

Talioiiy  taon  ;  parait  être  appliqué,  figurément,  dans  un  pas- 
sage quelque  peu  scabreux,  I,  240. 18,  aux  béguines  espion- 
nant le  va-et-vient  peu  dévot  du  couvent  ;  nous  dirions  les 
«  fines  mouches  ».  Il  est  inutile  de  songer  avec  l'éd.  à  une 
confusion  voulue  entre  tahon,  grosse  mouche,  et  tayon,  grand'- 
mère,  d'autant  plus  que  tayon  signifie  grand-père. 

Tai00c,  poche,  II,  277.  28.  —  Aussi  to5ce$I,204.  5;II,278.  4. 
—  Voy.  mon  gloss.  de  Froissart. 

Taner,  vexer,  ennuyer,  I,  280.  4.  —  Voy.  Gloss.  de  Froissart. 

Tanter  =  tetiter,  1.  goûter  (du  vin),  II,  259.8;— 2.  tenter  (une 
plaie),  I,  286. 14  (peut-être  faut-il  lire  taster,  cp.  II,  265. 20). 

Taper,  frapper,  voy.  caper. 

Tarder  (se),  se  retenir,  s'abstenir,  I,  19. 1  ;  37.  3;  108. 17; 
156.  6  ;  161.  16  ;  182.  2;  aussi  sans  se,  1, 196. 11  ;  207.  23. 

Tarirler,  armer  (fig.),  1, 198. 19  : 

Et  contre  Tanemi  d'exemples  boins  les  targent. 

Tarler  =  tarir,  II,  74.  11  : 

Quant  les  virtus  sourmontent,  ches  visées  fort  tarient. 
Tome  XXXVII.  9 


(130) 

Tarient  doit  bien  signifier  tarissent  ;  cependant  il  est  difficile 
de  Tadmettre  comme  3«  pL  ind.  prés,  de  tarir.  Mais  je 
ne  trouve  pas  d'autre  trace  d'un  type  bas-lat.  taricare;  il 
y  a  donc  peut-être  ici  une  vicieuse  confusion  avec  tarier, 
attaquer,  irriter. 

Tart,  adv.,  difficilement,  1,  341.  28  : 

Tart  aroit  accomplit  chou  dont  s'apenseroit. 

Tavrener,  courir  les  tavernes,  II,  217.  26  : 

Tccke,  marque,  qualité  (non  pas  «  tâche,  œuvre  »,  comme 
prétend  le  gl.),  I,  12. 18  : 

C'est  que  li  homs  à  celle  (I.  a  telle)  tecke 
H  ne  poet  vivre  qu'il  ne  pecke. 

Aussi  teiche,  I,  150.  8  : 

C'est  as  religieus  une  vilaine  teiche. 

^Tcmer,  ou  ternir,  craindre,  II,  241.  27  : 

Se  pluseor  ne  temoient  enkaîr  en  offense . . . 
Je  doute  de  cette  forme  insolite  et  propose  cremoient. 

Tcmpester,  act.,  agiter,  troubler,  II,  101«  20  : 
Quant  luxure  Tassant  et  le  vient  tetnpester. 

Temple,  tempe.  Mouvoir  ses  temples ,  faire  aller  ses  mâchoires, 
II,  110.  23  : 

Les  pos  sevent  widicr  et  bien  mouvoir  leurs  temples.., 
Gloss.  :  «  bas  du  ventre  ».  C'est  tomber  par  trop  bas. 

Temprer  le  vin,  mettre  de  l'eau  dans  son  vin,  II,  263. 5. 

Temprare  (faire),  varier  sa  manière  d'agir,  I,  228.  9  : 
On  doit  faire  partout  selonc  le  temps  temprure; 
1, 368. 11  : 

Ou  dit  communément  «  selonc  le  temps  temprurt  ». 
Cp.  I,  332.  23;  II,  87.  21  ;  156. 13  ;  172.  26. 


(  131  ) 

Tcmeler  c=  mod.  îaiicer,  I,  IIS.  26;  16o.  ââ;  187,  14;  II, 
12. 17  ;  177. 14.  Au  vers  I,  98. 30  :  «  Et  bien  voel  que  ceseuns 
m'entenche  »,  il  faut  lire  m'en  tenche  (m'en  fasse  des  remon- 
trances). Le  gloss.  confond  ce  verbe  avec  teftser^  défendre, 
garantir,  1, 18.  7;  96.  34;  100.  28  ;  123.  8;  142. 18;  225.  2g; 
233.22;  11,215.6;  136.28. 

Tendant,  adv.,  avec  effort,  peine  (synonyme  de  tirant)^  II, 
65.20: 

Par  les  oppressions  vont  tendant  et  tirant. 
Voy.  aussi  saiier. 

Tenir,  croire,  prétendre,  I,  336. 13  : 

Pluscur  gens  se  dechoivenl  qui  lienent  absos  iestre. 

Quant  se  sont  confiesset  ne  leur  caut  (importe)  à  quel  priestrc. 

II,  4.  21  («  nuls  ne  le  doit  tenir  »)  ;  14.  24  : 

Mais  les  nouvielles  coses  cescuns  les  voelt  tenir; 

15.  8  («  je  tienc  que  »). 

Tenser,  voy.  tencier. 

Tente  (aussi  écrit  temple),  tentative,  effort,  I,  144.  22  : 
Car  SCS  ars  sont  toujours  à  faire  soubtil  tente 
Pour  les  boins  dedevoir. 

Tentation,  séduction,  I,  215.  3;  II,  30.  24. 

Termineur,  «  qui  se  fait  rembourser  par  termes  »,  II, 
161.5: 

Userier  termineur  estoient  despitet. 

Teamte,  mauvaise  forme  p.  texte  (II,  224.20),  I,  276.23; 
319.  23;  II,  193.  24;  196. 10;  266. 4. 

Thenor,  trésor,  I,  251.18  (3  w.  plus  bas  thresor);  252.3; 
258.  20,  —  Thresor  =  trésorier,  I,  268. 13. 

TIaadetatt,  titre  d'une  composition  poétique  du  frère 
mineur  Jaque  Bochet,  non  venue  en  usage  et  laissée  à  sa 


(132) 

mort  à  Jaque  Cent-Mars,  I,  88.25.  Ce  mot,  selon  moi,  doit 
signifier  «  petite  tente  »  ;  dimin.  de  liait,  tente,  qui  repré- 
sente a.  nord,  tjald  »  angl.  tilty  flam.  telde,  ail.  zelL  Cp. 
mon  Dictionn.  sous  taude  (d'où  taudis), 

TIerdre  (se),  s'essuyer  (lat.  tergeré),  II,  234.  8: 

S'on  kiet,  s'on  se  lionnîst,  on  ne  se  poct  seul  tierdre. 

Tleiitée,  pensée,  avis,  II,  80.  24  : 

Car  pour  rien  ne  lairoie  de  mouslrer  me  (testée, 

Tlllc,  écorce  intérieure  du  tilleul,  II,  278.  18  : 

Mieuls  leur  vauroit  apprendre  les  tilles  à  peler... 

Au  figuré,  chose  de  rien,  1, 107. 15  (le  \'aillant  d'une  iUU); 
163.  5  (ne  vaurons  une  /.). 

Tlnal,  tonneau,  II,  92.  8  : 

Quant  on  boit  ches  fors  vins  à  tinas  et  à  hie. 

Tlntliiy  propr.  bruit,  fig.  commérage,  cancan,  I,  227.9  : 
Or  feront  des  tintins  gens  de  pluseurs  manières. 

Tirant,  péniblement,  I,  5o.  27,  II,  65.  20;  278. 12;  syn.  de 
tendant  (v.  c.  m.)  et  de  sacant  (de  saUer^  sachier  =  tirer). 
Aussi  en  tirant  (voy.  s.  entirant.) 

Tire  tire,  peine  et  misère,  I,  239.  24  : 

£q  ches  estas  partout  che  n'est  fors  ttre  tire; 
II,  9. 16  : 

Ensi  H  presens  siècles  est  trestous  tire  tire. 
Expression  dont  la  formation  rappelle  nos  mots  passe^passe, 
cachC'Cache,  Ce  me  paraît  être  un  substantif-phrase  et  repré- 
senter lire!  tirel 

Tirer,  viser,  tendre,  II,  227.24;  éprouver  des  tourments, 
I,  64.  9  : 

Dont  y  ara  brait  et  tiret. 
Quant  le  juge  verront  iret. 


(133) 

Toise,  bâton,  I,  192.  5  : 

On  fiert  plus  fort  de  langhe  que  no  fâche  de  toise, 

Tolllr,  empêcher,  I,  32.  31  :  [Toute  cose] 
Qui  toH  le  cuer  avoir  monde; 
I,  291. 19  : 

On  tôt  les  rikes  gens  avoir  sicrgans,  ancielles. 
Rendre  impossible,  difficile,  I,  150  : 

Convoitise  te  tôt  le  veu  de  povretet. 

Tordre  («e),   se  fourvoyer,  s'égarer,  II,  ICI.  15  : 

Car  qui  voelt  femme  croire,  fort  est  k*iL  ne  se  torcfte^ 
207. 18  : 

Moult  douchement  blamoit  cheli  qui  ae  tordoit, 

Tote?  I,  151.3  : 

Se  tout  voels  amender,  de  tes  voloirs  le  tote. 

Le  sens  indique  un  impératif  de  iollir^  enlever,  ôter,  mais  la 
forme  fait  difficulté;  un  infin.  toter^  tolter,  d'un  type  fré- 
quent. *  toltare  n'est  guère  admissible?  Je  crois  donc  qu'il 
faut  comprendre  «  le  ton  te  »  =  le  l'ôte?  Le  se  rapporte  à 
courouc  et  ce  qui  suit. 

Toaelller  (se),  se  vautrer,  II,  210.  25  : 

Tout  ensi  que  li  truye  par  betuns  se  touelle, 
Voy.  mon  Gloss.  de  Froissart. 

Toanolle,  variété  de  tounoire,  tonnerre  (cp.  seule  =  seure), 
1,123. 17;  II,  117.13. 

Toarse,  ballot,  I,  36. 18;  II,  71. 15. 

Tonser,  tondre,  II,  29,  7  : 

Or  estoîent  aucunes  ou  reses  ou  tonsées. 
L'éd.  a  mis  tonsées. 


(134) 

Traelitcr,  traquer,  dépister,  II,  62.  20  : 

En  tous  estas  les  set  et  trouver  et  (rachier. 
Non  pas  «  mener,  conduire  »,  comme  dit  le  glossaire. 

Trait  (à),  lentement,  lat.  tractim,  1, 186.  26  : 

On  chantoit  haut  et  cler  par  grant  dévotion, 
Se  canloit  on  à  trait  faisant  pausation. 

TralteH?  II,  102. 18  (les  femmes  se  plaignent  à  Fabbë  de  ses 
malveillants  propos  à  leur  égard)  : 

Se  vos  cstiés  plus  jovenes,  on  le  tenroit  à  traites. 
La  pensée  de  l'auteur  ne  se  produit  pas  très  nettement, 
ce  On  tiendrait  celui  qui  se  permettrait  c>ela  pour  traîtret  » 
Forme  contracte  de  traite  (I,  354.  21).  La  forme  du  nom. 
serait  conforme  ù  la  syntaxe  ancienne,  mais  ce  qui  gêne, 
c'est  le  rapport  de  le;  est-ce  eum  oixidt 

Traltolre,  bas-lat.  tractorin,  voiture,  I,  309.  9  : 

Quank'on  met  sur  le  kar,  tout  revient  à  traUoire. 
Proverbe.  L'éditeur  traduit  notre  mot,  je  ne  sais  sur  quelle 
autorité,  par  «  cuve  ». 

Transfireter,  passer  la  mer,  lat.  tramfretare,  I.  288.24; 
289. 18;  298.  9;  II,  17.20. 

Tramsi^redlent,  transgresseur,  1,  26.  21  ;  latinisme  comme 
à  la  rime  obedient. 

Trechler,  tresser.  II,  192.  28. 

Treper,  sauter,  I,  276.  11  (trepet  et  salit);  locution  adver- 
biale :  trepant  salant,  en  toute  hâte,  I,  63.  20. 

Tresqaler,  danser,  II,  6. 28  ;  32. 27  ;  111. 20.  Voy.,  sur  Téty- 
mologie  de  ce  verbe,  Diez  s.  v.  tre^care,  p.  327. 

Trewasé,  transvasé,  II,  270.  18  : 

Non  pour  cant,  quant  je  vie  (^  quand  je  recouvrai  ma  vue),  je  fuy 

tons  trwaMét. 


(135) 

Pour  comprendre  ce  mot,  l'éd.  propose  trois  moyens. 
Voici  ses  paroles  :  «  1.  pour  tracée  poursuivi;  2.  pour  triballé, 
agité;  3.  anéanti  (de  tre  exprimant  un  haut  degré  et  vase^ 
tombeau)».  Je  cite  ce  passage  du  glossaire  comme  un  exemple 
frappant  de  l'égarement  où  peut  entraîner  le  préjugé  que  la 
formation  des  mots,  pour  les  auteurs  du  moyen  âge,  était 
affaire  de  pur  caprice,  pour  ne  pas  dire  badinage. 

Triboater,  dégringoler,  1, 145.  23  : 

Or  est  on  enrikit,  s'est  trestout  Iriboulet, 

Triboalerle,  tromperie,  tricherie,  II,  4.  3  : 

En  che  siècle  présent  tout  est  triboulerie^ 
Ensi  qu'en  jeu  de  dés  a  toute  trckerîe, 

Tribalatlon.  pressurage,  exaction,  II,  16.  17  : 
Adont  estoient  pau  de  tribulaiionSy 
Marchandises  couroîent  de  toutes  régions. 

Affliction,  II,  138.  12  : 

En  trihuUUiofu  fois  devos  coers  conforte. 

Trier,  séparer,  démêler,  II,  13S.  24  : 

On  est  tantos  des  boins  et  des  mal  vais  tryet*^ 
II,  238.  3  : 

Que  nos  puissons  des  visées  les  virtus  si  tryer 
Que  no  salvation  ne  puiscent  detryer» 

Tai  recueilli  ce  mot  parce  que  l'éditeur  l'interprète  par 
«  éprouver  ». 

Trl0trer,  attrister,  I,  300.  12  : 

Trafer  ou  se  trufei\  rire,  se  moquer,  I,  239.  IS;  II,  108.  15; 
286. 11;  288. 16. 

Talel,  tuyau,  queue  (d'un  fruit),  I,  252.  22  : 

Tous  temps  as  boincs  pûmes  troevon  bien  boin  tuyeL 
Gloss.  :  «  dessus  d'une  pomme  ». 


(136) 

Tamer,  11,210.  28,  quid?  : 

On  ne  voelt  par  le  siècle  nuit  et  jour  fors  reviaus, 
Se  voit  on  aucun  pierdre  par  lumer  leur  chevians. 

(c  Perdre  ses  cheveux  »  veut  dire  «  vieillir  ».  Cp.  II,  85. 12  : 
Manouvrier  par  travail  pierdent  bien  maint  cheviel. —  Reste  à 
connaître  la  valeur  de  tumer;  le  sens  usuel  «  faire  une  chute  » 
se  prête  mal;  celui  qu'invoque  l'éditeur,  «  se  disputer», 
est  inconnu  ;  je  m'en  tiens  donc  à  la  valeur  étymologique 
«  danser,  s'enivrer  de  plaisir  »  (voy.  Diez,  Dict.  étym.,  4«éd., 
p.  321,  v<>  tombolare). 

Tamnlery  enterrer,  II,  301.  16. 

Tater,  lat.  tutare,  protéger,  I,  293.  18;  341.  23;  II,  202. 19. 

u 

Umanlté)  charité,  aumône,  II,  18.  22  : 

Se  faisoit  on  as  povrcs  assés  d^umctnités. 

Une,  I,  301.  4  :  cose  qui  n'est  pas  une  (=  équivalei^)  ;  une, 
sens  neutre,  une  chose,  II,  103. 11  : 

On  dist  quant  une  vient,  qu'elle  ne  vient  pas  seule; 

(fune,  =»  de  la  même  chose,  I,  197. 13  : 

De  dire  tondis  d'une^  bien  anuyer  poroit. 

Vrler^  rôtir,  I,  67.  9  : 

En  sus  se  traiche  qui  brûlés 
lestre  ne  vora  ou  urlés. 

Nous  avons  à  faire  ici  au  lat.  usttUare,  qui,  par  ttô/iare,  a  pro- 
duit a.  fr.  twter,  d'où  urler  (cp.  merler  p.  mesler).  On  trouve 
aussi  tUler  (cp.  Chevalier  as  deus  espées,  8808),  qui  convien- 
drait mieux  à  la  rime  brûlés,  —  Cp.  burler  =?  buller. 


(137) 


ifm^Oj  vadiSj  formule  proverbiale  latine,  dont  je  ne  saisis 
pas  le  sens,  II,  183.  23  : 

Se  je  pooye  bien,  si  corn  je  fis  jadis. 
Je  diroie  tantost  à  tous  :  vado,  vadîs. 

H^aser  (pron.  vaguer),  être  vacant,  I,  294.  23  :  quant  siège 
vagent;  363.  4  :  quant  li  siège  vagoient.  —  On  trouve  cepen- 
dant aussi  la  forme  vacant  I,  32i.  27  et  vachaiit  320.  27 
(benefisces  vachans).  —  Au  sens  du  lat.  vagari,  errer, 
I,  214.  19. 

Taller,  I,  363.  2  (il  est  question  des  hommes  du  siècle 
se  récriant  contre  le  clergé): 

S*il  sevent  leurs  deffautes,  moult  tost  les  vont  valler, 
Quid?  ravaler,  rabaisser?  Notez  que  les  trois  autres  rimes 
sont  en  arler,  ce  qui ,  toutefois,  n'est  pas  un  argument 
péremptoire  contre  mon  interprétation.  Une  explication  par 
«  faire  valoir  »  me  semble  trop  osée.  Pour  l'éd.,  le  mot  veut 
dire  «  attaquer  »,  mais  il  n'en  fournit  aucune  preuve. 

H^arcollet  ou  warcollet,  mot  formé  de  warde-col  (garde-cou), 
pièce  de  toilette,  collerette?  I,  82.  26;  217.  26;  237.  »; 
241. 10;  II,  27.  20.  Sauf  II,  34.  17  (leur  warcollet),  le  mot 
se  présente  toujours  au  pluriel  et  Féd.  a  bien  tort  d'écrire, 
contrairement  au  mètre,  warcoUes  au  lieu  de  warcollès. 

H^arler,  chanceler  (en  parlant  de  la  foi) ,  II ,  160.  3.  —  Se 
varier  de  qqn.,  s'en  détourner,  I,  2S9.  19  : 

S*il  sont  hautain  et  gros,  toutes  gens  s*en  vartenf. 
Fig.,  s'égarer,  se  corrompre,  II,  254. 19  : 

Vous  vés  comment  li  siècles  aujourd'ui  st  varie. 

Tance,  II,  233.  22  (en  rime  avec  essauce,  encauce^  hauce)  : 
Ch^est  chius  qui  trestout  set  et  qui  tout  voit  que  vauce, 
Quid?  Un  subj.  à  forme  picarde  de  valoir"!  Si  cela  est,  et  e 
sens  s'y  prête,  c'est  le  seul  exemple  que  j'en  connaisse. 


{  138 

^Telchl,  voici,  I,  38.  11  ;  il  faut  rayer  ce  mot  du  gloss.  et  y 
substituer  veschi. 

Tendre,  sens  ordinaire,  I,  316.  16  : 

As  markiés  couvient  il  selonc  le  jour  k*on  venehe. 
Sens  fig.,  offrir,  suggérer,  II,  12.  3  : 

Faire  yoelt  en  toat  chou  que  quiderie  vent. 

Tenel,  marchandise,  denrée,  II,  47.  14  :  tout  venel  sont  si 
kier;  ib.,  156.  13  : 

Rewardons  tous  veneus  comment  tout  est  hors  voie; 

290.  3: 

De  ses  veneiu  et  de  ses  vivres 
Yestre  voloit  tantost  délivres. 

Tentollle,  masc,  vantail,   battant  de  porte,   guichet,    II, 
210.  18  : 

Car  praicheur  au  ventailfe  le  font  souvent  savoir. 

Terde,  quid?  I,  90.  13  : 

A  le  ûe  revient  telle  heure. 
Entre  deux  verdet^  mie  meure, 
Que  il  redient  des  risées. 

Terrelle,  nom  de  poisson,  ou  d'oiseau,  II,  260.  8  (pro- 
verbe) : 

Amer  car  de  vervelles  a  trop  plus  que  frions. 

Le  mot  m'est  inconnu.  L'éd.  dit:  «  Prob.  bartavelle,  perdrix 
rouge  ». 

*Vea,  I,  212. 17etl9: 

Vous  portés  les  noirs  veus  apriés  professions  ; 
230.  8  : 

Toutes  portent  noirs  veus  et  H  veu[8]  senefie 
Humilitet  de  coer  et  mener  sainte  vie. 

Lisez  partout  fieus,  nœuds.  L'éd. ,  pensant  à  lat.  velum^  expli- 
que veu  par  voile. 


(139) 

%cale,  vain,  volage,  II,  !2S3.  8  :  femmes  vaines  et  vetdes. 
C'est  le  même  mot  que  vole. 

Yieariot,  péjoratif  de  vicaire,  11,  291.  î2G.  Cp.  preMot,  I, 
HO.  18. 

Yiclle,  viole;  loc.  rejwnre  (éloigner)  sa  v..  Il,  9.  2i;  44.  25; 
46.  23;  135.  28;  155.  22;  195. 19;  ailleurs  :  la  mettre  jus,  I, 
162.4,  ou  mettre  dessom  les  bans  I,  291.  20,  ou  aster,  II, 
29.14. 

H^icllc,  forme  générale  pour  le  masc.  viel,  en  tant  que  subst., 
I,  9.  26;  72.  31  ;  233. 16;  288.  4;  21.  2  [vieles);  II,  113.  25  : 

Vielles  luxurieus  c'est  grans  abusions. 
Comme  adj.  masc.  Fauteur  emploie  viel,  I,  55. 12. 

%'ié«  =  lat.  vetws,  I,  286. 17  ;  fém.  viése,  II,  154.  9;  180.  3. 

Tiéwarier.  fripier,  II,  154.  8.  —  Voy.  mon  Gloss.  de 
Froissart  \viéswarier)  et  le  Dict.  de  Grandgagnage  {viivar). 

Yli^non,  vigneron,  I,  316.  19;  337.  8;  aill.  vigneron,  II, 
83.27;8i.  10. 

Yln«i^c,  voisinage,  les  voisins,  II,  160.  21;  par  vinages,  par 
quartiers,  II,  27.  25.  —  D'abord  visnage. 

%lneu«,  adj.,  produit  sous  l'influence  du  vin,  I,  192. 17  (il 
s'agit  de  certaines  paroles)  : 

Et  8*en  fait  on  par  vin  qu'on  doit  tenir  vineuses. 

%'lnler,  moine  chargé  de  la  distribution  du  vin,  1,  166.  3. 

%  Iri^enc,  vierge  ;  la  plupart  du  temps  bissyllabique,  comme 
ordene,  jovene;  je  le  trouve  exceptionnellement  trissylla- 
bique,  I,  51.34et52.35. 

Yoer,  sens  absolu,  faire  un  vœu,  entrer  en  religion,  II, 
216.  20  : 

Femmes  pour  leur  maris  moult  souvent  vont  vœr. 


(440) 

De  même,  I,  193.  S  (l'auteur  s'adresse  aux  moines)  : 

Pensés  toudis  co  mmcnt  h  rentrer  vos  vocutes. 
Malheureusement  le  copiste  du  ms.,  peu  scrupuleux  en  fait 
de  prosodie,  a  écrit  wastes  et  a  fait  commettre  à  l'éditeur  un 
barbarisme  choquant  :  selon  lui,  wasles  est  =  fûtes;  le 
flamand  l'a,  en  cette  occasion,  par  trop  aveuglé. 

Tôle  [pmsée)y  pensée  volage^  cp.  veule,  I,  220. 11  ;  II,  184.  5. 

Yolcr,  se  répandre,  se  propager,  I,  109. 10  : 
Chil  boin  estudîant  font  sciences  voler. 

*VuHcp,  1,10.24: 

Pour  lui  vuiler  et  ensi  vivre 
Que  s'ame  soit  d'infier  délivre. 

Selon  l'éd.  «  humilier  »;  il  allègue  avuilerj  avilir,  mais  ce 
dernier  (voy.  amuler)  est  aussi  imaginaire  que  notre  vuiler, 
qu'il  faut  lire  ruiler,  régler,  diriger,  conduire. 

IV.  Celte  lettre  germanique  persiste  dans  les  mots  de  cette 
origine  :  donc  wiere  (guerre),  warder  (garder),  rewarder^ 
welte  (guet),  warcollet  (pr.  garde-cou),  waignier  (gagner).  — 
A  l'intérieur  elle  représente  souvent  m  -♦-  r,  le  second  élé- 
ment servant  à  empêcher  l'hiatus;  p.  ex.  gewe  =  geiwe  = 
geue  (joue),  kewe  (queue). 

l¥«aer,  engouffrer,  II,  90.  5  : 

Or  sont  aucan  glouton  qui  tout  wafler  vorroient. 

l¥ale«eh,  walesc  {perdre  son),  I,  222.  6  : 

Mes  pensées  me  font  souvent  avoir  martire, 
Car  je  pierc  me»  walesc^  se  bien  Tosoie  dire  ; 

ib.  387. 11  : 

Bien  say  que  men  walete  je  pkrc  et  men  langage. 


(  141  ) 

L'expression  ne  dit  autre  chose  que  «  perdre  son  latin  »  ; 
tvalesc  est  =3  roman.  Je  ne  puis  admettre  la  conclusion  que 
réditeur  tire  de  ces  deux  passages,  en  disant  que  a  Gilles  li 
Muisis  s'excuse  des  incorrections  de  son  langage,  de  son 
walesc  »  (p.  xxvni  de  l'Introduction).  Cette  pensée  y  est  abso- 
lument étrangère. 

^Wallnire?  sorte  de  pâtisserie,  II,  112.  20  : 

De  niales,  de  walingres  vous  fera  moult  bien  paistre. 
Manque  dans  les  dictionnaires. 

^'«rcollei,  voy.  varcolleL 

^WarnemenA,  meubles,  I,  166.  8  : 

Et  de  tous  wametneru  soit  fait  un  cartilege. 

*^Wa«ic»,  1, 193.  5,  voy.  sous  voer, 

"Wmtle  (uneglvie)j  une  poule  mouillée,  II,  108. 14  : 
Tantost  sera  nommés  une  gline  waiie, 

IPi^erpée,  litt.  jetée,  les  petits  d'une  même  portée,  I,  116.  9  : 
Et  toute  le  werpée,  quant  sont  grant,  elle  laist. 

miette  =  guaitCj  guet,  gardien,  1, 131.  8. 

IPVlhoter,  cocufier,  II,  162.  21  : 

Ch'est  si  très  grans  pekiés  Tuo  Tautre  wihoter. 

Sur  wihot^  voy.  mon  explication  Jean  de  Condé,  I,  p.  410. 
—  L'éd.  dit  :  «  tourmenter,  de  viotj  trouble  ».  Cet  adj.  viol, 
où  Fa-t-il  rencontré? 

IPVImple,  guimpe,  I,  217.  22. 

^Vlseascs,  subst.,  oisiveté,  1, 192. 15  :  pour  escaper  wiseuseJi 
(pour  passer  le  temps). 


(142) 


X.  final  après  te,  notation  graphique  bien  connue  p.  us,  dans 
iiex  =  tieus  (de  tel),  Diex  ==  Dieus,  et  autres  cas. 


Yeemoni  (en),  I,  37.  11.  Selon  le  gloss.  «  là  haut  »;  iiou 
pas,  corrigez  e/i  ycelmonty  en  ce  monde. 

Yoewel,  égal,  1, 198. 13  : 

Toat  li  doit  de  le  main  yœwel^  voir,  ne  sont  mie. 
Même  mot  que  ewel^  oweU  égal  ;  le  y  est  prosthétique. 

YerlalHlcr,  voy.  sous  erluisier. 

*  Yoaels,  yeux,  II,  187. 11.  Mauvaise  forme,  il  faut  un  mono- 
syllabe ;  lisez  donc  yods. 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS  AU  GLOSSAIRE'. 


tAdoar  ;  le  primitif  flrfownier  n'a  pas  pour  type  lat.  ad-omare, 
comme  il  a  été  admis  jusqu'ici,  mais  plutôt,  selon  l'opinion 
de  je  ne  sais  plus  lequel  de  nos  romanistes,  ad-ordinare.  Il 
en  est  de  même  de  aounier  (v.  c.  m.).  Le  sens  fondamental 
répondrait  donc  exactement  à  celui  de  notre  verbe  arranger. 

Affaler,  affubler,  vêtir,  II,  126.  6. 

Alat,  mauvaise  orthographe  p.  eut,  eu,  II,  69.  28. 

t  Amnlcr,  voy.  plus  loin  aveuler. 

t  Aprise.  Corrigez,  sous  ce' mot,  au  deuxième  vers,  fardiaus 
p.  fardieus. 

Art,  subst.,  du  genre  fém.;  toutes  ars,  II,  172.  4;  176. 14. 
Cp.  Renart,  1062,  Qui  moult  fu  plains  de  maies  ars, 

*  Acculer,  1, 100. 1  (il  s'agit  de  la  convoitise)  : 
Tresloute  gent  y  font  oflFrandes; 
Tout  H  clergiet,  li  seculcr. 
Cornent  il  se  vont  aveuler, 
Cescuns  en  juge  vraiement 
Et  en  diche  seu  sentement. 
Je  n'hésite  pas  à  corriger  amuler  (=-  enrichir)  ;  voy.  ce  mot. 

*  Je  marque  d'une  croix  les  articles  flgurant  déjà  au  glossaire. 


(144) 

JLTolcr,  mettre  sur  la  voie,  sur  la  trace,  fig.  informer,  11, 
35. 12  : 

Car  je  n'en  pnis  savoir  fors  chou  dont  on  m^avoie, 

Cp.  II,  30. 18.  —  Adresser,  suggérer,  II,  94. 25  (il  s'agit  de  la 
luxure)  : 

Regars  au  (ou?  =s  en  le)  coer  avoie  les  délectations. 


tBIenwci^nlcr.  Se  voit  aussi,  par  négligence,  écrit  en  deux 
mots  II,  194.  22  : 

Tons  cheaus  et  toutes  cheles  qui  le  servent  bien  viegne. 

Bote,  quid?I,  213.  24: 

Le  serment  des  boins  moines  ils  (1.  •'/)  virent  par  nos  botes. 
Je  ne  réussis  pas  à  pénétrer  le  sens  de  ce  vers. 

C 

t Censé.  Loc.  prendre  en  censé ^  rendre  tributaire,  assujettir, 
II,  195. 10  : 

Or  ont  ehil  visce  tout  le  siècle  pris  en  censé, 

Chitoyen,  sens  moderne,  II,  1S9.  27  («  de  paradis  soyéstout 
chitoyen  »);  citadin,  bourgeois,  II,  15. 16  : 

Prinches  et  marcheans,  ouvriers  et  ehitoyens. 
Haisquid?II,  2.  14: 

Li  rike  pour  le  leur  les  ont  pour  chitoiens. 
D'autorité,  d'importance  égale? 

Confire,  faire,  composer,  lat.  conficere;  notez  la  3*  ps.  pi. 
indic.  prés,  confiscent  (auj.  confisent),  II,  68.  26  (en  rime  avec 
iscenty  tapiscent).  Cp.  escondisciés,  II,  175. 15,  de  escondire. 

Contenapt  =  content  (lat.  contentus),  I,  371.  6.  Je  relève  ce 
mot  comme  un  échantillon  des  monstruosités  graphiques 
que  commet  parfois  notre  scribe. 

Contrées,  environs,  I,  315.  4. 


I 


(148) 


Bcffonklcr  («e),  se  séparer,  se  détacher,  I,  367.18.  —  Voy. 
God.  sous  desfouchier ,  disperser;  dér.  de  fouCj  troupe, 
bande. 

t  Delapider.  Dans  le  vers  qui  accompagne  cet  article,  insérez 
après  ouvriers  le  mot  souvent, 

Dcmaliicy  usage,  1, 148.  3  :  Or  est  autre  deinaiiie. 

E 

t  Ente»,  adv.  ;  je  note  encore  l'expression  impersonnelle  estre 
entesy  faire  de  la  peine,  Baud.  de  Sebourg,  IX,  v.  788  : 
Entes  lî  fu  au  coer,  chc  est  bien  vérités, 
De  chc  qu'cnsi  les  laisL 

11  est  difficile  de  séparer  cette  expression  de  l'ail,  and  sein^ 
and  thun,  qui  dit  la  même  chose,  mais  dont  l'origine 
m'échappe. 

w 

t  Foarse.  J'ai  dit  sous  ce  mot,  en  note,  pour  contester  la  cor- 
rection paiscon  faite  dans  le  Dict.  de  Godefroy,  que  la  langue 
de  Gilles  li  Muisis  appelait  plutôt  pechon^  pichon  ;  je  dois 
rétracter  cette  observation;  notre  auteur  emploie  en  réalité 
poisson  (I,  1S5. 15;  184.  5;  228.  23)  Qipisçon  (II,  88. 18). 

t  Garder.  Locution  :  ne  garder  l'eure  que,  s'attendre  à  ce  que, 
prévoir  avec  certitude  que,  I,  68.  16  : 

Tant  a  esté  me  vie  desmesurée  et  gloutc 

Ne  gare  l'eure  que  tîcre  pour  mes  pckiés  mVngloutc. 

Cp.  Berte  aux  grands  pieds,  861  ;  Enfances  Ogier.  1158. 

I 
tlllamlncr,  illustrer,  1, 175.  25  : 

Par  Tordcnc  saint  Benoit  est  bien  illuminée 
Sainte  Eglise  partout  . . . 

Aussi  la  forme  enlumine?*,  I,  67.  23  (=  éclairer). 
Tome  XXXVII.  10 


(146) 


Jane,  jeûne,  du  genre  féminin,  II,  88.  14  («  on  warde  mal 
ches  junes  commandées  »). 


fKâctli.  Voici  la  solution  que  je  propose  à  donner  au  pro- 
blème offert  par  ce  mot.  Le  vers  étant  trop  court  (car  la  lec- 
ture kiëtit  ne  m'attire  guère),  je  corrige  qui  s'en  sont  efikietU 
(le  second  en  peut  fort  bien  avoir  échappé  au  scribe)  et  je 
traduis  :  «  qui  s'en  sont  lotis,  qui  en  ont  eu  la  chance  ». 
Pour  expliquer  le  verbe  enkietir,  je  pars  du  subst.  verbal 
de  cheoir^  keoir,  c'est-à-dire  chet  (cp.  dé-chef),  forme  picarde 
kiet  ;  il  serait  le  mieux  imité  par  un  verbe  fr.  «  enchancer  », 
puisque  chance  vient  aussi  de  cadere. 


fLIemcni.  Avons-nous  à  faire  au  subst.  ou  à  l'adverbe  au 
vers  II,  266. 1  : 

S'on  les  devoit  tous  pendre,  je  le  ferai  /t'emenf? 

Autrement  dit,  le  vers  étant  trop  long  d'une  syllabe,  faut-il 
corriger  yen  ferai  ou  je  le  frai  liementl 

Urc,  faire  des  leçons  (cf.  ail.  lesefi  en  langage  universitaire), 
1, 113. 1  : 

Or  sont  clerc  artyen  qui  par  estudes  lisent. 


fHarler.  Je  ne  connais  pas  l'origine  de  ce  verbe.  Est-ce  une 
acception  figurée  de  l'anc.  marier  =  mod.  marner  1  C'est 
difficile  à  admettre.  —  L'ail,  mrgeln  (taquiner,  critiseri 
est  trop  peu  ancien  pour  oser  l'invoquer.  —  Enfin,  serait-ce 
une  variété  de  maller  «  frapper  d'un  maillet  »,  fig.  mal- 
traiter, gourmer  (voy.  Henschel)?  Cp.  burler=^buller. 

Mine,  fosse  minière,  fig.  cause  première,  source  radicale,  I, 
271.4: 

Penser  d*oster  des  visccs  dcveroient  les  mineg» 


(147  ) 


O  bref  latin  accentué  devient,  en  règle  générale,  eu^  oe,  ue 
(pdpulus  peule,  môv'ta  moelle,  cor  coer,  môritur  muer()\ 
cependant  binus  fait  constamment  6otn,  fém.  boxne\  j'ai  été 
frappé  par  une  seule  exception  :  I,  364.  21,  promeiide  bonne 
(en  rime). 

P 

Paelence,  souffrance,  1,  94. 10  et  18;  98.  9. 

fPeai.  Je  doute  de  la  justesse  de  mon  explication  de  ce  mot 
et  il  me  semble  qu'il  vaut  mieux  admettre  une  faute  de  lec- 
ture et  corriger  pelil  (=  peu). 

tPIci.  Locution  :  avoir  pies  el  mains,  FI,  179.18  : 

Et  sont  (1.  s'ont)  et  pies  et  mainSy  che  sanle,  vos  paroles. 

fPlnrer;  sur  l'histoire  génétique  de  la  forme  moderne  p/u- 
riel  (qui  ne  vient  pas  immédiatement  du  lat.  pluralis),  voy. 
Foerster,  dans  Grôber,  Zeilschrift ,  IV,  379 ,  et  Tobler,  Vom 
franzôsischen  Versbau  (2«  éd.,  Leipzig,  1883),  p.  68  (note). 

Penncni,  pondent,  lat.  ponunl,  I,  90.  24.  En  rime  avec 
reponnenl,  de  reponre  (cacher),  lat.  reponere. 


Récompenser,  compenser,  expier  («  ses  péchés  »),  I,  50. 30. 

Reereanee,  hésitation,  refus,  I,  347. 8  (sans  nulle  r.).  —  Re- 
creanmenU  lâchement,  I,  296.8.  —  De  recroire,  se  refuser. 

fReponnear.  Une  construction  analogue  se  voit  1, 123. 25  : 
Je  cognoisc  bien  quel  cose  je  sui,  voir,  aprentis, 

S 

Sae.  Expression  proverbiale,  I,  203. 12  : 

On  puet  dire  :  «  Tels  gens  n'ont  dou  cuer  le  sac  ort  ». 
«  Ont  le  fond  du  cœur  pur  »  ? 


(  lis  ) 

liaat,  sou,  II,  176.  25  :  as  livres  et  as  sans  [en  rime).  —  La 
forme  sous.  II,  68.  8  («  fors  de  sous  et  de  livres  »),  est,  je 
pense,  fautive. 

fiicereC  Je  trouve,  sur  la  même  page,  II,  90,  le  fém.  seerée 
(appliqué  à  cose)  et  le  fém.  de  forme  savante  secrète  (appli- 
qué à  compagnie). 

iiil  ou  se,  avec  la  valeur  de  «  jusqu'à  ce  que  »  (après  une  pro- 
position négative,  voy.  mon  gloss.'des  chron.  de  Froissart 
sous  si  II,"  o«),  apparaît  rarement  ;  j'ai  noté  I,  334. 6  : 
Et  s'il  savoit  comment  de  grasce  se  desnûe. 
Jamais  ne  chiesseroît  se  seroit  revenue 

et  II,  76.  3;  206. 18;  223.22. 


fTanter.  Je  tiens  à  ajouter  que  ce  verbe,  appliqué  à  plaie, 
n'est  nullement  suspect,  comme  on  pourrait  inférer  de  la 
rédaction  de  mon  article  ;  tentei'  une  plaie  non  seulement 
se  dit  encore,  mais  il  est  de  très  ancien  usage;  voy.  le  glos- 
saire du  Chevalier  as  deus  espées,  édition  de  Fôrster. 

fTarler.  Je  m'aperçois  à  temps  que  cet  article  est  écrit  dans 
la  coupable  supposition  que  ches  visées  est  le  sujet  de  tarient, 
tandis  qu'il  en  est,  comme  l'indique  bien  la  forme,  le  régime 
direct.  Il  s'agit  donc  du  verbe  actif  tarier  (tirailler,  faire  la 
guerre),  dont  l'étymologie  reste  encore  à  fixer. 

Trnewon  =  trueve  on  (j'ai  égaré  le  passage).  Pour  ce  genre 
d'élision,  je  renvoie  à  l'étude  qu'en  a  faite  Tobler,  Vom  fran- 
zosischen  Versbau  (2«  éd.),  pp.  60-61. 


CORRECTIONS. 


TOME  I. 


Page 


«,  ligne 

9,  au  lieu  de; 

:  monde 

lises 

:  mont 

««. 

suis(id.  49.11  et 
passim) 

sui 

% 

22. 

qui 

que 

3. 

II. 

eonsentier 

consentir 

17, 

tous 

tout 

i, 

7, 

en  possession 

en  se  possession 

II. 

ne 

net 

30. 

le 

les 

5. 

2i. 

Dieus 

Dieu 

«, 

6, 

hayement 

gayement 

u. 

en  caserés 

encaeerés 

29. 

au 

dou 

7. 

19, 

fait . . .  frémis 

faie  . . .  frémi 

8, 

3. 

require 

TequMT 

12. 

revuînt 

Tewwfit 

32, 

Le  lîcude  chou, 
moult . . . 

Le  lieu,  de  chou 
mouU  . . . 

». 

1», 

mainé 

m'ame 

10, 

16, 

revenra 

2i. 

vuiler 

ruiler 

II, 

4-5, 

un  point-virgule  après  plenier» 

et  une  virgule  au 

lieu  du  point  après  possessions. 

i% 

18,  au  lieu  de 

:  à  celle 

lisez 

:  a  telle 

u. 

16, 

meseschanche 

mesestanehe 

(180) 


Page  iA,  ligne  19, 6ter  le  point  et  au  v.  suiv.  mettre  une  virgule  aprèf 
Vafflit 
37,  au  lieu  de  :  sen  lisez  :  à  sen 

15,  28,  quelle  911e/ 

16,  3,  aperchieus  apereheUs 

17,  15,  les  set 

26,  j'ieuc  i'etic 
32-53  remplacez  les  points  par  des  virgules 

18,  27,  an  lieu  de  :  lieu  lisez  :  Ueus 

10,  5,  qui  que  («=  car) 

1 9,  une  virgule  au  lieu  du  point 
28,  au  lieu  de  :  peurs ...  le  peur ...  H 

20,  8,  et  grand  '  et  se  grand 
5,  une  virgule  au  lieu  du  point-vii^ule 

13,  au  1.  de:  quelconques  heures  lisez  :  qtielconque  heure 

21,  13,  au  lieu  de  :  teux  leurs 
15,                    ewreus                            eûreus 
21,                   ewcreuses                       eûreuses 

22,  8,  iscier  iseir 
21,  mettez  un  point  d'interrogation  a  la  fin 
25,  au  lieu  de  :  Peut  lisez  :  Petit 
33,  un  point  d'interrogation  à  la  fin  du  vers 

23,  32,  insérez  et  ou  si  devant  je  le  grée 

24,  4-5,  une  virgule  h  la  fin  de  4,  et  un  point-virgule  à  la 

fin  de  5 

25,  6,  au  lieu  de  :  vous  lisez  :  vos 
17,  une  virgule  au  lieu  du  point 

35,  au  lieu  de  :  espit  esjric 

26,  11,  6tcz  la  virgule  après  grain,  et  remplacez  le  point 

par  une  virgule 

27,  lisez  :  En  mi  vo  grasee  et  me  mundés 

27,  8,  vers  trop  plein;  lisez  bée,  pour  a6^ 

28,  14,  au  lieu  de  :  doies  lisez  :  dois 


29, 


18,  absolutions 

30,  diemences  (la  mê- 

me faute  passim) 
8,  meut 

12,  qui 


/•  absolutions 
dimenees 

meut  (monoiylL) 
que 


(  m  ) 

Page  39,  lîgae  19,  mcllre  le  poinl-virgale  après  pekiet 

30,  9,  une  virgule  au  lieu  du  point 

10-15,  les  guillemets  doivent  aussi  comprendre  ces  vers 

31,  16,  au  lieu  de  :  ses  lisez  :  ce» 
aparaliet  aparilliet 
met  mte  ou  mae 
caper                              taper 
convent  (faute  constante)    lisez  :  couvetit 


34, 

52. 

*, 

22, 

26. 

32, 

33, 

9, 

3i, 

23, 

38, 

*», 

33, 

oiels 

lisez 

:  ioeU 

gloutremies 

gloutrenieê 

ireuls 

ireuê 

ti  y  es 

i'i  ye$ 

plus 

pieu» 

36,  0-10,  transposez  ces  deux  vers 

11-16,  pour  la  ponctuation  de  ce  passage,  voy.  mon 
gloss.  V.  eteoussins 


24,1 

BU  lieu  de 

:  Et  si  ne  sont 

lisez  :  Se  ne  sont 

25. 

virgule  après  nommet 

37, 

8, 

BU  lieu  de 

:  Dieus  • 

Dieu 

iO, 

ycemont 

yeelmont 

40, 

^. 

semonc 

semont 

15, 

sera 

seras 

27, 

lye 
graphe  ye  p. 

liie  (cette  ortho- 
iie  se  présente  souvent) 

29, 

et  t'en 

lisez  :  et  je  t'en 

42, 

2, 

sui 

tui  (mot  latin) 

27, 

Et 

Voel 

33, 

puist 

peuist 

^3, 

28, 

Esperis 

Etpri» 

32, 

une  virgule  à  la  fin 

45, 

9. 

au  lieu  de 

:  et  le  fait 

lisez  \  et  ne  le  fait 

^6, 

14-16,  un  point  après  14,  une  virgule  après  15  et  16 

18,  au  lieu  de  :  oyeux  lisez  :  yeux  (de  même  v.  33  et  35) 
-  28,  virgule  au  lieu  du  point 

<  Je  ne  signalerai  plus  les  lapsus  de  cette  nature  (confusion  du  cas-sujet 
et  cas-régime),  à  moins  que  la  rectification  n*ail  un  intérêt  particulier  pour 
réclaircissement  du  sens. 


(182) 


;e  47, 

ligne    2, 

au  lieu  de 

:  must                    lisez 

:  nuitt 

4> 

manduscasti 

manduea$ii 

6, 

Croit...  megnict 

Crois  . . .  mignief 

«0, 

virgule  au 

lieu  du  point 

il. 

deux-points  au  lieu  du  point 

45, 

au  lieu  dé 

:  veir                      lisez 

:  vir 

24. 

diras 

dirai 

48, 

4, 

se 

ti 

«9, 

oiclx 

ioeh 

50, 

empartirai 

em  partirai 

*9, 

3, 

virgule  à  la  place  du  point 

12. 

au  Heu  de 

:  Caius 

Çajui 

47, 

es 

el 

80. 

9  eH  3,  point-virgule  au  lieu  Je 

vii^ule 

i4, 

au  lieu  de 

:  si                         lisez 

:»e 

i5. 

virgule  au 

lieu  du  point 

16. 

au  lieu  de 

:Je 

Jel 

• 

21. 

warte 

wart 

24, 

traîst 

traiit 

32, 

délivrés 

deHvre$ 

51. 

6, 

si  ert  boinc  cwrée 

15. 

vous 

90S 

53, 

5. 

cngrascie 

en  groMcie 

7, 

tout  bien,  le  sai 

to^if  bien  te  soi 

54. 

2, 

périlleus 

prillett» 

3, 

dicnt 

diêt 

14,  ponctuez  :  Non  pourA:an[/],  te  sui  eêcapés, 

19,  point-virgule  à  la  fin 

20,  virgule  au  lieu  du  point 

23,  au  lieu  de  :  le  lisez  :  tes 

35.  paroient  paroteni 

55,  3.  resanicr  rasanler 
11,                    Velchi  Veschi 

56,  14,  point-virgule  à  la  fin 

1 5,  virgule  au  lieu  du  point-virgule 

23,  au  lieu  de  :  acroit  lisez  :  aeroisi 

57,  28,  voit  vote 

58,  16,  fuils  fitth 


(183) 


Page  59,  ligne  H,  au  lieu  de  :  i  estre  lisez  :  ie*trt 

il  y  virgule  an  lieu  du  point 
19,  au  lieu  de  :  laicc  leaice 

60,  32,  virgule  au  lieu  du  point 

61,  9-i  I,  terminez  v.  9  par  un  point,  10  et  1 1  par  une  virg. 


62, 


64, 

65, 
66, 


67, 
68, 
69, 


70, 


S5,  au  lieu  de  :  fort  lisez  :  for$ 

27,  Sfe  me 

9,  consenties  consentirs 

17,  anemi  anemis 

9,  la  tes 

n,  quils  qùHl 

31,  tout  tons 

33^  risaie  ritait 

40,  virgule  au  lieu  du  point 
47,  insérez  le  devant  bien 
26,  au  lieu  de  :  auser 

5,  emploi-ce 

41,  si  fait 
13,  doye 
20,  ôtez  $i 
24,  insérez  s'î  ou  hs  devant  mainlienent 


lisez  :  ruser  (ou  user) 
emploiec 
iifais 
doy 


33,  au  lieu  de  :  Sages 
43,  au  pis 

18,  vit 

10,  naquit 
12,  yest 

28,  biffez  le  point-virgule 
5,  au  lieu  de  :  benoite . . . 

11,  ôtez  En 


lisez  :  Mè$  sages 
de  pis 
vie 

nasquit 
yert 

fu       lisez  :  beneoite  ...fus 


i2,au 

lieu  de 

:Mai-ge 

lisez  :  Mae  ge 

n. 

et  tout  piUés 

toute  pités 

2«. 

tout 

toute 

23, 

maint 

tn'aint 

71, 

16, 

grisment 

grieftnenl 

72, 

8, 

souffristes 

souffresistes 

», 

saint 

sains 

15, 

claucefyet 

elawefyet 

21. 

le 

H 

(154) 


Page   73,  ligne    i,  insérez  se  (=  et)  devant  nos 

32,  virgule  au  lieu  du  point 
74,            13,  aulieude  :  grif 

29. 

7B.  7. 

38, 

76.  6, 

tu 
i*, 

80. 

77,  53, 
7»,  90, 

80.  16, 

81.  1, 
28. 
29. 

82.  3, 
**. 
16, 

22,  ôtez  les  virgules  avant  et  après  diront  il 

23,  au  lieu  de  :  monstrer  lisez  :  mimUrtr  ' 
24-2S,au  lieu  de:  colles:  vareolles  lisez  :  eollèt .-  wrtoiïi* 
30.  une  virgule  au  lieu  du  point 

31-34.  guillemettcz  ces  vers  comme  les  précédents 

33,  au  lieu  de  :  puist  lisez  :  peuUt 


:grif 

lisez  :^iV 

aloer 

à  lœr 

grand 

groHM 

finir 

fenir 

requ  irons 

requérons 

trestous 

à  trestous 

morurent 

ja  morureni 

As  virgenes  et  à 

tout 

fouie 

où 

ou 

au  cocr 

ou(=daDsle}( 

aisnet 

ainsnet 

honerés 

iiflnorés 

décheus 

de  eheus 

honoret 

konerei 

femme 

femmes 

parier 

parUrs 

quel 

quels 

83, 

8, 

29, 

84, 

13, 

51, 

81$, 

2, 

21. 

29, 

86, 

8, 

26, 

87, 

28, 

honcroîent(c«»***) 

vienrent 

viennent 

poent 

poeent 

fecissent 

fesissent 

si 

se 

accors 

les  aeeors 

fols 

foies 

vcwe 

veûe  (ouveâre) 

sots  (id.  90. 

16) 

SOS 

38,  corrigez  etn  praichant  (en  3  mois);  de  même  88.  8 


Celte  faute  est  permanente. 


(  153  ) 

Page  87,  ligne  32,  au  lieu  de  :  Qui  lisez  :  Que 

88,  i7,  donna  dena 

18,  biffez  le  point-virgule  et  reportez-le  à  la  fin  du  vers 

suivant 
34,  au  lieu  de  :  Philippes  lisez  :  PMippes 

89,  10-11,  ces  vers  sont  incompréhensibles,  du  moins  diffi- 

ciles à  lier  aux  précédents,  et  font  supposer  une 
lacune  de  deux  vers  mentionnant  quelque  person- 
nage princier  parmi  ceux  que  Jehan  de  la  Motte, 
selon  vv.  6-7,  a  resbaudia  de  ses  biaus  di$. 
12,  au  lieu  de  :  n*oubliray  lisez  :  n'oubUeray 

16,  Pa  on  là  là  {=  où)  on  l'a 

21,  Tel  Tele 
32,  requers  requerc 

90,  2,  soucieument  soutieument 
28,  avant  à  vont  (?) 
32,  esUt  estet 

34,  biffez  la  virgule;  reportez -la  au  vers  suiv. 
91 1  15,  virgule  au  lieu  du  point 

22,  au  lieu  de  :  vivans  lisez  :  vivant 
28,  toute  toutes 
30,                    si  ie 

92,  9,  retranchez  Et 

14,  au  lieu  de  :  porent  lisez  :  poront 
16  et  19,  au  lieu  de  :  le  les 

93,  2,  au  lieu  de  :  vendra  venra 

6,  jugemens  jugement 

li,  à  ouviert  aouviert 

20,  si  se 

94,  7,  son  (passim)  sen 

17,  volroie  volroi 
27  et  30,  virgule  au  lieu  du  point 

93,  11,  au  lieu  de  :  soutivité  lisez  :  soutieutet 

15,  S*ii  se  ou  si 
19,  virgule  après  oel 

25, 29  et  32,  au  lieu  de  :  oyex,  lisez  r  yoex,  de  m.  96.2 
25-26,  a.  1.  d.  :  demonsf*  :  plons^'"  1. :  demoustre.-ploustre 
33,  corrigez  em  parcoit  (en  2  mots) 


(  156  ) 

Page  06»  ligne    i,  au  lieu  de  :  s'en  siult  lisez  :  s'etutut 

il,  me  me$ 

97,  7,  13,  17,  un  point-virgule  à  la  fin 

1 9,  au  lieu  de  :  grant  lisez  :  gratu 

22,  biffez  la  virgule 

98,  13,  au  lieu  de  :  sienc  (iene 

19,  bîiïez  la  virgule  et  meltez-la  après  /oûeurt  dnv.suîv. 

30,  corrigez  m'en  tenehê  (en  3  mots) 

09,  10,  au  lieu  de  :  estout  lisez  :  $tout 

14,  enlevez  le  point 
16,  au  lieu  de  :  se  ses 

26,  jolités  jolielés.  Otez  le 
point  d'interrogation  pour  le  reporter  au  v.  siilv. 

28,  virgule  à  la  fin 

100,  1,  au  lieu  de  :  aveuler  lisez  :  amulcr 
10,                    vois  vote 
16-17,  corrigez  taisir  :  plaisir  (sans  s  final) 

22,  au  lieu  de  :  boins  lisez  :  boines 

29,  si  «e  (de  m.  101.30) 

101,  51,  celle  telle 

102,  29,  une  virgule  à  la  fin  et  des  guillemets  en  tête  des 

2  vers  suivants 

31,  un  point  à  la  fin 

33,  au  lieu  de  :  méchans  lisez  :  tnesehans 

104,  22,  mettez  les  mots  car..,vir  en   parenthèse,  suivie 

d'une  virgule 

105,  9,  au  lieu  de  :  boin  lisez  :  6oine 

21,  hardiment  hardiement 

27,  virgule  à  la  fin 

28,  effacez  la  virgule 

1 06,  49,  au  lieu  de  :  Y  lisez  :  il 

23,  métreras  metteras 

28,  point-virgule  à  la  fin 

29,  une  virgule  à  la  place  du  point-virgule 

107,  9,  au  lieu  de  :  les  boins  lisez  :  des  boins 

108,  .  3,  vers  trop  court;  au  lieu  de  :  à  peu    lisez  :  à  peiit  (?) 

6,  effacez  le  point 

8,  au  lieu  de  :  tost  lisez  :  tout 


(187) 

Page  108,  HgDC    9,  effacez  le  point-virgule 

11,  virgule  au  lieu  du  point-virgule 


16,  au  lieu  de  :  données 

lisez  :  denées 

109. 

9,                   soeler 

sooler 

18,                   i'el 

jel 

1*0, 

3,  ôtez  le  point 

8,  au  lieu  de  :  N'entent 

N'entenc 

11,  virgule  à  la  fin 

1 9,  au  lieu  de  :  trcstout 

lisez  :  trestous 

25,                    ose 

n'ose 

m, 

7,                    doinct 

doinst 

10,                    escript 

escrite 

11,                    qu'il 

que 

18,  biffez  la  virgule  devant  qui 

112, 

9,  ôtcz  la  virgule 
13,  virgule  à  la  fin 

15,  au  lieu  de  :  Aucun 

Usez:  Aucun 

113, 

2,                    si 

4,  cil  nortes  est  inadmissible  ' 

s'i 

HA, 

3,  virgule  au  lieu  du  point-virgule 

6,  au  lieu  de  :  trcsluut 

lisez  :  treslous 

18,                    si 

se 

21,  virgule  après  seulement 

115, 

17,  vers  trop  court.  Au  lieu  de  : 

Si  fait,  voirs,  me  fait,  li- 

sez  :  Sifais  oirs  me  fait 

20,  virgule  après  jadis 

116, 

6,  au  1.  de  :  comprcnt  li  pourcclet  1.  :  campèrent pourcelet 

14,  au  lieu  de  :  subges 

lisez  :  suhgis 

H7, 

2,                    un 

une.  Deux-points 
à  la  On 

10.                    s'i 

si 

11,                     quelle 

quel 

118,  6,  ôtez  la  devant  famine 

11,  écrivez  m'encacheront  (en  un  mot) 

1 5,  au  lieu  de  :  sa  lence  lisez  :  silence 

119,  3,  tous  tout 


^  Je  ne  comprends  pas  le  passage. 


(188) 

Page  H  9,  ligne  90-21,  ces  vers  constituent  une  parenthèse 
130,  21,  effacez  M  > 

25,  au  lieu  de  :  Pardons  lisez  :  Pardon 

121,  2,  une  virgule  après  sMhant;  celle  qui  suit  tous  doit 

disparaître 

24,  au  lieu  de  :  respont  lisez  :  respone 
28,                     caisir  (aisir 

122,  2,  point- virgule  à  la  fin 

5,  ôtez  la  yii*gulc  après  Roboam 
17,  virgule  après  iestré 

123,  9,  au  lieu  de  :  qui  lisez  :  que 
14,  retranchez  le 

20,  une  virgule  après  matere 

25,  pas  de  ponctuation  après  eoee 

124,  5,  au  lieu  de  :  empriemer  lisez  :  emnrimer 
7,                     fliemer  (limer 

11,  trestout  Irestous 

12,  tcroprement  tempréement 

125,  1,  verront  venront 

134,  25,  j'en  tenc  J'entenc 

135,  4,  le  U 

5,  ordenément  ordeniemetU 

11,  prouveiis  pourveûi 

142,  23,  saufs  saus 

143,  11,  écrivez  em  plaisoit  en  deux  mots.  —  Au  lieu  de  :  cas- 

cun,  lisez  :  cescun.  —  Une  virgule  à  la  fin 
22,  un  deuxième  mieuh  après  tnieuls 

144,  22,  reportez  la  virgule  après  décevoir  du  vers  suiv. 

145,  1,  li  est  de  trop 

146,  16,  au  lieu  de  :  faindront  lisez  :  fainderorU 
1 9,  cmpcrkiet  emparkiet 
24,                    par  pa$ 

147,  9,  si  $'i 

148,  21,  la  virgule  avant  drument,  non  pas  après 

24,  vers  trop  court;  je  propose  s'il  lepuet  p.  :  s'il  puel 

>  Peut-être  faut-il  lire  semandon  au  lieu  de  se  monilion^  qui  cootrarie  le 
mètre. 


(159) 

Page  149,  ligne    9,  aa  lieu  de  :  k*auvecques         lises  :  k'ameequet 
18,  veu  n'en 

IttO,  i,  voit  vote 

2,  oïr  vf> 

7,  écrivez  etn  bleiche  (en  deux  mots) 
151,  9,  mettre  une  virgule  après  retenir^  comme  fait  notre 

texte  imprimé,  c'est  séparer  ce  verbe  de  ses  ré- 
gimes hayne,  felenie 
13,  j*in$ère,  pour  parfaire  le  vers,  Tadv.  au$ii  après  vt'en/ 


152, 

11,  au  lieu  de  :  convens 

lisez 

:  couvens 

163. 

29,  écrivez  ensiuvenf  (en  un  m< 

H) 

155, 

1 9,  au  lieu  de  :  tiesmoignier 

lisez 

:  tiesmongnier 

20,                    grougnier 

grangnier 

156, 

10,                  [abbés 

abbet 

11,                    donner 

dener 

19,              .      plait 

plaist 

167, 

5,                    subgès 

êubgis 

23,                    ce 

*e 

28,  effacez  se 

158, 

10,  au  lieu  de:  fit 

lisez 

:fi., 

17,                   tout 

(0U8 

18,  écrivez  rewarge  (en  un  mot 

;  c'est  un  subjonctif) 

19,  au  lieu  de  :  trebuskiés 

lisez 

:  trebukiés 

159, 

15,                    un 

un* 

28,                    es 

et 

161, 

1,                    prouvoit 

42,                   Tabbct 

l'abbe» 

13,                    ottryés 

oltryert 

22,                    clostre 

doislre 

162, 

12,  écrivez  s'enti  (en  un  mot) 

163, 

20,  au  lieu  de  :  Prelas 

lisez 

:  Prélat 

164, 

4,                   ses 
14,  ôtez  la  première  virgule 

les  (ou  H) 

21,  au  lieu  de  :k 

a 

22,                    relies 

reliés 

23,                    donnet 

donnés 

25,' une  virgule  à  la  fin 

27,  au  lieu  de  :  loe 

lisez 

iloc 

22, 

166, 

4. 

u. 

16, 

20, 

i67. 

11. 

168, 

7, 

H, 

21, 

(160) 

Page  165,  ligne  iO,  au  lieu  de  :  Con  fait  lisez  :  ConfaU 

prourcut  powrveiU 

Paisieuls  PaiMieule 

censer  tetuer 

grignier  grongnier 

tesiDoignier  tetmangmer 

vees  vés 

Raisont  Raison» 

qu'on  qu'ont 

sot  $os 

complalive  coniemplatwe 
160,             5,  virgule  après  chou  et  à  la  fin 

1 8,  au  lieu  de  :  Habit  lisez  :  Li  kabit 
21,                   un  OR 

470,  12,  guerredon  a  gueredena 

26,  corn  corne 

27,  j'insère  mouU  ou  bien  après  mcûsons 

172,  24>,  insérez  c/ie  après  bien 

173,  1,  ôtcz  le  tiret  après  fauli 
1 5,  au  lieu  de  :  à  seur  lisez  :  aseûr 
20,                    Lignics,  poignies,  ces  cuers  tr.  s.  m.,  li- 
sez :  Ligniés,  poignié»  ces  cuers,  (r,  s.  m, 

27,  au  lieu  de  :  cels  lisez  :  cils 
17ÎJ,              7,                    voira  vaura 

13,  ôlez  la  virgule  à  la  fin 
1 4>,  une  virg.  après  darrain  et  ôtcz  celle  de  la  fin 
24,  au  lieu  de  :  puissions  *  lisez  :  puissons 

26,  reportez  la  virgule  après  partout 
178,  16,  au  lieu  de  :  castimcns  lisez  :  eastiemem 

19,  gline  geline 
24,                    abbés  abbes  (je  ne  si- 
gnalerai plus  cette  faute) 

28,  encrassier  lisez  :  encraUsier 
180,              2,                    se  SCS 

4,  trestout  trestous 

17,  gouvernés  gouvrmés 

18,  pas  de  ponctuation  à  la  fin 

19,  point-virgule  h  la  fin 


(161  ) 


Page  180,  ligne  24,  eflaccz  à 

27,  virgule  à  la  fin 

28,  au  lieu  de  :  S*en  usés  lisez  :  Se  n'usés 

181,  20,  insérez  tes  avant  faitt 

182,  I,  virgule  au  lieu  de  dcux-poinls 


7, 

au  lieu  de 

:  enmiellicr 

lisez 

:  enmieller 

11, 

koces 

kocès 

12, 

couvent 

couvent 

1», 

pueicnt 

puelent  (voy.  m. 
gloss.  s.  pueient) 

183, 

1, 

pouchincs 

poHchinès 

18, 

pueicnt 

puelent 

184," 

4, 

lui 

tiu 

18S, 

i,  écrivez  bienviegne  (on  un  mol) 

186, 

18, 

au  lieu  de 

:  tout  jour 

lisez 

:  toute  jour 

187, 

23, 

ticuls 

tieutes 

27. 

point-virgule  à  la  fin 

28,  virgule  après  fauis 

188, 

20, 

virgule  à  la  fin  du  quatrain 

25, 

au  lieu  de 

:  estudycr 

lisez 

:  studyer 

189, 

23, 

une  virgule  à  la  fin 

190, 

2i, 

au  lieu  de 

:  evillour 

lisez 

:  esvilleur 

194, 

27, 

me 

m'en 

193, 

». 

wastcs 

voastes 

7, 

un  second 

vous  après  vous 

22, 

au  lieu  de 

:  estes 

lisez 

iesfi 

2i, 

sera 

seras 

19i, 

22, 

ne  puct 

ne  le  puet 

26, 

fardicus 

fardtaus 

193. 

n, 

anemit  (passim) 

anémie 

196, 

10, 

se 

ses 

26,  effacez  des  devant  viestirs 

197,  27,  au  lieu  de  :  on  alast 

198,  5,  men 
17,  qu'il 

199,  4,  herbcrgiés 
23,                    leniclette 

200,  12,  mettez  les  après  tous 
Tome  XXXVll. 


lisez: 


:  on  n'alast 
me 

que  il 
herbregiés 
l'enlptette 

H 


(  162  ) 


PageâOI, 
202, 
203, 

205, 

206, 
207, 
209, 
2H. 

212, 
213, 

214, 

2i6, 

217, 

218, 
219, 

221, 

222, 

22», 
226, 

228, 
229, 


ligne  13,  au  lieu  de  :  lies  lisez  :  iiés  (oionosylL) 

10,  ordeiics  ordenée» 

6,  effacez  la  virgule  après  qw 
17,  au  1.  de  :  Ordenes,  viestures  lis.  :  Ordenées  tiatunt 

6,  au  lieu  de  :  princeps  lisez  :  princes 

24,  avenlet  arentei 

19,  se  $es 

1,  ôtez  la  virgule.  --  Au  lieu  de  :  boiii  Usez  :  boine 
8,  au  lieu  de  :  se  lisez  :  set 

2,  li  ri.— Point  d'ifl- 

terrogalioD  à  la  fia 
21  et  23,  au  lieu  de  :  veus,  veu     lisez  :  veus,  veu 
8,  au  lieu  de  :  baubanches  beulMinches 

25,  trestout  trestoute 
17,                    abbéyes                          abbyes 

20,  virgule  après  dame 

5,  au  lieu  de  :  couvent  coavenl 

6,  coches  eochhs 
27,  insérez  n  devant  fort 

2,  au  lieu  de  :  vraicnient  lisez  :  veraiemenl 

26,  warcoles  urarcolès 
22,  virgule  à  la  fin  au  lieu  du  point 


11,  au  lieu  de  :  n'est 
22,  retranchez  en 
24,  au  lieu  de:  Tespcut 

14,  Vceschi 

15,  trouvet 
21,  L'espeut 

4,  fourkeure 

24,  desplait 

4,  aucuns...  corn 

16,  virgule  après  erés 
26,  au  lieu  de  :  cointyes 


lisez  :  twst  (!) 

l'espèus 

Veschi 

trouvées 

L'espèus 

sourkeure 

desplaist 

aucunes . . 


e'om 


28,  malvais 

5,  abbéies 
15,  effacez  et 

6,  au  lieu  de  :  me«hains 
26,  point-virgule  à  la  fin 


lisez  :  eaintiies 
tnahaises 
lisez  :  abbies»  —  Virg.  à  la  fio 

lisez  :  niechaitu 


(163) 


Page229, 
330, 


231, 


232, 
233, 


234, 
235, 
236, 
257, 


239, 


ligne  27,  virgule  à  la  fin 

5,  au  Heu  de  :  vcus,  veu  lisez  :  netts^  neu8 
8,                    castye  castiie 

i  0,  boîns  boines 

48,  osche  trcstoul   lisez  :  oste  trestous,  —  In- 

sérez vous  après  biens 

26,  virgule  après  coses 

28,  au  lieu  de  :  praiccbicr  lisez:  praichier 

2,  virg.  après  siccfe,  —  Au  1.  do  :  pueient  lis.  :  puelent 
4,  mettez  et  après  pensers 

25,  au  lieu  de  :  lyes  lisez  :  liies 
10,                    Le  Li 
H,                    le                        ^  les 

i  5,  suis  sui 

27,  ôtez  la  virg.  après  fiert  pour  la  mettre  après  l'un 

3,  retranchez  beaus 

26,  au  lieu  de  :  pueient  lisez  :  puelent 
7,                     toute  toutes 

6,  warcoles  (id.  241.  iO)  lisez  :  warcolès 
iO,                    souverain  lisez  :  «otiv^atn^ 

10,  virgule  au  lieu  du  point- virgule 

i ,  au  lieu  de  :  Li  feu  lisez  :  Le  feu 

i  6,  insérez  en  après  s'on 
22,  au  lieu  de  :  die  dienl 


240, 

16,                   joIit(id.24t.ll) 

jolif 

241, 

9,                    convcnt 

couvent 

40,                    auvent 

ou  oent 

243, 

16  et  19,  au  lieu  de  :  chaius 

ehajus 

244, 

13,  au  lieu  de  :  exemples 
49,  ôtez  la  virg.  après  voiront 

exempta 

245, 

5,  une  virgule  à  la  fin 

6,  ôtez  le  point-virgule 

15,  au  lieu  de  :  morte                   lisez 

:  mort 

20,                    se 

ce 

247, 

5  et  6,                mineur 

meneur- 

23,                    telles 

tels 

248, 

3,                    fussct 

fussent 

249, 

3,                    estudycr 

studycr 

(m) 

Page3i9,  ligne  47,  virgule  après  Egfise 

250,  7,  au  lieu  de  :  peine  lisez  :  paine 

251,  i,  grande  grand 

23,  virgule  au  lieu  du  point-virgule 

252,  5,  au  lieu  de  :  thesors  lisez  :  (hetor 

6,  songnics  retongniés 

16,  Le  Li 

i  9,  joyel  juyel 

26,  virgule  après  tout 

253,  8,  une  virgule  au  lieu  du  point -virgule.  —  An  lieu 

de  :  faura  lisez  :  farra 

20,  virgule  après  faire 

27,  au  fieu  de  :  eus  à  volentet       lisez  :  tenir  avoleuM 

254,  \t  rclincr  retenir 
13,  virgule  après  Dieu 

22,  virgule  à  la  fin 

255,  4,  au  lieu  de  :  transquillitel        lisez  :  tranquittilel 

28,  se  no 

256,  23,  volent  voetent 

257,  14,  écrivez  em  puist  (en  deux  mots) 

24,  au  lieu  de  :  esquipollent         lisez  :  equipoltent 

258,  7,  movc  moeve 

i  I ,  otez  la  virg.  après  fiert  pour  la  mettre  après  l'nn 
26,  au  lieu  de  :  mie  lisez  :  mies 

259,  16,  virgule  après  bien 

21,  un  point  à  la  fin 

23,  il  manque  un  mot  de  deux  ou  trois  syllabrs  après 

oevres'y  peut-être  avaient 


26,  au  lieu  de  :  Loin 

lisez 

:  boins 

27,                    poveretet 

povretet 

260, 

16,                    oiTryes 

oltriies 

25,                    com 

c'om 

261, 

4,  e£Facez  par 

16,  au  lieu  de  :  soubcicus  . 

.  aucun 

sottlieut...nucun$ 

263, 

24,                    qui 

qu'it 

265, 

5,  mettez  si  devant  sera 

6,  au  lieu  de  :  Le 

lisez 

:5e 

17,                    s'humulic 

s'hnmetie 

(  168  ) 


Page  965,  ligne  l8,a.l.d.:coinmcndcs,  perdroit  l.zcommendée par  droit 
366,  16,  au  lieu  de  :  goiroit  lisez  :  gorroit 


26. 

bieus 

biens 

267, 

2, 

sols 

$08 

20, 

maintienrent 

maintiunretit 

268, 

7, 

qu'ils 

qu'il 

1», 

opriesser 

aprietier 

22, 

pèvcnt 

pueent 

270, 

8, 

resanle 

rasante 

17,  effacez  tj 

20,  au 

L  lieu  de 

:  csbanoit 

esbanoi 

271, 

23,  je 

mets  i7 

après  ciessent  cl 

je  biffe  dou 

272, 

l,au 

lieu  de: 

convient 

lisez 

:  couvent 

273, 

274, 
275, 
276, 

277, 
279, 

280, 
281. 

284, 


285, 
286, 

287, 


4,  micu 

6,  escuillcs 

11,  avuilcr 
19,                    mecongne 

2i,  écrivez  emblavés  (en  un  mol) 
1,  effacez  le  premier  et 
19,  au  lieu  de  :  connoit 
25,  mettez  un  devant  petit 
23,  au  lieu  de  :  savoir 

12,  sont 
16,                   aconte 


tntcn 
eswUlies 
amuler 
fnençongne 


lisez  :  connoist 


l'avoir 

font 

n'aeonte 


20,  au  I.  de  :  clergies  (ib.  283. 14  ;  305.19)  lisez  :  elergiés 
19,  au  lieu  de  :  ofTricnl  lisez  :  ottrient 

26,  écrivez  entour  (en  un  mot) 
2,  au  lieu  de  :  laver  lisez  :  laner 

16,  tiengs  tieng 

10,  ccst  c'est,  —   Point - 

virgule  à  la  fin 

1 1,  point  dUnterrogation  après  bieste 

14,  mettez  le  second  guillemet  après  siècles 

1 5,  au  lieu  de  :  ce  sont  lisez  :  se  sont,  —  Effacez  li 
25,  effacez  en 

25,  ôlez  le  point-virgule  après  couvient  et  mettez  une 

vii^ule  à  la  fin 
1 5,  au  lieu  de  :  que  lisez  :  qui 


(  166  ) 

Page  388,  ligne    G,  au  lieu  de  :  prélats  lisez  :  prêtas 

47,  apcrchevroit  apcrcheveml 

Si,  transfeta  fransfreta 

289,  7-8,  lisez  :  feït,  parfeit  (licences  de  forme  pour  :  feitt, 

parfetst) 

25,  au  lieu  de  :  eut  lisez  :  eust 
25,                    li  Le 

290,  7,  harnagc  harnage 
24,                    treslout                           treslou» 

29 1 ,  5-6,  au  I.  de  :  renoumés  :  soumés  lis.  :  renommez :wmmi$ 

292,  4,  écrivez  enpriessml  (en  un  mot) 

9,  au  lieu  de  :  gouverner  (id.  296. 13)   lisez  :  gowrtiitr 


H. 

doner 

lisez  :  dener 

20, 

dira-on 

.    diran 

25, 

justiçauls 

justiçaules 

293, 

5. 

gouvenera 

gouvernera 

6, 

honnit 

honnis 

20. 

si 

se 

294, 

2,  ôtez  la  vir 

gulc 

20, 

au  lieu  de . 

le 

lisez  :  li 

295, 

7, 

rémunéra 

remunerra* 

24, 

pèvent 

lis.  :  peuent  (ou  pueent) 

296, 

4, 

effacez  partout 

6, 

au  lieu  de 

:  fcalment 

lisez  :  feaument 

297, 

6. 

écrivez  par  don  (en  deux  mots) 

13, 

au  lieu  de 

:  remire 

Usez  :  remir 

299, 

20, 

quelo 

quel 

301, 

42, 

virg.  aprèj 

i  chou, —  Au  1.  de  :  nous  lisez  :  nons 

13, 

remplacez 

et  par  une  virgule 

502, 

14, 

virgule  après  saches 

15, 

au  lieu  de 

:Lies 

lisez  :  Liés 

23, 

com 

corne 

303, 

2, 

en  cielle 

en  se  dette 

^, 

délivrés 

délivres 

304, 

10, 

com 

come 

17, 

le 

tes 

*  Cette  faute  se  présente  passim. 


(  167  ) 

Page  505,  Jigne    ?,  au  lieu  de  :  Dams  Usez:  Dame 

306,  16,  ne  fait  nel  fait 
26,                    est  joy  efjoï 

307,  I,  se  ce 
3,                    Des                                De 

8,  espuet  esprouvet 

18,  le  H 

309,  i,  pas  de  virgule  à  la  fin 

2,  point-virgule  après  templiers^  virgule  à  la  fin 
\%  au  lieu  de  :  n'apiertcnt  lisez  :  n'apertient 

310,  4,  hommes  hontme 

5,  au  1.  de  :  Si     lisez  :  £t;  ôlez  la  virg.  après  n'estoii  ; 
au  lieu  de  :  dilicieus  lisez  :  delicieus 

311,  5,  virgule  à  la  fin 

15,  au  lieu  de  :  poroient  lisez  :  pooieni 

25,  sourjouna  soujouma 

312,  6,  se  le 

i  5,  ne  les  a  lonc  temps  à  mestryes   lisez  :  ne 

les  a,  lotte  temps  a,  mestriies 

313,  21,  Tost  lisez  :L'05f 

314,  22,  virgule  à  la  fin 

23,  point-virgule  à  la  fin 

315,  8,  au  lieu  de  :  Mais  lisez  :  Mains 
11,  insérez  et  après  prosperitet 

24,  ôtez  le  point-virgule  à  la  fin 

25,  virgule  après  crot« 

316,  15,  au  lieu  de:  tiere  lisez  :  ^t>re5 

28,  virgule  après  honneurs;  ôtez  le  point-virgule  à  la  fin 

29,  au  lieu  de  :  se  lisez  :  ce 

317,  1,  retiner  retenir 

318,  16,  ôtez  la  virgule  à  la  fin 
22,  retranchez  leurs 

28,  au  lieu  de  :  Dix-wit  lisez  :  Dix  et  voit 

319,  17,  chaus  chiaus 

22,  écrivez  maltalent  (en  un  mot) 

23,  intercalez  moult  après  avinrent 

320,  4,  au  lieu  de  :  revouca  lisez  :  renonça 

321,  9,  cascune  cescune 


(168  ) 


Page  322, 
523, 
324, 

326, 

327, 

328, 

330, 


351, 
333, 


ligne  12,  au  lieu  de  :  moulte  lisez  :  mouli 

1 2,  pcvent  peuetU 

21,  Esprit  Etpent 

25,  cour  cours 

3,  subliemés  sublimés 
5,                     si  dist                              si  dit 

4,  dit  ditût 

12,  point-virgule  à  la  fin 

7  et  12,  au  lieu  de  :  dismes  (id.  329.7)  lisez  :  disimes 
2C,  au  lieu  de  :  boîns  lisez  :  hoines 

2,  Sicime  Sisime 

23,  compromiteur  eompremeteur 

25,  Un  Uns 

18,  toute  toutes 

1,  ôtez  le  point-virgule  après  coers,  et  mettez  une  vir- 
gule après  tous 

3,  au  lieu  de  :  luitîèrcs  lisez  :  tuilércs 

13,  gouverneur  gouvreneur.  Une 

virgule  à  la  fin 
i5,  au  1.  de  :  mangeur...  mineur  lis.:  mageur. ,, meneur 


334, 
336, 


337, 

338, 


lisez  : 


determeneur 
si  se 

retrouver 
boine 
corn 


lisez  : 


pillet 
Tosquains 


339, 


iO,  au  lieu  de  :  dctcrmineur 

17,  si  ce 
4,  retourner 
3,  boin 

\  5,  comme 

i  7,  pas  de  virgule  à  la  fin 
20,  au  lieu  de  :  pillate 
22,  Tosquoins 

2,  ôtez  li  et  cars,  qui  faussent  la  mesure  et  le  sens 
14,  au  lieu  de  :  martis  lisez  :  martirs 

10,  enfès  cnfes 

1 1,  une  virgule  après  lui 

14,  ôtez  le  point-virgule  pour  le  placer  à  la  fin  du  v.  suiv. 

18,  au  lieu  de  :  avoirs  lisez  :  avoir 
22,  donner  dener 
25,                     su  ne  say  fke  ne  say 

9,  virgule  après  aront 
17,  au  lieu  de  :  doit  lisez  :  doivent 


(  169  ) 


Page  339»  ligne  26,  au  lieu  de  :  cascunc  lisez  :  cescvne 

340,  I,  ôtcz  la  virgule  à  la  fin 

341,  4,  ôtcz  la  virgule  après  nient 

9,  au  lieu  de  :  peckiés  lisez  :  peckiet 

21,  ôtez  la  virgule  après  Père 

342,  7,  au  lieu  de  :  fâche'  lisez  :  fâchent 
16,                     prieent  prient 

343,  K  3,  racontet  rat  contet 
1 5,                     parler                              parlet 

21,  volroit  -  vauToit 
34i,            20,                    cangriens                        cangeriens 

22,  je  pense  que  ce  vers  doit  être  guillemeté 

345,  14,  retranchez  leur 

15-18,  la  rime  de  ce  quatrain  doit  sonner  uise,  non 
pas  visée 

346,  6,  mettez  et  après  on 

18,  au  lieu  de  :  fîsionomie  lisez  :  fisonomie 

20,  nous  «ans 

347,  6,  donne  donnent 
22,  ôtcz  la  virgule 

24,  au  1.  de:  Tout  les  ans  grans  1.  :  Tous  les  ans  grandes 

26,  au  lieu  de  :  multeplyet  lisez  :  multipliie 

27,  des  hommes  de  ses  hommes 

348,  5-7,  je  prends  occasion  de  remarquer  que  Torthographe 

du  manuscrit  comporte  ye  avec  la  valeur  tïe; 
dans  les  éditions  modernes,  il  est,  dans  rintérét 
du  mètre,  préférable  d'indiquer  le  bissyllabisme 
par  récriture;  j'aurais  donc  imprimé  edefiies,  etc. 
pour  edifyes.  Aux  diverses  corrections  déjà  faites 
dans  ce  >cï\s  je  compte  ici  mettre  un  terme. 
26,  une  virgule  après  bien 

349,  4,  au  lieu  de  :  quoiens  les  lisez  :  quoies  le 

350,  2,  voir  votre 

351,  7,  si  se  se  se 
20,                    avec  avœe 

25,  peckiés  peckiet 

352,  8,  covarde  eouardc 
18,                    descroit  descroist 


(170) 


Page  35-2, 

ligne  23, 

au  lieu  de 

:  pierticnt  . 

lisez  :  periient 

383. 

7. 

couvent 

couvent 

8, 

H  (corrigé  dans  V Errata  par  le)  est  bon 

«0, 

au  lieu  de 

:  clcrgies 

lisez  :  cUrgiéê 

35i, 

26, 

granl 

grans 

355, 

18. 

me  dist 

me  (=  men)  dit 

20, 

remans 

romans 

356, 

8, 

virgule  après  hUstes 

21, 

au  lieu  de 

:fut 

lisez  :  fust 

28, 

ne  pas  corriger,  avec  VErraia,  setth  pour  seul 

357, 

5. 

biffez  le  point-virgule  à  la  fin 

7, 

au  lieu  de 

: anuyer 

lisez  :anoyer 

10, 

castyer 

castoyer 

27, 

lies 

tiés 

358, 

22, 

une  virgui 

ic  à  la  fin  au  lieu  du  point 

35», 

5. 

au  liou  de 

:  ont 

lisez  :  sont 

360, 

6, 

S*apara 

S'aparra 

361, 

n. 

aumosmet 

aumosnet 

19, 

et  secuteurs 

ecseeuteurs 

Z6% 

3, 

huuis 

finis 

16, 

écrivez  s'enbargent  (en  un 

mot) 

18, 

au  lieu  de 

:dit 

lisez  :  dist 

25, 

si  k*on 

si  kon  (=B  eom) 

363. 

7, 

tourpiaus 

troupiaus 

25, 

cicr 

clerc 

364, 

n. 

eoers 

coer 

27, 

Car  chou 

C'a  chou  (?) 

366, 

13. 

virgule  à  1 

[afin 

367. 

9, 

au  lieu  de 

:En 

lisez  :  Et 

21, 

lieus 

lieu 

28. 

ait 

aient 

368, 

16, 

tous 

toutes 

17. 

esclcukier 

escleniner 

369, 

», 

boins 

boin 

370, 

5. 

cange  moull  le 

eangent  moult  H 

20, 

boine 

60fN 

37«, 

26, 

transquî'ilct 

tranquiHtet 

37i, 

3, 

kon 

k'on 

{  171  ) 


37i. 

ligne  23^  virgule  après  peuture$ 

â6,  virgule  au 

lien  du  point 

375, 

i2,  au  lieu  de 

:  tous 

lisez 

'.tout 

16,  retranchez  te 

30,  au  lieu  de 

:doit 

lisez 

idois 

376, 

1. 

Siert 

Sierc 

377, 

8. 

d'aucun 

d'aucuns 

li. 

pricstre  ordenet 

priestres  ordenés 

378, 

14, 

anuel 

annel 

19» 

desprise 

desprisent 

379, 

5elH, 

anueus 

anneus 

380, 

2, 

Saint 

Sainte 

15,  ôtez  la  virgule  après  kierkiel 
381,  7,  une  virgule  au  lieu  du  point  après 

1 1,  virgule  à  la  fin 


dient 


15,  au  lieu  de  :  Atout  ...souffrira  lisez 

:  A  tout . . .  soiiffira 

23,                   sot 

set 

38d, 

20,  insérez  en  (ou  i)  après  mieuls 

24,  au  lieu  de  :  tous 

lisez 

:  toutes 

383, 

7,                    Âncliius 

Anchois 

18,                   un 

uns 

384, 

6,  effacez  bien 

385, 

4,  au  lieu  de  :  Tuns 

lisez 

:  l'un 

19,                   Don 

Dou 

23,                   grés 

gret 

386, 

7,                    tous 

tout 

387, 

7,                    afairc 

à  faire 

391, 

10,                   angousseuce 

angousseuse 

392, 

1 3,  nuls  ne  nulle  entre  deux  virgules 

393, 

22,  au  lieu  de  :  élise 

lisez 

:  eslise 

27,                    toutes  erreurs 

toute  erreur 

39i, 

4,                   Que  en 

Qu'en 

(172) 


TOME  II. 


Page 


3,  ligne    7,  au  lieu  de  :  on  lisez  :  Or 

13,  m'accure  nme  cure 

20,  lisez  :  QueUre,  trait,  U  moyen;  or  donnent  appétit,  ao 

lieu  de  :  Qu.,  Ir.,  moyen  ordonnent  app. 
âS,  au  lieu  de  :  apri 


4. 

26. 

8. 

2J, 

6. 

28. 

26, 

28, 

7. 

23, 

8. 

20, 

9, 

2, 

17, 

1, 

6, 

1». 

27, 

apri 

lisez 

:  apris,  —  Effacei 

le  point- 

virgule  à  la  fin 

For? 

lisez 

zFon 

granl 

grande 

chascun 

cheêcun 

desire-on 

deHrete  on 

mie  bien 

mies  à  Ifien  (?) 

incorrigibeles 

prier-an  ... 

plait 

prieran . . .  plaÎMt 

quant  mVn. 

..  léèce  1 .  :  quant  it  m'en ...  fect 

RcncHus 

lisez 

:  itenclus 

si 

j»i7 

moicet 

Alouel 

dcsvoyes 

(lesvoyés 

42,  5,  vers  trop  court  et  altéré;  je  ne  sais  que  faire  de 

desointes.  De  ses  eointes  ou  de  ses  pointes  ? 
7,  j^introduis  les  mots  en  doit  après  Dieu 
i  1 ,  au  lieu  de  :  grant  lisez  :  grande 

Raisons  que    1.  :  Raisons  est  (ou  vaett)  que 


12, 

13, 

2*. 

46. 

is, 

7, 

16, 

14, 

28. 

17. 

1». 

1», 

H, 

2». 

20, 

6. 

24. 

21. 

26. 

23. 

1*, 

avoec 

lisez 

:  avoeqnes 

courir 

corir 

voirs 

voir 

nul 

nule 

ses 

ces 

Loys 

Loèys 

bicc 

bise 

luipart 

tiupart 

boins 

ttoin 

maffaisans 

meffaisan* 

auoust 

avoust 

Evep'd. 

24.  il  et  45 

lisez  :  Eve 

(173) 


Page  83, 

ligne  1«, 

au  lieu  de 

:  destrauc 

lisez 

:  detlravé 

2*. 

<7, 

insérez  U 

après  Dùus 

1», 

au  lieu  de 

:  ch'csl 

ehe  sont 

28, 

vicnrent 

viunreui 

28, 

26, 

une  virgule  après  pooit 

27, 

20, 

au  lieu  de 

:  warcollcs 

lisi'z 

:  warcolt'ès 

28, 

27, 

sorices 

torters 

20. 

». 

petit 

petit 

7, 

tonsées 

(ousées 

30, 

4, 

folles 

folle 

22. 

frucs 

férues 

26, 

paiecbent 

paicheut 

31, 

2, 

Retenue  monte 

iieteuu  m'ont 

15, 

ferans 

frans 

52, 

«5, 

cbescuns 

chescun.  —  Vir- 
gule à  la  fin 

33, 

5. 

requeur-on 

reijuevron  (  =  on 
recouvre) 

12, 

tiens 

lienc 

34, 

20, 

argent 

ardent 

35, 

1», 

anoycr 

anuyer 

36, 

19. 

Pa 

Par 

37, 

10,  écrivez  entour  (en  un  mol) 

41, 

13,1 

BU  lieu  de 

:  grant 

lisez 

:  grande 

43. 

n. 

monsieur 

monsigneur 

24,  signcries  singeries 

44,  1 7,  maintenées  (=  maintenez)  est  une  lourde  faute  gram- 

matieale,  due  à  la  rime,  et  imputable  à  Tauteur 
â4,  écrivez  mauvenut  (en  un  mot) 


25,  au  lieu  de  :  sont 


lisez 


45, 

15. 

46, 

1. 

8, 

49, 

10, 

18, 

21. 

51, 


7, 


reuéc 

kief 

Des 

Se  termina 

Âbrabam 

loye 

prisa 

donner 


s'ont 

rcuve  ou  reue 

kics 

Tes  (=  tels) 

Scn  ferme  a 

jÉhram 

loy 

pris  a 

dener 


(m  ) 


Page  51, 

55, 

58, 

59, 

60, 
62, 
62, 
63, 
64, 
65, 
66, 

67, 


ligne  43,  au  lieu  de  :  souffcront  lisez  :  ttoufferranl 

42.  souinelller  soumiWn 

14,  de  faitures,  de  maiiehes  lisez  :  d^faiturt 

de  mouches.  —  Cp.  Il,  46.  G 
3  et  8,  mareheans  Tsez  :  marchant 

1 1,  une  virgule  au  lieti  du  point 


lisez 


scui 

v>ifcuf 

fut 

tiettc 

ciikachier 

desguUer 


4,  au  lieu  de  :  sens 
44,  wiceus 

6,  fuit 

43,  tient 

47,  enkakier 

26,  dcsgiser 

40,  mettez  H  devant  sièelet 

8,  au  Heu  de  :  sous  lisez  :  tous  (forme  picarde) 

4,  lise/.  :  n'en  ubaient  (?)  au  lieu  de  :  ne  abatent  (hialos 
inadmissible).  Le  sens  du  vers  rst  obscur 
i7,  maigre  la  note  de  Tcditeur,  je  liens  ce  vers  pour 
parfaitement  correct 


68, 

27,  il  manque  une  syllabe  après 

mouff;  tostt 

71, 

44,  au  lieu  de  :  paisçan 

Visez  :  paihcant 

15,                    mcrcheant 

marcheant 

72, 

4,  ôtez  la  virgule  a  la  fin 

7*, 

6,  au  lieu  de  :  trcslout 

lisez  :  tretloute 

25,                    catallie 

bataille 

78, 

3,                    iTpcnt 

repont    • 

76. 

27,                    disl 

dit 

77, 

8,                    vocl 

voelle 

82, 

12,                    ahaviulcs 

ahanautes 

8*. 

4,                    hansagc 

lis.:  hau8age(t)  (hausse 
de  salaire);  id.  85.i5 

85, 

44,  au  lieu  de:  or  a 

lisez  :  on  a  (?) 

i  7,                    defeslre 

de  fûttre 

88, 

44,  point- virgule  à  la  fin 

45,  virgule  à  la  fin 

47,  au  lieu  de  :  voit 

lisez  :  voie 

2*2,                    scsmc 

semé 

90, 

4,                    ensengncnt 

cfisangnent 

16,                    aggrcc 

agrée 

(17J5) 

Page  92,  ligne    9,  au  lieu  de  :  quukycr  lisez  :  qnnkyvr 

10,  quukiont  qunkiptU 
93,              5,                     s*est  «I  est 

97,  9-1  S,  faite:»  rimer  ces  vers  par  ena  (donc  gouvrena 

pour  gouverna) 

99,  42,  au  lieu  de  :  Gorrigié  lisez  :  com/^fe 

100,  12,  troever  trouver 

102,  26,  engenèpes  engenréres 

104,  45,  là  Va 

16,  rcmanct  rémanent 

105,  9,  soustieaveroit  soutieuve  aroil 

108,  6,  terminez  ce  vers  par  un  point 

7,  au  lieu  de  :  cnsaulc  se  tcnoient  lisez  :  se  tenaient  en' 
sanle,  —  Ce  vers  est,  non  pas  le  cinquième  d*un 
quatrain,  mais  le  premier  du  suivant 

1 1 ,  au  lieu  de  :  On  Usez  :  Or 

15,  eskinguant  eskingnant 

16,  virgule  à  la  fin 

17,  continuez  les  guillemets  pour  ce  vers  et  terminez-le 

par  un  point 

18,  ôtez  la  virgule  après  Emi 

20,  au  lieu  de  :  esluisier  lisez  :  erluisier 

109,  15,  je  tiens  H  amours,  corrigé  par  Péditeur  à  V Errata, 

pour  correct 

25,  au  lieu  de  :  pieus  lisez  :  pieuvc 
HO,            12,                    décuples  décuples 

26,  écrivez  endroit  (en  un  mot) 

115,  9,  au  lieu  de  :  trois  cens  et  quarant  noef    lisez  :  trois  cens 

quarante  et  noef 

1 14,  14,  au  lieu  de  :  n'anoie  lisez  :  il  n'anoie 
24,  virgule  à  la  fin 

115,  24,  ôtez  la  virgule 

116,  20,  au  lieu  de  :  tienc  lisez:  tient 
H  8,  14,                    mai  ne  mes  me 
119,  17,                     eiigrosçant  engroisçant 
122,  3,  yers  trop  court,  il  faut  quelque  adjectif  après  ou 

avant  gent 
28,  au  lieu  de  :  faict  lisez  :  fait 


s*csmaÎ8C 

lisez 

:  t'esmake 

souticvctcs;  id. 

150.16 

lis.  :  soutinnetét 

porlîcles 

lisez 

:  par  Htleg 

t'amcnera 

Vamenra 

Fait 
gouverner 

Faic 
goutnmtr 

tout 

toute 

(  176) 

Page  123,  ligne  14,  au  lieu  de  :  s^csmaîse 
424,  i9, 

i26,  18, 

20, 

429,  7, 

130,  2, 

433,  22,  jMnsère  totu  devant  deu9 

13i,  14,  lisez  ce  vers  ainsi  :  Qui  te  tient  wairment  te  tdutf 

déport  a.  L*cdileur  met  une  virgule  après  vraù- 
ment  et  continue  le  satut  déporta 

439,  8,  au  lieu  de  :  droit  lisez  :  doit 

442,  2 ,  ôtez  à  devant  Dieu 

4  46,  4 1 ,  au  lieu  de  :  fait  lisez  :  fais  (=  ehai^) 

447,  4  4,  avicllent  avitlent 

448,  12.  effacez  li  devant  morant,  ou  bien  lisez  meneslroil  ta 

lieu  de  amenestroit 

449,  7,  au  lieu  de  :  maint  lisez  :  maint  (as  moios) 
452,              4,                    subget  jeuuent  tutigit  jewent 
433,            47,  effacez  en  après  Or,  —  Deux -points  à  la  fin 

48,  ôtez  la  virgule  après  onket 
4  35,  4,  au  lieu  de  :  nul  lisez  :  nute 

18,  j  us  t  ici)  leur  jnsticheur 

457,  44,  écrivez  en  cache  (en  deux  mots)? 

24,  une  virgule  au  lieu  du  point  après  misericors 

460,  4,  2,  écrivez  plutôt  desvoiie,  toiie  pour  desvoye,  loye 
6,  au  lieu  de  :  s'entcnte  lisez  :  l'entente 

461,  42,  oioient  otcn/ («écouteat) 

462,  9,  femme  hommes  femmes  /lomK» 

25,  une  virgule  après  drois 

4  64,            4  2,  au  lieu  de  :  demésuréement  lisez  :  deêmesHréemmt 

165,              8,                    occoyson  oceaison 

466,            43,                    hamèrent  hau»cent(^ 

468,              6,                     pourmet  proumel 

42,  luxures;  despités  (qui  fausse  le  scDset 

la  mesure)  lisez  :  tuxureê  deipitet, 

474,            41,                     dit  toute  dit  avé$ 

25,                    en5çois  antçoii 


(177) 

Page  174,  ligne    4,  virgule  au  lieu  du  point-virgule 
2K,  écrivez  enameront  (en  un  mot) 
^5,  7,  au  lieu  de  :  esconderay  lisez  :  escondirai 

47,  monstcrions  mouêlerrons 

478,  4,  Orques  Onques 

479,  4^,  Etsonl  Et  s'ont 

184,  45,  Mais,  que    lis. :  Afat«  ^ue  (=pourvu  que) 

4  G,  asplés  lisez  :  aspolés  (quid?) 

48,  vraie  parait  fautif;  je  propose  grâce 

i8^,  5,  au  lieu  de  :  cscandilcs  lisez  :  ciconditet  (?) 

4S(),  9,  dcsscurécs  dessevréet 

487,  H,  respusc  repus  e 

20,  son  sen 

188,  28,  assur  asseûr 

189,  14,  appendcs  apprendés 

190,  44,  virgule  après  soloit 

18,  j'insère  cfècs  devant  mues 
194,  J  2,  au  lieu  de  :  petit  lisez  ipetis 

492,  5,  devierés  deveriés 

23,  Entre  nous,  boincs  Entre  vous  boines 

193,  7-8,  guillemelez  ces  vers 

21,  au  lieu  de:  respont  lisez  :  repofU 

194,  40,  le  tes 

22,  écrivez  bienviegne  (en  un  mot) 

23,  au  lieu  de  :  que  le  mort  lisez  :  que  de  le  mort 
495,            43,                    voelés  volés 

197,  7,  prendes  preudes 

200.  1,  ôtez  la  virgule  après  m'entente 

4  5,  au  lieu  de  :  commenccmmes  lisez  :  commençâmes 
26,                     lyes  Uies 

201,  27,  sont  à  font  à 
205,              4,  insérez  que  devant  le 

15,  au  lieu  de  :  Nuls  homme  poet  lisez  :  Nulshom  nepœt 
20l'>,  4,  le  quatrain  doit  finir  par  une  virgule;   de  même 

lignes  12,  20,  28  et  p.  207.8 
8,  il  faut  insérer  deux  syllabes  après  et;  je  pense  que 

mies  conviendrait 
47,  ce  vers  forme  parenthèse 
Tome  XXXVII.  12 


(178) 


Pag(;S07,  ligne  4i,  au  Heu  de:  le  prog.  d'Adam  lisez  :  h  progene  Adam 

i9j                    sordoit  s'ordoit 

209,  24,                    Si  comme  Si  corn 

210,  27,                    jours  jour 

211,  17,                    On  a  vie  Or  arai 
24,                    ne  voelt  ne  le  voeU 

212,  14-15,  les  mots  bien  autre  nie  ne  peuvent  guère  s'appli- 

quer aux  deux  vers 


213, 

15,  aul.de 

:parollc...pass= 

eriens  l:  porolUs  ...passeriens 

214, 

21,  au  lieu 

de 

: suvcnl 

lisez  ;  scvcnt 

215, 

3, 

dcwisccnt 

dcumsccnt 

215, 

21,  virgule  aprrs  ieilre 

216, 

8,  au  lieu 

de 

:  apaiser 

lisez  :  apaisitr 

13, 

brouscr 

bourser 

217, 

3. 

revoir 

ravoir 

H. 

enscngne 

ensatujne 

27, 

gloulcner 

]h.:ylouirener  (cp.p.  207; 

218, 

12. 

homme 

lisez  :  hom 

219, 

7, 

petit 

pelis 

15, 

soutiens 

soufieu  (=souii\) 

20. 

a-on 

an 

22, 

voira 

vorra 

220, 

12,  vii^ule  après  ore 

222, 

17,  pour  parfaire  le  vers. 

lisez  «Vn  rec/aiment  au  lieu 

de: 

s'en 

1  claimcnt 

223, 

18,  insérez 

1  i7 

après  mouH 

224, 

7,  au  lieu 

de 

:  resanlanl 

lisez  :  resanlent 

226, 

8, 

nVuise 

n'euisce 

227, 

5. 

prie 

pri 

231, 

17, 

emendera 

cntnendera 

252, 

3, 

prcnge 

preiuji'tU 

233, 

15, 

Iroy 

trois 

234, 

9, 

ne  set 

ne  êe  set 

10, 

Povro  est 

Povres  est 

I5,ôtez  la 

virgule  après  vofentiers 

235, 

2i,  au  lieu 

de 

:pr5'e 

lisez  :  priic 

î23. 

fort  faire 

fort  à  faire 

24. 

K*on  bien 

Komlnen 

(179) 


Pageâ36.  ligne    8,  au  lieu  de  :  j*ai 


lisez  :  j'aie 


t!37. 

6, 

chescun 

cheseuns 

â38, 

22, 

repenti  roi  t 

repenleroit 

239. 

iO, 

di 

dit 

14. 

main  tesis  tes 

maintenisles 

«il. 

5. 

retranchez  la  virgule  à  la  fin 

4 

une  virgul 

e  après  partout 

25, 

au  lieu  de  ; 

:  prisés 

lisez 

:  priiiés 

27, 

temoient 

cremoienf  (?) 

2U, 

n, 

Et  dire 

lisez  : 

Et  de  dire  —  Pas 

de  virgule  \ 

après  nient 

248, 

1, 

règne 

régnent 

250, 

8. 

mineur 

meneurs 

H, 

Mais  on  dist  qu 
fauc 

'on 

On    dist   qu'on 
fauche 

2»7, 

3, 

tienrent 

tiunrent 

16. 

retranchez  Ses 

258, 

n, 

au  lieu  de 

:à 

lisez 

:  a 

259, 

2, 

trestous 

trestout 

4, 

consolatoient 

consofaçoyent 

260, 

3, 

espronner 

esperonner 

II, 

à  bien  faire 

bien  à  faire 

20, 

veyés 

voyés 

23, 

Esprouvés 

261, 

7, 

dcsplait 

desplaisl 

«5, 

séries 

sériés 

22, 

avoeckies 

avoeckes 

24, 

vers  Irop 

court.  Au  lieu 

de  :  Pour  hoin     lisez  :  Ei 

pour  boin  (?) 

262, 

22, 

au  lieu  de 

:or 

lisez 

:ore 

263, 

16, 

virgule  à  la  fin 

264, 

7. 

ôtcz  I»  vil 

rgule  après  diffamés  pour  la  reporter  aprèî 

pau 

13,  au  lieu  de  :  biens  lisez  :  bien 

265,  1,  n'aye  H*ai  je 

n,  Fol  haslieus  Fols  et  haslieus 

20,  veillers  veilles 

266,  1.  retranchez  le  devant  ferai 


(180) 


266, 

ligne  \  3,  au  lieu  de  :  maeyment            lisez  :  mayement 

267, 

6,                   Saint                             Samie 

268, 

17,                   lyes                               liéi 

22,                   chei                               cheU 

23,  virgule  à  la  fin 

269. 

2,  au  lieu  de  :  exesses                lisez  :  exèi 

270, 

19,                   enmassés                        enmasés 

24,                    abaubit                           abaMs 

273, 

23,                    remirece                         remire 

274, 

i8,                    méfiais  a      lis.  :  tneffail  a  {ou  me ffoéë  est) 

278, 

21,                    Diux  à                            Dieus  a 

23,                   Diux  (id.  279.8)            ûieus 

279, 

1 3,  une  virgule  au  lieu  du  point 

28i, 

23,  au  lieu  de  :  poës                     lisez  :  poei.  —  Otez  la 

virgule  après  dire 

282, 

1,                    evesque                          eveiquiei 

3,  une  virgule  à  la  fin 

3,  au  lieu  de  :  ait  (qui  fausse  le  mètre)  lisez  :  aie  {torme 

de  subj.  qu'on  rencontre  souvent  en  picard) 

1 3,  insérez  et  devant  plains 

20,  au  lieu  de  :  se  âme                 lisez  :  êen  orne 

22,                    trouvé                            trouvée 

32,                   ait                                 aie 

53,  vers  trop  court;  lisez  :  Sen  ame  pour  S'âme  (?) 

283, 

1,  virgule  après  proisme  (où  me  fait  syllabe) 

3,  au  lieu  de  :  Dieus                   lisez  :  Dieu 

9,  un  point  à  la  fin 

10,  El  est  de  trop 

14,  au  lieu  de  :  vuint                    lisez  :  viunt 

284, 

1,                    quelle                             quel 

8,                    solempnes       lis. : soUempnée  {ie  =  -eie) 

\  3,                   couvent                lisez  :  couvent 

31,                    préchîer                         preechier 

283, 

8,  écrivez  n'enportera  (en  un  mot) 

13,  vers  trop  court.;  H  première^ 

26,  praiece  (paresse)  est  inadmissible         "^    :•"         .^  ; 

286, 

1,  enlevez  se 

(181) 

PageS86,  ligne    4,  au  lieu  de  :  cmpecchier  lisez  :  empaichier 

8,  j^intercale  grans  après  c'est 

46,  au  lieu  de  :  trestouls  lisez  :  trestouê 

95,  tout,  homme  toui,  hommeê 

99,  Deyroit  Deveroit 

987,  40,  un  point  à  la  fin  du  vers 

II,  au  lieu  de  :  ivretongne  lisez  :  ivreeongm 

49,  virgule  au  lieu  du  point-virgule 

47,  mettez  H  bains  preudom  entre  deux  virgules 

48,  au  lieu  de  :  preuc  lisez  :  preut 
388,            90,                    grièsmenl  griefmerU 

!26,  Ne  personne  Nule  personne 

989,  43,  Deschiquera  Descliquera 

990,  1 8,  écrivez  em  prisl  (en  deux  mots) 

991,  46  et  34,  au  lieu  de  :  soIcmpncUcment  (id.  995.97)  li- 

sez :  solenipnclmenl 
999,  45,  au  lieu  de  :  fut  lisez  :  fu 

34,  tout  le  pooir  toutpooir 

993,  3,  insérez  le  devant  tierme 

99,  au  lieu  de  :  nulle  à  ries  lisez  :  nulles  à  ries 

994,  4,  lui  liu 

995,  46,  écrivez  S'enbati  (en  un  mot) 

996,  40,  ôtez  le  devant  boin 

43,  au  lieu  de  :  Li  lisez  :  Là  (=  où) 

30,  écrivez  enama  (en  un  mot) 
309,  48,  au  lieu  de  :  fui       lisez  :  fut.  -    Otez  la  virgule  qui 

suit  ce  mot 

49,  virgule  après  pecciés,  —  Au  lieu  de  :  caste   lis.  :  caste 
304,           93,  ôtez  la  virgule  après  travail 


HO»- 


Rapport  de  M.  JF.  IStbcbbr 

premier  commissaire. 


«  Dans  la  séance  du  9  juin  1884,  M.  Scheler  a  présenté  à  la 
Classe  des  lettres  un  volumineux  mémoire  intitulé  :  Étude 
lexicographique  et  grammatkale  sur  les  poésies  de  Gillon  le 
Muisit  (introduction,  glossaire  et  corrections).  Pour  payer, 
comme  il  dit,  son  titre  de  membre  titulaire,  notre  savant  et 
trop  modeste  confrère  s'est  proposé  de  compléter  et  de  corriger 
l'édition  du  faisieres  tournaisien,  récemment  publiée  par  la 
Commission  des  grands  écrivains.  Laissant  de  côté  les  aspects 
littéraires  de  son  sujet,  il  s'est  borné  exclusivement  au  point 
de  vue  philologique  afin  d'examiner  à  nouveau  les  formes 
picardes  et  les  locutions  tournaisiennes  d'un  texte  des  plus  inté- 
ressants pour  la  science.  C'est  un  spécimen  caractéristique  de 
ce  dialecte  septentrional,  qui  était  pour  les  écrivains  de  Bel- 
gique le  dialecte  littéraire  autant  que  pour  d'autres  régions  de 
la  langue  romane,  le  normand,  le  français  (de  Tlle-de-France)  et 
le  provençal. 

M.  Scheler,  complétant  et  rectifiant  un  glossaire  qui,  au 
surplus,  n'avait  été  hasardé  que  comme  un  premier  essai  d'in- 
ventaire lexicographique,  a  pensé  ne  devoir  omettre  aucune 
question  de  phonétique,  ni  de  grammaire.  L'orthographe 
même,  soumise  dès  le  XIV«  siècle  à  d'assez  grandes  fluctua- 
tions, a  été  examinée  dans  ses  moindres  détails.  Rien  que  par 
le  Supplément  qui  comprend  plus  de  quarante  pages  in-folio 
de  corrections  et  d'émendations,  on  peut  voir  à  quel  point  de 
minutie  scrupuleuse  et  vraiment  scientifique  a  été  poussé  le 
besoin  de  certitude,  d'exactitude  et  de  vérification. 

On  peut  prédire  à  ce  glossaire  tout  le  succès  des  autres  publi- 
cations de  M.  Scheler.  Celle-ci  sera  notamment  accueillie  av^ 


(184) 

le  plus  vif  intérêt  par  tous  ceux  qui,  comme  M.  Godefroy,  par 
exemple,  s'occupent  de  dresser  le  bilan  de  l'ancienne  langue 
française  (Grand  Dktionnaire).  Bien  que  les  nouvelles  investi- 
gations n'aient  pu  se  porter  directement  sur  le  manuscrit 
Ashburnham,  nous  pouvons  en  croire  la  sagacité  de  l'infati- 
gable romaniste  :  il  s'est  si  bien  pénétré  du  génie  de  ce  vieil 
idiome  de  nos  provinces  wallonnes  que,  le  plus  souvent,  il 
déduit  et  devine  avec  autant  d'autorité  et  de  justesse  que  celui 
qui  n'aurait  qu'à  lire  un  manuscrit  facilement  déchiffrable. 

Fidèle  toutefois  à  cette  prudence  philologique  que  nous 
avons  eu  l'honneur  de  signaler  à  la  Classe  à  propos  du  Glos- 
saire de  Jean  d'Outretneuse,  notre  confrère  n'épargne  pas  les 
quidîî  dès  que  le  doute  est  commandé  par  le  tact  scientifique. 
Chemin  faisant  et  sans  trop  se  détourner  de  sa  route,  il  désigne 
à  chaque  pas  les  endroits  à  fouiller  ou,  mieux  encore,  il 
fouille  lui-même  d'une  main  prompte  et  sûre.  La  littérature 
même  (à  laquelle  il  ne  voulait  pas  songer)  n'a  pas  à  se  plaindre 
de  cette  obstination  philologique;  les  mots  qu'on  remue,  qu'on 
extrait,  qu'on  nettoie,  reluisent  souvent  d'un  pittoresque 
inattendu. 

Vacheveur  désigne  un  poète,  un  faiseur;  si  la  mort  Vade- 
vance,  c'est  qu'elle  le  surprend,  comme  disait  Bossuet.  — 
Adosser,  c'est  renier,  tourner  le  dos,  comme  en  néerlandais, 
terugwijzen.  —  Aforain  et  deforain  signifient  avec  la  même 
énergie  celui  qui  vient  du  dehors  ou  qui  vit  au  dehors, 
par  exemple,  de  son  couvent  ou  de  son  école. 

Alekier  semble  repousser  l'ancienne  étymologie  cUlectare, 
pour  se  rattacher  à  lecator,  lechëeur,  licheur  (donc,  affriander). 
—  Si  alourder  est  bizarre  pour  tromper,  alumer  vaut  bien 
exciter.  — Amuler,  mettre  en  meule,  l'emporte  sur  entasser; 
c'est  plus  visible.  —  Asplé  semble  venir  du  flamand  haspelen, 
embrouiller,  avoir  des  étoupes  en  sa  quenouille,  mal  dévi- 
der, etc.  —  Bizer  en  wallon  n'est  pas  plus  expressif  que  byzen 
en  flamand.  —  Si  l'on  sonne  la  buse,  n'est-ce  pas  de  bazuin, 
buccina?  —  Vendre  ses  coquilles,  n'est-ce  pas  pour  dire 
sa  coquardise  ? 


(185) 

Confait,  œnfectus  est  évidemment  plus  fort  que  sifait  des 
Wallons. — Pourquoi  M.  Scheler  hésite-t-il  à  propos  de  I,  357  : 

D*un  jovonc  dissolut  dist  on  :  «  il  est  trop  micrbcs  ». 
Ouvrages  de  parollcs  passent  ouvrages  dierbcs? 

Mierbes,  c'est  la  forme  archaïque  de  mièvre  (vif  et  malin 
comme  un  jeune  étourdi)  et  le  second  vers  paraît  bien  signifier, 
d'après  le  contexte  :  «  la  parole  est  encore  la  meilleure  des 
mMecines  ».  (Cf.  hierbelée  =  drogue.) 

Un  mot  bien  curieux,  c'est  encore  :  Entais^  intactus,  dans  le 
sens  d'acharné,  complètement  absorbé.  Cf.  «  C'est  Vénus  tout 
entière  à  sa  proie  attachée.  »  Non  loin  de  là,  le  Glossaire  nous 
montre  s'entériner,  qui  vient  d'entier  et  signifie  :  se  vouer,  se 
donner  tout  entier  :  integrinus,  intégralement.  Non  moins 
digne  d'être  noté  le  rapprochement  entre  esbanoyer  et  spcUiaii, 
se  promener,  s'amuser.  —  Dire  par  escot,  locution  qui  nous 
explique  le  passage  de  Tartufe  IV,  4;  «  parlez  à  votre  escot  ». 
—  Espot,  raillerie  correspond  à  spot  ou  gaberie  de  Jean  de 
Stavelot  et  à  espoter  ou  railler  de  Baudouin  de  Condé.  Quand 
Gillon  le  Muisit  dénonce  les  famés  espoteresses  qui  débitent  des 
s})0ts,  il  autorise  l'origine  flamande  signalée  dans  l'Introduc- 
tion au  Dictionnaire'  des  spots  wallons.  Le  brocard  prend 
naturellement  la  vieille  enveloppe  proverbiale.  Dans  les  farces 
du  moyen  âge  on  brocarde,  on  blasonne  à  coup  de  dictons. 

D'autres  analogies  flamandes  s'aperçoivent  dans  les  locu- 
tions :  demora  estekans  [bleef  stelen);  flimer,  saigner,  user  de  la 
lancette  {vliem,  en  patois)  ;  flatter  et  plakerie  {plakeux  à  Liège), 
vleijefi,  fiikflooijen ,  partout  l'idée  première  de  flatter  à  la 
manière  du  palefrenier,  avec  le  plat  (angl.  flat)  de  la  main; 
hors  dire,  comme  boire  dehors  (en  flamand  et  en  wallon), 
uitbiechten,  confesser  complètement.  Citons  pour  unir  deparlei^ 
médire,  qui  est  notre  liégeois  décauser,  et  niule,  fine  pâtisserie, 
mot  qui  rappelle  les  nules  du  Dictionnaire  de  Grandgagnage. 
Croirait-on  bien  qu'un  passage  longtemps  controversé  du  Don 
Juan  de  Molière  (111,  2)  pourrait  être  expliqué  par  l'application 
d'un  article  du  nouveau  Glossaire?  Nous  y  lisons,  en  effet,  que 


(  i86  ) 

umanité  signifie  aumône,  charité.  Ne  serait-ce  pas  là  tout  sim- 
plement Je  sens  des  paroles  de  l'impertinent  gentilhomme? 

Mais,  quel  que  soit  le  parti  que  l'on  puisse  tirer  de  tous  ces 
rapprochements,  M.  Scheler  excelle  à  dégager  le  véritable  état 
des  choses.  On  est  tenté  de  lui  appliquer  à  lui-même  ces  mots 
de  son  auteur  : 

Et  puis  là  on  Ta  couronnct 

Ou  Pcstrivet  capiel  donnet. 

Ce  qui,  en  style  de  concours  des  Puys  du  moyen  âge,  signi- 
fierait que  là  où  il  n'emporte  pas  la  palme,  il  n'en  est  jamais 
bien  loin.. 

La  Classe  des  lettres  sera  donc  unanime,  croyons-nous,  pour 
remercier  notre  confrère  de  sa  copieuse  et  fructueuse  contri- 
bution philologique.  » 

La  Classe  a  adopté  les  conclusions  de  ce  rapport,  auxquelles 
ont  souscrit  les  deux  autres  commissaires,  MM.  S.  Bormans 
et  A.  Wagener. 


t 


V//J 


LAO-TZE 


4 

LE  PREMIER    PHILOSOPHE  CHINOIS 


r  r 


UN  PREDECESSEUR  DE  SCHELLING 


AU  VI*  SIÈCLE  AVANT  NOTRE  ÈRE 


Ch.  de  HÂRLEZ, 

Correspondant  de  T Académie. 


(Présenté  à  la  Classe  des  Lettres  le  i3  octobre  1884.) 


Tome  XXXVII. 


LAO-TZE 


LE    PREMIER    PHILOSOPHE    CHINOIS 


UN  PRÉDÉCESSEUR  DE  SCHELLING 


AU  VI«  SIÈCLE  AVANT  NOTRE  ÈRE. 


Souvent,  en  scrutant  le  passé,  on  se  sent  tenté  de  répéter  ces 
paroles  du  livre  de  la  sagesse  :  ce  Vraiment,  il  n'y  a  rien  de  nou- 
veau SOUS  le  soleil  et  ce  qui  sera  demain  n'est  autre  chose  que 
ce  qui  était  hier  ».  Car  bien  souvent  des  usages,  des  idées,  des 
systèmes  que  Ton  croit  tout  récents  ne  sont  que  la  reproduc- 
tion plus  ou  moins  exacte  de  faits  et  de  théories  qui  se  sont 
produits  dans  des  âges  parfois  bien  éloignés  de  nous. 

Certes  celui  qui  aurait  dit  aux  disciples  enthousiastes  de 
Schelling  que  leur  maître  n'était  que  le  contrefacteur  d'un 
philosophe  chinois,  mort  il  y  a  vingt-cinq  siècles,  eût  été 
accueilli  par  un  sourire  d'incrédulité  et  son  affirmation  eût 
passé  pour  une  chinoiserie.  Et  cependant,  selon  maint  savant 
de  nos  jours,  ce  n'eût  été  que  l'expression  de  la  réalité.  Le  sys- 
tème de  l'antique  penseur  manquait  certainement  de  méthode, 
d'ensemble  et  de  fini  ;  ce  n'était  pas  grand'chose  de  plus  qu'une 
ébauche  ;  mais  dans  cette  ébauche  se  trouvaient  déjà  les  traits 


(4) 

essentiels,  les  conœptions  génératrices  du  système  complet.  La 
similitude  entre  les  deux  systèmes  a  déjà  été  remarquée  et  nul 
ne  peut  plus  donner  cette  constatation  comme  le  produit  de  sa 
perspicacité.  Hais  la  ressemblance  qui  existe  réellement  entre 
les  idées  du  maître  allemand  et  celui  du  docteur  du  Céleste- 
Empire  a  été,  ce  nous  semble,  appréciée  d*une  manière 
inexacte,  on  Ta  faite  plus  grande  qu'elle  ne  Test  en  réalité; 
d'autre  part,  les  idées  du  vieux  philosophe  ont  été  générale- 
ment mal  exposées.  Il  ne  semble  donc  pas  inutile  de  s'en 
occuper  à  nouveau  et  de  consacrer  quelques  pages  à  l'examen 
d'un  fait  vraiment  important  dans  les  annales  de  l'humanité. 

On  ne  doit  point  s'étonner  que  les  écrits  ou  plutôt  le  petit 
livre  du  philosophe  dont  je  viens  entretenir  nos  honorés  et 
savants  confrères,  ait  été  mal  apprécié  en  beaucoup  de  points. 
Il  est  d'une  assez  grande  obscurité  et  celle-ci  tient  à  deux  causes 

Le  langage  est  loin  d'être  clair  ;  le  maître,  créant  un  nouveaa 
système,  introduisant  dans  son  pays  des  idées  nouvelles,  a  dû 
donner  à  des  mots  anciens  des  sens  qu'ils  n'avaient  point  par 
eux-mêmes;  et  ses  disciples,  ayant  altéré  sa  doctrine,  n'ont 
point  conservé  par  tradition  le  sens  que  le  fondateur  de  l'école 
y  avait  attaché. 

En  outre,  le  chinois  a  subi  des  modifications  comparables  à 
celles  qui  distinguent  le  français  du  XV*  siècle  de  celui  que 
nous  parlons.  Certains  mots,  certains  caractères  ont  changé  de 
signification  ou  sont  tombés  en  désuétude;  leur  valeur  exacte 
s'est  perdue. 

Ajoutez  à  cela  les  difficultés  engendrées  nécessairement  par 
le  caractère  figuratif  de  l'écriture  chinoise  et  la  multiplicité 
de  sens  des  mots  et  l'on  comprendra  tout  ce  qu'il  y  a  d'ardu 
dans  la  tâche  de  celui  qui  cherche  à  interpréter  un  livre  de  la 
Chine  antique.  Heureusement  chaque  interprète  nouveau  trouve 
devant  lui  les  travaux  de  ses  devanciers  qui  circonscrivent  sa 
tâche  et  lui  tracent  un  cercle  diminuant  sans  cesse  de  rayon. 
Puis  les  commentateurs  indigènes  sont  fréquemment  d'an 
grand  secours. 

Nous  croyons  donc  faire  chose  utile  en  exposant  à  nouveau 


(8) 

le  système  du  plus  ancien  des  philosophes  chinois.  L'intérêt 
qu'inspire  son  histoire  est  d'autant  plus  légitime  qu'il  ne  s'agit 
pas  d'un  fait  dont  l'influence  n'a  pas  dépassé  les  bornes  de 
l'Empire  du  Milieu. 

Le  taoïsme,  c'est  le  système  dont  nous  voulons  parler  ici, 
n'a  point  seulement  exercé  une  influence  décisive  sur  l'histoire 
religieuse  et  politique  de  son  pays  ;  il  a  de  plus  ouvert  les  voies 
au  bouddhisme,  lui  a  permis  de  se  répandre  et  de  s'implanter 
en  Chine  et  de  rayonner  de  là  sur  le  Japon  et  sur  des  contrées 
plus  lointaines  encore. 

Peut-être,  en  m'entendant  parler  du  plus  ancien  philosophe 
de  la  Chine,  aura-t-on  cru  que  Confucius  seul  pouvait  être 
désigné  par  ce  titre.  Ce  n'est  point  lui  cependant  qui  fait  l'objet 
de  ce  petit  travail,  mais  son  rival  moins  connu  et  digne  peut- 
être  de  l'être  davantage,  l'enfant-vieillard,  Lao-lze.  Cette  expres- 
sion qui  aura  peut-être  étonné  n'a  point  été  choisie  sans  raison. 
Car,  d'une  part,  Kong-fou-tze  (ou  Confucius)  est  moins  un  phi- 
losophe qu'un  moraliste ,  et  de  l'autre  sa  naissance,  la  date  de 
ses  premiers  enseignements  sont  plus  récentes  que  celles  de 
son  émule,  bien  qu'il  l'ait  devancé  dans  la  publicité  donnée  à 
ses  théories. 

Pour  bien  comprendre  le  rôle  qu'un  personnage  historique 
a  joué,  la  nature  des  idées  qu'il  a  répandues  autour  de  lui,  il 
faut  naturellement  se  rendre  exactement  compte  du  milieu  oii 
il  a  vécu,  des  influences  qu'il  a  subies,  ou  contre  lesquelles  il 
a  voulu  lutter.  Disons  donc  quelques  mots  de  l'état  de  la  Chine 
à  cette  époque: 

Depuis  son  origine  le  Céleste-Empire  avait  eu,  plus  que  tout 
autre  pays,  la  chance  heureuse  et  malheureuse  à  la  fois  de 
voir  se  succéder  au  pouvoir  suprême  des  dynasties  qui  toutes 
avaient  commencé  par  des  rois  aussi  pleins  de  vertus  que 
de  talents  pour  finir  par  des  princes  ineptes,  corrompus  et 
cyniquement  oppresseurs.  La  dynastie  des  Tcheous  qui,  au 
VII*  siècle,  régnait  depuis  près  de  cinq  cents  ans  n'avait  point 
fait  exception.  Â  cette  époque  elle  était  représentée  par  des 
princes  faibles  et  sans  mœurs  qui  avaient  laissé  l'empire  se 


(6) 

morceler  et  presque  se  dissoudre.  Les  grands  feudataires 
s'étaient  rendus  pour  ainsi  dire  indépendants  du  pouvoir  cen- 
tral et  leurs  résidences  formaient  autant  de  cours  souveraines 
qui  ne  laissaient  au  pouvoir  suprême  qu'une  autorité  nomi- 
nale. C'était,  à  ce  point  de  vue,  l'état  de  la  France  sous  les 
premiers  Capétiens. 

Mais,  en  outre,  la  corruption  s'était  répandue  partout.  Aux 
mœurs  simples  des  temps  antiques  s'étaient  substitués  un  luxe 
effréné,  une  soif  de  jouissance  que  rien  ne  pouvait  apaiser. 
Au  gouvernement  paternel  et  moralisateur  des  anciens  princes 
avait  succédé  un  pouvoir  d'autant  plus  tyrannique  qu'il  était 
divisé  entre  une  foule  de  petits  princes  dont  chacun  ne  pensait 
qu'à  satisfaire  son  orgueil  et  ses  appétits.  La  peinture  que  les 
historiens  nationaux  font  de  ces  temps  malheureux  est  vrai- 
ment navrante.  Comme  on  peut  bien  le  penser,  les  ministres 
et  les  fonctionnaires  imitaient  leurs  augustes  maîtres  et  riva- 
lisaient de  tyrannie  et  de  corruption. 

La  Chine  ne  manquait  point  cependant,  alors  même, 
d'hommes  supérieurs  qui  avaient  échappé  à  la  contagion 
générale  et  s'efforçaient  de  résister  au  mal.  A  côté  des  exemples 
de  dégradation  avilissante,  elle  en  offrait  d'autres,  d'un  cou- 
rage héroïque,  qui  font  le  plus  grand  honneur  au  pays,  à 
l'humanité  même.  Citons  seulement  ce  trait  :  le  dernier  de 
la  race  qui  souillait  alors  le  trône,  l'infâme  Cheou,  comme 
on  l'appelle,  se  distinguait  par  ses  cruautés  et  ses  débauches. 
Son  oncle,  souverain  féodal  de  Ki,  vint  l'avertir  à  sa  cour 
même  et  fut  jeté  dans  un  étroit  cachot.  On  lui  conseillait  de 
s'évader.  Non ,  dit-il ,  mon  évasion  ferait  connaître  l'acte  que 
j'ai  fait  et  les  fautes  de  l'Empereur.  Un  autre  prince,  voyant 
cet  insuccès,  se  crut  obligé  de  revenir  à  la  charge  au  risque 
de  sa  vie;  l'Empereur  lui  fit  couper  le  corps  en  deux  et  arra- 
cher le  cœur.  Ce  qui  n'arrêta  pas  d'autres  ministres  non 
moins  courageux  (voir  le  Siad  Hw  dont  je  publie  en  ce 
moment  une  traduction  complète). 

Parmi  ces  hommes  il  en  est  deux  dont  les  noms  effacent, 
pour  ainsi  dire,  la  tache  infligée  à  l'histoire  de  ces  temps.  Tous 


(7) 

deux,  bien  que  d'âges  différents,  travaillèrent  à  la  même 
époque  et  exercèrent  sur  les  destinées  de  leur  nation  une 
influence  qui  s'est  maintenue  jusqu'aujourd'hui  et  ne  finira 
qu'avec  elle  :  c'étaient  Kong-fou-tze  ou  plutôt  Kong-tze  (Confu- 
cius]  et  Lao-tze.  Mais  si  ces  deux  sages  se  proposaient  un  but 
commun,  leurs  vues  particulières  et  leurs  caractères  formaient 
le  contraste  le  plus  frappant.  Kong-tze  était  l'homme  des  cours 
et  du  passé  ;  Lao-tze ,  celui  du  présent  et  des  classes  popu- 
laires. Kong-tze  était  avant  tout  moraliste  et  s'occupait  exclu- 
sivement de  la  réformation  des  mœurs  ;  incarnation  du  passé, 
il  avait  sans  cesse  devant  les  yeux  les  exemples  des  anciens 
princes  et  leur  sagesse  renommée  ;  il  cherchait  à  les  faire 
revivre  et  à  ramener  ses  concitoyens  aux  vertus  et  aux  mœurs 
des  âges  écoulés  depuis  de  nombreux  siècles.  Lao-tze,  per- 
suadé de  l'inutilité  de  ces  efforts  généreux ,  appliqués  à  faire 
retourner  un  courant  vers  sa  source,  riait  de  ces  tentatives  et 
cherchait  le  remède  dans  une  nouvelle  doctrine.  N'espérant 
point  ramener  au  bien  les  gens  adonnés  aux  affaires  du 
monde,  il  se  contentait  de  former  dans  la  solitude  quelques 
disciples  éprouvés. 

C'est  dans  ces  conjonctures  que  naquirent  et  vécurent  ces 
deux  hommes  qui  illustrèrent  leur  patrie  dans  des  conditions 
bien  différentes.  Car  si  l'histoire  a  conservé  le  souvenir  des 
moindres  événements  qui  signalèrent  la  vie  de  Kong-tze,  en 
revanche  elle  ne  nous  a  presque  rien  transmis  relativement 
au  chef  des  Taoïstes.  Les  livres  de  ses  disciples,  il  est  vrai, 
sont  remplis  d'incidents  dont  le  Maître  a  été  le  héros,  mais  ce 
sont  des  faits  merveilleux  inventés  à  plaisir  et  tardivement, 
pour  élever  le  chef  de  l'école  au  niveau  des  Saints  du  boud- 
dhisme. Tout  ce  que  l'on  en  sait  de  sérieux  et  d'authentique 
se  borne  à  quelques  lignes  du  Sse  Ki  ou  ce  annales  histo- 
riques »  écrit  par  l'illustre  Sse-ma-tzien  à  la  fin  du  III^  siècle 
de  l'ère  ancienne. 

Voici  ce  passage  traduit  littéralement  ou  peu  s*en  faut  : 

a  Lao-tze  vit  le  jour  au  village  de  Kiuk  Zhin  au  district  de 
Li,  dans  l'arrondissement  de  Khu,  au  royaume  de  Tchou. 


(8) 

Son  nom  de  famille  était  Li,  son  nom  d'enfance  El,  son  nom 
d'adulte  Pek-Yang,  son  titre  posthume  Tarn.  » 

Sa  jeunesse  est  entièrement  inconnue,  il  n'en  est  resté 
aucun  souvenir.  Ce  qu'il  devint  plus  tard  n'est  pas  même 
connu  d'une  manière  certaine.  —  Notre  auteur  continue  : 
«  Il  était  archiviste  de  l'État  de  Tcheou  ».  En  ce  temps,  Confu- 
cius  s'était  mis  à  parcourir  les  différents  États  qui  divisaient 
la  Chine  pour  chercher  à  réveiller  dans  les  cœurs  des  princes 
et  des  ministres  les  sentiments  de  justice  et  d'humanité  et 
arrêter  le  torrent  des  passions ,  en  rappelant  les  vertus  des 
anciens  princes.  «  Dans  ces  courses  il  se  rendit  auprès  de 
Lao-tze  pour  le  consulter.  Lao-tze  lui  dit  :  Maître,  ces  anciens 
dont  vous  parlez  ne  sont  plus  que  des  ossements  pourris,  il 
ne  reste  d'eux  que  leur  parole.  Quand  un  grand  vient  à  son 
temps,  il  s'élève;  sinon  il  est  ballotté  comme  une  plante  sur 
le  sable...  Renoncez  à  votre  orgueil,  à  votre  faste,  à  vos  vues 
ambitieuses.  C'est  tout  ce  que  j'ai  à  vous  dire.  »  Ici  l'historien 
s'arrête. 

On  comprend  maintenant  pourquoi  la  vie  de  Lao-tze  est 
restée  entourée  d'obscurité  et  se  raconte  en  quelques  pages. 
On  ne  dit  rien  de  plus  parce  qu'il  n'y  a  pas  davantage  à  en 
dijpe.  Nous  savons  cependant  que  dans  son  obscurité  Lao-tze 
eut  des  disciples  auxquels  il  laissa  un  résumé  de  ses  leçons 
et  qu'enfin,  dégoûté  du  monde,  il  s'enfonça  dans  les  riions 
occidentales  et  disparut  ^« 

On  conçoit  également  que  les  disciples  d'une  école  dont  le 
fondateur  avait  passé  presque  inaperçu  devaient,  pour  pro- 
pager les  doctrines  du  Maître,  en  relever  la  personne  et  les 
actes. 

D'abord,  on  lui  attribua  une  naissance  merveilleuse  et  Ton 
tira  de  la  signification  de  son  nom  une  légende  qui  entourât 
sa  naissance  d'une  auréole  miraculeuse. 

*  Il  est  cppendanl  plus  probable  quMl  revint  au  itays  et  y  moonit  dans 
l*obscurité,  laissant  àt  ses  disciples  le  thème  de  ses  entretiens.  11  était  oé  en 
604.  A.  C. 


(9) 

Lao-tze  signifie  simplement  «  Le  vieillard  »,  mais  ize,  pris 
à  la  lettre,  ayant  la  signification  de  ce  enfant  »,  on  fit  du  tout  : 
Tenfant-vieillard  et  de  là  on  tira  la  conséquence  qu'il  était  né 
par  l'efifet  d'une  cause  surnaturelle ,  qu'il  était  resté  quatre- 
vingts  ans  dans  le  sein  de  sa  mère  et  en  était  sorti  avec  une 
chevelure  toute  blanche  et  la  mine  d'un  vieillard.  Plus  tard 
encore  on  en  fit  un  être  céleste,  sans  commencement  ni  fin, 
avatâra  ou  incarnation  de  la  sagesse  éternelle  qui  formait 
la  base  de  son  système.  C'était  pour  l'opposer  aux  avatâras 
de  Yichnou  ou  de  Bouddha,  dont  on  avait  apporté  la  connais- 
sance en  Chine  aux  premiers  siècles  de  l'ère  chrétienne.  Mais 
ceci  intéresse  peu  notre  sujet,  car  nous  n'avons  à  nous  occuper 
que  de  la  doctrine  primitive. 

Ce  que  Lao-tze  s'était  efforcé  de  créer,  c'était  un  système 
dont  l'adoption  pût  guérir  les  esprits  et  les  cœurs  en  s'atta- 
quant  à  la  racine  mé;ne  du  mal. 

Radical,  dans  toute  la  force  du  terme,  il  visait  aux  fonde- 
ments de  l'édifice  social  pour  l'abattre  et  entraîner  dans  sa 
chute  ce  qu'il  croyait  être  la  cause  de  tous  les  vices  et  de 
tous  les  maux  de  son  époque.  Mais  n'anticipons  point  sur  les 
faits. 

La  tentative  de  Lao-tze  sur  le  terrain  philosophique  a  cela  de 
particulièrement  intéressant  qu'on  a  cru,  d'un  oxité,  pouvoir 
l'assimiler  aux  enseignements  de  Schelling  et  de  l'autre  y 
retrouver  des  idées  purement  chrétiennes  ou  bibliques.  Les 
uns  y  ont  vu  la  Trinité  divine,  d'autres  le  Verbe  évangélique, 
d'autres  encore  le  nom  de  Jehovah.  Et  ce  ne  sont  point  des 
missionnaires  catholiques  qui  ont  imaginé  cela,  mais  des 
protestants  et  l'illustre  sinologue  Abel  Renausat  lui-même  qui 
donnèrent  dans  ce  travers.  Trouvant  dans  un  chapitre  du  Tao- 
te-King  les  trois  mots  Y,  wei,  hi  désignant  trois  qualités  du 
premier  principe,  il  enseigne  que  ces  termes  n'appartenaient 
pas  à  la  langue  chinoise  et  que  ce  ne  pouvait  être  autre  chose 
que  les  trois  consonnes  (ou  demi-consonnes)  du  nom  sacré  de 
Jéhovah.  Il  n'y  aurait  certainement  rien  d'impossible  à  ce  que 
Lao-tze  eût  eu  une  connaissance  plus  ou  moins  étendue  de  la 


(10) 

Bible;  des  découvertes  récentes  faites  par  le  savant  sinologue 
de  Londres  M.  Terrien  de  la  Couperie,  ont  démontré  que  les 
disciples  de  Lao-tze  avaient  largement  puisé  dans  les  livres  de 
Toccident  et  spécialement  dans  ceux  des  Accadiens.  Toutefois, 
il  n'est  pas  difficile  de  se  convaincre  que  ces  rapprochements 
sont  les  fruits  de  l'illusion.  Non  seulement  Y,  weij  hi  ont  un 
sens  dans  la  langue  chinoise,  mais  ce  sens  s'adapte  parfaite- 
ment au  passage  où  ils  sont  employés.  En  outre  l'emploi,  en 
cette  occasion,  des  lettres  du  trigramme  sacré  des  Hébreux 
ainsi  divisé  et  morcelé  ne  s'explique  en  aucune  façon,  comme 
on  le  verra  plus  loin. 

Non  moins  imaginaire  est  la  connaissance  du  Verbe  divin 
attribuée  à  Lao-tze.  Il  est  très  vrai  que  l'on  peut  dire  «  au  com- 
mencement était  le  Tao  »  (premier  principe  selon  Lao-tze),  mais 
cela  ne  le  rapproche  nullement  du  Aoyoç,  car  à  ce  prix  on  pour- 
rait dire  que  le  verbe  est  atome  pour  Épicure,  puisque  d'après 
ce  philosophe  «  les  atomes  étaient  au  commencement  ». 

Il  est  mémo  vrai  que  les  auteurs  de  «  la  Bible  anglicane  tra- 
duite en  chinois  »  ont  pu  rendre  le  premier  verset  de  saint  Jean 
par  ce  mot  «  au  commencement  était  le  Tao  ».Mais  la  conclu- 
sion qu'on  en  tire  est  un  vrai  jeu  de  mots.  Si  Tao  peut  signi- 
fier :  parole,  verhum,  il  a  aussi  d'autres  sens  et  le  sens  de  verbum 
est  entièrement  étranger  au  langage  de  Lao-tze;  celui-ci  n'a 
jamais  rien  imaginé  qui  approchât,  même  de  très  loin,  de  la 
personnification  de  l'intelligence  dans  la  divinité. 

Mais  tout  cela  ressortira  complètement  de  l'exposé  du  sys- 
tème. 

Pour  mettre  mieux  en  relief  l'autre  point  de  vue  et  le  sujet 
principal  de  notre  travail,  nous  croyons  devoir  présenter  ici  en 
quelques  mots  la  pensée  fondamentale  du  système  deSchelling. 
Ce  résumé,  nous  l'empruntons  à  YEncyclopedia  britannica  pour 
éviter  toute  appréciation  personnelle  qui  pourrait  se  faire  sous 
une  influence  quelconque. 

ce  L'absolu  que  nous  ne  connaissons  qu'en  nous  identifiant 
à  lui  et  que  nous  appelons  Divinité  doit  être  regardé  comme 
n'étant  dans  sa  condition  originaire,  ni  sujet,  ni  objet,  ni 


(H) 

matière,  ni  esprit  ;  mais  l'union,  Findifférence,  la  possibilité 
latente  de  l'un  et  de  l'autre. 

»  Il  est  devenu  tout  ce  qui  existe  par  un  mouvement  propre 
qui  le  conduit  à  se  développer  lui-même  continuellement  de 
degrés  en  degrés  depuis  la  plus  humble  manifestation  de  ce 
que  l'on  appelle  la  matière  jusqu'à  l'être  organique  et  l'activité 
de  la  raison  même  dans  la  nature  humaine.  Dans  ce  mouve- 
ment de  la  Divinité  ou  de  l'Un  absolu  qui  constitue  la  vie  de 
l'univers  il  y  a  deux  processus  :  le  mouvement  d'expansion  ou 
la  tendance  objectivante  par  laquelle  l'absolu  se  lance,  pour 
ainsi  dire,  dans  l'existence  actuelle,  et  de  la  natura  naturans 
proviennent  toute  la  variété  et  le  complex  de  la  natura  natu- 
rata;  2*» le  mouvement  contractile  ou  la  tendance  subjectivante 
par  laquelle  la  natura  naturata  retombe  sur  la  natura  naturans 
et  devient  consciente  d'elle-même.  » 

Voilà  bien,  je  pense,  un  résumé,  un  argumentum  exact  de 
la  doctrine  du  philosophe  allemand  ;  nous  verrons  par  la  suite 
en  quoi  elle  diffère  de  celle  du  père  de  la  philosophie  chi- 
noise. (Comp.  CuALMERs  LaU'Tzep.  XVI.) 

Ajoutons  encore,  pour  être  complet  à  notre  point  de  vue, 
que  Ton  considère  généralement  le  système  de  Lao-tze  comme 
tr^  rapproché  de  celui  d'Épicure  ;  on  appelle  même  ordinai- 
rement son  auteur  :  le  philosophe  épicurien  du  Céleste-Empire. 
On  verra,  par  ce  qui  suit,  je  pense,  que  cette  qualification  n'est 
nullement  exacte.  Sans  doute  Laot-ze  prêche  le  calme,  la  modé- 
ration des  passions  d'une  manière  qui  rappelle  Epicure  ;  mais 
jamais  on  ne  pourrait  dire  de  l'un  de  ses  disciples  Laotzii  de 
grege  porcus.  Sa  doctrine  conduit,  au  contraire,  à  un  résultat 
tout  opposé. 

Mais  c'en  est  assez  de  ces  considérations  extérieures  ;  abor- 
dons l'exposé  de  la  doctrine  même. 

Comme  il  a  été  dit  plus  haut,  nous  ne  le  connaissons  que 
par  le  livre  dont  les  disciples  du  vieux  philosophe  ont  hérité  et 
qu'ils  nous  ont  transmis.  Sans  doute  il  contient  très  fidèlement 
la  doctrine  du  maître ,  mais  les  disciples  y  ont  fait  certainement 
quelques  ajoutés,  sans  toutefois  en  altérer  la  substance.  Ce  livre 


(12) 

étant  très  court,  nous  pourrions  nous  contenter  d'en  donner  ici 
une  traduction  ;  mais  nous  ferions  à  nos  lecteurs  un  présent 
peu  agréable.  Cet  écrit,  tout  petit  quil  est,  n'en  est  pas  moins 
assez  difficile  à  étudier;  il  n'a  ni  ordre  ni  méthode;  les  diffé- 
rentes matières  y  sont  exposées  péle-méie,  par  sentences  plus 
ou  moins  isolées  ^.  Une  étude  complète  permet  seule  de 
reconstruire  et  de  systématiser  la  doctrine  qu'il  contient.  Nous 
croyons  donc  devoir  assumer  ce  travail  pour  la  facilité  de  nos 
lecteurs.  Nous  citerons  cependant  le  texte  lui-même  en  le  tra- 
duisant comme  cela  nous  semblera  le  mieux  après  avoir  com- 
paré les  diverses  œuvres  de  nos  devanciers  et  revisé  le  texte. 

Nous  serons  plusieurs  fois  en  opposition  avec  eux,  nous 
donnerons  nos  motifs  dans  les  cas  les  plus  importants.  Les 
obscurités  que  présente  l'original  sont  maintes  fois  éclairées 
par  les  discussions  des  commentateurs  dont  Stanislas  Julien 
nous  fournit  une  ample  moisson;  nous  y  aurons  égard  autant 
que  déraison. 

Le  livre  laissé  par  Lao-tze  a  pour  titre  :  Tao-te-King.  King 
est  c(  un  livre  déclaré  vrai  et  authentique,  fruit  de  la  sagesse 
d'hommes  supérieurs  »  ;  Te  est  la  vertu.  Quant  à  Tao^  mot  prin- 
cipal qui  forme  la  base  de  tout  le  système,  il  est  plus  obscur. 
Ce  terme  a  trois  sens:  ce  voie,  raison  ou  justice,  et  parole  ».  I^ 
premier  sens  ne  convient  nullement  ici  oh  il  s'agit  de  Tétre 
primordial  ;  «  parole  »  verbum  n'a  point  du  tout  l'aspect  sous 
lequel  le  Tao  peut  être  considéré,  le  Tao  ne  produit  ni  par  la 
pensée  ni  par  la  parole  interne,  comme  on  le  verra.  <c  Raison, 
justice  »  en  prenant  pour  ces  mots  l'acception  par  laquelle  ils 
se  touchent,  sera  la  seule  expression  convenable.  Toutefois, 
comme  il  s'agit  d'un  être  substantiel,   la  raison,  la  justice 

'  Le  TaO'te-King  est  divisé  en  quaire-vingt-un  chapitres  Irès  eoarts 
et  composes  de  sentences  plus  ou  moins  détachées.  Cela  semble  être  un 
manuel  servant  de  thème  aux  leçons  orales  comme  les  Sûtra»  des  philo- 
sophes indous.  Il  est  en  outre  partage  en  deux  sections.  Tune  traitant 
principalement  du  Tao,  la  seconde  de  la  «  Vertu  •  Te,  bien  quMl  y  ait  des 
deux  dans  Tune  comme  dans  l'autre. 


(13) 

devront  être  prises  comme  telles  et  non  comme  termes  abs- 
traits, a  Intelligence  »  vaudrait  mieux  encore.  Aussi,  pour  évi- 
ter toute  inexactitude,  le  mieux  est  de  garder  simplement  le 
mol  chinois  Tao. 

Le  Tao-te-Khig  est  donc  «  le  livre  canonique  de  l'intelli- 
gence et  de  la  vertu  ».  Ce  titre  indique  déjà  que  le  livre  clas- 
sique du  taoïsme  traite  de  deux  matières  distinctes  :  l'ontolo- 
gie et  la  morale.  Ajoutons  qu'à  ce  dernier  point  de  vue  il 
s'occupe  également  de  droit  public,  du  gouvernement  des 
nations  et  nous  aurons  les  trois  divisions  du  système  de  Lao- 
tze  :  ontologie,  morale,  politique  ^.  »  Ces  trois  matières  sont 
développées  en  aphorismes  répandus  sans  ordre  ni  méthode. 
Nous  commencerons  par  la  première  et  ferons  suivre  les  autres  ; 
mais,  avant  cela,  disons  un  mot  du  but  général  du  livre. 

La  fin  principale  que  se  proposait  Lao-tze  était  de  remédier 
aux  maux  de  son  temps  et  d'en  corriger  les  vices  ;  il  voyait 
l'inutilité  des  efforts  de  Kong-tze  et  des  autres  sages  antérieurs; 
il  jugeait  qu'il  ne  suflSsait  pas  de  rappeler  les  exemples  des 
anciens  et  de  perpétuer  les  anciennes  croyances  si  restreintes 
et  si  simples  ^.  L'homme  s'était  dévoyé  et  tombait  dans  tous 
les  écarts  ;  il  fallait  le  ramener  à  sa  voie.  Les  désordres  venaient 
de  son  ignorance  et  de  ses  passions,  il  fallait  lui  rendre  la 
connaissance  de  la  vérité  et  lui  apprendre  à  se  gouverner  lui- 
même,  en  lui  en  montrant  les  moyens.  Hais  ces  désordres 
régnaient  aussi  dans  les  régions  gouvernementales,  il  fallait 
donc  aussi  régler  les  affaires  du  gouvernement  et  en  restaurer 
les  lois.  Tout  est  là  pour  Lao-tze,  tout  dans  sa  doctrine  gravite 
auteur  de  ces  trois  principes.  Avant  lui  la  philosophie  n'avait 
pas  été  au  delà  des  croyances  religieuses.  La  doctrine  d'un 

*  Voir  la  note  p.  12. 

'  Toutes  les  doctrines  philosophico-religienses  de  la  Chine  depuis  son 
origine  jusqu'à  Lao-tze  se  bornaient  à  la  croyance  à  un  Dieu,  auteur  et 
niaUre  souverain  du  monde  auquel  Thomme  devait  obéissance  et  sacri- 
fice, et  en  une  vie  future.  La  morale,  en  revanche,  était  très  développée. 
(Comp.  p.  li.) 


(14) 

Dieu  unique,  maître  souverain  du  ciel  et  de  la  terre,  auteur 
de  la  nature  générale  et  individuelle,  producteur  et  formateur 
de  Tunivers  ;  puis  dans  la  nature  matérielle  cinq  éléments  ou 
plutôt  cinq  principes  de  mouvements  {Hing^  mouvement,  acte) 
—  à  savoir  :  le  feu,  l'air,  l'eau,  le  minéral  et  le  bois.  — 
Après  Dieu ,  des  esprits  supérieurs  dépendant  de  lui ,  mais 
boiTs  et  dignes  d'honneur  et  de  sacrifice  ou  plu$  ou  moins 
méchants  et  capables  de  nuire.  —  Telle  était  à  peu  près  toute 
la  richesse  philosophique  de  la  Chine.  La  spéculation  ne 
s'était  guère  étendue  que  sur  le  terrain  moral. 

Lao-tze,le  premier,  rechercha  les  causes  des  existences,  l'ori- 
gine des  choses,  leurs  vicissitudes,  leur  fin.  Il  conserva  la 
notion  de  Dieu  telle  que  les  Chinois  l'avaient  toujours  com- 
prise, mais  il  eut  la  pensée  d'en  étudier  la  provenance.  Il  n'en 
parle,  il  est  vrai,  qu'une  seule  fois  dans  son  livre.  L'idée  qu'il 
s'en  fait  nous  est  clairement  indiquée  par  le  mot  ou  plutôt  par 
le  caractère  qu'il  emploie  pour  le  désigner.  Comme  chacun  le 
sait,  l'écriture  chinoise  était  originairement  représentative; 
beaucoup  de  symboles  ont  conservé  toute  leur  signification  ; 
ils  pourraient  même  former  une  collection  de  traits  de  mœurs 
ou  de  satires.  —  Ainsi  :  deux  femmes  cela  veut  dire  «  que- 
relle »  ;  trois,  c'est  «  l'inconduite  »;  une  femme  et  une  demi- 
porte  ouverte  indique  «  la  jalousie».  Un  pinceau  et  une  bouche 
(un  pinceau  parlant)  c'est  «  livre  »  ou  «  écrire  »;  un  mandarin 
et  un  cœur  (un  cœur  de  mandarin)  c'est  «  dur,  méchant  ». 
Une  bouche  qui  parle  enti*e  deux  chiens  désigne  «  un  procès»; 
un  bâton  (ou  un  sceptre)  traversant  trois  lignes  parallèles 
(marquant  les  trois  degrés  de  l'humanité),  c'est  l'autorité  souve- 
raine, c'est  le  monarque  ^.  Ceci  nous  ramène  à  notre  sujet. 
Le  caractère  qui  représente  Dieu  se  compose  de  quatre  traits  : 
tout  en  haut  est  une  ligne  avec  un  point  au-dessus,  symbole 
de  la  supériorité  ;  en  dessous  est  une  espèce  de  toit  représen- 
tant le  ciel  ;  sous  ce  toit  est  un  carré  manquant  d'un  côté  et 


(IS) 

figurant  la  terre;  enfin  un  bâton-sceptre  placé  perpendicu- 
lairement au  travers  des  deux  derniers  signes,  ajoute  au  reste 
l'idée  de  la  souveraineté.  Le  tout  indique  donc  le  Maître  sou- 
verain du  ciel  et  de  la  terre,  Ti  ^. 

Lao-tze  en  retient  la  notion,  mais  ajoute  quMl  croit  le  pre- 
mier principe  Tao  antérieur  à  Ti.  (Voy.  chap.  IV  fin.)  C'est  là, 
du  reste,  tout  ce  qu'il  en  dit.  L'objet  de  ses  méditations  est  le 
Tao;  c'est  par  lui  qu'il  croit  pouvoir  rerum  cognoscere  causas. 
Voyons  donc  ce  qu'il  nous  apprend  de  cette  dernière  concep- 
tion; mais  n'oublions  pas,  pour  ne  pas  nous  fourvoyer,  que 
Lao-tze,  ayant  le  génie  poétique,  emploie  fréquemment  des 
métaphores  et  de  plus  que  la  langue  chinoise  manquant  à  son 
époque  de  mots  exprimant  les  nouvelles  idées  qu'il  voulait 
présenter  aux  hommes  de  son  âge,  l'expression  est  chez  lui 
parfois  obscure. 

1.  Ontologie  de  Lao-tze.  —  A.  Le  Tao.  —  Au  commencement, 
à  l'origine  de  toutes  choses  est  le  Tao.  Qu'est-ce  que  le  Tao  ? 
C'est  l'être  primordial,  universel,  absolu,  qui  ne  peut  avoir  de 
nom  réel  ni  être  atteint  par  le  raisonnement. 

£n  effet,  étant  l'être  absolu,  ayant  la  plénitude  de  l'être,  il 
n'a  point  de  qualité  distincte;  il  n'y  a  point  de  notion  supé- 
rieure dont  on  puisse  se  servir  pour  l'expliquer  ;  l'esprit  humain 
ne  peut  l'atteindre.  C'est  pourquoi  Lao-tze  commence  ainsi  son 
livre  : 

ce  Le  Tao  qui  peut  être  atteint  par  le  raisonnement  n'est  pas 
le  Tao  éternel.  Le  nom  qui  peut  être  proféré  n'est  point  le  nom 
étemel.  Sans  nom  (i.  e.  étant  à  l'état  où  il  ne  peut  être  nommé), 
c'est  l'origine  du  ciel  et  de  la  terre;  nommé  (susceptible  d'un 
nom),  il  est  la  mère  de  toutes  choses.  Dans  l'éternelle  non- 
existence  du  désir,  on  voit  son  essence  infiniment  subtile, 
(spirituelle);  dans  l'éternelle  existence  du  désir,  on  voit  ses 
productions.  Ces  deux  choses  ont  une  origine  identique  et  des 
noms  différents.  Cette  identité  est  dite  l'abîme  (profondeur 


•t 


(  46  ) 

obscure  et  incommensurable),  Tabime  des  abîmes.  Cesl  la 
porte  de  toutes  les  choses  mystérieuses  et  spîritoeiles.  » 
(TaO'te-King,  chap.  l*'.) 

Ainsi,  d'après  Lao-tze,  à  Torigine  de  toutes  choses  est  FéCre 
absolu, éternel ,  non  point  Tétre  idéal,  mais  Tétre  concret,  réel, 
substantiel.  En  lui-même  il  est  incognoscible  et  innommable, 
mais  dès  qu'il  produit  les  êtres  contingents ,  il  se  manifeste  et 
montre  des  qualités  qui  fournissent  matière  à  une  appellation. 
En  lui-même,  dans  son  essence  spirituelle,  il  est  sans  désir; 
produisant  les  êtres  contingents,  il  est  mû  par  le  désir  de  les 
produire.  Mais  en  tant  qu'existant  en  lui-même  et  en  tant  que 
créant  les  êtres,  il  est  identique  à  lui-même,  et  dans  celte  unité 
de  nature  subjective  et  productive,  il  est  un  abîme  incommen- 
surable et  insondable,  et  tout  cela  au  plus  haut  degré  pos- 
sible. 

(c  Le  Tao  a-t-il  commencé?  a-t-il  une  origine?  Non,  il  est 
éternel;  il  est  le  père  originaire  de  tous  les  êtres,  il  subsiste 
éternellement;  il  a  précédé  le  Dieu  qu'adorent  les  Chinois.  » 
(Tao-te-King,  chap.  IV.)  Notons  que  Lao-tze  s'exprime  ici  avec 
réserve  et  dit  simplement  :  «  Il  me  semble  ». 

Des  qualités  du  Tao  nous  avons  déjà  vu  une  partie.  Lao-tze  en 
dit  encore  ceci  : 

«  En  le  regardant,  on  ne  le  voit  pas ,  il  est  imperceptible  ^; 
en  l'écoutant,  on  ne  l'entend  pas,  il  est  inaccessible  aux  sens  ^; 
en  voulant  le  palper,  on  ne  le  touche  point,  il  est  infiniment 
subtil  3.  Ces  trois  qualités  ne  peuvent  se  considérer  séparé- 
ment. C'est  pourquoi  on  les  confond  en  une  (chap.  XIV).  Le  Tao 
est  infini;  au-dessus  de  lui  il  n'y  a  point  d'éclat,  au-dessous  il 

'   Y, 
«  Ht, 

"  Ce  sont  ces  trois  termes  K,  At,  wei  da  meillear  chinois,  que  Toii  a 
transformes  en  trois  consonnes  fondamentales  du  nom  de  Jehovah,  Eslril 
besoin  de  réfuter  une  semblable  assertion? 

Quelle  idée  bizarre  n*attribue-t-on  pas  à  Lao-tze?  Vraiment  non  erat 
it  locus. 


(17) 

n'y  a  point  d'obscurité;  devant  lui  on  ne  peut  voir  sa  face, 
derrière  lui  on  ne  peut  voir  son  dos  »  (chap.  XXI  et  XIV). 

Le  Tao  est  vide,  c'est-à-dire  qu'il  n'y  a  en  lui  aucun  être 
particulier;  mais  il  peut  tout  contenir,  il  est  immense  ;  son  être 
et  ses  productions  sont  inépuisables  (chap.  IV);  (littéralement: 
Quand  on  s'en  sert,  il  est  inépuisable,  inusable.)  Il  est  éternel- 
lement le  même  (chap.  XXI). 

«  Le  Tao  est  esprit.  »  Lao-tze  l'appelle  l'esprit  de  la  vallée, 
parce  que,  comme  une  vallée,  il  contient  les  êtres  (chap.  VII)  ; 
ailleurs,  il  le  compare  à  un  vase  (chap.  XI).  Subsistant  sans 
interruption,  innommable,  il  se  rapporte  à  l'absence  d'être  par- 
ticulier ^  (ou  il  y  rentre).  C'est  une  forme  sans  forme,  une 
image  sans  image  (ici  sans  qualité  matérielle).  Il  est  vague  et 
confus  (c'est-à-dire  sans  formes  particulières);  mais  au  dedans 
de  lui  sont  les  formes  et  les  êtres.  En  lui  est  une  essence  infi- 
ment  subtile  (spirituelle),  et  cette  essence  est  vérité;  il  est  en 

*  Si  Ton  suivait  l'interprétation  de  Chalmers,  Lao-tze  parlerait  encore 
en  denz  autres  endroits  du  non-étre  père  de  Tétre  et  se  rapprocherait 
alors  évidemment  de  Schelling. 

Stanislas  Julien  traduit  tout  autrement.  L^explication  de  Chalmers  est 
évidemment  fautive.  Celle  de  Julien  doit^étre  modifiée.  Les  voici  toutes 
deux,  il  s*agit  du  chapitre  L 

ChcUmeri.  •  Le  non-étre  est  appelé  Tantécédent  du  ciel  et  de  la  terre, 
l'existence  est  appelée  la  mère  des  choses.  Dans  Téternelle  non-existence, 
on  cherche  à  percer  le  mystère  primordial  ;  dans  réternelle  existence  on 
cherche  à  voir  les  istua  de  Tunivers  • . 

Stan,  Julien,  «  L^étre  sans  nom  est  Torigine  du  ciel  et  de  la  terre; 
avec  un  nom  il  est  la  mère  de  toute  chose.  C'est  pourquoi,  lorsqu'on  est 
constamment  exempt  de  passion,  on  voit  son  essence  spirituelle;  lors- 
qu'on a  constamment  des  passions,  on  le  voit  sous  une  forme  bornée 
(on  voit  ses  limites).  • 

Évidemment  la  seconde  phrase  de  Julien  est  inacceptable.  Le  con- 
texte ne  permet  pas  de  faire  intervenir  l'homme  et  ses  passions  là  où 
il  ne  s'agit  que  du  Tao;  le  sens  d'ailleurs  ne  concorde  pas  avec  le  reste 
de  la  doctrine.  La  version  de  Chalmers  n'est  pas  meilleure,  au  contraire. 
L'explication  est  forcée,  elle  ne  tient  pas  compte  de  cette  conception  de 

Tome  XXXVII  2 


(18) 

lui  la  vérité;  il  voit  sortir  de  lui  tous  les  êtres  (chap.  XXI);  et 
au  chapitre  XXV  : 

a  II  est  un  être  indiscernable  et  parfait  existant  antérieure- 
ment au  ciel  et  à  la  terre.  Il  est  en  repos  et  incorporel.  Seul  il 
subsiste  et  ne  change  point.  Il  pénètre  partout  et  n'éprouve 
aucun  dommage.  Je  ne  sais  pas  son  nom,  je  l'appelle  Tao, 
Pour  lui  donner  un  nom,  je  l'appelle  par  ses  qualités  :  a  Grand  » 
(à  cause  de  son  immensité  et  de  sa  supériorité  universelle); 
(c  fugace  »  (parce  qu'il  échappe  à  l'esprit  et  aux  sens)  ;  a  éloigné  » 
(par  sa  nature  supérieure)  ;  «  celui  qui  revient  »  (il  a  l'air  de 
fuir  celui  qui  le  recherché  et  il  vient  à  lui  ;  il  va  et  revient  dans 
les  êtres).  «  Dans  ses  actes,  il  prend  modèle  sur  sa  propre 
nature  (chap.  XXY).  Éternel  et  sans  nom,  il  est  petit  par  la 
simplicité  de  sa  nature ,  mais  le  monde  entier  ne  saurait  se  le 
soumettre  »  (chap.  XXXII). 

Enfin,  en  un  passage,  Lao-tze  semble  qualifier  le  Tao  de 

Tabscnce  de  nom  du  T<io  considéré  en  lui-même,  conception  qae  Ton 
retrouve  ailleurs. 

Ces  termes  a  on  cherche  à  percer  •  font  boiter  la  phrase.  Pour  bien 
comprendre  la  difficulté  il  faut  se  rappeler  que  le  chinois  n*a  pas  de 
formes  grammaticales  et  que  le  même  mot  est  nom,  adjectif,  adverbe  et 
verbe  à  tous  les  modes  et  à  toutes  les  personnes.  Voici  la  phrase  chinoise 
en  latin,  en  tenant  compte  de  ces  faits:  non  nomen,  cœlum  lerra  prius; 
est  nomcn  omnium  rerum  mater;  in  aeterno  non  desiderio  v;dere  ejus 
spirilualilatem,  in  aeterno  desiderio  videre  ejus  cxitus.  —  Ce  qui  doit 
s'expliquer  aiusi  :  cum  non  nomine  (sine  nomine)  est  cœloel  terrae  prius. 
Si  habeat  nomen,  est  mater  rerum.  In  aeterna  non  cupidine  videtur 
ejus  csscntia  spiritualis,  in  aeterna  cupidine  videntur  ejus  exitus. —  Ce 
qui  explique  naturellement  et  grammaticalement  le  texte  et  concorde 
parfaitement  avec  tout  le  reste. 

Chai  mers  fait  de  non  nomen  =  non  ens  est  nominatum. 

Au  chapitre  XI  Lao-tze  parle  de  Tutilitc  du  non-être.  Les  trous  d*uo 
moyeu  de  roue,  les  fenêtres  d*un  mur,  le  creux  d'un  vase  sont  utiles,  y 
dit-il;  donc  le  non-étre  n'est  pas  à  mépriser.  Ce  n'est  point  li,  je  peose^ 
le  non-étre  deSchelling.  Lao-tze  se  vante  d'avoir  découvert  cette  profonde 
vérité. 


(19) 

ce  non-étre  »  quand  il  dit  :  «  Le  non-étre  pénètre  dans  ce  qui 
n'a  pas  d'interstice».  Que  ce  mot  ne  désigne  pas  le  ce  non-étre  » 
dans  le  sens  deSchelling,  c'est  ce  qu'il  serait  inutile  de  prouver 
après  ce  qui  a  été  dit  de  la  nature  du  Tao;  mais  la  suite  le 
prouvera  encore  mieux  ^. 

B.  Origine  des  êtres.  —  Suivant  en  cela  la  terminologie  chi- 
noise habituelle  et  le  mode  de  conception  régnant  en  Chine 
depuis  des  siècles,  Lao-tze, partage  tous  les  êtres  produits  en 
deux  parties  :  le  ciel  et  la  terre.  La  terre  comprend  notre  globe 
et  tout  ce  qu'il  porte,  le  reste  appartient  au  ciel.  L'idée  exacte 
que  les  Chinois  veulent  exprimer  par  ce  mot  est  assez  diflScile 
à  déterminer.  Tantôt  c'est  le  ciel  matériel,  tantôt  Dieu  lui-même; 
tantôt  le  monde  spirituel,  Dieu  et  les  esprits.  Au  second  sens, 
le  mot  fien  (ciel)  est  employé  indifféremment  pour  le  Ti  (Dieu), 
les  deux  termes  alternent  dans  une  même  phrase,  et  cela 
dans  les  plus  anciens  livres  de  la  Chine.  (Voir  mon  étude  sur 
La  religion  primitive  des  Oiinais.)  Lao-tze  prend  ces  notions  de 
a  ciel  et  terre  »  telles  qu'elles  sont,  sans  les  définir.  Pour  lui, 
le  ciel  et  la  terre  sont  perpétuels;  tous  les  autres  êtres  sont 
passagers  et  meurent  ou  se  détruisent  (chap.  VII). 

Il  croit  aussi  aux  esprits,  bons  ou  mauvais.  «  Lorsque  l'em- 
pire est  gouverné  selon  le  Tao,  les  esprits  mauvais  ne  tour- 
mentent point  les  hommes  »,  dit-il  au  chapitre  LX  ;  et  il  ajoute  : 
c(  Ce  n'est  point  qu'ils  ne  puissent  nuire,  mais  c'est  que  les 
saints  (les  chefs)  ne  nuisent  pas  eux-mêmes,  et  alors  les  esprits 
n'ont  aucune  raison  d'intervenir  ».  L'espace  entre  le  ciel  et  la 
tence  est  vide  ;  Lao-tze  le  compare  à  l'intérieur  d'un  soufiDet 
(chap.  V). 

Cet  ensemble  d'êtres  compris  dans  le  ciel  et  la  terre  doivent 
leur  existence  au  Tao.  C'est  le  Tao  qui,  selon  l'expression 
figurée  de  Lao-tze,  est  l'ancêtre  originaire  et  la  mère  de  tous 
les  êtres  ;  il  contient  en  lui  les  formes  et  les  êtres  :  il  les  voit 
sortir  de  lui  comme  par  une  porte  (chap.  XXI).  II  est  la  mère 

*  Voir  la  note  p.  17. 


(20  ) 

mystérieuse  dont  la  porte  est  la  racine  du  ciel  et  de  la  terre, 
c'est-à-dire  de  toutes  choses  (chap.  II). 

Comment  les  êtres  ont-ils  été  formés?  Lao-tze  répond  inci- 
demment :  La  simplicité  parfaite  (l'être  absolu,  le  Tao)  s'est 
répandue  et  a  formé  toutes  les  formes  des  êtres  (chap.  XXVIII); 
quand  le  Tao  s'est  divisé,  il  a  pris  un  nom  (chap.  XXII).  Le 
Tao  est  le  principe  du  monde  devenu  la  mère  du  monde 
(chap.  LIIj.  Le  philosophe  ne  s'explique  pas  plus  clairement 
Entend-il  par  là  que  les  êtres  émanent  de  la  substance  du 
Tao?  C'est  possible,  bien  qu'il  ne  faille  pas  prendre  à  la  lettre 
ses  termes  figurés.  En  tout  cas,  le  panthéisme  serait  simple- 
ment ici  l'émanatisme  ;  une  fois  produits,  les  êtres  contingents 
ont  une  nature  à  eux  séparée  de  celle  du  Tao.  Ils  lui  sont 
entièrement  extérieurs. 

Quant  à  la  manière  dont  la  production  des  êtres  s'est  opérée, 
Lao-tze  n'est  pas  beaucoup  plus  clair.  Voici  ce  qu'il  en  dît 
(chap.  XLII)  :  Le  Tao  produisit  un;  un  produisit  deux  ;  deux 
produisit  trois  ;  trois  a  produit  tous  les  êtres.  Ceci  est  et  reste 
vague  et  ne  concorde  pas  très  bien  avec  ce  qui  précède.  Lao-tze 
dit  encore  que  le  Tao  est  répandu  dans  tous  les  êtres.  Cela 
peut  se  concilier  si  l'on  admet  qu'il  est  répandu  dans  les 
êtres  pour  les  soutenir.  Les  commentateurs  expliquent  cet 
un,  deuXy  trois  de  cette  façon  :  Un  est  la  manifestation  du  Tao 
en  dehors  de  lui  ;  deux  sont  les  deux  principes  de  la  philo- 
sophie chinoise,  le  principe  mâle  et  le  principe  femelle  qui 
se  partagent  l'univers.  Trois  seraient  ces  deux  principes  et  le 
troisième  indiqué  plus  loin  :  «  principe  d'harmonie  entre  les 
choses  ».  —  On  pourrait  encore  supposer  que  la  première 
fois,  trois  veut  dire  troisième  et  la  seconde  :  ces  trois  ;  en 
outre,  que  ces  trois  ont  formé  les  êtres  par  l'action  supérieure 
du  Tao.  Ainsi  tout  se  concilierait.  L'un  aurait  produit  ces  deux 
principes;  ceux-ci  auraient  engendré  le  troisième,  le  principe 
de  l'harmonie,  et  tous  trois  ensemble  auraient  donné  l'exis- 
tence à  tout  le  reste. 

Enfin,  et  c'est  par  ici  seulement  que  Lao-tze  touche  à  Schel- 
ling,  au  chapitre  XL  il  dit  :  Toutes  les  choses  du  monde  sont 


(21) 

nées  de  Tétre  ;  Fétre  est  né  du  (ou  dans  le)  non-étre.  En  outre, 
au  premier  chapitre  quelques  commentateurs,  par  un  change- 
ment de  ponctuation,  lisent  :  Dans  Téternel  non-étre  on  voit 
son  essence  spirituelle,  dans  l'éternel  être  on  voit  ses  pro- 
ductions. Cette  lecture  n'est  pas  soutenable  ^;  mais,  en 
l'admettant  même,  on  doit  se  demander  ce  qu'est,  en  réalité, 
cet  éternel  non-être  où  l'on  voit  l'essence  du  Tao  et  ce  non-être 
d'où  sortent  les  êtres.  Si  nous  consultons  les  commentateurs, 
la  réponse  nous  sera  facile;  car,  tous  en  général  sont  una- 
nimes à  déclarer  que  par  non-^tre  Lao-tze  entend  la  nature 
spirituelle  et  qu'il  l'appelle  ainsi  parce  qu'elle  n'a  aucune 
forme,  rien  qui  permette  à  l'homme  de  l'appréhender  et  que, 
pour  lui,  elle  semble  ne  point  exister.  Devons-nous  admettre 
cette  explication  ?  L'unanimité  des  auteurs  est  déjà  un  gage  de 
vérité  ;  mais  ne  nous  en  contentons  point  et  tâchons  de  tirer 
une  conclusion  certaine  des  doctrines  mêmes  du  philosophe. 
Cela  ne  nous  sera  pas  malaisé.  On  a  vu  que  Lao-tze  parle 
toujours  du  Tao  comme  d'un  être  complet  et  parfait  qui  a  son 
existence  en  lui-même,  entièrement  distincte  de  toute  autre, 
qu'il  existe  avant  toutes  choses,  qu'il  a  tout  produit,  que  pour 
produire  il  ne  s'est  point  développé  de  puissance  à  existence, 
mais  qu'il  est  en  quelque  manière  sorti  de  lui-même.  Par  la 
création  et  après  la  création  des  êtres,  le  Tao  ne  se  développe 
point,  ne  s'augmente  point,  il  reste  le  même,  entier  en  lui- 
même;  il  est  alors  le  conservateur,  le  point  d'appui,  le  modèle 
de  tous  les  êtres  ;  tous  doivent  agir  par  lui,  au  moyen  de 
lui  ;  ils  doivent  s'en  servir  et  il  est  inépuisable  ;  pour  agir  il 
prend  modèle  sur  sa  propre  nature  spirituelle,  infinie,  éter- 
nelle. —  Tout  cela  est  évidemment  le  contrepied  de  la  simple 
ce  puissance  d'être  »,  du  non-être  tel  que  nous  l'entendons. 

Le  sens  de  la  phrase  qui  nous  occupe  est  donc  que  :  les  êtres 
visibles  viennent  de  l'être  spirituel,  ou  bien  que  c<  les  êtres 
particuliers  proviennent  de  l'être  parfait,  absolu,  unique,  et 
que  celui-ci  ne  vient  de  rien,  mais  existe  par  lui-même  ».  Le 

*  Voir  la  note  p.  17. 


(22) 

terme  de  non-être  a  été  aussi  inspiré  à  Lao-tze  par  une  image 
qui  lui  est  familière. 

Le  Tao  contient  tout  comme  le  vide  de  la  vallée  ou  d'un 
vase  contient  ce  qui  s'y  trouve  ;  d'où  il  l'appelle  vide  et 
non-étre. 

Telle  est  donc  véritablement  l'origine  des  êtres  d'après 
Lao-tze  ;  leur  vie  est  expliquée  par  lui  de  la  foçon  suivante  : 

L'être  un,  absolu,  infini,  innommable  en  raison  de  sa  perfec- 
tion (chap.  I),  d'un  repos  incessant,  immuable,  a  produit  les 
êtres  distincts  et  contingents,  à  savoir  :  le  ciel,  la  terre  et  tous 
les  êtres  particuliers  qui  les  occupent.  Le  ciel  et  la  terre  sont 
immuables  et  perpétuels  ;  tous  les  autres  êtres  périssent  ;  après 
avoir  été  dans  un  état  d'activité  constante  et  étendue ,  ils 
reviennent  tous  à  leur  origine  et  rentrent  dans  le  repos 
(chap.  XVI). 

La  vie,  l'activité  des  êtres  particuliers  dans  leur  durée  ne 
dépend  pas  directement  du  Tao ,  mais  de  la  terre  et  du  ciel 
et  de  ce  dernier  seul  immédiatement  (chap.  LXXIII).  Retournés 
à  leur  origine,  au  repos,  les  êtres  retombent  dans  le  non-être 
et  le  Tao  les  en  retire.  C'est  en  cela  que  consiste  son  mouve- 
ment. En  lui-même  il  est  en  repos  constant  (chap.  XL).  Et  au 
chapitre  XXXIII  Lao-tze  dit  :  Tous  les  êtres  retournent  au  Tao 
comme  les  ruisseaux  vont  aux  rivières  et  les  rivières  à  la  mer. 

Du  reste,  l'action  de  la  terre  et  du  ciel  sur  le  développement 
et  la  vie  des  êtres  n'exclut  pas  celle  du  Tao;  car  au  chapitre  LXI 
il  est  dit  positivement  que  le  Tao  les  fait  naître,  les  nourrit,  les 
fait  croître,  les  perfectionne  et  les  protège.  On  peut  concilier 
les  textes  en  disant  que  le  Tao  fait  cela  par  l'intermédiaire  du 
ciel,  qu'il  a  produit  dans  ce  but  et  qui  agit  sous  sa  main. 
Cependant  il  est  dit  quelques  lignes  plus  haut  (41  initio)  que  le 
Tao  donne  un  corps  et  perfectionne  par  une  impulsion  intime. 
Ce  texte  est  certainement  de  Lao-tze,  c'est  son  genre  et  son  style. 
Le  texte  qui  concerne  l'action  du  ciel  peut  avoir  été  ajouté  par 
ses  disciples  ;  c'est  de  la  philosophie  chinoise  toute  primitive 
et  instinctive.  Cependant  le  dernier  passage  peut  être  traduit  : 
les  êtres  prennent  un  corps  et  se  perfectionnent  par  une  activité 


(23) 

puissante,  intime,  et  c'est  le  meilleur  sens  ;  mais  le  contexte 
exige  que  cette  impulsion  vienne  du  Tao,  car  la  ligne  suivante 
porte:  c'est  pourquoi  tous  les  êtres  révèrent  le  Tao.  Et  le  cha- 
pitre XXXIX  est  entièrement  consacré  à  nous  dire  que  le  ciel, 
la  terre,  les  esprits  et  tous  les  êtres  subsistent  par  le  Tao,  qu'il 
appelle  l'un. 

En  plusieurs  endroits  Lao-tze  parle  de  l'emploi  du  Tao  par 
l'homme  et  de  son  inépuisabilité.  D'après  l'ensemble  du 
système,  ces  mots  obscurs  veulent  dire  que  l'être  primitif 
et  infini,  pénétrant,  soutenant  et  dirigeant  tous  les  êtres, 
coopère  à  leur  activité.  Les  hommes,  en  retournant  à  lui  par 
l'imitation  et  la  pratique  des  vertus,  recourant  à  lui  pour  y 
parvenir,  le  forcent  moralement  à  une  coopération  spéciale. 
Quand  on  s'appuie  sur  lui ,  il  se  fait  notre  soutien  ;  quand  on 
a  recours  à  lui  et  qu'on  l'imite,  il  coopère  à  nos  actes  et  nous 
aide  à  les  accomplir.  On  peut  recourir  à  lui  sans  crainte,  on  ne 
saurait  ni  le  fatiguer  ni  l'épuiser  puisqu'il  est  infini. 

8.  Morale.  —  La  morale  de  Lao-tze  est  fondée  sur  les 
trois  principes  essentiels  :  du  libre-arbitre  de  l'homme,  de  la 
bonté  originaire  de  la  nature  humaine  et  de  la  perfection 
absolue  du  Tao,  modèle  de  tous  les  êtres. 

a)  Que  l'homme  dans  ce  système  soit  considéré  comme  doué 
de  volonté  libre,  c'est  attesté  par  tous  et  chacun  des  préceptes 
moraux,  qui  le  supposent  sans  contredit  et  n'ont  de  raison 
d'être  que  dans  cette  supposition.  C'est  en  outre  aflSrmé  expres- 
sément au  chapitre  XXXIV,  où  il  est  dit  que  le  Tad  est  maître 
souverain  de  l'homme,  mais  ne  le  domine  pas  et  le  laisse 
libre. 

b)  Le  second  principe  conduit  Lao-tze  à  d'assez  singulières 
conséquences.  L'homme  étant  naturellement  bon,  il  a  dû 
naître  tel  et  l'humanité  tout  entière  à  son  origine  ne  comptait 
que  des  hommes  justes  et  excellents.  Alors  la  vertu  était  pra- 
tiquée par  tous  complètement  et  naturellement.  On  ne  savait 
encore,  à  ce  temps,  ce  que  c'était  que  la  vertu  en  général  et 
les  vertus  parce  que  personne  ne  commettant  de  fautes  d'au- 


(24) 

cune  sorte,  il  n'entrait  dans  Tesprit  de  personne  de  désigner 
d'un  nom  laudatif  cette  conduite  universelle  et  naturelle  ni  de 
parler  de  vices  inconnus. 

Cet  état  de  justice  et  de  perfection  a  été  troublé  par  les 
passions  que  surexcite  Tappétit  des  choses  visibles.  Les  désirs 
ont  troublé  le  calme  absolu  des  âmes.  Ainsi  sont  nés  les  vices 
et  les  fautes  qu'ils  engendrent;  ainsi,  par  opposition,  les 
vertus  ont  été  connues.  L'homme  n'a  donc  qu'une  tâche  à 
remplir,  au  point  de  vue  moral  :  apaiser,  étouffer  ses  passions 
et  revenir  à  l'état  originaire.  Ici  intervient  le  troisième  prin- 
cipe. 

c)  Perfection  du  Tao,  son  imitation  nécessaire  à  l'homme. 
C'est  là  le  principe  suprême  et  final  de  la  morale  Lao-tzienne. 
Le  Tao  est  le  terme  dernier  de  l'activité  de  l'homme,  il  doit  y 
revenir  comme  à  son  principe  et  à  son  modèle;  l'imiter  est  le 
moyen  d'atteindre  cette  fin.  Quand  les  hommes  se  sont  éloi- 
gnés du  Tao,  est  née  la  grande  vertu  que  l'on  a  connue  par  son 
opposé.  Elle  est  fort  inférieure  au  Tao,  mais  elle  est  le  degré 
qui  conduit  au  principe  suprême.  Celui  qui  fait  des  actes  de 
vertu  est  vertueux,  mais  l'imitateur  du  Tao  est  seul  parfait 
(voy.  XXII  à  XXV,  XLI,  XLVI). 

Les  principales  qualités  du  Tao  connues  depuis  sa  manifes- 
tation aux  êtres  particuliers  sont  :  à  l'intérieur,  le  calme,  le 
repos  parfait  ;  à  l'extérieur,  la  bienveillance  sans  particularités, 
sans  partialité.  Il  faut  donner  à  l'âme  l'unité  qui  l'empêche  de 
se  partager  entre  divers  objets  et  la  quiétude  qui  prévient  les 
commotions  intérieures.  Pour  cela  il  faut  que  la  force  vitale 
soit  subjuguée  par  l'intelligence  (chap.  X)  ;  l'homme  doit  être 
comme  un  nouveau -né.  Il  doit  se  délivrer  des  lumières 
spéciales  de  son  intelligence  et  ne  se  fier  qu'au  Tao  (X).  Car 
celui  qui  tient  à  ses  vues  ne  peut  être  éclairé  (XXIII).  L'homme 
doit  cultiver  son  intérieur. 

Citons  le  chapitre  XLVI  :  <c  Quand  le  Tao  était  en  ce  monde, 
on  renvoyait  les  chevaux(de  guerre)et  l'on  cultivait  les  champs; 
le  Tao  n'étant  plus  en  ce  monde,  les  chevaux  de  guerre  sont 


(28) 

sur  les  frontières  ^.  Il  n'y  a  pas  de  crime  plus  grand  que  de 
suivre  ses  désirs,  il  n'y  a  pas  de  plus  grand  malheur  que  de 
ne  pas  être  content  (de  son  sort)  et  de  désirer  acquérir.  Celui 
qui  sait  être  content  l'est  toujours...  » 

Les  principales  vertus  prescrites  par  le  code  moral  de  Tao 
sont  :  la  quiétude  iatérieure,  le  calme,  le  repos,  le  non-agir'^. 
Il  fout  faire  le  vide  en  soi-même  et  revenir  au  repos  qui  est  la 
vie  (XyP;.  Celui  qui  est  au  Tao  diminue  chaque  jour  ses  pas- 
sions et  ses  désirs,  il  diminue  sans  cesse  jusqu'à  ce  qu'il  arrive 
au  non-agir;  dès  qu'il  n'agit  point  il  n'est  rien  qu'il  ne  puisse 
faire.  On  devient  maître  du  monde  par  le  continuel  non-agir. 
Ce  n'est  point  par  les  longs  discours  que  l'on  peut  corriger  les 
autres,  mais  par  l'exemple  du  repos,  du  non-agir  (XLVIII)  ; 

2^  Exempt  de  passion,  l'homme  vertueux  ne  doit  point  tenir 
à  la  vie;  il  doit  être  content  de  son  sort ,  mais  procéder  tou- 
jours avec  crainte  de  faillir  (chap.  LXXII,  LXXY).  Il  doit  se 
contenir,  dominer  son  corps  et  ses  appétits,  son  corps  doit  lui 
peser  comme  une  grande  calamité  (chap.  XIII); 

3^  Les  autres  vertus  particulières  sont  :  l'humilité  et  la  sim- 
plicité, la  modération,  la  pureté,  la  justice,  la  bonté,  la  géné- 
rosité, la  bienfaisance,  la  douceur,  l'indulgence,  l'absence  de 
toute  affection  particulière  et  personnelle,  l'économie.  L'en- 
seignement des  autres,  les  efforts  faits  pour  les  rendre  meil- 
leurs sont  également  prescrits.  Mais  cela  doit  se  faire  par 
l'exemple  et  non  par  le  raisonnement. 

Tous  les  efforts  de  l'homme  doivent  être  dirigés  vers  son 
intérieur,  ce  qu'il  doit  étudier  c'est  la  nature  intime  ;  du  monde 

'  L'état  de  guerre  est  continuel;  chaque  État  est  dans  ]a  nécessité 
perpétuelle  de  se  défendre  contre  ses  voisins. 

*  Le  non-agir  (Woû  wéï)  n'est  point  pour  Lao-tze  Tinactivîté  com- 
plète et  Toisiveté  absolue,  mais  c'est  la  répression  de  Taetivité  exces- 
sive, la  tendance  à  Tinactivité  extérieure  quand  Faction  n'est  pas  utile. 
Il  y  a  plutôt  \k  une  pensée  de  réaction  contre  les  vices  du  temps  qu'une 
expression  exacte  d'un  prineipe. 


(26) 

extérieur  il  doit  savoir  aussi  peu  que  possible,  fil  doit  être 
comme  le  nouveau-né  qui  n*a  pas  encore  souri  à  sa  mère, 
exempt,  par  conséquent,  de  toute  passion,  de  tout  désir 
(chap.  XXVIII), 

Le  sage  doit  renoncer  à  la  gloire,  aux  honneurs,  renoncer 
à  toute  ambition,  vivre  simple  et  inconnu.  Bien  qu'il  se  sache 
fort,  éclairé,  célèbre,  il  doit  agir  comme  s'il  était  faible, 
ignorant,  obscur  et  ne  point  chercher  à  dominer  les  autres 
(chap.  XXVIII).  Il  rejette  le  luxe  et  la  magnificence  (chap.  XXIX), 
il  ne  s'attribue  point  ses  mérites  (chap.  XXXIV).  II  est  parftit, 
droit,  ingénieux,  éloquent,  etc.,  et  ne  le  parait  point.  Pur  et 
tranquille,  il  est  le  modèle  du  monde  terrestre  (XLV).  II  fait 
de  grandes  choses  et  ne  s'en  prévaut  point;  il  ne  laisse  pas  voir 
sa  sagesse.  La  modération  est  le  premier  besoin  de  l'homme. 
Il  doit  être  bienfaisant  sans  chercher  son  intérêt,  faire  du  bien 
sans  compter  sur  ceux  auxquels  il  prodigue  ses  bienfiuts 
(chap.  X).  En  faisant  le  bien  il  ne  doit  point  faire  acception  de 
personnes,  mais  faire  le  bien  pour  le  bien  à  tous  indifférem- 
ment (chap.  LXXIX)  et  aimer  à  donner  (Urid.). 

Rien  n'est  plus  mou  et  plus  faible  et  cependant  plus  irré- 
sistible que  l'eau  ;  telle  doit  être  la  douceur  de  l'homme 
(chap.  LXXVIII). 

Nous  ne  nous  arrêterons  pas  aux  particularités  de  ces  diffé- 
rentes vertus  ;  nous  donnerons  seulement  quelques  exemples 
de  la  méthode  suivie  par  Lao-tze  pour  développer  sa  matière, 
ce  Pratiquez  le  non-agir;  que  votre  occupation  soit  le  non- 
faire;  savourez  ce  qui  est  sans  saveur,  les  choses  grandes  et 
les  petites,  les  choses  abondantes  et  rares.  Rétribuez  les  injures 
par  des  bienfaits.  Commencez  les  choses  difficiles  par  ce  qui 
en  est  facile,  les  choses  les  plus  difficiles  ont  commencé  par 
ce  qui  en  est  fecile.  Le  saint  ne  cherche  point  les  choses  dif- 
ficiles, c'est  pourquoi  il  sait  les  accomplir  (chap.  LXIII).  Les 
paroles  vraies  ne  sont  pas  ornées,  les  paroles  ornées  ne  sont 
pas  vraies.  Le  saint  n'accumule  pas,  plus  il  emploie  ses  biens 
dans  l'intérêt  des  autres,  plus  ils  augmentent;  plus  il  donne  et 
plus  il  s'enrichit  (chap.  LXXXI). 


(27) 

»  La  raison  dernière  de  toutes  ces  vertus  est  l'imitation  du 
Tao.  Le  Tao  infini  est  bon  et  miséricordieux,  il  aime  tous  les 
êtres  indistinctement,  les  soutient,  les  nourrit,  les  fait  grandir 
et  prospérer;  il  protège  les  hommes  et  même  soutient  les 
pédieurs  et  les  aide  à  revenir;  il  est  Tasile  de  tous  (chap.  LXII). 
En  même  temps  il  est  toujours  en  repos  et  agit  toujours  avec 
désintéressement.  Il  ne  cherche  ni  la  gloire,  ni  aucun  intérêt 
propre.  Infiniment  grand,  il  se  met  au  service  du  plus  petit. 
Après  les  actes  de  la  plus  grande  puissance  il  ne  recherche  ni 
gloire,  ni  avantage,  »  etc.,  etc. 

La  sanction  de  cette  morale  est  le  retour  au  Tao  et  le  bon- 
heur qu'il  procure.  Mais  Lao-tze  ne  paraît  pas  s'être  préoccupé 
du  sort  de  l'âme  après  la  mort.  Tout  en  distinguant  dans 
l'homme  l'esprit  et  le  corps  et  en  prêchant  la  lutte  du  premier 
contre  le  second,  il  ne  dit  rien  de  ce  qui  \e\xr  arrive  après  la 
séparation.  Rien  ne  nous  indique  sa  pensée  à  cet  égard,  si 
tant  est  qu'il  y  a  pensé.  A-t-il  cru  à  l'absorption  dans  le  Tao 
ou  à  une  vie  en  lui,  bien  que  Tâme  reste  distincte  de  lui?  On 
peut  le  croire  sans  oser  l'affirmer. 

3.  Politique.  —  L'œuvfe  de  Lao-tze  n'eût  point  été  complète 
s'il  n'y  eût  traité  directement  de  la  politique,  du  gouvernement 
de  la  nation.  II  voulait,  en  effet,  flétrir  la  tyrannie  et  la  corrup- 
tion qui  régnaient  en  maîtresses  aux  cours  et  dans  les  admi- 
nistrations de  tout  ordre  et  guérir  les  maux  invétérés  dont  la 
nation  souffrait  et  se  mourait.  Les  règles  qu'il  avait  à  poser 
n'étaient  pas  seulement  politiques,  les  principes  moraux 
devaient  y  entrer.  C'est  aussi  ce  que  l'on  trouve  dans  le  Tao- 
te-Kitig,  mais  répandu  çà  et  là  sans  règle  ni  méthode. 

La  loi  fondamentale  est  celle  de  la  morale  même.  Les  princes 
et  les  grands  doivent  imiter  le  Tao,  recourir  à  lui,  s'en  servir, 
selon  l'expression  du  philosophe.  Ils  doivent  régner  sans 
orgueil,  ni  faste,  ni  ambition  et  gouverner  comme  s'ils  ne  le 
faisaient  point. 

Si  les  princes  et  les  rois  possédaient  et  conservaient  le  Tao, 
tous  les  êtres  viendraient  se  soumettre  à  leur  pouvoir.  Le  ciel 


(28) 

et  la  terre  leur  enverraient  une  rosée  fertilisante  et  les  peuples 
vivraient  en  harmonie  (chap.  XXXII).  Le  roi  doit  aimer  le 
peuple  et  gouverner  la  nation  tout  en  restant  comme  inconnu 
(chap.  X).  S'il  sait  employer  les  autres,  il  sera  comme  au-des- 
sous d'eux  (chap.  LXYIII).  Les  chefs  doivent  avant  tout  travailler 
à  calmer  les  passions  du  peuple  et  à  remettre  la  nature  humaine 
en  son  état  primitif.  Alors  le  peuple  ne  savait  de  ses  rois  que 
leur  existence,  tant  ils  rendaient  leur  administration  iosen- 
sible,  mais  aussi  ils  ne  cherchaient  pas  les  applaudissements 
du  peuple. 

Bien  rarement  ils  lui  faisaient  entendre  leur  voix  et  lorsque 
l'État  était  prospère  et  le  peuple  vertueux,  on  se  disait  :  a  nous 
sommes  ainsi  naturellement  »,  tellement  peu  la  main  de  l'ad- 
ministration se  faisait  sentir.  Depuis  que  les  princes  ont  cher- 
ché les  louanges  et  la  gloire  ils  ont  d'abord  été  flattés,  puis 
craints,  puis  méprisés  (chap.  XVII). 

Pour  calmer  les  passions  du  peuple  et  rétablir  le  régne  de 
la  nature  ou  de  la  justice  il  faut  s'abstenir  d'exalter  les  digni- 
tés, de  vanter  les  richesses,  de  montrer  les  objets  qui  excitent 
la  cupidité.  Ainsi  on  empêchera  les  compétitions,  les  vois  et 
les  troubles.  Le  bon  roi  vide  les  cœur^et  remplit  les  estomacs, 
il  amortit  les  désirs  et  fortifie  les  os,  il  écarte  de  la  connais- 
sance des  objets  qui  excitent  les  passions  et  pratique  le  non- 
agir  (chap.  III)  et  alors  tout  est  bien  gouverné.  Car  quand  les 
mauvais  désirs  sont  éteints  et  que  l'action  désordonnée  est 
empêchée,  l'empire  se  rectifie  de  lui-même. 

Les  chapitres  LVII  et  suivants  nous  donnent  les  préceptes 
gouvernementaux  que  voici  :  a  Par  la  droiture  on  gouverne 
»  l'empire;  par  la  ruse  on  fait  la  guerre;  par  le  non-agir  on  est 
»  maître.  Quand  le  gouvernement  multiplie  les  prohibitions 
»  et  les  dépenses,  le  peuple  devient  pauvre  de  plus  en  plus. 
»  Quand  le  peuple  a  beaucoup  de  moyens  de  lucre,  l'empire 
)>  tombe  de  plus  en  plus  dans  les  troubles...  plus  les  lois  se 
»  multiplient  et  plus  il  y  a  de  voleurs.  Mais  si  le  roi  pratique 
»  le  non-agir,  aime  la  quiétude  et  se  dégage  de  ses  désirs,  le 
»  peuple  se  convertit  de  lui-même,  s'enrichit  de  lui-même  et 


(29) 

»  revient  à  la  simplicité.  Quand  l'administration  est  indul- 
j>  gente  et  ferme  les  yeux  sur  les  petites  choses,  le  peuple  est 
0  riche.  Lorsque  l'administration  voit  trop  bien,  le  peuple  en 
»  vient  à  manquer  de  tout.  C'est  par  l'exemple  des  gouver- 
D  nants  que  le  peuple  doit  être  gouverné.  Le  bon  roi  est 
»  juste,  désintéressé,  droit,  éclairé;  il  ne  blesse,  ne  reprend 
»  et  n'éblouit  personne.  » 

Le  chapitre  LXV  blâme  la  prudence  excessive  qui  rend  le 
peuple  difficile  à  gouverner  et  fourvoie  le  prince. 

Aux  chapitres  LXXIV  et  LXXV  il  s'élève  contre  la  tyrannie 
qui  dispose  arbitrairement  de  la  vie  des  hommes,  contre  les 
impôts  excessifs ,  l'action  continuelle  du  gouvernement  et  la 
trop  grande  ardeur  au  lucre.  Enfin  ce  qu'il  flétrit  le  plus  éner- 
giquement,  ce  sont  les  passions  belliqueuses  et  la  guerre  qui 
n'est  point  nécessitée.  Il  a,  sous  ce  rapport,  ses  maximes  à  lui, 
par  exemple,  celle  du  chapitre  LXIX.  Quand  deux  armées 
combattent  à  armes  égales,  c'est  le  guerrier  compatissant  qui 
remporte  la  victoire.  Le  sage,  quand  il  doit  faire  la  guerre, 
déplore  cette  nécessité;  il  frappe  un  coup  décisif  et  s'arrête,  il 
n'abuse  point  de  sa  victoire  et  ne  fait  que  ce  qui  est  nécessaire. 
Il  frappe  un  coup  décisif  et  ne  se  vante  point,  ne  tient  pas  à 
paraître  fort.  Le  triomphe  acquis  au  prix  du  sang  ne  le  réjouit 
point.  A  celui  qui,  sans  tristesse,  détruit  des  vies  humaines  on 
ne  peut  confier  le  pouvoir. 

Enfin  voici  le  tableau  qu'il  fait  du  gouvernement  de  ses 
vœux  : 

«  Un  petit  royaume  et  un  peuple  peu  nombreux,  s'il  n'a  des 
armes  que  pour  dix  ou  cent  hommes,  ne  doit  point  même  s'en 
servir.  J'inspirerais  au  peuple  la  crainte  de  la  mort,  le  dégoût 
des  longs  voyages  (afin  qu'il  vive  en  repos  et  pratique  la  jus- 
tice). Quand  même  il  aurait  des  bateaux  et  des  chars,  il  ne  s'en 
servirait  pas,  quand  même  il  aurait  des  cuirasses  et  des  lances, 
il  ne  les  mettrait  pas  en  rang.  Je  ramènerais  le  peuple  à  l'usage 
des  cordes  nouées;  il  goûterait  sa  nourriture  et  se  plairait  à 
ses  vêtements,  il  serait  heureux  en  sa  demeure  et  aimerait  des 
mœurs  simples  et  sans  faste.  Si  un  autre  royaume  se  trouvait 


(30) 

en  vue  et  que  le  chant  du  coq  ou  Taboiement  des  chiens  pou- 
vait être  entendu  de  l'un  à  l'autre,  les  peuples  parviendraient 
à  la  vieillesse  et  à  la  mort  sans  être  allés  et  venus  Tua  v&s 
l'autre  »  (chap.  LXXX). 

Arrêtons-nous  ici;  de  plus  longs  détails  n'intéresseraient 
que  les  spécialistes.  Ajoutons  toutefois  une  réflexion  relative- 
ment au  non-agir  cher  à  Laortze.  Il  ne  s'agit  pas  évidemment 
d'une  inactivité  complète.  Lao-tze  ne  condamne  que  Tabus 
d'action  ;  mais,  il  faut  bien  l'avouer,  pour  lui  cet  abus  se  ren- 
contre assez  facilement.  Ce  qui  explique  cette  tendance  chez 
notre  auteur,  ce  sont  les  excès  qui  se  commettaient  de  son 
temps ,  où  vingt  petits  princes ,  chacun  avec  une  armée  de 
fonctionnaires,  témoignaient  sans  cesse  d'une  activité  fiévreuse 
tandis  que  partout  régnaient  le  trouble,  les  passions  les  plus 
violentes  et  la  tyrannie.  Lao-tze,  appartenant  aux  petits  et  aux 
opprimés,  voulut  opposer  à  ces  maux  un  remède  radical  en 
en  coupant  la  racine. 

Mais  c'en  est  assez.  Je  crois  avoir,  dès  maintenant,  le  droit 
de  conclure  que  le  système  de  Lao-tze  a  été  généralement  mal 
apprécié.  S'il  a  des  points  de  contact  avec  celui  de  Scheliing, 
c'est  en  matière  accessoire  et  plus  souvent  dans  les  termes  que 
dans  les  idées.  En  outre,  Lao-tze  n'a  connu  ni  le  dogme  de  la 
Trinité  divine,  ni  celui  du  Verbe  divin,  ni  le  nom  de  Jéhovab. 
Enfin,  entre  ses  doctrines  et  celles  d'Épicure  il  n'y  a  de  com- 
mun que  certaines  apparences.  Le  philosophe  qui  prêchait 
l'humilité,  l'abnégation,  l'abstinence,  la  lutte  contre  les  pas- 
sions, le  désintéressement  et  l'amour,  comme  l'imitation  d'on 
premier  principe  personnel  et  spirituel,  n'était  certes  pas  un 
épicurien. 

Devons-nous  déduire  de  ceci  que  le  système  de  Lao-tze  est 
entièrement  autogène  et  qu'il  n'a  rien  dû  à  personne  de  ses 
théories  si  nouvelles  pour  la  Chine?  11  serait  très  hardi  de 
répondre  à  cette  question  dans  un  sens  ou  dans  l'autre.  Ce  qui 
est  certain  et  ce  qui  n'a  pas  encore  été  remarqué,  c'est  que  la 
philosophie  brahmanique  a  des  traits  qui  rappellent  fréquem- 
ment les  enseignements  de  Lao-tze.  C'est  dans  l'Inde  que  Ton 


(31  ) 

trouvera  Tétre  sorti  du  néant,  l'action  flétrie  et  l'inactivité  pré- 
sentée comme  la  perfection.  C'est  là  aussi  que  l'on  rencontrera 
l'être  absolu  primitif  sans  forme,  inaccessible  aux  sens,  sans 
mouvement  comme  sans  nom  ni  qualité  d'aucune  sorte.  Le 
Tao  comme  le  Tad  des  Brahmanes  ne  devient  cognoscible  et 
n'acquiert  un  nom  et  des  qualités  qu'en  sortant  de  lui-même 
pour  produire  les  êtres  contingents.  Il  y  a  certainement  des 
différences  entre  les  conceptions  fondamentales  des  deux 
ordres  de  système,  mais  les  similitudes  sont  parfois  si  grandes 
qu'en  parcourant  le  Tao-te-King  on  oublie  en  maints  passages 
qu'on  n'a  pas  en  main  les  lois  de  Manou ,  la  Bhagavadgitâ  ou 
quelque  autre  livre  de  l'Inde  Brahmanique. 

Lao-tze  a-t-il  connu  ces  derniers  et  leur  a-t-il  foit  quelque 
emprunt?  Il  serait  téméraire  de  l'affirmer.  Rappelons  toutefois 
que  la  tradition  ou  la  légende  attribue  à  Lao-tze  un  voyage  dans 
les  lointaines  régions  de  l'Occident. 

Tel  est  donc  dans  son  ensemble  et  ses  principaux  détails  le 
système  du  premier  philosophe  chinois  qui  enseignait  au  temps 
où  la  philosophie  grecque  était  encore  à  son  aurore.  Si  le  s)*s- 
tème  dont  il  dota  sa  patrie  n'est  point  parfait  de  tous  points, 
on  ne  peut  disconvenir  qu'il  n'eût  point  fait  déshonneur  aux 
sages  de  la  Grèce.  S'il  donne  souvent  plus  de  part  à  l'imagina- 
tion qu'au  raisonnement,  on  ne  peut  oublier  que  la  plupart 
du  temps  ses  expressions  sont  figurées  et  voilent  «  sous  les 
images  »  des  pensées  qui  ne  manquent  pas  de  profondeur. 
C'était  la  mode  alors  en  Chine,  on  parlait  par  image  et 
Kongtze,  après  avoir  vu  son  rival,  disait  lui-même  à  ses  dis- 
ciples :  «  Je  sais  que  l'on  peut  saisir  avec  des  filets  les  oiseaux 
qui  volent  dans  l'air,  qu'on  peut  prendre  avec  une  ligne  le 
poisson  qui  s'enfonce  dans  l'eau,  qu'on  peut  atteindre  de  la 
flèche  l'animal  le  plus  rapide.  Quant  au  dragon  qui  s'élève  au 
ciel,  je  ne  sais  comment  on  peut  le  saisir,  et  j'ai  vu  aujourd'hui 
le  dragon.  »  (Sse  mâtsien,  Sse  ki.) 

Certes,  pour  les  penseurs  de  nos  jours  Lao-tze  n'est  pas 
un  dragon,  mais  plus  d'un  système  dont  on  parle  n'est  pas 
meilleur  que  le  sien  et  je  ne  pense  pas  m'être  préoccupé  de 


(32) 

soucis  inutiles  en  cherchant  à  le  faire  mieux  connaître.  Il  est 
peu  de  tentatives  de  l'esprit  humain  qui  eurent  des  résultats 
plus  grands  et  plus  durables.  Les  enseignements  de  Lao-tze 
n'ouvrirent  pas  seulement  les  voies  à  la  philosophie,  ils  pré- 
parèrent le  triomphe  du  bouddhisme  et  enfantèrent  à  côté  de 
philosophies  analogues  cette  secte  de  charlatans  et  d'astrolo- 
gues qui  s'est  répandue  par  toute  la  Chine  et  qui  a  souvent  tenu 
en  mains  les  destinées  de  l'Empire.  Le  retour  au  Tao  qu'en- 
seignait le  maître  devint,  pour  les  gens  grossiers  de  l'école  et 
pour  leurs  exploiteurs,  une  immortalité  que  l'on  cherchait  à 
se  procurer  par  l'alchimie,  la  consultation  des  sorts  et  d'autres 
moyens  tout  aussi  scientifiques  et  légitimes.  Car  pour  employer 
le  langage  de  Lao-tze,  l'insecte  hideux  naît  du  rayon  du  soleil 
et  le  ver  immonde,  du  gracieux  papillon. 


0 

LE 

ÇATHOLICON  DE   LILLE 

GLOSSAIRE  LATIN-FRANÇAIS 

PUBLIÉ    EN    EXTRAIT   ET    ANNOTÉ 

PAn 
AUg.  SGHELER, 

MEMHRB   DR   l'aCAD^XIIB   ROYALE   DE   BELGIQUE. 


(  Présenté  à  la  Classe  des  lettres  dans  la  séance  du  i^'  juin  1885.) 


Tome  XXXVIL 


AGADtHIE  BOYALE  DES  SCIENCES,  DES  LEHRES  ET  DES  BEAUX-ARTS 
DE  BELGIQUE. 


CLASSE  DES  LETTRES. 


Dans  la  séance  du  l^"'  juin,  M.  Scheler  a  présenté  un  manu- 
scrit intitulé  :  «  Le  Catholicon  de  Lille,  glossaire  latin-français, 
publié  en  extrait  et  annoté  ».  Nous  croyons  que  ce  mémoire 
figurera  avec  honneur  parmi  les  publications  de  l'Académie. 
II  intéressera  surtout  ceux  qui  s'occupent  de  philologie  romane. 
Dès  1850,  Emile  Cachet  avait  proposé  cette  publication  à  la 
Commission  royale  d'histoire.  La  Classe  des  lettres  sera  heu- 
reuse de  réaliser  ce  vœu,  en  remerciant  notre  savant  confrère 
des  soins  qu'il  a  donnés  à  son  utile  contribution.  On  peut 
répéter  avec  Littré  (Études  et  Glanures,  p.  40)  que  M.  Scheler 
est  un  éditeur  qui  commente  véritablement  son  texte  et  aime 
à  lutter  contre  les  difficultés.  Sachons  lui  gré  d'avoir  supprimé 
tout  ce  qui  était  inutile  et  d'avoir  scrupuleusement  corrigé 
toutes  les  erreurs  de  transcription. 

Le  Catholicon  paraît  avoir  été  compilé,  d'après  les  plus  vieux 
manuels  scolaires  du  moyen  âge,  par  quelque  écolâtre  de 
Picardie  ou  de  la  Flandre  wallone,  au  XV*  siècle.  C'est  donc  un 
document  de  l'époque  de  transition  entre  les  formes  populaires 
et  les  travestissements  plus  ou  moins  érudits  de  la  Renaissance. 
On  y  voit  poindre  l'orthographe  pédantesque  et  surabondante 


(«) 

qui  a  surtout  sévi  au  XVP  siècle.  NVt-on  même  pas  dit  que 
c'était  lui  qui  l'avait  inventée  ! 

Les  lettres  s'accumulent  sans  aucune  nécessité  phonétique 
ni  étymologique,  par  exemple  :  nepveu^  doubte,  auUruy,  La 
graphie  ne  répond  ni  à  la  tradition  ni  à  l'usage  nouveau; 
elle  ne  dérive  que  de  la  préoccupatipn  de  latiniser  le  français, 
coâte  que  coûte,  sans  se  préoccuper  d'un  passé  lexical  qu'on 
ignore.  S  parasite  dans  preschier  {praedicare)  n'a  pas  même  la 
légitimité  qu'on  pourrait  invoquer  pour  une  prononciation 
qui  serait  encore  flottante,  comme  Thurot  (De  la  prommàatUm 
française  dès  le  commencement  du  XVV  siècle,  II,  317-331)  le 
constate  pour  tant  de  vocables.  Érasme  disait  déjà  :  a  Galli 
soient  vel  elidere  vel  obscurare  literam  banc  lingua  vulgari 
scribentes  est  et  sonantes  et  producta  vocali  ». 
-  Outre  l'opposition  de  mots  picards  et  de  doublets  savants, 
le  Catholicon  offre  beaucoup  d'exemples  intéressants  de  syno- 
nymie franco-latine.  D<^  Heimbert  Lehmann  (Der  Bedeuttaigs- 
wandd  im  Franzôsischen,  Erlangen,  1884)  pourrait  encore  y 
puiser  quelques  rapprochements  instructifs. 

Ardelio  n'est  plus  le  tfttîllon  de  Phèdre,  mais  un  coquin  qui 
mérite  la  hart  =  hardel,  garchon. 

Actar  correspond  à  facteur  et  à  poète. 

Architector  est  un  couvreur,  un  carpentier. 

Arare,  c'est  ahaner,  le  labeur  par  excellence. 

CivUitaSf  mansio  civium,  rappelle  le  Rathhaus  des  Allemands 
et  la  Ragione  des  Italiens. 

Fescenia  «  canchon  qu'on  dit  à  l'enfant  pour  l'endormir  » 
a  pris  la  place  de  nenia,  d'abord  chant  funèbre  et  magique, 
puis  berceuse  ou  chanson  de  nourrice. 

Ihagma  pour  drama  signifie  interrogation. 


(m) 

Megritas  se  traduit  encore  par  le  wallonisme  entièreié. 

PluUo  se  traduit  par  le  verbe  fréquentatif  p/ouviti^,  qui  per- 
siste encore  dans  nos  provinces  sous  la  jolie  forme  de  pleuviner. 
On  voudrait  bien  formuler  ici  un  regret  à  la  façon  de  Fénelon 
et  de  La  Bruyère. 

Obero,  loer  par  prix,  rappelle  les  clieiUes  oboeratosque  de  César. 
Le  CcUholicon  montre  bien  comment  le  débiteur  devient  servi- 
teur et  mercenaire. 

Podium  n'est  plus  un  balcon,  mais  une  potence. 

SuperabUis  peut  encore  se  rendre  par  vainchàble. 

Suspicare,  c'est  glaner,  spicare  en  sous-œuvre.  Cf.  na-oogsten 
et  gpgker  du  néerlandais. 

TeuUmicus,  tieus^  thiois,  rappelle  Heure-le-Tiexhe  et  Audun- 
le-Tige.  Cf.  dietsch. 

Citons  enfin  cette  bizarrerie  de  valere  <=3  poair  ou  périr. 
M.  Scheler  la  montre  déjà  dans  la  Sutnma  de  Jean  de  Gènes 
au  XIII*  sièle.  Il  conjecture  que  c'est  par  l'influence  du  mot 
équivoque  :  valetudo,  que  valere  aura  signifié  successivement 
être  valétudinaire,  msdade,  mourant,  etc. 

Conformément  aux  conclusions  de  ce  rapport  auquel  ont 
adhéré  MH.  Bormans  et  Gantrelle,  la  Classe  vote  des  remercî- 
ments  à  M.  Scheler  et  décide  l'impression  de  son  travail  dans 
le  recueil  in-octavo  des  Mémoires. 


NOTE  PRÉLIMINAIRE. 


Le  manuscrit  n*'  369  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Lille 
d'où  est  extrait  le  glossaire  latin-français  qui  fait  l'objet  de  ces 
pages,  a,  depuis  vingt  ans,  déjà  fourni  matière  à  plusieurs  de 
mes  publications  lexicographiques;  en  dernier  lieu^  au  petit 
vocabulaire  latin  versifié,  qui  a  paru  sous  le  titre  Olla  Patella, 
accompagné  de  ses  gloses  et  de  nombreuses  notes  de  ma  com- 
position, dans  les  tomes  XXI  et  XXII  de  la  Revue  de  rinstructiati 
publique  en  Belgique  ^. 

Dans  le  préambirie  de  ce  travail,  en  foisant  le  dépouillement 
du  manuscrit  en  question,  je  fixai  l'attention,  sous  le  n®  9,  sur 
la  pièce  capitale  du  volume  et  qui  en  occupe  les  fol.  125  à  310 
sous  l'intitulé  suivant  :  Sequitur  liber  valde  proficiscens  ad 
vocabula  qui  vocatur  Catholicon,  et  j'en  fis  ressortir  l'utilité  qu'il 
présente  pour  l'étude  historique  aussi  bien  de  la  dégénéres- 
cence du  latin  que  de  la  formation  du  français.  Depuis  vingt  ans 
une  copie,  prise  par  moi-même,  des  éléments  les  plus  intéres- 
sants du  Catholic&ii  de  Lille  reposait  dans  mes  cartons,  réser- 
vée toujours  pour  un  travail  étymologique  de  longue  haleine 
dont  j'avais  caressé  le  projet  pendant  une  série  d'années, 
mais  dont  l'exécution  fut  finalement  abandonnée.  La  haute 

*  Tire  à  part  et  mis  en  vente,  Gand,  1879. 


(4) 

appréciation  accordée  aujourd'hui  à  Texploration  scientifique 
des  documents  de  cette  nature  dans  tous  les  coins  où  la  philo- 
logie romane  est  en  culture,  m'engage  à  ne  pas  tenir  plus  long- 
temps sous  le  boisseau  le  lexique  latin-français,  que  quelque 
écolâtre  du  nord  de  la  France,  au  XV*  siècle,  s'était  dressé, 
sur  la  trace  des  autres  compositions  semblables  en  circu- 
lation de  son  temps,  au  profit  de  l'enseignement  qui  lui  était 
confié. 

Et  voici  pour  le  travail  que  j'ai  l'honneur  de  présenter  à 
l'Académie  le  programme  que  je  me  suis  tracé. 

Éliminant  de  ma  transcription  les  articles  absolument 
dépourvus  d'intérêt,  je  n'y  donne  accueil  qu'à  ceux  qui,  pour 
le  latin  ou  le  français,  à  un  titre  quelconque,  m'ont  semblé 
mériter  l'insertion;  c'est  ainsi  que  le  nombre  d'enviroo 
6,100  têtes  d'article  du  manuscrit  s'est  réduit  à  un  peu  plus 
de  la  moitié.  Dans  la  rédaction  de  ses  gloses  l'auteur,  en  règle 
générale,  fait  suivre  chaque  tête  d'article  latin  d'indications 
grammaticales  sommaires  relatives  soit  à  la  conjugaison  des 
verbes,  ou  à  la  déclinaison  des  substantifs  et  adjectifs;  il  ren- 
voie en  outre  à  la  marge  des  lettres  initiales  caractérisant  les 
substantifs  au  point  de  vue  du  genre,  les  verbes  quant  à  leur 
emploi  comme  actifs,  déponents  ou  neutres.  Je  n'ai  naturelle- 
ment admis  que  celles  de  ces  indications  que  je  jugeais  pouvoir 
être  utiles. 

En  établissant  ma  copie,  ma  principale  préoccupation  se  por- 
tait sur  le  redressement  des  nombreuses  erreurs  commises  par 
l'étourderie  ou  l'inexpérience  des  scribes,  soit  de  celui  à  qui  est 
dû  notre  texte,  soit  d'un  confrère  plus  ancien  qu'il  imite  ser- 
vilement. Cette  tâche  de  restituer  les  mots  altérés  ou  omis, 
conformément  à  l'intention  présumable  du  premier  rédacteur, 


(8) 

était,  en  ce  qui  concerne  les  têtes  d'article,  la  plupart  du  temps 
facilitée  par  les  indications  de  l'ordre  alphabétique,  qui  est 
généralement  observé. 

Ces  corrections  ont  été  signalées  par  moi,  tantôt  en  mettant 
entre  parenthèses  la  leçon  repoussée,  tantôt,  quand  il  ne  s'agit 
que  de  lettres  ou  syllabes,  par  l'emploi  de  crochets  pour  les 
éléments  omis  et  de  parenthèses  pour  les  éléments  à  biffer  ^. 

Les  notes  placées  au  bas  de  la  page  ont  pour  objet,  du  côté 
latin  comme  du  côté  français,  à  la  fois  la  discussion  des  cor- 
rections introduites  ou  proposées  et  de  courtes  remarques  sur 
des  faits  ou  traits  divers  capables  d'intéresser.  Puissé-je  en  ce 
point  ne  pas  avoir  franchi  la  limite  entre  la  prolixité  et  la  par- 
cimonie et,  par  ce  nouveau  travail,  ne  point  déchoir  du  rang 
qu'une  critique  bienveillante  a  cru  pouvoir  accorder  à  mes 
efforts  antérieurs  en  matière  lexicographique. 

La  langue  dans  laquelle  est  exprimée  la  partie  française  de 
ce  glossaire  appartient,  on  ne  peut  en  douter,  au  picard,  tous 
les  traits  caractéristiques  de  ce  dialecte  s'y  retrouvent  ;  si  par- 
fois le  même  mot  se  produit  sous  des  formes  diverses,  c'est 
que  l'une  est  du  domaine  normal  et  populaire,  l'autre 
empreinte  d'un  cachet  savant;  ainsi  pour  lat.  texius  (tissu)  : 
tieusi  et  texte;  pour  régula  :  règle  et  riule  ou  rieule. 

Quant  à  Yorthographe  de  notre  manuscrit,  elle  est  fortement 
entachée  de  ces  nombreux  abus  graphiques  qui  marquent  la 
période  de  transition  dans  laquelle  il  a  été  écrit.  On  y  voit 
pulluler  les  formes  hybrides  flottant  entre  le  type  latin  et  le 
cachet  français,  ces  lettres  parasites  que  le  souvenir  ou  un 

*  De  succinctes  observations  ou  explications,  interjetées  par  nioi- 
niémc  dans  le  corps  du  texte,  sont  également  placées  entre  parenthèses. 


(6) 

faux  respect  du  latin  a  fait  introduire  aux  lettrés  dans  ces 
affreux  mots  tels  que  nepvem,  recepvemeiU,  double,  soubz, 
aultruy,  haulte,  etc.  On  notera  encore  le  désordre  qui  règne 
dans  le  traitement  de  1'^  suivi  de  consonne.  A  une  époque 
plus  éloignée  qu'on  ne  pense,  cette  lettre  s'était  effacée  dans  la 
prononciation  et  s'effaça  successivement  aussi  dans  l'écriture, 
mais  pendant  longtemps  l'arbitraire  régna  dans  son  emploi; 
d'une  part,  par  exemple,  on  écrivait  à  volonté  epauk  et  espauky 
laquio'  et  lasquier,  utensile  et  ustensile,  d'autre  part  on  l'intro- 
duisait sans  raison  (si  ce  n'est,  peut-être,  pour  marquer  la 
longueur  de  la  syllabe)  dans  des  vocables  où  l'étymologie 
la  condamne  :  ainsi  dans  preschier  (praedicare),  queusles 
(cubitus),  ausnes  (alnus),  bfiesve,  etc. 

En  fait  de  formes  grammaticales,  nous  rencontrons  la  même 
indécision,  la  règle  ancienne  en  concurrence  avec  l'usage  nou- 
veau. Une  multitude  de  termes  interprétatifs  français  répon- 
dant à  des  vocables  latins  placés  en  tête  de  la  glose  et  par  con- 
séquent au  nom.  sing.,  sont  encore  munis  de  leur  s  flexionnei 
caractéristique,  mais  on  ne  peut  voir  dans  ce  fait  que  la  repro- 
duction machinale  de  ce  qui  se  trouvait  dans  les  anciens 
modèles  que  l'on  copiait.  A  l'article  salve  =  Dieus  te  sault, 
l'écrivain  a  jugé  utile  de  faire  mieux  comprendre  cette  excel- 
lente forme  ancienne  de  subjonctif  saut,  tombée  en  désuétude, 
par  l'addition  de  la  forme  secondaire  saulve. 

Je  l'ai  déjà  fait  entendre,  notre  glossaire  ne  doit  point  être 
considéré  comme  l'œuvre  originale  et  spontanée  d'un  gram- 
mairien contemporain  de  l'âge  où  il  a  été  écrit  (XV*  siècle); 
le  scribe  qui  nous  l'a  transmis  —  dans  une  écriture  apparem- 
ment nette,  mais  bien  souvent  peu  aisée — s'est  mis  à  la  remorque 
des  autres  recueils  similaires  qui,  dans  le  cours  du  moyen 


(7) 

âge,  circulaient  dans  les  écoles.  Je  ne  suis  pas  en  situation  de 
faire  les  rapprochements  voulus  pour  établir  quel  est  le  con- 
tingent revenant  à  notre  manuscrit  en  fait  d'articles  originaux; 
un  traité  méthodique  sur  l'histoire  de  la  lexicographie  fran- 
çaise, élargissant  le  cadre  que  s'est  tracé  Littré  dans  son  travail 
sur  les  glossaires  en  tête  du  tome  XXII  de  YHistoire  littéraire 
(le  France,  reste  encore  une  tâche  à  accomplir  où  pourra  être 
compris  cet  examen.  Pour  autant  qu'il  s'agit  de  la  matière 
latine  dont  traite  le  Catholicon  de  Lille,  mon  impression  per- 
sonnelle est  que  la  principale  source  de  son  premier  rédacteur 
a  été  la  Summa  ou  Catholicon  de  Jean  de  Gênes  ;  non  seule- 
ment les  chefs  d'article  de  notre  recueil  se  retrouvent,  en 
grande  majorité,  dans  cette  vaste  compilation  du  XIIP  siècle, 
mais  encore  les  gloses  françaises,  pour  la  formule  comme 
pour  l'ordonnance,  répondent  le  plus  souvent  aux  interpréta- 
tions présentées  en  latin  par  l'auteur  de  la  Summa.  J'aurais  bien 
voulu  confronter  le  texte  de  Lille  avec  le  Catholicon  abbreviatum 
imprimé  à  Paris  vers  la  fin  du  XV«  siècle  et  reproduit  en  1S06, 
ainsi  que  le  Catholicum  paiDum  qui  a  paru  à  Lyon  en  1499  (voy. 
Hain  et  Brunet),  mais  je  n'ai  pas  eu  l'heur  de  jamais  ren- 
contrer une  de  ces  éditions,  dont  plusieurs  citations  faites  par 
Du  Gange  permettent  cependant  d'admettre  d'étroits  rapports 
de  rédaction  avec  mon  manuscrit. 

Quel  que  soit  le  lien  qui  rattache  ce  dernier  à  d'autres  com- 
positions de  même  nature,  imprimées  ou  non,  il  offre  pour 
l'étude  approfondie  des  deux  langues  des  enseignements  suffi- 
samment nombreux  pour  qu'il  méritât,  du  moins  en  extrait, 
les  honneurs  d'une  édition  spéciale. 

En  1850  déjà,  dans  un  rapport  adressé  à  la  Gommission 
royale  d'histoire  (Bulletins,  2«  série,  t.  I,  pp.  180-213),  feu 


(8) 

• 

mon  ami  Emile  Cachet,  dont  les  hommes  d'étude  ont  su 
apprécier  à  leur  juste  valeur  les  services  rendus  aussi  bien  à  la 
philologie  qu'à  l'histoire  nationale,  avait  porté  l'attention  de 
ladite  Commission  sur  l'intérêt  que  présenterait  la  publication 
du  Catholicon  de  Lille;  j'ose  espérer  que  je  ne  serai  pas  mal 
venu  en  accomplissant,  au  sein  de  l'Académie,  une  tâche 
recommandée,  il  y  a  trente-quatre  ans,  par  une  autorité  aussi 
compétente. 

Je  termine  cette  notice  par  l'indication  des  abréviations 
dont  je  me  suis  servi  dans  la  citation  d'ouvrages  et  qui  méri- 
tent une  explication  : 

JC.  =  Jean  de  Cènes;  DC.  =  Du  Cange;  CI.  «»  mon  Glos- 
saire roman-latin  tiré  de  la  Bibliothèque  de  Lille  (Anvers,  1865); 
Lex.  =  ma  Lexicographie  latine  du  XIP  et  du  XIII"  siècle 
(Leipzig,  1867);  OP.  =  mon  Olla  Patella  avec  gloses  françaises 
(Cand,  1877). 

Bruxelles,  mai  1885. 


GLOSSAIRE  LATIN-FRANÇAIS. 


A 

Abdico,  refuser. 

Abdo,  muchier  (cacher). 

AUemas  [abiegnus],  sapin  (adjectif). 

AMes,  ung  sapin. 

AUffo,  cachier  (=  chasser)  ou  en  sus  jeter  ^, 

Abicio  [abjicîo],  loins  jetter. 

AUa[cta]tio,  sevrement  de  lait. 

Ablacto,  sevrer  de  lait,  espanir  2. 

Abneso,  denoier. 

Abnepofl,  ariere  nepveus  3. 

Aboleo,  effacier,  deffacier,  planer  (=  raturer). 

Abominor  (ms.  abhom.)^  avoir  en  desdaing. 

Aborio,  naistre  en  avortation,  avant  le  temps. 

Aboptio  (ms.  abh.),  avorter  4. 

'  En  suê  ^  loins  (forme  adverbiale)  dans  Tart.  suiv. 

'  Je  me  suis  occapé  de  l'origine  du  verbe  espanir  (wallon  spani, 
rouchi  épenir,  flam.  spenen,  ail.  spanen)  dans  mes  notes  de  Jean  de  Condé 
(II,  p.  339)  et  mon  GIoss.  des  Chron.  de  Froissart. 

'  Gl.  de  Douai  :  cousins  en  tiers. 

*  Abortirc  se  disait  en  basse  latinité  concurremment  avec  ahortare 
(d*où  fr.  awiTter)\  il  traduisait  dans  la  Vulgate  le  gr.  cotioToxEÎv. 


(10) 

J.bortivas,  nés  non  en  temps. 

Abrado,  rere  fors  ou  rongnier. 

Abrevio,  abréger. 

Abscedo,  dis,  di,  sain,  decoper. 

Abscondo,  di  vel  didi,  sum  vel  ditam,  muchier ,  reponre. 

Absens,  deffalans. 

Absono,  discorder  en  son. 

Abstrado,  esclore  (ms.  enclore)  ou  hors  clore  ou  fors  bouler. 

Absum,  defalir. 

Abasio,  mal  usage. 

AbasiYus,  non  propre,  hors  d'usaige. 

Aearis,  mal  gracieulx  s. 

Aceeptio,  prinse  (==  prise). 

Aeeepto,  prendre  souvent,  accepter. 

Aeeersio,  appeler  (». 

Acein^o,  chaindre  ou  soy  apprester  pour  aler  en  bataille. 

AccipUer,  tris,  .i.  oisel,  gallice  ostoir  (=  autour)  "7. 

Ac[c]ola9  habiteur. 

Aecommodo,  emprunter  s. 

Aceo,  enaigrir. 

Acer,  aceris,  un  arbre,  eraules  (ms.  ereules). 

*  Ce  mot  acaris,  par  lequel  les  traducteurs  de  la  Bible  rendaient  le 
gr.  àyapiç^  a,  grâce  à  quelque  savant  du  XVI*  siècle,  laissé  des  traces 
dans  la  langue  moderne;  Tobler  (Zeitschr.  fur  rom.  Philologie,  VI,  575) 
lui  revendique  à  juste  titre  l*origîne  de  Tadjectif  acariâtre,  mal  compris 
jusquMci. 

*  Accersire  se  voit  souvent  dans  la  Vulg. 

^  Le  même  mot  fr.  traduira  plus  loin  lat.  vuUur. 

*  On  sait  que  le  premier  sens  du  fr.  emprunter  est  prêter. 


(H) 

jtcerbusy  aigre,  et  comparatur. 

AcerYus,  un  monchel. 

Aeetabulum,  vaissel  à  vin  aigre. 

Acetariam,  idem  est. 

Acetosus,  plain  d'aigreur. 

Aebcroii,  palut  d'infer. 

Accldl»  (du  gr.  àxTiSta),  presche  (=  pereche,  paresse). 

Aceldior,  estre  precéulx. 

Aeics,  prenelle  d'oel  ou  taillant  de  coutel. 

Aelnarimii,  march  de  vendange. 

AcinuM,  pépin  de  roisin. 

Aetenus  [hact.],  jusques  chi. 

Aetor,  actrim,  faiseur  ou  faiseresse  9. 

Aeameii,  taillant  ou  aguisemens  ^0. 

AeuM,  acerif»  (ms.  acei'vm)^  paille,  hoton  ^^. 

•  Actor  et  fr.  faiseurs  gr.  itoii^ttjc,  poète. 

'•  Pour  aguitement,  cp.  Grandes  Chron.  de  France,  VI,  2  :  «  0  1res 
beneureuse  espée  en  trenchant  et  en  aguisement  très  isnellc  !  » 

"  A  propos  de  hoton,  root  paraissant  particulier  au  nord  de  la  France, 
je  reproduis  ici  ma  note  insérée  dans  roon  OUa  Patclla  sous  le  mot 
aeus  .*  •  Serait-ce  un  dérivé  de  hostre  (espèce  de  tarais,  p^acé  sous  les 
meules,  qui  par  son  mouvement  continuel  sépare  le  grain  de  la  balle), 
mot  mentionné  par  Grandgagnage  (Dict.  étym.  de  la  langue  wallonne, 
V*  /io«iii),  et  qui  me  parait  tenir,  par  transposition,  du  flamand  hulsen, 
secouer?  Si  hoton  était  du  wallon  de  Liège,  on  serait  aussi  autorise 
à  poser  Tétymologie  schote,  mot  ail.  signifiant  cosse  (cp.  pour  h  =  se, 
hoûter  =  eteonter),  • 

Le  même  mot  traduira  plus  loin  encore  lat.  cantabrum  et  nliqua. 
La  définition  du  mot  d'après  un  des  exemples  cités  par  God.  (v.  hauton), 
est  •  criblure  de  froument,  che  qu'on  ha  jecté  hors  du  froumcnt  après 
ravoir  vanné  ou  criblé  • . 


(12) 

Adamas,  pierre,  ayemant. 

Addo,  adjouster. 

Adeo,  adverbium,  en  tant. 

Adeps,  craisse. 

Adlitbeo,  adjouster. 

Adtcto  [adjicio],  assembler  ^^. 

Admiror,  esmerveiller  (sens  neutre). 

Admtntealain,  petite  aide. 

Adoleo,  croistre,  ardoir  ^3. 

Adolescens,  home  de  .xv.  ans  jusques  à  .xxv.  ou  .xx\i. 

Adoptto,  recepvemens  d'enfans  en  lieu  ou  corne  propre  fils. 

Ador,  indecl.,  flour  de  fourment  ^*. 

Adquteseo,  acoisier  i^. 

Advena,  estrange  *6. 

Adversor,  contrarier. 

Adverto,  entendre  ^7. 

Adnlter,  ribaut  qui  va  à  femme  d'aultrui. 

JBdus  [haedus],  bichet  ou  chevriet. 

Aer,  aerisy  un  air,  un  des  .iiij.  éléments. 

AfTabllis,  arraisonable  ^^. 

"  Cp.  pour  la  forme,  abieio. 

'*  Les  deux  mots  français  se  rapportent  aux  deux  homonymes  latins. 

'*  Indeclinabile  équivaut  ici  à  neutre. 

*'  Fr.  acoisier  (type  lat.  ae-quieliare)  est  le  plus  souvent  actif  et 
signifie  tranquilliser. 

"  Advena  est  le  décalque  latin  du  gr.  Tcpooi^Xuioç;  aussi  proseUtus, 
plus  loin,  sera-t-il  traduit  de  même  par  estrange  (=  hôte). 

"  Entendre  =  intendere  animum. 

**  De  arraisonner  ou  araisner,  arainner  =  adresser  la  parole  = 
raison;  cp.  affbr,  alloquor.  —  D*autrcs  gloss.  disent  «  bien  emparlés». 


(13) 

AfTectio,  talens,  désirs;  affectiis,  idem  est. 

AfTectaosoM,  volentrieux. 

AMeto,  tourmenter. 

AfBnis,  prochain. 

AÛÈnïtmmy  prochaineté. 

Am^gOj  tourmenter. 

AfToriM,  adverb.,  dehors. 

AfTor,  aparler,  arainner. 

AfTorlsmas  [aphorismus],  briefve  parolle  ^9. 

.4ff»so,  gardien  d'asnes. 

Aggev,  tertre,  monchel  de  terre,  id.  creste. 

Ai^Seroy  as,  amoncheler. 

AffSero,  is,  aporter. 

Jk^grmwo,  grever  ou  agrever. 

Ai^sredtor,  envair. 

Avilis,  legier. 

Agita j  démener,  cachier  (=  chasser). 

Agmen,  compaignie. 

A^nomem,  sournon. 

Ai^on,  luite,  tenchon  (ms.  tmichon),  bataille. 

Ai^onia,  estrif. 

Afponista,  luiteur  ou  estriveur. 

Ai^onlao  (ms.  -tôo).  Initier,  estriver,  batillier,  traveillier. 

Agremtim  (ms.  agestris),  campestres. 

A^ricola,  laboureur  de  terre. 

Ala,  ele. 

Alabastram  (ms.  (dabaustrum),  albastre. 

Alabram  (ms.  alabastrum),  hasple  à  widier  fusées  ^o. 

'*  JG.  «  sermo  brevîs  integrum  sensum  rei  proposite  scribens  •. 
'^  Hatpk,  néerl.  haspet,  ail.  id.,  it.  aspo. 


(14) 

Alacer,  vigoreux. 

Alacrimonia,  vigoreuseté,  legiereté. 

Albu^o,  albuns  d'œuf. 

Al^or,  froideur. 

Altent^ena,  estrange. 

Alieno,  estrangier  Si. 

Altetas  [àXiaier^ç],  un  oisel,  esmerullon  [sic)  ^. 

Altmen,  nourissemens. 

Allmonta,  noureture. 

Altquaindla,  aucques  ^3. 

Al[l]ec9  ecis,  herenc. 

Alle^o,  affremer,  allegier  (alléguer). 

Allevio,  alegier. 

Alltcto,  alechier. 

Allidoy  hurler,  coitir  34. 

'*  Pourquoi  la  langue  a-t-elle  renoncé  à  cet  excellent  verbe  étranger f 
Cp.  ail.  enifremden. 

*'  JG.  glose  le  mot  par  meriUus. 

"  Au(e)que8  =  lat.  aliquid  (quelque  peu),  ne*  suffit  pas;  il  faut  y 
ajouter  longefnent. 

**  Coitir,  heurter,  que  Godefroy  ne  connaît  que  d*après  notre  Catbo- 
licon,  n'est  qu'une  forme  variée  de  coitier,  presser,  surtout  presser  de 
réperon,  piquer.  Nous  lui  voyons  plus  loin  traduire  stridere  au  sens 
(le  serrer  les  dents.  Pour  Pétymologie,  Oiez  part  du  type  eociare,  fréqo. 
de  coquere  au  sens  métaphorique  d'angoisser.  Cela  peut  satisfaire  et  ao 
sens  et  à  la  lettre;  cependant  je  ne  renonce  pas  absolument  k  mon 
étymon  coctus  ^  coactus  (serré,  pressé),  que  j'ai  exprimé  dans  mon  Dict 
(sous  eotir)i  j'ai  rencontre  depuis  dans  Papias  coaetor(=s  agilator)  oie/ft' 
et  dans  les  Gloss.  consultés  par  Dieffenbach  eoactura  et  eociura  comme 
synonymes  de  stigma. 


(  15  ) 

Alllffo,  allyer. 

Allodium;  hiretages. 

AUoquor,  araisonner  (pi.  h.,  s.  affor,  la  forme  contracte 

arainner). 
Alludo,  juer,  concorder  (=  faire  allusion). 
AlluYlo,  élévation  d'iaues. 
Al[l]ax  (=  allex),  le  gros  doit  du  piet. 
Alnras,  haut,  bel,  fort,  saint. 
Alnas,  ausne. 
Alpts,  montaigne  haulte. 
Alterco,  plaidier,  estriver. 
Altemo,  entrecangier. 
Altllls,  oisel,  volille. 
Altts(s)oiias,  idem  est  ut  Deus. 
Altrinseeus,  au  contraire,  de  travers. 
Altufl,  hault,  parfons. 
AlYeus,  auge,  bacquet,  met  â^. 
Alampnus,  nourisseur  ou  nouris;  significat  actionem  et 

passionem. 
Aluta,  ausne  ou  cardon  ^6. 
Alvas,  ventre  de  viande  2*7. 
Amamen,  amour. 
Amarico  (ms.  amatito)^  faire  amer. 

'*  Met,  huge,  n'a  pas,  comme  veut  Littré,  pour  étymon,  lat  maetra, 
mais  plutôt  màgis,  -tdis,  La  forme  fr.  actuelle  maie  répond  à  it.  madia. 

**  Je  ne  m'explique  pas  ausne;  quant  à  cardon,  c'est  sans  doute  une 
mauvaise  transcription  pour  cordoan.  —  J6.  «  vulgariter  cordoiMpt^e  •. 

"  De  viande  (=  d'aliments)  parait  ajouté  pour  caractériser  ventre  en 
tant  que  «  cibi  et  potus  receptaculum  »,  selon  l'expression  de  Cicéron. 
On  sait  que  alvuê  est  propr.  =  nourrisseur. 


(16) 

Amanto,  amie  pour  luxure. 

Awnhmgeuj  double  ou  parolle  doubteuse. 

AwMkhm§;Oy  tnis,  idem. 

Ambto,  couvoitier  ou  avironner. 

Ambo,  oniis,  lecheur  ^. 

Aiiieii[i]aiii9  lieu  bel  et  delitable. 

Amicitia,  amistés. 

Amicto,  vestir. 

Amita,  ante. 

AmiMlo,  dores  en  avant. 

AmoronaiSy  amoureux. 

Ampllatto,  eslargissemens. 

Amplltas  (ms.  '•plicitas)^  leesche,  amplece  corne  de  drap  ou 

de  toille,  ampliacion  ^d. 
Anip[al]lay  une  fiolle. 
Amputo,  copper,  come  vignes. 
Amula,  vaissel  à  donner  vin  ou  fiolle  30. 
Amurcta,  lie  d'olle  3^. 
Ana^ltplia,  pointure  apparans,  come  as  églises  ou  vaissiaus 

(vases)  32. 

**  Ambo  est  ^  âpipcov  (pupitre,  lutrin);  lecheur  est  donc  inacceptable; 
je  propose  techenier  =  lectionarius,  néerl.  le$senaer, 

'*  Leesche  représente  ici  lat.  latitia,  non  pas  laetitia, 

*"  Amula,  dim.  de  ama,  vas  vinarium,  voy.  mon  gloss.  de  la  Geste 
de  Liège,  s.  v.  amolle, 

**  Amurcia  est  ou  fautif  ou  une  forme  adjectivale  p.  amurca  (ap.  JG. 
amurga). 

*'  Dans  ma  Lexicogr.  lat  j'ai  relevé  les  formes  :  p.  92,  opus  anagla- 
farium  trud.  par  à  hurdure;  p.  iSI,  vasa  anaglaffà  s  vasa  sculpta. 


(17) 

Anafflypharias  (ms.  -anus),  peintres  tailleurs. 

Anas^  canne  ou  anette. 

Ancilla,  cambriere. 

Anelia  (=  antlia),  engien  à  tirer  yave  33. 

Aneittas  [anhelitus],  alaine. 

Anclo  [anhelo],  alener,  espirer. 

Anfora  vel  ampliora,  cruche. 

Ansaria,  angousse,  destresse. 

An^ats,  serpent  d'yave  (sic  aussi  GI.  i29]. 

Annulas,  anglet. 

Ansasto,  constraindre. 

Animas,  coraige. 

Animo,  coragier,  enhardir. 

AnlmosHas,  hardiesse. 

Animadverto,  aperchevoir  pour  penser. 

Annuo,  assentir  ou  ottroyer. 

Anna,  anse  de  pot  umalion  (1.  ou  maUon)  3i. 

Anser,  awe  (oie)  ou  cras  oysons. 

Antela,  poitrail  ou  genouilliere  de  queval. 

Anttetpo,  avanchier. 

AnUdotam,  médecine,  remède. 

Antiplioiia,  antevene  35. 

Antram,  fosse. 

*'  JG.  donne  anclidia. 

'*  MaUon  doit  être  =  maillet  de  porte,  qui  est  une  acceplion  connue 
du  lat.  ansa.  Sinon,  il  se  pourrait  que  umalion  fût  une  mauvaise  lecture 
du  scribe  p.  aurelion,  qui  s'accorderait  avec  une  glose  lat.-gr.  (apudDC.)  : 
ansa,  cot^ov  ffxeuou^. 

'*  Anlevene,  de  là  fr.  antienne;  cp.  Estcvene  =:  Estienne. 
Tome  XXXVII.  2 


(18) 

Aii[ii]alas,  anel;  anelits  [annellus],  diminutivum. 
Aparatas,  apareii. 
Apareo,  aparoir  ou  obéir. 
Aper,  saingler. 

.  Apes,  apt»,  mousque  qui  fait  miel,  galiie«  es  *^6. 
Apem,  hauitesche. 
Apiarium,  le  lieu  ou  les  lieux  où  les  niousques  font  le 

miel  37. 
Apistoriam,  apyphoriaMi,  idem  38. 
Apiam,  est  quedam  herba,  appc  (fr.  ache). 
Aplastre,  strt»,  gouvernai  de  nef. 
Aporia  [â7rop{a],  angousse,  mendicités. 
Aporior,  art»,  egener  (ms.  egerer),  apovrier  39. 
Apo^eum  (ras.  -gerum)^  edefice  (ms.  office)  soubz  terre. 
Apostata,  apostat  (ms.  apotast)  ou  renoiet. 
Apotheca,  espesserie» 
^ppello,  tu,  ariver  à  port. 
Appendtx,  appentis  de  maisons. 
Apopliora  (ms.  apf).),  hotte  ^. 

"'  Ce  mot  fr.  es  =  lat.  apis  se  trouve  dans  God.  sons  e,  mais  celle 
forme  de  cas  oblique  n*y  est  appuyée  d'aucun  exemple. 

•'  Apiarium  est  devenu  le  fr.  achier. 

"  Ap.  DC.  apisterium,  apifcrium  ;  apud  Dief.  aussi  apiporitim, 

**  Aporictri,  c'est  être  dans  le  besoin;  2  Cor.  IV,  8,  aporiamar,  scd 
non  desliluimur.  —  Le  fr.  egener  n'est  pas  un  dérivé  de  egenus,  mais 
doit  être  lu  esgcner,  être  gêné. 

**  Le  sens  •  liotte  »  n'est  pas  constaté  pour  le  gr.  àico^opi;  aussi 
apophora  est-il  absent  dans  les  gloss.  bas-latins,  qui  ont  gëaéralcfflenl 
la  forme  dérivée  apoforelum  ou  -etieum,  vase  à  porter  du  fruit;  Lexic, 
pp.  t^K  et  131,  je  trouve  apoferetrum,  traduit  par  panier. 


(19) 

Appoillo,  appoyer. 

Apte,  affaitierou  appareiller. 

Aptos,  convignable. 

A^oa,  yave. 

AqaatleoM,  yaweus,  mouUiés. 

Aqiiebibiifl,  a,  am,  boileau  (ms.  boilians). 

AqaeTomoM,  vomisseur  d'yawe. 

AqulluM,  becus  de  nés  comme  aigle. 

Aranea,  araigne. 

Aratcr  (ms.  arator),  araire  as  ahaneur[s]  **. 

Aratrwm,  querue. 

Arbltrlam,  arbitraige,  franque  volenté. 

Arbii[0]tiiiii,  bouçonnier,  c'est  le  lieu  où  sont  buissons  4^. 

Are(h)a,  arche,  huge  ou  escrin. 

Areeo,  constraindre. 

ArehlqaoqvaM,  maistre  queux. 

Archlmandrlta  (ms.  -mendorca),  paisfre  de  brebis  ou  de 

peuple,  comme  ung  evesque. 
Arehltector,  carpentier  ou  couvreur. 
Areabias  (ms.  arguMus)^  garde  de  nuit. 
Area0,  arc  à  traire  ou  arche  de  vaussure. 
Ardea,  hairon. 
Ardelio,  hardel,  garchon  43. 

**  Ahaneur  est  le  mot  courant  p.  laboureur  (cp.  aro);  quant  à  araire, 
il  représente  exactement  soit  araier,  tri,  soit  arairutn;  il  fait  défaut 
dans  God. 

*'  Arbusium,  en  b.  lat.  =  fourré,  taillis;  Ta.  fr.  disait  plus  souvent 
huitsenoi;  God.  ne  mentionne  pas  bouçonnier, 

**  Ardelio  est  défini  dans  les  gl.  par  «  leccalor,  qui  ardens  est  in 


(20) 

Ardeo,  ardoir,  estre  ars,  id.  resplendir. 

Ardans,  haulx. 

Area,  aire,  grange. 

Arena,  gravelle. . 

Arenarlam,  ou  on  perpètre  gravelle. 

Areo,  es,  ni,  cre,  semer,  nourir  ^. 

Ar^lUa,  argille  vel  gloise  tenant. 

Ari^no,  arguer  ou  reprendre  ou  eastyer. 

Arloias,  devineur. 

Ariopai^as,  ville  virtueuse  4^. 

Arlsta,  areste  ou  espic. 

Armariam,  armoirie.* 

Armentiiiii,  tropel  de  bestes  grosses. 

Arinil[l]a,  aornemens  nobles. 

Artnonia,  consonanche  de  chant. 

Armuii,  épaule  {sic)  de  beste. 

Aro,  ahaner  (plus  loin,  s.  sulco,  nous  trouvons  arrer). 

Aroma,  cose  soëf  llairans  ou  onguement...  *^. 

Arra,  arre  de  pris  ou  de  marchié. 

Ar[r]eptafi,  prins  ou  arrestés  ou  happés. 

leccacitate  »  (Isid.  ardelio,  gluto)  ;  il  traduit  ailleurs  le  gr.  iroXuirpaYfjictiv. 
—  Ici  le  mot  revêt  un  sens  plus  mauvais  encore,  car  hardel  signifie 
coquin,  qui  mérite  la  hart. 

*^  Glose  embarrassante;  semer  peut  être  une  faute  pour  sewer,  qui 
est  une  forme  écourlée  (très  usuelle  en  Picardie)  de  essewer  ss  exaquare 
(dessécher);  mais  que  faire  de  nourir?  Serait-ce  une  faute  p.  pourirf 

^*  Jean  de  Gènes  :  «  villa  virlutis  et  dicitur  ab  ares,  quod  est  virtus, 
et  pagos,  quod  est  villa  •.  —  Ailleurs  >  villa  Martis  ». 

^'  Je  n'ai  pas  su  déchiffrer  le  mot  final  de  la  glose. 


(21) 

Arroi^o,  acquérir  par  orgoel. 
Awtmwwij  canivet. 
ArtlfieioMiiM,  soubtieux. 

Artocopns,  pain  delicieulx  *T. 

Artocrea  (ms.  artorira),  tarte  ^. 

Arvlna,  craisse  de  camp  4^. 

Arvlno,  encraissier. 

Arala,  un  pot  anse  ou  paielle  à  mettre  brese  ^. 

Amndo,  rosel. 

Arx,  tour. 

As,  tkumlm,  maille  ou  pois  de  .xij.  onches. 

Aseia,  doloire,  hache. 

Asperi^o,  arouser. 

Aspemo,  dcspiter. 

AMpersorinin,  esperge  à  espandre  yawe  benoitte  s^. 

Aspiro,  alener  (ms.  eslener)^  ottroyer. 

AssensiiM,  assentemens. 

Assidimii,  ententieux,  accoustumés. 

Aflflimllo,  rassembler,  comparer. 

*''  Arloeopuê  signifie  à  la  fois  le  pâtissier  et  son  produit;  «  panis 
pistus  in  oleo  »,  «  panis  cum  laborc  factus  »;  Gl.  (Gioss.  de  Lille),  p.  55, 
eêcaudich;  OP.  êcminel, 

**  Arlorira  est  impossible,  bien  qu'il  se  trouve  aussi  dans  Gl.  55; 
il  faut  corriger  soit  par  artocrea»  a  panis  continens  carnem,  vulgo  tor- 
tella  •  (JG.),  soit  par  arlotira  •  cibus  qui  fit  ex  pane  vel  pasta  et  caseo  •. 
Cp  Gl.  55  arthocaseu»,  fr.  flan. 

**  Arvina  est  graisse  de  pore;  la  dénomination  graisse  de  camp  ne 
peut  reposer  que  sur  un  faux  rapport  avec  arvum, 

'*  Je  me  défie  un  peu  de  ma  lecture  anse. 

"  On  trouve  plus  souvent  esparge  (p.  e.  Renard  le  nouvel,  5352). 


(22) 

A00l0trix,  celle  qui  est  près,  comme  cambouriere  (voir  ancilh, 
la  forme  cambriere). 

A00O,  rostir,  ardoir. 

A00oiio,  accompaignier  »2. 

Amsuiii,  rost,  assature. 

Astureo,  ung  oisel,  ostoir  ou  queval  grant,  comme  des- 
trier K3. 

AfltatiiB,  haulx,  malicieulx  S4. 

AtoTia,  grandmere  quarte. 

Atramentmii,  atrement,  noir. 

Atrlam,  attre  ou  grant  lieu  spacieuix. 

Attamen,  estamine  (tamis)  s«>. 

Attentio,  ententipn  (=  intentio,  se.  animi). 

Attineo,  appartenir  ou  attenir  en  lignaige. 

Attollere,  estever. 

AttonitiiM,  espoënté  par  tonoire. 

Atiibi,  mais  puisque. 

Aadibills,  oable. 

Anditor,  qui  ot. 

AuditoM,  oemens. 

ATcrfliiiM,  destournës  (ms.  despoiirnés), 

Avellana,  alevaine  ^6. 

"  Aecompaigner  a  ici  sa  signification  musicale. 

'*  On  trouve  aussi  astrueo  ;  voy.,  sur  les  deux  valeurs  du  mol,  le 
Gloss.  de  DC. 

**  Comment  faut-il  entendre  haulx?  Faut-il  corriger /au/jt  ? 

"  AUamen,  «  setacium  »  (JG.).  —  La  formation  de  ce  mot  est 
curieuse.  De  là  altaminare,  purgare  farinam  cum  setacia. 

**  Alevaine  p.  avelaine  (aveline)  rappelle  la  transposition  a/ejur  p. 
aneler.  Le  mot  n'est  pas  dans  Godefroy. 


(23) 

ATello,  esrachier. 

ATeltio,  esrachemens  ^t. 

Avena,  avaine. 

ATemus,  enfer. 

Aafero,  oster,  tollir. 

Aufrur,  devineur  par  le  cant  d'oiseaus. 

An^astiiM,  nobles. 

ATla,  mère  de  mère. 

Aala,  salle. 

AtIvs,  sans  voye  ^. 

Aalieas,  curîal. 

Aarata,  poysson  (la  dorade). 

Aariealeiiiii,  esciime  d'or  ^d. 

Aarleomns,  cheveulx  blons. 

AorleulariaM,  secrétaire. 

Aarlfober,  orfèvre. 

Aorifieina,  forge  à  or. 

Aoriffodliia,  minière  d'or. 

Avrii^a,  chartier. 

Aarilefflaiii,  trésor  d'or. 

Aaripletam,  orpoignant  ^o. 

AasteriiM,  aspre. 

"  Aveltio  est  une  forme  barbare  qui  n'csl  consignée  nulle  pari; 
peut-clrc  y  a-l-il  eu  p.  avellere  une  forme  avelUre  et  faul-îl  corriger 
avellUio. 

*•  Le  sens  vrai  est  «  hors  voie  » . 

»•  Sur  aurieafcum,  voy.  ma  note  Gl.,  p.  35. 

••  Je  ne  trouve  nulle  part  aucun  des  deux  termes,  ni  auripictum  p. 
attripigmenfum,  ni  orpoignant  p.  orpiment. 


(24) 

Austeritafii,  aspreche. 
AatampnoM,  le  gay  tamps. 

Aatamo,  soupchonner,  cuidier. 

ATimeiiliifii,  oncle. 

ATas,  pere  grant  ou  tayon. 

A!Kiii,  aissil  (=  essieu). 

Axaui^a  (ms.  axurga),  ventre  ou  oint  de  porc  6*. 

Azouliifii,  sans  chainture. 


Baeha  [bacca],  fruit  d'olivier. 

Baehinal,  pressoir  à  vin. 

Baehor,  foursener. 

Bi^ulo,  porter. 

Bajvlas,  qui  porte  ou  baille. 

Balans,  brebis. 

Bala[t]ro,  onls,  bateilleur  (bateleur). 

BalatuM,  braiemens  de  brebis. 

Balista,  arc  à  balestre. 

Balsamafii,  bausmier. 

Balsamam,  bausme. 

Balteim,  baudret  6â. 

Baratrwm,  enfer. 

'*  Aximgia  s'est  dit  en  cfFel  d'une  grosse  bedaine.  —  JG.  a  les  deux 
formes  en  -a  et  -la. 

**  Lexicogr.  125  et  131  baudri  ^i  baudril  (forme  omise  dans  God.). 
La  forme  courante  en  langue  d'oïl  était  baudret,  baudré,  dont  ou  a  fiit 
baudrier. 


(25) 

Barbitonsor,  barbieur. 
Baronissa,  baronnesse. 
Barras,  éléphant. 
Basllleanas,  ecclesiastre. 

Basse,  basser  (baisser). 

Batns,  mesure,  boistel  (=  boisseau). 

Beatos,  bien  eûré. 

Bellatievs,  batilleux. 

Belna,  moustre  (=  monstre)  de  mer. 

Benelin^uatiis,  bien  emparlés. 

Benli^nas,  débonnaire. 

Betha,  quadam  herba,  gallice  bethes  (bette). 

Bian^alus,  qui  a  deus  cloquettes  6^. 

Bibax,  yvre  ou  buveur. 

Blblioteeha  (sic),  armoirie  à  garder  livres. 

Blbnlas,  buveur  ou  qui  attrait  corne  sablon. 

Bleeps  (ms.  bifex,  tm),  qui  ha  .ij.  testes. 

Blterias,  doublement  parlans. 

Bifti!K,  qui  ha  .ij.  regars. 

Blfidas,  fendeur  en  .ij.  ^. 

Binnliiiii,  lieu  entre  .ij.  fins  63. 

Byiii^uM,  che  qui  est  de  deus,  corne  la  charette  à  .ij.  bœufs 

ou  chevauls. 
Blnomeii,  double  non. 

BiplIcUas,  doublece  (on  peut  lire  aussi  doubleté). 
Birratas,  qui  est  vestu  de  buriel. 

**  Je  ne  m'explique  pas  l'application  du  mot  eloquelle;  Tadj.  biangtilui 
s'est-il  employé  d'une  église  surmontée  de  deux  clochers? 
^*  C'est  plutôt  fendu  qu'il  faut. 
"  JG.  :  •  locus  vel  divisio  inler  duas  fines  ». 


(26) 

Btrram,  gros  drapel,  burel. 

BisMus,  drap  de  bougran  66. 

ntimeii,  minlM,  amont  67. 

Bla[ii]dior,  adouchier,  bleder  68. 

Blaii,  tl0,  folz. 

Blatero,  follement  parler. 

BlesuM,  besgues. 

Beat  os,  gros  son. 

Boletns,  boulay  ou  campion  (=  champignon)  69. 

Bolifl,  masse  de  plonc,  et  est  instrument  par  lequel  maronier 

atteignent  le  fons  de  le  mer  (il  s'agit  de  la  sonde). 
Bolas,  morse] . 
Bombas,  son  ou  pet. 
Boo,  mugir  (ms.  mutir),  sonner,  braire. 
Boreas,  bise,  ung  vent. 
BoMtar,  bouverie. 
Botrlo,  bourgon  de  vigne. 
Botrns,  grain  ou  crappe  de  roisin. 
BoTieida,  bouchier,  qui  tue  bœufs. 
Braeale,  braiel. 

Braeatns,  embrayés  (mot  omis  dans  Godefroy). 
Brachliim,  brac. 
Braeo,  mettre  braies. 
Braneia,  joue  de  poisson. 

••  Lt'xic.  94  et  135  che$H  (voy.  God.  s.  chaînsil}. 

*'  Cette  glose  reste  obscure.  Bitimen  p  Bitumen  est  admissible,  mais 
quid  fr.  amont? 

'*  Bleder  est  inconnu;  rancieunc  langue  ne  présente  que  blondir 
et  biangier, 

**  Boulay  est  inconnu. 


(27) 

Branens,  gorge  de  poisson  70. 
Brathea  [bractea],  pieche  d'or. 
Bravlam,  guerredon  ^^. 
Brli^a,  brigue,  tenchon. 
|O0iii»,  noiseux. 
rli^o,  tenchier. 
tus  (mauvaise  lecture  p.  bricus)^  haneton,  une  mousce  ^^. 
■Ina,  gellée. 
BubaloM,  bugle,  sauvage  boef. 
Babo,  cal  huant  (Lexicogr.  75  huan,  chuette). 
Baeino,  buisiner. 
Bacolleiifl,  qui  parle  de  bœuf. 
Bacala,  le  petite  vache,  genice. 
Boffo,  crapaut. 
BallienluM,  petit  bullon. 
Bao,  arouser. 
Bnrdo,  mulet. 
Bari^enslii,  bourgeois. 
BastUeea,  qui  clôt  le  sarcus  ^^, 

'*  Celte  addition  depoiêson  est  arbitraire;  brancus,  dans  les  gl.,  n'est 
interprété  que  par  «  guttur  »  et  par  •  catarrhus,  fluxus  ascendens  a 
faucibus  ».  Cesl  le  gr.  ppày^oç  ou  ppo^yoç. 

'*  JG.  «  Iflurea  palma,  manus,  premium  > .  C'est  le  gr.  ppa^eTov. 

'*  BritUM  se  voit  aussi  ailleurs,  mais  cette  forme  est  sans  doute  l'effet 
d'une  mauvaise  lecture  de  bricus,  qui  est  =  brucus,  bruchuê,  gr.  Ppoûxo;, 
Pporjyio^.  —  Lexic,  p.  104  :  bricus,  hanelte.  JG.  n'a  que  brueus, 

"  Buêticetaj  comme  j'avais  lu  moi-même  d'abord,  et  qui  se  trouve 
dans  certains  textes,  n'est  qu'un  effet  de  la  confusion  graphique  si  fré- 
quente de  c  et  /. 


(28) 

Basto,  ensevelir,  ardoir  mors. 
Bastum,  sépulcre,  tombe. 
Bastara  (ms.  -uria),  sépulture. 
Batimm,  bure  (auj.  beurre). 


C 


Cachephatas,  ti  [cacophatus],  let  son  ^^. 

Caehinnor,  moquier. 

Caeo,  quier,  aler  à  chambre  ^^. 

Cacumen,  haultesche. 

Caduens,  cayable. 

Cadas^  baril  à  vin. 

Calamarlum,  cornet  ou  escriptore. 

Calamlstro,  crespir  cheveux. 

Calamitas,  misère  ou  chetiveté. 

CalaniUo,  chetiver  76. 

Calamiifl,  rosel  ou  penne  à  escripre. 

€*alatvfii,  panier. 

Calceas,  cauchon. 

Caleio,  as,  cauchier  (==  chausser). 

Calco,  as,  cauchier  (auj.  cocher)  ^^, 

Calevlofiiaii,  plain  de  caillaus. 

^*  Cochephatus  est  évidemment  une  forme  vicieuse. 

^'  La  forme  picarde  quier  accuse  pour  origine  de  ce  verbe  le  radical 
gcrm.  skit;  malgré  raulorité  de  Littrc,  le  latin  eacare  n*a  rien  à  voir  ici. 

^*  Calamilo,  JG.  :  «  mestificare,  infelicitare  ».  Est  aussi  dans  le  grand 
Catholicon. 

^'  Cauchier  est  encore  conservé  dans  le  composé  cauchemar. 


(29) 

C?aleiila0,  caillia  (==  caillau,  caillou),  nombre,  computation, 

raison,  pierrette(8). 
C^leabiiM  [cacabus],  caudron  ^^. 
Caletedo,  cauifer. 

Caleo  [calleo],  endurchir  ou  estre  soubtiz  ou  cateleux  "^9. 
Calepitra  [caliptra,  xaXuirrpa],  mittre  ou  capel  de  feutre  80. 
C^libfii,  achier. 

C^Ueo,  boire  ou  (=  el,  en  le)  calice. 
C^alidltas,  soubtivetés. 

€ali[en]draiit,  mittre  ou  che  de  quoy  on  coevre  se  teste. 
Calii^a,  cauche  (=  chausse). 
Calii^o,  penultima  longua,  noirchir. 
C^lllii,  sentiers. 
€alio0ii0,  durs,  calleux,  fors. 
CaUas,  dure  de  mains  ou  de  pies. 
€al(l)o,  porteur  de  bos. 

Calopedlom,  escache  (échasse)  ou  patin  ou  piet  de  bos  8i. 
CalTo,  decepvoir. 

C^lns  (=  qualus),  panier  à  couler  vin. 
Calx,  talion,  masc,  ou  cauch  (=  chaux),  et  tune  est  fem. 
gen.  82. 

"  Calcabus  est  inconnu,  d'ailleurs  placé  ici  hors  de  son  rang  alpha- 
bétique. 

1*  Notre  texte  dit  ailleurs  cautuleux. 

'»  Calepiira  est  probablement  vicieux  ;  les  dictionnaires  ne  le  con- 
naissent pas;  JG.  a  calcptra. 

•'  Cahpedium  ou  -podium  est  le  type  d'où  s'est  produit  fr.  galoche 

(voy.  mon  Dict). 

"  Cp.  le  vers  grammatical  cité  dans  JG.  : 

Pars  pedis  est  Aie  caU,  combustus  calculiis  hee  caU. 


(30) 

Camero,  faire  cambres  ou  les  tentes  corne  gourdines. 

Campaiille,  clocquier. 

Campsor,  cangeur  B3. 

Camas  [xrifjioç,  xa{jid(;],  kevestre  ou  frain. 

Canabis,  chaneve  ^4. 

€anali0,  le  ruissel  des  rues  où  chiet  le  goutterie  ^. 

Caneella,  le,  fenestrelle  86. 

Caneello,  cancheler,  trebuchier. 

Cancer,  maladie,  cancre,  poisson  crevice  ou  signe  du  soleil. 

Canieies,  cauveté. 

Canievla,  chiennette  ou  une  estoille. 

Canna,  roseil  come  d'estanc. 

Canon,  rieule,  canon. 

Canopenin  [conopeum],  courtine  ou  chainture,  faite  come 

uns  rois  (==  comme  un  filet). 
Cantabram,  hoton  B7. 
Cantaras,  hanap. 
Cantes,  iam,  fientes,  Inm,  d'orge  (orgue)  88. 

*>  Campsor  vient,  selon  JG.,  de  camptum,  supin  de  canUnre.  11  pour- 
rail  bien  avoir  raison. 

'*  Je  trouve  aussi  ca/icve  comme  traduction  de  catuUtui,  dans  Lcxîc, 
p.  435,  à  côte  de  chanvre;  si  cette  forme  existait  réellement  avec  un  e 
mcdial  sonore,  il  faudrait  lui  assigner  pour  type  une  forme  lat.  eanàbu», 
mais  je  préfère  admettre  que  eaneve  était  bissyllabiquc  comme  virgemt. 

**  Goutterie,  les  eaux  des  gouttières,*  manque  dans  God. 

*^  Cancelia,  JG.  ne  donne  que  la  forme  masc.  eiutecUus  ;  de  même  Douai. 

*'  Le  mot  hoton  est  suivi  des  jambages  qntyvius  que  je  ne  déchiffre  pas. 

*'  On  connaît  cantes  ^  iistula  organorum  (voy.  DC.},  mais  quid 
/lentes ?  csi-ce  un  synonyme?  ou  une  épithète  mal  lue  p.  flanteêf 


(31  ) 

Cantofii,  il  [canthus],  cant  de  roe  de  querette  89. 

^«P(P)«>  cappe  (=  chape). 

Capana,  cabas  ou  loge  pour  garder  vignes  90. 

Capax,  prenable  ou  soubtiz  9i. 

Capedo  (ms.  capado),  engien,  estude  ou  espace  entre  .ij. 

sièges  ^. 
Caper,  bouch. 

Capellatas,  capellés  (couvert  d'un  chapeau). 
Capieiam,  quevesche  de  vestement  93. 
Capleio,  faire  quevesche. 
Capllamentmii,  cavelure. 
€apll[l]as,  queveil. 
CaplM,   idls,  chasse  à  prendre  yawe  en  le  selle  ou  ba- 

chin  9*. 
Caplsteriain,  auge  ou  vaissel  à  mettre  bled  ou  (ms.  ut) 

bacquet. 
Capistram,  quevestre. 
Capitale,  catel. 
Capltatofl,  testus. 

'*  Cant,  dans  cette  acception,  m'est  inconnu. 

**  Cette  valeur  de  fr.  cahas  est  curieuse. 

'^  Prenable  a  la  valeur  ancienne  de  «  qui  peut  prendre  » . 

"  JG.  :  M  ingenium,  studinm  vel  spacium  ».  —  Cp.  intercapedo. 

*'  La  définition  générale  de  capitium  (=  f  r.  chevêche,  pic.  quevèche) 
était  «  os  tunicae  vel  alterius  vestis  unde  caput  immittitur  •  ;  en  effet  il 
traduit  dans  Job,  XXX,  48,  le  gr.  Trepiaro'fAtov. 

**  JG.  «  quoddam  vas  quod  vulgo  dicitur  casa  *  ;  ce  dernier  mot  latin 
est  inconnu  dans  cette  acception,  et  notre  chaste  parait  représenter 
capsa,  boisseau.  —  Selle  =  situla  ;  prononcez  seille. 


(32) 

CapUo,  poisson,  casset  9^. 

€apo,  quoquastre,  capon. 

Caprea,  chievre  sauvage. 

Capreoins,  chievrel. 

Caprlfieas,  une  herbe,  gallice  kiesbi^uch  ^^. 

Capsa,  caisse,  malle  ou  bougés  d^. 

CaptlTUM,  chetif. 

Captio,  prinse. 

Caraeterl^mas  (ms.  carac/ar.),   discrecion  d'anciene  (1. 

d'aucune)  coze. 
Carbasas,  voille  de  nefs. 
Career,  chartre. 
Cardinalis,  de  carniere. 
Cardo,  Inis,  gon  ou  vervielle,  carniere  98. 
Caretam  [carectum],  le  lieu  où  croist  le  glai  ou  rosel  ou 

canne  de  mares. 
Carex,  rosel  ou  glay,  vesche  (1.  lesche  ==  laîche). 

**  Castel  fait  défaut  dans  God.  —  Capito  est  traduit  dans  GL.  par 
caboi,  dans  Lcxic.  par  caboche. 

'*  Caprificus  (figuier  sauvage)  a  est  quedam  herba  sic  dicta  quia 
parietes  quibus  innascitur  carpit  et  fodit  et  erumpit  extra  c  latcbris 
quibus  concepta  est.  Vel  dicitur  a  fico  quia  ficus  cjus  remedio  fccun- 
detur  •.  Je  ne  discuterai  pas  ces  étymologics  que  je  tire  de  J.  de  G.; 
en  tout  cas,  la  première  donne  raison  de  la  traduction  p^r  kiesbruch, 
mot  allemand  (nullement  français)  que  je  ne  trouve  nulle  pari,  mais 
qui  s'explique  par  «  glarcae  ruptio  » . 

*'  Ce  diminutif  masc.  (nom.  sg.)  de  bouge,  valise  (d^où  Tangl.  budget), 
n'est  pas  dans  God.;  mais  on  y  trouve  le  fém.  bougetle. 

**  En  V.  fr.  aussi  carne;  Lexic.  103,  M 8,  vertcvelle  et  vervielle. 


(33) 

Caria,  poureture. 

Carica,  fruit,  gallice  datte  ^9. 

Carlela  (==  -itia),  chiereche  *00. 

Carina,  nef  ou  le  ventre  de  le  nef,  est  mis  aucune  fois  pour 

le  nef. 
Carlno,  escarnir,  mesdire  ou  moquier. 
Carlstemn,  marbre  (ms.  membre)  ^^^. 
Carl0tia,  chierece  (ou  chiereté). 

Carmen,  canchon,  dittier,  ou  carne  (=  charme),  conjuration. 
Carmentlfl,  déesse  de  dittier. 
Carmino  vel  earminor,  canter,  ditter,  carner  (charmer)  ; 

depon.  carpir  la  laine,  faire  dittier. 
Carnarimii,  carniere  (==  charnier),  c'est  sépulture. . . ,  fosse 

pour  ensevelir  ^02. 
Carnife^iL,  bouchier. 

CarnlOelam,  boucherie,  masiel  (=  lat.  macellum). 
Carpo,  prendre  ou  carpir  la  laine,  reprendre. 
CarpobâlMamiiiii,  fruit  en  semenche  ou  liqueur  de  bausme. 
Carp(en)tiiii,  deviséement. 

"  Dans  GI.,  p.  45 ,  carica  est  traduit  par  eabar,  sur  lequel  voy.  ma 
note.  Depuis  que  cette  note  a  été  écrite,  j'ai  vu  confirmer  la  valeur  de 
panier,  cabas,  que  je  prétais  à  cabar,  par  God.,  qui,  toutefois,  passe 
sous  silence  le  sens  «  figue  en  cabas  •  que  le  mot  parait  avoir  en  tra- 
duisant, comme  ici,  carica. 

*••  La  forme  chiereche  fait  défaut  dans  God.  —  Plus  bas  nous  trouvons 
comme  synonyme  caristia  =  gr.  ^aptoTtoe. 

^^^  Papias  ;  «  Marmoris  genus  dictum  quod  gratum  sit  sculptoribus  ». 
JG.  :  •  genus  marmoris  viridis  ». 

*''  Les  points  marquent  un  mot  indéchiiïrablc. 

Tome  XXXVII.  3 


(34) 

Carrlo,  charîer,  deviser  *03. 

Carta,  chartre. 

Cartilaffo,  tendre  os,  corne  nerfs  (I.  de  nés)  ou  de  oreille. 

Il  est  plus  mol  de  os  et  plus  dur  de  char  *04. 
Caslon,  mois  :  novembre;  casma,  lis,  id.  ^05. 
€as0abiindii09  cassés,  vain. 
€a0s(l)arliis,  faiseur  de  rois  (s=  rets). 
€as0lda,  bachinet  ou  haiame  ^06. 

Cassidills,  Ils,  vel  -le,  II0,  pera,  bursa,  gipsiere  (gibecièN). 
Cassas,  vain  (v.  fr.  kas,  quas). 
Castor,  beste  :  bievre. 
Castrimarsia  {■=  Ya(rrpip.apY(a),  gloutrenie. 

<*>  Voy.  DC.  s.  carrio  et  earere.  Quant  au  fr.  charter,  est-il  synonyme 
de  deviser?  God.  consigne  un  ex.  de  carier  au  sens  de  carder. 

**'  «  Cartilago  est  naris  vel  aaris  vcl  alterius  rei  ossea  tenuitudo.  > 
Cette  définition,  tirée  du  Gloss.  étym.  de  G.  Briton,  m*engage  à  lire 
corne  de  nés,  —  La  glose  cresson  de  Douai  est  difficile  à  justifier.  Je  ne 
puis  me  rallier  à  Escallier  identifiant  cresson  avec  croisson  et  le  traduisant 
par  croissance,  excroissance.  Des  glossaires  anglo-saxons  allégués  par 
Diefenbach  donnent  grisile,  mot  anglais  signifiant  «  croquant,  cartilage  •; 
j*en  conclus  que  cresson  et  gristle  sont  de  même  famille  et  tiennent 
peut-être  de  la  racine  cnist  (d^où  lat.  crusta,  ail.  krûsiel  =s  cartilage, 
fr.  crottstiUant).  Cresson  répondrait  à  un  type  crustio  (Ve  p.  u  en  syllabe 
atone  est  régulier)  et  gristle  h  crustula;  cp.  Tart.  krUspel  dans  Grimm. 

*^'  Glose  difficile  h  débrouiller.  JG.  donne  le  mot  bizarre  casleu 
t  menais  november  qui  est  nonus  »  ;  et,  séparément,  casma  (^  gr.  x^^H^) 
y  est  défini  par  «  fulgctra  » . 

^'  L'orthographe  haiame  p.  hiame,  heaume,  accuse,  contre  Tétymo- 
logie  du  mot,  une  prononciation  trlssyllabique  du  mot,  constatée 
d'ailleurs  par  les  poètes. 


(35) 

Casula,  casule  (=  chasuble)  de  prestre  *07. 

Casns,  cas,  ca[u]se,  fortune. 

Catlialoffiis,  interprétation  briefve. 

€a[tha]plasnia,  médecine,  emplastre. 

Cathaplectatio,  brige,  tenchon  ^08. 

CattiapnUa,  seette  barbue. 

Catliaracta,  voie  soubz  terre,  come  conduit  d'yawe. 

Catlicsoro,  preschier,  signifier. 

Catliela  [cateja],  saiette  barbée  (pi,  h.  barbue). 

Cathedra,  chayere. 

Cathecismiis,  instruction  en  se  loy. 

Catlieclxeta,  docteur,  maistre  ^09. 

Cathollcon,  universel  ou  commun,  et  che  livre  est  dit 

catholicon,  car  il  est  commun  à  grammaire  declarier. 
Catllio  [catillo],  glouton. 
CaUnnni,  escuielle. 
Cavea,  fosse. 
Caveo,  esquiever. 
Cavernofliis,  fosseus. 
CaviUa,  cheville  HO. 
Cavillo,  decepvoir. 

*^^  Casufa,  Lexic.  117  chasuble,  i35  chape  close. 

*^*  Catapleciatio  est  une  latinisation  de  xaxairXTiYfxo;,  et  synonyme 
de  «  objurgatio  ». 

"•  Mauvaise  formation ,  mélange  de  xaxTï^i^Tij;  et  xaxTj^ircii^. 

'^  CaviUa  est  peut-être  une  rétrolatinisation  du  fr.  ehemlU;  quant 
à  ce  dernier,  G.  Paris,  contestant  Tétym.  de  Diez,  elavicula,  le  fait  venir 
du  type  capitula  par  Tintermédiaire  de  la  forme  capicla  (voy.  Roman ia, 
V,  382). 


(36) 

f'Hiila,  berquerie,  bregerie. 

€Miillii,  choulx,  gallice  collet. 

ranpo,  tavrenier. 

Cantiiii  (ms.  cauponatim),  cautuleusement. 

raiipo[ii]or,  vendre,  taverner. 

ransarins,  causeur,  parleur. 

f'ausop,  causer,  reprendre  ou  calumpnier,  démener  cause. 

Canteriop,  ardoir,  cuire  par  un  feu  ou  condampner. 

Caiiteii,  dure  pierre,  gallice  roche. 

CanUcns,  aspre,  dur  (ms.  drap)  i^^. 

f'antio,  cautelle,  juremens,  providence,  malifice. 

f^autns,  sages,  advisés. 

Oritas,  aveuglece  (ou  aveugleté). 

f'edes  [caedes],  bature,  maisel  (ms.  inaison]  1*2. 

Cedo,  cessi,  donner  lieu  (=  faire  place). 

releber^  renommés,  solennes,  sains  (=  sanctus),  fréquentés, 

festiveus. 
Celebs  [caelebs],  sains,  celestial,  virge. 
relcp,  isnel,  legier. 
f'elemiia  [xAeu<T|jLa],  cris,  clameur  ^*^. 
f'elibataff,  caste,  virginité. 
€>lid[oiii]a,  arundelleii^. 
Oliaiii,  cisiel  à  carpentier  ^^^. 
€/ella,  la  cambre  secrète. 

'*'  Caulicus,  JG.  asper  et  durus. 

'**  Maisel,  plus  haut  (s.  carnificium)  niasich 

'*'  Douai  :  rouenge  [de  rovcr  ^  rogare  (dcmauder,  commander)]? 

'^*  Notez  que  JG.  a  les  deux  formes  celido,  -onû  et  celidonia» 

*'*  OAiitm,  JG.  «  idem  quod  celles  =  écalpellum  ». 


(37) 

€)el(l)o9  las,  celer,  entailler  ii^. 
€eltes,  cisiel  [à]  machon. . 
Celsnni  (ms.  ceUm\  nobles. 
€'eiBod[och]iiiiii,  hospital  ^i^. 
Ceno^ectoriiiiii,  civière  à  porter  tiens. 
Ceositus  (ms.  ceniUus),  a,  um,  nombres,  estimés. 
Oosvs,  cens,  avoir. 
Ceotenus,  centisme. 

Ooto,   feutre  ou  cely  qui  le  fait   ou   coussin  ou   poète 
(I.  poème)  ^is. 

Centrix,  folle  femme  H9. 

Centuplas,  cent  double. 

Cennlentus,  bôeulx,  ors. 

€eiiiini  [coenum],  boe. 

Ceramlus,  potier  (ms.  portier). 

Ccrdo,  coroieur  de  cuir, 

CerebrosMs,  cerveleus,  yreus. 

Cernlda,  sas  ou  le  baston  sur  quoi  on  saise  (sasse)  *20. 

Cernnus,  veable,  humble  ^^i. 

"•  Les  verbes  celare  (cacher)  et  caelare  (graver)  sont  trailés  ici  sous 
le  même  chef. 

"'  Cenodochium  est  reproduit  plus  loin  sous  la  bonne  forme  xeno- 
dochium.  Je  soupçonne  que  Télément  eeno  dans  noire  forme  représente 
xoivd^,  donc  l'idée  de  communaulc  attachée  à  la  chose  désignée. 

"•  Cely  qui  le  fait  concorde  avec  les  mots  sartor  pulvinaris  dans  JG. 

'"  Sur  l'origine  de  centrix,  voy.  les  curieuses  conjectures  de  JG. 
(reproduites  dans  DC). 

»••  •  Lignum  supra  quod  ducitur  laraUnUra,  et  cemida  dicitur  lara- 
tantara  quia  disc^mt/  pollinem  a  furfure  »  (JG.). 

»•»  JG.  •  Magnus,  excelsus,  infinitus  »,  «  pronus,  acclivis,  humilis  •. 
—  Veable  doit  valoir  «  voyant,  en  vue  »,  et  humle  revêtir  son  acception 


(38) 

Certamen,  tenchon. 

Certatlm,  par  estrif. 

Cervica  (sic  aussi  dans  JG.),  buffe,  collée. 

Oervical,  orelle  coussin  *22. 

Cervicatns,  orguilleux,  foursenés  *23. 

Cervlx,  hatrel,  cervelle  ^24. 

C^emsa,  une  couleur,  blanc  d'Espaîgne. 

€emis,  chierf. 

T/esia  [caesia],  lentille,  tache  de  visaige  4^^. 

Cesp(lt)es,  itis,  wason  de  terre  herbue. 

r/espito,  trebuchier. 

Oefitas,  i,  coroyie,  chainture  de  mariage. 

f/estus  [cacstus],  us,  plombée,  calleaux  ^^6. 

primordiale  «  penché  vers  la  terre  «.  On  trouve  aussi  (dans  Varron, 
a  p.  Non.)  le  verbe  evrnuare,  courber,  pencher. 

'**  Orelle  coussin  serait  une  composition  pas  plus  étrange  que  terre- 
noix,  terre-plein,  ehaufour,  piisente,  etc.  Cependant,  comme  elle  est 
unique  dans  notre  glossaire,  je  propose  de  lire  oreller,  coussin,  Lexic  67 
traversain  et  orilcr,  90  oriler, 

'*'  Cervieatus;  cp.  les  expr.  ail.  hartnàckig,  halsstarrig;  la  Vulg. 
traduit  par  là  axXT)poTpdc)^T)Xo<  dans  Sirac.  XVI,  II. 

**'  Cervelle,  en  tant  que  =  cervix,  représente  à  la  lettre  cervim/a.  — 
Sur  hatrel,  voy.  Grandgagnage,  Dict.  wallon  s.  hâterai  ti  Gl.  10  (note  1). 

"'  Je  ne  trouve  ce  subst.  que  dans  JG.,  glosé  également  par  lentieula. 
Dans  Alex.  Ncckam,  De  nominibus  utensilium  (voy.  mes  Trois  traités 
de  lexic.  latine,  p.  i26),  j'ai  rencontré  Tadj.  celius  glosé  par  lentilleus 
(grêlé  de  la  petite  vérole?),  donc  équivalent  au  cesius  «  lenticulosus  » 
des  gloss.  de  Papias  et  de  JG.  ;  il  est  possible  que  ce  celiiu  soit  fautif 
p.  cesius,  ou  que  tous  les  deux  ayant  pour  thème  caed  aient  été  usités. 

***  Je  ne  me  rends  pas  compte  de  calleaux;  cailloux? 


(39) 

C^^eo,  fourconner  *27. 

CliaBiiis,  quevestre,  frain  (Lexic.  90  bamac,  97  bemac)  i«8. 

Clierca,  carolle,  danse. 

Cl«t«»  (xuaOoç),  hanap  ou  gobbet  ^29. 

Clfearlnm,  viande  («=  comestibles). 

CUtatns,  us,  mengiers,  commestions. 

Cll»orliiiii  [xt^tiptov],  vaissel  à  viande- 

Cleada,  gresillon. 

Ctcatrlx,  trache  de  plaies. 

Ctcendellniii  (ms.  dcerd,),  lumignon  de  candelles. 

€)icinii(i)ii0,  ni,  loriaulx  (=  loriot)  ^30. 

Ctconiam,  roe  de  puis  (cp.  fr.  cigogne,  levier  coudé). 

Ctcvres   (plur.),    plaisans   (»  placides),   saiges,   débon- 
naires *3i. 

Ctcnta,  une  herbe,  cevoule  ^32. 

Ctdarl0,  mittre  de  evesque. 

Ciliarclia,  chevetain  (capitaine). 

Ciliciniii,  haire  de  vestement. 

Cjma,  la  sommité  del  arbre  ou  des  porrées  (ms.  -eez). 

Clmlnmii,  une  espèce  (épice),  commin. 

Cinciiiniis,  vies  drapel  ^33. 

'"  Auj.  fourgonner? 

^*'  Charnus  a  déjà  paru  sous  eamut;  la  forme  avec  Tinitiale  ch  repré- 

senlc  i  eut-étre  le  gr.  yà^o^^  muselière. 

>>•  Gohct,  même  radical  que  gohel  (primitif  de  gobelet), 

**^  Cicinn{i)us  est  inconuu  dans  cette  application  et  sans  doute  fautif. 

***  JG.  «  placidus,  mansuetus,  quictus  » . 

^**  Cevouie  est  ciboule;  c'est  ceûe  qu*il  fallait. 

***  JG.  :  «  pannus  vêtus,  lacîniosus  et  détritus  • .  La  valeur  qu*a  reçue 


(40) 

€lng:iila,  le  chaingle  de  queval. 

ClnlfesL,  indecUnabile  vel  cinifes  (ms.  -fas),  i$,  mousque, 

es  (voy.  pi.  h.  s.  apes),  cincerelle  *34. 
'Cinomoniiini  [cinnamomum],  vel  chumium,  canelle,  mous- 

queron  ^35, 
Cinofflossa  (ms.  cinogrossa),  langue  de  chien. 
€lna09  conjonction  proportionable  de  coses,  ou  torsions  ûe 

bouche  i36. 
Clnns,  un  arbre,  gallice  hotis  (ms,  bons)  ^37. 
Clppns,  cep  à  mettre  en  prison  malfaiteurs. 
Clrelii(ii)ii09  compas. 
Circino,  compasser. 
Cipcmneo,  avironner. 
€ireiini[ei]sio,  rognure. 
Ciremiiscplbo,  conduire  {sic)^  damner,  reprendre,  enclore, 

oster,  priver. 

eincinnus  au  moyen  âge  rappelle  le  rapport  existant  entre  fr.  loque  et 
TalL  locke,  boucle  de  cheveux. 

*'*  Sur  cinifex,  propr.  mouche  canine,  voy!  GI.  29  (note  5}  et  OP. 
J*ai  longtemps  cru  que  ma  glose  était  motisque  e$Uncerelle  ou  escuicerelle; 
j'ai  fini  par  comprendre.  —  Pour  cincereU,  cousin,  voy.  Godefroy. 

"'  Comment  expliquer  moiuqueronf  Ce  mot  conviendrait  à  cinomia 
(xuvd[xuta),  mouche  canine,  qui  a  peut-être  disparu  du  contexte  parla 
négligence  du  scribe. 

"*  JG.  cinnusj  tortio,  cosmixtio;  ap.  Dief.  :  commixtio  rerum  propor- 
tionabilis;  on  voit  qu'on  a  mêlé  au  mot  le  sens  de  condnnun, 

"'  Cet  arbre  est  d'après  JG.  le  lentisque;  d'autres  gloss.  ridentifirnt 
avec  l'aubépine,  le  cerisier,  le  cornouiller,  le  houx  (et  c'est  bien  HohSj 
je  pense,  qu'il  faut  lire  au  lieu  de  bouM).  Le  mot  cinus  est  sans  doute 
mutilé  de  cocctniM  (voy.  ma  Lcxic,  p.  77). 


(41  ) 

ClrcniuspeetiiSy  sages,  provis,  caus  ^38. 

Ctreamvenlo,  encouper  (=  lat.  inculpare),  decepvoir. 

Clro^llas,  escureil  ^39. 

Cirotheca  [x^ipo^yi^^],  gant  ou  moufle. 

Ctota,  cor[b]eilie,  huge. 

Citra,  par  decha. 

Ctvlll(a«9  maison  de  privilège  ^^. 

Oades,  pestilence  de  glave  ^^. 

Clarldo,  clareté,  resplendissemens  ^^^. 

Clarlilco,  esclarchir. 

Clarlffo,  resplendir,  florir  par  victoire  come  cil  qui  vaint. 

Classis,  assemblée  de  nefs. 

Clatrus  (xXTjQpov),  barre.    , 

Clava,  machue. 

Clandns,  boisteus. 

Clavl^er,  clacelîer,  qui  porte  les  clés  i^. 

Clansnra,  clôture. 

Clavns,  clau  à  clouer. 

Cleo,  es,  evi,  ère,  glorièr,  casser,  absorber,  encliner  ^^. 

'"*  Caus,  nom.  de  caiU  —  cautus;  absent  dans  God. 

***  Voy.  sur  ce  mot  cirogiilus  (aill.  cirogriUus  ou  cirogcUus) ,  gâté  du 
gr.  ^otpdYpuXXoc,  mes  notes  Lexic.,  p.  49  et  OP.  (s.  cirogaius). 

**<^  Glose  estropiée;  le  glossateur  voulait  traduire,  d'après  JG., 
•  mansio  civium  vel  privilegium  ».    * 

^"  Pestilence  était  autrefois  synonyme  de  destruction,  tuerie. 

*'*  Il  faut  corriger  clarido  soit  par  claredo,  que  je  trouve  dans  les 
Gloses  d'Isidore,  ou  par  claritudo, 

***  Claeeiier  est  un  dér.  de  elacielle  (petite  clef).  Le  gloss.  de  Douai  a 
clachouHicr. 

^**  JG.  prête  à  clerc  les  acceptions  «^  gloriari,  abscondere  vel  sorbere, 


(42) 

Clepsedra  [clepsydra],  broque  de  tonel. 
Clibaniifly  four. 

Cllens,  sergent. 

CUentela,  sergentrie. 

Clima,  portion  de  terre  corne  le  quarte  partie  ^^. 

€llva«,  descendue  de  montaigne  ou  le  pendant. 

Cloaca,  fosse  à  recepvoir  ordures  de  latrines  ou  privées 

cambres. 
Clniiis,  nia,  rains,  naige  (=>  nache),  cuisse. 
€oag:iilo,  prendre,  assambler,  corne  le  lait  par  le  présure. 
CoauL,  vois  de  raines  {=  grenouilles). 
Coccus,  une  tainture  entrecangie(r)  rouge  et  noir  ^^. 
ro[c]lea,  une  vis  pour  monter  à  la  tour  par  degrés. 
Codear,  culier,  louche  à  potaige. 
Codex,  ung  livre  de  lois  ou  quoiier. 

Coeo,  ensamble  aler  ou  se  conjoindre  corne  marie  et  fumelle. 
Coetanens,  ensamble  pardurable  ^^t. 


iiiclinare  ».  Il  est  difficile  de  les  ramener  toutes  à  xX^cd  ou  xXetcn; 
comment,  surtout,  motiver  les  sens  indiqués  dans  notre  glose  :  casMer, 
absorber,  enelinerf  Ccuser  serait-il  s=  mettre  en  caisse  et  ^  gr.  xXeio» 
(enfermer)?  Quant  à  encHner,  y  aurait-il  mélange  de  la  racine  cN,  d'oà 
clinOf  cHvus  f  Le  mot  reste  problématique. 

^'*  Gl.  bien  défectueuse.  JG.  porte  en  premier  lieu  :  o  taiita  portio 
terre  secundum  quam  mutatur  meridies  »,  puis  il  continue  :  «  Item 
cUma  dicitur  plaga  vol  pars  celi  sivc  mundi,  sicut  consuovit  did  : 
u  Quatuor  sunt  cliniata  mundi,  id  est  partes  ». 

***  Coccus  «  est  genus  tincturc  sivc  mcdium  inlur  rubruro  et  cro- 
ceum  •  (JG.). 

*'*  Glose  peu  exacte. 


(43) 

Cofinns  [cophinus],  cofin  ^48. 

Co[li]ereo,  ensamble  aherdre. 

Cohtbeo,  contredire  ou  denier  ou  assambler. 

C^oinquino,  order,  maculer. 

Choiera,  cole,  l'une  de[s]  .iiij.  humeurs  qui  sont  :  cole, 

merancolie,  [sanc,  fleume]  ^^9. 
€?ol(l)lapliiifl,  buffe,  collée. 
€?ollaiido  (ms.  coUatito)^  ensamble  loer. 
Cïolleffa  (ms.  collegia),  compaignon  en  office  [ou]  message. 
€?oIllbertiis,  franc  qui  estoit  serf. 
Cïolli^o,  accueillir. 

C^lo,  hanter,  honnourer,v  aimer  (ms.  armer\  habiter. 
Coloblam,  mantel,  vestement  ^^0. 
C^lnber,  couleuvre. 
C/olmn,  couloir  à  couler. 
C^lnmba,  coulon  privé. 
C^limibiifl,  coulon  de  camp. 
CJolnmeii,  forche,  à  le  ganche  (sic,  1.  alegreche)  ^^^. 
Columls,  sains,  haitiés. 
Coins  velcollus,  queneulle  (sic)  à  filer. 
Coins  [x(oXov],  une  entraille  de  corps. 
Coma,  grans  cheveux. 

'**  Le  vrai  mot  issu  de  cophtnus  est  cofe  ou  cofre;  la  forme  cofin  sup- 
pose un  type  cofinus. 

>'"  Les  mots  entre  crochets  sont  omis  dans  le  texte. 

"®  a  Colobia  sunt  capucia  lata  bubulcorum  »,  Lexic.  69;  traduit  ib. 
400  gonele,  94  rokei,  434  frogés  (cas  sujet  de  froget);  Gl.  16  froc. 

^*''JG.  :  «  fortitudo,  alacritas  ».  —  Ce  sont  là  des  significations 
métaphoriques. 


(  44  )     . 

ComarchiiM,  prince  de  comté  (litt.  vici  magisler). 

Comedo,  onis,  glouton. 

ComUatns,  contée,  compaignie  ^52. 

Como,  is,  vel  como,  as,  orner,  pigner. 

Commeatiifl  (ms.  commoveatus),  tus,  conduis. 

Comnientaplaii,  exposeur. 

Commerciiim  (ms.  commencium),  mercherie,  marchandise. 

Commlssuni,  fourfaiture  ou  cose  commise  (=  confiéej. 

Commodo,  prester. 

Commoditas,  pourfis. 

Compello,  débouter  ou  constraindre,  assambler. 

roiiipe[n]dl«iii,  cose  briesve  et  pourfitable. 

Comperio,  retrouver. 

Competo,  convenir. 

Compltuin,  quarefour. 

Complex,  compains  en  malice. 

€)oniplao9  arouser. 

Compo»,  bien  disposés  en  soy. 

Compotista  (=  computista),  qui  enseigne  ou  estudie  en 

compost  (=  comput)  ^^3. 
Comptas,  pigniés,  aournés. 
Contpnnctlo,  tristeur  de  pecquiés. 
Computo,  conter. 
Conca,  poisson,  moulle  ou  crache,  coquille  de  limechou  ^54. 

"*  Sur  la  forme  fém.  contée,  voy.  mon  Gloss.  des  Chron.  de  Frois- 
sa rt  s.  duché. 

«*>  Pouf  compost  =  comput,  coosuKer  Godcfroy.  La  forme  trahit  un 
mélange  avec  Tidce  d'arrangement  (compositus). 

^**  Crache  {=  crachat)  est  une  dénomination  quelque  peu  pittoresque 


(48) 

C^oncesslo,  ottroy,  prest. 

C^nddentia ,    trebuchemens ,    accordanche    ou    pareille 

cheûre  ^^^. 
Concieo,  es,  Ivl,  itnm,  commonoir  ^^6. 
C^iicln[ii]o9  as,  entremeller,  ordener,  composer. 
Concino,  is,  acorder  en  chant. 
C^onclavis,  cambre  secrète. 
C^ncretns,  meslés. 
C^ncnleo,  fouler. 
Condo,  muchier. 

C^nduco,  conduire  ou  avoir  à  loyer,  donner  loyer. 
C^uféctnra,  confiture. 

C^ufercio,  espessir,  remplir. 

C^nilclo,  confire. 

Confla^es,   montaignier   ou   assemblemens   de   pluiseurs 
vens  ^^T, 

C^ntermltas,  semblableté. 

C^^ntofflnm,  refuge,  sceûreté. 

C^nuibeo,  assentir,  accorder,  assambler  ^^. 

pour  la  moule.  Je  ne  le  rencontre  pas  dans  God.  On  peut  d'ailleurs  aussi 
bien  lire  Irache. 

"*  Les  deux  derniers  termes  français  expriment  Tidce  de  coïnci- 
dence; le  mot  cheûre  est  d*unc  facture  tout  à  fait  anormale  et  me  semble 
être  une  erreur  de  copiste  pour  cheance, 

^'*  Commonoir  manque  dans  les  Dict.  ;  aussi  je  propose  de  lire  com^ 
movoir.  Cet  article  est  suivi  de  celui-ci  :  coneio,  is,  ivi,  itum,  id. 

^"  Montaignier  rend  le  «  loca  montuosa  •  de  JG.  —  Sur  le  terme 
conflages  et  son  identité  avec  confrages,  voy.  DC,  v»  confragmcntum. 

'^'  Connibeo,  forme  concurrente  de  conniveo  (qui  suit),  faire  un  signe- 
d'assentiment;  aisambler  a  ici  la  valeur  «  être  d'accord,  de  connivence  ». 


(46) 

Connlctiipa,  suspicion  ^^d. 

C^onnlveo^  faire  signe  del  oel. 

Conor,  enforchier  (=  s'efforcer). 

Conqninisco,  mouvoir,  faire  signe  de  la  teste  ^^. 

Conscins,  coupable. 

Conserio,  as,  sachier  ^6i. 

Conseptnm,  closure  ^6^. 

C^nsolabilis,  soulasable  (sic). 

f^nsorti,  compains,  d'une  sorte. 

€)oiispeP9o,  destemprer,  espandre  ou  arouser. 

Conspertiio,  destemprement,  corne  de  farine  de  quoy  est 

paste  alizé  sans  levain  ^^3. 
CJonspIco  (=3  spicas  colligere),  glenner. 
Constellatlo,  destinée. 

**'  Ce  mot,  selon  moi,  bien  qu'il  soit  alpbabéliqaement  bien  à  s.-i  place, 
est  fautif;  il  faut  lire  coniectura,  interprété  dans  JG.  par  :  «  judiciom, 
suspicio,  opinio,  suspicîosa  cogitatio  ».  On  pourrait  alléguer  nietnsy 
clignement  de  Tœll  par  mauvais  sentiment,  mais  je  tiens  ma  correction 
pour  plus  rationnelle. 

'*'  JG.  «  oculos  claudere  vel  caput  inclinare  ». 

'*'  Celte  glose  est  à  refaire  ainsi  :  eonsecro,  as,  sacrer, 

'**  La  forme  cloMure  est  faite  sur  le  classique  etaunura,  dér.  du  supin 
claiisum;  la  forme  clôture  ou  plutôt  closture,  qui  se  voit  pi.  h.  (s.  clau- 
sura)  est  faite,  comme  le  lat.  claïutriim,  sur  un  supin  secondaire  (par- 
faitement organique)  clatutum, 

^*'  JG.  :  «  farina  per  aquam  conglutinata  sine  fermeuto.  Idem  est  et 
azima  ».  La  Vulgale  traduit  par  conspersio  le  gr.  ^iSpa^Mc  (i  Corin- 
thiens, V,  7).  —  Destemprement  =  mélange,  eompositlon;  aliz^  serré. 
compact;  en  parlant  de  pain  :  non  levé  (voy.  God.}.  —  Gloss.  de  Douai  : 
papins. 


(47) 

C^nstemor,  defalir  de  cuer,  estre  esbahis,  tourbelës. 
C^nstipo,  estouper,  aitisier  ^^. 
Constat,  il  apert. 

C^nsnlo,  donner  ou  demander  conseil. 
C^nta^ioy  tache,  poureture. 
(?oiBteiii(p)no,  despiter. 

C^ntemplop,  penser  à  Dieu  et  bien  faire,  estre  en  dévotion. 
C^ntendo,  estriver  ou  combatre  ou  tenchier. 
C^ntentnsy  asouffis,  apaisiés. 
Contiiiffo,  avenir,  touchier,  mouvoir  pour  avenir. 
C^ntlnans,  contenu,  persévérant. 
C^ntop,  enquérir,  enquerquier. 
Contractlo,  apointement  (=:  contrat). 
C^ontraho,  ensamble  traire,  abregier,  délibérer,  conjurer, 
traitier  come  de  mariaige. 

C^ntMiiiax,  orguilleux,  injurieus,  defalans. 

fyoïitmnelia,  injure,  vitupère. 

C)oiit«eor,  eris,  contadas  (sic),  deffendre  ^^. 

C^ontaor,  erls,  itus  sam,  regarder  ^^. 

f^oimblaiii,  noeches,  mariage. 

Converto,  muer. 

f^onviciiiiii,  laidenge. 

f^nvivimn,  mengiers. 

*'*  Aitisier  m'est  inconna;  peut-être  mal  lu.  Serait-ce  artitier  =  *  arti- 
zare,  quelque  dérivation  barbare  de  artus,  serré? 

"^  Les  deux  articles  contueor  et  conluar  sont  l'uu  et  Tautre  altérés; 
le  glossateur  avait  sans  doute  en  vue  la  distinction  entre  contueor  =i 
regarder  et  le  dér.  contutor,  sauver,  défendre,  et  un  scribe  inepte  a  copié 
au  hasard  de  la  plume. 


(48) 

Onus,  le  sommier  (ms.  sonneur)  du  heame. 

Coopulo  (sic),  conjoindre  ensamble  *66. 

€ops,  riche. 

fyopnlM,  conjonction. 

Copnlo,  ensamble  conjoindre. 

Choquas,  queux. 

Corbte  (sic),  vaissei,  corbillon. 

Cordatus,  hardi  (cp.  ail.  beherzt). 

Cordex,  cordier  ^67. 

Corde  tenus,  par  coer. 

Corlarins,  cordevanier. 

Cornipeta,  buef  i68. 

Comlx,  cornelle. 

€>orol[l]apliiiii,  correlaire,  coronne  (ms.  car.)  circulaire. 

Coppulenela,  corpulent  corsage. 

f^oppisla,  coroye. 

Coppodo,  rongier. 

Coptex,  escorche  ^69. 

Copiiseo,  resplendir. 

Cîo»,  une  pierre  dur[e]  à  aguisier  coutiaux. 

rosmapeha,  prinche  du  monde. 

**•  Ce  verbe  coopulo,  qui  fail  double  emploi  avec  copulo  qui  suit,  est 
inconnu.  —  On  sait,  toutefois,  que  copula  est  le  résultat  d'une  contrac- 
tion de  co-apula,  de  la  même  racine  AP,  d'où  aptus  (cp.  cogo  de  coago). 

'*'  JG.  :  «  qui  facit  cordam,  vel  qui  canit  cum  cordîs  ».  —  Cordier, 
dans  le  second  sens,  n'est  pas  connu. 

^**  JG.  et  d*âutres  gloss.  ont  comupeta.  Dans  la  Vulg.  (Ëxod.  XXI,  28) 
on  trouve  le  verbe  cornipetcre  traduisant  /.EpaTt^Eiv. 

*••  Le  mot  fr.  escorche  vient  du  b.  lat.  scortica,  dér.  de  scorlum,  peau. 


(49) 

Cosmopela  (xodfjioTcoua),  la  cliainture  du  monde  170. 

Cosnms,  monde  ou  aomemens  d'evesque. 

C'otmnnani,  pomes  cuites,  fruit  ^^^. 

Cr»,  la  vois  d'un  corbaut. 

CVapala,  gloutrenie,  superfluité. 

Cra«9ii0,  cras. 

€ra99l[el]e0,  craisse. 

€re»0[r]a,  havet  ou  crocet. 

Creber,  espès,  songneux,  quod  est  sonyneus  ^^^. 

Crebrllkrlas  (ms.  crebdifarius)^  lieu  habitable  aux  larrons 

ou  lieu  espès  1*^3. 
Credalltas,  creanche. 
Cremliini,  chaon,  creton,  c'est  la  char  qui  demoeure  après 

la  craisse  ^7*. 

*'*  Chainture  est  inacceptable;  ii  faut  corriger  ou  crialure  ou  faiiure. 

''■  Voy.  Gl.  58  (note  4 1)  et  OP.  27.  —  Cuite  (coing),  d'où  Tall.  quitte, 
est  traité  ici  comme  adjectif. 

'*'  Songneuê  s'explique  par  le  sens  «  assiduus  • ,  mais  je  ne  me  rends 
pas  compte  de  la  remarque  finale»  à  moins  que  la  forme  bizarre  sony- 
iMus  ne  cache  lat.  somniosus,  par  lequel  Fauteur  aurait  voulu  latiniser 
fr.  êongneux. 

"*  Il  est  évident  que,  pour  la  première  signification,  nous  avons 
à  faire  à  creMfunu,  qui  est  dans  JG.  et  Diefenbach;  mais  la  seconde 
{ttpès  =  peuplé  fréquenté)  permet  de  supposer  que  Tauteur  connaissait 
ou  s'imaginait  une  formation  erebrifarius  (faite  peut-être  sous  Tinflucnce 
de  miUUfariui). 

"*  Ailleurs  «  siccamentum  frixorum  in  patella  »,  «  quod  de  frixis 
carnibus,  ex  tracta  piaguedine,  remanet  in  patella  ••  —  Chaon,  partie 
du  lard  qui  ne  se  fond  pas  à  la  pocle  et  se  grille,  grésillon  (God.  d'après 
Tome  XXXVII.  4 


(80) 

Creperon  grece,  lat.  dubium  ^''^. 

Crepo,  faire  son  crepois  ^-^G. 

Crepandlam,  couche  ou  berch  (prim.  de  berceau). 

Crepasealam,  Teure   d'entre  chien   et   leu,   entre    nuit 

et  jour. 
Cretleas,  jugable  (=  qui  sait  juger)  ^^^. 
Crlbram  (ms.  crebrum),  crebre  à  blet,  crieule  ^"^8. 
Crlbro,  cribler. 
Crispo,  faire  crespe. 

Crnelbolam,  lumière  de  nuit,  gallica  craissei  ^'^^. 
Cradas,  crus  ou  crueux. 
Crnento,  ensangl[ant]er. 
Crnx,  crois,  gibet. 

le  Ménagier);  cre/on^  qui  est  aussi  la  traduction  du  Gl.  de  Douai,  n*est 
pas  dans  God.  —  Pour  lever  la  difficulté  je  lis  c  p.  f  et  prends  crtcon 
pour  identique  avec  cresson  (chose  croustillante),  dont  je  me  suis  occnpé 
sous  carlilago.  La  Vulg.  rend  par  cremium  le  gr.  cppuyiov  ou  fçi^yv^^. 

"*  Creperon  =  dubium  est  aussi  dans  JG.;  le  mot  a  tout  Pair  d*un 
neutre  grec,  mais  il  est  latin  :  crepertts  douteux,  pr.  sombre,  obscur, 
vient  du  même  primitif  crépus  d*oîi  crepusculum. 

>7«  Crepois  manque  dans  God. 

*^^  Creticus  (aussi  dans  JG.)  est  la  vraie  forme  latine,  dérivée  de 
cerno;  crilicus  est  tiré  du  grec.  . 

*'*  Crebre  n'est  pas  dans  God.,  pas  plus  que  crieule,  qui  est  aussi  dans 
le  Gl.  de  Douai,  et  qui  suppose  un  type  lat.  cribulum,  cribhtm.  On  pour- 
rait cependant  aussi  lire  Irieulc  =  tribula,  fléau;  or,  si  le  verbe  Irtrr  est 
=  tritare  (de  trilum),  pr.  broyer,  rien  n'empêcherait  de  revendiquer  à 
trieule  le  sens  de  crible,  sas. 

1^*  Sur  erucibolum  voy.  Gl.  56,  note  43. 


(51) 

Cvblo,  masle  i^O. 

CTvMtus,  queustes  (=  coude  ;  en  rouchi  ieute). 

C^ciil[l]a,  le  vestement  de  moisne,  floc,  gonnîelle  ^8i. 

Cnciiiiia,  vaissiel  à  coffer  (1.  cauffer)  yawe  ^^2. 

CJncnmer,  caourde  *83. 

Cndis,  martel  ou  cuing  à  faire  monnoye,  ou  englume  ^84. 

C^leitra,  queute  de  lit  ^85. 

Cnleiira  (1.  culina)^  cuisine. 

Cnlla,  le,  vestement  de  moisne  ^^6, 

Cnlcns,  sac  à  noyer  malfaiteurs. 

€mi(ii)a,  berch  à  gésir  enfans. 

Canetor,  faire  atarganche. 

()aneas,  compaignie,  ou  cuing  de  fer  à  fendre  bos,  cuignet. 

f^nra,  médecine,  soing. 

*'^  Cubio,  au  sens  de  «  masculus  »,  «  garçon  »,est  bien  constalé; 
Tient-il  de  cubare,  comme  affirme  JG.?  je  n*en  sais  rien,  mais  je  sais 
qu'il  peut  très  correct^ent  fournir  Tctymologie  de  goujon,  si  jamais 
cette  forme  (homonyme  de  goujon  =  gobio)  a ,  ce  qui  est  bien  possible, 
précédé  goujat. 

'**  Cuculla,  Lexic.  69,  iOO  euvele;  on  pourrait  lire  euuele  (=  cûeule), 
qui  concorde  avec  la  forme  latine  cucula,  et  je  pense  que  God.  a  tort  de 
placer  euvele  (=  toga)  sous  le  même  chef  que  euvele  =  petite  caye. 

"■  Du  dérivé  cucumarium  vient  fr.  coquemar, 

"»  Cucurbila,  synonyme  de  cucumer,  est  devenu  en  v.  fr.  eoucourde, 
gougourde,  goourde,  d'où  gourde;  à  côté  de  coourde  s'est  fixé  aussi  notre 
caourde,  que  je  ne  vois  pas  dans  God.,  mais  que  je  retrouve  dans  le 
wallon  cahoûte  (citrouille)  et  le  holl.  kauwoerde, 

»•«  Cudis  =  incudis  (incus). 

*•*  Sur  queute  voy.  mon  Diçt.  sous  couette, 

"•  Culla,  forme  tronquée  de  cuculla. 


(52) 

Carciilla,  corde  à  maronnier  (marin)  ^87. 

Caria,  court. 

Carlalis,  courtois. 

Cnrlosns,  curieux,  songneus,  courtois. 

€ar[r]aealiis,  ung  petit  kien  (ms.  bien)  courant  i^. 

Car[r]am9  isnel. 

Cnimlo,  couremens. 

Cnraeo,  acoupir  ^^9. 


Balnn,  petit  voille  de  nef  ^dO. 

Banns,  usurier  (voy.  DC). 

Bapsllis,  largues  de  viandes  (=  repas). 

Bceinio,  disroer  (ms.  disiier?),  donner  disime. 

Bcclpala,  piège  ou  rois  filé  à  prendre  biestes  sauvaiges. 

BcellTis,  déclive,  deglachable  (=  glissant). 

Bccllvns,   id.,  et  poeut  signifier  des  pendans,  corne  les 

pendans  bas  d'une  montaigne. 
Bceorns,  prima  longua,  bel. 

**'  «  Cureuliat  nautae  vocant  funes,  quibus  utuntur  in  tempestatibus»  ; 
JG.  diaprés  Ugatîon  et  Papias. 

!••  Curraeuluê,  dim.  de  currax  qui  suit. 

***  Curueare,  c'est  eurrucam  faeere,  rendre  cocu;  quant  au  fr.  acaypir, 
il  n'est  pas  dans  God.  avec  cette  valeur;  on  y  renvoie  à  escopir,  cracher, 
conspuer.  Cependant  acupir,  cocufier,  se  trouve  dans  le  Renard  731  : 


Bien  me  Ml  Renart  aeupir. 
Je  le  vis  sor  vos  rtins  gésir. 


"••  Dalum,  voy.  DC, 


(53) 

iras,  prima  brevis,  honnourable,  honeste  ^9^. 
Oeerepltns,  viellars. 
Defeco,  purgier. 
Defeetlo,  defaulte. 
Ilefeetiis,  defaux. 
ne^eiicr,  fourlignant,  bastars. 
He^o,  vivre  en  povreté  ^9^. 
Be^ero,  as,  porurer  ^^3. 
BelMno,  ni,  ntam,  arouser. 
Bellmo,  desrouiller. 

Bellro,  desvoyer,  destordre  (=  détourner). 
Bemarclias,  prinche  sur  dis  ^^*. 
Beucr^o  (ms.  -merco),  plonquier  en  yawe. 
Démon  [demum],  en  le  pardefin. 
Bepcllieor,  decepvoir. 
Deplnipo,  poindre  ou  deifacier  (=  effacer)  ^9$. 
Bepico,  desemplir. 
Depredor,  rober. 
Derideo,  demoquier. 
Dero^o,  detraire  ou  se  faire  tort. 

'**  Cette  distinction  prosodique  entre  les  deux  decorus  est  arbitraire; 
elle  est  fondée  sans  doute  sur  la  quantité  différente  des  gén.  decôn's 
(de  decus)  et  decôris  (de  décor).  La  même  ambiguïté  de  o  s*est  reportée 
sur  le  verbe  decoro,  d*où  le  vers  mnémonique  : 

Qaem  veneror  decoro,  qoem  pulcbrum  reddo  decôro. 

*'*  Les  mots  en  povreté  ne  sont  fondés  sur  rien. 

**'*  Article  défiguré  quil  faut  redresser  ainsi  :  Dejero,  €u,  parjurer. 

'**  Cette  erreur  reproduit  celle  de  J6.  :  •  princcps  super  decem  •. 

'*'  La  signification  négative  deffaeier  n*est  pas  constatée  ailleurs. 


(54) 

Deselo,  desçavoir. 

Bcsldeo,  descorder  ^96. 

Bcsi^na,  se(g)nefier,  dela[i]ssier  19"^. 

Bcsplelo,  despiter. 

Bctestor,  maldire. 

Bctraetlo,  malédiction  d'aultruy  en  deriere  faite. 

Betrlmentnin,  damage. 

Betrndo,  débouter. 

Bevoto,  maldiré  ou  brisyer  voeu  de  Dieu. 

BciKtro,  mener  à  dextre,  adextrer. 

Djan,  grece,  lumen  latine. 

lljar[i]a  (8ià(S^oia),  fluis  de  ventre. 

Mbellnn,  id  quod  duellum  id8. 

Blca,  ee,  taille  de  lois  ou  tailles  de  lettres  où  sont  contenues 

les  debtes  et  cheux  qui  les  doibvent. 
Blelo  [ditio],  puissanche,  riquesche. 
Bleo,  as,  sacrer  (ms.  sachier)^  affermer,  joindre  ^99. 
Bletameii,  dittier,  canchon. 
IHeto,  diter,  faire  dis. 
IMeta,  journée. 
Bllfero,  alongier. 
BlIllcaiK,  difficile,  grief  ^00. 
IMltaso,  espandre,  refuseler  (ms.  -lir)  ^oi. 

*'*  Desideo  est  ici  confondu  avec  dis$idco, 

'*^  Delaitsier  a  ici  la  valeur  de  consigner,  déposer. 

'*'  JG.  :  secundum  bellum. 

'**  Joindre  s  copulare  (ap.  JG.),  c-à-d.  lier  par  mariage  ou  par  vœu. 

*''  JG.  consigne  aussi  les  subst.  difficaeia,  -eacitas, 

'^^  Espandre  répond  k  diffusa  (dér.  de  diffundo);  refuseler  au  même 

verbe  en  tant  que  «  fuso  dissolvere  ». 


(88) 

lHi^l(s)tabalain,  dés  à  coeudre  que  on  met  ou  doit  ^^. 

■illndiimi,  jeux  (ms.  deux)  divers  ^03. 

IMplois,  vestement  double  come  pourpoint. 

■Mra,  foursenerie. 

■Mrlmo,  deviser. 

IHiieenilciilimi,  brochette  à  deviser  cheveux  ou  crespir. 

mseerpo,  esrachier. 

Blseolns,  fuiant  escoles,  vages  ^^4. 

IMserlnieii,  péril  ou  le  grene  de  chief  des  cheveux  âOa. 

lilserlnilnalls,  ornement  de  chief  de  femme,  graniere. 

IMseiis,  escuelle. 

Dlspendlam,  damage,  ennuy  ^<>. 

mssero,  is,  sagement  parler  ou  exposer. 

mssero,  as,  deffrumer  (=  dé-fermer). 

IMssIdlmii,  noise  ^07. 

Blssoplo,  desendormir  ou  esveiller  ^<>8. 

**'  Coeudre,  bonne  forme  wallonne  et  picarde  p.  coudre, 

*^*  JG.  :  •  iadus  divisas  vel  dîversus  ab  alio  •;  aussi  «  iocus  ubi 
divers!  ladi  eiereentur  • .  —  Manque  dans  DC. 

***  Dieeoluê  sss  diacors  a  scoia,  indiscipiinatus,  indoctus.  Selon  notre 
glossateur  ss  qui  ne  fréquente  pas  Técole,  vagabond.  —  Gl.  de  Douai  : 
•  discordaubles  >•.  —  V.  fr.  deseolé,  ignorant  (Reclus  de  Moliens, 
Charité  ISO,  6  :  fous  et  descolés). 

***  Grene,  v.  fr.  (omis  dans  God.),  =  linea  quae  dividit  capillos 
capitis  mulieris.  De  \k  le  mot  graniere  (égal,  omis  dans  God.)  dans  Tart. 
suiv.  Voy.  GL,  p.  9,  note  6. 

'**  Papias  :  «  damnum  vel  detrimentum  •> . 

**"*  JG.  mentionne  distidium,  mais  sans  en  méconnaître  la  différence 
d*origine,  sous  le  synonyme  dUeidium. 

'**  Le  composé  desendormir  manque  dans  God. 


(86) 

Blstlelam  (ms.  distigiufn)^  nombre  ou  livre  4e  [.ij.]  vers 

comme  Cathenet,  Ysopet. 
IHvidla  vel  divisa,  devise  (=  division,  dissension)  ^09, 
Blvldlenlviii,  bonne  (=  borne)  de  terre. 
Bolabra,  doloire,  grant  hache. 
HoIo,  doler,  plagnier  (=  raboter)  ^^0. 
■«,  facunde,  malice. 
%j  toit  de  maison. 
Domlelllinni,  maison,  maignage  ^H. 
Dominas,  dan,  corne  «  dan  Pierre  »  ^i^. 
D,  jusques  adont. 
i,  douaire. 

a,  interrogation  ^^3. 
^Spo|x(i>v),  nef  legiere,  isnielle. 
nalla  (SoiiXia),  honneur  à  homme  ^^4. 
Damas,  buissons. 

*^*  JG.  n*a  pas  la  forme  dhisa,  type  du  fr.  devise, 

**'  Doler  manque  dans  God. 

*''  La  première  acception  donnée  par  les  anciens  glossiteurs  a  domi- 
eilium  était  (selon  leur  étymologie  imaginaire  domuê  eilium),  •  domas 
fastigium  •.  Voy.  OP. 

'^*  Dan,  ancien  masculin  de  dame. 

*'*  Dragma,  altéré  de  dratna,  voy.  DG. 

*■'  Dri/ta,  opposé  à  latria  •  servitus  que  debetur  deo  •. 


(57) 


R 


Edep^l,  par  la  maison  de  Pollux. 

Edera,  liere. 

Edlllelmn,  conciergerie  215. 

Kfneai^,  puissans,  parfais,  vigreus  ou  sages. 

KITrenls,  non  rassis. 

KITrenns,  impétueux. 

Eiruffvs  (ms.  effUgittë)^  fuitis  (anc.  forme  de  fugitif). 

Efl^ro,  hors  mettre,  aler  as  cambres. 

Wtgiogtk  [ecloga],  parole  de  kievre  ou  laide  parolle  ou  de  laide 

manière  2i6. 
K^reo  [aegreo],  maladir. 
Elbldns,  couleur  moyenne  entre  noir  et  blanc. 
Elbvs,  idem  2i7. 
Electram,  letton. 
Ele^la,  misère. 

Rleg:asy  misérable  ou  vers  fais  de  misérable  manière. 
Elephaneia,  une  meselerie. 
Ellmino,  mettre  hors  de  l'uis,  encachier  ou  publyer. 
Ellmo  (ms.  elino)^  purgier,  escurer. 
Ellsns,  blechiés,  humbles  218. 

*"  JG.  •  honor  vel  oificium  edilis  ».  Le  mot  concierge  =  gardien  de 
maison,  répond  parfaitement  à  aedilis  r=  custos  aedis. 

***  L'orthographe  et  la  définition  de  ce  mot  sont  fondées  sur  la  fausse 
ëtymologie  aî{  -t-  Xdyoç. 

**'  Elbiu,  elbidus  (JG.,  Dief.)  sont  sans  doute  des  modifications  de 
albuSf  ^idus, 

*■*  Humble^  au  sens  d*c  abattu,  aecablé  •• 


(58) 

Elao,  onls,  lecheur,  glouton  ^^9. 

Kmano,  sourdre. 

Emasenlo,  castrer  maries. 

Eniblc(s)iiia,  sculture  ou  ornemens. 

Emerso,  hors  (ms.  non)  apparoir. 

Emeritus,  bien  deservis,  frans. 

Eminentla,  apparanche. 

Emissarlns,  cheval  qui  est  avoecles  jumens  pour  engendrer. 

Emola,  vaissel  de  cuisine  ^^o. 

Emnlor,  amer,  envier. 

Encenla  (éyxaivia),  commenchement  de  feste  nouvel,  comme 

le  dedicasse  de  Teglize. 
Endromis  (ms.  endiomes)^  fort  vestement  come  de  piaux  de 

moutons. 
Enormis,  sans  rieule  (=  règle). 
Eiiiiel[e]o,  cl[e]a«5  déclarer,  corner  (=  divulguer?). 
Epleansterlam,  tuyau  de  queminée. 
Episera  (on  peut  aussi  lire  eptsfra),  ordure  d'ieuxcacbieux^^. 
EpUasla,  e,  le  mal  de  quoy  on  chiet  ^^. 

•••  Eluo  =  heUuo. 

**'  Emola  traduit  yaXxsiov  dans  3  Esdra,  I,  iS  :  hostias  cozeninl  in 
etnolis  et  ollis.  —  Plutôt  que  de  songer  à  ane  étymologie  imoia  (immo* 
lare),  comme  fait  JG.,  je  pense  que  le  mot  est  altéré  de  enula  =  aênula, 
dim.  de  ainutn,  ahenum,  sous  Tinfluence  de  im-molare, 

'*'  Episera  manque  dans  JG.  —  Dief.  a  epùerum  =  sérum  laclts, 
fr.  maton.  —  Comme  le  mot  est  alphabétiquement  déplacé,  je  soupçonne 
qu'il  faut  y  substituer  epifora  «  lippitudo  oculorum  •  (JG.>.  Voy.  DC 

***  Cette  forme  de  epilepsia  est  tout  bonnement  un  lapsus  de  scribe; 
les  formes  en  cours  au  moyen  âge  sont  epil^mpsia  ou  eptlensia  (sic  dans 
JG);  de  cette  dernière  notre  adj.  epiletUictu  (aussi  dans  JG.). 


(S9) 

Epllema,  emplastre  ^^3. 

Epllentlcas,  qui  a  celle  maladie  (é.-à-d.  epilemia). 

Epalam,  viande  (repas). 

Epvlo,  onis,  glouton. 

E^sifems,  mal  cheval  (pr.  equus  férus). 

Eqvalens,  ung  tourment  come  de  géhenne. 

Er»,  e,  argent,  pecune,  monnoye. 

Erf^Mitalam,  cartre,  prison. 

Erlelns,  yrechon  (=3  hérisson). 

Kriniils,  Idls,  foursennerie  (ms.  fourœnnerie)  ou  paine 

d'infer. 
Ero^o  (ms.  erigo),  donner  pour  Dieu. 
Rriptoa,  herce  à  hercier  ^^. 
Eraca,  chenille  qui  mengûe  les  coulz,  ou  une  herbe  (sorte 

de  chou,  roquette). 
Erayo,  sansue,  enrouillure  ou  herbe  qui  gaste  les  blez  2^^. 
Er«o,  fourtraire,  destoumer,  avertir  226, 
E«eor,  orls,  mengeur,  gouliart  227. 

'"  EpiUma.  Selon  JG.  du  gr.  lenuL  ou  lemos  s=  vorago,  •  et  dicitur 
epiU  quia  supra  lema  id  est  vulneris  yel  ulcerîs  voragîne  ponatur  • . 
Cest  de  la  fantaisie;  epilema,  ainsi  que  les  variantes  epiHmma,  ephi- 
lema,  etc.  (voy.  Dief.},  sont  altérés  du  gr.  lirdiXei(jL|jLa. 

*'*  Brpiea,  aussi  (comme  ici)  eripiea,  est  dérivé  du  classique  irpex, 
primitif  du  mot  français  herce,  herse, 

**'  Le  latin  barbare  a  confondu  le  classique  hirudo  (sangsue)  avec 
aerugo,  rouille. 

•*•  Avertir,  ici  =  avertere,  evertere. 

"^  Esear,  quoique  placé  à  son  rang,  n*en  est  pas  moins  une  bévue, 
amenée  par  un  faux  rapport  avec  e$ca;  corrigez  e$tor  (d*un  supin  estum 
de  edère). 


(60) 

Eseulentus,  cras. 

Esealam,  neffles. 

Kternltas,  pardurableté. 

ethera,  resplendeur  de  l'air. 

Eventas,  aventure,  cas,  fin  ou  commenchement  «28. 

Eviro,  débiliter. 

Evito,  esciver. 

Enmenls,  -idis,  foursenerie  d'infer. 

Emiaelms,  homme  féminal,  castré. 

EiKaeerbo,  coeillir  crapes  ou  aigrir  ou  desaigrir  ^d. 

EiKalto,  eslever,  exauchier. 

Examen,  probation,  jugement,  la  languette  de  la  balanche 

ou  congrégations  de  mousquettes  qui  font  miel  ^30. 
EiKanimo,  descor[a]gier. 
EiKeedo,  sourmonter  (=  dépasser). 
E3&ees0U0  (ms.  excelsus),  oultraige. 
Exheredo,  deshireter. 
Exillo  [exsilio],  salir  hors. 
Exil(l)is,  graille,  non  gros. 
Exinanlo,  annichiller. 
Ex[s]eqaor,  mettre  à  oevre. 
E]K[l0]tinio,  cuidier. 
Existo,  estre,  parmanoir. 

'**  D'après  la  définition  du  mot  everUus  par  finis  prineipium,  que  Ton 
troure  dans  JG.,  je  suppose  que  dans  fin  ou  eom.,  le  mot  ou  est  =  en  le, 
donc  «  fin  dans  son  début  »,  déclin. 

***  Exacerhart,  exactement,  c'est  «  uvas  acerbas  colligere  »;  on  trouve 
aussi  exacinare.  —  Le  sens  négatif  desaigrir  est  plus  que  problématique. 

*''  Dans  le  dernier  sens  indiqué  examen  est  devenu  le  fr.  eMoim. 


(61) 

E«.or»bill0,  depriable. 

Kmon,  hors  de  naissancbe,  sans  foy,  defalans  23i. 

Kmos[s]o,  desoissier,  afoiblir. 

Kvosas,  qui  het  ou  est  haïs. 

K^pedio,  délivrer  ou  despechier. 

Empedit,  il  pourfite. 

Empers,  sans  partie,  defifalans. 

Emplo,  nettoyer. 

Emplicit,'  il  definist. 

Evploro,  encerquier  (rechercher,  anc.  aicherchier), 

Evpno  [exspuo],  esraquier. . 

Emto,  entrailles. 

E&ter,  daraignier  (=  dernier),  estraigne. 

EYterainimii,  désolation  de  mort. 

Emtenms,  estranges. 

Bmtimo  (=  existimo),  cuidier. 

EiKtoUentla,  orgoel. 

EiKiraneiis,  estrange. 

Kstrico,  delyer,  despecier  (=  desempêcher,  démêler). 

KiKtnpo  (ms.  exurpo),  destouper  232. 

EiKvberls,  sevrez  de  mammelles. 

Eikhco  [exsucco  et  exsugo],  secier  ou  sucier. 

E&nlto,  esjoir. 

«»*  Ces  traductions  de  exors  =  ex-sors  (exclu  par  le  sort,  non  parti- 
cipant) sont  intéressantes,  mais  veulent  être  vérifiées. 
**•  Extupo  p.  exshipo,  de  stupa,  étoupe. 


(62) 


Fabaflk^esa  (ms.  fabefrasa),  fève  frasée  ^33. 

Fabrleo,  forgier. 

Fabulor,  fabloyer. 

Faeesso,  faire  par  désir,  ou  cesser,  ou  départir. 

Faeetus,  courtois,  bien  parlans. 

Factieius,  faintis  ou  faitis. 

Faenndla,  belle  manière  de  parler. 

Fas:as,  ung  arbre,  faulx  (a.  fr.  fau,  fou). 

Fala,  halle,  tour  de  bos. 

Falarlea,  une  manière  de  dart  ou  une  fonde  ou  tenpeste  3^. 

Faleastram,  sarclet  à  tirer  herbes. 

Falco,  as,  fauquier  (=  faucher). 

Falera,  un  ornement  de  cheval,  orgoel  ou  fraude. 

Fal[l]aela,  falace. 

Faiiie[lie]iis,  familleux. 

Famllia,  famille,  mesquine  ^35. 

Famino,  as,  parler  ^6. 

Famnlus,  servant,  sergent. 

*ss  Faba  fresa  ou  fressa  est  la  fève  écrasée,  non  pas  la  fève  fraisée, 
traduction  fondée  sans  doute  sur  la  similitude  du  mot.  Dans  Dief. 
je  trouve  faba  fresa  rendu  en  ail.  par  gerocllie  bonen.  —  Lexie.  S6  fêtes 
frets  et  frises, 

'*  '  Le  sens  (empeste  rend  ici  le  b.  lat.  tormeninm  (machine  de  guerre). 

*''  Mesquine  (fillc,  servante)  ne  convient  guère  ici;  je  suppose  qu'il 
faut  corriger  par  mesnie  (ménage). 

"•  Famino,  dérivé  de  famen,  parole. 


(63) 

Fantasma,  fantasme,  rêverie,  songe,  vision,  illusion. 

Faifejimen,  farce  corne  de  tarte. 

Farelo,  farsir,  remplir. 

Faretra,  coffin  à  mettre  saiette[s]. 

Farran,  ri,  vel  -ms,  -ri,  vel  fartes  (laissé  sans  glose)  337. 

Farrns  [pharus],  tour  haulte  delés  la  mer  où  on  met  le 

lumière  pour  adrechier  les  maronniers  de  nuit. 
Fariram,  fourmentée  ou  viande  crespe  33^. 
Fascenlnla,  cloiture  (sic)  de  bois  ^^. 
Faseia,  bendiel,  drapel  à  loyer. 
Fascieulns,  fagot. 
Fasels,  enseigne  d'onneur. 

Faselos,  petite  nef,  isle  ou  une  manière  de  potaige. 
Fastldlo,  avoir  en  ennuy  ou  en  orguel,  despire. 
Fastisiain,  hauteche,  honneur. 
Fastuf»,  licite,  loisable. 
Fateor,  gehir. 
Fati[s]co,  is,  fendre  ou  defalir,  ut  a  iste  [pannus]  fasticit  (sic) 

rimis  »,  vel  «  membra  febre  fatiscunt  ». 
Faatio,  consentement  en  mal. 
Faveo,  ottroyer. 
FaTlila,  flamesque. 

«»ï  Prob.  des  variétés  de  far,  farrit  ;  je  ne  les  trouve  pas  ailleurs. 

"*  Farlrum  est  inconnu;  lisez  suit /arra/tim  •  puis  ex  farre  facta  vel 
cibus  pinguis  gcneraliter  « ,  ou  farium,  viande  hachée  (  «  caro  concisa 
et  minuta  »).  —  Le  gloss.  de  Salins  a  farralum,  froumentée  (bouillie 
de  farine  de  froment). 

"^  Pasceninia,  1.  fascenia,  JG.  «  clausibilis  vallatio  circa  castra  et 
civitates  »  • 


(64) 

FftTisor,  pécheur  (=  piscator)  ^-w. 

FaviuM,  legier,  non  (plaisant)  pesant  ^^. 

Favor,  faveur,  ottroy. 

FavuM,  miel,  cire  [de]  beste  à  miel. 

Faux,  joue  ou  destroit  de  rivière  ou  entre  montaignes. 

F»iLo,  faire  non  plus  ^*^. 

Fam,  brandon. 

Fceiift[l]aiii,  grain  de  torsin  !243. 

Fceo,  a«,  order,  gaster. 

FeeulcntuM,  plain  de  pueur. 

Fccimda«9  plentiveux. 

Fedco,  puïr  244. 

Fcdo,  order,  souiller. 

Fel,  fiel,  amer. 

Fcmcift,  cuisse  de  femme  2^. 

Fémorale,  braye  à  homme. 

Fenero,  prester  à  usure. 

***  J6.  fawssar,  «  quia  semper  rogat  et  Deo  favet  ut  sibi  beoe 
cveniat  ». 

*^^  JG.  «  levis,  imponderosus  ••  ->  Le  scribe  a  oublie  de  biffer />lai- 
iani  qa*il  avait  d*abord  écrit  par  mégarde. 

**'  La  valeur  attribuée  ici  à  ce  verbe  barbare  (tiré  de  faxim)  est 
étrange;  cp.  plus  haut  faeesso  =  cesser. 

*^'  Fenicium,  JG.  «  minutl  acini  et  dure  cutis,  quod  plus  feeem 
faciant  quam  alii  acini  •.  —  Torsin  signifie  mare  de  la  bière,  drèche. 
—  Dief.,  ad  fecinium,  renvoie  à  fenicium,  a  herba  fullonum  que  nigram 
facit  tincturam  ».  Notre  fecinium  ne  parait  pas  s*y  rattacher. 

***  Fedeo  est  une  dérivation  de  foedtis,  faite  sous  Tinfluence  de  foeteo; 
JG.  foedum  esse. 

'^'  Cette  distinction  sexuelle  entre  femen  et  fémur  est  une  invention 
du  moyen  âge. 


(68) 

Peoicalain,  fenoul. 

Peralis,  mortel. 

Percalmn,  mes  de  viande  ou  vaissel  à  viande. 

Fere,  adverbium,  a  bien  ou  a  paînes. 

Peretrum,  bière,  fiertre. 

Perlna,  venison. 

Ferio,  faire  feste,  cesser  à  labourer. 

Fennentum,  levain. 

Ferocio,  fourcener  (ms.  fourcetwir). 

Fertom,  offrande. 

Femla,  pammelle,  une  herbe. 

FerTorium,  caudron. 

Fescemma,  e,  mulier  que  expellit  2^. 

Fescenla,  canchon  qu'on  dist  en  berchant  Fenfant  pour 

l'endormir  247. 
Festom,  feste  ou  sommité  de  maison  (=  faîte)  2^. 
Fe(s)iaifts,  bestes  mues,  come  brebis,  porchaux,  chievres  ^^d. 
Feteo,  puir. 
Fctara,  enfanture. 
Fétus,  enfantemens,  faons. 
Fcx,  boe. 

Fiber,  bievre,  castor. 
Fibola  (ms.  fibrula),  affic^  (ms.  office),  fermail  «so. 

*^*  Feicemma;  JG.  fescenia  «  mulier  que  expellit  fascina  •. 
•"  Fescenia  ;  JG.  feseenine  (plur.). 

***  Fesium,  faite,  est  un  mol  bas  latin  d'origine  germanique  ;  voy.  mon 
Dictionn.s.  v.  faite. 

•*•  De  fetare,  faire  des  petits. 

"•  Affice,  affique,  primitif  d'affiquel  (voy.  fixula}. 

Tour  XXXVII.  5 


(66) 

Ficftrlas,  coelleur  de  figues,  ou  dieu  sauvalge,  sauteriau 

(=  petit  satyre). 
FicAtum,  jusyer  ^^. 
Fietilifl,  brisable  come  pot  de  terre  ^5^. 
Fieulneit,  figier. 
Ficus,  infirmitas,  fis  (nom.  de  ^f). 
Fidejubeo,  plegier. 
Fidelift,  pot;  inde  fideliola,  dirn.  ejus. 
Fidiculft,  dim.  de  fidis  ou  instrument  de  tourment. 
Fidifl,  corde  à  instrument  de  musique. 
Fli^o,  ficquier  (=  ficher). 
FliAterlum  (ms.  fUartum),  briefve  cedule  253. 
FillAlits,  de  fil. 
Filica,  courtois  ^^^. 
Filix,  fouchiere  (=  fougère). 

Filiiii,  in  dativo  etablativopluralibus,  une  racine,  sennelle 2^. 
Filtro,  feutrer  ^^6. 

**}  Fieatum  (foie),  comme  plus  loin  jecur,  parait  Iraduit  par /l'Wer 
(gésier)  dans  la  supposition  d'un  rapport  élymol.  de  ce  mot  français 
avec  lat. /cctir;  voy.  ma  note  8  dans  Gl.  43;  voy.  aussi  pi.  loin  /eciir. 

*'*  La  traduction  brisable  est  insoutenable,  bien  que  les  fictiHa  le 
soient  en  général.  Il  y  a  ici  erreur  p.  fractilis, 

*"  Filaterium  =  cpuXaxxi^ptov,  amulette.  Ugulio  :  •  membraiiula  vd 
brcvieellus  in  quo  lex  scripta  est  et  conservalur  et  quam  derercbant 
ante  frontem  vel  pectus,  ut  sic  viderentur  religiosi,  etc. 

***  Cet  article  reproduit  celui  de  JG.  :  curialis,  et  dicitur  a  flia  (^iXtj), 
mulicr. 

*"  Cet  article  reste  obscur;  le  mot  senneUe,  comme  nom  de  racine, 
mVst  inconnu.  -^  Un  vocabulaire  allemand  de  1547  (ap.  Dief.)  donne 
fida,  benedictenwurz. 

'"  Cette  bonne  forme  ancienne  p.  filtrer  manque  dans  God. 


(67) 

■S,  fiens. 

Firmaciilaiii  (ms.  'Us)y  firmal  (agrafe,  boucle),  gaigure. 

FiscallM,  de  roialle  bourse  ou  de  realle  rentece  revenue. 

Fiscina,  fissielle  à  frommage  357. 

Fisco,  fi[s]quer,  c'est  appliquer  à  la  borse  du  roy. 

Fislc»,  fisique,  médecine. 

Fistalft,  flahute  ou  maladie  ou  ung  conduit. 

Fistalo  (verbe),  flahuter,  ou  (subst.)  ung  arbre  aroma- 
tique 258. 

Fiton  [python],  serpent  ou  devineur. 

FiiKo(l)la,  affiquet,  atache,  ou  fermai,  ornement. 

Flabellum,  esmouchier  ^chasse-mouches)  259. 

Flabrum,  soufflet  260. 

FIaccco,  amagrir,  noirchir. 

FlAfnrniii,  flaiel,  batoir. 

Fiamcoliiiii,  petit  vestement  ou  aornement  de  prestre. 

FIath»,  blond,  inter  rubeum  et  album. 

Flectcre,  flechier. 

Fle^m»,  fleume(ms.  fleune)^  unedes  .iiij .  conditionshumaines. 

Fiemen,  enfleur[e]  de  sanc. 

FIcikhosiim,  plain  de  plois  ou  de  muabletés,  tortus. 

Flocciikcio,  pau  prisier. 

Flocco,  flotter,  cottonner  come  la  nef  (neige)  ou  la  laine  des 
brebis  qui  jette  cotton. 

FlocuM,  floc  come  de  laine. 

"'  FisneHe,  anj.  faisfeVe  (voy.  Liltré). 
*»•  Je  ne  trouve  nulle  pari  le  subst.  fistulo  (-onis). 
'"  God.  ne  donne  que  esmoueheor,  -ail,  ^art. 
'*®  La  valeur  soufflet  dans  le  sens  moderne  est  inconnue;  il  faut  prob. 
lire  souffles  (cas-sujet). 


(68) 

FluctQfl,  flot,  fleuve,  fluissemens. 

Flao,  decourir. 

Fluor,  moitisseur,  decouremens. 

Foca(t)riay  cuisinière  (ms.  cuisiné)  ou  concubine. 

Focftrlaiii,  fouier. 

Foculo,  nourir,  faire  feu. 

Focus,  feu  ou  fouier. 

Fodio,  fouir. 

FolllcnlaM,  le  pel  où  on  envolepe  le  grain. 

Foran^o,  lisière  de  toille  261. 

Forceps,  estenelles  (tenailles)  ^62. 

Forfcm,  forces  262. 

Forica,  fosse  à  mettre  ordure. 

Formica,  formion. 

Formidus,  a,  um,  chaux  (chaud). 

FormuM,  chaux  (chaud). 

Forais,  vaussure  de  pierre  ou  bourdel  ou  arce  de  pont. 

Foracio,  pertu(r)isseniens. 

Foramen,  trau. 

Forpcx,  cisiaulx  262. 

**'  Forago  «  fiium,  quo  textrices  diuraam  opus  distinguant;  a  forando 
dictum  »  (Festus).  —  On  voit  que  le  sens  s*est  modifié. 

••*  Sur  les  mots  forceps,  fàrfex,  forpex,  voy.  Lexicogr.  lat.,  p.  72. 
J'y  ai  cilé  le  vers  : 

Forfice  6Ia,  filum  cape  forpîee,  forcipe  ferram. 
La  science  étym.  explique  forcfps  par  formi-eeps,  de  Tanc.  adjectif /br- 
mus,  chaud  (cp.  le  gr.  Trupdcypa),  mais  cette  explication  peut-elle  s'ap- 
pliquer aussi  aux  deux  autres  ternies?  Jusqu'ici  on  voyait  dans  foreept 
•  foris-capio  •,  dans  for f ex  a  foris-faeio  »  et  dans  forpex  une  trans- 
position de  c  et  p  dans  forceps,  La  basse  latinité  avait  encore  forsix 
(ciseaux),  qui  représentait  «  foris-seco  •. 


(69) 

Porlnltus,  aventureux. 

Poralns,  fourel,  bourse. 

Porun,  le  pertuis  de  la  nef  pour  nettoyer;  id.  c'est  le  lieu 

où  on  foule  le  vendange  263. 
FotiniAiias,  ung  hérite  (hérétique;  nos.  hermite)  264. 
Fr»ctila«,  frange  265. 
FrasidicA,  grefez  266. 
Frasills,  fraille  (auj.  frêle). 
Fra^or,  noise,  son,  bruit. 
FrAfpro,  flairer,  odourer. 
FrAi^ium,  frese. 
Fraisas,  le  ploy  du  genoul  267. 
Fratcllum,  agout  (=  égout)  de  privée  268. 
Frateo,  desplaire,  puïr  269. 
Frcndco,  cotir  les  dens. 
FrencslM,  frénésie,  derverie. 
Wremum,  cotis,  brisiés. 
Frlco,  froter. 
Frli^ldo,  effroidir. 

***  JG.  définit  forus  ainsi  :  «  foramen  iliud  in  navi  per  quod  rcmus 
immitlilur  « . 

'*^  Il  8*agit  de  la  secte  des  Pholiniens. 

***  Gloss.  de  S.  Germain  :  FracttUtu,  frange,  ou  poil,  ou  coton  de 
tapis  ou  de  robe. 

'**  JG.  slilas.  —  On  trouve  aussi  fragUida  (Dief.);  je  pense  que  la 
forme  normale  est  sphragieida.  —  Grefez  doit  être  le  cas-sujet  de  grefflet, 
dim.  de  greffe  (lat.  graphiiim). 

**'  JG.  «  incurvatio  genuum  vel  ipsum  genu  n. 

'*'  JG.  •  stillicidium  stercoris  vei  sterquilinii  » . 

'*'  JG.  «  sordere,  dispticere  vel  tergere  • . 


(70) 

Frli^cro,  enfroidier. 

Frifflo,  as,  mittrer  ^'^o. 

Frii^o,  frire. 

Frli^oroMus,  frileux. 

Friffutio,  se  traveillier  (s'agiter)  ou  démener  pour  le  froit. 

FrUillam,  mortier  à  espèces  (épiées). 

FriiKA,  carbonnée. 

FriiKAtura  vel  firictnra,  friture. 

FrondAtor  (ms.  fronditor),  esveilleur  ou  coeuI[l]eur  de 

foelles  271. 
Frontispiclum,  frontière  (»  façade). 
WrwÊgïj  pourfî table,  atempré. 
Frumcn,  l'entrée  de  le  geule. 
Friist(r)Oy  despichier  (mettre  en  pièces). 
Fncosiiii,  fourtrains  ou  tains  272. 
FuffM,  fuite,  cache  (chasse). 
FuffAx,  fuitables,  fuitis  (cp.  effugus). 
Fasl[l]lafl,  fer  à  faire  feu  (briquet)  273. 
Falcmin,  esponde  ou  piet  de  lit. 
Ful^etra,  esclistre  ou  tonnoire. 

"^  JG.  «  frigio  ornare  ••  —  Frigium,  «  ornamentum  capitis  opcrc 
Phrygio  contextum  •. 

*'*^  Quid  esveilleur?  Scrail-ce  une  dénomination  du  pigeon  ramier, 
aulrc  acception  de  frondalor?  Ou  le  mot  est-il  gâte  de  MAefrïetir  (qui 
émondc)  ou  de  escueiUeur  (qui  cueille}? 

"*  Fourlrains  est  sans  doute  une  erreur  p.  fourtaim  ou  sourtains 
(JG.  supertinctus). 

"^  Comment  se  rendre  compte,  étymologiquement,  àefugillusT  Est-il 
radicalement  connexe  avec  focus,  d*où  par  b.  lat.  facile,  fr.  fuisil,  futilf 
La  variante  fungilhu  (Dicf.)  fait  penser  au  germ.  funh,  vonk  (étinedlf). 


(71) 

Fnli^etani  [fulgetrum],  resplendisseur. 

Pulffor,  oris,  fou(r)dre,  tempeste. 

Vai^iir,  arts,  id.  ou  souffre. 

Valii^o,  noireur  de  feu  ou  de  sieuée  de  cheminée. 

Fnlinity  cuisine. 

Fuiras,  gaune  come  métal,  ou  brun  entre  noir  et  rouge. 

Fumas  [fimus],  fumier. 

FandAnns,  cuUiveur  de  fons  (ms.  fiiem). 

Funesto,  order  de  (ms.  le)  corps  mort  â^i. 

Fun^or,  user. 

Funi^us,  campignon  (sous  boletus,  la  forme  campion), 

Farc«9  fourque  ou  gibbet. 

Furcillo,  pendre  ou  branler  ^'J^. 

FarAir,  garnis,  bren  (ms.  bretn)  ^"76. 

FarAir[i]o,  un  oysel,  fuiron  277. 

Faro,  beste  qui  prent  connins  en  leur  pertuis,  fuiron. 

Fnror,  embler. 

Farunculiis,  laronchel. 

Funrns,  noir,  obscur. 

Fascina,  havet,  crochet. 

Fusns,  fuisel. 

*^*  JG.  a  funere  înquinare  et  ponilur  simpHciter  pro  inquinare  ». 

*"**  JG.  «  suspendere  vel  concutcre  • . 

•'•  Garnis j  quîd?  Faut-îl  lire  granis  ou  grems  (nom.  4e  granil,  grenil\ 
petit  grain?  Peut-être  grani*  représente-t-il  Tadj.  granidm  et  est  Tépi- 
tbètc  de  bren  (son)  qu*il  précède. 

'^^  Fuiron,  comme  nom  d*oiseau,  n*est  pas  dans  Godefroy.  —  Le  mot 
latin  n'est  pas  non  plus  dans  JG.;  mais  dans  Dîef.,  il  est  traduit  par 
dom-draHy  -drcgil,  -droschel;  on  trouve  aussi  la  forme  furfarius. 


(72) 


e«lat[ic]le,  amm,  délices,  viandes  delicatives  faites  de  laiu 

6»le«,  haiame. 

ealemsy  capel  de  cuir. 

GallarluA,  i^«llic«riii«,  pareus  de  cuir»  conroieur. 

G«llin«,  gline. 

GftiftCA,  leceresse,  putain. 

eftneuiii,  lieu  de  lecerie,  bourdel. 

e«rrlo,  jengler,  bourder,  ordement  parier,  gargonner  corne 

oysel. 
eclicidiuiii,  gelée  cheant,  gallice  werglach, 
ecl[l]oy  ouïs,  rude,  vilain  3*78. 
Genecarlus,  tixerant  ^79. 
Geniosas,  engygneus. 

Gcno[r]badniii,  grenon  (barbe,  moustache)  s^. 
eermen,  bourgon,  gremon  (ap.  God.  germon). 

*^*  Gello  ou  giUo,  JG.  «  rusticus,  ineptus,  qui  aliter  bacalis  vcl  baca- 
laris  yel  lucalis,  dicitur  • . 

*'*  Geneeariuê  (omis  dans  JG.},  dérivé  de  gynaeceum,  atelier  de  tis- 
sage. Cp.  GL.  47. 

"^  Sur  grenon,  mot  très  répandu  dans  le  domaine  roman,  voy.  DIft, 
Diet.  (4*  éd.),  p.  17â,  s.  v.  grena.  Quant  à  la  formation  et  ranafyse  da 
mot  latin  genorbadum  et  de  ses  variantes,  et  aux  diverses  tentatives  pour 
résoudre  ce  problème,  je  me  bornerai  à  renvoyer  à  TarL  gram  dans  DC, 
en  ajoutant  qa*il  est  difficile  de  voir  dans  genorbadum  ou  gefwtbardmn 
autre  chose  qu'une  combinaison  des  deux  thèmes  germaniques  jfnm, 
gren  et  ftaW. 


(73) 

Ciermino,  gerner  (forme  plus  correcte  que  germer). 

C&erro,  bourdeur,  fol,  malsade,  indiscret. 

Oerra,  bort  ou  frange  de  solers  284. 

C^s»,  glave,  guisarme. 

ecflticiilo,  bateler,  baler,  soi  démener  en  balant  ou  en 

contrefaisant  autruy. 
CVlbber,  evim,  boche  ou  (=  en  le)  pis,  unde  : 
€Vibbero«as  (ms.  gibberuosus)^  bochus  par  devant. 
CVIbboMvs,  bochus  par  deriere  282. 
Gi^aM,  gaiant. 

CViUo,  ouïs,  rude,  vilain  (cp.  gello,  pi.  h.). 
CVipuum  (ms.  giphum),  piastre. 
Oirlllus,  deswuideur  (1.  -otr)  ou  polye  (ms.  ployé)  à  tirer 

yawe  283, 
Oims,  circuite. 

GlabcUa,  grene  de  la  teste  (cp.  discrimen)  284. 
QIaus,  glandes  de  quesnes  ou  plonbée  ou  masse  de  plonc 

pour  jetter  en  la  fonde. 
Glftrea,  argille,  terre  tenant  ou  petite  pierre  que  le  fleuve 

attrait. 
GlauconiA,  «tis,  obscureté  de  Tœl. 
Glirlus  (ms.  gkrus)^  lent,  p[r]eceux. 

*'*  Glose  estropiée;  je  corrige  :  Gersa,  boe  ou  fange  de  solen,  en 
renvoyant  à  Dn  Gange. 

**'  La  distinction  faite  ici  entre  gibberosus  et  gibbosus  est  arbitraire  et 
se  fonde  sor  ce  vers  d*un  grammairien  : 

In  dono  gibbiu,  in  pfctora  gibbtr  habetur. 

•••  GiriUus;  ap.  JG.  et  ailleurs  girgUlus.  —  Lexic.  i  30,  giriltut,  vindas. 

***  JG.  «  grana  capitis  ». 


(74) 

6110,  Iriit,  une  beste,  loir,  qui  dort  en  iver  ^s. 

€Mmj  tin,  une  herbe  (la  bardane). 

Giifl,  «Im,  terre  gloise  ^^. 

Qliis,  i^lldis,  mie  de  pain  (ce  mot  pain  effacé  a  été  remplacé 

par  p/am)  287. 
Qlisco,  i«,  «ccre,  resplendir,  croistre,  dormir,  orguiliir, 

indigner  288. 
Qli«co,  couvoitier  289. 
Glitosuf»,  spineux  come  gloise  290. 
Qlobus,  monchel,  luisel,  rondesse. 
«lomns,  luisel29i. 
Glos,  i^losis,  bois  pourri  292. 

*''  Pour  les  divers  glis  ayant  cours  dans  la  basse  latinité,  voir  la  note 
qiic  je  leur  ai  consacrée  dans  OP. 

**^  God.  ne  connaît  pas  la  foniiu  gloite  p.  glaise. 

*"  dis,  glidis;  ce  quatrième  glis  est  aussi  dans  JG.,  •  mu£Fa  panis 
vel  vini  »,  =  moisissure.  Notre  fr.  mie  est  donc  insoutenable. 

'*'  L'acception  •  dormir  •  parait  répondre  à  des  expressions  fîgu* 
rées  telles  que  gliscens  invidia  (qui  couve  sous  le  feu). 

*'*  Cette  valeur  de  gliscere,  courante  au  moyen  âge,  découle  du  sens 
premier  «  flamber,  brûler  •  ;  cp.  dans  Stacc  «  gliscere  ferro  • . 

"^  Gliloius,  d'après  JG.  =argillosus;  selon  lui,  en  effet,  glis,  terra 
tenax,  doit  dériver  par  l;  mais  comme  notre  auteur  attribue  un  génitif 
en  tis  à  gUs  =  lappa ,  ce  qui  me  parait  plus  eorrect  (voy.  mon  OP.)  et 
vu  la  trad.  spineux,  je  corrige  sans  hésiter  :  come  gloton  (oo  gUlcn), 

'*'  Sur  luisel,  voy.  GL.  32,  note  5. 

**^  Notez  le  vers  scolaire  (ap.  JG.)  : 

G  loi,  ghris  Oos  est,  gloi  glotis  femina  fratris, 
Ght  gloiti»  lignum  vêtus  est  de  Docte  sereoum. 

(  Les  génitifs  varient  dans  les  glossaires.) 


(7S) 

Criofli,  ffloris,  femme  de  frère  (ms.  feure). 

CrloM,  fflotis,  une  fleur. 

dluolo,  grumir,  et  apartient  as  porchaus  ^^3. 

C&luto,  devoureur,  lecheur  (fr.  glouton). 

CMuten,  -iniis  (ms.  gluton,  -onis)y  gluit,  colle. 

CVIotlniuin,  glouton  29^. 

CVrabâtam,  lit  à  gésir  2d5. 

drabatum,  gyron. 

CIradarlas,  palefroy. 

Orando,  grésil. 

Orano,  engrener  ou  emplir  de  grains. 

C^reminin,  gueron,  sain. 

C^rcx,  tropel. 

C^rip(p)iis,  orguilleux,  testart  2d<>. 

C^rossas,  figue  non  meure  qui  ciet  au  vent  de  legier. 

QramvM,  masse,  moncel. 

drame  (plur.),  la  crousse  (sic)  qui  vient  au  fons  du  tonnel 

à  vin. 
Qrnnd»,  goutiere. 
Qnadio,  guagier,  fermer  (=  assurer). 
Qnla,  geule,  gorge. 
Cardas,  non  pourfi table,  fol. 

'*^  Glunip  est  une  variété  de  grunnio,  que  donne  aussi  JG. 

**'  Gtutinium  n'est  connu  que  comme  signifiant  «  matière  collante  »; 
glouton  doit  donc  s'appliquer  ici  au  glouieron. 

*'*  Sur  les  deux  grabaiufn,  JG.  cite  le  vers  : 

Pro  gremio  grabatum,  pro  lecto  pone  grabiâtum, 
Papias  définit  grabatum  par  •  reelinati  capilis  susceptio  •.  —  Notre  fr. 
giron  se  présente  pi.  bas  (sous  gremium)  sous  la  forme  variée  gueron. 

'**  JG.  «  superbus,  cervicosus  •• 


(76) 

Gurgem,  gourt,  ruissel. 
Gar^ito,  sourder,  dégoûter  ^9?. 
Gnri^alio,  ver  qui  mengue  le  grain,  calende. 
Guri^iiMtiaiii,    maisonnette  à   povre   home  ou   huche  à 

poys  298. 
Qnsto,  agouster,  asaier  (ms.  asaisier). 
Gaftas,  vaissel  à  onguement. 


HabillM,  convignable. 

Halcno  (ms.  hanelo)^  alener. 

H«iiii«,  itis  [âmes],  la  perche  qui  soubstient  la  rois  (=  lat. 

rete)  à  prendre  bestes. 
Hamas,  mi,  hameson  (ms.  hanisson)  à  pesquier. 
HastA,  haste,  lance,  fust  lonc. 
Haarla,  espuissier,  attraire,  widier,  boire. 
Hebes,  rude,  preceuiL,  esbahis. 
Hcbito  [hebeto],  arrudir,  afollir. 
Hcetcca  vel  solarlam,  gallice  ung  solier  3^. 

**7  Gurgitare,  selon  JG.,  vorarc,  implere,  (levororc;  il  répond  dune 
ù  notre  expression  actuelle  fr.  engouffrer.  Comment  expliquer  la  tra- 
duction sourder,  dégoûter?  Je  tiens  ces  mots  pour  corrompus  ;  on  poar- 
rait  proposer  la  correction  gourder,  deghutir,  mais  gourder,  tout  correct 
qu'il  serait,  n'est  connu  que  comme  signifiant  maltraiter. 

**'  «  Huche  à  pois  »;  il  8*agit  de  nasse.  A  moins  d'admettre,  pour  le 
dialecte  parlé  par  Tauteur  du  gloss.,  rcxistence  de  la  forme  poiê  =s  pi»ci5 
(analogue  au  prov.  pet«),  il  faut  corriger  pott  par  politoiif . 

***  Heeteca  (on  trosye  aussi  ectheca,  ecteta)  est  défini  ap.  Papias  par 
«  periboins  »  (pourtour  d'un  édifice),  ap.  JG.  par  «  sofariam  •  (le  pla« 
haut  étage  d'une  maison).  —  D'où  vient  le  mot? 


(77) 

ieAerm  (ms.  hedrea)^  une  herbe,  liere  (déjà  produit  sous 

edera). 

ilna,  une  mie  300. 
Herbco,  herboyer. 

Heredites,  hiretage  (=  propriété  immobilière). 
Heredo,  »«,  hériter  (=  faire  héritier). 
Hereo,  aherdre,  doubter. 
Hère»,  hoir. 
Herna,  roche  30i. 

Hemi»,  routure,  enflure  ou  entaillure  de  coulions. 
Hlberift»«,  fables  espaignars,  vaines  cozes,  cornes,  et  est 

accusativus  pluralis  30â. 
Hlo,  baillier,  ouvrir  bouche  ou  estre  fendu. 
HIrquas,  qni,  le  clotel  del  oel  3^3. 
Hlrqanlii»  (ms.  -alus),  iuxurieus  en  femme. 
Hlrnndo,  arondelle. 
Hispidas,  (h)aspre,  puant,  pelu. 

*^  Hemina,  dcmi-setier  ;  fr.  mie  représenlc-t-il  média  =  demie,  ou 
faut- il  eorriger  minef 

*^'  Berna,  JG.  •  heme  llngua  sabina  saxa  vocanlur  ».  —  Festus  : 
•  Hernici  dicti  a  saxis,  quae  Mars!  hertia  dîcant  '>. 

^^^  Hibernas;  le  ms.  donne  hibemoas  (on  a  oublié  sans  doute 
d*effacer  o).  —  Cet  article  manque  dans  JG.;  cp.  dans  Dief.  hyberma^ 
neumata  =  bibema  neumata,  i.  e.  hîspanicas  cantilenas  vel  vanitales. 
—  Le  fr.  cornes  (on  peut  aussi  lire  cornés  =s  cornets),  au  sens  de  sor- 
nette, est  curieux. 

'**  Uirquus  •  oculorum  angulus  ubi  putredo  colligitur  *.  —  Je  ne 
vois  pas  clotel  avec  ce  sens  dans  God.  et  je  ne  comprends  pas  mieux  en 
lisant  clocel. 


(78) 

Histrlo,  hiraut,  gongleur. 

HlstriiK,  porc  espi. 

HlulcuM,  crevachés,  fendus. 

Hortfttio,  amonestemens. 

HoMpicium,  hosiel. 

Houpltole,  hospital. 

Ho«pitor,  herbegier. 

HoMtilo,  sacrefier,  embraser  ^o^. 

Hostio,  Is,  faire  equalité  (ap.  Isid.  aequare,  adplanare). 

Hofltorlum,  ratoire   (auj.  racloire)  à  mesurer  le  Met  ou 

alarere  (1.  à  le  rere)  305. 
Hainecto,  amoitir. 
Hiiiiiecta«9  moistes. 
IIaiiieril[l]iis,  la  cheville  de  lossoy  306. 

'®'  Hottito,  immolare,  inccnderc,  forme  bizarre  créée  sous  rinfluence 
de  hostia  et  ustulo, 

'^'  Hoitorium,  ap.  JG.  hostiorium,  lignum  cum  que  modius  vel 
sextarius  adaequalur.  —  Le  mot  fr.  alarere  est  évidemment  fautif  p. 
à  le  rere.  —  Lexic.  97  le  mot  est  traduit  par  eslric  (mot  ail.;  cp.  itrkh' 
holz).  —  L*étymon  de  ce  subst.  ne  serait-il  pas  le  verbe  hoitire  qui 
précède? 

'^*  HumerUlus  «  qui  extremitati  axis  infigitur  «.  —  Los$oy  m>sl 
inconnu;  j*y  vois,  jusqu'à  meilleure  information,  un  dérivé  de  Tall. 
luns,  auj.  IQnse  (achsnagel),  ni.  Hâm,  londte  (paxillus  axis). 


(79) 

I 
^«ceo,  jesir. 
^«ctonelA,  vantise. 
^«ntAculmn,  desjuQ  307. 

Mbls,  segoigne  (cigogne). 

Meonomus  [oecon.],  maignagier. 

Miloneus,  idoines,  convignables. 

Milrlas  [hydrius],  esgout. 

MilromAlum,  buvrages  de  pommes  de  grenaches.  308. 

Jlecor,  jugier,  jusier  (gésier)  309. 

Jleear,  jusier. 

Isnavla,  parece,  gastece. 

liriiAw»9  pereceus,  gast  3i0. 

Iirnosco,  non  cognoistre,  pardonner,  quitter. 

lleiL,  quesne  3i4. 

Illco,  tantost. 

lUon,  le  dongnon  de  Troie. 

Illectoy  eslechier  souvent  342. 

Illepidas,  [non]  savoureux. 

'^'  Jantaculum,  sic  aussi  dans  JG.  (qui  a  aussi  le  verbe  jantare). 

*^  JG.  «  unguentum  qnod  fit  ex  aqua  et  malis  macianis  •.  —  Nous 
avons  à  faire  h  une  forme  corrompue  de  hydromel  et  à  une  définition 
imaginée  pour  Tcxpliquer.  Notez,  toutefois,  que  JG.  n'en  a  pas  moins 
un  article  idromellum, 

***  Sur  la  traduction  jusier,  yoy.  fieatum.  Le  gloss.  d'Evreux  traduit 
aussi  par  juisier. 

"**  Fr.  gast  signifie  plutôt  inculte,  aride,  chétif. 

■"  Ilexj  'icis,  est  le  type  de  fr.  yeuse. 

'"  Eslechier  s=  allécher;  forme  absente  dans  God. 


(80) 

Ililcltus,  non  loisable. 

Imbuo,  arouser. 

Imltor,  ensievir. 

Immlneo,  apparoir. 

Impedatura  (ms.  impeditura),  empressure  de  pies  3^3. 

Imperatrlx,  emperesse. 

Impertlor,  partir  (donner  en  partage). 

Impes,  etl«9  hastiveté. 

Impétigo,  ligne  314. 

Iiiipl[ii]9o,  trebuchier  ou  hurter,  bouter. 

Impiano  (ms.  tmp/ono),  as,  decepvoir,  mettre  en  erreur  3U. 

Iiiipoiiie[ii]taiii,  daraignier  mes  de  fruis. 

Impono,  encoupper  ou  accuser,  mettre  sus,  imposer. 

Importe,  emporter  (=»  importer)  316. 

Impotio,  desvestir,  dessaisir  317. 

Imprimo,  ficier,  faire  empreinte  en  cire. 

Imas,  bas,  parfons. 

Inanlo,  anicîUer  (annihiler). 

IiiAiiis,  vain,  deifalans  en  conplection. 

Incentor,  embraseur,  boutefeu,  mal  vais  enhorteurs  3i8. 


'*'  Impedaiura,  J6.  «  pedis  mensura  vel  împreuio  vel  investigalio  •. 
—  Du  verbe  impedare  s:  imprimere. 

'*^  ifnpetigo,  teigne,  est  traduit  dans  le  gloss.  de  Douai  par  tente; 
il  faut  sans  doute  corriger  tetige  ou  tegne, 

"'  Ce  verbe  de  la  Vulg.  est  tiré  du  gr.  icXavdiu). 

"*  Emporter  =s  importer  est  inconnu,  mais  correct. 

'*'  Impotio  =  impotcm  facere,  dépouiller. 

***  Ineentor  est  =  incensor  (de  incenderc),  mais  au  sens  de  ffio/vati 
enhcrteur  le  mot  vient  plutôt  de  incinère,  enchanter. 


(81) 

Incessiis,  voye,  alage. 
Inclncto,  ensainte. 
Inealnmls,  haitiës, 

IncalmiiUAs,  santé,  convalescence. 

Ineamiiiodo,  damagier. 

Inenlca,  encauchier  3i9. 

Ineas,  -dis,  englume. 

Indiffas,  besongneux. 

Indlplscar,  acquérir. 

Indiicie,  treuves. 

Inedia,  povreté,  mesaise  (ms.  mesaige). 

Ine[r]9ia  [energia],  force,  vertus,  efficace,  efiéct  ou  engrece 

de  cure  320. 
Infamla,  diffame. 
Inilele,  negacions  (ms.  vagacUms). 
Iniisco,  saisir,  mettre  en  la  main  du  roy. 
Inffomiltes,  laidure. 

IntacAtas,  pur,  nais  (lems.  a  réuni  les  deux  mots  enpunais). 
Iiita«(e)o,  enfuseler. 
Ini^eiilam,  engien. 
Ini^erso,  emboer,  follier,  soullier  3^^. 
Iii9(r)aeii,  aynne. 

'"  Le  sens  rendu  par  tncauchier  est  celui  de  «  valde  calcare  »,  cp. 
plus  loin  rteuleo, 

*'°  Engrece,  acharnement,  empressement,  est  inconnu.  Tîcnt-il  du 
bourg,  aincre  =  ocre,  ou  faut-il  y  voir  un  lapsus  de  copiste  p.  cngresseîé, 
qui  est  Lien  connu? 

"*  Ingerso,  voy.  Tari,  gerra  (p.  gersa),  —  Follier,  entraîner  à  une 
aclion  folle,  égarer,  corrompre? 

Tome  XXXVII.  (> 


(82) 

InherenclA,  arroganche  322. 

Inldo,  a«,  trutrer  323. 

Inlelor,  arls,  comenchier,  asaisyer,  sacier  3î3. 

Ii^arlosas,  plain  de  murmures. 

Innoxlas,  non  nuisable. 

Insidle,  espies,  awès. 

Insldior,  awetier  (guetter). 

Insldiosus,  agaiteux. 

Inslplditos,  malle  saveur. 

Insltlo,  enteure  d'arbres. 

Insomnla,  vigille. 

Insalto,  faire  assault. 

Intei^ritas,  entiereté. 

Intempéries,  desatempranche. 

Intendo,  entendre  («=  faire  attention). 

Intentio,  augmentation,  intention,  considération. 

Intentliras,  ententis. 

Intereapedo,  distanche  local. 

Interdletum,  entredit. 

Interdia,  entrement  que  jour  est. 

Interdlas,  a,  aiu,  coustumés  (accoutumé)  324, 

Intemodlam,  le  gros  os  du  genoul. 

InterpolAtlm,  entrepostement. 

InterpalOy  rompre,  empeschier. 

InteralA,  chemise. 

"'  Inkerencia;  la  trad.  arroganche  ne  s^explique  pas. 
'*'  Dans  les  art.  initio  et  initior,  les  mots  trutrer  et  asaisyer  (assaier?) 
restent  énigmatiques.  Pour  sacier  je  propose  sacrer  (ss  baptiser). 
•"   Interdius  =  pcrdius. 


(83) 

Intima,  notefier. 

Inveetiims,  dettraiteur,  ralleur  (railleur)  ou  blasmeur  325. 

InvestliTo,  enquerre. 

Inirato,  as,  mettre  en  pâme,  empamer  326. 

Inirato,  as,  envoler. 

Invalutns,  envol[e]pés. 

#aeor,  jeuer. 

^•easas,  jeueus. 

Joenlor,  jengler. 

^•ciindltas,  leesce,  joyeusetë. 

Ipoplrsiwii  [hypopyrgîum],  chiennet  de  fer,  sur  quoy  on 

fait  le  feu. 
IpatAmiis  [hippopotamus],  poisson,  cheval  de  mer. 
IracmidlA,  maltalent. 
Inrldeo,  mocquier. 
Irrai^o,  sourmettre. 
Irrao,  encourre  sur  aultruy. 

Isapus[hyssopus],  une  herbe,  ou  espergoirà  yawe  benoitte327 . 
Itérant,  de  requief. 
Jnbar,  clairece. 
Jnblln,  esjoïr. 

entrer,  arpent  ou  journal  de  terre. 
Jni^iter,  pardurablement. 

'*'  Deiraiieur,  bonne  forme  anc.  p.  détracteur  (manque  dans  God.). 

'**  Le  premier  des  deux  arL  invoto  concerne  involare  =  in  yolam 
mittere,  empoigner  (d'où,  prétcnd-on,  le  v.  fr.  embîer,  et  même  par 
aphérèse,  le  n.  fr.  voter  =  furari);  le  second,  voler  ou  se  jeter  sur  (il  ne 
figure  pas  dans  God.). 

•"  Isopus;  sur  le  sens  wperjfoiV  (aspersoir),  voy.  DC,  s.  v.  hyssopura). 


(84) 

Junipcras,  genoivre. 
Jari^liim,  tenchon,  noyse. 
jruireneas,  veau,  geniche,  toreL 
JuTcnls,  josne. 
SujLtmj  delés,  emprès. 


HalAtns  [calathus],  rel  ou  corbison  3^. 


liAbeAicio,  tachier,  croler  (ms.  croter). 

liAbeo,  tavernier  (=  coureur  de  tavernes),  lecheur. 

Labes,  tache. 

liAblUs,  deglachable  (=  glissant). 

liaeerAmen,  decoppemens. 

l<aeeniA,  coppure  de  vestement  ou  fresœuvres  329. 

l<Acerno,  de^opper  drap. 

liAcero,  desquirer. 

l^AccrtA,  laisarde. 

'"  lîel,  quid?  CalcUhus  avait  jadis  la  valeur  de  «  forma  casearia  •, 
nécri.  scheene  =  ail.  schiene,  lequel  signifie  propr.  lamina,  lamelU; 
rel  pourrait  donc  être  =  angl.  rail,  n.  fr.  rail,  dont  Tétym.  (radiut,  riga, 
ail.  ricgelf)  n*est  pas  encore  tirée  au  clair. 

'*'  Lacerna,  chez  les  Romains,  signifiait  un  manteau;  en  basse  latinité 
«  pallium  fimbriatum  ».  La  première  interprétation  se  rapporte  à  lacer, 
déchiré  (cp.  laeemo  qui  suit);  quant  à  fresoeuvre,  que  je  ne  trouve  pas 
dans  God.,  je  le  traduis  par  «  ouvrage  fraisé  ou  frisé  ». 


(88) 

>,  deschirer  par  désir  ou  despechier  330. 
S«flà«tis9  is,  laiture  de  poisson. 
I^A^nla,  vestement  33i. 

p,  arts,  vocte  (1.  volte  ou  votUe)  ou  la  conjunction 
de  très  de  la  maison. 

iy  tourtel,  bugnet. 
fcmlia,  lequier. 
IjAiito,  despicier  (pi.  h.,  sous  lacesso,  despechier), 
Mjaux,  escuelle  de  balanche. 
K^^P*?  gleton  (glouteron)  332. 
S^ttpates,  viandes  confites  de  ehoulx  333. 
I^aquear,  las,  laceure  de  très  de  maison. 
fttarra,  faulx  visages,  maléfice. 

fttaras,  une  beste  habitant  en  terre  et  en  yawe,  s.  voile  noe  334. 
I^iMclirla,  mignotise,  jolité. 
Ijatebra,  lieu[s]  sacrés,  muchottes. 
Ijatea,  soy  cachier. 
Ijftter,  tieule. 
lAtex,  yawe  ou  vin. 

'*®  Lacessere,  harceler,  aUaquer,  une  sorte  d*intensif  de  lacio,  lirer, 
attirer  (cp.  facesso,  arcesso),  est  ici  mis  abusivement  en  rapport  avec 
laeerare, 

**'  Laeula;  JG.  «  quedam  vestis  que  quosdam  lacus  quadratos  cum 
pictura  habet  intextos  ».  —  Isidore: /acuto/a  veslU  (vêtement  à bouffettes). 

"*  GUton;  le  gloss.  de  Douai  a  cUton;  cp.  ail.  Mette,  Voy.  aussi 
Tart.  glutinium. 

'*'  J6.  «  lapas,  atis,  cibus  ex  oleribus  confectus  »;  chez  les  Romains, 
lapathum  était  une  sorte  d*08eilie. 

"*   VoUt  nœ  rss  vole-nage.  Il  s*agit  de  la  mouette. 


(86) 

Latomus,  maison  (maçon). 
LAtrlnA,  cambre  privée. 
liatro,  aboyer. 
liatranoalasy  laronçhel. 

l<Atas,  largues,  lés. 

I^Auso,  loer  335. 

Laxo,  la[s]quier,  eslarguir. 

liazAms,  propre  non  de  Ladre. 

I^ea  vel  Icona  (sic,  se  trouve  aussi  ailleurs),  leonesse. 

l<cea,  lesche  (s  est  intercalaire). 

Lccacltas,  lescherie. 

l<eetio,  liçon,  lection. 

liCiratiiiii,  lais  de  testament. 

lieffibllls,  lisable. 

l<effiaiii  vel  lectram,  luitrin  (ms.  lestrinTjj  pulpitre  à  lire 

ou  à  canter. 
l<eso,  faire  lais  (legs). 
Lena,  leceresse  ou  maquerelle  ou  ribaude. 
l<cndex,  ver(t)  de  lait. 
l<eiiio,  aplanoyer. 
l<eiils,  doulx,  souefs. 
I^eno,  lecheux,  macqueriaux. 
Ijenocinluiii,  masquelerie  336. 
l^cntloala,  dim.  de  lens^  tis,  tache  ou  (=  en  le)  front  rousse 

et  ronde. 

'**  Latuo  est  aussi  dans  JG.,  cp.  le  prov.  lamzar»  Voy.  aussi  Uaangt 
dans  mon  Dict.  d*étym. 

^**  Masquelerie  {Vt  est  parasite)  accuse  un  primitif  immédiat  mtuque- 
lier,  qui  n*est  qu*unc  forme  variante  de  maquerd. 


(87) 

Ijentiso,  tache  de  visage. 

Ij^ntiiSy  lenteux,  pieceulx,  tardis,  ou  flecissable  come  osîere. 

Ijeapardiis,  lupart. 

Mj^pmTy  douceur  de  parolle. 

Eiepr»,  meselerie. 

Ijepr^siis,  mesiaux. 

I^etitla,  joye,  leesse. 

M^wigak,  rabot  337. 

liiliens,  volentrieux. 

Mber,  fil  de  franc  mariage  ou  le  dieu  de  vin. 

IJI»ert[lii]iis,  1  (ms.  libertus,  tus),  fils  de  franchi(s)  338. 

Uliertiis,  ti,  sers  affranchis  (ms.  subraffacis), 

EJMdo,  luxure,  carnel  délit. 

EJMtiiia  (ms.  -tura),  bière  de  mort. 

liibaiii,  gastel,  pain  non  levé. 

Uceo,  loisir,  estre  licite. 

Ucea,  estre  prisiés  (mis  à  prix). 

IJeear,  prisier. 

Ueet^  il  plaist. 

Ueinlum,  mesche  ou  lumignon  de  la  candelle  339. 

Ueiniis,  ni,  id.  est. 

Ueitor,  prisier,   promettre  en  marchandise  ou  par  mar- 
chandise. 

»■'  Leviga,  dérivé  de  levigare,  est  fréquent;  néanmoins  il  manque 
dans  JG. 

'**  Libertus,  tu9.  On  dirait  que  le  scribe,  après  avoir  commis  le  lapsus 
tibertus  p.  Hbertinus,  a  voulu  par  le  génitif  en  tut  établir  une  différence 
avec  Farticte  qui  suit. 

«VLezie.  i9,  Ztiiel,  Hnol,  Utmul  (auj.  Ugnwi). 


(88) 

Ueltas,  loisable,  faisable  ou  raisonable  à  faire. 
Ueliim,  lice  de  toille. 
Uetor,  bouriel,  huissier. 
Uen,  boiel  culier  340. 
Uenterla,  la  foire,  flux  de  ventre. 
Uffa,  aguillette  (»  ligula?),  lanière. 
Iili(ii]arlas,  ouvrier  de  huche. 
Uffamen,  lyen,  loieure. 
Uffo,  onls  (ms.  ligor,  oris)^  hawe,  becque. 
UgmnÈmmj  fosser,  hawer. 
Uffastiim  [ligustrum],  fleur  de  sehuch  34i. 
Mmaca  (=  limax),  limace,  limechon. 
lilmas,  devantier  (=  tablier)  de  fevre. 
Mmen,  seul  d'uis,  entrée. 
Mmlno,  chevillier  huis. 
IJinis  et  limas,  tors,  travers,  borgne. 
Llmlto,  bonner  (borner),  limiter. 
Umphor,  mesler  en  yawe. 
Mnea,  ligne,  rieu(g)le. 
IJn^aacitas,  genglerie. 
lilnlpedimn,  cauchement  de  lin. 

liinlsteiua,  drap  fait  de  lin  et  de  laine ^  gallice  me$kt^ 
tiretaine  342. 

**^  Sar  rélymologie  de  lien  dans  sa  valeur  classique  et  dans  celle  que 
lui  a  prêtée  le  latin  du  moyen  Age,  voy.  mon  OP. 

"*  Sehuch  est  le  sureau  (voy.  sambtteus)^  la  traduction  n*est  donc  pas 
correcte.  Sur  les  diverses  significations  attribuées  à  Hgtutum,  voy.  OP* 

***  Linietema,  «  vestis  ex  lino  et  lana  contesta,  et  dicitur  sic  qnla 
in  staminé  linum  et  in  trama  lanam  babet  t .  Telle  est  Texplication  des 
glossaires. 


(89) 

MJnmy  effachier,  estouper,  brouîUier. 

Uns,  ung  ver(s)  très  cler  voyant. 

liippldiis,  cachieux  34;). 

Ura,  prima  longa,  rive  de  hâve  (=  havre)  344. 

Urieena  (sic)^  jouresse  de  harpe. 

EJs,  tenchon. 

Uiar^iiim,  escume  d'argent. 

IJTidiis,  noir,  envieux. 

MAmmy  porteur  d'yav^e. 

IJml¥liiiii9  lessive. 

lioca,  logier  345. 

liocaliis,  bourse,  bière. 

liorasto,  laouste,  vermine. 

liodls,  flassaire,  couverture,  loudier. 

liOfficns,  logic(ic)yen. 

I^fl^o,  ffinis,   poisson  sechié,  ou. amertume  ou  herbe 

amere  346. 
MjmgimwMàm,  me,  cogitation,  parolle  pu  raison. 
liOffimn,  response  raisonnable  347. 
lion^animltas^  lontaineté  de  courage. 
lioiiipltiido,  longuece. 
lionim,  resne  de  bride. 

'**  Lipffidus  p.  lippui  n^est  pas  dans  JG.,  mais  dans  Dief. 

***  Lira  n'a  jamais  signifié  que  sillon,  a.  fr.  roie  (lat.  riga);  aussi 
je  propose  de  corriger  rote  del  arere  (charrue). 

**■  Tout  voisins  de  forme  qu'ils  sont,  on  sait  que  les  mots  lat.  locare 
et  fr.  logier  sont  d'origine  distincte. 

***  Corrigez  loligo,  poisson,  sèche  (sepia). 

'*^  JG.  rationabile  responsum  i.  e.  sine  involucro. 


(90) 

I^otrlm,  lavendiere.  < 

l4iibrlciis,  deglachable. 

I^iibrlco,  trebuchier. 

I^neanar,  fosse  ou  (=  en  le)  bos  (ms.  bor)  348. 

liiioar,  forestage  ou  ung  oysel  349. 

XaelMIls,  luisable. 

I4iieraiiiy  gaigne. 

I^acto,  luite. 

liiieiis,  bois  espès. 

I^nidiis,  ors,  non  nés  (=  net  au  nom.  sg.). 

I^rnnba^o,  foiblece  de  rains. 

livnibar,  brayer. 

I^mmla,  fermai  fait  à  la  sanblanoe  de  la  lune. 

livpa,  louve  ou  ribaulde. 

I4iipanar,  bourdel. 

liiira,  la  gueule  (ouverture)  du  baril. 

liiiseiis,  borgne,  qui  voit  mal. 

I^aster,  loutre  350. 

I4iiteas,  boeux,  lueux  (=  lat.  lutosus). 

I4iimiis,  superfluité  de  luxure. 

'*•  JG.  •  fovca  în  luco  ». 

'"  D'après  JG.  lucar,  forestage,  fait  au  gén.  lueàrin  fuear,  nom  d*un 
oiseau,  a  que  pulchre  et  dulciter  canit  primo  maue  quando  lux  émanât  • , 
est  masculin  et  fait  au  gén.  iueàris. 

*'*  La  forme  huler  est  à  son  rang  alphabétique  et  a,  en  effet,  coexisté 
au  moyen  Age  avec  luter. 


(91) 


■aeelliim,  boucherie. 

■•«er,  magre. 

Macerarliis,  boucher. 

Macerles,  longue  parois  de  pierres  as  vignes  (a.  fr.  mai- 

siere). 
Maeerlo,  qui  fait  parois. 
llac[h]era,  longue  lame  paragiie. 
Macliliils  (ms.  -nus),  engin  à  faire  édifices  354. 
Machinor,  faire  engin  [ou]  édifices,  ou  penser  mal  ou  espyer, 

ou  cautuleusement  parler. 
Maeala,  tache,  pechîé,  ou  maille  de  haubregon  ou  de  rois 

(filets)  de  cottes  de  fer. 
Madldns,  moistes. 
Madliis,  ung  mois,  gallice  may  35S. 
Ma^istro,  mestroyer  (ms.  mastroyer). 
Mai^napere,  par  grant  labeur. 
Maffnder  vel  maffndar,  ront  de  coulz,  tronc  de  collet 

desous  les  foelles  sanz  les  foelles  et  aulcune  fois  atout 

(=s  avec)  les  foelles  3*3. 
Masns,  encanteur,  astronomicyen,  domineur,  rois,  grans 

princes  ou  homme  d'orient  364. 

'*'  Machiniê;  cp.  J6.  «  sunt  machine»  instrumeola  cdificiorum  dicta 
sic  a  maehinU  quibus  insistunt  propter  altitudiuem  parietum  » . 
'**  Maditu,  autre  forme  de  maius  qui  suit. 
*"  Coulz  =  choux  ;  eolM,  coietf  dimin.  de  cou,  chou, 
***  Domineur  me  semble  fautif  pour  devineur. 


(9?) 

laliis,  may. 

lala,  joue  ou  dens  de  dessus. 

lalmn,  pomme  de  grenache. 

laliis,  mast  de  nef. 

lallensy  maillet. 

i,  qui  ha  defaulte  de  mains. 
»,  mangeur,  hardel. 
Maiidra,  bouvier,  id.  bubulcus. 
lfaiid[r]affora,  une  pome. 
lfa[ii]9o,  amis,  ma[r]chan$  [de]  pages. 
Manico,  emmanchier  ou  engresillonner  355. 
Manipulas,  glenne  de  bled  ou  compaignie  de  gendarmes. 
Manslo,  demeure. 
Mantloa,  malle  de  cheval. 
Manille^  touel,  nape  ou  doublier. 
Mantas,  mitaines,  gans,  moufles. 
Manabie,   espyes,  guettes,  ou  despouilles,  rapine,  coze 

de  proye. 
Manabrlo  (ms.  'bero)y  emmanchier  come  ung  coutel  ou 

autre  instrument. 
Manaparlniii,  nappe  356. 
Manzer  (ms.  man$er)j  filz  de  putain. 
Mappa,  nappe,  forme,  pointure. 
lfare(h)eo,  flétrir,  estre  ars  come  la  fleur  ou  pouris. 
MarccsclUIls  (ms.  -essibilù),  flequissable. 
p,  poureture. 


•"  Engresillonner  de  gresillonê  =s  menottes. 
"*  J6.  donne  manupiarium ,  gausape,  i.  e.  manus  pians  (!). 
préfère  la  forme  en  parium. 


(93) 

1,  maillet  à  mailler  ou  à  marquore  (?)  357. 

plsoa,  ampolle,  vice  qui  vient  de  confrication. 

I,  masie,  maris. 
%y  masse,  grief  pois. 
M atertera,  ante  de  par  le  mère. 
Matrieiila,  petite  cartre  (=  charte). 
■fatrina,  marine  (»  marraine). 
Matuitliiiiiiiy  matinée. 
Mamllla,  joe. 

M ec[li]aiileiis,  ouvrier  de  mestier. 
Meclila  [moechia],  adoultrie. 
M eehor  [moechor],  adoultrer,  a(d)voultrer. 
M edeor,  mediciner. 
lfedi[c]tas,  moitié. 

Media,  moyenner  ou  fendre  par  mi  le  milieu. 
Medlolanmn,  une  cité,  Melan. 
lledital[li]am,  le  mîeul  corne  de  l'œuf  ou  de  la  roe. 
Medlastlnus,  uier  ou  bourgois  3^. 
llediil[I]a,  moulle  (moelle)  359. 
Mêla,  anls,  taisson. 

'*^  Quid  marquore T  Faut-il  marqueur  =.  qui  marque  une  empreinte? 
Le  mot  cache  plutôt  un  infinitif. 

'"  Mediustinus,  iG.  •  balneator,  quasi  in  medio  ustione  positus  •. 
Comment  accorder  avec  cette  valeur  la  traduction  de  notre  glossaire? 
Je  ne  la  comprends  pas  mieux  en  partant  des  formes  medieiiinus  ou 
mediastinus,  que  les  gloss.  Interprètent  par  «  in  medio  stans  »  ou  •  in 
medio  civitatis  (àotu)  existens  ».  Au  besoin  bourgois  pourrait s^cxpliquer 
sur  la  base  de  médium  -f-  âori},  mais  quid  uier  ou  vier?  Est-ce  lat.  vica- 
rius  (au  sens  de  «  intermédiaire  •  )  ? 

**'  Moulle,  contraction  de  meoulle  ;  se  dit  encore  en  rouchi. 


(94) 

Membrana,  piel  délie  come  de  parchemin  ou  deroel  (1.  toefTj. 

Memliil,  je  me  remembre. 

Meneepsy  hors  du  sens  («  mente  captus,  insanus  »  JG.). 

Mendaelam,  menchonne  3G0. 

Mendosas,  ors,  gastés. 

Mensoriam,  ustensible  de  table. 

Merees,  loyer,  guerdon. 

Mereidias,  couretier  3^^. 

Merendo,  mengier  à  heure  de  nonne. 

Mereor,  deservir  (mériter). 

Meretrix,  folle  femme. 

Meretrieias,  de  bordel  ou  bordelier,  de  ribalde. 

Herses,  garbe  (ms.  garde)  de  bled. 

Mer^o,  plonquier. 

HÊergnUy  plongon. 

Meritam,  mérite,  déserte. 

lIe««io,  messon  (moisson). 

Meta,  fins,  bonne  (=  borne),  terme. 

Metodas,  briefve  voie  ou  traitié. 

Metor,  bonner  (=  borner). 

Metram,  mètre,  vier  (=  vers). 

Miea,  miche  ou  mie  de  pain. 

Misma,  orde  paille,  foye  à  laver  36â. 

^*^  Menchonne,  plus  souvent  écrit  menchogne, 

'*'  Diefenbach  consigne  encore,  avec  la  même  valeur,  les  formes  mer- 
eedicus  ou  -didus, 

'"  Migtna  (mélange,  hachis);  JG.  «  ordeum  cum  paica  »,  à  quoi  ne 
répond  nullement  notre  traduction  orde  paille  ;  il  faudrait  orge  à  paille. 
Le  deuxième  terme  de  la  trad.  répond  à  migmu  =  smigma ,  atA^Y^ia, 
onguent,  savon,  mais  connalt-on  remploi  de  foie  dans  le  sens  de  savon? 


(95) 

Mlles,  chevalier  ou  chevalière. 

MllTiiA,  ung  oysel  baux,  escoufle  363. 

Mima,  jongleresse. 

Mina,  manache  ou  mesure  de  bled. 

Mlnlam,  vermillon. 

Mlno,  miner,  mener  brebis. 

Mlnor,  mendre  (»  moindre). 

Ml(ii)oparo,  onls,  nef  pour  pillars  364. 

Mlrlea  (fxupfxT^),  une  arbre  come  genestre  ou  petit  arbre  de 

quoy  on  fait  escouvettes  pour  escouveter  draps. 
Miser,  povres,  meschans  (malheureux). 
MlserablllA,  chetif. 
MIserla,  mescanche. 
Mlserleors,  piteux. 
Ml««lle,  gavrelot  ou  (ms.  du)  dart. 
Mna  ({iva),  ung  pois  ou  une  maille. 
Moderor,  atemprer. 
Modleo,  apetisier. 
Modlolas,  moyeu  de  la  roe  (pi.   h.,  sous  medituUium, 

fr.  mievl). 
Modlas,  mui  de  vin. 
Mola,  molle  de  pierre  365. 

••»  Lexic.  75,  milvium  :  cuvelle,  escoufle.  Il  est  douteux  que  le  pre- 
mier de  ces  deux  termes  soit  une  variante  du  second.  Pour  Tétymologic 
d'escoufle,  voy.  Liltré,  qui  fait  connaître  l'opinion  de  Diez,  mais  qui  a 
eu  la  malchance,  en  ce  faisant,  de  traduire  h  deux  reprises  le  mot 
ail.  vmrfgcschûtz  (arme  de  jet  ou  à  projectiles)  par  «  coup  de  dés  ». 

'•*  Mioparo  ^  jxuoTriptov,  brigantin. 

«"  Molle  s  meule. 


(96) 

Molendinarias,  mannier  (meunier)  366. 
Molestas,  tristres,  tourblés. 
Monedala,  chave  (prim.  de  choueUe). 
Monllc,  affique,  fremal. 
Mora,  atarganche,  demeur. 
Moralls,  morel. 
Morlbandas,  morable. 
Morosas,  tardis. 
Morsas,  morsel. 
Moram,  meure. 
Maeidas,  pouris,  musis. 
Maeas,  musissure  ou  poureture  ou  morvart. 
Malera  [muictra],  l'eure  de  traire  le  let  des  bestes. 
Maltiplieoy  monteplyer. 
Manerarlas,  donneur,  larges. 
Manso,  mouchier. 
Manieipiam,  dons  reçups  367. 
Manimeii,  garnissemens,  deffense,  ayde. 
Manitoriai^,  lieu  de  garnison  ou  garnison. 
I,  lamproye. 
r,  noise. 

Martetam,  baing  chaut  naturel  368. 
Maseariaiii,  esmousquoir. 
Maseipala,  soursiere. 

^*  Mannier,  meunier,  forme  variante  de  monnier,  mounier. 

'*'  Municipium;  la  traduction  parait  reposer  sur  la  composiUoa 
munus  capere  (recevoir  un  don),  et  se  confondre  ainsi  avec  celle  de 
munificium,  acte  de  munificence. 

'"  Murletum,  JG.  a  aqua  calida  de  terra  manans  »...«  et  ponilor 
murtcla  pro  balneis  mirlîs  obsilis  ». 


(97) 

»,  chat  369. 
Masito,  muser  370. 
Maso,  muser,  penser. 
Xa«tcl(l)a9  mustoille,  soris. 
Xa0t[r]leala,  sourserie  ou  soursiere  371. 
MataaA,  baillés  ou  reçups  par  prest  ou  entrecange. 

m 
IVapa«9  naviaus  (navet). 
IVario,  fronsier  les  narines  ou  nariller. 
!Vato,  noer. 
IVaaei,  indeclinabile,  coze  de  nulle  valeur,  come  che  qui  est 

entre  le  noiel  et  la  coquille  de  la  nois. 
^aae[le]ra«,  maronnier  (batelier). 
^anfrai^am,  péril  de  nef. 
Savia,  sagece  37î2. 
MaTlsabiliA,  nagable. 
^aalrnii,  loyer  (ms.  loyen)  de  nef. 
IVebrIs,  pel  de  cerf. 

'*'  MuscOf  au  sens  de  chat,  est  inconnu;  les  glossaires  ne  le  donnent 
que  pour  «  magna  musca  *. 

^''^  La  forme  mutare  ou  mutUare  (=  fr.  muaer)  est  étrangère  à  JG.; 
il  n*a  que  mussare,  dubitare,  silentîo  murmurare,  et  le  fréquent,  mus- 
sitare.  Briton  donne  les  mêmes  sens  à  tnusare,  -itare.  Le  gloss.  de  Douai 
traduit  Kiitsitare  par  runev  (murmurer). 

^^*  Cette  valeur  de  mustricula  est  bien  constatée  ;  •  quia  stringit 
mures  «,  dit  JG. 

'^'  Navia,  contraire  de  ignavia,  de  gnavus,  navus,  au  sens  primordial 
«  enlondu,  attentif  «. 

Tome  XXXVIL  7 


(  98) 

lVcbal(t)a9  dira,  de  nubes,  ou  pain  délié  corne  oublie  373. 

IVebalo,  lecheur. 

Meetar,  pieument,  claré. 

Mesoeior,  besonguer. 

IVcnia,  canchon  de  mors  sur  les  sépulcres  ou  pour  endormir 

les  enfans,  ou  fable,  vile  truffe. 
McpoA,  nepveux,  luxurieux. 
IVcptis,  nieche. 
IVetns,  fillace,  fil. 
Menma,  e,  neume,  chant. 
lVeii(p)ina9  tin,  sains  espris. 
Mevas,  tache  de  cors  ou  coulpe,  offense. 
Mleiteriam,  timbre  que  on  met  sur  le  hiamme  374. 
IVidor,  oudeur  de  char  cuite. 
Mimimm,  non  pas  de  merveille. 
IVimiirarlafi,  wihos,  qui  n'en  scet  riens,  c'est  chely  de  qui  la 

femme  fait  fornication  375. 
IVin^o,  negier. 
IVIsns,  esprevier. 

'^^  Le  mot  francisé  de  nebula  ss  panis  tenuis,  est  nieuie,  niouie, 
encore  très  répandu  dans  les  patois.  —  Délié  =  lat.  delicttus. 

^^*  JG.  :  «  Niciteria  dicuntur  filateria  que  gestabant  athlète  facta  de 
summitatibus  armorum  que  a  vîctis  acceperant,  et  ex  collo  suo  suspensa 
gerebant  quoties  yictores  eztiterant,  quasi  signa  victorie  >. 

'"  Nimivaritu,  ailleurs  nûnnarius,  niniviaruê,  niminarut,  nimmarus 
(sic  dans  JG.).  Ce  nom  medio-lat.  du  cocu,  comment  Texpliquer?  La 
forme  isolée  nimarum  patiens  me  semble  faite  par  erreur  pour  nimium 
patiens  (un  subst.  fém.  nima  n*est  guère  admissible).  Je  tiens  provisoire- 
ment Texpression  pour  une  création  monacale  destinée  à  dire  mm-ignarui 
c  par  trop  ignorant  ou  imbécille  »  • 


(99) 

Mitor,  elforchier,  traveillier,  effanter  (sic). 

IVitram,  sanblant  ou  soleil  {sic),  c'est  alun  de  glace  376. 

Wo,  noer,  liagier. 

IVoemnentam,  nuisemens. 

Moeanii,  nuisable. 

MomUima,  la  figure  qui  est  ou  denier. 

Monua,  règle. 

Mota,  note,  tache,  coulx,  signe,  cognoissanche,  note  do 

chant  377. 
Moverea,  marrastre. 
IVoTissiinas,  darainier. 
!Vabilo,  obscurer. 
Maeilla,  amande. 
Mncleafl,  noiel  de  nois. 
Maditas,  nuetës. 
Masa,  truffe. 

IVnsator,  qui  dit  bourdes. 
IVasor,  truffer. 
IVandIne,  foires  (ms.  fortes). 
.iTapcr,  nagaires,  nouvellement. 
IVurasy  brus,  femme  de  filz. 
Mato,  bateiller  378. 
IVux,  nois  ou  le  noisier. 

>^*  Ces  mots  sanblant  ou  soleil  sont  bien  douteux.  Le  gloss.  de  Douai 
traduit  simplement  par  sel. 

«"  Quid  coulx?  coulpe  (lat.  culpa)  ou  coup  (marque  de  coup)?  JG.  dit 
«  macula  vel  culpa  ». 

»"  JG.  :  Nuto  u  fréquenter  nuere,  signare,  sicut  facit  quis  quando 
cum  digitis  loquitur  » .  —  Bateiller  rendrait-il  ici  le  sens  de  Pancien  verbr 
bateler  (d'où  bateleur)  ? 


(100) 


Obaadioy  souroir. 

Obcro,  loer  par  pris  (JG.  aère  conducere). 

Objarso,  tenser. 

Oboln»,  maille,  demi  denier. 

Obrisam  [obryzum],  une  manière  d'or. 

Obrno,  acravanter,  trebuchier  ou  abbatre. 

Obse»,  ostaige. 

Obsldco,  assegier  come  ung  chastel. 

Obstaenlnm,  bare,  resistenche. 

Obstetrix,  ventrière. 

Obfltipo,  encliner,  come  cil  qui  demande  Taumosne  '^^, 

Obstrno,  estouper. 

ObYlam,  à  l'encontre. 

Oeeasio,  occasion,  faculté,  forme,  excusanche  (prétexte)  ^^. 

Oeeasa»,  esconsement,  obit. 

Oeeldaas,  cheabie. 

Oceapo,  empechier. 

Oclam,  oyseuseté. 

^^*  JG.  :  «  Obstipus,  quasi  contra  slîpcm  inclinatus  *.  Ccladj,  pri- 
mitif de  obstipare,  pencher,  incliner,  je  n*ai  besoin  de  le  dire,  n*a  rien 
de  commun  avec  slips;  il  est  de  la  famille  de  sfipo,  constipe,  mab  qocl 
est  exactement  le  lien  de  parenté?  J*ai  consulté  le  nouveau  Dictionnaire 
étymologique  latin  de  MM.  Bréal  et  Bailly,  mais,  à  ma  grande  surprise, 
je  n'y  trouve  pas  le  mot  si  classique  obstipus.  Je  rinlcrprètcrai  donc, 
sous  ma  propre  responsabilité,  comme  sens  primordial,  par  •  presse 
contre  » . 

**^  Forme  peut  être  un  lapsus  du  scribe  p.  fortune,  JG.  fkyuoi  forluna 
parmi  les  définitions  du  mot  occasio. 


(  101  ) 

Oe(e)rea,  housel,  house. 

Oe(e)re«,  houser. 

Odor^r,  prendre  oudeur,  ou  flairier,  comele  chien  de  labeste. 

Oemtmwny  une  mouche,  tahon. 

OiTa,  soupe  en  pot. 

Oifeiido,  courouchier. 

OIBetosiiS}  servichable. 

01c«9  es,  ai  vel  evi,  itum  vel  étant,  pulr  ou  estre  puant  38i. 

Olero,  afl,  planter  ou  user  de  choulx  3âs. 

Oleani  vel  ollani,  oile. 

Olteelo,  flairer. 

Olitor,  cou[r]tilleur. 

Omasas,  trippe. 

Omentam,  la  pel  où  sont  envolpés  boyaulx. 

Omonimas,  équivoques. 

Onoerotalas,  ung  oysel,  butor.  Versus  :  «  Par  onocrotalus 

cigno  sonitum  dat  in  undis  ». 
Unas,  charge,  farde! . 

Opéra,  entente  (=  application),  estude,  sedulité. 
Opieo,  rongier,  diminuer  383. 
Opinio,  cuidanche,  opinion. 
Opipo,  estre  aise  ou  joieus  384. 

""  JG.  fetcre. 

>**  Mêmes  significations  dans  JG. 

»»*  Opieo,  JG.  «  corrodere,  dîminucre  ».  Dief.  donne  aussi  opiarcy 
opizare.  D'où  vient  ce  mot?  La  question  reste  ouverte  malgré  ce  qu'en 
rapporte  DC.  s.  v.  opizare, 

»•*  Opipo,  JG.  «  nobilîtare  vel  renovare,  aut  post  planctum  in  con- 
vivio  gaudere  ».  Aussi  opiparare,  forme  normale  tirée  du  classique 
opiparus. 


(  102  ) 

Oppeto  (ms.  oppido),  contrepeter  ou  contredire,  non  con- 
sentir. 

Oppidam,  castel. 

Oppllo  (ms.  oppUtUo)^  estoupper. 

Opprlmo,  grever,  empresser. 

Optatio,  désirs,  souhès. 

Ora,  région,  ourlet,  rive. 

Oratio,  orison. 

Orator,  qui  parle,  advocat,  patron. 

OrhHÉk,  rondesche  de  roe  (ms.  rote),  c'est  la  roie  que  fait  le 
charette. 

Orbitas,  vefvetés. 

Orbafl,  vefve  (masc),  privé(e)  385. 

Orsanniiiy  orgues. 

Orlflciam,  pertuis,  ouverture. 

OriiL  [oryx,  opuQ,  une  beste,  loir  386. 

Orlxon,  demi  espère  aparant  sur  la  terre. 

Orpliaiiiiii,  orfenins  ou  orfelins. 

Orream,  grenier. 

Orsuiii,  adverbium,  celle  part  387. 

Ortlffometra  [dpTuyoïATiTpa],  ung  oysel,  caille  (ms.  coilk). 

Ortix,  ung  oysel,  caille  (ms.  caille). 

Ortolanas,  courtillier  (pi.  haut  courtilleur). 

Orlas,  courtil. 

'"  Le  masculin  veuf  n*apparait  qu'au  XVI*  siècle. 

"'  Orix,  JG.  «  aoimal  immundum  et  sacrificando  non  aptum;  et,  ut 
dicunt  quidam,  est  animal  simile  mûri  quod  nos  dicimus  glirem  ». 

'"^  Orsum  «  in  banc  partem  » .  Mot  fictif,  abstrait  des  adverbes  com- 
posés deorsunty  sunum,  retrorsvm,  etc.  Dief.  ne  Ta  pas. 


(103) 


i,  house  à  chaucier. 
4Nor,  mal  voellant. 
Ostrm^  ung  poisson,  oistre  388. 
ij  trippe  389. 


Palam,  adverbium,  en  apert. 

Palam,  prepositio,  devant. 

Palata,  palix  (palissade)  de  pies,  ou  pile,  c'est  (=  c'est-ù-dire) 

masse,  de  figues  390. 
Palatlnns,  de  palais,  palatis. 
Palatam,  le  palais  de  le  bouche. 
Palcare,  pailler  ou  la  pel  qui  est  ou  col  du  torel. 
Pal[i]arii8^  chardron  (sic). 
Pallidafl,  pal[le],  mal  coulouré,  et  comparatur. 
Palliani,  mantel,  faille. 
Paliiic«9  ges  (jet^  de  vigne. 

"**  Ostra  est  aussi  dans  JG.  et  Dief.  concurremment  avec  oslrea. 

'"  Aj>.  JG.  ozima  «  intestina,  tripe  •  est  tiré  de  oza  vcl  ozi,  •  quod 
interpretatur  robur,  quia  in  eis  consîstit  fortitudo  •.  12  cite  même  le 
vers  de  Perse  : 

Cum  bene  distioeto  cantayerit  otima  nenro, 

quoique  dans  cette  citation  ozitnum  soit  =  oeimum  (oixif^ov);  il  reste 
encore  k  trouver  le  vrai  mot  qui  a  pu  produire  ozitnum  (cntrnille),  car 
rétymologie  de  JG.  ne  mérite  guère  de  crédit. 

"^  Palata;  le  premier  sens  se  rapporte  à  palu$  (=  a.  fr.  piel,  plur. 
piéê,  ou  pel,  plur.  peus,  comme  plus  bas  sous  pahu);  le  second  à  palatha 
(icaXàÔTi). 


(104) 

Palina«9  espans,  c'est  mesure  de  la  paulme  ou  de  la  main. 

Palpe,  manoyer,  paucier  (tâter  du  pouce). 

Palus,  âdls,  mares. 

Pains,  i,  peus  (sujet  sing.  de  pet)  de  bois. 

Pan^o,  convenanchier. 

Panlfem,  panetier. 

Paniflens,  boulenguier. 

Papa,  pape,  i.  e.  admirabilis. 

Papayer,  un  grain,  pavotte  ou  olivette. 

Papiras,  papier,  ung  jonc. 

Paradoxa  [vaine],  glore. 

Parafémiiiii,  don  d'espousée. 

Parapsis,  escuelle,  plat  (Lexic.  86,  dupler). 

Parasitas,  jongleur,  lecheur. 

Parea,  «e,  forcenerie  d'enfer  ou  mort  391. 

Pareopoles,  tels,  traveil  pour  plus  aise  caufer  soulers  39â. 


'^'  JG.  furia  infcrnalis,  leturo. 

'^'  Cet  article  est  altéré;  je  le  corrige  ainsi  :  Parcopollex,  icis, 
trainel  (ou  tramel)  pour  plus  aise  caueier  soulers.  Il  s'agit  da  chausse- 
pied,  qui  aurait  été  appelé  parcopoUex,  à  en  croire  JG.  (qui,  cette  fois, 
pourrait  bien  avoir  raison),  «  quia  pareil  pollici  ».  Les  glossaires  don* 
nenl  comme  interprétation  latine  irainellum  ou  trameltum  (les  jambages 
sont  les  mêmes  pour  tu  et  fii),  mots  forgés  sur  un  patron  français,  qui, 
à  son  tour,  si  traïnel  est  la  bonne  forme,  peut  être  rapporté  à  lat.  Ira" 
himen,  instrument  pour  tirer,  fr.  train  (auj.  train).  Comme  on  trouve 
aussi,  avec  la  même  valeur,  trabellum  (=  petit  bâton),  on  pourrait  avec 
autant  de  droit  conjecturer  la  filiation  :  trabellum  —  tramellum  (cp.  Jaeobui 
devenu  Jaquemes)^  d'où,  par  un  effet  de  mauvaise  lecture,  trasneUwH, 
Cette  manière  de  voir  sauverait  notre  leçon  traveil  (s  trabiculus). 


(  108  ) 

Parles^  parois. 

^ar«,  apar[il]lier,  proposer. 

Par^ehia,  paroche. 

Partleeps,  parsonnier. 

Partior,  partir. 

Pamm  (ms.  parvum)y  pau. 

Pasena,  peuture  393. 

Paseiealas,  escallac  (échalas)  de  vigne  394. 

Passer,  mousson  398, 

Passas,  souifers  (de  patior\  estendus  (de  pando). 

Pastlnaea,  racine,  panaise. 

Pastino,  planter,  purgier. 

Pastofortam,  chambre  de  ceulx  qui  gardent  les  eglizes. 

Pastor,  pastre. 

Patella,  paielle. 

Pat(h)era,  grant  hanap. 

"*'  Peuiure,  propr.  nourriture  d*animaux,  puis  nourriture*  en  général. 
Diverses  raisons  s*opposent  à  Pétymon  petit  (part,  passe  de  paistre), 
que  j'avais  avancé  dans  mes  Trouvères  belges  (nouv.  série),  page  542. 
MM.  Foerster  et  Joret  identifient  le  mot  arec  peuture  (voy.  Littré),  qui 
reproduit  le  bas-lat.  puZ/tira,  dér.  de  puts,  pultis,  A  Fappuî  de  cette 
nouvelle  explication,  je  rappellerai  la  glose  de  Reichenau  217  :  «  put- 
mentum  cibum  »,  sur  laquelle  Diez,  Téditeur  de  ces  gloses,  renvoie  au 
gloss.  de  Douai  «  pulmentum  piumens  •  (ne  pas  confondre  avec  piment), 
en  citant  aussi  prov.  polmen  (soupe,  ragoût). 

'**  PasdetUus  est  une  forme,  inconnue  ailleurs,  p.  paxiculm  ou 
paxiUus  (d*où  fr.  paùsemt). 

***  Lezic.  75,  monnes.  Voy.  sur  mousson  mon  Dict.  d'élym.  s.  v.  moi- 
neau, et  celui  de  Grandgagnage  s.  v.  motion. 


(406) 

Patibalain^  gibet,  fourches.  ^ 

Patrinas,  parins. 

Paa«a,  pose,  reposement. 

Pceten,  pines  (=  peigne),  harpe,  ung  poisson  que  on  dist 

plais  ;  danse  pagine  396. 
Pcetlnariaiii,  ostieu  à  mettre  pignes. 
Pccto,  pîgnier. 
Pceta«,  pis  ou  poitrine. 
Pedetentim,  adv.,  saigement. 
Pedienlas,  pous. 

PedOy  peteur  (=  lat.  peditor),  ou  poulz  (=  lat.  pedîculus). 
Pednlesy  avanpiés  de  cauches  397. 
Pcdnm,  baston  de  paistre,  grosse  (=^  crosse). 
Pel[l]c»,  concubine,  ribaude. 
Peliim.  (1.  pellax)^  fauls,  triçeur,  et  comparatur. 
Pcllieea,  plisson. 
Pcliiparias,  peletier. 
Pellis,  pel. 
Peliris,  bachin. 

Penitet^  il  me  poise  (même  trad.  que  pour  pigeî). 
Pensio,  pension,  rente,  pois  ou  pesage,  solution,  paiage 

(ms.  poiage). 
Pcnlliafllaiii  [pentaphyllon],  une  herbe,  quintefoelle. 
Pepo,  potage  (espèce  de  melon  ;  de  là  ail.  pfebe). 
Pera,  esquerpe,  taisse,  bourse. 
Pcrdix,  perdris. 

'*'  Harpe  n*est  pas  exact;  il  s'agît  du  picctrc.  —  Qac  faut-il  cnleodre 
par  danse  pagine  ? 

^*'  Pedulcs,  JG.  pars  calîgaruni  que  pcdem  capîL 


(107) 

Pcredia,  aise  ou  superfluité  de  mangiers  398. 

Peremptio,  occision. 

Perennls,  pardurable. 

Perfldla,  trecherie.  . 

Perflbdio,  transperchier. 

Pertonetorias,  transitore,  destruitis  ou  qui  use  ou  despent. 

Perilyalain  vel  peribnlns,  alée  399. 

Perpcllo,  parbouter. 

Perpcndienlarls,  de  mesure. 

Perpendlealnm,  ligne,  règle  à  mesure,  corde  à  plonc, 

à  mesurer. 
Perplexns,  entouellés,  envolepés. 
Persicas,  pieuquier  (=  pêcher). 
Pempieabllitas,  ententibleté. 
Pervias,  trespassable. 
Pessatain,  peille  d'huis  400. 
PcAtls,  tempeste,  pestilence. 
Pcto,  requerre. 

Pctroslltanm,  presin  (persil)  ^Oi. 
Petalor,  follement  ou  mignottement  requérir. 
Petalas,  II,  cheval  qui  ha  grans  pies  402. 

^^*  JG.  «  supcrfluitas  cdciidî,  sicut  bibtda  bibendi  •. 

^*'  Peribulum  est  une  latinisation  du  grec  Trept^oXo;  (enceinte,  pour- 
tour), faite  sans  doute  sous  Tinfluence  de  ambylo, 

*^^  Peille  est  une  modification  de  Ta.  fr.  pesle,  n.  fr.  pêne  s=  fat. 
pcêsultu,  Tcrrou.  La  forme  du  mot  français,  toutefois,  permet  aussi 
d'invoquer  un  type  latin  pagula  (cp.  re-pagulum,  verrou). 

*•»  Presin  =  peresin  =  peresii  (d'où  persil), 

*^*  Corrigez  :  blans  pies.  —  Petulut  est,  parait-il,  une  altération  de 
peculut,  qui  vient  de  irofxiXo;  (bigarré). 


(108) 

Petas,  lousque,  qui  muet  souvent  les  yeulx,  et  producitur 

prima. 
Pe&lm,  ornéement. 
Phllaniropos,  herbe,  englouteron  403. 
Pieta,  cote  ou  pointure  ^0^. 
Pietaeiam,  tacon  de  solers. 
Pietara,  pointure. 
Pletan,  pitié. 
Pletieas,  piteus. 
jngetj  il  me  poise. 
Pismentaiii,  pieument. 
Pila,  pille,  estoef,  piler  *05. 
Pila,  taverne,  pilet  de  mortier. 
Pilav,  chat. 
PUcntain,  tumbriel. 
Plllladas,  qui  joue  de  pelote. 
Pileus,  chapel  de  poil. 
Plllata,  te,  pillart  de  mer,  larron  406. 
Pilo,  oster  poil  (ms.  pok)  ou  peler  ou  piler  ou  piller,  ravir  ^. 

*^*  La  forme  englouteron  est  inconnue  et  prob.  fautive;  voy.  lappa, 
—  L'appellation  du  glouteron  ou  grateron  par  philanthrope  «  qui  s'attache 
à  rboromc  »  est  assez  humoristique  ;  on  la  trouve  déjà  dans  Pline. 

*^*  Picta,  JG.  «  pinctura  siye  pîctura  »,  mais  dans  le  Vocab.  theutoo. 
de  Conr.  Zenînger  picta  est  =  tunica,  ail.  rocke,  ce  qui  justifie  notre  cote, 

«>>  Pour  la  distinction  prosodique  des  deux  mots  pUa,  JG.  cite  le  vers: 

Est  pt la  pes  pontes,  pila  ladas,  pî/a  taberna, 

Plia  terît  pultes,  in  belUspî/a  feruntur  (al.  gtruniur), 

*^  Pillata  avec  deux  /  est  fautif,  car  le  mot  pilala  est  =  pirata 
(Tieipati^c}.  Pour  /  =  r,  cp.  le  v.  fr.  eontraile  p.  contraire. 
'^^  Cet  article  se  rapporte  à  la  fois  à  ptlare  et  à  pîlare. 


(109) 

PUotellnSy  estoef,  pelote. 

Ptlmn,  dart. 

Pllnsy  poil  ou  pilette  (pilon). 

PIndo,  broyer  408. 

VÈwkg;  poindre. 

PInso,  pestrir,  faire  le  pain. 

Pistillain,  pilette  à  broyer  espices  ou  aultres  cozes. 

Pister,  boulenguier. 

Pitulta,  pépie. 

Pis,  poi[s]. 

Placltor,  plaidier. 

Plâ^a,  plaie. 

Plà^a,  région  ou  rois  (rets). 

Planliiido,  plaineté  ou  onieté  (ms.  onniette). 

Planta,  ente,  arbre,  jonc. 

Planiaso,  plantain. 

Plecirum,  gouvernai  de  nef  ou  language  ou  instrument  de 

musique  ^^. 
PUca,  plois. 
Plvo,  plouvoir. 
Platenm,  escriptoire. 
Plnlio  (ms.  pluUino)^  plouviner. 

*^*  Pindo  se  trouve  aussi  dans  JG.  d*après  Ugution;  serait-ce  un  mot 
forgé  comme  primitif  putatif  de  pinso  (piler)? 

"•  Il  faut,  semble-t-il,  lier  language  Sivec  de  musique  (cp,  plectrum 
Lcsbiura);  cependant  notons  que  les  anciens  gloss.  donnent  au  mot 
plectrum  le  sens  •  lingua  in  corpore  vel  potius  ultima  pars  linguae  », 
de  sorte  que  language  pourrait  aussi  êlre  considéré  comme  une  faute 
de  copiste  p.  langue. 


(  HO  ) 

Podex,  cul,  poistron. 

Podium,  baston  pour  apoyer  ou  potence. 

Polenta,  boulie. 

Polimlia,  vestement  broudé. 

Pollpas,  pueur  de  nés,  ou  ung  poisson;  mufuart  de  nés  *io. 

Pol[l]em,  le  gros  doit,  paur. 

Pol[l]liiso,  ensevelir. 

Pollno,  gaster,  honnir  *i^. 

Pompo,  enorgueillir. 

Poplnlo,  queus,  souillart  de  cuisine. 

Poples,  le  ploi  de  genoul  que  on  dist  garet  (jarret). 

Porea,  truie. 

Porriffo,  tache^  tigne. 

Porrnni,  une  herbe,  porriaus. 

Portlcus,  porge,  portai  4*2. 

Porns,  pertuis  pour  yssir  sueur. 

Posiela,  culiere  de  cheval. 

Posteras,  ensievant,  daregnier. 

Posilimliiliini,  retor  (ms.  neton)  de  exil. 

Poilono,  abuvrer,  pois(s)onner. 

Potas,  boire,  buvrage. 

Praiellniii,  praiel,  petit  pré. 

Prebendarlus,  prouvandier. 

Preeaireo,  eschiever  (esquiver). 

*'°  Muruart  doit  être  corrigé  par  morvari,  qui  s'est  présenté  déjà 
au  mot  mucus,  —  JG.  a  fedatio  naris  » . 

^'*  Gosier,  pr.  dévaster,  s'appliquait  aussi  à  la  corruption  en  géucr»! 
(sens  conservé)  et  à  la  séduction,  au  viol  en  particulier. 

*"  La  forme  por^c  existait  concurremment  avec  porche. 


(141) 

Précipita,  tresbuscbier. 

Preclpans,  souverains. 

Preeocla,  rosin  (raisin)  hastif  4i3. 

Predleo,  preschier. 

Prefeetns,  prouvost  (pi.  loin,  s.  prepositus,  prevost)  4^^. 

Pre^no,  engrossier  ou  faire  ensainte. 

Prelnm,  pressoir  de  vins  ou  Taubre  ^^, 

Premlneo,  souraparoir. 

Premlnm,  guerdon. 

Prepes,  isnel,  legier. 

Prepositus,  prevost. 

Près,  prédis,  riches  ^6. 

Presepe,  grebbe  où  mengûent  les  bestes  ^t. 

Presertlm,  meement. 

Prestlslnm,  dart  magique  418. 

*»»  L'a.  fr.  rosin  ou  roisin  (voy.  racemus)  a  survécu  dans  Tall.  rosine 
(raisin  sec),  néerl.  rosijn, 

*^*  Le  mot  fr.  prouvost  est  Torigine  de  Tall.  probst,  prieur,  doyen,  et 
de  l'ail,  profoss,  geôlier,  néerl.  provoosl, 

***  Àubre,  var.  de  arbre,  par  rinterracdîaire  de  alttre  (on  le  retrouve 
sous  fureur);  il  s'agit  ici  de  l'arbre  de  presse,  cp.  ail.  press-6at<m. 

416  praes,  au  moyen  âge,  était  l'équivalent  de  «  dives  «  ou,  comme 
dit  JG.,  «  qui  multa  habet  praedia  »;  le  sens  «  garant,  otage  »  venait 
en  sous-ordre.  Ce  dernier,  cependant,  est  primordial;  l'étymologie  a 
démontré  que  praes  résulte  d'une  contraction  de  prae-vas,  praevadis, 
ou  plutôt  de  praeves,  -vidis;  de  la  praedium,  qui  signifie,  en  premier 
Heu,  gage,  hypothèque,  plus  tard  bien-fonds,  domaine. 

*"  Grebbe,  forme  rouchi  de  crèche  (=  ail.  krippe);  wallon  crêpe, 

**•  Article  tronqué;  lisez  «  une  manière  d'art  magique  •  (JG.  qucdam 
species  magice  arlis). 


(412) 

Presamptloy  oultrecuidance ,  hardiesche,  cuidanche,  ou- 
trage 4^9. 
Preirarleor,  trespasser. 
Primarlns,  primerain. 
Prlmleerius,  [premier]  porteur  de  cierge  *20. 
Prlvl^nus,  fillastre. 
Probo,  prouver,  assayer,  loer. 
Probro,  laidengier. 
Proeessio,  pourcession. 
Proeessasy  proches. 

Proeonsnly  qui  est  mis  en  lieu  de  conseil,  eschevins. 
Procus,  requereur  de  femme. 
Prodisas,  fol  large. 
Pro  doter,  bêlas  dolent  ! 
Protenoy  escomenier. 
Profecins,  pourfit. 
Proflclo,  pourfiter. 
Profùndosy  parfons. 
Prosenles,  lignie  (forme  pic.  p.  lignée). 
Progressifs,  proches. 
ProlIsLltas,  longuesche. 

Proiiio[ii]torIaiii9  montaigne  apparant  de  loing. 
Promiuarlaiii,  celier  (GL.  49,  despense,  Gl.  de  Douai, 
grange). 

*^*  On  sait  qu'outreigc  est  propr.  excès  en  toute  chose. 

**^  Primicerius,  JG.  «  qui  primum  ccrcuoi  portât  aute  episcopum 
vcl  regem  de  dignilalc  »,  Cette  ëtyoïologie  ne  satisfera  guère  ni  les 
archéologues,  ni  les  linguistes.  Bfaîs  quelle  est  la  bonne?  Est-ce  réelle- 
ment «  qui  primus  in  cera  inscribitnr  »?  Quoi  qull  en  soit,  c'est  ce  root 
bas-latin  qui  a  fait  naître  Tanc.  subst.  princier. 


(  H3  ) 

Propa^ino,  pourlignier,  estendre  ou  faire  lignie. 
Propa^o,  lignie,  proving  de  vigne. 
Proplclor,  avoir  merci. 
Propina,  taverne. 

Proplno,  amenistrer  (=  offrir,  livrer). 
Propnlla,  halle,  maison  de  marché  4^2i. 
Propa[s]naeiilimi,  creniaus  de  murs  à  bastillier. 
Prapndlnm,  lieux  desbonnestes  4^^. 
Prora,  première  partie  de  la  nef,  come  le  couuner  (?)  de 
lanef'*23. 

Prorlio,  esmouvoir  424. 
Prosapla,  lignie. 
Proseco,  tresbuchier,  rognier  *2o. 
Prosellius  (cp.  lat.  adveiia),  estrange. 
Prosequor,  poursievir. 


***  PropuUa,  mot  insolite  p.  propota,  «  domus  ubi  venduntur  un- 
gnenta,  etc.  »  —  En  latin  classique  (niasc.),  uniquement  a  brocanteur  » 

(=  gp.  'irp07C(i)XTJç). 

***  JG.  o  locus  scurrilis  •. 

***  Le  mot  que  je  laisse  dans  le  doute,  cache-t-il  un  dérivé  de  cou- 
ronne, ou  de  coron,  coin,  bout,  qui  s'employait  jadis  dans  le  sens 
de  proue? 

***  Il  est  difficile  de  séparer  le  verbe  pro-rllare  (qui  est  aussi  dans 
Pline  et  Sénèque)  de  la  famille  de  ir-ritare.  Cependant  le  Dict.  de  Bréal 
et  Bailly  admet  pour  irrilare  un  primitif  hirritus  (le  grondement  des 
chiens  en  colère).  Pour  moi  j'ai  quelque  peine  à  ne  pas  rapprocher  du 
thème  latin  rit  Tall.  reizen  et  Tanc.  nord,  reila,  qui  disent  la  même  chose. 

'"  Je  ne  me  rends  pas  compte  de  la  traduction  tresbuchier  et  la  tiens 
pour  fautive. 

Tome  XXXVII.  8 


(  "4  ) 

Prosperiias,  eureuseté. 

Prosilbnla,  ribaulde. 

Prostibnlum^ .  bordel . 

Proielo,  alongier  (=  éloigner),  différer. 

Pro vidas,  pourveable,  cler  voyant. 

Prurigo,  poureturè  ^26. 

Pruriios,  demengemens. 

Prurlo,  soi  demengier  (ms.  -megnier)  ou  degraterouescaupir. 

Psltacas,  paupegay. 

Piisana,  tisane. 

Pubes,  barbe  joine  ou  première. 

Pnbeienus,  près  du  ponil  (=  cunnus). 

Pndencla,  vergongne. 

Pndeo,  hontoyer. 

Pudor,  honte,  casteté. 

Puerpera,  enfanteresse. 

Pusll,  campion. 

Pu^ilarc,  penne  pour  escripre  ^^t. 

PoleiL,  puche. 

Piil[l]as,  pouchins. 

Polmo,  mol,  poulmon. 

Palpa,  char  sans  craisse. 

Pnlpiiain,  pulpit,  lectrin. 

Pois,  caudel,  potage  boulit. 

^**  On  lit  dans  JG.  :  «  item  dicitur  pro  ipsa  scabie  que  prurilum 
confcrt  et  ardorem  »;  toutefois,  cela  ne  justifie  pas  la  traduction  poun- 
turc  ;  le  traducteur  doit  avoir  ctc  induit  en  erreur  par  la  ressemblaDce 
entre  les  thèmes  de  parrigo  (synonyme  de  prurigo)  et  de  poureturè, 

*"  Jti.  «  penna  vel  cornu  vel  tabula  manualis  •• 


(H8) 

Polslm,  deboutéement  (=  en  poussant). 
Pnlsnsy  rihotemens,  poulz  de  bras. 
Pmnév,  ponche. 
Panctoriaiii,  poinson. 
Pnnlens,  d'Âuffrique. 
Pnpllla,  prenelle  de  l'œl. 

I,  pnrls,  garde  4^^. 

i,  indeclinabile,  est  pouriture. 
Postula,  vessie. 
Pvteo,  puïr. 
Pnto,  cuidier,  tal[l]ier  vignes. 


^nadra,  quarte  partie  de  quelque  chose. 
4[|aadrisa ,  quarette. 
^dnadra,  faire  quarré. 
flnadrnvliiiii,  quarfour  ^^9. 
^daamquaiii,  ja  soit  che. 
4[|aantiis,  combien,  quans. 
flnartalluni  [xàpTaXXoç],  ung  coffin. 
^dnassa,  froyer,  quasser. 

***  Pus,  purU,  custodia,  est  aussi  dans  JG.,  «  et  à\c\\\xv  p%iru$  quod 
purum  custodiat  et  retineat  • .  11  cite  le  vers  : 

Pu»  pro  putredo  non  declinabile  credo, 
Pua  declinatus  custodia  quando  Tocatur. 

JI  ne  faut  pas  oublier  que  pour  JG.  et  notre  auteur  indéclinable  est 
synonyme  de  neutre. 

^'*  Quadruvium  avec  u  était  fort  répandu. 


(  416  ) 

flaatemani,  coyer  (cahier)  de  livre  *30. 

^atloy  escachier. 

^nestiis,  quest,  conquest. 

flala,  quar,  car. 

^^aineilaniy  s.  insuper,  avoec  che. 

flalno,  onls,  qui  ha  .v.  chevaliers  sour  soy  ^3i. 

f|al(t)io,  quittier  (=  faire  quitte). 

flaonlam,  pour  ce  que. 

^noilens,  quantes  fois. 


Racemus,  roisin. 

Itadlasy  rais  de  soleil  ou  de  roe,  ou  instrument  de  tixerant 

(navette). 
llado,  rere. 

Ranmiis,  ung  arbre,  rouseiller  (=  groseiller)  43«. 
Ramus,  rainchel. 

«»•  Sur  la  forme  coyer  (cp.  s.  codex,  quùyer)^  voy.  Part,  codex  dans  OP. 

***  Quino,  autre  forme  de  quinio,  absente  dans  JG.,  mats  consignée 
dans  Dief.  —  Le  sens  prêté  ici  au  mot,  c'est-à-dire  «  le  sinquièmc  de 
sa  lignée  »,  est  fondé  sans  doute  sur  un  passage  de  saint  Jérôme  (in 
prologo  Sophoniae),  allégué  par  JG.  :  «  Hoc  si  verum  est,  Sophonias 
propheta  quinione,  ut  ita  dicam,  prophetico  et  gloriosa  majorum  suoram 
stirpe  generatus  est  «,  ce  qui,  selon  JG.,  veut  dire  :  quintus  nameratur 
in  gencratione  sua. 

^*'  Ramnus  (rhamnus)  «  alba  spina  *  ;  le  fr.  rouseifUer  semble  tenir 
de  rtucuf  (brusc)  plutôt  que  de  rosel  (roseau)  et,  malgré  la  confusion  des 
sens  que  ramnus  présente  parfois,  être  étymologiquement  étranger  au 
fr.  groseiller,  qui  est  d'origine  germanique  (voy.  mon  Dict.). 


(  <"  ) . 

Rana,  raine. 

Raneor,  rancune. 

Rarns,  cler,  non  espès  (==  fréquent). 

Rasar,  barbieur  433. 

Rastrnm,  rastel,  herche. 

Rata,  partie,  ut  solvere  pro  rata,  reste  *34. 

Rails,  ils,  nef. 

Rancus,  enroués. 

Rcealcliro,  regiber. 

Reddivo,  rencheoir. 

Reelproeo,  reflechier. 

Rccando,  muchier. 

Reeulco,  rechauchier. 

Reddlins,  rente. 

Redempilo,  racatement. 

Redeo  (ms.  redid)^  repa[i]rier. 

Rediins,  repairement,  retour. 

Redlbeo,  redebvoir  -^35. 

Rcfociorlaiii,  refretoire  d'abeye. 

Refoclllo,  renourir,  repaistre  (gloss.  de  Douai  :  soeler). 

RelMi^ero,  refroidier. 

Résilia,  rieule. 

Remlso,  nagier  (==  naviguer),  avironner. 

Remaireo,  oster. 

Remaleo,  relraire  la  nef  par  cordes  (de  là  fr.  remorquer). 

***  Rasor  est  absent  dans  JG. 

*^*  Rata,  article  fautif;  JG.  définit  mieux  pro  rata  par  «  pro  parte 
sibi  contingente  ».  —  Rctte  est  incompréhensible;  corrigez  rate. 
**^  Rediheo,  JG.  rursum  debere  (le  classique  redMbeo  manque). 


(H8) 

Remas,  aviron  de  nef. 

Ben,  rognon. 

Bepasulam,  bare  de  huis. 

Repatriare,  retourner  au  pais  (v.  pi.  h.  re 

Bepedlio,  regiber  de  piet. 

Rependo,  guerdonner. 

Bepo,  rampir. 

Repofoeilianiy  che  qui  coeuvre  le  feu  de  nuit  4^6. 

Reprehenslblllsy  reprenable. 

Resero,  as,  deffermer,  declairier. 

Resldeo,  reseoir  ^^37. 

Resoliro,  desvolper,  deslier,  repaier  (ms.  reparer). 

Rei(h)e,  rois  à  pesqueur. 

Reilolnm,  coiffe  comme  rois  (a.  fr.  reseul,  auj.  réseau). 

Reirello,  errachier. 

Rennia,  reume  (rhume). 

Reamatlso,  enrouer. 

Ricins,  ris,  richinements  de  bestes  sauvages  ^38. 

"•  Repofocilium,  de  reponcre  -*-  focus.  —  L'étymologîc  de  JG.  «  com- 
ponitur  a  repono  et  focus  et  cilium  »  («  quasi  cilium  foci  »)  est  de  pure 
fantaisie.  Voy.  mes  obs.  GL.-  50  (note  9)  et  OP.  «  cloque  à  quoi  on 
coeuvre  le  feu  quant  on  cuit  les  pales  « . 

*"  Verbe  ancien  supplanté  par  la  forme  savante  résider. 

^'*  Après  avoir  relevé,  dès  1867,  dans  ma  Lexicogr.  lat.  126  (note  10), 
la  glose  chineur  =  lat.  gannio,  y&i  eu  tort  de  ne  pas  en  tirer  profit, 
en  1873,  pour  Tart.  rechigner  dans  ma  2*  éd.  de  mon  Dict.  et  dans  mon 
Append.  à  fa  dernière  éd.  de  celui  de  Diez.  On  m*en  a  fait  avec  raison 
le  reproche  et  je  saisis  Toccasion  que  me  fournit  ici  le  mot  richinemens 
pour  exposer  la  vraie  étym.  du  verbe  rechigner.  D*une  étude  minutieuse 


(  119  ) 

WkÊg^Tj  r[o]ideur,  rigeur. 

Rima,  fendache,  crevache. 

lUnii^o,  moquier,  rire  faintement,  recigner. 

Rlnifor,  gaber,  id. 

Risins,  tas,  sed  (?)  a  frenestre  ^39. 

IUtiis,  ruissel. 

lUxofliiiSy  noiseux,  tenceux. 

»,  rongier. 

ft,  aumosne. 
Itoro,  faire  rouser  ou  arrouser. 
lto«,  rousée. 

Roiabidiim,  rable  ^ms.  table)  de  four  4^. 
Rotiiliifli,  rolet. 
Rnbeia,  raine  de  buisson. 
Rnblffo,  enrousilleure  ^^ . 

qu'y  a  consacrée  le  prof.  Fôrster  dans  la  Zeilscbr.  fur.  rom.  Phîlol.  III, 
S64-5,  il  résulte  que  dans  aucune  de  ses  acceptions,  il  ne  dérive  de  reehe 
ou  rechin.  Toutes  ses  applications  remontent  à  Tidée  «  faire  la  grimace, 
grincer  »,  et  lui-même  dérive  du  v.  h.  ail.  kinan  (•  adridcre  •),  qui 
explique  aussi  les  anciennes  formes  composées  eschignier,  retchignier, 
reskignier,  tretkignier.  Corrigez  un  des  deux  mots  par  enroilleure. 

***  Ritttis  est  une  mauvaise  lecture  p.  riscus,  lequel  est  interprété 
dans  les  gloss.  par  •  fissura  vel  fenestra  patcns  in  fenestra  »,  ou  «  vas 
ex  juncis  et  viminibus  »,  ou  «  sedes  apum  »  (donc  =  ruche).  —  Quant 
à  notre  sed  à  frenestre,  je  le  laisse  à  Tétat  d'énigme.  Peut-être  faut-il 
lire  u  (s  ou)  au  lieu  de  a,  et  sed  se  rapporte- t-il  à  «  sedes  apum  ». 

***  Roiabulum,  forme  du  bas-latin  créée  par  adaptation  à  rota  pour 
rtt/a6ti/tifii  ;  de  là  fr.  rouble,  reable,  rable, 

**^  Enrousilleue,  de  enrousiller,  se  couvrir  de  couleur  rose.  Dans  le 
ms.  le  mot  est  mis  deux  fois,  seulement  la  première  fois,  il  se  lit  plutôt 
enronêilleure. 


.     (  120  ) 

Rnbrlca,  rubrece. 

nabam,  bouton  (glose  douteuse). 
Rncio,  router. 

Rvcias,  route  (=  rot,  éructation). 
Rndltns,  les  cris  des  bestes  mues. 

Rndus,  gravois,  pierres  petites,  corne  pour  faire  pavemens. 
Rnfas,  roussel. 
^  Rn^a,  fronce. 
Rnnco,  sarcler,  errachier. 
Ruptura^  rompure. 
Rus,  ville  rurale,  camp. 
Rtiscos,  ronces  ^^. 
Rairum,  fossoir. 

H 
Sabarra,  gravelle  'Mrâ. 
Sabnlum,  sabelon,  gravier. 

Saccataniy  vin  de  buffet,  vin  bouté  ou  pargouté  par  le  lie. 
Sacco,  ensacquer. 
Sacrisia,  soucretain  4^^. 
Sa^acltas,  soutieuté. 
Sasam,  sages,  soubtis. 

Sa^ena,  rois  de  poisson  (a.  fr.  sdime,  n.  fr.  seine), 
Saslmen,  sain  (graisse)  ^^, 

***  Rutcus,  GL.  40  grousillier;  ruseum  ib.  41  groussaile. 

**»  Sabarra  est  erroné  p.  saburra, 

**•  Sacrista,  maso.  =  sacristarius  ou  sacristanus  (d'où  a.  fr.  teerdan, 
êegretain,  ital.  tagreslano,  ail.  sigrist),  La  forme  toucreiain  se  trooTe 
encore  ailleurs  (comp.  pvouvost  =s  prevost), 

*"  Sain,  d'abord  sain,  reproduit  exactement  sagimen  =  sagin». 


(121  ) 

Sai^ina,  craisse. 

!9«i^iio,  encrassier,  larder. 

Sa^lo,  devenir  [saige],  engigneusement  ouvrer  (ms.  engre- 

veusement  ouvrier), 
Sa^Iita,  saiette. 
Sasma,  somme,  charge. 
Sairnm?  saige,  sarpille  ou  robbe  belle  ^^. 
Salebra,  voie  aspre  ou  boueuse. 
Sallunca,  une  herbe  espineuse  que  on  appelle  caude  trepe 

(auj.  chausse-trape). 
Salsa,  sausse. 
Salslda,  saussice. 

Salsn^o,  sammuire  (saumure),  c'est  seil  fondu  de  la  char. 
Saltem,  au  mains. 
Salve,  Dieus  te  sault  [ou]  saulue. 
Sambuca,  sambue,  flassoie,  une  herbe,  simphoine  '^'7. 
Hk^mbncus,  sehus  (cas-sujet  de  sehuc)  ^^. 
Sandapllum,  bière,  tiertre. 
SandlsL,  une  herbe,  waranche. 
itoinles,  poriture,  boe  de  sanc. 
Sano,  saner,  garir. 

*«•  SaigCf  le  vrai  mot  ancien  était  «aie.  —  Je  ne  connais  pas  sarpille. 
.  *"  Sambuea,  comme  nom  d'herbe  (végétal),  désigne  Je  sureau  ;  flassoie, 
ailleurs  flassaire  ou  flassarl,  traduit  sambuea  en  tant  que  couverture  de 
laine,  litière.  —  Une  troisième  acception  bas-lat.  de  sambuea  est  «  genus 
simphonie  musicum  quod  fit  de  illa  arbore  •.  Simphoine,  anc.  forme 
p.  symphonie  =  instrumentum  musicum.  —  Voy.  aussi  mes  obs.  GL.  27 

(note  10)  et  OP. 

**•  Sur  fr.  sehue,  etc.,  voy.  mon  Dict.  s.  v.  sureau  et  OP.  v.  sambucus. 


(  122  ) 

Sanns,  sains,  ha[i]tiés. 

Itoplo,  savorer,  avoir  saveur. 

Hm.pora,  assavorer. 

Sarabelnm  [saraballum],  braie  (voy.  GL.  16,  note  10). 

HmreoiiBigum,  sarquis  (cercueil)  ^9. 

Sarenlum  vel  sarenlns,  sarclet. 

Itorpa,  sarpe. 

Sarto^o,  paielle. 

HmtmgOj  eiforchier  (s'évertuer). 

fikftielleft,  bourel,  varlet. 

Saileias^  saturité,  soulanche. 

Satlo,  sauler  ^oO, 

fikfcilo,  onls,  semeure,  seminacion  (ms.  semiradon). 

Satlsteclo,  assouffir. 

Itoirapa,  juge,  sergans,  sage. 

Saiur,  saules. 

Saiieloy  navrer. 

Sanma,  somme,  charge  4^^. 

Soabellum,  marche  piet. 

Scables,  tigne,  rongne. 

Scabo,  grater. 

Scala,  esquielle. 

Scalpellum,  canivet,  coutel  à  .ij.  manches  pour  peler  cuirs. 

**^  Il  faat  prob.  lire  sarques  (nom.  sing.)  ou  targueus. 

**^  Cette  forme  saules  avec  au  revient  sous  satur,  tandis  que  sous  le 
mot  précédent  nous  trouvons  soulanche.  Faut-îi  prononcer  saûUr,  ou 
corriger  saouler  ou  soûler  ? 

*^^  Sauma  est  une  autre  forme  de  sagma  (pi.  h.),  amenée  par  Pinter- 
médiaîre  de  salma;  cp.  la  filière  smaragdus,  esp.  esmeralda,  fr.émeraude. 


(  123  ) 

fSeampniuii,  banc. 

Scandalam,  escande,  offense  4^2. 

S^andulam,  escaille  d'esquielle  ^^3. 

^eaphiam,  vaissel  à  pissier. 

Seapula,  espaule. 

S«apa0y  espaule  ou  hautece. 

Scatebra,  sourdis  d'yave. 

Scateo,  sourdir. 

f§leeda,  note,  parchelote  4^^. 

f^enotapblnm,  sépulcre  wit  455. 

Scepirum,  sceptre,  vergue  royale. 

Sclllcei,  assavoir. 

fielndala,  esteule  de  quoy  on  coeuvre  les  tois  ^6. 

Sdnlfosy  I«9  une  mousche  ^57. 

Selpbus,  hanap. 

Scaba  [scopa],  balet,  ramon  (d'où  fr.  éœuvette)  *oS, 

fi^eobo,  bis,  baloyer. 

*•*  Escaiide,  plus  souvent  escandre,  auj.  esclandre. 

*"  Seandulum  n'est  pas  dans  JG.,  et  Dief.  ne  le  cîle  que  d'après  un 
seul  gloss.  Iat.-all.,  où  il  est  traduit  par  sprosse  (échelon). 

"*  Parchelote  est  un  lapsus  du  copiste  p.  protliecole  =  lat.  protho- 
collatn  (sic),  qui  est  un  des  sens  donnés  par  JG.  au  mot  tceda. 

*"  Forme  bas-latine  abusive,  puisque  le  mot  représente  xevoxdtpiov. 
Cp.  Vs  initial  dans  scinifes, 

"•  Le  moy.  lat.  sdndula,  comme  l'ail,  schindel  qui  en  vient,  est  bar- 
deau ,  tandis  que  esteule  (de  stipula)  signifie  paille,  chaume.  —  Pour 
scindula  (de  scindere,  fendre)  on  trouve  aussi  scandula,  d'où  fr.  échandole. 

••'  Scinifes,  même  mot  que  einifex  (voy.  pi.  h.). 

***  Scoba  est  une  adaptation  de  forme  à  seobs,  scohiss  de  même  le 
verbe  scobo  qui  suit  et  qui  revient  plus  bas  avec  un  p. 


(124) 

iScobii^  rabot  à  carpentîer  4-59. 

(ieo(l)pa,  balet  ou  ung  arbre  :  hous  *^. 

iScopo,  1»,  ni,  Itam,  baioyer  46i. 

iScopo,  a»,  id.  ou  nettoyer. 

Scopulnii,  roche. 

iScortator,  houllier  ^^62. 

Scorteii,  1»,  la  pel  du  mouton  *63. 

Iteortor,  ribauder. 

(ieortaiii,  ribaude,  putain  ou  lit  de  bourdel. 

Screa^  escuine,  crachat. 

Scrofk,  truie,  pourcel. 

ScroflUa  [scrofula],  escrouelle,  maladie,  le  mal  le  roy. 

(ierapulnii,   pierre  (ms.  perte)  ou   moleste,  soH[ci]tude, 

remors  de  [con]scienche. 
(ierupuii,  pierre  aspre  petite. 

*^^  Seobt  «  ferrum  quo  ligna  plananlur  ». 

**^  La  mauvaise  forme  scolpa  n'est  consignée  nulle  part.  —  Scopa  se 
disait,  en  effet,  de  l*arbre  dont  on  faisait  les  balais;  il  fallait  donc  plutôt 
genêt  que  hous. 

^*'  Scopo  de  la  3*^  conjug.  est  probablement  Teffet  d'une  confusion 
avec  scoho;  à  la  vérité  il  se  trouve  dans  la  Vulgate,  où  on  lui  voit  traduire 
le  gr.  vxdfXXci)  (sonder,  creuser) ,  mais  celui-ci  parait  être  indépendant 
de  scopâre  et  avoir  été  fait  sur  le  gr.  vxoir^o),  scruter.  Voici  le  passage: 
Psaume  76.  7,  Et  meditatus  sum  nocle  cum  corde  meo...  et  seopebam 
spiritum  meum. 

***  tiouUier,  débauché  (ce  root  français  se  trouve  dans  Sachs,  mais 
non  dans  Liltré),  vient  de  Tall.  hure,  femme  publique;  on  trouve  aussi 
hurier,  et  la  forme  haners  =  scortator  dans  le  gl.  de  Douai  est  sans  doate 
un  lapsus  p.  houriers. 

***  JG.  et  autres  gloss.  :  scories,  -tis,  pellis  arietis. 


(128) 

Scrntuiii,  robbe  despechie  (ms.  depieche)  ou  trippe464. 

Sculpoy  entailiier. 

S«iirra«  glouton,  lecheur. 

fi^entlca,  cscourje,  fouet. 

Scutula,  Termail  ront. 

Itobuiii,  sain  à  faire  candelles. 

Itocto,  secte,  propos  {=  dogme,  doctrine). 

Iteetor,  ensievir. 

Itocaiida,  bonne  fortune,  ou  une  rue  de  Jérusalem,  ou  la 

pel  où  est  envolpés  l'enfant  au  naistre. 
fi^eeurl»,  cuignie,  hache. 
Seca»,  prepositio  :  de! es,  de  coste. 
Itoeuii,  adverbium,  i.  e.  alias. 
He§;eHj  bled. 

fScf^niii,  preceux  (paresseux). 
Sell^o,  eslire  à  part. 
Itelliiiiiii,  une  herbe,  ache. 
SelUo,  oui»,  chev[a]l  (pr.  cheval  de  selle). 
Semlnliiiii)  semenche. 
Sentis,  une  espine,  ronse. 
Itoparo,  séparer,  deviser  ^s. 
Separatio,  dessevranche. 
Sepe,  souvent[es]  fois,  et  comparatur. 
(topes  vel  sepls,  haie,  soif  466. 

*«•  JG.  vcslis  pauperum  lacerala  ;  item  scruU  dicuDtur  exta,  scilicet 
Irîpe,  «  quia  cxtis  scrulabantur  futura  » . 

*•»  Separo;  le  bon  mol  fr.  est  sevrer. 

*"  Ce  bon  vieux  mot  soif  a  dû  disparaître  après  rinlrodnction  de 
goif^  silis  (au  lieu  de  soi),  sur  laquelle  Grôber  a  fait  une  élude  remar- 
quable dans  sa  Zeilschrifl  fur  rom.  Pbil.  II,  i60. 


(126) 

iSepla,  ung  poisson  :  sèche. 

i^pa  [caepa],  oignon. 

Seqaela,  coustume,  sieute  (suite)  4ô7. 

Seqnester,  moyenneur,  juge. 

iSequor,  ensievir. 

Herm,  fermure. 

Série»,  ordonnanche. 

i^rla,  ung  pot  (vase  de  terre,  jarre). 

(Serlatlm,  ordenécment. 

filerleam,  soie. 

Seriottus,  ententis  (=  appliqué). 

Sero,  ttl,  enter  ou  planter  arbres. 

Sero,  sevl,  semer. 

i^rpilain,  une  herbe  :  polieul  (poliot). 

Serpo,  rampir. 

Serra,  sie  à  sier. 

Sertatu»,  encapelés. 

Sertam,  capei  de  fleurs. 

Sérum,  cler  lait  (ms.  lart)  de  fromage. 

Seta,  soye  de  porc. 

Setaelum,  sas  à  sasser  Tarine. 

Setarlu»,  sasseur. 

Seirerus,  cruel,  discret,  roit. 

Seirlo,  forsener. 

Slc(c)era,  sidre,  cervoise. 

Sido,  1»,  asseoir,  juchier. 

SlsiUam, 


**^  Sequcla,  JG.  «  mos,  consuetudo,  cxemplum,  ritus  •. 


(  127  ) 

tSillcernaii,  morable  (=  moribond),  qui  regarde  sépulcre, 

«  quasi  silicem  cernens  »  ^68. 
Sllli^o,  soilie  (=  seigle),  bled. 
Slllsinosus,  soileux. 
Slliqua,  «e,  ung  arbre  qui  porte  fruit  profitable  aux  pors 

ou   le   fruit,  ou  ung  pois,  la   .xxiv.   partie  d'un  pois 

(c.-à-d.  d'un  solidus). 
Sl(l)llqaa,  une  herbe,  gallice  hoton  ^^. 
Slmbolam,  escot  ^"70. 
Simlla  (ms.  similia),  fleur  de  farine. 
Slmultos,  faintise,  barat  ^"^i. 
mmas,  qui  a  court  nés. 
fSlnapls,  senevel. 
mnaplam,  moustarde  ^Tâ. 
Mnelput,  la  partie  de  la  teste  devantraine. 
mn^altlo,  segloutir  (on  trouve  aussi  souglouiir). 
SlnsniuS)  seul,  universel  ^^^. 

Slntboma  [symptoma],  accident  ou  signe  de  maladie. 
SInaii,  sain,  giron. 

*••  Le  bon  mot  lat.  est  silieemitu,  c'est  celui  qui  est  Tobjel  d'un 
êilicemium  (repas  funèbre),  lequel  est  p.  silieemium,  composé  de  »ilere 
+  cesna  (bonne  forme  ancienne  p.  coena), 

*••  Sur  hofon,  voy.  pi.  h.  acus. 

^^^  Symbolum  a  ici  la  valeur  •  part  de  chacun  dans  un  pique-nique  > . 

"^  Le  sens  «  faintise  »  n'est  pas  exact  et  parait  avoir  été  posé  sous 
l'influence  du  verbe  simulare, 

*"**  Sinapium,  forme  absente  dans  JG. 

"»  La  Irad.  universel  est  inexacte;  peut-être  motivée  par  une  mau- 
vaise lecture  de  unus  et  unus  (dans  JG.),  lu  comme  s'il  y  avait  universus. 


(  128  ) 

Mpo,  apasteler  oysaus,  et  segnefie  deminsier,  esmyer*?*. 

Siren,  enls,  porcel  (ms.  parel)  de  mer. 

SIrcna,  oc,  moustre  {=  monstre)  de  mer  ou  ung  serpent. 

fi^lrpa,  [id.  est  quod]  sarpa. 

SIstarela  [sitarchia],  sac  ou  repositoire  '*''5. 

fSItula,  vaissel  à  yawe  sellée  (ms.  sallée)  ^^^. 

Sobrlus,  sobre,  non  gourmans. 

Socerlnu»,  de  serourge  (ms.  sirourge). 

Socloy  compagnier. 

fSolarlam,  solier  (=  le  plus  haut  étage  d'une  maison)  ^77. 

Solea,  semelle,  somelle. 

Solco,  sembler. 

Solldo,  affermer,  ent[e]riner  ou  faire  chose  ferme. 

Solldus,  sodés  (d'où  sotider)^  fermes. 

Solldus,  pois,  solz,  XII  deniers. 

Soliiieqiilaiii,  solseqaiam,  soussie. 

filollum,  siège  de  roi. 

Solor,  conforter. 

Soliro,  deslyer,  payer,  soudre,  délivrer. 

Somna»,  somme,  dormir. 

Sonlpes,  cheval,  destrier. 

Sopbisma,  parole  envolpée,  entoullie,  decevable. 

*"**  JG.  donne  à  ce  verbe  les  trois  acceptions  suivantes  :  I.  farinam 
ad  pultcm  faciendam  immillerc  ;  %  spargere,  et  proprie  escam  galliois 
(c'est  notre  apasleler);  3.  comminuere  (notre  deminsier,  esmiier).  — 
Nous  avons  à  faire  au  primitif  de  dissipare  (svpare  ou  sipare,  jeter). 

"*  La  forme  sistarcia  s'est  introduite  peut-être  sous  Tinfluence  deoi^a. 

^'*  L'épitbète  sellée  est  de  trop;  je  lirai  donc  séparément  sdtée  ou 
seiUée,  mesure  de  liquides,  signiGant  un  seau  plein. 

*"  Sur  solarium  (d'où  Tail.  sÔller)^  voy.  GL.  i9,  note  5. 


(129) 

Sopor,  somme,  sommel. 
Sorbeo,  humer,  dévorer,  engloutir. 
SorMctam,  caudel. 
Sordeii,  ordeur,  pueur. 
Sordido,  faire  ort. 
Sorlca,  moncel  ^'^8. 
ik»ricetttiii,  lieu  oii  vont  souris. 
ISoropbasttSy  sépulcre  de  pierre  4*70. 
^iorops,  gason  de  pierre  ^0. 
ISors,  aventure  ou  catel  ^^. 
^lortlor,  sortir,  faire  les  los  ou  deviser,  donner. 
ISospes,  sains,  haitiés,  alegiés. 
f^otnlar,  sorler  pour  cauchier  les  pies. 
Apaclmii,  esbatemens,  espasse. 

Spadix  j  sus  rouge  (=  lat.  subrubeus)  ou  jaune,  non  pas  du 
tout  rouge. 

"'  Soriea  «  lumulus  arenartim  vel  Iranslattva  cujuslibct  rei  congc- 
ries  »  (JG.).  —  Du  gr.  cxcopo'ç,  tas. 

*'*  Sorophagus,  mot  créé  par  adaptation  à  sareophagus  en  substituant 
à  rélément  sarco  le  terme  toro,  qui  représente  gr.  aopo'<  =  arca ,  tom- 
beau, ou,  pour  mieux  dire,  c'est  un  mauvais  mélange  de  soros  et  sarco-' 
phagus,  —  JG.  •  quidam  lapis  sic  dictus  quia  corpora  dcfunctorum  con  - 
dita  in  eo  infra  quadraginta  dies  consumantur,  et  ponitur  pro  sepulciiro 
simpliciter  •. 

^'^  Sorop8,=s  caespes,  motte  ou  terre  de  gazon.  L*étymologie  reste 
douteuse,  mais  on  ne  saurait  en  méconnaître  la  parenté  avec  soriea. 

^'*  Les  deux  acceptions  sont  mises  en  relief  dans  le  vers  suivant,  cité 

par  JG.  : 

Sors  notât  evenluni,  lignat  qtioque  sors  capitale. 

Tome  XXXVII.  9 


(130) 

Spado,  chastré. 

HpmrgOj  espardre. 

l9pa[s]iiio,  pasmer. 

Spasmu»,  pâmoison. 

iSpatlor,  abanoyer,  sallir,  esbatre  par  récréation  *^. 

Spatala,  espaule  ou  la  fueille  du  pamier. 

Species,  biaulté,  espeche. 

iSpcculor,  mirer,  regarder. 

Spera  [sphaera],  espire,  rondesche  483. 

Spleo,  faire  espi,  espyer. 

(Splenlum,  dart  ou  espié. 

Spina,  espino  ou  eschine. 

Spinter,  espingle. 

Splracalam,  souspirail. 

fi^plritasy  esperit. 

iSponda,  esponde  (Lexic.  67  châlit). 

iSponsa,  espousée. 

fi^ponsalla,  espousaiges. 

Spao,  esrachier,  esraquier. 

iipareus,  ors,  punais. 

Il^puriaii^  forlignant. 

fitadlum,  estade,  espasse  de  .xxv.  pas. 

Ma^nam?  estanc,  vivier. 

Stamcn,  estain  ou  traime  de  drap. 

IStatIo,  stacion,  demourance. 

*"  Spaliari  a  créé  le  spazierm  des  Allemands.  —  Abanoyer  =  csbi- 
noyer  (c'est  ainsi  que  spatiari  est  rendu  Lexic.  75). 

"»  Espire,  plus  souvent  cl  plus  régulièrement  espère,  God.  n'a  ni 
Tun  ni  l'autre. 


(131) 

Stello,  estelier  (=  briller  comme  une  étoile). 
Stereuii,  merde,  estront. 
MeriUs,  brehaing,  non  fructifiable. 
Memo^  esternir,  apaisier  ou  selir,  abatre  ^^. 
Merqullinlum,  fumier. 
HtewtOj  Is,  esternuer,  ronfler,  ronquier. 
MiMum,  onguement  pour  soi  farder. 
Ml^a,  aguillon. 
Ml^etas,  id.,  tristesse  ^^. 
fi^tlsm»?  signe,  ensaigne  de  plaie. 
i^tllllcliliaiii,  goutiere. 
i(tl(l)liiin,  graife,  setille,  engien  486. 
i^Uopus,  enfleure  de  bouche  ^t. 

***  Selir  est  inadmissible  ;  je  propose  seiler,  qui  répondrait  au  terme 
insellare  donné  par  JG.  parmi  les  acceptions  de  stemere, 

*^*  Siigefcu  n'existe  nulle  part;  dans  JG.  on  lit  sans  plus  :  «  stigesioM 
id  est  tristicia  •.  Ce  sobst.  est  tout  aussi  suspect  pour  la  forme;  quant 
au  sens,  il  est  clair  que  notre  mot  est  de  la  famille  de  Stu^,  otuyvoc;, 
(TuuYécD.  Le  mot  abrégé  m^.,  toutefois,  fait  voir  que  Fauteur  lui  prétait 
aussi  la  valeur  de  $tiga. 

'**  Setille  est  une  transformation  de  estille,  consignée  dans  God.  — 
Engien  (instrument)  s'explique  par  les  sens  poinçon,  baguette  j  ou  ce  mot 
signifie- t-il  ici  adresse,  habileté? 

**''  JG.  traduit  «  inflatio  oris  »  et  cite  le  vers  : 

Nec  iliopo  tamidas  intendis  rumpere  buccas. 

Ce  vers  étant  dans  Perse  (Sat.  V,  43),  j'en  conclus  que  stiopus  est,  non 
pas  une  faute  graphique,  mais  une  forme  allégée  de  êfloppus  (claque  sur 
les  joues  gonflées);  elle  se  reproduit  même  dans  Tit  stioppo  (fusil, 
propr.  détonation),  mot  bisyll.,  variante  de  tehioppo,  lequel  se  rapporte 
à  la  variante  scloppus  p.  slloppus  (voy.  mon  Dict.  sous  escope(te). 


(  132  ) 

mipa,  ung  petit  arbre  pour  balaier  (ms.  bailler)  ^^\ 

MipatUam,  excequier  (échiquier). 

Stlpendiarin»,  soudoyer. 

Mipendiam,  guerdon,  gaige. 

Stipes,  tison,  estoc,  tronc. 

Mips,  maille  ou  ung  pois. 

Mipula,  chame. 

iMIria,  glaçon,  goutte  gellée  (OP.  roupie,  GL.  tiria,  îd.). 

StIrleliUuiii,  goutiere  489. 

SUrill(l)ain,  barbe  de  chievre  ^do. 

Stirma,  manche  de  charue  (ms.  charme)  ^9^. 

Momacor,  indigner,  contrester,  irer. 

Storfum,  natte. 

Stramen,  feurre,  estrain. 

Mrata,  voie  estroite,  alée  ^^. 

Stratorluni,  estable. 

Mrena,  estraine. 

Strideo,  estraindre  les  dens  ou  coitir. 

*"  Siipa,  JG.  «  parva  arbor,  ut  dîciint,  scopa,  quia  ex  ea  slîpentar 
tecta  ». 

^*'  Stiricidium,  mot  varie  do  stUiddium  (still.);  on  parait  avoir  jadis 
mis  sliria  en  rapport  étymologique  avec  stilla  (évidemment  un  dimi- 
nutif). 

**^  De  sHria,  glaçon.  Notez  toutefois  qu'on  trouve  aussi  spiritlum. 

"*  Stirma,  stirna  sont  des  formes  corruples  de  sUva,  consignées  par 
Oicf.,  mais  absentes  dans  JG. 

*"  L'épîthète  esiroitte  est  fautive;  JG.  donne  via  minuta,  où  tninutas 
parait  se  rapporter  aux  pierres  menues  dont  la  slrata  est  pavcc.  I^  bon 
vieux  mot  est  estrée  et  c'est  par  là  qu'il  faut  remplacer  estroitte. 


(133) 

Strldulu»,  raisonnable  4^3. 

Stmccio  [struthio],  otruce. 

i^trama,  bosse  ou  pis  (=  bosse  à  la  poitrine). 

StnUlcla,  folie,  sottie. 

Suadeo,  enorter. 

Snavio,  omis,  baisier  4^4. 

Sabarro,  donner  ères  (arrhes)  se[cre]ttement. 

fi^abdoltt»,  bateur  ^^^. 

Snbsaïuio,  demoquier. 

Siibtel(l)a,  culiere  à  cheval  ^^6. 

fSabterftifflaiii,  refus  497. 

finbueiila,  roce  (=  rochet)  ou  chemise  de  prestre. 

Subula,  alenne  de  cordeuannier. 

HHuburblum,  fourbourc. 

Succesiiii»,  bonne  aventure. 

H^uccido,  rongier,  rongner. 

Sacclnctoriuiii,  sourchainte. 

lSuc[cu]clo,  sequeurre  (lat.  succutere),  croler  ou  hocier. 

i^necufi,  jus. 

'**  Ce  raisonnable  équivaut  ici  à  parleur,  donc  itridulus  (criard)  à  ce 
qu*on  appelle  familièrement  blagueur  \  toutefois  je  ne  vois  celte  acception 
métaphorique  de  stridulus  consignée  nulle  part. 

'"*  Suavio  est  plutôt  =s  amateur  de  baiser  (il  nVst  pas  dans  JG.); 
c*est  suavium  qui  signifie  le  baiser. 

***  Hateur  doit  être  ici  ^  bateleur,  faiseur  de  tours,  jongleur. 

*^*  Sublela,  «  corrigia  sub  cauda  equi  >  ;  cf.  postela  et  antela, 

**^  Je  me  demande  s'il  faut  corriger  refui  (=  lat.  refugium)  ou  laisser 
refus  (de  refuser)^  en  suppléant  Tidée  «  par  prétexte  ou  subterfuge  •. 
Notez  que  le  mot  aublerfugium  manque  dans  JG. 


(134) 

Sadatnsy  plein  de  sueur  ou  de  pois  ou  de  chevois  4^. 

Sudes,  peilz  (ms.  poilz;  il  s'agit  du  lat.  poli,  pieux). 

Snduii,  nés  (cas  du  nom.  sg.  de  n^  =»  lat.  nitidtis). 

Suffoeo,  estrangler  (ms.  estrambler). 

(Suffras^r,  aidier. 

fSassriinda,  c'est  ce  qui  est  entre  le  paroit  et  le  toit,  sour- 

goutière. 
£(«■8(8)0,  sami,  suscier,  sucier  ^^d. 
Snlca,  arrer  (lat.  arare),  faire  roye. 
Sulcaii,  roye  de  charue. 

19aiii(iii)en,  lois,  craissc  de  ventre  de  porc  ou  de  bouceil  ^^^, 
iSaperabllls,  vainchable. 
filupcrnus,  souverain. 
Sapersideo,  susseoir  ou  relachier. 
Supinus,  reversés. 
Sup[p]ary  subjès  à  pareil  ^oi. 
ISupparus,  manche  broudée  ou  aornement  ou  haulteche  de 

voille  502. 

***  Dans  celte  glose,  un  scribe  ignare  a,. comme  dans  la  suivante, 
confondu  palus  avec  pilas  et  a  encore  aggravé  sa  faute  en  ajoutant 
comme  synonyme  chevois  (plur.  de  ehevoil,  cheveu). 

**'  Les  deux  formes  françaises  du  mot  lalin  ne  sont  que  des  variétés 
orthographiques. 

*•*  Sumen,  «  minuta  porcorum  exta  vel  pingucdo  que  est  in  ventre 
porci  vel  potius  porce  fête,  quod  et  abomen  (sic)  dicitur  •  (JG.).  — 
Sumen  est  formé  de  sugimen, 

^^*  JG.  «  subjectus  pari  ».  Le  vrai  sens  est  •  quelque  peu  égal  •. 

^^*  JG.  a  manica  ornatus  causa  supra  aliam  ducta  et  crispa,  et  pouitar 
sepe  pro  vélo  vel  replicatione  vel  summitate  velorum  «.  —  Cp.  en  grec 
afîtapo;,  voile. 


(13S) 

Sapplementaiii,  supliement. 

Svppleo,  supplier,  acomplir,  paremplir  ^03. 

Supremas,  darains  ou  souverain. 

Sara  9  cuisse  ou  le  gros  de  la  gambe,  c'est  la  partie  grosse  de 

la  jambe. 
Snreus,  troncq  corne  de  aubre  ^^^. 
Snrdaiiter,  qui  ot  dur. 
Snrifo,  sus  lever. 
finspeeto,  soupechonner. 
Snspico,  as,  glenner  (glaner)  ^Od. 
fSaspleo,  I»,  mescroire,  soupeçonner  ^06. 


Tabanus,  mouche,  tahon. 
Tacltarna»,  tasible. 
Talus,  talon  ou  deit  [à  jouer]. 
Tamen,  toutes  voyes. 
Tamlno,  contraryer,  corrumpre  »07, 

'®^  Supplier  =  suppicor,  tn'esl  nouveau  ;  je  ne  connaissais  que  swi- 
ploier;  sous  les  deux  formes,  d'ailleurs,  il  y  a  eonfusion  avec  supplicare, 

'^*  ^urcus,  prîmilîf  réel  ou  fictif  de  surcuius. 

*••  Je  ne  trouve  ce  composé  de  gpicarc  (=  spîcas  colligcre)  dans 
aucun  de  mes  glossaires. 

*^*  Lisez  ou  êuspicio,  -ix  ou  suspicor,    aria  ou  suspico,  -as, 

*•'  Taminare;  Je  fr.  contrarier  répond  à  la  dcfinilion  u  advcrsari  • 
des  glossaires.  Je  ue  sais  si  ce  sens  prêté  à  taminare  est  sérieusement 
constaté j  en  tout  cas,  il  a  fourni  aux  glossaleurs  la  singulière  étyniologic 
«  tamen  •  (cependant);  ce  ycrhc  dirait  donc  pr.  opposer  des  u  cepen- 
dant, des  mais  ».  On  sait  que  tamino,  souiller,  est  p.  tagmino,  d\\n  pri- 
mitif tagmen  (rac.  tag,  d'où  iang)^  pr.  touche,  tache. 


(  136  ) 

Tan^o,  atoucier. 

Taratontaram,  sas  pour  la  farine  buleter,  ou  le  batoir  du 

molin,  ou  son  de  trompettes. 
Tarataiit[ar]tiio,  tromper,  sasser,  buleter  (=  bluter). 
Tarmuii  [tarmes],  le  ver  qui  naist  du  lart. 
TartarlOy  tromper  ou  juer  de  naquaires. 
Taams,  torel. 
TaiLo,  prisier,  tausser. 
Tax^tts,  une  beste,  taisson,  ou  ung  arbre  moult  amer  et 

venimeus. 
Tedet,  il  anuie. 
Tedinni,  ennui. 
Tei^ala,  tieule. 

Tel(l)arlain,  mestier  de  telier  ou  instrument  à  tistre. 
Telo,  onlii,  courge  ou  instrument  à  tirer  yave  ou  à  porter  !H)8. 
Teloncam,  treûs  ou  change,  truage. 
Temerarias,  présomptueux,  oultrecuidiés. 
Temo,  limon  de  charette. 
Tempero,  atemprer. 
Tempctttiiraii,  congrus,  bon  ou  pourfitable,  convenable, 

hastis. 
Tenabuliim,  retenait  ^09. 
Tenax^  tenable,  aver. 
Tendleala,  tendrie  de  rois  (=  rets,  filets). 

^^^  Telo,  au  sens  de  courge,  est  inconnu.  Dans  le  sens  de  levier, 
bascule  h  puiser  de  Teau,  on  le  rencontre  souvent  (voy.  ma  Lexioogr. 
latine,  p.  131);  on  dit  le  mot  gâté  de  totleno,  ce  qui  est  inadmissible. 

'^*  Tenabulum  se  disait  aussi  pour  venabulum  (épieo  de  chasse),  «  quia 
retinct  aprum  •  (JG.). 


(137) 

Tenso,  tencher  ou  tendre  souvent  8i0. 

Tentoriam,  tente,  pavillon. 

Tenuls,  tenve,  tenre. 

Tenao,  atenrir. 

Tepl(l)dtts,  tiède  (une  autre  main  a  ajouté  tievme  et  le  subst. 
tievmeté)  sii. 

Tercbroy  perchier. 

Teres,  che  qui  est  long  et  ront  corne  une  lanche. 

Teri^o,  torehier. 

Teri^nm,  1,  dos  d'homme. 

Ter^u»,  orlii,  dos  de  beste  (OP.  dos  de  cuir). 

Terme  [therme],  arum,  lieus  corne  bains,  estuves  ou  cam- 
bres cauldes. 

Ternlo,  qui  ba  .iij.  cev[a]lliers  dessoulz  soy  ^^^. 

TerrlCorimii,  terroir. 

Testa,  cruche,  escaille  ou  quoquille  de  nois. 

Tetricn»,  triste,  preceus,  aspre,  ou  (ms.  iwn)  obscur. 

Tetritudo,  obscureté. 

Teatonleas,  de  Tiens  ^^3. 

^'^  11  y  a  ici  une  erreur.  Tencher  signifie  u  se  disputer  »  et  répond  au 
type  tentiare,  tandis  que  le  b.  I.  tensare  est  Ta.  fr.  (eftser  et  signifie 
•  protéger,  défendre  » . 

^**  Je  ne  sais  si  cette  forme  tievene  (bisyllabique)  a  jamais  existé; 
je  ne  saurais  phonétiquement  m'en  rendre  compte  que  par  un  type 
latin  barbare  tépinxts. 

**'  Je  ne  trouve  cette  valeur  de  temio  que  dans  JG. 

^*'  Tieua,  allemand  =  néerl.  dieltch,  a.  haut-ail.  diutUk  =  theodiscus. 
Le  gloss.  de  Douai  traduit  tmlonicns  par  tié$,  qui,  ayant  été  crronémcnt 
lu  des,  a  naturellement  fort  embarrassé  l'éditeur. 


(138)     • 

Temo,  tîstre,  ourdir. 

TeiLtnii,  tieust,  texte  ^^4. 

Tbcca  [Otixti],  repositoire. 

Theorema,  rigle  aperte  ou  discrétion  de  paroUes. 

Thorus  [torus],  lit. 

Tlbla^  jambe  ou  instrument  de  musique  corne  chalemie. 

Tielo,  tison  de  feu. 

Tlcionor,  ratisier  le  feu. 

Tlifilluiii,  petite  tige  ou  cevron  ^i^. 

Tif^am,  cheveron  ^^6. 

Tlmpanotcrola,  menestrer  en  timbre  ou  en  bedon  3t". 

Tlnciito,  sonner  de  naquaires,  tamburer  ^^8. 

Tinea,  ver  de  drap. 

Tinnlo,  sonner. 

Tlnnitas,  son,  tintemens. 

Tlntlnabulum,  timbre,  cloce. 

*^*  La  forme,  très  régulière,  tiemt  m^est  nouvelle.  Dans  Lexic.  il4 
j'ai  relevé  tisl,  tis, 

^"^  La  traduction  «  pclitc  tige  •  est  fondée  sur  un  faux  rapport  de 
parenté  de  tige  avec  tigiilnm,  qui  est,  comme  on  sait,  un  dérivé  de  tignum. 

'*'  Dans  le  gl.  de  Douai  tiynum  est  traduit  par  eaurois,  mot  bien 
suspect  et  accepté  par  God.  sans  autre  appui;  je  le  tiens  pour  une 
mauvaise  lecture  de  caoron  (=  chevron),  tandis  que  l'éditeur  y  voit 
une  pièce  de  bois  corroyé. 

^'^  Timpanoterota  est  un  mot  inconnu;  je  ne  trouve,  pour  tim- 
balier, que  les  termes  timpauolria  ou  -istria;  Plante  a  (ympanotriba 
(=  TuixTravoTptpTjç);  il  se  peut  que  quelque  moine,  songeant  à  l'équiva- 
lence entre  lat.  tero  et  Tpé^co,  ait,  à  sa  manière,  forgé  fympanoteroia, 

***  Si  tincttto  doit  s'accorder  avec  ce  qu'on  lui  fait  dire,  il  faut  cor- 
riger Hnnito  (d'où  fr.  tinter)  ou  fintino. 


(  139  ) 

Tirannas,  tirant. 

Tiriaea  [theriaca],  triade. 

nsis,  une  maladie  qui  fait  enfler  s^^. 

TItillo,  catouiller,  quevoir  ou  canceler  ^20. 

TItabo,  canceler,  clocier. 

TItalas,  titre,  loenge. 

Todeo,  tramblerSîi. 

Todo,  cocq  S22. 

ToËauj  pierre  aspre. 

Toi^a,  vestement,  robe,  heuque  523. 

Tolllnum  (ms.  tolium),  perche  à  puis(s)ier  yawe  ^24. 

Tolus,  le  pomel  que  on  met  sus  les  maisons  ^25. 

Tonltra,  tonoire. 

Tonsa,  la  palme  de  la  main  326. 

'**  Tisis,  forme  allégée  de  phthisis.  Pour  la  chute  du  ph  ou  p  initial, 
cp.,  pi.  h.,  b.-l.  neuma  (Trvsûfxa),  v.  fr.  titane  (ptisana)-;  ajoutcz>y  saunie 
p.  psaume, 

^^^  Les  sens  «  choir,  chanceler  »  sont  consignés  dans  les  gloss.  et 
proviennent  d'une  confusion  avec  tituhare.  —  Je  rencontre  pour  la  pre- 
mière fois  la  forme  quevoir  (v  intercalaire)  p.  queoir  (choir). 

**'  Voy.  sur  fodere  et  Pétymologie  qu'on  lui  prête,  le  gloss.  de  DC. 

"*  Je  ne  trouve  pas  cette  forme  todo  (-onis),  mais  fodonus* 

"^  Heuque  ou  hnque;  voyez  sur  les  correspondants  allemands  de  ce 
vieux  mot  français,  Heyne  (Grimm),  s.  v.  hoike;  voy.  aussi  huycke 
ap.  Kiliaen  et  hoche,  ap.  Dicz  (i*  éd.,  p.  616). 

^**  Tollinum,  autre  forme  de  tolleno.  Voy.  aussi  pi.  h.  telo.  —  La 
forme  tollium,qne  j'ai  condamnée,  pourrait  être  sauvée;  elle  est  constatée 
par  Dîefenbach. 

*■'  Voy.  sur  tolus  =  coupole,  pinnacle,  ma  note  dans  OP. 

***  J6.  :  «  remus,  sed  potius  palmula  remi,  queaquam  percutit  ». 
Il  se  peut  que  dans  notre  glose  main  soit  fautif  pour  rame. 


(140) 

Topareha,  prinche  sur  toutes''. 

Torax,  poitrine  d'achier. 

Torealar,  pressoir. 

Torenma,  tournure,  ou  vaissel  ou  lit  tourné,  ouvré  5^. 

Torpor,  pesandeur,  peresse. 

Torrens,  ruissel  de  pluie. 

Torris,  tison  de  feu. 

Torta,  ung  pain  :  torte  (tourte). 

Tortor,  qui  tourmente,  bourel. 

Tortuosns,  tors,  injurieux. 

Toms,  la  pel  du  cul  (ms.  cot)  ^^. 

Toréas,  cruel,  mal  sade. 

Trabs,  tref. 

Traeon,  alée  soubz  terre  530. 

Trado,  bailler,  traïr. 

Tradacoy  oultremener. 

Tradux,  naissance,  racine  ^^. 

Trairala,  ung  dart  :  gavrelot  (==  javelot). 


'*^  JG.  dit  a  a  topos  quod  est  totus  (!)  vel  locus  *;  cela  fail  comprenare 
notre  traduction. 

***  JG.  «  tornatura  vel  tornatum  vas  vcl  quidquid  tornatum  ».  On 
prcte  dans  celte  interprétation  à  lat.  (omare  (gr.  Topveoetv)  la  même 
valeur  que  celle  de  Topeueiv  (ciseler,  sculpter). 

*"  JG.  tt  deflexio  et  pulposa  extantia  carnium,  sicut  circa  culum  et 
brachia  » .  Des  gloss.  ail.  traduisent  aussi  par  haltndra  «=  posterior 
cervix  et  cervix  en  général.  Notre  traduction  fr.  ne  satisfait  guère, 
qu^on  lise  eut  ou  col, 

"«   Tracon,  voy.  DC. 

^^^  Naissance  a  ici  la  valeur  de  lat.  propago,  bouture. 


(  141  ) 

Traffum,  rois  à  pécheur,  truble  ou  fille  532. 

Traha,  civière  ou  herce. 

Trama,  trame  de  toille. 

Trames,  Itls,  sentiers  ^33. 

Trames,  Is,  ourle  de  vestemens- 

Trans,  oultre. 

Transtram,  ce  à  quoy  on  tient  le  naviron  de  la  nef  ^^. 

Trapeta,  moelle  (prononcez  meule)  à  broyer  les  olives,  ou 

vassiel  à  broyer  herbes,  ou  englume  de  monnoyer. 
Treoi^a,  trieves,  seureté. 
Trlbala,  herche. 
Trtbulam,  flaiel  à  batre  bled. 
Trtbnlo,  troubler  ^35. 
Tribalas,  chardon. 
Trlbntam,  t[r]uaige. 
Trica,  tresche  ou  déception. 
Tridens,  bavet  de  .iij.  dens. 
TriteiuL,  qui  a  .iij.  jaues  (=  prov.  gauta), 

y*  JG.  •  genus  retis  piscatorii  » . 

*'*  JG.  et  Dief.  donnent  tramis  au  nom.  —  Trames,  thème  tratnif, 
est  issu,  disent  les  étymologistes  latinistes,  comme  trama,  de  trans, 
donc  a  qui  va  à  travers  «,  comme  semila  (v.  fr.  seule)  de  se  (dans 
se-duco,  seorsum,  etc.),  donc  «  qui  va  de  côté  « . 

***  Cette  signification  s*écarte  de  celle  généralement  reçue,  mais  non 
pas  du  sens  foncier  :  traverse,  poutre. 

'^'  Troubler,  ici  =  mettre  en  tribulation,  est  étymologiquement  indé- 
pendant de  troubler  (plus  loin  toitrbler,  s.  turbarc)  ;  celui  de  notre  article 
représente  irubilare,  transposition  barbare  de  tribulare  (pour  lequel  la 
bonne  forme  ancienne  est  trieuler);  l'autre  répond  au  type  lurhuîare, 
dér.  de  lurbare. 


(142) 

Trimestris,  une  manière  de  bled  :  soucrion. 

Trlneposy  le  fil  à  filz  du  filz. 

Tripadioy  treper,  danser. 

Trlpadluni,  balle,  danse,  carolle. 

Tristlela,  tristreche. 

TrlTia,  voie  treble. 

Troclea  [troehlea],  roe  (ms.  roye)  de  puis. 

Trocas  [trochus],  sabot  536. 

Trudes,  perc[h]e  ferrée,  crochet. 

Tralla,  truelle  de  masson  (ms.  maisan). 

Tmtanas,  truant. 

Taba,  buisine,- trompe. 

Taeetarlas,  qui  fait  viande  de  chaude  gathie  menue  ^37. 

Taens,  ung  oisel  :  cucul  ^38. 

Tndesy  maillet. 

Tumalas,  tomblel  (=  tombeau),  sépulcre. 

Taniea,  cotte. 

Turbo,  tourbler. 

Turtar,  tourtereule. 

Taflsio,  toussir. 

*"«  Sabot  signifie  ici  toupie  ;  voy.  Liltrë  s.  sabot  el  God.  s.  cabot.  — 
Cp.  JG.  (s.  trochus),  «  instrumcntum  quo  ludunt  pueri  •. 

**^  De  tueetutn,  «  cibus  qui  fit  ex  carnium  contusiooe,  sicut  salsicia 
(=  fr.  saucisse)  est  ••  Je  ne  réussis  pas  à  me  rendre  compte  du  mot 
gathie,  si  ce  n'est  en  lisant  gachie  es  gaschie,  part,  passé  de  gaschier, 
détremper.  Ou  faut-il  hachie  =s  hachée? 

"'  Tucus,  dans  les  gloss.  allemands,  est  traduit  pw  gauch  (coucou); 
JG.  a  tuehis  «  gcnus  avis,  s.  cuculus  ».  —  Je  présume  que  tucus  n'est 
pas  naturel,  mais  plutôt  le  résultat  d'une  confusion  graphique  entre  e 
et  t  et  que  le  mot  normal  est  eucus,  primitif  de  cucului. 


(143) 


iraeo,  cesser,  entendre  (=  s'appliquer),  deffalir. 
TacniiSy  wis. 
Tadiam,  gaige. 
TadOy  as,  gueer,  passer  le  wés. 
Tador,  arls,  bailler  gaige. 
ITadum,  wés. 

WmWer,  soultil,  ingenieus^  cautuleus,  malicieus. 
ITai^Ina,  waine,  gaine. 
Tairlnarias,  gaignier. 
Taleo,  valoir,  povoir  ou  périr  2^39. 
Talffla,  retrorsion  de  lieffres. 

Talitudinarlas,  qui  revient  sus  après  maladie,  ou  foible 
par  viellesse  ou  par  maladie. 


"•  Celte  surprenante  valeur  du  verbe  valcre,  savoir  •  pcrire,  infir- 
mari  »,  est  mentionnée  aussi  par  Jean  de  Gènes,  qui  en  rend  compte  en 
ces  termes  :  «  Et  quia  taie  voie  (il  s'agit  de  Tadicu  suprême)  erat  signum 
doloris  et  tristicie  et  meroris,  inde  tractum  est  ut  valeo  ponatur  pro 
pcrire  vcl  infirraari  ».  Je  donne  ce  que  je  trouve,  sans  y  ajouter  aucune 
foi  ;  pour  admettre  que  la  conversion  de  sens  en  question  soit  arrivée 
par  ridée  «  recevoir  ou  dire  les  adieux  suprêmes  »,  il  faudrait  quelques 
exemples  bien  probants.  Mon  opinion  est  que,  si  jamais  valere  a  signifié 
accessoirement  «  être  maladif  »,  celte  valeur  s'est  dégagée  de  celle  de 
valetudo,  quand  par  cette  a  vox  ambigua  »  on  entend  mauvaise  santé  ; 
vatere  =  être  valétudinaire,  malade,  mourant,  n'est  donc  pas  aussi  sur- 
prenant qu'il  en  a  Pair. 


(444) 

Vallo,  clore  de  palis. 

irallas,  pieus  à  faire  palis. 

Tan^a,  besce  (=  bêche,  ms.  vesce). 

Tanlto,  vanter. 

Yap[p]a,  buvrage  de  pau  de  valur  (GL.  53  goudale). 

%^arlea  (=  varix),  une  vaine. 

Taras,  courbe. 

l^asto,  gaster. 

IJber,  plentiveus. 

Vdo  (ms.  ubo)y  baignier,  mouillier. 

Tecors,  furieus,  dervés. 

Wectl^al,  paiage,  treû. 

l^eetlfl,  verouil  à  fermer. 

l^ectara,  porture,  voitture  ou  le  loyer  que  on  ha  pour  porter. 

%^elia,  civière  S40, 

Telaber,  bris,  regreti^r,  vendeur  de  menues  denrées  s^. 

l^elabrum  (ms.  velibrum),  pile  à  olyer  ou  à  purgier  four- 

ment  s^s. 
l^eliflcor,  nagier  à  voille. 
Tellas,  toisons. 
l^enabalam 9  instrument  de  veneurs  pour  caissier  (sic  p. 

cassier  =  chasser),  espieu. 
l^endlco,  acquérir. 
ITenor,  chassier. 

^*^  JG.  «  quoddam  genus  carrl  ».  Traduit  np.  Dîef.  par  scfUUf,  stey, 
c.-à-d.  traîneau.  —  Civière  traduit  pi.  h.  traha, 

'*'  JG.  «  venditor  minutarum  rcrum  comestibilium  in  talî  loco  • 
(c*e8t-à-dirc  dans  le  Velahrum  «  locus  Rome  ubi  obsonia  vcndebanlur  •). 

***  JG.  A  Vas  in  quo  oleum  contundilur  vel  frumentum  purgatur  ». 


(148) 

Tentilabram,  pelé  ^*^, 

Ventilo,  encherchier,  enquérir  (ms.  exquerir). 

Ventosa,  vaissel  à  ventoser. 

Tentoflas,  plain  de  vent,  jongleur,  baveur. 

Ventrale,  ventrail,  cengle. 

Veprifl,  espine,  ronse. 

Yereeandia,  honte,  vergoigne. 

%eredarias,  chartier. 

%eri;o,  décliner,  panchier  (sic). 

VermieulosaSy  vermolus. 

^'erpas,  le  doy  moyen,  ou  juïf  ^^. 

%'errlnas,  de  verrat. 

%erro,  grater,  purgier,  baloyer,  torchier. 

Verraea,  verrue,  porel. 

%  ertebra,  jointure  de  os  ou  vervelle. 

Vertibalvm,  rable  de  fournaise,  vel  idem  quod  vertebra. 

^ertlffOy  convolution. 

Vera,  hastier  sans  char. 

^eratum,  hastier  avoec char. 

Veseor,  user  (a.  fr.  =  manger). 

^''  JG.  «  Pala  ventilandi  ». 

^**  Verpui  «  est  digitus  médias  longissimus  quo  podez  vetritur  ». 
(^eltc  clymologie  y  va  par  trop  sans  gêne;  je  préfère  la  manière  de  voir 
i]ui  s'exprime  ainsi  et  que  je  rencontre  dans  le  grand  Thésaurus  de 
Fabri  :  o  Médius  digitus  appcllatus  est  verpus  propter  gracilitatem  et 
veretri  siniilitudinem,  si  compresse  pugno  solus  exseratur  ».  Car  il  faut 
sa\oir  que  le  sens  propre  de  verpa  ou  verpus  est  «  membre  viril  »,  et  le 
sens  secondaire  «  châtré,  circoncis  »  ou  juif.  Pour  le  sens  «juif»  attaché 
à  verpus,  voy.  les  commentaires  ad  Juvénal,  XIV,  104. 

TomeXXXVIL  10 


(146) 

^eflpelio,  violor  (sic),  robeur  de  sépulcre  B45. 

Tesperafleo^  avesprir, 

Teflpertilio,  caude  (sic)  sorîs. 

ITetellofl,  viellet. 

Tetnlufl,  viel. 

TexIUarias,  banerès  (ms.  beneres)  ou  qui  porte  banieres. 

\eTL9j  travillier. 

%^lbex,  trache  de  vergues  (verges). 

TIbro,  brandir,  branler. 

TIcia,  vescbe. 

Tletor,  qui  vainquist. 

l^l«iis,  rue  de  ville  ou  de  cité. 

^Idaas,  vesves  (sing.  masc.  sujet). 

Vllll«iis,  gouverneur  de  ville. 

Villas,  floc  corne  de  laine. 

^^ImeiÉ,  osiere. 

Tlnacimn,  mare  (ms.  more)  ou  vin  de  pressoir. 

Vinea,  vigne. 

Vlnetam,  vignoble. 

Viola,  violette. 

Vir,  homme,  baron,  mari. 

Virago,  forte  femme. 

Viri^ineusy  de  virge. 

Viri^o,  vierge. 

Viror,  verdeur. 

ViffciÉiii,  glus. 

VIspIlio,  laron,  ravisseur. 

***  Plus  loin  nous  aurons  vt>pi7fO.  —  Les  dictionnaires  classiques  ont 
vespilto,  croque-mort,  et  vUpeUio,  dépouîlleur  de  cadavres. 


(147) 

l^itto,  bende  ou  lyen  à  lyer. 

l^itelliis,  moieul  del  oef. 

l^itiUi^o  (ms.  vitelligo),  osiere  à  lyer  vignes;  vUuligo,  id.  ^^. 

ifHoj  eschiever. 

"WHrieumy  parastre. 

^^itrnin,  voirre. 

Vitala,  e,  dim.  de  vita,  ou  déesse  de  victoire  ou  de  liesse. 

Vltala,  instrument  de  musique  ^t. 

^^Itola,  genice,  petite  vache. 

Tltalamen,  plenté  de  fruit  de  vignes  2^. 

iritallniis,  de  vel. 

^^Italor,  conjoïr  par  vois. 

TItalas,  vel. 

Ulceroy  navrer. 

IJIciis,  bosse,  apostume,  cleu  ^^. 

IJIna,  bras  ou  coude  ou  anne  (-=  aune)  pour  anner  draps, 

une  mesure  (GL.  12  brachiée,  voy.  note  11). 
Illnlatiis,  uUemens,  lamentation. 
Ilmbllieiis,  nombril,  boudril  ^^o. 

***  La  seconde  forme  est  aussi  dans  JG.  et  Dief. 

'**  D'après  JG.  vitu!a  et  vitulari  se  rattachent  à  la  déesse  de  la 
victoire,  de  la  joie.  On  sait  que  la  science  de  nos  jours  ne  partage  pas 
cet  avis  pour  expliquer  ëtymologiquement  les  roots  fr.  viole  et  violon, 

**'  Vitulamen  «  planta  infructuosa  quae  nascitur  ad  radicem  vitis  • . 
Tel  est  le  seul  sens  que  les  glossaires  assignent  à  ce  mot,  et  notre  gloso 
est  évidemment  erronée  p.  plante  sans  fruit, 

'^'  La  forme  deu  (p.  etau  ou  clou)  est  bien  douteuse. 

***  La  forme  commune  est  ôoudtne;  la  forme  boudril  manque  dans 
God.  —  61.  de  Douai  :  umho,  haudrés. 


(148) 

Vmbratleas,  umbrage. 

Vnelims,  cro[c}et,  havet  ^s^. 

IJncio,  lu,  îwly  itam,  acrocier. 

IJneo,  faire  courve  (ms.  corne). 

VneuMj  m,  am,  courve. 

Vncas,  gravet. 

IJiisaeiito,  enoindre. 

IJnffiiiSy  ongle  d'omme. 

llnsula,  ongle  de  beste  ou  ung  tourment  poignant. 

Uo,  amoitir,  moullier;  non  est  in  usu  ^^. 

Wocalls,  voyeul. 

%'ola,  le  milieu  de  la  paulme. 

Tolltum,  voloir,  veuillement. 

^^olnntas,  volentë. 

Voluptas,  delis. 

%^oliito,  voutrer,  touiller. 

Vomer.  coutre  de  charue  ou  soc. 

^'orairo,  déluge,  devouremens. 

Vortex,  vois  de  bois  ou  dévolution  circuliere  en  yave  ^53. 

IJpiipa,  ung  oisel,  bupe. 

**'  Je  corrige  erocet,  la  forme  dcrivalive  erœt  n'étant  ni  régalicre 
ni  constatée.  Cp.  creagra  et  fuscina, 

***  UOf  verbe  factice,  mal  abstrait  du  participe*  uvms,  peut-être 
sous  rinfluence  de  la  forme  imbuo,  —  J6.  donne,  chacune  à  son  rang 
alphabétique,  les  deux  formes  uo,  uis,  w,  uere  et  uvêo,  uvere. 

"*  Le  mot  VOIS  ne  s'explique  pas;  les  glossaires  disent  «  nodus  in 
ligno  «;  il  faut  donc  peut-être  lire  noes  (pron.  neus)  ^  nœud.  Ou  vaut-il 
mieux  corriger  nots  (noix),  ce  mot  s*étant  peut-être  appliqué  figurément 
aux  nœuds  de  Técorce? 


(149) 

IJrbanafi,  courtois,  citoiens. 

IJreeiiSy  pot  à  yave. 

Vrla  vel  arica,  ver  de  coulz  ou  de  porions  *54. 

Vrlna,  urine,  pissace  (ou  atel), 

Vsito,  usagier,  usiter. 

Ufitleluin,  est  genus  tincture  ^^s. 

Vstrlna  (ms.  mtuna)^  lieu  où  on  art  les  cors  des  mors. 

Uiitulo,  embraser. 

Usurpo,  degaster  ^^6. 

Ctensile,  utensile,  ostieus. 

Vter,  tris,  boutelle,  baril. 

Utrinque,  de  cha  et  de  la. 

IJva,  crappe  de  roisin. 

UYldus,  moistes,  mouillés. 

%alpes,  regnars. 

%^altar,  ung  oisel,  otoir. 

TalYa,  sepe  de  femme  ^^1. 


ILenodoelam  [^evoSo^eiov],  hospital 


558. 


***  JG.  «  vermis  caulis  vcl  porri  ». 

**'  Je  ne  vois  ce  terme  que  dans  JG. 

***  Degasler  ne  s'explique  pas  autrement  que  par  une  fautive  inter- 
prétation de  rétymologic  prêtée  jadis  à  usurparc  :  wu  rapere, 

'  ^  Le  mot  sepe  m'est  inconnu  cl  je  ne  m'en  rends  pas  compte;  cachc- 
t-il  une  métaphore  tirée  de  seps  ou  fepes,  haie,  clôture? 

"'  Lo  même  mot  s'est  déjà  présenté  sous  la  forme  variée  ccnodocium. 


(  iso  ) 


YpodromiiSy  tl^veil  à  cheval  S59. 


Zabulus,  s.  contrarias  vel  transgressor,  dyabolus  ^60. 
Zelata,  s.  grande,  gresle  î56i. 
Zelosas,  amoureux,  curieux  (=  soucieux). 
Xelotipla,  jalousie,  envie,  suspection. 
Zelotlpas,  cils  qui  mescroit  ou  est  mescrus,  jalons. 
Zlnmala,  moucheté  (=  moucheron). 
Zlnmiber,  une  espisce,  gingembre. 
Zaecara,  une  espice,  çucre  ^^s. 

•*•  Ypodromus  n'a  rien  de  commun  avec  hippodrome;  c'est  le  grec 
uTToSpdfjLO^,  lieu  de  refuge,  cp.  I*expr.  ail.  nothstail,  travail,  litU  étabic 
pour  le  besoin.  Voy.  6L.  27,  note  8. 

^*®  Sur  zabuluê  et  la  mutation  di  +  voy.  en  z,  voy.  Dicz,  Gramm. 
des  langues  romanes  (éd.  franc.),  II,  346. 

**'  Zeïata  manque  dans  JG.  ;  DIef.  Ta  trouvé  dans  les  gloss.  laU-all., 
et  se  demande  si  le  mot  n'est  pas  forge  sous  Pinfluenoe  combinée  de 
rit.  gelata  et  du  grec  ^aXdtCa. 

'**  Zueeara  manque  dans  JG.  ;  de  même  saeeharum. 


Explicit  catholicon  abreviatus  pertinens  domino 
Balduino  du  Ponchel  Herse. 


NOTES  SUPPLÉMENTAIRES. 


AblAeUire  traduit  le  grec  àicoYaXaxxiCeiv.  -  L'éditeur  du  gloss.  de  Douai, 
^  propos  é'espanir,  pensait  trop  poéUquement  ^  Vépanouûtsement  de 
l'eofanl,  résultant  du  sevrage.  Le  participe  espains  qu'il  mentionne 
d'après  le  texte  Buchon  de  Froissart  est  une  méprise  de  lecture  pour 
espanis, 
Abnep^fl.  Je  devais,  à  la  note,  écrire  Uerc  (et  non  tiers)  à  la  place  de  tiert 

que  donne  Tédlleur  du  glossaire. 
Aearifl.  Selon  G.  Paris,  Padj.  Tr.  acariâtre  signitialt  d'abord  «  fou  furieux  • 
et  vient  du  nom  de  la  maladie  dite  mal  Saint  Acaire{=s{oUe)]  voyez 
Romania,  X,  303. 
Allas  se  trouve  fréquemment,  de  même  que  pollux  p.  pollex,  Cp.  mon  OP., 

oii  dans  le  vers  d'Ebrard  de  Bélhune  il  faut  corriger  pedis  p.  pedum. 
AmarinHi.  Le  mot  armoirie  (pr.  lieu  où  l'on  conserve  les  armes)  traduira 

plus  loin  aussi  hihliotheca, 
■•leln«.  La  forme  campion  pourrait  bien  être  fautive  p.  campignon. 
■rABon*.  Les  mots  de  poisson  sont  peut-être  répétés  par  mégarde  de  la 

glose  précédente. 
Cal^peAinai.  Mussafia,  approuvé  par  Paris,  tire  galoche  de  calopia,  forme 

tronquée  de  calopodia. 
CAptotcrlvai.  Le  gl.  de  Douai  donne  «  capistrum,  crétins  »  ;  crétin  étant 
bien  connu  au  sens  de  panier,  corbeille,  j'ai  pensé  d'abord  qu'il  y  avait 
lieu  de  corriger  capisterium  et  qu'il  ne  s'agissait  pas  de  licou,  muselière, 
mais  réflexion  faite,  et  me  rappelant  l'expression  allemande  maul^korb 
(muselière),  je  tiens  ladite  glose  pour  correcte. 
CliABia*.  Après  ce  que  j'ai  dit  dans  la  note  qui  précède,  je  ne  doute  plus 
qu'il  faille  distinguer  étymoiogiquement  entre  chamw  et  camus. 


(182) 

ClBUfl  doil  être  lu  cinnus,  Voy.  le  Dict.  de  Diez,  4<  éd.  p.  95,  sur  la  dislinctioti 

enlre  lat.  cinnus  et  Tiul.  cenno,  —  Usez  dans  la  noie,  eommixlio 

p.  cosmintio. 
CoBflclB*  D*est  pas  «  coupable  »,  mais  c  qui  se  sent  coupable  >;  rancieoDe 

langue  employait  dans  ce  sens  coneachant  ou  consachaules  (gtass.  de 

Douai). 
Crenlaai}  dans  la  Vulgate,  traduit  le  gr.  ^puyiov. 
Cri  km».  Je  n^aurais  pas  dû  m'arrêter  sur  crieule,  parce  qu'il  manque  dans 

Godefroy  ;  le  mot  est  parfaitement  justifié  comme  facture  et  répond 

correctemenf  à  crible,  la  forme  savante  moderne. 
Caeulla.  Le  gloss.  de  Douai  traduit  par  coule  (mot  omis  dans  God.),  qui 

correspond  à  la  forme  tronquée  culla  qui  vient  plus  loin. 
Délitons.  JG.  traduit,  selon  le  vrai  sens  classique,  par  «  iuungere  >;  le  gloss. 

de  Douai   porte  «  dellbulus,  emburés  »   (que   Téditeur   traduit  par 

«  embeurré  »),  mot  sans  doute  faulif  p.  embevré,  imbibé. 
BlMoln*.   Ce  mot  est  différent  de  Pit.,  esp.  et  port,  discolo  signifiant 

«  revéche,  d'humeur  difficile  »,  qui  est  le  gr.  SucncoXoc  Cependant  it. 

discolo,  au  sens  de  t  idiot,  ignorant  »,  se  rapporte  bien  à  noire  discolus 

=  Indoctus,  mal  élevé. 
Fernla.  Le  mol  pammelr,  comme  nom  de  la  férule,  est-il  connu  ? 
riaeeett.  Noirchir  me  semble  ôlre  fautif  p.  marchir  (marcere). 
Flttcett.  Peut-être  flotter,  bien  qu'acceplable  au  besoin,  a-t-il  été  mis 

erronément  pour  ftocier,  flochier,  tomber  en  flocons. 
GeBorbadam.  JG.  cite  ici  le  vers  : 

Murilegus  bene  scit  cujus  genorbada  Umbit... 

HMtorlnai.  Pour  rere,  voy.  rado,  —  Le  rapport  étymologique  enlre  hoêio- 
rium  et  hostire  ne  devait  pas  élre  mis  en  question  ;  il  est  indubiuble, 
mais  quelle  est  Torigine  de  hostire? 

llr».  Le  subst.  arere  {^  lat.  aratrum),  que  je  substitue  ici  au  mot  Aaiv, 
manque  dans  Godefroy  el  son  existence  a  même  été  contestée  par  G.  Paris 
(Rom.  XIII,  130),  mais  Tobler  en  a  constaté  l'emploi  par  plusieurs 
exemples  dans  la  Zeitschrifl  fur  rom.  Philol.  IX,  «49  —  Le  wallon  dit 
encore  erere. 


(433) 

Proplsare.  Ce  verbe»  dans  Apulée,  s*einploie,  en  effet,  au  sens  de  «  offk'ir, 
livrer  >  en  général,  mais  comme  JG.  porte  «  admioistrare  potum  >,  je 
suppose  après  amenistrer  la  chute  du  mot  «  l>oire  ».  —  Douai  aussi 
traduit  «  donner  boire  ». 

Seandulam.  Ce  subsL  fait  défaut  dans  JG.,  mais  il  est  dans  le  gloss.  de 
Douai,  traduit  par  escailton  (échelon). 

SelMiffes.  Voy.  sur  la  formation  de  ce  mot,  Diez,  Altromanische  Glos5are,p.22. 

Secta.  La  traduction  «  propos  >  est  incomplète;  la  bonne  définition  est  dans 
JG.  :  c  proposîtum  in  malo  circa  aliqnam  doctrinam  ». 

Snpplere.  Si  complieê  reproduit  laL  complétas,  a.  fr.  compliement  {d'où 
compliment)^  lai.  *  completQnientum,  on  pourra  bien  avec  autant  de 
raison  rapporter  Tr.  supplier  à  *  supptëtare,  supliement  k  *  supplEta-- 
mentum.  Le  changement  de  e  en  t  s'est  .effectué  sous  Tinfluence  des 
infinitifs  en  -plir  et  des  part,  en  -pH  (s=  lat  -pUre  et  -plelus), 

Teérieas.  Comment  precew  (paresseux)  vient-il  se  mêler  aux  accepUons  de 
ce  mot  latin  ?  C*est  parce  que  Ton  avait  aussi  revêtu  du  sens  «  pigrescere  > 
le  verbe  telricare,  se  fondant  sur  une  fausse  interprétation  d*un  passage 
de  la  Vulgate,  oh  Ton  a  confondu  tetrices  avec  te  trices  (voy.  Du  Gange). 

Tiie«reBiA.  Noire  glose  ne  se  distingue  pas  trop  par  la  transparence  de  sens; 
rappelons  donc  celle  de  JG.,  qui  eu  est  la  source  ;  «  Elegans  et  diligens 
verborum  aperta  descriptlo,  vel  régula  ».  —  On  voit  souvent  v.  fr.  dis- 
crtcion  servir  à  la  fois  |)Our  descriptio  et  pour  discretio. 


Tome  XXXVll.  H 


c 

LE  LIVRE 


DU 


PRINCIPE     LUMINEUX 


PRINCIPE   PASSIF 


SHAJNG  THSING  TSIlNG  KIING 


Cb.  deBARLEZ, 

Correspondant  de  l'Académie. 


Présenté  k  la  Classe  des  Lettres,  dans  la  séance  du  iU  octobre  1885.) 


Tome  XXXVII. 


AVANT-PROPOS. 


Pour  compléter  l'exposé  de  la  doctrine  du  père  de  la  philo- 
sophie chinoise,  Lao-tze,  que  j'ai  eu  l'honneur  de  présenter, 
il  y  a  un  an ,  à  la  Classe  des  Lettres,  je  viens  y  ajouter  la  tra- 
duction d'un  petit  traité  de  métaphysique  et  de  morale  taoïste 
qui  résume  et  éclaircit,  en  plusieurs  points,  les  enseignements 
du  Maître. 

Ce  traité^  très  court  mais  substantiel,  est  dû  à  la  plume  d'un 
disciple  du  Vieux  philosophe,  nommé  Ko-Hiuen,  qui  vivait, 
pense-t-on,  à  la  fin  du  III^  siècle  de  notre  ère. 

L'auteur  prétend  y  reproduire  simplement  les  paroles  de 
Lao-tze.  Mais  il  introduit  dans  le  système  antique  une  concep- 
tion qui  appartient  à  des  temps  ultérieurs. 

La  philosophie  chinoise  du  moyen  âge  reconnaît,  dans  tous 
les  êtres  produits  par  la  cause  première,  deux  principes  repré- 
sentant, l'un  la  lumière,  la  connaissance,  la  pureté,  le  mouve- 
ment, et  l'autre,  l'absence  de  connaissance,  les  ténèbres,  la 
passivité.  La  combinaison  de  ces  principes  a  formé  toutes 
choses.  C'est  cette  idée,  déjà  reçue  de  son  temps,  que  Ko-Hiuen 
introduit  dans  le  système  du  Tao  et  adapte  à  ses  différentes 
parties. 

Ce  traité  porte  le  titre  de  Shâng  thsing  tAng  king,  et  plus 
complet  Tai  shang  Lao-tze  shwo  shâng  thsing  tsing  king;  le 
second  ajoutant  au  premier  ces  mots  :  «  paroles  du  très  grand 
Laotze  ».  Nous  nous  occuperons  plus  loin  du  titre  principal. 


(4) 

Un  sinologue  distingué,  P.  Neuniann,  a  édité  en  1836  le 
texte  de  cet  important  opuscule ,  dans  son  ouvrage  intitulé  : 
Dos  Lehrsaal  des  Mitielreichs ;  il  y  ajoute  une  traduction  alle- 
mande et  une  notice  préliminaire.  Hais  cette  traduction  doit 
être  modifiée  en  beaucoup  de  points  et  dans  ses  parties  essen- 
tielles, et  l'introduction  contient  de  regrettables  erreurs.  Ainsi 
le  docte  auteur,  se  fiant  aux  disciples  dégénérés  du  grand 
philosophe,  nous  dit,  sans  sourciller,  que  la  doctrine  du 
Tao  existait  déjà  sous  l'empereur  Hoang-ti ,  c'est-à-dire  vers  le 
XXX*  siècle  avant  J.-C. 

Il  rend  le  titre  de  notre  ouvrage  par  ces  mots  adoptés  après 
lui  :  Livre  de  l'esprit  éternel  et  de  la  matière  éternelle.  Mais  c'est 
là  attribuer  à  la  philosophie  chinoise  des  idées  qui  lui  sont 
entièrement  inconnues.  Les  Chinois  n'ont  jamais  conçu  la  dis- 
tinction de  l'esprit  et  de  la  matière,  telle  que  nous  l'établissons. 
Les  deux  principes  qui  forment  la  base  de  leur  ofitogonie,  ou 
cosmogonie,  se  combinent  dans  la  formation  des  êtres,  l'un 
n'agit  point  sans  l'autre.  Leurs  substances  sont  bien  différentes 
mais  non  opposées. 

Le  dictionnaire  de  l'empereur  Kang-hi  (1763)  les  définit 
ainsi  : 

Yang  (principe  actif).  Lorsque  la  matière  de  T Kn  (principe  passif)  se 
sépare  et  se  disperse,  c'est  le  Yang, 

Yn,  Lorsque  la  matière  du  Yang  se  rassemble  et  se  condense,  c'est  le  Fn. 

Le  Yang  est  donné  par  le  philosophe  chinois  comme  ia 
partie  subtile,  lumineuse,  active  de  l'être  produit  en  général, 
c'est  l'éther  lumineux,  etc.  Yang  signifie  élevé,  clair,  subtil. 
Le  Fn  est  pour  eux,  au  contraire,  comme  le  mot  l'indique, 
«  l'ombre  »,  l'obscurité,  la  réceptivité.  Mais  rien  en  ce  monde 
ne  se  produit  sans  la  réunion  des  deux  éléments. 

Le  qualificatif  qui  leur  est  donné  dans  ce  même  titre,  shâtigf 
est  mal  rendu  par  «  éternel  »  ;  ce  mot  signifie  permanent, 
constant  ;  essence,  principe.  L'idée  de  l'éternité  ou  de  l'existence 
sans  commencement  n'y  est  pas  incluse.  Les  termes  désignant 


(») 

ces  deux  principes  signifient  «  clair,  lumineux  »  et  «  immobile, 
en  repos  complet  ».  Il  n'y  a  pas  donc  corrélation  logique 
d'opposition  entre  ces  deux  termes.  L'un  des  principes  se  dis- 
tingue comme  source  de  lumière,  de  connaissance  et  d'activité, 
l'autre  par  l'absence  de  lumière  et  de  connaissance,  l'obscurité 
et  la  passivité;  dans  ces  deux  catégories  opposées,  l'auteur  a 
pris  pour  le  titre  de  son  opuscle  un  terme  de  la  première 
pour  le  premier  et  pour  l'autre  celui  de  la  seconde. 

Le  tout  signifie  donc  Livre  du  principe  lumineux  et  du  prin- 
cipe passif. 

J'aurais  encore  beaucoup  d'autres  différences  à  signaler 
quant  au  fond  même,  mais  elles  ne  pourraient  intéresser  que 
les  spécialistes.  J'en  dirai,  du  reste,  quelques  mots  dans  les 
notes. 

Beaucoup,  avec  M.  Neumann,  qualifient  les  Taoïstes  de 
rationalistes  et  rendent  Tao  par  «  la  Raison  ».  C'est  présenter 
les  choses  sous  un  jour  trompeur.  Les  disciples  de  Lao-tze 
n'admettent  point  une  révélation  positive,  un  enseignement 
extérieur  de  la  Divinité,  mais  ils  ne  le  nient  pas  non  plus;  ils 
ne  le  connaissent  point  et  passent  à  côté.  Le  Tao  est  une  intel- 
ligence éternelle  et  infinie,  productrice  des  êtres  qu'elle  illu- 
mine. Ce  n'est  point  là  ce  que  l'on  appelle  «  la  Raison  ». 

Le  système  de  notre  traité  peut  se  résumer  en  ces  quelques 
mots  : 

I  Ontologie.  —  L'Intelligence  infinie  et  éternelle  produit, 
meut,  soutient  et  entretient  tous  les  êtres.  En  lui  et  par  lui 
sont  les  deux  principes  secondaires  qui  forment,  par  leur  com- 
binaison, tous  les  êtres  particuliers.  Le  ciel,  l'élément  mâle, 
appartient  au  premier;  la  terre,  l'élément  femelle,  appartient 
au  second;  l'homme  les  réunit  en  lui.  Le  ciel  et  la  terre  con- 
tiennent tous  les  êtres  contingents  et  leurs  transformations,  il 
n'y  en  a  point  en  dehors.  Le  principe  actif  est  la  source  du 
principe  passif. 

L'Intelligence  éternelle  existe  par  elle-même;  les  deux  prin- 
cipes secondaires,  par  participation  à  cette  intelligence. 

Tome  XXXVII.  a. 


(6) 

II.  Morale.  —  L'esprit  et  le  cœur  de  l'homme  tendent  à 
l'intellectuel  et  au  repos  par  l'absence  de  désirs;  mais  les 
passions  l'agitent  et  causent  ses  maux.  L'homme  doit  résister 
à  ses  passions  et  les  dominer.  S'il  le  fait,  il  est  en  repos,  pur 
et  heureux  ;  sinon,  il  est  dans  le  trouble,  le  mal  et  la  peine. 

L'homme  maître  de  ses  passions  et  jouissant  du  calme  de 
l'âme  peut  observer  son  intérieur  et  les  choses  et  apparences 
extérieures.  Mais  ce  qu'il  observe  ce  ne  sont  point  cet  intérieur 
et  ces  choses  elles-mêmes,  ce  n'est  qu'une  vue  subjective  pro- 
duite par  l'abstraction ,  abstraction  qui  n'est  cependant  pas  le 
néant. 

III.  Vicissitudes  des  êtres;  eschatologie.  —  L'Intelligence 
éternelle  produit  les  êtres;  cet  engendrement  est  perpétuel,  les 
deux  principes  secondaires  s'unissent  ainsi  dans  des  créations 
ou  formations  successives  et  les  êtres  conscients  marchent  vers 
la  voie  des  saints.  S'ils  l'atteignent,  ils  sont  au  terme  de  la 
perfection,  par  cette  vertu  qui  n'est  plus  une  vertu  distincte, 
un  composé  de  vertus  distinctes. 

Mais  les  êtres  manquent  constamment  leur  fin  et  les  exis- 
tences se  succèdent  comme  les  vagues,  entraînant  les  êtres  dans 
la  mer  de  douleurs  des  vies  imparfaites  ou  coupables. 


Un  fait  qui  a  frappé  tous  ceux  qui  se  sont  occupés  de  ces 
questions  et  que  l'on  n'a  point  su  expliquer  jusqu'ici,  c'est  que 
la  morale  religieuse  ou  philosophique  de  la  Chine,  tout  en 
proclamant  la  subsistance  de  l'âme  humaine  après  la  mort, 
ne  parle  jamais  de  rétribution  finale,  de  peines  infligées  aux 
coupables  dans  l'autre  vie.  Elle  se  distingue  en  cela  des 
doctrines  des  autres  peuples  orientaux  civilisés. 

La  raison  de  ce  fait  est  assez  simple  à  mes  yeux. 

Tout  le  système  de  la  morale  et  même  de  la  politique 
chinoise  a  pour  base  le  respect  filial.  L'enfant  doit  à  ses 
parents  un  respect,  une  obéissance,  un  dévouement  complets, 
absolus.  Il  doit  les  honorer,  les  servir  en  esclave,  pendant 


(7) 

leur  vie.  Après  leur  mort,  ce  devoir  ne  s'ëteint  pas;  au 
contraire,  le  Chinois  doit  persévérer  à  prodiguer  à  ses  parents 
défunts  les  marques  de  sa  vénération,  de  son  amour.  Renverser 
ce  principe,  ce  serait  pour  le  Chinois  détruire  l'État,  la  société, 
la  famille. 

Or,  que  deviendrait  la  piété  filiale  si  des  enfants,  et  en 
grand  nombre,  devaient  regarder  leurs  parents  comme  de 
malheureux  criminels  condamnés  à  des  supplices  d'outre- 
tombe  pour  leurs  méfaits?  Aussi  les  moralistes  chinois  les 
plus  anciens  ont-ils  borné  la  rétribution  des  fautes  morales 
au  terme  de  cette  vie,  à  la  scène  de  ce  monde.  Ici-bas  tout 
s'achève  et  le  père  coupable  ayant  expié  sa  faute  peut,  dans  la 
vie  immortelle,  être  placé  par  ses  enfants  sur  Tautel  de  la 
famille. 


LE  LIVRE 


DU 


PRINCIPE  LUMINEUX  ET  DU  PRINCIPE  PASSIF. 


Lao-Kiun  (Lao-tze)  dit  :  le  Tao  suprême  *,  bien  que  sans 
forme,  produit  et  développe  le  ciel  et  la  terre.  Sans  mouvement, 
le  Tao  suprême  met  en  mouvement  et  en  marche  le  Soleil  et 
la  Lune.  Sans  nom  2,  le  Tao  suprême  fait  subsister  et  nourrit 
tous  les  êtres. 

Je  ne  sais  pas  son  nom  ;  contraint,  je  l'appelle  le  Tao, 

Ce  Tao  possède  3  le  principe  lumineux  et  le  principe  obscur; 
il  possède  le  principe  du  mouvement  et  le  passif. 

Le  ciel  est  lumineux,  la  terre  obscure;  le  ciel  est  actif,  la 
terre  est  passive.  L'élément  mâle  *  est  lumineux,  l'élément 
femelle  est  obscur.  Le  premier  est  actif;  le  second,  passif. 

I  On  pourrait  traduire  :  la  suprême  intelligence,  ou  le  principe  suprême. 

'  Neumann  traduit  :  c  sans  être  »,  ce  qui  est  contraire  au  texte  de  ce  tra  tr 
el  du  TaO'te-King  de  Lao-tze. 

'  Ils  sont  à  lui,  dépendent  de  lui  dans  leur  existence  el  leur  action;  mais 
ils  ne  sont  pas  dans  ou  de  son  essence. 

'  Littéralement  :  l'homme,  le  mâle;  la  Temme,  la  femelle;  maif  il  ne  s'agit 
pas  de  rhomme  formé  comme  on  le  voit  plus  loin. 


(10) 

Produisant  les  essences  et  répandant  les  qualités  ^,  (le  Tao< 
donne  l'être  à  toutes  choses.  Le  principe  lumineux  est  la 
source  du  principe  obscur;  le  mouvement  est  le  principe 
du  passif. 

L'homme  appartient  au  principe  lumineux  et  au  passif.  — 
Le  ciel  et  la  terre  comprennent  toutes  les  transformations  ^ 
(des  êtres). 

L'esprit  de  l'homme  aime  l'intellectuel  3,  mais  son  cœur  le 
trouble  et  l'incommode.  —  Le  cœur  de  l'homme  aime  le  repos 
et  ses  passions  le  poussejit  au  mouvement. 

Quand  on  peut  constamment  dominer  ses  passions,  alors  le 
cœur  est,  de  lui-même,  en  paix.  Quand  on  purifie  son  cœur, 
l'esprit  est  pur  par  lui-même»  Naturellement,  alors  les  six 
passions  *  ne  naissent  pas  ;  les  trois  poisons  5  se  fondent  et 
s'anéantissent. 

Celui  qui  ne  peut  point  (faire  cela)  souille  son  cœur;  les 
passions  ne  peuvent  (alors)  être  dominées.  Celui  qui  sait  les 
dominer  pénètre  dans  l'observation  de  son  cœur.  Mais  ce 
cœur  (qu'il  observe)  n'est  pas  son  cœur  6.  —  H  observera 
ses  formes  matérielles  et  cette  matière  n'est  pas  sa  matière. 
—  Au  dehors,  il  verra  ses  objets  et  ces  choses  ne  sont  pas 
ses  choses. 

Car  ces  trois  choses,  dans  la  connaissance  et  la  réflexion,  ne 
peuvent  se  voir  que  par  abstraction.   On  verra  que  cette 

•  La  racine  et  les  branches,  métaphore  usitée. 

•  Propr,  les  retours.  LMiomme  après  sa  vie  et  en  {général  les  êtres  après 
leur  existence  dîsiiiicie  reiourneni  à  la  source  de  Téire.  C*esl  un  nirvana  sui 
generis, 

^  L*esprlt  appartient  au  principe  supérieur;  le  cœur,  source  des  passions, 
au  principe  Inrérieur.  L'esprit  étant  pur  par  lui-même  et  les  passions  ne  le 
troublant  plus,  il  est  entièrement  pur. 

^  Ces  passions  sont  :  la  joie,  la  colère,  la  crainte,  Tamour,  la  haine  et  le 
désir. 

>  Poisons  moraux,  à  savoir  :  la  cupidité,  la  colère,  raveuglement  intellec- 
tuel ou  folie. 

•  Ce  qui  tombe  directement  sous  l'observation  de  rintelligence  ce  n'est 
pas  l'objet  observé  lui-même  in  se,  mais  une  représentation,  une  abstnclion. 


(  11  ) 

abstraction  est  vraiment  abstraite,  mais  elle  n'est  pas  vide  ^. 
Le  vide  en  réalité  n'est  rien.  Le  rien  multiplié  n'en  est  pas 
moins  rien;  rien  et  rien  c'est  certainement  rien. 

Par  la  tranquillité  parfaite  est  le  repos  constant;  mais  ce 
repos  n'est  pas  le  repos  absolu.  (Il  n'est  que)  quand  les  désirs 
ne  peuvent  plus  naître.  Quand  les  désirs  ne  naissent  plus,  alors 
est  l'immobilité  parfaite. 

Le  principe  éternel  produit  les  êtres  (distincts),  le  principe 
éternel  forme  les  natures.  Permanent  *  est  l'engendrement  ; 
permanent  est  l'être  passif;  permanents,  les  principes  lumi- 
neux et  passif. 

Ainsi  l'esprit  et  le  passif  procèdent  dans  la  voie  immuable 
et  quand  ils  procèdent  dans  cette  voie  ils  sont  réputés  avoir 
atteint  la  perfection  dans  le  repos  3.  Réellement  ils  ne  l'ont 
point  fait,  car  ils  reviennent  à  plusieurs  naissances.  Celui  qui 
a  atteint  la  perfection  peut  le  comprendre,  il  ne  peut  atteindre 
la  voie  des  saints  *. 

Lao-Kiun  dit  :  le  lettré  supérieur  ne  conteste  pas.  Le  lettré 
inférieur  aime  à  disputer.  —  La  vertu  supérieure  n'est  pas  vertu 
(distincte)  ^.  La  vertu  inférieure  est  tenue  pour  vertu.  Celle 
qui  se  montre  et  est  regardée  comme  telle,  n'est  pas  la  vertu 
du  Tao.  Les  êtres  n'atteignent  pas,  par  elle,  le  Tao  divin 
et  ainsi  cela  trouble  leur  cœur.  En  troublant  leur  cœur  cela 
met  l'intelligence  en  mouvement  6.   Quand  on  met  (ainsi) 

*  Cette  abstraction  n'est  pas  Pobjet  lai-méme,  mais  ce  n'est  pas  non  plus 
le  néant;  c*est  une  représentation  réelle. 

*  Mais  non  éternel.  Le  Tao  seul  Test. 

'  Toute  cette  partie  est  traduite  par  Neumann  d'une  façon  impossible  k 
concilier  avec  le  texte. 

^  •  Les  saints  »,  distincts  des  sages,  sont  des  hommes  doués  d'une  nature 
exceptionnelle  qui  ne  peut  produire  que  le  bien  et  sans  aucun  effort.  Les 
sages  le  deviennent  par  l'exercice  des  vertus. 

*  Principe  du  Tao-te-King.  La  vertu  complète,  absolue,  ne  se  distingue 
pas  par  son  opposition  au  mal ,  qui  n'existe  pas  à  côté  d*elle.  11  n'y  a  pas  de 
bonté  expresse,  parce  qu'il  n'y  a  pas  de  méchanceté,  etc. 

*  Les  désirs  font  naître  les  idées;  les  idées  font  connaître  et  désirer  les 
choses  extérieures  et  les  saUsfactions  internes. 


(12) 

l'intelligence  en  mouvement,  elle  illumine  toutes  choses  et 
en  illuminant  les  choses,  elle  fait  naître  le  désir  et  l'amour. 
En  faisant  naître  le  désir  et  l'amour,  elle  engendre  la  peine  et 
la  douleur.  La  peine  et  la  douleur  troublent  la  réflexion, 
attristent  et  troublent  le  propre  cœur  et  font  tomber  dans  le 
vice  et  la  honte. 

Comme  les  vagues,  se  succèdent  la  naissance  et  la  mort. 
Perpétuellement  (les  êtres)  se  plongent  dans  la  mer  de  dou- 
leur 1  et  manquent  (la  voie  de)  la  raison  éternelle. 

L'Intelligence  de  l'être  éternel  existe  par  elle-même;  {c'est  en) 
participant  à  cette  intelligence  (qu'existent)  le  principe  lumi- 
neux et  le  principe  passif  2. 

<  La  douleur  dont  il  a  été  queslioo  plus  haut.  Les  hommes  imparfaîis 
ineurenl  pour  renaître  dans  une  vie  de  passions,  de  trouble  et  de  peine;  ils 
ont  manqué  Punion  avec  le  Tao. 

*  Coup  d'oeil  Hnal  et  résumé  ontologique.  Pour  tout  ceci  même  remarque 
qu'à  la  noie  3  de  la  page  1 1. 


TABLE 


RIÉMOIRES  CONTENUS  DANS  LE  TOME  XXXVII. 


SCIENCES. 

C  i.  Mémoire  sur  le  tétraèdre;  par  J.  Neuberg. 

G  t2.  Contributions  à  l'étude  et  à  l'analyse  des  eaux  alimentaires  et 

spécialement  des  eaux  de  la  ville  de  Louvain  et  de  quelques 

autres  localités  de  la  Belgique;  par  C.  Blas. 
G  5.  Sur  le  glycogène  chez  les  Basidiomycètes ;  par  Léo  Errera. 
'  C  4.  Recherches  sur  les  proportions  diacide  carbonique  contenues 

dans  Fair;  par  MM.  Spring  et  Roland. 

LETTRES. 

^  5.  Étude  Icxicologique  sur  les  poéàies  de  Gillon  !e  Muisit  (Préface, 
glossaire,  corrections);  par  Âug.  Scheler. 

li  6.  Lao-lze  le  premier  philosophe  chinois  ou  un  prédécesseur  de 
Schelling  au  \\*  siècle  avant  notre  ère;  par  Ch.  de  Harlez. 

^  7.  Le  Gatholicon  de  Lille,  glossaire  In  tin-français,  publié  en  extrait 
et  annoté;  par  Aug.  Scheler. 

OS.  Le  livre  du  principe  lumineux  et  du  principe  passif  shang 
thsing  tsing  king;  par  Ch.  de  Harlez. 


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